Éducation

Rebeca Barba : “ Nos blessures viennent du fait de ne pas avoir été aimés et de ne pas savoir aimer. ”

L’intervention de Rebeca Barba, spécialiste mexicaine de la théologie du corps, de l’amour et de la sexualité, mérite réflexion. Atteinte d’un cancer, elle est conférencière au Congrès des éducateurs catholiques qui se tient à l’Université Francisco de Vitoria (UFV). Cet événement est 100% en ligne et gratuit, et porte sur la santé mentale et la sexualité.

Francisco Otamendi-25 septembre 2025-Temps de lecture : 4 minutes
Rebeca Barba, mexicana.

@Rebeca Barba.

“ Ma vie a basculé il y a un an lorsque j’ai appris que j’avais un carcinome malin au sein gauche. Je parlais déjà depuis quelques années de la théologie du corps et de la guérison intérieure. Mais une fois de plus, j’ai eu la confirmation que Dieu voulait que ma prédication s’appuie sur ma propre expérience vécue ”, a déclaré la professeure Rebeca Barba à Omnes avant le début du congrès de l’UFV.

“ On peut beaucoup apprendre sur la douleur et lire à son sujet, mais la vivre est une toute autre histoire. Je remercie Dieu pour le don de ma foi et la certitude qu’il veut que nous soyons sains et saufs ”, ajoute-t-elle depuis le Mexique.

L’amour de Dieu s’est manifesté de mille façons, explique-t-elle. Elle se sent “ très chanceuse ». Et « au terme de la période la plus difficile de mon traitement (chimiothérapie et radiothérapie), je réalise que j’ai encore le don de la vie pour continuer à apprendre à aimer et ainsi guérir. ”.

Santé mentale et sexualité 

La 6ème édition de Congrès des éducateurs catholiques Cet événement, qui se déroule jusqu'au 5 octobre, est organisé par l'Institut pour le développement et la personne. Il s'adresse plus particulièrement aux formateurs, éducateurs, parents, enseignants, psychologues et agents pastoraux. La cérémonie d'ouverture, également organisée en ligne, a accueilli le recteur de l'UFV, Daniel Sada, et une présentation de Mgr Ginés García Beltrán, évêque de Getafe, intitulée “ Santé mentale et cœur humain ”.

Rebeca Barba a suivi sa formation à l'Université Anáhuac (Mexique), à l'Athénée Regina Apostolorum de Rome, et a obtenu une maîtrise en mariage et famille à l'Université de Navarre, ainsi qu'aux États-Unis. Elle est membre consacrée de Regnum Christi et, se dit-elle, une fervente défenseure de la théologie du corps de saint Jean-Paul II. Voici un bref extrait de notre entretien.

Rebeca Barba se sent « très bénie » par Dieu.

Les cas de troubles mentaux sont en augmentation ces dernières années. Quelles sont les causes de cette augmentation ? Comment l’évalue-t-on ?

Je n'ai pas étudié le sujet en profondeur, mais je peux vous donner mon avis personnel. Je crois que nous vivons dans une société où le mariage et la famille sont fortement mis à mal. Cela crée, dès le départ, un environnement instable et difficile pour développer un équilibre mental sain. La sécurité que procure l'amour inconditionnel du foyer est essentielle au bien-être mental. 

D'un autre côté, nous ne pouvons ignorer que l'absence de Dieu et l'affaiblissement de la foi exposent les gens à de nombreuses épreuves et à de lourds fardeaux, les laissant livrés à eux-mêmes. L'être humain a ses limites, et nous devons le reconnaître, rechercher l'aide appropriée et renforcer nos relations fraternelles afin de vivre avec plus d'espoir. 

Que recommanderiez-vous en matière de prévention des problèmes de santé mentale ? Notamment chez les jeunes.

J’ai consacré presque toute ma vie à travailler auprès des jeunes et, à l’instar de saint Jean-Paul II, je crois qu’ils représentent l’espoir de l’avenir. Nombre d’entre eux sont désorientés par les idéologies actuelles ou souffrent d’un manque de repères affectifs, mais beaucoup d’autres, désabusés par ce que le monde leur offre, renouvellent leur quête pour étancher leur soif d’amour et d’épanouissement. 

Pour préserver leur équilibre mental, les jeunes ont besoin d'idéaux et de rêves, d'occasions d'aimer et d'être aimés, et de possibilités de faire le bien et d'avoir un impact positif. Par-dessus tout, ils ont besoin de vivre l'amour de Dieu – un Dieu proche et miséricordieux qui, précisément pour cette raison, ne les laissera pas sombrer dans la médiocrité ou le désordre. Une vie vécue selon les principes du véritable amour, un ami qui sait écouter et soutenir, un regard souvent tourné vers le ciel, une musique qui touche les cœurs au plus profond d'eux-mêmes… voilà ce dont ils ont besoin.

Et une fois le processus enclenché, quels sont vos conseils ?. 

La thérapie psychospirituelle, qui gagne en popularité ces derniers temps, même si elle n'offre pas une solution complète, me semble essentielle pour garantir à chacun le soutien d'un professionnel de santé. De plus, il est important d'avoir un guide spirituel et de trouver des personnes bienveillantes et patientes pour accompagner la personne dans sa démarche. 

Rebeca Barba anime le cours intitulé ‘ Aimer davantage, c'est guérir ’.

Par ailleurs, vous intervenez régulièrement sur la théologie du corps, l'amour et la sexualité. Pourriez-vous partager quelques concepts qui pourraient être particulièrement utiles ?.

Nous, catholiques, avons un besoin urgent d'apprendre sur l'affectivité et la sexualité dans une perspective positive et valorisante, comme l'expliquait Jean-Paul II. Ce qui nous a manqué, c'est un enseignement sur la beauté de la création, sur la perfection de l'œuvre de Dieu, et sur la meilleure façon de vivre le véritable amour. 

Enfin, je crois qu’en retrouvant la compréhension de la dignité de la personne humaine et de ce que signifie sa vocation suprême à aimer, nous atteindrons un plus grand bonheur et une plus grande harmonie avec Dieu, avec les autres et avec nous-mêmes. 

‘ Aimer davantage guérit ’ est le titre d'un de ses cours. Puis-je vous expliquer ? Que veut-elle dire lorsqu'elle parle d'un chemin vers la guérison, ou d'apprendre à aimer pour se guérir soi-même ?

– Nombreux sont les catholiques qui ne connaissent pas bien le sujet de la guérison ou qui peuvent nourrir des soupçons, du scepticisme, etc. L’important est de comprendre ce que cela signifie : il s’agit d’un processus continu d’amour et de transformation en Dieu, qui implique d’accueillir consciemment ce qui a été vécu afin que la douleur n’ait pas le dernier mot. 

Mon cours s'intitule ‘ Aimer davantage guérit ’ car je crois fermement que toutes nos blessures proviennent d'un manque d'amour reçu et d'une incapacité à aimer véritablement. La guérison commence lorsque nous faisons l'expérience d'être aimés, même dans nos pires moments, et ce pouvoir appartient au Christ, celui qui nous a aimés le premier et qui continue de nous aimer, nous donnant la force d'aimer à nouveau par sa guérison et son salut. 

L'auteurFrancisco Otamendi

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