Le phénomène des évangélistes numériques, ou influenceurs chrétiens, connaît une croissance rapide et influe clairement sur le nombre de jeunes qui partagent ouvertement leur foi, alimentant ainsi ce que l'on appelle le “ retour au catholicisme ”. Ce phénomène apporte de la joie à de nombreux catholiques et conduit à des conversions, tout en réconfortant de nombreux croyants.
Cependant, certains commencent à s'inquiéter du fait que des évangélistes à succès fassent payer leur contenu, surtout s'ils exercent déjà une profession libérale. Cette préoccupation est tout à fait légitime, car elle nous rappelle ce verset biblique : “ Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. ”.
Les apôtres et d'innombrables saints n'ont pas fait payer leur œuvre d'évangélisation. La foi est un don, un présent ; comment peut-on faire payer le partage d'un tel don ?
Il convient de préciser que cela n'est pas tout à fait vrai, puisque l'Église (principalement les laïcs) soutient le clergé par ses dons, et en Espagne, ils le font également par le biais du X dans la déclaration de revenus.
Les prêtres reçoivent une allocation suffisante pour vivre et leur entretien est relativement assuré (bien qu'on puisse se demander si elle ne devrait pas être plus élevée, car nombre d'entre eux peinent à subvenir aux besoins de leur famille). Une situation similaire existe pour les membres des ordres religieux, qui financent leurs activités en sollicitant des dons auprès des fidèles et en gérant leurs biens.
Mais nous, catholiques, acceptons volontiers le coût des études dans les facultés ecclésiastiques, car nous comprenons qu'un enseignement de qualité exige une structure financière solide. Certes, on pourrait arguer que l'évangélisation et l'éducation ne sont pas synonymes, mais force est de constater que cette frontière est de plus en plus floue de nos jours.
Cela ne semble pas raisonnable à certains.
Il est parfaitement clair que si un prédicateur reconnu donne une conférence, il doit être remboursé de ses frais de déplacement et d'hébergement, et même recevoir une compensation raisonnable pour son temps. C'est une question d'équité, et non de profit. “ L'ouvrier mérite son salaire ”, dit l'Écriture. Il y a des familles à charge, des crédits immobiliers à payer, de l'essence et de la nourriture à nourrir.
Le problème se pose lorsque certains évangélistes reconnus demandent des sommes importantes pour intervenir dans une paroisse, une école, une université ou une association. Dans ce cas, certaines personnes sont choquées, scandalisées ou critiquent ces intervenants qui réclament autant d'argent pour aider les fidèles à se rapprocher de Dieu.
J'ai longtemps pensé ainsi, mais il y a un an, j'ai complètement changé d'avis. Je crois désormais que les évangélistes numériques ou missionnaires catholiques qui réussissent vraiment sont parfaitement justifiés de demander des sommes importantes si le public catholique est prêt à payer, c'est-à-dire si le contenu qu'ils proposent est de qualité.
De même qu'un catholique peut payer 10 € pour voir un film au cinéma pendant deux heures, il ne faut pas s'étonner qu'une autre personne demande 2 000 € pour donner une conférence devant 300 personnes. La question n'est pas de savoir si c'est beaucoup ou peu d'argent pour une prestation de quelques heures ; la question est de savoir si la valeur ajoutée de cette présentation est réellement justifiée.
Quelle est la valeur d'un contenu de qualité ?
Quelle valeur accorder à une session qui motive une personne à lire la Bible en entier, car elle en a enfin saisi l'importance ? Et à une session qui convainc les jeunes de la sagesse de l'abstinence sexuelle avant le mariage ? Et à une session qui explique la messe si clairement qu'on commence à y assister quotidiennement ? Quelle valeur accorder à une conférence qui inspire à évangéliser ses amis et collègues ? Et à une conférence qui approfondit sa vie de prière ou sa dévotion à la Vierge Marie ?
