{"id":45006,"date":"2025-02-24T06:00:00","date_gmt":"2025-02-24T04:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/www.omnesmag.com\/?p=45006"},"modified":"2025-02-17T18:21:33","modified_gmt":"2025-02-17T16:21:33","slug":"la-musique-liturgique-dans-leglise-maronite","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.omnesmag.com\/fr\/actualidad\/la-musica-liturgica-en-la-iglesia-maronita\/","title":{"rendered":"La musique liturgique dans l'\u00c9glise maronite"},"content":{"rendered":"<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans la liturgie maronite, le chant dans la pri\u00e8re est une mani\u00e8re de caresser Dieu notre Seigneur ; c'est une mani\u00e8re tendre et douce de s'adresser \u00e0 Lui avec des m\u00e9lodies qui expriment le sentiment humain \u00e0 partir de la Tradition et des Saintes Ecritures. Il ne r\u00e9pond pas aux crit\u00e8res occidentaux de rationalisation de la musique, mais tend \u00e0 \u00eatre affectif (c\u0153ur), avec un langage po\u00e9tique et, \u00e0 bien des \u00e9gards, improvis\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Syro-Antioch\u00e8ne et chant monastique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le chant maronite est un chant syro-antiochien (syriaque d'Antioche) et monastique. Ce sont les deux \u00e9l\u00e9ments fondamentaux qui d\u00e9finissent son identit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le fait qu'il s'agisse d'un chant syro-antioch\u00e8ne s'explique par le fait que l'\u00c9glise maronite - l'une des 24 \u00c9glises de l'Union europ\u00e9enne - est une des plus anciennes de l'Europe. <em>sui iuris <\/em>de l'\u00c9glise catholique ; l'\u00c9glise <em>sui iuris <\/em>La plus r\u00e9pandue est l'\u00c9glise latine, qui appartient \u00e0 la tradition liturgique syriaque d'Antioche - le premier si\u00e8ge p\u00e9trinien - et dont les chants traditionnels sont donc en aram\u00e9en (syriaque) et en s\u00e9mitique.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il faut souligner que parmi les divers r\u00e9pertoires des diff\u00e9rentes branches des \u00e9glises syro-antioch\u00e8nes, l'affinit\u00e9 musicale est diff\u00e9rente entre les groupes et les strates qui composent les r\u00e9pertoires de chaque \u00e9glise syriaque antioch\u00e8ne. Le chant syriaque antioch\u00e8ne maronite conserve son originalit\u00e9 et sa particularit\u00e9 par rapport aux autres chants des autres \u00e9glises syriaques (syriaque catholique et syriaque orthodoxe).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La naissance de trois rites<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L'\u00c9glise d'Antioche, \u00e0 partir du Ve si\u00e8cle - en raison des discussions christologiques de l'\u00e9poque - a progressivement donn\u00e9 naissance \u00e0 trois rites ind\u00e9pendants : le rite syro-antioch\u00e8ne oriental (suivi par les \u00c9glises assyrienne, chald\u00e9enne et malabare) ; le rite syro-antioch\u00e8ne occidental non chalc\u00e9donien (suivi par les \u00c9glises syriaque et malabare) ; et le rite syro-antioch\u00e8ne occidental chalc\u00e9donien (suivi uniquement par l'\u00c9glise maronite, toute catholique et sans branche orthodoxe). L'\u00c9glise maronite, en raison de son unit\u00e9 et de sa fid\u00e9lit\u00e9 au pape de Rome, s'est progressivement isol\u00e9e du reste des \u00c9glises syriaques d'Antioche jusqu'\u00e0 former sa propre hi\u00e9rarchie patriarcale \u00e0 partir du VIIe si\u00e8cle, avec saint Jean Maron comme seule \u00c9glise orientale unie \u00e0 Rome tout en pr\u00e9servant la succession de saint Pierre \u00e0 Antioche.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La langue utilis\u00e9e dans le chant syro-antioch\u00e8ne maronite est l'aram\u00e9en dans son dialecte syriaque (langue d\u00e9velopp\u00e9e dans la r\u00e9gion d'\u00c9desse) et, bien que son origine remonte au 1er si\u00e8cle, ses t\u00e9moignages manuscrits se trouvent \u00e0 partir du 2e-3e si\u00e8cle, par exemple dans les hymnes de Bardaisan (+222), d'\u00c9phrem le Syriaque (+373), de Balai (+ ca. 432), de Narsai (+502) ou de Jacques de Serugh (+521). 432), de Narsai (+502) ou de Jacques de Serugh (+521).