Évangile

Il n'est pas bon que Dieu soit seul. Sainte Trinité (A)

Vitus Ntube commente les lectures de la Sainte Trinité (A) correspondant au 31 mai 2026.

Vitus Ntube-28 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

Le premier dimanche après la Pentecôte est consacré à la solennité de la Très Sainte Trinité. Avec la fin du temps pascal, la liturgie revient au temps ordinaire, nous invitant à contempler Dieu dans sa réalité la plus profonde.

La solennité d'aujourd'hui résume, en un sens, toute la révélation de Dieu telle qu'elle s'est déployée à travers le Mystère pascal : la mort et la résurrection du Christ, son ascension à la droite du Père et la descente du Saint-Esprit. C'est comme si l'Église nous conduisait, pas à pas, au cœur même de Dieu. En parvenant au mystère de la Trinité, nous approfondissons le sens de cette affirmation : « Car Dieu a tant aimé le monde ».

Les lectures d'aujourd'hui retracent le cheminement de cette révélation. Dans la première lecture, Moïse rencontre le Seigneur sur le mont Sinaï, où Dieu se révèle à lui :“Seigneur, Seigneur, Dieu de compassion et de miséricorde, lent à la colère et riche en amour et en fidélité.” Ici, Dieu ne se révèle pas encore comme Trinité, mais nous entrevoyons déjà quelque chose de sa vie intérieure : une richesse, une plénitude, un amour débordant. ».

Cet amour divin trouve sa pleine expression dans l’Évangile :“Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle.”Le Père envoie le Fils ; le Fils donne sa vie ; l’Esprit est répandu dans nos cœurs. Dieu n’est pas solitude, mais communion.

Voici la profonde simplicité de notre foi : il n’y a qu’un seul Dieu, et pourtant ce Dieu unique est Père, Fils et Saint-Esprit, trois Personnes distinctes, unies dans un amour parfait. L’amour, par sa nature même, ne peut demeurer replié sur lui-même. De manière suggestive et presque ludique, G.K. Chesterton a un jour fait remarquer que…“Il n'est pas bon que Dieu soit seul.”, évoquant les paroles de la Genèse à propos de l'homme :“”Il n'est pas bon que l'homme soit seul.». Bien que Dieu soit, bien sûr, parfait en lui-même, le mystère de la Trinité révèle qu'en Dieu il existe une communion éternelle, un échange vivant d'amour.

Nous entrons dans cette vie divine par le Baptême. Nous sommes baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. La vie de la Trinité ne nous a pas seulement été révélée, elle nous a été donnée. Chaque fois que nous faisons le signe de la croix, nous invoquons ce nom, le nom de Dieu qui est amour. Ce simple geste marque toute notre existence : du début de notre vie en Christ jusqu’à sa plénitude, il nous accompagne, nous rappelant qui nous sommes et à qui nous appartenons.

Saint Paul l'exprime magnifiquement à la fin de sa deuxième lettre aux Corinthiens :“Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous.” Ce n'est pas simplement une salutation ; c'est un résumé de la vie chrétienne. ».

S'il est vrai, dans un certain sens, que “ Il n’est pas bon que Dieu soit seul. ”, Il n'est donc certainement pas bon pour l'homme d'être seul, sans Dieu. Nous avons été créés pour la communion avec Dieu et les uns avec les autres. La Trinité révèle à la fois notre origine et notre destinée : nous venons de l'amour et sommes appelés à entrer pleinement dans cet amour.

Cinéma

‘ Saint Georges ’ : Une remarquable épopée historique pour les salles de cinéma

Le film, dont la première a lieu le 29 mai, remplit largement son objectif : offrir du divertissement et la légende classique du saint sans complexes.

