{"id":40421,"date":"2024-07-07T06:00:00","date_gmt":"2024-07-07T04:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/omnesmag.com\/?p=40421"},"modified":"2024-07-01T12:38:05","modified_gmt":"2024-07-01T10:38:05","slug":"roman-pretres-promenade-litteraire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.omnesmag.com\/fr\/actualidad\/sacerdotes-de-novela-paseo-literario\/","title":{"rendered":"Les pr\u00eatres \"des romans\", une promenade litt\u00e9raire"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">Comme il appara\u00eet dans de nombreuses \u0153uvres litt\u00e9raires, le pr\u00eatre est d\u00e9crit de mani\u00e8re p\u00e9jorative comme \"cl\u00e9rical\", et sa personne et sa mission sont clairement jug\u00e9es de mani\u00e8re n\u00e9gative. Dans l'histoire de la litt\u00e9rature, la figure du pr\u00eatre a toujours \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s pr\u00e9sente, mais dans les romans d'aujourd'hui, elle a acquis une tonalit\u00e9 critique g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e : le comportement et les attitudes des clercs sont souvent ridiculis\u00e9s, et il existe une certaine volont\u00e9, quelque peu implicite, de r\u00e9pandre un grand \"discr\u00e9dit social\" sur la figure du pr\u00eatre. L'h\u00e9ritage chr\u00e9tien et cl\u00e9rical, surtout dans la litt\u00e9rature contemporaine, est per\u00e7u comme un lourd fardeau dont la soci\u00e9t\u00e9 doit se lib\u00e9rer au plus vite, afin d'acqu\u00e9rir son autonomie, sa maturit\u00e9 et son \u00e9mancipation.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les classiques<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au Si\u00e8cle d'or espagnol, Cervant\u00e8s nous pr\u00e9sente l'eccl\u00e9siastique du village o\u00f9 est n\u00e9 son chevalier de la triste figure. C'est un eccl\u00e9siastique lecteur, mais peu \u00e9clair\u00e9. Un eccl\u00e9siastique qui a peur de la litt\u00e9rature. Il d\u00e9cide que les livres de chevalerie qui ont rendu fou son bon voisin Don Quijano doivent \u00eatre jet\u00e9s sur le b\u00fbcher. Cervant\u00e8s ne porte pas de jugement, car il ne veut pas \"faire couler le sang\" avec l'establishment cl\u00e9rical. Cervant\u00e8s raconte des choses qui lui sont arriv\u00e9es, parce qu'il sait que ce qui est arriv\u00e9 \u00e0 ces clercs est exactement ce que disait Sainte Th\u00e9r\u00e8se : \"ils ne savaient rien de plus et n'\u00e9taient pas assez bons pour plus\".<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Quevedo, dans son immortelle \"Historia del Busc\u00f3n llamado Pablos\", pr\u00e9sente un eccl\u00e9siastique sale \"comme un rat dans une ma\u00e7onnerie, avec une soutane minable, presque verte de d\u00e9coloration et pleine d'immondices\".<em>.<\/em> Quevedo, qui connaissait bien le milieu cl\u00e9rical pour avoir fr\u00e9quent\u00e9 assid\u00fbment les couvents et les chapelles, ne supportait pas l'avidit\u00e9 de nombreux pr\u00eatres avec lesquels il traitait. \u00c0 cet aspect, il faut ajouter les d\u00e9saccords personnels avec les<em> <\/em>Les \"pr\u00eatres-po\u00e8tes\" qui \u00e9taient ses contemporains : G\u00f3ngora et Lope de Vega. \u00c0 cette \u00e9poque, de nombreux \u00e9crivains \u00e9taient pr\u00eatres et\/ou religieux : Fray Luis de Le\u00f3n, Tirso de Molina, Calder\u00f3n de la Barca, San Juan de la Cruz... Ils \u00e9taient tr\u00e8s bien \u00e9duqu\u00e9s, tr\u00e8s cultiv\u00e9s et, en raison de la mani\u00e8re dont ils \u00e9taient trait\u00e9s et \u00e9tudi\u00e9s, ils \u00e9taient tr\u00e8s proches de ceux qui \u00e9taient clercs.