Il y a des films qui divertissent et des films qui éveillent quelque chose en vous. Lionnes Il s'agit de l'un de ces derniers. Produit par INFINITO + 1, ce documentaire démontre le pouvoir guérisseur scientifiquement prouvé de l'amour, tant pour celui qui donne que pour celui qui reçoit.
Son directeur, Juan Manuel Cotelo, et son protagoniste, Majo Gimeno, fondateur de l'association Mamans en action, Ils se sont présentés à l'entretien avec quelque chose que les candidats n'apportent pas toujours : la certitude que ce qu'ils disent compte vraiment.
Tout commence par un enfant solitaire
L'histoire commence en 2013, lorsque Majo Gimeno découvre une réalité invisible à Valence : des milliers d'enfants hospitalisés, confrontés à la maladie dans une solitude absolue, sans famille à leurs côtés. Un bébé. Un hôpital. Personne à leurs côtés. Il n'en a pas fallu plus pour que la vie de Majo bascule.
« J’ai vu un enfant, cela m’a bouleversée, et j’ai voulu être près de lui parce que je rentrais à la maison, je voyais ma fille, et ensuite je voyais cet enfant », raconte Majo. « J’étais furieuse de penser qu’il dormait seul. Qu’il n’y avait personne pour lui faire ça. ».
Il n'y avait pas de plan stratégique. Pas de vision grandiose. Juste une question lancinante qui la tenait éveillée la nuit : « Cet enfant est seul, et maintenant, que faire ? Rentrer chez moi comme si je ne l'avais pas vu ? Ou faire quelque chose pour être avec lui ? ».
Elle est restée. Sans se douter de ce qui allait se passer. Et de ce geste – petit, insensé, humain – est né Mamas en Acción.
Pourquoi sont-ils Lionnes
Ce titre fait référence à l'instinct maternel de protection que ressentent de nombreuses femmes (et des hommes aussi) lorsqu'elles découvrent que des milliers d'enfants sont sans famille en Espagne. Car c'est bien de cela qu'il s'agit : des femmes prêtes à se battre, unies par un engagement commun : aucun enfant ne sera laissé seul. Si une seule mère a tant de force… que ne peut accomplir une armée de mères ?
Aujourd'hui, plus de dix ans après que Majo Gimeno ait passé la nuit chez un inconnu, Mamás en Acción (Mères en Action) rassemble des bénévoles actifs dans des villes comme Valence, Barcelone, Majorque, les îles Canaries et Madrid, unis par un engagement commun : aucun enfant ne devrait être seul. L'association a déjà apporté son soutien à plus de 2 000 enfants dans 54 hôpitaux à travers l'Espagne.
Une réalité douloureuse
Ces chiffres sont difficiles à entendre. En Espagne, plus de 55 000 enfants sont sans parents ni tuteur légal. Il ne s’agit pas de mineurs non accompagnés arrivant de l’étranger : ce sont des enfants de familles espagnoles dont les parents, à un moment donné, déclarent aux services sociaux ne plus pouvoir s’occuper d’eux. Ou encore, à l’inverse, des enfants que l’État protège en les retirant de leur famille.
« La situation est digne d'un film d'horreur, si vous me permettez l'expression », admet Majo sans détour. « Je n'aime pas diffuser de messages destructeurs, mais sur ce point, nous sommes en retard et nous nous y prenons mal. ».
Le problème est structurel : lorsqu’il est constaté que des parents ne prennent pas soin de leurs enfants, les autorités en prennent la tutelle. Mais on leur accorde un délai pour se réhabiliter, et pendant ce temps, l’enfant ne peut être placé dans une famille d’accueil.
« Vous pouvez avoir jusqu’à six frères et sœurs placés sous la tutelle de l’administration et vivant en famille d’accueil, et vous pouvez renouveler votre droit à la réinsertion à chaque nouvelle naissance », explique Majo. Rien qu’à Madrid, plus de six mille enfants vivent actuellement en famille d’accueil. À Valence, ce nombre dépasse les cinq mille.