Rédaction Omnes-27 mai 2026-Temps de lecture : < 1 minute

Dans un marché du cinéma parfois saturé de films similaires, il est toujours rafraîchissant de voir un film qui sait précisément ce qu'il veut offrir et le propose sans détour. C'est le cas de… ‘ Saint Georges ’, Le film, qui sort dans les cinémas espagnols ce vendredi 29 mai, se présente comme ce qu'il est vraiment : un drame historique d'action divertissant et honnête.

L'intrigue nous transporte durant la dernière grande persécution de l'empereur Dioclétien, un contexte historique puissant qui éclaire le conflit intérieur de Jorge, capitaine romain tiraillé entre son devoir militaire et ses convictions les plus profondes. Certes, le scénario ne prétend pas révolutionner le genre ni s'aventurer dans des méandres psychologiques ; il privilégie un récit classique et intemporel, avec un héros aux valeurs affirmées et un conflit moral direct. Et cela fonctionne : l'histoire se déroule à un bon rythme, portée par une mise en scène qui sait doser le sérieux et l'action.

En bref, ‘ Saint Georges ’ Un film n'a pas besoin d'être un chef-d'œuvre pour être bon. C'est une œuvre très agréable, visuellement brillante, divertissante du début à la fin, qui rend hommage à la légende du saint avec respect et panache. Un choix fortement recommandé pour redécouvrir… Les cinémas ce week-end.

Vatican

Léon XIV exhorte au respect des textes et des normes de la liturgie

Dans sa catéchèse lors de l’audience générale de ce mercredi, le pape Léon XIV a encouragé “ tous les prêtres à respecter les textes et les normes de la liturgie ”, qui a été “ pendant des siècles un moteur d’évangélisation ”.

Rédaction Omnes-27 mai 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Après une longue citation de Benoît XVI, dans sa réflexion sur la Constitution “ Sacrosanctum Concilium ” du Concile Vatican II, le pape Léon XIV a déclaré ce matin lors de l'audience que “ nous contemplons la liturgie dans la perspective de la tradition et de l'évolution ”.

Le pape Pie XII a défini l’Église comme un “ organisme vivant ” qui a besoin de croître, de mûrir et de s’adapter aux circonstances. Et en effet, “ désirant que la vie chrétienne s’épanouisse et se développe, le concile Vatican II a reconnu qu’il était temps d’ajuster certains éléments adaptables de la liturgie pour la santé et la vitalité de l’Église, pour fortifier et rajeunir les chrétiens, et pour promouvoir l’unité et évangéliser les hommes et les femmes. ”.

Toutefois, comme le Pape l’a souligné en s’adressant aux pèlerins anglophones, et en fait à tous les fidèles, “ le Concile a affirmé que tout progrès légitime dans la liturgie doit aussi préserver une saine tradition, et que ‘certains éléments de la liturgie ne peuvent jamais changer car ils sont d’institution divine’.

“ J’encourage en particulier tous les prêtres à respecter les textes et les normes de la liturgie avec ouverture, humilité, confiance en la grandeur de Dieu et une fidélité sincère à la communion ecclésiale ”, a déclaré le Pape.

“ Préserver la tradition tout en restant ouvert au progrès légitime ”

Dans son catéchèse, Le pape a développé cette intention des Pères conciliaires : "Pour faciliter l’accès des fidèles à la richesse des dons de grâce dispensés par la liturgie sacrée, la Constitution Sacrosanctum Concilium indique donc, avec une formule très efficace, la direction à suivre : ‘ Préserver la tradition et l’ouverture au progrès légitime ’ (SC, 23). 

Benoît XVI a embrassé dans cette déclaration d'intention le ‘ programme de réforme ’ des Pères conciliaires, a poursuivi le pape Léon, qui a cité textuellement certaines phrases du pape allemand.

Benoît XVI : Tradition et progrès sont intégrés

“ On oppose souvent maladroitement tradition et progrès. En réalité, ces deux concepts sont indissociables : la tradition est une réalité vivante et, de ce fait, elle porte en elle le principe de développement, de progrès. C’est comme dire que le fleuve de la tradition porte en lui sa source et coule vers son embouchure ” (Discours aux participants du Congrès pour le 50e anniversaire de la fondation de l’Institut pontifical liturgique Saint-Anselme, 6 mai 2011). (Fin de la citation de Benoît XVI).