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les premiers romans<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ce n'est que plusieurs si\u00e8cles plus tard qu'un pr\u00eatre appara\u00eet dans le roman en tant que protagoniste. Il est arriv\u00e9 en 1758 avec l'\"Historia del famoso predicador Fray Gerundio de Campazas\" (Histoire du c\u00e9l\u00e8bre pr\u00e9dicateur Fray Gerundio de Campazas).<em>, <\/em>du j\u00e9suite Francisco Jos\u00e9 de Isla : une satire amusante contre les pr\u00e9dicateurs grandiloquents et creux, \"pr\u00eatres effrayants des chaires de la r\u00e9gion\".<em>.<\/em> Un livre plein d'ironie et de d\u00e9rision, car il s'agit d'une mani\u00e8re de pointer du doigt l'un des d\u00e9fauts cl\u00e9ricaux les plus courants.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les premiers romans du XIXe si\u00e8cle, lorsque l'\u00e9crivain imaginait que le pr\u00eatre \u00e9tait un filon suffisamment riche pour ne pas \u00eatre gaspill\u00e9, on utilisait divers \"clich\u00e9s\" du monde rural et des coutumes plus ou moins publiques par lesquels le pr\u00eatre ne donnait pas un exemple conforme \u00e0 son statut. Le pr\u00eatre, par exemple, menait une vie d'amant ou vivait une \"double vie\". Rappelons ce que Sainte Th\u00e9r\u00e8se a \u00e9crit dans le \"Livre de la vie\" (chapitre V) lorsque, sur son chemin \u00e0 Becedas, elle a appris que le pr\u00eatre vivait une \"liaison\" avec une femme.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C'est souvent un clich\u00e9 que le pr\u00eatre qui avait une bonne \u00e0 la maison, son traitement d\u00e9rivait g\u00e9n\u00e9ralement vers quelque chose de trop familier, qui \"litt\u00e9raire\" va au-del\u00e0 du service possible \u00e0 la maison. Normalement, c'est aussi un \"clich\u00e9 litt\u00e9raire\" que, pour dire du mal du pr\u00eatre, on utilise son penchant pour la bonne ch\u00e8re ou son habitude de boire le soir des j\u00edcaras de chocolat avec des cro\u00fbtons. En fait, il existait un chocolat appel\u00e9 \"del can\u00f3nigo\", dont la publicit\u00e9 \u00e9tait affich\u00e9e sur les murs des bars de village, avec un gros mos\u00e9n regardant par-dessus la tasse et se dirigeant vers sa bouche avec les picatostes, d\u00e9j\u00e0 enduits du chocolat \u00e9pais, presque olfactif. Clar\u00edn a compos\u00e9 \"La Regenta\" avec des \"\u00e9l\u00e9ments narratifs\" similaires.<em> <\/em>o Juan Valera \"Pepita Jim\u00e9nez\" o Juan Valera \"Pepita Jim\u00e9nez\" o Juan Valera \"Pepita Jim\u00e9nez\".<em> <\/em>ou \"Los gozos y las sombras\" de Torrente Ballester.<em> <\/em>o P\u00e9rez Gald\u00f3s \"Fortunata y Jacinta\"...<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Mauvaises habitudes, vocations douteuses<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Ces mauvaises habitudes, selon certains, sont dues au fait que dans les s\u00e9minaires, les futurs pr\u00eatres recevaient une formation\/d\u00e9formation qui ne traitait que des d\u00e9fauts \u00e0 \u00e9viter et des pi\u00e8ges moraux dont il fallait se pr\u00e9munir, plut\u00f4t que des vertus dont le pr\u00eatre devait \u00eatre par\u00e9. Juan Valera, par exemple, pousse ce ph\u00e9nom\u00e8ne jusqu'\u00e0 des cons\u00e9quences presque dramatiques, dans le cadre du sentimentalisme g\u00e9n\u00e9ral du roman \"Pepita Jim\u00e9nez\".