Eh bien, je pense que si la séance est vraiment de qualité, qu'elle laisse une impression durable, qu'elle motive, etc., tout catholique paierait volontiers 10 € pour obtenir quelque chose d'aussi positif pour sa vie et sa foi.
J'insiste : le problème n'est pas le montant payé par les participants ou les organisateurs pour une conférence, mais bien de savoir si cet argent compense la qualité du contenu.
À quoi ressemble la vie d'un évangéliste à succès ?
Je comprends qu'au sein de l'Église, beaucoup de personnes agissent bénévolement. Cela se comprend aisément, compte tenu du fort sens de la mission et du peu d'intérêt porté au gain personnel. C'est la norme chez les prêtres et les religieux, notamment parce qu'ils ont généralement des moyens de subsistance suffisants.
Bien sûr, de nombreux laïcs apportent également leur aide de manière altruiste dans leurs paroisses, et même récemment, de nombreux couples mariés avec de jeunes enfants font preuve d'une grande générosité en participant à des retraites Emmaüs ou Amour conjugal.
Compte tenu de tout cela, on peut se demander pourquoi certaines personnes facturent des sommes importantes pour évangéliser. La réponse est plus claire si l'on se place du point de vue d'un évangéliste qui réussit. Ces personnes commencent par se rendre bénévolement dans les paroisses ou les groupes proches de leur communauté.
Cependant, comme ils le font exceptionnellement bien, deux ou trois nouvelles sessions émergent de chacune d'elles. Et bien sûr, tous les lieux où ils sont invités sont formidables, avec des gens bienveillants, désireux d'apprendre et d'approfondir leur vie chrétienne. Comment pourraient-ils faire payer pour répandre le bien ?
Lorsque vous n'assurez qu'une ou deux séances par mois, sans avoir à faire de longs déplacements ni à passer des nuits loin de chez vous, la situation est raisonnable, mais lorsque vous recevez plus de 10 demandes par mois, vous devez choisir entre plusieurs options.
La première option consiste à refuser 80 % des demandes (ce qui déplaît généralement à ceux qui invitent et à la personne invitée, car cela représente une belle occasion d'évangéliser) ; la deuxième option est d'accepter presque tout et de finir épuisé en quelques mois, car un tel rythme de vie est insoutenable ; la troisième possibilité est de tenter de trouver un équilibre entre l'effort fourni et la compensation financière reçue.
Quelle voie prennent les évangélistes qui réussissent ?
Depuis deux ans, je suis de près le travail de nombreux évangélistes numériques et j'ai eu l'occasion d'en rencontrer une vingtaine en Espagne. Lorsqu'on discute avec ces laïcs de leur façon de gagner leur vie, on se rend compte qu'ils sont tous confrontés au même dilemme : refuser la plupart des invitations qu'ils reçoivent, accepter beaucoup de choses et finir par s'épuiser, ou se lancer et professionnaliser leur travail d'évangélisation.
Cette dernière option est la plus risquée pour eux, et ce, à deux égards. Premièrement, ils s'exposent au rejet et aux jugements sévères de nombreux croyants, qui ne comprennent pas pourquoi ils demandent des sommes importantes pour leurs conférences.
Deuxièmement, ils sont confrontés à la perspective intimidante de créer leur propre entreprise, une idée qui ne fait pas partie intégrante de la mentalité espagnole, dont beaucoup sont habitués à une vie de fonctionnaire et à un emploi stable. Vivre en indépendant n'est ni à la mode ni sans risque, mais bien sûr, laisser les autres prendre ce risque est leur devoir moral…
Un coup d'œil aux chiffres
Commençons par examiner les chiffres. Prenons un exemple hypothétique : une personne facture 1 000 € pour une seule séance. C’est assurément une somme importante par rapport au salaire minimum ou moyen. Cependant, si cette personne donne cinq conférences par mois, voici les chiffres réels.