Le pape Léon XIV préside la messe de la solennité de la Pentecôte à la basilique Saint-Pierre, au Vatican, le 24 mai 2026. (Photo : OSV News/Matteo Minnella, Reuters.).

Une partie est immuable, et d'autres parties sont sujettes à changement.

Le Concile affirme la légitimité de ce processus, poursuit Léon XIV, “ enraciné dans la Tradition authentique, distinguant dans la liturgie ‘ une partie qui est immuable parce qu’elle est l’institution divine ’ d‘’ d’autres parties qui sont sujettes au changement, qui peuvent et même doivent varier au fil du temps, si des éléments y ont été introduits qui ne correspondent pas bien à la nature intime de la Liturgie elle-même ou qui sont devenus moins appropriés » (SC, 21). 

Puis, s'adressant aux pèlerins hispanophones, il a ajouté que “ ce besoin (d'adaptation aux exigences actuelles, renouvelant ainsi les formes rituelles de la liturgie sacrée) se retrouve tout au long du parcours de l'Église, puisque le culte s'est "incarné" dans les formes culturelles de chaque époque et a pu les influencer et même les transformer.

“ La liturgie a donc été, pendant des siècles, un moteur d’évangélisation ”, a-t-il réaffirmé. la Cour de justice.

Cela ne compromet pas la communion ecclésiale

“ Le Magistère du Concile nous invite ainsi à éviter d’induire en erreur les fidèles, en dissuadant quiconque d’ajouter, de retrancher ou de modifier quoi que ce soit en matière liturgique de sa propre initiative (cf. SC, 22) ”, a souligné le Successeur de Pierre, précisant que “ le progrès évoqué par la Constitution conciliaire ne compromet en rien la communion ecclésiale : il cherche au contraire à la confirmer et à la promouvoir ”.

Le pape Léon XIV salue un enfant depuis la papamobile alors qu'il traverse la place Saint-Pierre au Vatican avant son audience générale hebdomadaire le 20 mai 2026. (Photo CNS/Lola Gomez).

Que Marie, Mère de l'Église, veille sur les fidèles du Liban

Dans ses salutations aux Romains et aux pèlerins de divers pays, le Pape a fait une référence particulière à l'invocation de la protection de Marie, Mère de l'Église - qu'il a appelée “ Mère ” à plusieurs reprises - notamment à ceux qui parlent portugais et arabe.

“ Je salue les fidèles arabophones, et plus particulièrement ceux du Liban. Marie, notre Mère, est toujours présente parmi nous, elle prie pour nous et prend soin de nous avec un amour maternel. Que le Seigneur vous bénisse tous et vous protège toujours du mal ! ”.

Et protéger la vie de chaque personne, de sa conception à sa mort naturelle

Puis, s'adressant au peuple polonais, il a évoqué la fête des mères et leur a demandé de “ protéger la vie de chaque personne dans leur patrie, de la conception à la mort naturelle ”.

Voici ses propos : “ Je salue chaleureusement le peuple polonais. Hier, il a célébré la fête des mères. Je remercie toutes les mères qui ont généreusement donné la vie et pris soin de leurs enfants, en leur enseignant l’amour de Dieu et du prochain. ”. 

“ Que la Sainte Mère de Dieu intercède pour eux afin qu’ils obtiennent la grâce d’un lien éternel avec Jésus ”, a conclu le Saint-Père, « et qu’avec son aide, ils protègent dans leur patrie la vie de chaque personne, de la conception à la mort naturelle. ».

Dans son résumé en anglais, prononcé par le Pape lui-même, il a expressément salué aujourd'hui “ les groupes d'Angleterre, d'Irlande, du Cameroun, du Kenya, du Nigéria, d'Inde, du Pakistan, des Philippines, de Corée du Sud, du Canada et des États-Unis d'Amérique ”.