<em> <\/em>(1874), l'exp\u00e9rience du s\u00e9minariste Luis de Vargas, \u00e0 partir du moment o\u00f9 il rencontre Pepita Jim\u00e9nez, une femme veuve d'une sensibilit\u00e9 exquise, contre laquelle le s\u00e9minariste trouve peu d'arguments. Le s\u00e9minariste se rend compte que le chemin sur lequel Dieu l'appelle n'est pas celui sur lequel, peut-\u00eatre un peu \"inconsciemment\", il s'\u00e9tait engag\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les romans de P\u00e9rez Gald\u00f3s, on trouve \u00e9galement de nombreux eccl\u00e9siastiques \"sans vocation\", une vocation, la vocation sacerdotale, que l'\u00e9crivain canarien n'a cess\u00e9 de remettre en question. Les pr\u00eatres qui d\u00e9filent dans les romans de Gald\u00f3s ne sont pas tr\u00e8s exemplaires : ni ceux qui apparaissent comme des personnages ordinaires dans la vie du peuple, ni les autres que Gald\u00f3s peint avec un regard critique et acerbe. Tormento\" (1883) est peut-\u00eatre le premier roman espagnol \u00e0 traiter du \"probl\u00e8me de l'homme\". <a href=\"https:\/\/www.omnesmag.com\/fr\/nouvelles\/le-celibat-remis-en-question\/\">le c\u00e9libat des pr\u00eatres<\/a>\"et de sa mauvaise exp\u00e9rience, surtout lorsque l'amour d'une femme croise le chemin du pr\u00eatre. Bien que Gald\u00f3s n'\u00e9crive certainement pas une \"th\u00e8se\" sur ce sujet.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette vision galdosienne de l'eccl\u00e9siastique qui, au milieu du monde, ne vit pas joyeusement son c\u00e9libat, est reprise par Leopoldo Alas Clar\u00edn, dans ce qui est peut-\u00eatre l'un des trois meilleurs romans de la litt\u00e9rature espagnole, \"La Regenta\".<em> <\/em>(1885). Clar\u00edn joue avec les sentiments et les tentations du chanoine magistral de la cath\u00e9drale, qui a trop de vanit\u00e9 et pas assez de bon sens. Il est d\u00e9pass\u00e9 par les circonstances sociales et domestiques, qui mettent en p\u00e9ril sa fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 une vocation qu'il ne sait pas comment orienter pour ne pas \u00eatre d\u00e9vor\u00e9 par une ville (Vetusta Oviedo) dans laquelle il vit tous les jours.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au XXe si\u00e8cle, en 1943, Gonzalo Torrente Ballester publie son premier roman : \"Javier Mari\u00f1o\".<em>,<\/em> o\u00f9 il y a beaucoup d'autobiographie dans ce r\u00e9cit de l'enseignant galicien : il y a des souvenirs clairs de son passage dans un s\u00e9minaire o\u00f9, malgr\u00e9 tous ses efforts, une pr\u00e9tendue vocation sacerdotale \"ne prenait pas racine\". L'auteur ne s'attarde pas trop \u00e0 clarifier certains comportements de son personnage, mais il ne fait aucun doute que, malgr\u00e9 les accusations port\u00e9es contre ce roman, il a l'honn\u00eatet\u00e9 de ne tromper personne. En d\u00e9finitive, s'il est une vocation qu'il convient d'examiner avec sinc\u00e9rit\u00e9, c'est bien celle de celui qui se croit appel\u00e9 \u00e0 la vie sacerdotale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>R\u00e9alit\u00e9s et pr\u00e9jug\u00e9s<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Mais il n'y a pas que des drames et des conflits. La vision que certains romans plus r\u00e9cents ont eue des pr\u00eatres a montr\u00e9 des moments d'\"exaltation glorieuse\". Santos Beguiristain, \"Por esos pueblos de Dios\" (\"Pour ce peuple de Dieu\")<em> <\/em>(1953) et Jos\u00e9 Luis Mart\u00edn Descalzo, \"Un cura se confiesa\" (1953) et Jos\u00e9 Luis Mart\u00edn Descalzo, \"Un cura se confiesa\" (1953).