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au XIIIe si\u00e8cle, une bulle du pape Innocent III en 1215 demande aux Maronites d'adopter certaines coutumes romaines, ce qui conduit l'\u00c9glise maronite \u00e0 une p\u00e9riode de latinisation de sa liturgie qui, paradoxalement, n'affecte pas son chant, puisque le chant, pri\u00e8re du c\u0153ur du peuple maronite et partie int\u00e9grante de son identit\u00e9, lui a permis de conserver jusqu'\u00e0 aujourd'hui sa langue liturgique (l'aram\u00e9en) et ses m\u00e9lodies originelles. De plus, \u00e0 partir de ce si\u00e8cle, l'histoire \u00e9crite du chant maronite est rest\u00e9e silencieuse, seul le manuscrit de l'Office des morts (<em>Manuscrit syriaque du Vatican <\/em>59), et quelques commentaires sur la musique syriaque par l'\u00e9v\u00eaque jacobite Gregory Bar Hebr\u00e6us (+ 1286).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cela permet d'affirmer que le chant maronite ne s'est maintenu qu'oralement jusqu'au XIXe si\u00e8cle ou presque, lorsque le P\u00e8re Jean Parison enregistra en 1899 la premi\u00e8re annotation musicale dans une \u00e9tude scientifique de la langue syriaque et de la musique des rites maronite, chald\u00e9en et syriaque. Depuis, des partitions et des \u00e9crits sur la musique maronite ont \u00e9t\u00e9 produits, comme ceux du fr\u00e8re Marie-Andr\u00e9 Chaptini (1924), du p\u00e8re Boulos Ashqar (1939), de Yaacoub Fayyad (1947), du p\u00e8re Youssef Khoury (1992), du p\u00e8re Louis Hage (1976), du p\u00e8re Miled Tarabay (1998) et de la s\u0153ur Marana Saad (2010), pour n'en citer que quelques-uns.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le caract\u00e8re monastique du chant maronite est d\u00fb \u00e0 son origine. C'est au monast\u00e8re de Beth-Maron (monast\u00e8re de Saint Maron), fond\u00e9 vers 452 \u00e0 Apam\u00e9e sur les rives de l'Oronte, que les moines d'Antioche vivaient et menaient leur vie liturgique et spirituelle. Toute la journ\u00e9e \u00e9tait un chant de louange \u00e0 Dieu notre Seigneur ; ils ne cessaient de chanter jour et nuit. Ils se relayaient, et les la\u00efcs venaient chanter avec eux, selon leurs occupations, pour s'associer \u00e0 la pri\u00e8re. La vie spirituelle de la r\u00e9gion \u00e9tait si fervente que la vie des gens et leur unit\u00e9 avec leurs moines tournaient autour du monast\u00e8re. Cela a permis de pr\u00e9server la musique comme partie int\u00e9grante de la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e8s l'enfance et dans la famille. En outre, elle servait de m\u00e9thode de cat\u00e9ch\u00e8se, car les paroles des chansons, pleines de doctrine, contenaient l'enseignement de la foi chr\u00e9tienne et de l'amour pour la Vierge M\u00e8re de Dieu.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le chant maronite : un po\u00e8me m\u00e9lodique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les m\u00e9lodies consistent en une base m\u00e9lodique improvis\u00e9e, c'est-\u00e0-dire que les textes \u00e9crits en prose sont chant\u00e9s dans un processus d'improvisation sans instructions claires pour leur ex\u00e9cution ou leur interpr\u00e9tation, et de cette mani\u00e8re la prose devient, lorsqu'elle est chant\u00e9e, une sorte de po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En revanche, les autres chants qui ne sont pas en prose sont po\u00e9tiques, c'est-\u00e0-dire que le chant maronite est une po\u00e9sie \u00e9crite en aram\u00e9en (syriaque). La po\u00e9sie est strophique et chaque strophe a la m\u00eame construction ou une construction similaire, o\u00f9 le m\u00e8tre po\u00e9tique et le mod\u00e8le strophique sont pris en compte, et chaque chant a son propre nom.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le chant maronite se compose de deux mod\u00e8les m\u00e9triques po\u00e9tiques : la m\u00e9trique par quantit\u00e9 et la m\u00e9trique par nombre de syllabes. La m\u00e9trique po\u00e9tique par quantit\u00e9 prend en compte le caract\u00e8re long et court des syllabes dans le vers. La m\u00e9trique po\u00e9tique par nombre de syllabes se divise en deux cat\u00e9gories : l'homophonie, o\u00f9 les syllabes accentu\u00e9es d'un vers sont compt\u00e9es sans tenir compte du nombre total de syllabes ; et l'isosyllabe, o\u00f9 toutes les syllabes du vers sont compt\u00e9es, quel que soit leur caract\u00e8re accentu\u00e9 ou atone.