Au moins 22 personnes ont été tuées lundi 15 septembre lors d'une attaque perpétrée par des hommes armés à moto contre une cérémonie de baptême dans l'ouest du Niger, selon des habitants et des médias internationaux. L'attaque a eu lieu dans le village de Takoubat, dans la région de Tillabéri, zone frontalière avec le Burkina Faso et le Mali où opèrent des groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à l'État islamique.
D'après des témoins cités par l'AFP et l'agence EFE, les assaillants ont ouvert le feu sur les personnes assistant au baptême, tuant 15 personnes, puis ont assassiné sept autres personnes aux alentours du village. “ Alors que des gens célébraient un baptême, des hommes armés ont ouvert le feu, semant la mort et la terreur ”, a dénoncé sur les réseaux sociaux Maikoul Zodi, une militante locale des droits de l'homme.
Les Forces de défense et de sécurité nigériennes (FDS) déployées dans la zone ont lancé une opération de recherche pour appréhender les responsables. Les autorités ont confirmé l'attaque, mais n'ont pas encore communiqué de bilan officiel des victimes.
Cette attaque survient six jours seulement après une embuscade dans la même région, au cours de laquelle quatorze soldats nigériens ont trouvé la mort alors qu'ils poursuivaient un groupe d'hommes armés qui volaient du bétail. Des organisations de défense des droits humains, telles que Human Rights Watch, ont signalé que depuis mars, les groupes armés ont intensifié leurs attaques, tuant au moins 127 villageois et fidèles musulmans ; des maisons ont également été pillées et incendiées.
Le Niger, dirigé par une junte militaire depuis juillet 2023 suite à la destitution du président Mohamed Bazoum, est en proie à une spirale de violence au Sahel. Malgré les promesses de la junte de rétablir la sécurité, les attaques contre les civils et les forces de sécurité continuent de se multiplier.
Une coalition pro-démocratie lancée ce mois-ci à Niamey a critiqué l'“ incapacité ” des autorités militaires à endiguer l'insécurité et a exigé des élections libres ainsi que la levée des restrictions imposées aux partis politiques et aux syndicats.
La région de Tillabéri est devenue l'un des épicentres de cette violence, avec des attaques aveugles qui ont plongé les communautés rurales dans la peur, le déplacement et la perte de leurs moyens de subsistance.