<em> <\/em>(1961), ont laiss\u00e9 certains de ces \u00e9l\u00e9ments \"\u00e9logieux\" dans la vision personnelle d'eux-m\u00eames et de leur sacerdoce qu'ils sont \"venus romancer\", parce que c'est leur histoire personnelle qui a fourni la trame de leurs romans. Les pr\u00eatres qui apparaissent dans ces livres sont de vrais pr\u00eatres, sans grandes vertus, avec les d\u00e9fauts que nous avons tous, et surtout avec un grand enthousiasme pour mener \u00e0 bien le sacerdoce qu'ils ont re\u00e7u lorsqu'ils \u00e9taient encore des gar\u00e7ons de village, pleins de r\u00eaves et d'espoirs.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la seconde moiti\u00e9 du vingti\u00e8me si\u00e8cle, deux accusations principales ont \u00e9t\u00e9 port\u00e9es contre le clerg\u00e9 : l'introduction de la notion de p\u00e9ch\u00e9 et la recherche avide du pouvoir. Il est r\u00e9current de rappeler \"l'horreur cl\u00e9ricale\" (Lourdes Ortiz), car \"avec tant de p\u00e9ch\u00e9s, tant de d\u00e9mons\" (Ray Loriga dans \"Le pire de tout\", \"Le pire de tout\", \"Le pire de tout\", \"Le pire de tout\", \"Le pire de tout\", \"Le pire de tout\", \"Le pire de tout\").<em>, <\/em>1992) visent \u00e0 introduire les hommes dans le \"labyrinthe de la culpabilit\u00e9\" (comme le personnage de Juan Mir\u00f3n dans \"Caballeros de fortuna\" (Messieurs de la fortune) de Luis Landero).<em>, <\/em>1994).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les \u00e9crivains cr\u00e9ent ainsi des \"espaces psychologiques\" dans lesquels il n'est pas possible de s'amuser, \"dans une soci\u00e9t\u00e9 r\u00e9pressive, m\u00e9diocre et hypocrite\" (Lourdes Ortiz), habit\u00e9e par un \"troupeau de cr\u00e9atures douces et bovines qui allaient encore \u00e0 la messe le dimanche\" (Luc\u00eda Etxebarr\u00eda, \"Beatriz y los cuerpos celestes\", \"Beatriz y los cuerpos celestes\", \"Beatriz y los cuerpos celestes\", \"Beatriz y los cuerpos celestes\").<em>, <\/em>1998). Les pr\u00eatres cherchent \u00e0 imposer un \"ordre des cimeti\u00e8res\" (Francisco Umbral, \"Los helechos arborescentes\", \"Los ferns arborescentes\").<em>, <\/em>1979) et une \"religion d'esclaves\" (F. Umbral, \"Las ninfas\") et une \"religion d'esclaves\" (F. Umbral, \"Las ninfas\").<em>, <\/em>1975).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette tension est le fil conducteur de nos romans les plus r\u00e9cents : la figure cl\u00e9ricale du pr\u00eatre est l'antith\u00e8se de ce qui exige et permet la jouissance du corps et de la vie. \"La p\u00e9riph\u00e9rie de Dieu<em> <\/em>d'Antonio Gala refl\u00e8te clairement la lutte et la victoire de S\u0153ur Nazareth, qui devient Clara Ribalta lorsqu'elle quitte le couvent et retrouve l'amour et la vie, \u00e0 la \"p\u00e9riph\u00e9rie de Dieu\".<em>.