À l’occasion du Jubilé des catéchistes, le 28 septembre dernier, le pape Léon XIV a présidé la messe sur la place Saint-Pierre, instituant de nouveaux catéchistes – un geste qui souligne l’importance de leur mission dans la vie de l’Église. Dans ce contexte, nous avons interrogé des catéchistes et des personnes en catéchèse sur les clés d’une mission réussie et joyeuse, selon leur expérience. Cet article présente huit clés concrètes pour être un bon catéchiste, recueillies auprès de ceux qui transmettent et reçoivent la foi.
Beaucoup pensent qu'être catéchiste est le fruit d'une accumulation de mérites, comme s'il s'agissait d'une simple fonction attribuée après avoir gravi une longue série d'épreuves de foi. Rien n'est plus faux. La première condition pour être catéchiste est de se reconnaître pécheur, car seuls ceux qui font l'expérience de la miséricorde de Dieu peuvent la proclamer avec authenticité. De cette humilité naît la volonté de servir, d'accompagner les autres sur leur chemin de foi et de laisser l'Esprit Saint agir en eux. Le catéchiste ne parle pas depuis une position de perfection personnelle, mais depuis l'expérience vécue d'un Dieu qui transforme et soutient, partageant avec simplicité le trésor reçu. Dès lors, que disent les catéchistes, et que disent ceux qui sont catéchisés ?
Que disent les catéchistes ?
1. Être témoin de l'amour de Dieu
Le catéchiste ne transmet ni théorie ni liste de règles ; il partage une expérience vécue. Témoigner de l’amour de Dieu, c’est l’avoir vécu en soi et laisser cet amour transformer ses paroles, ses gestes et ses attitudes. Le catéchiste est celui qui, ayant rencontré le Christ, peut sincèrement dire : “ Venez et voyez ”, car il partage son expérience personnelle, et non des concepts abstraits.
2. L'Église comme mère
Le catéchiste n'agit ni seul ni de manière indépendante. Il vit sa mission au sein de l'Église, mère qui enfante et nourrit la foi. Cela implique de se sentir pleinement intégré à la communauté chrétienne, d'y apprendre, d'y recevoir formation et soutien, et d'accompagner simultanément les autres dans leur cheminement spirituel. Fort de cette conscience, le catéchiste est un signe d'accueil et de proximité, montrant à ceux qu'il catéchumène que l'Église est un foyer, une famille.
3. La prière comme source
Le cœur du catéchiste se nourrit de la prière personnelle et communautaire. On ne peut donner ce que l’on ne possède pas : ceux qui accompagnent les autres dans la foi ont besoin de s’abreuver quotidiennement à la source vivante qu’est leur relation avec Dieu. La prière nous soutient dans les moments de lassitude, éclaire nos décisions et transforme la catéchèse en bien plus qu’un simple cours : en une rencontre qui peut mener à une rencontre personnelle avec Dieu.
4. L'audace de proclamer l'Évangile
La parrêsia, c'est l'audace du Saint-Esprit : proclamer l'Évangile avec courage, joie et liberté intérieure. Un bon catéchiste ne se laisse pas freiner par la peur, la timidité ou le regard des autres, mais il fait confiance à l'Esprit et s'adapte au langage et à la réalité de ses interlocuteurs. À l'image de Jésus, il s'efforce de rendre la Bonne Nouvelle accessible à tous, sans en diluer le sens, mais en la rendant concrète et pertinente.
Que demandent les catéchumènes à leurs catéchistes ?
1. Non aux coups
Un catéchiste définit avec justesse ce que signifie cette vocation : “ être un témoin, et non un tyran ”. La catéchèse ne saurait se réduire à un déferlement de connaissances ni à un discours moralisateur. La foi ne s’impose pas, elle se partage ; elle ne se transmet pas par la froideur d’un manuel, mais par la proximité d’une expérience vécue qui inspire la foi. Un bon catéchiste sait accompagner, écouter et s’adapter au rythme et à la réalité des personnes catéchisées, afin que la catéchèse devienne un espace de rencontre, de dialogue et de croissance, et non un lieu d’ennui ou d’imposition.
2. Cohérence
Rien n'est plus percutant que l'exemple. Un catéchiste peut disposer de nombreux outils pédagogiques, mais si sa vie contredit ses enseignements, le message perd de sa force. Vivre en accord avec les préceptes proclamés ne signifie pas être parfait, mais plutôt s'efforcer d'harmoniser sa vie quotidienne avec ce qui est proclamé : la prière, l'engagement communautaire, la charité, le pardon. Cette authenticité, même imparfaite, inspire confiance aux catéchistes et leur montre que l'Évangile est possible au quotidien. Comme l'a dit l'un d'eux : “ Je n'attends pas de mon catéchiste qu'il soit un saint, mais j'attends de lui qu'il croie clairement à ce qu'il dit. ”.
3. Empathie
Chaque personne qui vient en catéchèse a son histoire, ses doutes, son rythme et ses blessures. Un bon catéchiste a besoin, outre sa formation, d'intelligence émotionnelle pour se mettre à la place des catéchumènes, accueillir leurs questions sans s'offusquer, les écouter sans juger et trouver des moyens de les accompagner dans leur cheminement. Cette empathie crée un climat de confiance propice à l'ouverture au message de l'Évangile. Les catéchumènes l'expriment ainsi : “ On se sent écouté quand on n'est pas traité comme un numéro, mais comme une personne avec un nom et une vie qui nous sont propres. ”.
4. Discernement
Tous les conseils ne sont pas pertinents, et chaque chemin est unique. C'est pourquoi, outre l'empathie, le catéchiste a besoin de discernement : la capacité de reconnaître les signes de Dieu dans la vie de chacun, de prier pour ceux qu'il accompagne et de laisser l'Esprit Saint inspirer ses paroles et ses actions. Le discernement permet de guider sans imposer, de suggérer sans forcer, d'indiquer les chemins qui mènent à la rencontre du Christ, et non de proposer des solutions toutes faites. Ainsi, le catéchiste devient un véritable compagnon de route, aidant chacun à découvrir la volonté de Dieu pour sa vie.