Son appel à l'État est direct : « Qu'ils agissent comme des parents et non comme des politiciens. La réussite d'un parent, c'est de voir ses enfants réussir. C'est tout. » Et à la société, quelque chose d'encore plus simple : « Que nous restions où nous sommes. C'est tout. »
Le mérite qui reste méconnu
Majo Gimeno fait partie de ces personnes qui mettent mal à l'aise car elle ne laisse aucune excuse sans réponse. Elle ne parle pas avec arrogance. Au contraire, elle insiste sur le fait que ses actes n'avaient aucun mérite. « Ce que j'ai fait n'a absolument aucun mérite car je n'avais absolument pas prévu ce qui allait se passer. Jamais. ».
Et quand quelqu'un lui dit qu'elle a une lumière particulière, elle le réfute catégoriquement : « J'aimerais bien. Je ne suis pas comme ça, je suis comme vous. Ne me voyez pas comme quelque chose que je ne suis pas, pas du tout. ».
Moms in Action, nous rappelle-t-elle, n'est pas née d'une idée géniale, mais d'une question très dérangeante. Et nous nous posons tous, à un moment ou un autre, cette question qui attend une réponse. « Nous avons tous un enfant seul autour de nous. Parfois, c'est un parent qu'on doit ramener à la maison, et on le sait, mais on préfère ne pas regarder. ».
Ouvrez les yeux et regardez autour de vous : « Ne venez pas faire du bénévolat si vous n'avez pas vu votre grand-mère malade depuis deux mois. Savez-vous que votre voisine du dessous n'a reçu aucune visite depuis des mois ? Avez-vous pris un café avec elle ? ».
La foi qui est venue plus tard
L'histoire de Majo est également marquée par une forte identité religieuse. Après avoir créé Mamás en acción (Mamans en action), elle a traversé une épreuve personnelle difficile qui l'a conduite vers Dieu. Sa conversion n'est pas née de son expérience auprès d'enfants hospitalisés, mais d'une souffrance qui l'a poussée à bout.
Il dit à Dieu : « Si tu existes vraiment, laisse-moi mourir aujourd'hui, car je ne veux plus vivre. Je veux dire, je n'en peux plus, je ne peux plus supporter ça. ».
Ce qu'il a découvert après ce moment, dit-il, c'était une présence réelle. « Jésus-Christ est ressuscité. Je vous le dis, il est bien vivant et il est là parce qu'il est descendu aux enfers pour me sauver. » Et à partir de là, dit-il, ses souffrances passées ont pris tout leur sens : « Ce qui te faisait souffrir, c'était la croix que tu devais gravir pour pouvoir aimer. ».
Cotelo : le réalisateur qui tombe amoureux des projets
Juan Manuel Cotelo, connu pour des documentaires tels que Le dernier pic o Faire du désordre, Il a abordé Majo d'une manière on ne peut plus typique de lui. Il l'a vue se faire interviewer sur le plateau de TVE alors qu'il attendait son tour. « Pendant que je prenais le micro, j'ai entendu cette fille parler et j'ai tout de suite eu le déclic : »Dis-moi ton numéro, il faut que je te parle.” ».
Cotelo confie que les interviews pour ce film ont été différentes. « Souvent, les journalistes ne font qu'effleurer le sujet. »Comment avez-vous filmé cette scène ?” “Quel était le budget du film ?” “Des anecdotes de tournage.” Avec ce film, je réalise que la presse a saisi l'essentiel : notre besoin impérieux d'être aimé et d'aimer. ».
Quel est son prochain projet ? Cotelo est clair sur ce point : il ne le sait pas. « Je commencerai à y réfléchir lundi prochain. J’ai l’embarras du choix, car il y a tant de belles histoires à raconter. ».
Lionnes Il sortira en salles le 15 mai prochain. Le plus difficile, après l'avoir vu, sera peut-être de rentrer chez soi comme si de rien n'était.