Avec un chiffre d'affaires total de 5 000 €, en réalité, à peine plus de la moitié des sommes versées par les clients parvient à l'intervenant, car la TVA, l'impôt sur le revenu et les cotisations sociales sont déduits. Au final, après ces multiples prélèvements, le salaire net réel s'élève à environ 2 800 € ; autrement dit, pour chaque conférence à 1 000 €, l'intervenant perçoit 560 € et l'État 440 €. Et ce, sans même prendre en compte les allocations chômage, les indemnités maladie ou les indemnités en cas d'accident du travail…
Si le conférencier exerçait une autre activité et facturait ses conférences en complément de son salaire, la situation ne s'améliorerait guère. Sur les 5 000 € facturés, il ne lui resterait qu'environ 2 400 € nets, l'État prélevant 52 %. Certes, cette somme viendrait s'ajouter à son salaire, mais son quotidien serait également très chargé : il devrait voyager plusieurs fois par mois et passer des nuits loin de chez lui, ce qui rendrait son mode de vie peu enviable.
Compte tenu de toutes les variables économiques, demander 1 000 € peut-il être considéré comme une somme exorbitante, voire immorale ? Est-ce une somme si importante qu’elle permettrait de mener une vie de luxe, ou est-elle raisonnable compte tenu des dépenses liées au crédit immobilier, aux frais de scolarité, à l’alimentation, etc. ?
L'évangélisateur laïc ne bénéficie pas du soutien institutionnel (comme celui d'un diocèse ou d'une paroisse), mais prend des risques personnels considérables. Imaginez ce qui se passe en cas d'accident : il ne perçoit même pas d'indemnités maladie.
Devenir riche n'est pas facile, même si cela peut paraître le cas.
Imaginons un évangéliste prospère qui décide de se consacrer entièrement à l'évangélisation et qui donne deux ou trois sermons par semaine, générant ainsi (apparemment) un revenu mensuel conséquent de 10 000 €. Bien sûr, il devrait passer deux ou trois nuits par semaine hors de chez lui, ce qui engendrerait des tensions au sein de sa famille et empêcherait probablement son conjoint de travailler pour pouvoir s'occuper correctement des enfants et du foyer.
Pensons-nous vraiment qu'une personne accomplissant un travail extrêmement difficile mérite un salaire exorbitant si elle gagne 6 000 € par mois (après impôts) pour subvenir aux besoins de sa famille ? Pourra-t-elle seulement rembourser son prêt immobilier avant ses 50 ans avec ce revenu ? Vivra-t-elle dans le luxe ostentatoire ? S'offrira-t-elle des voitures de luxe ou fréquentera-t-elle des restaurants chics ?
Réfléchissons-y un instant : dans n'importe quel domaine de la société, ceux qui fournissent des services que presque personne ne sait offrir gagnent suffisamment d'argent pour s'installer confortablement dans la vie en à peine 5 ou 10 ans.
Cependant, nous voulons épuiser les évangélistes à succès en quelques mois en les brisant psychologiquement, en leur disant qu'ils doivent vivre dans la pauvreté et avec une grande incertitude quant à l'avenir.
À bien y réfléchir, la quasi-totalité des évangélistes qui réussissent le doivent à leurs grandes qualités personnelles, reconnues et rémunérées en dehors de l'Église, ce qui signifie que beaucoup d'entre eux gagneraient beaucoup d'argent en travaillant dans des domaines très éloignés de la foi.
Voulons-nous vraiment dissuader ceux qui sont les mieux placés pour évangéliser de se consacrer à d'autres projets ? Après vingt ans de réflexion sur la manière d'atteindre les jeunes ou d'évangéliser le monde numérique, voulons-nous que nos meilleurs éléments restent à l'écart ? N'est-ce pas faire un cadeau au diable ?
Ce que j'ai appris dans une école catholique
Pendant 18 ans, j'ai enseigné la philosophie dans une école catholique de Madrid. C'était sans aucun doute une école formidable, tant sur le plan académique que sur celui de la formation spirituelle (à titre d'exemple, j'ai enseigné à environ 25 élèves qui sont ensuite entrés au séminaire).
