Famille

Les films les plus vus en Espagne reflètent à peine le désir de fonder une famille, même si 701 % des jeunes le souhaitent.

Un rapport de The Family Watch révèle que 561 % des familles représentées semblent être en conflit, et que seulement 51 % sont harmonieuses et positives.

Javier García Herrería-8 juillet 2026-Temps de lecture : 3 minutes
fonder une famille

La Fondation La veille familiale a présenté le rapport « Les familles à l'écran : Modèles de foyers dans les films et séries les plus regardés en Espagne en 2025 », Une étude réalisée par des chercheurs des universités Nebrija et Rey Juan Carlos, avec le soutien de Methos Media, aboutit à une conclusion frappante : les œuvres de fiction les plus consommées par les Espagnols reflètent à peine le désir de fonder une famille, même si une majorité de jeunes du pays aspirent à en avoir une.

L'étude a analysé 40 productions audiovisuelles — les dix séries et les dix films les plus regardés à la télévision linéaire et sur les plateformes de streaming en 2025 — à travers une méthodologie d'analyse de contenu appliquée à 158 personnages représentatifs de différentes dynamiques familiales.

Des familles sont présentes, mais presque toujours en situation de crise.

D'après les données de l'étude, 561 % des systèmes familiaux représentés à l'écran sont marqués par le conflit, la fragmentation ou l'éclatement, tandis que 331 % présentent l'institution familiale comme problématique ou en crise. À l'inverse, seulement 51 % des récits proposent un modèle familial idéal ou clairement positif.

Le rapport souligne cependant un paradoxe : bien que les structures familiales semblent fragilisées, nombre de personnages remplissent la fonction narrative de les maintenir unies. Le personnage 28% joue un rôle de soutien émotionnel pour le groupe familial, davantage que les figures d’autorité (22%) et les personnages à l’origine des conflits (20%).

« La fiction met en scène des personnages qui apportent un soutien émotionnel à des familles qui, narrativement, semblent brisées ou en voie de rupture. C’est l’un des paradoxes les plus intéressants révélés par l’étude », explique Carmen Llovet, l’une des chercheuses signataires du rapport.

Un autre fait remarquable est que près d'un personnage sur quatre (23%) n'a pas de structure familiale reconnaissable, une absence qui, selon les auteurs, n'est pas accidentelle : elle est souvent utilisée comme ressource narrative pour définir l'antagoniste, justifier certains comportements ou simplement rendre invisible l'environnement familial du personnage.

Les soins ont encore un visage de femme

Le rapport s'intéresse également à la répartition des tâches liées aux soins dans la fiction. La mère apparaît comme principale personne prodiguant les soins dans 261 % des cas, contre seulement 111 % pour le père. À l'inverse, l'absence familiale est principalement associée aux personnages masculins : 191 % des hommes incarnent ce rôle narratif, contre seulement 31 % des femmes. Le partage des soins apparaît dans 221 % des œuvres analysées, mais reste minoritaire.

« La coresponsabilité commence à apparaître dans la fiction, mais elle ne remet toujours pas en cause de manière significative un modèle de soins qui reste très lié à la figure maternelle », note le chercheur Ernesto García, co-auteur de l'étude.

Les valeurs familiales traditionnelles perdurent

Malgré l'importance des conflits, le rapport confirme que la fiction continue de transmettre des valeurs historiquement liées à la famille. Le sacrifice et le devoir familial se distinguent (23%), suivis par l'autonomie individuelle (19%) et la tradition et la continuité (12%). De plus, la famille demeure un facteur déterminant dans la construction de l'identité des personnages : elle influence de manière décisive leur personnalité dans 62% cas et conditionne leurs décisions tout au long de l'intrigue dans 45% cas.

« Les récits révèlent une tension constante entre la loyauté envers la famille et la poursuite d'un projet personnel. Même lorsque la famille apparaît à peine à l'écran, elle continue d'influencer les motivations des protagonistes », note la chercheuse Cristina Gallego.

L’étude analyse également le contexte de production et de consommation de ces fictions. L’Espagne représente 501 % des productions les plus visionnées, Netflix et RTVE Play étant les principales plateformes de consommation, à l’heure où l’essor du streaming transforme profondément les formats narratifs.

Cinq recommandations pour améliorer la représentation des familles

Sur la base de ces résultats, le rapport propose cinq axes d’action destinés à la fois à l’industrie audiovisuelle et aux administrations publiques :

  1. Intégrez le désir de fonder une famille comme un axe narratif légitime.
  2. Rendre les soins visibles et les répartir plus équitablement entre les hommes et les femmes.
  3. Présenter une plus grande diversité de modèles familiaux, y compris d'un point de vue fonctionnel et positif.
  4. Introduire des critères de représentation familiale dans les politiques de financement public de l'audiovisuel.
  5. Promouvoir la culture audiovisuelle afin de favoriser un regard critique sur les modèles familiaux présents dans la fiction.

Pour María José Olesti, directrice générale de The Family Watch, les conclusions du rapport sont « particulièrement pertinentes, car la fiction façonne l'imaginaire collectif et représente ce qui est normal, souhaitable ou possible ». À cet égard, elle souligne que des données telles que la persistance des soins prodigués par les femmes ou la faible prévalence du désir de fonder une famille chez les jeunes Espagnols – malgré un pourcentage élevé qui en fonde une – constituent des « données très significatives » pour repenser la manière dont la fiction représente la vie familiale.

Lire la suite
Bulletin d'information La Brújula Laissez-nous votre adresse e-mail et recevez chaque semaine les dernières nouvelles traitées d'un point de vue catholique.