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WACOM 6 : un congrès pour repenser la Miséricorde divine

Gintaras Grušas, archevêque de Vilnius, accueille le congrès Wacom pour promouvoir la dévotion à la Miséricorde divine.

Bryan Lawrence Gonsalves-3 juin 2026-Temps de lecture : 4 minutes
miséricorde divine

Alors que Vilnius se prépare à accueillir le sixième Congrès apostolique mondial de la miséricorde (WACOM 6) du 7 au 12 juin 2026, l'archevêque Gintaras Grušas, président du Conseil des conférences épiscopales européennes, s'est entretenu avec Omnes, où il a discuté de la vertu de miséricorde, comprise comme un acte qui aide les sociétés à comprendre la justice et à répondre à ceux qui souffrent.

« Une culture de la miséricorde recherche la restauration plutôt que l’exclusion, la réconciliation plutôt qu’une polarisation sans fin, et la solidarité plutôt que la peur », a-t-il expliqué. 

En tant qu'archevêque de Vilnius, ville souvent surnommée la « Rome du Nord », il guide un lieu auquel saint Jean-Paul II a confié la mission de proclamer au monde le message de la Miséricorde divine.

L’archevêque a expliqué que la miséricorde est « l’amour de Dieu répandu sur nous et en nous », soulignant qu’il ne s’agit pas d’une idée abstraite mais d’une réalité vécue, que l’on trouve « d’une manière privilégiée à travers les sacrements, en particulier l’Eucharistie et la Réconciliation ».

Qu'est-ce que WACOM ?

WACOM est une conférence apostolique catholique mondiale qui se tient tous les trois ans dans un pays différent afin d'aider les gens à trouver la miséricorde de Dieu et à la traduire en actes concrets de compassion.

Vilnius occupe une place particulière dans l'histoire de la Miséricorde Divine. Sainte Faustine y a vécu et a consigné des visions de Jésus dans son journal, tandis que la première image largement reconnue de la Miséricorde Divine y a été peinte sous la direction de son confesseur, le bienheureux père Michał Sopoćko.

Le thème de WACOM 6, « Bâtir une cité de miséricorde », vise à présenter le congrès non seulement comme un rassemblement important, mais aussi comme un appel à la conversion et au témoignage quotidien. Dans une lettre pastorale publiée en préparation du congrès, Grušas exhortait les catholiques à entreprendre dès maintenant un pèlerinage commun, en bâtissant une « cité de miséricorde, non de pierre », mais de pardon, de fidélité, d’amour et de compassion.

La miséricorde n'est pas théorique.

Grušas a déclaré que plusieurs images lui venaient immédiatement à l'esprit lorsqu'il entendait le mot miséricorde : l'image de la Miséricorde divine elle-même, le père courant embrasser le fils prodigue et le Bon Samaritain traversant les frontières pour prendre soin de l'étranger blessé.

Au cours de cet échange, l’archevêque a fréquemment réaffirmé que la miséricorde n’est pas une alternative à la justice, mais bien l’une de ses formes les plus exigeantes. « Une culture de la miséricorde recherche la restauration plutôt que l’exclusion, la réconciliation plutôt qu’une polarisation sans fin, et la solidarité plutôt que la peur », a-t-il expliqué. Cette déclaration sonne à la fois comme un constat de l’état d’esprit actuel de l’Europe et comme une invitation à envisager un avenir différent.

Sa compréhension de la miséricorde, a-t-elle ajouté, s'est approfondie au fil d'événements personnels marquants. Elle a découvert le Chapelet de la Miséricorde Divine lors de son année préparatoire à l'Université franciscaine de Steubenville, lors d'une retraite animée par le père George Kosicki, CSB, qui avait participé à la traduction du Journal de sainte Faustine en anglais.