Y sin embargo, hace tres años decidí dejarlo, pues me di cuenta que muy pocos estudiantes de ese colegio hacían carreras profesionales que tuvieran un alto impacto social. La inmensa mayoría se convertían en abogados, ingenieros, consultores o banqueros (profesiones dignas y en las que hace falta gente buena).
Lo malo es que casi ninguno de ellos hacía carreras humanísticas o se dedicaban a profesiones que influyeran en la configuración de la sociedad: docentes, periodistas, políticos, escritores, actores, productores de cine, etc.
Y es que si la mayoría de alumnos brillantes que estudian en colegios católicos no escogen profesiones que influyan en la configuración de la sociedad por miedo al riesgo económico y social, difícilmente cambiaremos la sociedad.
Si formamos a los mejores para que solo aspiren a sectores tradicionales por miedo a la precariedad, estamos cediendo los espacios de influencia cultural sin ni siquiera jugar el partido. La profesionalización del evangelizador permite que el talento católico compita en la primera división de la creación de opinión
Lo malo, es que ahora me encuentro con algo todavía peor, cuando veo cómo a los poquísimos evangelizadores de éxito que se arriesgan a tratar de vivir dando mensajes muy necesarios para nuestra sociedad, resulta que son criticados por aquellos que deberían apoyarlos.
Por discreción no voy a dar nombres, pero me ha apenado mucho ver que en los últimos meses dos evangelizadores de éxito han decidido volver al mundo de la empresa, reduciendo muchísimo la aportación que pueden aportar a la causa cristiana. Se han ido porque estaban cansados de ser sospechosos de lucrarse demasiado con la evangelización y ahora dedicarán una parte muy pequeña de su tiempo a la evangelización.
Por qué debemos pagar mucho y con gusto
Con independencia de que no es inmoral en sí mismo cobrar mucho por un trabajo competente que la gente paga libremente, hay otras razones por las que conviene a los católicos pagar por recibir una buena formación.
Si uno ve lo que ha ocurrido en Estados Unidos en el ámbito de la evangelización digital, se dará cuenta de que gracias a la suscripción mensual de aplicaciones católicas como Hallow, Ascension Press, Word on fire, Formed, Catholic match o Exodus 90, millones de personas están mejorando su formación, aumentando su práctica cristiana o teniendo servicios de streaming con películas adaptadas.
También hay numerosos congresos católicos por los que se paga una buena entrada y cuentan con patrocinadores importantes para su organización.
Pero España es un país acostumbrado a la piratería, a trabajar en B, tener una mentalidad muy poca emprendedora, que tiende a confundir peligrosamente la gratuidad del Evangelio con el derecho al ‘todo gratis’. Nos cuesta horrores entender que la excelencia requiere inversión y que el talento, si no se sostiene con estructuras profesionales acaba asfixiado por un voluntarismo mediocre.
Tenemos una suerte de alergia colectiva al éxito en los negocios y a premiar el desempeño sobresaliente. Cobrar por encima de la media se etiqueta de codicia, impidiendo que nazcan proyectos con la solidez necesaria como para perdurar más allá del entusiasmo del primer día.
Poseemos un complejo histórico que nos hace mirar el beneficio económico con una sospecha moral constante. Preferimos proyectos pequeños, mal financiados y que “no parezcan un negocio” antes que apostar por una profesionalización real, olvidando que la falta de recursos es, a menudo, la excusa perfecta para nuestra falta de ambición y de compromiso con la verdad.
Somos tan alérgicos a los discursos ambiciosos y que muevan recursos que ni siquiera los evangelizadores exitosos se atreverán a compartir este artículo en sus redes sociales. Y me parece bien que no lo hagan, corren el riesgo de ser machacados por “el fuego amigo”.
Excusas para no pagar
Dejando de lado que la mayoría de evangelizadores de éxito tienen muchísimo contenido gratuito en redes, pódcast y vídeos en Youtube, accesibles gratuitamente a todo el que quiera, creo que muchas veces hay dos excusas por las que pedimos a los evangelizadores digitales que cobren poco.
