Le 27 mai 2027, nous célébrerons le 500e anniversaire de la naissance de l'un des monarques les plus universels de l'histoire espagnole. Nous nous souvenons tous de la célèbre phrase selon laquelle le soleil ne se couchait jamais sur ses vastes territoires, car sous son règne, les couronnes de Castille et du Portugal étaient unies, si bien que ces deux immenses empires englobaient une grande partie du monde connu.
En tout cas, dès le début de son immense pouvoir et de son vaste territoire, Philippe II gardait toujours à l'esprit une déclaration de Francisco de Vitoria, fondateur de l'École de Salamanque et du droit international, qui lui rappelait sans cesse, verbalement et par écrit, qu'il convenait que le monde spirituel tout entier soit gouverné par le Pontife romain, car il était important que nous soyons un seul peuple sous un seul Berger ; Jésus-Christ, roi universel du ciel et de la terre.
Les limites du pouvoir universel
Dans ses Réflexions sur “ Le pouvoir politique et ses limites », il écrit également qu'en raison du péché originel et, plus précisément, de l'égoïsme et de l'envie, il n'est pas souhaitable qu'un seul empire universel gouverne matériellement le monde entier. Comme nous l'avons constaté depuis son époque, et même après la chute du mur de Berlin, le monde, en apparence globalisé, est divisé en grands blocs qui rivalisent pour le développement et le progrès des sciences, des technologies et, par conséquent, de l'anthropologie.
Certes, aucun monarque n'a jamais unifié, par ses lois et ses instruments de gouvernement, les lois et les instructions pour établir un pouvoir politique unique. Cependant, nous avons réalisé le rêve de Vitoria : que la dignité de la personne humaine soit le fondement d'un droit international bien supérieur à celui de son époque, tout en respectant l'autonomie locale et provinciale où les populations peuvent vivre en toute confiance et selon leurs traditions. Ceci favorise la proximité et la sécurité pour les plus vulnérables et une véritable charité entre égaux.
Philippe II, un roi au service de Dieu
Le fait est que l'année prochaine, nous célébrerons le 5e centenaire de Philippe II, le roi catholique par excellence, attaqué de toutes parts parce qu'il n'a jamais hésité à affirmer qu'il voulait être un bon fils de Dieu et de l'Église.
En réalité, il appliqua à la lettre ce qu'Alphonse X le Sage avait déjà établi concernant les “ rois du royaume ” : dans la première partie, le premier titre et la première loi, il était affirmé que le but du monarque était que ses sujets accèdent au ciel. Par conséquent, Philippe II plaça les intérêts de l'Église avant les siens.
Gouverner pour le bien commun
De même, il recherchait les personnes les plus compétentes, les plus brillantes, les plus sages et les plus prudentes pour les plus hautes fonctions de la magistrature de l'État, même si nombre d'entre elles étaient des personnalités religieuses, des évêques ou des cardinaux. Par exemple, il n'hésita pas à proposer au Saint-Père un homme d'État pour occuper le poste de vice-roi de Nouvelle-Espagne et exercer simultanément la fonction d'archevêque du premier diocèse américain au Mexique.
Certes, il ne s'agissait pas de cléricalisme, mais bien d'une quête d'honnêteté, de dévouement aux citoyens et au bien commun. Une lettre de Philippe II à Diego de Covarrubias, qu'il venait de nommer président du Conseil de Castille, président du Conseil d'État et évêque de Ségovie, en est un exemple. Dans cette lettre, il exprimait ses véritables intentions. Il lui demandait tout d'abord de se consacrer pleinement à la construction des hôpitaux désignés par le Conseil d'État et de débloquer sans délai les fonds nécessaires à la mise en œuvre du projet.
Deuxièmement, il recommanda la prudence à l'égard d'un haut fonctionnaire du Conseil d'État, soulignant qu'“ il a tendance à s'encombrer de plus de travail qu'il ne peut en assumer ”. Ce détail est intéressant car il révèle un roi qui surveille de près les affaires pour en garantir le bon déroulement et qui sait ne demander à ses conseillers de confiance que ce qu'ils sont capables de fournir, et rien de plus. En effet, cet immense empire n'aurait pu être administré que grâce à une génération d'hommes instruits, issus des universités prestigieuses, notamment celle de Salamanque, capables de prendre les rênes de l'État et de guider le gouvernement des vice-rois et des Cortes Generales dans chaque partie de l'empire.
La Légende noire contre le roi catholique
Il est impossible de ne pas mentionner la Légende noire de Philippe II, qui visait en réalité à attaquer l'Église, puisqu'il était certainement le monarque catholique le plus important de l'époque et que ses territoires restaient fidèles à l'Église catholique, tandis qu'ailleurs ce slogan prévalait.“cuius regio, eius religio” Autrement dit, attaquer l'Église, c'était attaquer Philippe II. ».
De plus, il faut se rappeler que Philippe II a fait une distinction très claire entre l'Église catholique, gouvernée par le Saint-Père et guidée par le Saint-Esprit, et le pape en tant que seigneur temporel et souverain des vastes États pontificaux, une question qui a produit des alliances aussi extravagantes que l'union de la France et des Turcs contre Philippe II pour attaquer les États du Vatican.
Un nouveau regard sur Philippe II
Certes, les nouvelles générations ont pu en apprendre beaucoup plus sur Philippe II que nous, grâce aux travaux de grands historiens modernistes américains et européens tels que Kamen, Parker et d'autres, qui ont développé de nouvelles interprétations des sources et mis en lumière de nombreuses facettes méconnues, comme sa tendresse paternelle envers ses filles, l'éducation soignée qu'il leur a donnée, son souci d'exécuter les souhaits du Saint-Père dans la préparation de la bataille de Lépante contre les Turcs, tout en défendant, par l'intermédiaire de l'agent romain des prières, les droits de la couronne espagnole en matière de prérogatives royales.
Certes, l’image erronée d’un monarque comme “ marteau des hérétiques ”, “ lumière de Trente ”, a changé ; c’est-à-dire que l’image erronée d’un roi sévère, toujours vêtu de deuil, cruel et pompeux (comme en témoigne la couverture de cet ouvrage que nous présentons ici), clérical et plus papiste que le pape, a été éliminée.
Nous conclurons en recommandant la lecture du récent ouvrage de Manuel Rivero Rodríguez sur Philippe II afin de nous préparer à ce centenaire, et nous espérons qu'il portera autant de fruits que le centenaire de sa mort.
Philippe II





