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‘ Barioná ’ : Jean-Paul Sartre a fait renaître l'espoir de Noël face aux nazis

‘ Barioná, fils du tonnerre ’, œuvre exceptionnelle de Jean-Paul Sartre, nous permet de mieux comprendre sa pensée dans un contexte extrême. Écrite et jouée à Noël 1940 dans un camp de prisonniers de guerre nazi près de Trèves, où Sartre était détenu parmi 15 000 autres, cette pièce, intitulée « Barioná », porte haut l’étendard de l’espoir.  

Francisco Otamendi-17 décembre 2025-Temps de lecture : 3 minutes
Jean-Paul Sartre.

Le philosophe et écrivain Jean-Paul Sartre, à son arrivée en Israël en 1967 (Moshe Milner, Flickr-Government Press Office (GPO), Creative Commons, Wikimedia Commons).

La première œuvre dramatique du philosophe et écrivain français Jean-Paul Sartre, ‘ Baryoné, fils du tonnerre ’, fut conçue et jouée dans un camp de concentration nazi où Sartre était prisonnier. Le thème central était le mystère de Noël, et le message, un message d'espoir. Le philosophe existentialiste s'attribua le rôle de Balthazar, l'un des personnages principaux.

L'histoire se déroule ainsi. En novembre 1940, des prêtres du Stalag 12D, un camp nazi près de Trèves (Allemagne), obtinrent l'autorisation de célébrer la messe de minuit dans l'une des baraques, raconte Javier Marrodán, prêtre et professeur originaire de Navarre. une critique à l'édition 2012 de Voz de Papel.

Genèse de la pièce 'Barioná'‘

Parmi les 15 000 prisonniers figurait Jean-Paul Sartre, déjà écrivain renommé. Il s’était engagé dans l’armée française comme météorologue et avait été arrêté lors de l’occupation de la France par les Allemands.

Jean-Paul Sartre souhaitait participer aux festivités et proposa de composer et de mettre en scène une pièce sur Noël. Âgé de 35 ans, il avait déjà publié ‘ La Nausée ’, travaillait à ‘ L'Être et le Néant ’, était un athée déclaré et organisait des cours sur Heidegger et l'existentialisme pour les autres membres du camp.

Acte de résistance spirituelle et collective 

En seulement six semaines, Sartre a non seulement écrit le texte, mais a également attribué les rôles, organisé les répétitions, supervisé les accessoires et la musique, et joué lui-même le rôle de l'un des personnages principaux, Balthasar. 

La scène est devenue un acte de résistance spirituelle et collective : une affirmation de sens, d'espoir et de coexistence face à l'oppression.

Barioná, un homme sans espoir

Le protagoniste, Barioná, est le chef des Juifs de Bethsur, un village près de Bethléem. Il hait les Romains et se montre sceptique quant au récit des bergers. Ces derniers affirment qu'un ange leur a annoncé la naissance du Messie dans une étable voisine.

Barioná est un homme désespéré et abattu, sans aucune illusion sur l'avenir. Même la grossesse de sa femme Sara ne parvient pas à apaiser ses pensées sombres et pessimistes. Lui aussi avait aspiré à la venue du Messie, mais pas à celle d'un enfant sans défense.

Balthazar présente Jésus comme un messager d'espoir. 

À partir de ce moment, la pièce introduit la naissance de Jésus comme un message d'espoir pour le monde. Les bergers annoncent la venue du Messie, et des personnages comme Balthazar (interprété par Sartre) s'entretiennent avec Bariona de l'importance de l'espoir, de la dignité humaine et de la liberté.

Baltasar lui explique avec une profonde perspicacité théologique – et une grande patience, note Marrodán – que Dieu est descendu sur Terre pour lui, qu’il a choisi d’accomplir cet acte apparemment insensé, même s’il lui est difficile à croire. Et que, de ce fait, chaque homme est déjà bien plus que ce à quoi il a jamais aspiré, que la naissance de Jésus est une source d’espérance et donne à la souffrance son véritable sens. 

Impact profond parmi les prisonniers

La pièce a profondément marqué les prisonniers. D'après des témoignages, beaucoup se souvenaient encore des mots de Sartre sur le sens de la souffrance et de l'espoir des années plus tard, même si le texte n'a été largement diffusé que des décennies plus tard. 

Plusieurs auteurs soulignent que Barioná mêle histoire et contexte de vie, Noël comme récit d'espoir humain et philosophie existentialiste appliquée à l'action : liberté, responsabilité et engagement humain face à la souffrance. 

Le mystère de Noël et le mystère de la vie de Sartre

Certains prisonniers se sont convertis, et d'autres se sont “ clairement ” souvenus des années plus tard des paroles de Sartre-Baltasar sur la souffrance et la grandeur de la rédemption. Ce phénomène a été documenté, entre autres, par Charles Moeller, auteur des célèbres ouvrages sur ‘ La littérature du XXe siècle et le christianisme ’, et par le professeur José Ángel Agejas, philosophe et professeur à l'université Francisco de Vitoria (Madrid). 

En cette veille de Noël 1940, “ Sartre ajouta au grand mystère de Noël le mystère non négligeable de sa propre vie ”, conclut-il. Javier Marrodán, Il est docteur en communication de l'Université de Navarre. “ Grâce à Baltasar, bien sûr. ” D'ailleurs, Marrodán a consacré sa thèse de doctorat à Albert Camus. Mais ceci est une autre histoire.

Barionah, le fils du tonnerre

AuteurJean-Paul Sartre
EditorialLe projet de loi sur l'immigration et la protection des réfugiés : Voz de Papel
Année: 2004
Nombre de pages: 152
L'auteurFrancisco Otamendi

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