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le mod\u00e8le strophique du chant maronite<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mod\u00e8le strophique de base est appel\u00e9 <em>rish qolo -<\/em>Cette expression aram\u00e9enne, qui signifie en anglais \"head of the hymn\" (t\u00eate de l'hymne), est consid\u00e9r\u00e9e comme le point de r\u00e9f\u00e9rence pour la jouer tout au long de l'hymne. La fonction de la <em>rish qolo <\/em>est \u00e0 la fois pour indiquer la versification ou la structure po\u00e9tique des strophes, et pour indiquer la m\u00e9lodie li\u00e9e au motif strophique. Les chants maronites sont organis\u00e9s par noms, c'est-\u00e0-dire les noms des <em>rish qolo <\/em>des mod\u00e8les strophiques portent un nom propre indiquant soit le m\u00e8tre du po\u00e8me, soit la fonction liturgique, soit l'arch\u00e9type de l'hymne, soit le mode d'ex\u00e9cution. \u00c0 ces noms peuvent s'ajouter un sous-titre indiquant le lieu de l'office liturgique dans lequel il est chant\u00e9, les premiers mots du po\u00e8me original ou le mot du chant pr\u00e9c\u00e9dent afin d'en conna\u00eetre la s\u00e9quence.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour mieux expliquer cette organisation par le nom de la <em>rish qolo<\/em>Les exemples suivants de noms de mod\u00e8les strophiques de certains chants maronites sont pr\u00e9sent\u00e9s : le <em>ramremain <\/em>-qui signifie \"nous exaltons\" en aram\u00e9en, est un mod\u00e8le strophique de la fonction liturgique qui sert d'introduction aux lectures. <em>bo'uto dmor efrem<\/em>qui signifie \"Supplication de saint Ephrem\", est un nom qui fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la m\u00e9trique de 7+7 syllabes. <em>sedro <\/em>-signifiant \"ligne\" en aram\u00e9en, est un nom indiquant la structure d'un type de pri\u00e8re liturgique. <em>qole yawnoye <\/em>-qui signifie \"hymne grec\" en aram\u00e9en, est un nom qui renvoie \u00e0 l'arch\u00e9type de l'hymne, le <em>lhudoye <\/em>-qui signifie \"solitaires\" en aram\u00e9en-, qui indique la mani\u00e8re de l'ex\u00e9cuter ; etc.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Exemples de sous-titres pouvant \u00eatre donn\u00e9s : le <em>mazmur <\/em>-signifiant \"psaume\" en aram\u00e9en, ce qui indique un type de psalmodie pour l'office liturgique ; la <em>tubayk 'idto <\/em>qui signifient en aram\u00e9en \"b\u00e9nie sois-tu, \u00f4 \u00c9glise\", et qui sont les premiers mots de la m\u00e9lodie ; l'hymne \u00e0 l'\u00c9glise, qui signifie en aram\u00e9en \"b\u00e9nie sois-tu, \u00f4 \u00c9glise\". <em>korozuto <\/em>-qui signifie \"proclamation\" en aram\u00e9en, et qui marque la s\u00e9quence au sein de la liturgie.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Cat\u00e9gories po\u00e9tiques (ou m\u00e9lodies)&nbsp;<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les cat\u00e9gories po\u00e9tiques (ou m\u00e9lodies) du chant maronite classent les types d'utilisation du chant. Cependant, cette cat\u00e9gorisation po\u00e9tique n'est pas toujours facile \u00e0 distinguer, car la diff\u00e9rence ne r\u00e9side pas seulement dans la m\u00e9trique ou dans un attribut sp\u00e9cifique et bien d\u00e9fini, mais peut \u00eatre due au sens du texte ou \u00e0 son usage liturgique ou aux mod\u00e8les strophiques ou \u00e0 la combinaison de plusieurs caract\u00e9ristiques.