Paris a vécu une journée historique le deuxième jour de la visite du pape Léon XIV dans la capitale française, marquée par une messe grandiose place de la Concorde. En ce lieu où la mort avait frappé, la vie et la communion ont été célébrées.
Dans la matinée, le pape s'est rendu à la Casa Bakhita, un centre géré par l'archidiocèse de Paris qui accueille et soutient les réfugiés et les exilés. Il y a écouté les témoignages de réfugiés ayant bénéficié du soutien de l'institution. Le pape leur a dit : « Nul n'est si pauvre qu'il n'ait rien à donner ; nul n'est si riche qu'il n'ait rien à recevoir. ».
Il se rendit ensuite à l'Institut catholique de Paris (ICP) pour rencontrer les membres de l'Assemblée synodale provinciale ainsi que des catéchumènes et des néophytes. Avant cette rencontre, il se rendit à l'église Saint-Joseph-des-Carmes, située dans l'enceinte de l'ICP, pour prier devant le Saint-Sacrement. Après avoir salué les membres de la communauté universitaire, il emprunta le Chemin des Martyrs, un chemin commémorant les prêtres et les évêques assassinés à cet endroit le 2 septembre 1792, lors des massacres de septembre de la Révolution française, et béatifiés en 1926. Le pape s'arrêta quelques instants pour prier à l'endroit même de leur assassinat.
Léon XIV, émerveillé par les nouveaux baptisés
Lors de sa rencontre avec les membres de l’Assemblée synodale provinciale, le Pape a exprimé son émerveillement face au nombre de jeunes adultes qui, ces dernières années, se sont tournés spontanément vers la foi en France : « Comme vous et avec vous, je suis frappé par le nombre de personnes qui aujourd’hui s’approchent du seuil de la foi et par les nombreux adultes qui demandent à recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne. » Ce phénomène a surpris l’Église de France et le Pape lui-même. À Pâques, près de 21 000 adultes et adolescents ont été baptisés. « Votre expérience et votre témoignage, chers catéchumènes et néophytes, sont un signe tangible de l’œuvre de la grâce de Dieu, qui dépasse toute analyse statistique et sociologique », leur a-t-il dit. Mais il a mis en garde contre une complaisance naïve. Il a appelé à une Église « en état d’initiation », qui accueille les nouveaux venus avec proximité, compassion et tendresse, et qui les accompagne même après le baptême pour prévenir le vide spirituel que beaucoup ressentent.
Concord Square célèbre la vie
Le dernier événement à Paris fut une messe grandiose place de la Concorde qui, selon les organisateurs, rassembla 800 000 personnes sur un parcours de trois kilomètres, de la place de la Concorde jusqu’à l’Arc de Triomphe, en passant par les Champs-Élysées. Avant la messe, le pape parcourut l’avenue en papamobile, saluant les fidèles ainsi que les bébés et les enfants qui lui étaient amenés. Ces Français étaient venus de toute la France pour assister à cette cérémonie historique.
Près d'une centaine d'évêques ont concélébré avec le pape, et quelque 2 400 prêtres et diacres ont participé à la messe. Le lieu choisi pour la célébration était symbolique : la place de la Concorde, où se dressait jadis la guillotine et où plus de mille personnes furent exécutées pendant la Révolution, dont le roi Louis XVI et la reine Marie-Antoinette, était aujourd'hui le théâtre d'une célébration de la vie et de la communion. La guillotine révolutionnaire a également mis fin aux jours de seize carmes de Compiègne, exécutés en 1794 sur l'actuelle place de la Nation et canonisés par le pape François en 2024.
« Ils sont l'Église d'aujourd'hui »
Dans son homélie, le Pape a déclaré que le Christ est la source d’eau vive qui étanche la soif la plus profonde de l’être humain, non pas une soif matérielle, mais « une soif de sens, de vérité et de plénitude ». Il a mis en garde contre les idoles mesquines qui « promettent la lune et les étoiles, mais laissent nos cœurs vides » et a rappelé à tous que pour Dieu, personne n’est un numéro, mais « une personne unique et irremplaçable ». Il a invité les Français à bâtir une nation renouvelée à partir de leurs racines de foi et a dit aux jeunes : « Vous êtes l’Église d’aujourd’hui. ».
Léon XIV prie pour la France devant la Vierge de Lourdes
À la fin de la cérémonie, le pape s'est rendu à l'aéroport d'Orly pour prendre un vol pour Lourdes, deuxième étape de son voyage apostolique. Il est arrivé à 19 heures. Après son atterrissage, il s'est rendu sur le pont qui portait désormais son nom ; il y a salué le maire et signé le livre d'or, avant de se rendre à la grotte des Apparitions à Massabielle et d'accomplir le rituel de tout pèlerin à Lourdes : prier en silence, toucher le rocher, boire l'eau de la source et allumer un cierge. Ensuite, il a prié la Vierge Marie, lui demandant d'intercéder pour la France, pour la fin des violences et pour la paix.
« Nous vous en supplions, Notre-Dame, pour la France, dont vous êtes la Patronne et que vous avez entourée de votre protection pendant tant de siècles. Obtenez pour son peuple le don de la concorde fraternelle. Qu'elle bâtisse une société harmonieuse, libre de toute violence et de toute haine, où chacun puisse travailler, fonder une famille et vivre sa vie jusqu'à la fin dans la paix et la sérénité. Que les plus démunis et les pauvres trouvent toujours du soutien. Obtenez pour la France des dirigeants sages et généreux, prêts au sacrifice, capables de relever les défis et déterminés à servir le bien commun. Qu'ils maintiennent la paix dans le pays au sein de la communauté des nations. Qu'ils élèvent la voix pour défendre les droits humains fondamentaux et la paix dans le monde, rejetant à jamais la logique de la guerre. ».
Enfin, il déposa la Rose d'or aux pieds de l'image de la Vierge.