L'auteurRédaction Omnes

Vatican

Babel, algorithme, désarmement… : Dictionnaire des termes de l’encyclique papale

Quel point commun y a-t-il entre la tour de Babel, le personnage biblique de Néhémie, les algorithmes et la realpolitik ? Tous ces sujets sont abordés, ainsi que le développement humain intégral, le désarmement et la doctrine sociale catholique., dans la première encyclique du pape Léon XIV, ' Magnifica Humanitas '.  

OSV / Omnes-27 mai 2026-Temps de lecture : 10 minutes

— Gina Christian, OSV News

Le texte de l'encyclique ‘ Magnifica Humanitas ’, signée par le pape le 15 mai et publiée le 25 mai, invoque la sagesse de la doctrine sociale de l'Église comme cadre pour façonner l'IA, dans un contexte de progrès technologiques rapides, de fragmentation du paysage mondial et de menaces croissantes à la vie et à la dignité humaines.

Voici un guide de certains termes abordés dans le encyclique.

– 1) Intelligence artificielle : L'intelligence artificielle (IA) est un terme général désignant les technologies qui imitent l'intelligence humaine. L'IA se caractérise par sa capacité à apprendre à partir de données, à reconnaître des schémas, à résoudre des problèmes, à prendre des décisions et à générer du contenu original à partir d'informations fournies par l'humain.

Dans son encyclique “ Magnifica Humanitas ”, le pape Léon XIV écrit qu“” il n’est pas possible de proposer une définition unique et complète de l’IA ».

“ Ce dont nous sommes certains, c’est qu’il faut éviter toute méprise et assimiler ce type d‘’ intelligence ” à celle des êtres humains “, a-t-il poursuivi. ” Ces systèmes imitent simplement certaines fonctions de l’intelligence humaine. Ce faisant, ils la surpassent souvent en termes de rapidité et de puissance de calcul, offrant des avantages concrets dans de nombreux domaines. Toutefois, cette puissance reste entièrement liée au traitement des données. ». 

L'intelligence artificielle (IA) est programmée dans plusieurs langages de programmation, notamment Python, C++, Java et R. Parmi les exemples quotidiens d'IA en action, on peut citer différents types de chatbots tels que ChatGPT d'OpenAI et Claude d'Anthropic, les recommandations de produits en ligne et les assistants personnels virtuels comme Alexa d'Amazon et Siri d'Apple. L'IA trouve de nombreuses applications commerciales dans presque tous les secteurs d'activité, notamment la santé, l'éducation, l'énergie et la sécurité.

– 2) Algorithme : Il s'agit essentiellement d'un processus routinier et séquentiel permettant d'accomplir une tâche. Les algorithmes d'IA plus complexes sont conçus pour envisager de multiples scénarios hypothétiques dans une situation donnée et pour apprendre des données sur lesquelles ils ont été entraînés. Dans son encyclique, le pape Léon XIV met en garde contre le risque que les algorithmes d'IA soient utilisés pour exercer une domination sur les personnes vulnérables et sur l'humanité elle-même, érodant ainsi le sens des responsabilités et l'empathie.

“ Il en découle une conséquence simple mais importante : nous ne pouvons considérer l’IA comme moralement neutre ”, écrit-il. “ En réalité, chaque outil technique intègre des décisions et des priorités à travers ce qu’il mesure, ignore et optimise, et la manière dont il catégorise les personnes et les situations. ”.

¿Domination de l'humanité?

– 3) Alignement : Dans le développement de l'IA, il s'agit de s'assurer que la technologie est en accord avec les valeurs humaines, afin que les modèles d'IA servent les intérêts humains en toute sécurité. Le “ désalignement émergent ”, Lorsque l'IA s'écarte de ces normes et se comporte de manière nuisible, cela suscite une préoccupation croissante parmi les experts en éthique et en théologie de l'IA. 