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Parmi les cat\u00e9gories po\u00e9tiques, on peut citer, \u00e0 titre d'exemple et sans \u00eatre les seules, les suivantes : le <em>madrosho <\/em>-qui signifie \"instruction\" en aram\u00e9en, est un genre lyrique ancien de style p\u00e9dagogique qui sert \u00e0 instruire dans la foi. <em>sughito <\/em>-signifiant \"ode\" en aram\u00e9en, est un genre lyrique populaire chant\u00e9 sous forme de dialogue avec un personnage dramatique, souvent en strophes acrostiches. <em>bo'uto <\/em>-signifiant \"supplication\" en aram\u00e9en, est un genre lyrique qui d\u00e9signe une composition po\u00e9tique sous forme de strophes avec une m\u00e9trique bien d\u00e9finie ; le <em>mimro <\/em>- qui signifie \"hom\u00e9lie m\u00e9trique\" en aram\u00e9en, est un genre lyrique d'hom\u00e9lies chant\u00e9es ; <em>ulito <\/em>-signifiant \"lamentation\" en aram\u00e9en, est un genre lyrique concernant des fonctions ou des circonstances liturgiques sp\u00e9cifiques, par exemple celles chant\u00e9es lors de fun\u00e9railles ; la <em>qolo <\/em>-qui signifie \"voix\" en aram\u00e9en, est un genre lyrique d'hymne chant\u00e9 ; etc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il est important de noter que lorsque les m\u00e9lodies syriaques sont chant\u00e9es, des versions alternatives de la m\u00eame m\u00e9lodie avec des paroles diff\u00e9rentes sont utilis\u00e9es. En d'autres termes, il s'agit de la m\u00eame m\u00e9lodie, mais les paroles varient. Par exemple, dans un <em>bo'uto dmor yacoub <\/em>-signifie \"supplication de Jacques\" en aram\u00e9en. <em>bo'uto <\/em>dont la m\u00e9trique est de 4+4+4 syllabes - est chant\u00e9e dans le cycle liturgique de l'\u00c9piphanie avec des paroles relatives au bapt\u00eame du Seigneur, mais dans le cycle liturgique de la R\u00e9surrection, elle est chant\u00e9e avec des paroles se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 P\u00e2ques, etc.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutes les cat\u00e9gories po\u00e9tiques sont g\u00e9n\u00e9ralement chant\u00e9es alternativement en deux ch\u0153urs (une strophe est chant\u00e9e par un groupe et l'autre par l'autre groupe).<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Caract\u00e9ristiques du chant maronite<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le chant syriaque maronite, ancien chant liturgique et communautaire traditionnel de l'\u00c9glise maronite, se trouve dans les textes liturgiques depuis une date tr\u00e8s ancienne, et il a progressivement pris un style propre qui le distingue, comme mentionn\u00e9 ci-dessus, des chants d'autres traditions liturgiques syriaques ; Il nous est parvenu pratiquement par tradition orale, car, comme on l'a vu plus haut, tr\u00e8s peu de choses ont \u00e9t\u00e9 \u00e9crites, et pourtant il est rest\u00e9 largement inchang\u00e9, et a donc \u00e9t\u00e9 conserv\u00e9 avec son originalit\u00e9 particuli\u00e8re jusqu'\u00e0 aujourd'hui.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur le plan de l'expression, la m\u00e9lodie n'a pratiquement aucun rapport avec le texte, car ce dernier comporte trop de strophes et la m\u00e9lodie trop peu de notes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En ce qui concerne le m\u00e8tre, la m\u00e9lodie \u00e9pouse g\u00e9n\u00e9ralement la structure du verset et son m\u00e8tre. Elle a de fortes affinit\u00e9s avec l'ancien chant sacr\u00e9 des \u00e9glises syro-antiochiennes et les chants profanes, populaires et traditionnels des pays du Moyen-Orient.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le chant syriaque maronite est syllabique, c'est-\u00e0-dire que chaque syllabe porte une note, \u00e0 l'exception de la derni\u00e8re syllabe, et parfois de l'avant-derni\u00e8re, qui portent plusieurs notes.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">S'agissant d'une musique tonale, le mode (la disposition diff\u00e9rente des intervalles de la gamme) et la gamme elle-m\u00eame (la succession diatonique des notes) peuvent ne pas \u00eatre distingu\u00e9s, mais ce sont deux aspects tr\u00e8s diff\u00e9rents. En ce qui concerne la gamme du chant maronite, pour le mode, on peut suivre le crit\u00e8re d'une gamme diatonique temp\u00e9r\u00e9e de demi-tons \u00e9gaux, ou celui d'une gamme orientale des 24 \"quarts de ton\" \u00e9gaux, ou encore celui d'une compatibilit\u00e9 entre la gamme diatonique et la gamme non diatonique. Mais il ne faut pas oublier que la gamme du chant maronite \u00e9tait \u00e0 l'origine non temp\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L'intervalle de seconde majeure, mineure ou neutre est de loin l'intervalle le plus utilis\u00e9 dans la musique maronite. La hauteur, ascendante ou descendante, peut \u00eatre \"parfaite\" ou diminu\u00e9e ; le demi-ton peut \u00eatre diatonique ou l\u00e9g\u00e8rement augment\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La tessiture est tr\u00e8s limit\u00e9e ; dans la plupart des cas, elle se limite \u00e0 trois, quatre ou cinq notes. Il est tr\u00e8s rare de trouver plus de cinq notes. En ajoutant parfois une note \u00e0 l'aigu ou au grave, les tessitures atteignent la sixte mineure.