<\/em> C'est la \"preuve irr\u00e9futable\" de cette \"th\u00e8se\" h\u00e9doniste, car au sein de l'Eglise, m\u00eame s'il y a des personnes (y compris des pr\u00eatres) qui tentent d'ouvrir d'autres perspectives, la n\u00e9gation de la vie finit par s'imposer. C'est ce qu'ils disent. C'est pourquoi il est compr\u00e9hensible qu'il n'y ait pas de vocations, parce que \"les jeunes essaient de profiter de leur jeunesse et de leur vie sans calculs ni projets\".<em>,<\/em> comme le souligne le retrait\u00e9 Luciano \u00e0 sa s\u0153ur religieuse dans \"Une tente au bord de l'eau\".<em> <\/em>(1991) de Gustavo Mart\u00edn Garzo.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Par l'imposition de leurs id\u00e9es et le contr\u00f4le des consciences, les pr\u00eatres sont pr\u00e9sent\u00e9s comme les repr\u00e9sentants d'une domination subtile de la soci\u00e9t\u00e9. Ils fa\u00e7onnent ainsi ces \"petites\" villes, \"cimeti\u00e8res de feuilles s\u00e8ches\", \"cimeti\u00e8res de feuilles s\u00e8ches\".<em>,<\/em> entour\u00e9e d'une \"morale classique et ferm\u00e9e\", \u00e0 la mani\u00e8re d'une \"ville l\u00e9vitique\".<em>, <\/em>Cuenca, la ville natale de Ra\u00fal del Pozo, en 2001, ou le Valladolid de l'adolescence d'Umbral, d\u00e9crit dans \"El hijo de Greta Garbo\".<em>, <\/em>marqu\u00e9 par<em> <\/em>\"la paysannerie cl\u00e9ricale\".<em>,<\/em> superbe et fatale, loin de la sensibilit\u00e9 des gens, ou de l'Oilea de \"L\u00e0 o\u00f9 il fait toujours octobre\".<em>, <\/em>d'Espido Freire (2001).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De la m\u00eame mani\u00e8re, Le\u00f3n Luis Mateo D\u00edez d\u00e9crit dans \"La fuente de la edad\" (La fontaine de l'\u00e2ge)<em> <\/em>comme une \"ville maudite\", un \"cadavre perdu\", enferm\u00e9 dans sa \"petite m\u00e9moire\", dont les habitants sont des \"enfants de l'ignominie\" parce qu'ils sont gouvern\u00e9s par les plus hypocrites et les plus inutiles et par \"les soutanes\". M\u00eame une g\u00e9n\u00e9ration ult\u00e9rieure d'\u00e9crivains, comme Valde\u00f3n Blanco, d\u00e9finit la ville de Valladolid comme \"th\u00e9ologique, augustinienne et conventuelle\".<em>,<\/em> oppos\u00e9s au d\u00e9veloppement de la ville moderne, industrielle et universitaire (\"The Red Fires\").<em>, <\/em>1998).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les figures sacerdotales apparaissent ainsi sous un jour sombre, se concentrant principalement sur leur comportement et les relations intra-eccl\u00e9siales. Dans la \"Mazurka pour deux morts\"<em>, <\/em>de Camilo Jos\u00e9 Cela, l'ambivalence des pr\u00eatres galiciens est \u00e9vidente, conform\u00e9ment \u00e0 la production g\u00e9n\u00e9rale de l'auteur.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Coordonn\u00e9es d'une vision n\u00e9gative<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les auteurs qui \u00e9voluent plus directement dans un environnement chr\u00e9tien ne cachent pas leur attitude \"anticl\u00e9ricale\", notamment Jos\u00e9 Jim\u00e9nez Lozano et Miguel Delibes. Le premier, dans son ouvrage de jeunesse \"Un cristiano en rebeld\u00eda\" (Un chr\u00e9tien en r\u00e9bellion), d\u00e9nonce la \"duret\u00e9\" des hommes d'\u00c9glise, une attitude qui a marqu\u00e9 l'attitude inquisitoriale de l'\u00c9glise en Espagne, comme il cherche \u00e0 le prouver dans sa recherche sur \"Los cementerios civiles y la heterodoxia espa\u00f1ola\" (Les cimeti\u00e8res civils et l'h\u00e9t\u00e9rodoxie espagnole).