Le pape Léon a atterri à l'aéroport de Paris-Orly à dix heures du matin, où il a été accueilli par le président Emmanuel Macron et son épouse, Brigitte.
Les cloches des églises de toute la France ont sonné pendant sept minutes à l'atterrissage de l'avion papal. Après une brève rencontre avec Emmanuel Macron à l'aéroport, le pape s'est rendu au palais de l'Élysée, résidence présidentielle, pour s'entretenir avec le président français.
Tout au long de son voyage, le pontife a été salué par des dizaines de Français rassemblés dans les rues à son passage.
Arrivé au palais de l'Élysée, Léon XIV s'entretint en privé avec le président Macron, puis prononça un discours devant les autorités, la société civile et le corps diplomatique. Ce discours, prononcé dans un français impeccable, ne passa pas inaperçu auprès des Français.
Dans son premier discours, le pape a abordé le thème central de toute la visite : la dignité de la vie humaine. La devise de ce voyage est « Pour que le monde ait la vie », tirée du chapitre six de l’Évangile selon Jean.

« Une laïcité juste ne consiste pas à exclure la religion. »
S’appuyant sur ce principe, qui a guidé le voyage et les discours, le pape a abordé, entre autres, devant le président et les autorités, des sujets tels que la protection de la vie humaine, la paix, la nécessité du désarmement et la laïcité.
Il a appelé à « apprendre à accueillir la vie inconditionnellement et à soutenir la fragilité avec tendresse », et a réaffirmé, dans le pays de la Déclaration des droits de l'homme, que « la protection du droit à la vie constitue le fondement essentiel de tout autre droit humain ».
Léon XIV a condamné la manipulation génétique, l'achat d'organes et ce qu'il appelait « l'offrande d'une mort programmée », en référence à la récente loi française sur l'aide médicale à mourir, qui désigne euphémistiquement l'euthanasie, approuvée en juillet par l'Assemblée nationale.
Abordant la question des relations entre l'Église et l'État, il a précisé qu'« une laïcité juste ne consiste pas à exclure la religion de la sphère publique ou de l'éducation ».
Dans ce premier discours, Léon XIV a également exhorté à mettre fin à la course aux armements et a averti que « la croyance erronée selon laquelle la possession d’armes nucléaires serait une garantie de sécurité se répand de plus en plus ». Il a ajouté que « la paix n’est pas un rapport de forces ; elle se construit chaque jour par le dialogue et la justice ». C’est pourquoi il a appelé la France à demeurer « un infatigable défenseur de la paix et du multilatéralisme ».
Léon XIV a également abordé la question de l'intelligence artificielle et a mis en garde, citant l'écrivain Georges Bernanos, contre le risque d'un « paradis des machines » envahissant la vie quotidienne. Il a alors déclaré : « Il est urgent de former des esprits au discernement éthique, capables de distinguer ce qui est moralement bon. ».
Léon XIV à l'UNESCO : « Être humain, c'est avant tout être un fils. »
Dans l'après-midi, le pape est arrivé au siège de l'UNESCO, a visité les installations et s'est entretenu avec son directeur général, Khaled El-Enany. Il a ensuite arrosé un olivier sur la place de la Tolérance, puis a prononcé son second discours devant les représentants des États membres. Son intervention était centrée sur une question essentielle : qu'est-ce qu'être humain ? Il a de nouveau insisté sur la dignité de la vie : « Être humain, c'est avant tout être un enfant », a-t-il déclaré, avant de leur rappeler que « nous naissons tous nus et dans le besoin ».
Lorsque cette vérité est oubliée, a-t-il averti, la vie « n’est plus perçue comme un don, mais comme un produit susceptible d’exploitation ». Il a évoqué une dignité « qui demeure intacte dans les circonstances les plus vulnérables, jusqu’à la mort », et a appelé à prendre soin des enfants à naître et des victimes de guerre, des personnes handicapées, des personnes âgées, des migrants et des réfugiés : « Ils sont la preuve concrète de nos revendications en faveur du respect de la dignité humaine. ».
À l'UNESCO, il a également déclaré que la plus terrible des entreprises humaines est la guerre, « car en elle, la science elle-même est mise au service d'une volonté inhumaine de détruire et de tuer ». Il a dénoncé un paradoxe : « Alors que nous attribuons une "intelligence" aux systèmes informatiques, nous peinons à reconnaître la dignité inaliénable des personnes “, dont la vie est en fin de compte jugée à l'aune de leur efficacité.
«Notre-Dame est bien plus qu'un monument.»

Plus tard, le pape s'est rendu à la cathédrale Notre-Dame reconstruite pour y prier l'office divin, les vêpres, en compagnie d'évêques, de prêtres, de diacres, de personnes consacrées et de séminaristes venus de France. Avant la cérémonie, il a visité la cathédrale restaurée et vénéré la couronne d'épines, conservée à Notre-Dame. Il semblait très impressionné par le travail de restauration.
Dans son homélie des Vêpres, le Pape a présenté la cathédrale ressuscitée comme une image du renouveau de l’Église en France. Il a rappelé l’incendie d’il y a sept ans : « En cette heure dramatique, nous avons compris que Notre-Dame est bien plus qu’un monument. » Il a souligné que, dans la reconstruction, l’Église a appréhendé sa mission avec créativité et l’a proposée comme modèle d’une Église qui va de l’avant, appelée à proclamer l’Évangile.
Il a également rappelé que la cathédrale, comme toutes les églises, n'est pas seulement de la pierre, un monument ou un musée, mais qu'elle existe pour la prière : « ce n'est pas une coquille de pierre destinée à être admirée : elle vit du mystère sacré qui y est célébré. ».
Et, pour souligner qu’aucune mission ne peut se poursuivre sans vie intérieure, il a cité la Vénérable Madeleine Delbrêl : « Sans prière, nous n’aimerons pas Dieu d’un amour véritable. Nous serons peut-être ses serviteurs, ses combattants, ou même ses disciples ; mais nous ne serons ni les enfants aimants de notre Père, ni les amis de Jésus-Christ. » Il a conclu par une phrase qui résume le sens de la visite à la cathédrale : « Cette cathédrale a été recréée afin que vous puissiez renaître avec elle, animés d’un nouvel élan vers la sainteté et la mission quotidienne. ».
La veillée avec 80 000 jeunes
Le dernier événement du pape lors de sa première journée de pontificat a été une veillée de prière réunissant 80 000 jeunes au Stade de France à Saint-Denis. Ce rassemblement témoigne d’un phénomène qui se produit actuellement… L'Église en France: la croissance du catéchuménat, c’est-à-dire des jeunes et des adultes qui, après un temps de préparation, demandent à recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne — le baptême, la confirmation et l’Eucharistie —, ainsi que le retour de nombreux baptisés qui s’étaient éloignés de la foi et qui reviennent à sa pratique.
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Samedi 26, le pape se rendra à l'Institut catholique de Paris pour rencontrer les membres de l'Assemblée synodale provinciale.
Le Pape abordera le phénomène du nombre croissant d'adultes demandant le baptême en France, un sujet que cette Assemblée synodale approfondira. Les évêques présenteront au Saint-Père l'Instrumentum Laboris de l'Assemblée.