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il existe diff\u00e9rents proc\u00e9d\u00e9s de mouvement m\u00e9lodique dans la musique maronite, bien que le plus courant commence par la tonique en si (si), c'est-\u00e0-dire par la premi\u00e8re note d'une gamme musicale. Les m\u00e9lodies se terminant en do (C) peuvent ordinairement commencer par un do (C), un mi (E), un fa (F) ou un sol (G). Celles qui se terminent par R\u00e9 (D) commencent ordinairement par un R\u00e9 (D), un Fa (F) ou un Sol (G), et exceptionnellement par un Mi (E), un La (A) ou un Do (C). Et les m\u00e9lodies se terminant par un mi (E) commencent ordinairement par un mi (E) ou un sol (G), et exceptionnellement par un do (C), un r\u00e9 (D) ou un fa (F).<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mouvement progressif de la m\u00e9lodie, ainsi que la fr\u00e9quence de certaines notes principales, notamment la tonique, facilitent le chant communautaire. Ces m\u00e9lodies, ainsi compos\u00e9es, soulignent qu'elles ne sont pas destin\u00e9es \u00e0 \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es par un soliste ou m\u00eame une chorale, mais qu'elles doivent \u00eatre chant\u00e9es par l'assembl\u00e9e des fid\u00e8les. En effet, tout le monde peut participer au chant de l'office divin, car les m\u00e9lodies sont simples et faciles.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La centonisation est la technique la plus utilis\u00e9e dans le chant syro-maronite, c'est-\u00e0-dire la composition de m\u00e9lodies \u00e0 partir d'un mat\u00e9riau m\u00e9lodique existant ; ainsi, la composition d'une pi\u00e8ce maronite est une centonisation organis\u00e9e de formules m\u00e9lodiques existantes et connues. Ces formules sont fr\u00e9quemment r\u00e9p\u00e9t\u00e9es, tant\u00f4t de mani\u00e8re ordonn\u00e9e, tant\u00f4t de mani\u00e8re al\u00e9atoire, mais elles n'apparaissent jamais seules ou \u00e0 l'\u00e9tat pur.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L'autre technique de composition du chant syriaque maronite est celle de l'adaptation, qui consiste \u00e0 adapter un nouveau texte \u00e0 une m\u00e9lodie existante telle quelle. Parfois l'adaptation est identique \u00e0 l'original, parfois elle est adapt\u00e9e pour mieux l'\u00e9pouser.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le chant est monodique, c'est-\u00e0-dire qu'il n'y a pas d'harmonie.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le r\u00e9pertoire syro-maronite ne laisse pas de place \u00e0 la <em>okto\u00edjos <\/em>(syst\u00e8me d'\u00e9criture musicale compos\u00e9 de huit modes) et ses \u00e9quivalents.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L'ex\u00e9cution et l'interpr\u00e9tation du chant syriaque maronite pr\u00e9supposent et exigent - et c'est absolument fondamental et tr\u00e8s important - que l'assembl\u00e9e prie en chantant, car il s'agit d'une pri\u00e8re chant\u00e9e pour parler \u00e0 Dieu. L'interpr\u00e9tation est bas\u00e9e sur la m\u00e9moire et la saveur historique et non sur la th\u00e9orie musicale ou la notation, et vient donc plus du c\u0153ur que de la raison. Le chant maronite est un chant populaire (\u00e0 chanter par le peuple : moines et la\u00efcs), simple, r\u00e9p\u00e9titif, avec environ 150 m\u00e9lodies et, toujours et partout, une forme de pri\u00e8re. <\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>En la liturgia maronita el canto en la oraci\u00f3n es una manera de acariciar a Dios nuestro Se\u00f1or; es una forma tierna y dulce para dirigirse a \u00c9l con melod\u00edas que expresan el sentimiento humano desde la Tradici\u00f3n y las Sagradas Escrituras. 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