<em>. <\/em>C'est un th\u00e8me qui appara\u00eet dans des romans tels que \"El sambenito\".<em> <\/em>o \"Histoire d'un automne<em>, <\/em>mais qui se poursuit aujourd'hui dans des \u0153uvres telles que \"Un homme dans la ligne\", \"Un homme dans la ligne\", \"Un homme dans la ligne\", \"Un homme dans la ligne\", \"Un homme dans la ligne\" et \"Un homme dans la ligne\".<em> <\/em>(2000).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Miguel Delibes, quant \u00e0 lui, d\u00e9peint le caract\u00e8re sombre et aigre d'une religiosit\u00e9 \u00e9troite et sombre, qui peut fr\u00f4ler l'hypocrisie (\"La sombra del cipr\u00e9s es alargada\", \"Mi idolatrado hijo Sissi\", \"Cinco horas con Mario\").<em>, <\/em>Dans \"Lady in red on a grey background\", il veut ouvrir des perspectives religieuses plus proches et plus humaines.<em> <\/em>ou \"Lettres d'une sexag\u00e9naire voluptueuse\".<em>. <\/em>Son dernier roman \"The Heretic\".<em> <\/em>D\u00e8s la d\u00e9dicace, elle oppose une religiosit\u00e9 inquisitoriale \u00e0 l'authentique religion libre, propre \u00e0 l'esprit.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L'histoire de Javier Vill\u00e1n, \"Sin pecado concebido\" (Sans p\u00e9ch\u00e9 con\u00e7u), est totalement autobiographique.<em> <\/em>(2000). Le s\u00e9jour de l'auteur au s\u00e9minaire de Palencia n'a pas vraiment \u00e9t\u00e9 une p\u00e9riode heureuse et paisible, ni une p\u00e9riode d'harmonie avec lui-m\u00eame. L'auteur commence par dire que \"la premi\u00e8re nuit que j'ai pass\u00e9e au s\u00e9minaire a \u00e9t\u00e9 une nuit triste\".<em>.<\/em> Beaucoup d'autres suivront. Et le fait est que \"les jours de ces nuits n'ont pas \u00e9t\u00e9 des hymnes de gloire et de tranquillit\u00e9\". Javier Vill\u00e1n raconte, avec un d\u00e9tachement \u00e9vident, certaines des exp\u00e9riences qu'il a d\u00fb endurer pendant les ann\u00e9es o\u00f9 il a v\u00e9cu dans la maison de formation dioc\u00e9saine. Il a fini par s'en aller parce que, peut-\u00eatre, dit am\u00e8rement l'auteur, \"l'avenir n'existe pas\".<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le sous-titre du livre nous donnait d\u00e9j\u00e0 un aper\u00e7u de la fin \u00e0 laquelle il voulait nous conduire : \"Joies et tribulations d'un s\u00e9minariste\".<em> <\/em>Ce rejet de la formation cl\u00e9ricale est motiv\u00e9 avant tout par l'imposition de dogmes ou de v\u00e9rit\u00e9s irrationnelles, et surtout par les \"obstacles qu'elle oppose \u00e0 la jouissance de la vie\", \u00e0 l'\u00e9panouissement des instincts, au jeu du d\u00e9sir... Aussi, conclut-il : \"Dieu ne se trouve pas dans le culte pr\u00e9sid\u00e9 par les pr\u00eatres, mais hors des temples, au contact de la terre et de la nature\".<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Nous voyons comment deux coordonn\u00e9es convergent dans la consid\u00e9ration de la figure du pr\u00eatre, mais qui se renvoient mutuellement l'une \u00e0 l'autre, provoquant une vision n\u00e9gative du pr\u00eatre. D'une part, nous pouvons d\u00e9tecter le poids historique qui est pass\u00e9 dans l'imaginaire collectif de la soci\u00e9t\u00e9 espagnole, et d'autre part, l'\u00e9mancipation de l'homme, exaltant son autonomie rationnelle et son libre arbitre pour pouvoir r\u00e9aliser ce qu'il veut, ses d\u00e9sirs, ses souhaits et ses instincts, le tout sous la banni\u00e8re de la revendication des \"nouvelles libert\u00e9s\". Ainsi, la fonction sacerdotale semble \"incarner\" une r\u00e9pression qui doit \u00eatre surmont\u00e9e. La figure du pr\u00eatre concentre le r\u00f4le et la signification de l'\u00c9glise, en termes d'institutionnalisation d'une religion particuli\u00e8re, et celle du christianisme, en termes d'ampleur historique.