Plus tard en 2000, alors prêtre de l'archidiocèse de Vilnius, il a assisté à la canonisation de sainte Faustine et participé aux précédents Congrès apostoliques mondiaux sur la miséricorde. Aujourd'hui, en tant qu'hôte du WACOM 6, il considère la miséricorde comme « une mission partagée confiée à toute l'Église ».

Grušas a également évoqué des expériences pastorales qui ont rendu la miséricorde concrète de manière frappante. Le fait d'avoir été témoin de la libération d'une personne lors d'un exorcisme, a-t-il dit, a éclairé l'enseignement de saint Jean-Paul II selon lequel « la miséricorde est la limite que Dieu fixe au mal ». Il a également mis en lumière ce qu'il a appelé le drame caché du confessionnal : « Chaque confession est une libération silencieuse, une véritable victoire de la grâce sur les ténèbres. ».

La miséricorde après l'occupation soviétique

L’histoire récente de la Lituanie, notamment les décennies d’occupation soviétique, influence également la façon dont l’archevêque parle de miséricorde. L’oppression, a-t-il déclaré, blesse « la mémoire et l’identité », mais la survie de la foi face à l’adversité montre que la résilience spirituelle peut perdurer au-delà des régimes politiques.

Comme l'expliquait Grušas, le pardon a été un élément clé de la reconstruction de la nation depuis l'indépendance ; “ non pas comme un exercice d'oubli ”, mais comme un refus ferme de laisser le ressentiment définir l'avenir. La miséricorde, disait-il, a permis à la nation de passer de la simple survie au renouveau et à l'espoir.

Différences entre les États-Unis et l'Europe

Le parcours international de Grušas, marqué par son enfance aux États-Unis et ses études ultérieures à Rome, influence également sa manière d'appréhender la miséricorde dans différents contextes culturels. “ Aux États-Unis ”, explique-t-il, “ la miséricorde s'exprime souvent par l'initiative : le service, l'aide aux autres et l'action concrète. En Europe, en revanche, elle est abordée avec plus de prudence et une réflexion plus profonde, façonnée par une histoire longue et complexe. » Ces deux instincts, soutient-il, sont nécessaires : la miséricorde doit être « active et courageuse », mais aussi « mûre et perspicace ».

À titre personnel, Grušas a expliqué à Omnes que de nombreux catholiques ont plus de mal à accepter la miséricorde qu'à l'accorder. On croit souvent que l'amour doit être mérité, a-t-il remarqué, et la confession fréquente contribue à guérir cette blessure en enseignant que la grâce précède la conversion.

Il a également mis en garde contre une idée fausse répandue : celle que la miséricorde exclut le repentir. « La miséricorde invite au repentir », a-t-il déclaré, citant la prière « Jésus, j’ai confiance en toi » comme une expression concise du lien entre miséricorde, confiance et conversion.

Que proclame WACOM 6 ?

Selon les organisateurs du congrès, le programme de six jours comprendra prière et adoration, conférences et témoignages, messe, célébrations de la réconciliation, pèlerinages à Vilnius et œuvres caritatives. 6 000 pèlerins sont attendus. Les dates choisies placent également le congrès entre les solennités de la Fête-Dieu et du Sacré-Cœur, les organisateurs établissant un lien avec l’encyclique Dilexit nos. du pape François, parue en 2024 et consacrée au Sacré-Cœur de Jésus.

Pour Grušas, cependant, la mesure ultime du succès ne résidera pas dans le nombre de participants, mais dans ce qu'ils rapporteront à leurs églises locales.

« J’espère qu’ils viendront en pèlerins et repartiront en témoins », a-t-il ajouté. S’ils repartent convaincus que la miséricorde n’est pas seulement un don reçu, mais une valeur à vivre et à proclamer dans leurs foyers, leurs paroisses et leurs communautés, a-t-il précisé, « alors WACOM 6 aura accompli sa mission ».

L'auteurBryan Lawrence Gonsalves

Journaliste et essayiste né aux Émirats arabes unis et résidant en Lituanie. Il collabore avec Omnes, EWTN News et CNA Deutsch.

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