En las comunidades cristianas de todo género, arrastramos una mezcla explosiva de pereza logística y complejo moral. Nos cuesta horrores salir de la zona de confort para buscar patrocinios o gestionar entradas, y maquillamos esa falta de iniciativa con un supuesto decoro.
Al final, nos da pánico ‘pasar la gorra’ porque confundimos la humildad con la vergüenza que nos da, lo que nos condena a una mediocridad autocomplaciente por no atrevernos a pedir lo que el trabajo bien hecho merece.
El hecho, más bien, es que muchos grupos pequeños en la Iglesia están encantados de aprovecharse del evangelizador exitoso para llenar sus salones a costa del desproporcionado esfuerzo de la otra parte.
En muchas comunidades se quiere que el evangelizador exitoso vaya a hablar a 30 personas por 200 €, pero cuando se sugiere unir esfuerzos invitando a las personas de las cuatro parroquias de la zona, para que el ponente pueda cobrar lo que se merece, entonces aparecen los negativas. Y es que es más fácil quejarse de la falta de compromiso ajena que ponerse manos a la obra para conseguir objetivos arduos.
El hecho de que el pasado mes de enero una parroquia de Algete y Alpha organizaran “Llamados”, un evento de formación y adoración que congregó a miles de personas en un gran pabellón en Madrid, es un buen ejemplo de lo que uno puede llegar a hacer si se complica la vida.
Los riesgos de profesionalizar la evangelización
Que uno esté a favor de que haya gente que se gane la vida con la evangelización, no quita que existan riesgos serios contra los que hay que luchar constantemente.
El riesgo de la falta de vida interior. Cuando el evangelizador digital descuida su vida interior, la misión deja de ser un desborde de la gracia para convertirse en una producción de contenido. Lo que debería ser oración se transforma en guión, y el silencio necesario para escuchar a Dios es devorado por el ruido constante de actividad. En este escenario, el evangelizador no transmite una Vida, sino que distribuye un producto emocionalmente atractivo pero espiritualmente estéril.
El riesgo de la falta de formación. Aunque uno trate de comunicar la verdad que libera, la escasa formación puede llevar a mucha gente al error. El peligro es que la doctrina se convierta en un eslogan fácil y tres ideas bonitas sin mucho fondo. Al carecer de hondura intelectual y magisterial, la misión deja de ser una catequesis sólida.
Que la lógica del mercado corrompa la de la evangelización. Si el evangelizador no tiene rectitud de intención en su actividad, pasará a obsesionarse con las métricas, links, códigos de descuento. Ya no se trata de anunciar a Cristo, lo importante ahora es gestionar una audiencia. Lo que era misión empieza a parecer carrera profesional, o lo que era testimonio se convierte en marca personal. Cuando uno es evangelizador de profesión corre el riesgo de que la misión se convierta en un mercado. El mercado todos sabemos que es muy peligroso y que juega con leyes propias como fidelizar, escalar, monetizar, diferenciarse, generar engagement.
Estos riesgos y muchos otros son reales, pero no enfrentarse a ellos por miedo tampoco es una actitud cristiana. Habrá que ayudar a los evangelizadores exitosos a que sean auténticamente cristianos, profundos y no sigan únicamente la lógica del mercado, pero animarles a desistir de su trabajo por miedo al fracaso presupone que la gracia de Dios no puede ayudarles en su tarea.
Ojalá haya muchos evangelizadores de éxito, en el mundo digital y en el mundo real. Ojalá muchos de ellos se forren y les salga el dinero por las orejas. Así podrán ser como Lázaro, uno de los mejores amigos de Jesús, y podrán poner su dinero a los pies de la causa del Señor.
Rédacteur en chef de Omnes. Auparavant, il a collaboré à divers médias et a enseigné la philosophie au niveau du Bachillerato pendant 18 ans.