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusions<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Face \u00e0 l'ajournement de la figure du pr\u00eatre (et de ce qu'il repr\u00e9sente), quelle est l'image qui se d\u00e9gage \u00e0 la lumi\u00e8re de la litt\u00e9rature espagnole ? Ce que l'on veut \u00e9liminer, c'est le r\u00f4le m\u00e9diateur des individus et de l'institution.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D'une part, le roman a ouvert la perspective d'une \"religion du n\u00e9ant\" (J. Bonilla, Javier Mar\u00edas, J. A. Ma\u00f1as, G. Mart\u00edn Garzo ou F. Umbral, qui utilise l'expression), domin\u00e9e par l'exp\u00e9rience de la solitude, de l'angoisse, de l'absence de sens. Cette option laisse l'homme seul et abandonn\u00e9, soumis au destin ou \u00e0 l'absurde, et renvoie donc \u00e0 la force du d\u00e9sir comme unique chemin de vie, unique moyen d'\u00e9chapper au n\u00e9ant. Sans acc\u00e8s \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9 fondatrice, \u00e0 une origine aimante ou \u00e0 un but esp\u00e9r\u00e9, la vie se r\u00e9duit \u00e0 un jeu de masques qui s'\u00e9puise dans sa seule apparence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">D'autre part, s'ouvre la perspective d'une \"religion du Tout\" qui aspire \u00e0 la fusion avec la Vie, avec toute la gamme des possibilit\u00e9s de jouissance et de cruaut\u00e9 (A. Gala, T. Moix, L. A. de Villena, F. S\u00e1nchez Drag\u00f3, J. L. Sampedro). Cette forme de religiosit\u00e9 (qui peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme du paganisme ou du syncr\u00e9tisme) ne n\u00e9cessite pas non plus de m\u00e9diateurs. Chaque personne doit chercher les moyens appropri\u00e9s pour entrer dans l'\"extase\" que certaines exp\u00e9riences peuvent apporter, et peut assumer indistinctement la violence et\/ou le d\u00e9sint\u00e9r\u00eat que cette vie manifeste, par rapport \u00e0 des individus sp\u00e9cifiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le protagoniste de la plupart des romans espagnols se retrouve seul face au N\u00e9ant ou \u00e0 l'incommensurabilit\u00e9 du Tout. Dans ce contexte, la figure du pr\u00eatre, dans la mesure o\u00f9 il agit \"in persona Christi et in nomine Ecclesiae\", peut \u00eatre d\u00e9finie plus clairement.<em>. <\/em>Elle doit rendre perceptible la mission d'une \u00c9glise qui vit de l'appel permanent du Seigneur qui, envoy\u00e9 par le P\u00e8re dans la force de l'Esprit, communique et t\u00e9moigne d'un don capable de sauver l'homme de sa solitude, de la fatalit\u00e9 du destin ou d'une totalit\u00e9 qui finit par annuler la valeur \u00e9ternelle de la personne.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Tal y como aparece en muchas obras literarias, el sacerdote es calificado, despectivamente, como \u201cclerical\u201d, vertiendo sobre su persona y su misi\u00f3n un juicio claramente negativo. 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