Le 27 avril, Bulletin quotidien du Saint-Siège Elle publia la promulgation des décrets relatifs à la cause de béatification de divers membres de l'Église. Parmi eux, et pour la première fois, figurait une cause de béatification pour “ offrande de vie ”.
Voici Pedro Manuel Salado Alba, “ un fidèle laïc, membre de l’Association «Foyer de Nazareth», né le 1er janvier 1969 à Chiclana de la Frontera (Espagne) et décédé le 5 février 2012 à Playa de Tonsupa, près d’Atacames (Équateur)”.
Avec cette étape, seul un miracle accompli par Dieu par l'intercession de cet homme de Cadix est nécessaire pour voir Pedro Manuel Salado sur les autels comme bienheureux de l'Église catholique.
L«» offrande de vie » est un chemin vers la béatification et la canonisation introduit par le pape François en 2017. Motu Proprio « Maiorem hac dilectionem ». Ce chemin nous permet d'élever aux autels les chrétiens qui, poussés par la charité, ont héroïquement offert leur vie pour leur prochain, acceptant une mort certaine, comme ce fut le cas de Pedro Manuel Salado.
Omnes s'est entretenu avec le postulateur de la phase diocésaine de la Affaire Pedro Manuel Salado, le prêtre Miguel Varona, qui a envoyé les archives de cette première phase à Rome et dont le travail a été poursuivi, déjà au Saint-Siège, par le frère Alfonso Ramírez Peralbo, OFMcap.
Pedro Manuel Salado est mort en Équateur, pourquoi son procès est-il intenté dans le diocèse espagnol de Cordoue ?
Normalement, les causes de béatification et de canonisation sont engagées dans le diocèse où la personne est décédée. Cependant, une autorisation a été demandée au diocèse d'Esmeraldas, en Équateur, où Pedro Manuel Salado est décédé, afin d'engager la procédure dans le diocèse de Córdoba.
À Cordoue, il y avait un certain nombre de témoins de sa vie, dont certains étaient présents au moment de sa mort.
Par ailleurs, Pedro Manuel a résidé un certain temps à Córdoba. L'affaire a donc débuté à Córdoba. Au cours de la procédure, Esmeraldas a été dépêché au tribunal pour recueillir les témoignages de personnes résidant en Équateur.
En effet, les sept enfants sauvés par Pedro Manuel ont été interrogés, et certaines personnes étaient également présentes à ce moment-là.
Pedro Manuel a donné sa vie dans un acte héroïque, mais sa vie était-elle extraordinaire ?
Les saints ne sont pas des super-héros, ni des individus étranges aux comportements bizarres. Un saint ne lévite pas toute la journée et ne se consacre pas uniquement à la prière.
Les saints transforment l'ordinaire en extraordinaire : l'amour, la foi, l'espérance, la force, la justice, en plus des vertus liées à leur état de vie, marié ou célibataire, etc.
Je suis venu voir Pedro Manuel — et je l'ai déjà dit — et il est comme un iceberg. Il dégage une humilité extraordinaire.
Il fut envoyé en Équateur et, par obéissance, il accepta de servir à la mission Hogar de Nazaret. Il était également d'une immense charité, qui se manifestait dans la manière dont il traitait, prenait soin, éduquait et veillait sur les enfants de son groupe à Hogar de Nazaret.
Je crois que, par-dessus tout, c'est cet amour pour les enfants qui a fait jaillir ce cri de lui au moment suprême de cet abandon, de cette offrande de la vie. “ Je dois sauver mes enfants ! ” .
Ce n'est pas une impulsion, ce n'est pas un accès de colère soudain, c'est l'aboutissement de toute une vie. À ce moment précis, il prononce ces mots exacts :, “ Je donnerais ma vie pour mes enfants, je dois aller les sauver. ” Et il est allé en mer pour sauver ces sept enfants.
Comment Pedro Manuel Salado a-t-il eu connaissance de la Maison de Nazareth ?
–La Maison de Nazareth a été fondée à Cordoue en 1976 et bénéficie de l'agrément ecclésiastique depuis 1978. Elle a été fondée par María del Prado Almagro, qui est également en cours de béatification.
Pedro Manuel a découvert cette association de fidèles en 1987 et y a trouvé sa vocation. Il est arrivé à Cordoue en 1988 pour travailler dans un foyer Hogar.
Il vécut à Cordoue jusqu'en 1999, où il devint finalement secrétaire général du Hogar de Nazaret (Maison de Nazareth). Peu après, il fut même nommé conseiller général.
En 1999, il a été affecté comme missionnaire en Équateur, dans un orphelinat à Quinindé, en Équateur, une zone de la prélature d'Esmeraldas.
Il y découvre une réalité bien différente : une école pour garçons et une autre pour filles. Quelque temps plus tard, il est nommé directeur d’une unité éducative à Quinindé.
La tâche est immense car ils s'occupent d'un très grand nombre d'enfants dans les écoles et les foyers. Alors, petit à petit, elle se dévoue corps et âme, jusqu'à l'offrande de sa vie entière.
Pour ceux qui ne connaissent pas la mort de Pedro Manuel, comment avez-vous vécu ce moment ?
De chez eux, ils se rendaient parfois dans une maison qui leur était prêtée sur la plage d'Atacames. Nous parlons de février 2012. Ce sont de très belles plages, mais elles ont des courants surprenants et traîtres.
Il y avait là des enfants, des plus jeunes aux plus âgés, qui jouaient sur le rivage, quand soudain une vague est arrivée et a emporté sept enfants d'âges variés au large.
À ce moment-là, Pedro Manuel prononce ce cri“Je dois sauver mes enfants !», Et il se jette à la mer. Il convient de noter que, bien que Pedro Manuel fût originaire de Chiclana (Cadix) et sût parfaitement nager, il vouait un profond respect à la mer. Il avait d'ailleurs lui-même appris à nager à nombre de ses enfants.
Face à la force du courant, il a sauté à l'eau, tandis que d'autres personnes sur le rivage restaient paralysées.
Pedro Manuel a commencé à emmener les enfants petit à petit ; quelqu'un lui a lancé une planche de surf sur laquelle il a installé certains enfants.
Finalement, il ne restait plus que deux frères et sœurs, Selena et Alberto, qu'il ramena avec beaucoup d'efforts sur la rive. C'est là qu'il mourut, d'un arrêt cardiaque provoqué par l'épuisement, l'ingestion d'eau et d'autres facteurs.
Que nous apprend la vie de Pedro Manuel Salado, à nous chrétiens d'aujourd'hui ?
–Je pense que cela nous montre que donner sa vie par amour, en suivant l'exemple du Christ, est quelque chose que les chrétiens devraient se sentir obligés de faire.
Certes, il y a des gens qui donnent leur vie pour les autres dans le cadre de leur profession ou de leur travail, mais dans le cas de Pedro Manuel, il ne s'agit pas d'un geste isolé, mais plutôt d'une évolution, d'un progrès dans l'amour.
Son témoignage nous enseigne que la vie est faite pour être donnée, pour être abandonnée, de bien des manières, dans la vie quotidienne certes, mais aussi dans ces moments extrêmes où, avec la force de Dieu, nous pouvons donner notre vie pour les autres.