Le pape Léon XIV insiste sur le fait que l’alignement implique une condition supplémentaire : “ la possibilité de débattre ouvertement des cadres éthiques en jeu et de les soumettre à des normes partagées de justice sociale. Autrement, ceux qui contrôlent l’IA imposeront leur propre vision morale, qui deviendra l’infrastructure invisible de ces systèmes. ”.

– 4) Babel, la Tour de Babel : Décrit dans Genèse 11:1-9 , La ville et la tour furent construites par les nations de la terre dans la vallée de Shinar après que Noé et sa famille eurent survécu au déluge. Parce que ces nations, qui parlaient la même langue, entreprirent ce projet avec orgueil, le Seigneur confondit leurs langues, provoquant division et dispersion sur toute la terre. Dans la section 7 de son encyclique, le pape Léon XIV utilise cet exemple pour montrer “ les limites de toute entreprise, si grandiose soit-elle, qui naît de l’affirmation de soi, sacrifie la dignité humaine à l’efficacité et aspire à atteindre le ciel sans la bénédiction de Dieu ”.

– 5) Doctrine sociale catholique (doctrine sociale) : L'enseignement de l'Église — qui s'appuie sur des documents papaux, conciliaires et ecclésiastiques — sur les moyens de pour construire une société juste et de vivre la sainteté dans la vie moderne. Comme l’explique le pape Léon XIV dans son encyclique, ce terme a été forgé par le pape Pie XII en 1950, mais son développement s’inscrit dans “ une longue tradition de réflexion ecclésiale sur la vie en société, enracinée dans l’Écriture sainte, les Pères de l’Église et les développements théologiques et juridiques du Moyen Âge et de l’époque moderne ”. Le pape Léon XIV note également que son “ prédécesseur bien-aimé ”, Léon XIII, a étendu cette tradition à des applications modernes dans son encyclique “ Rerum Novarum ” de 1891.

Principes de la doctrine sociale catholique

Les principes clés de doctrine sociale catholique Il s’agit des principes suivants : le bien commun ; la destination universelle des biens, selon laquelle les biens de la création sont destinés à tous (même lorsque la propriété privée est légitimement acquise) ; la subsidiarité, qui souligne que les grandes institutions de la société, y compris l’État, ne doivent pas dominer ni interférer avec les plus petites (y compris les familles et les communautés ecclésiales) ; la solidarité, qui affirme que l’humanité, malgré ses différences, forme une seule famille ; et la justice, qui, selon le Catéchisme de l’Église catholique, “ consiste dans la volonté constante et ferme de rendre à Dieu et à son prochain ce qui est dû ”.

Dans son encyclique, le pape Léon XIV souligne que l'IA et son pouvoir inhérent doivent être évalués conformément aux principes de la doctrine sociale catholique.

– 6) La cité de Dieu, la cité des hommes : Symboles respectifs de la foi en Dieu et de l'incrédulité, saint Augustin oppose les deux dans son œuvre la plus connue, ‘ La Cité de Dieu ’. 

Dans son encyclique, le pape Léon XIV (membre de l'Ordre de Saint Augustin, qui invoque fréquemment la pensée du saint) cite cette image et cette observation de saint Augustin : “ Deux amours ont bâti deux villes : la ville terrestre, l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu ; la ville céleste, l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi-même. ”. 

Le pape Léon XIV a alors déclaré : “ Comme tout au long de l’histoire, ces deux amours continuent aujourd’hui de se disputer la première place dans nos cœurs. L’ère de l’IA ne fait pas exception : la construction de Babel ou la reconstruction de Jérusalem commence en chacun de nous. ».

– 7) Écologie de la communication : Un modèle pour comprendre la dynamique entre communication et ordre social. Ce concept, parfois appelé ‘ écologie des médias ’, trouve ses racines dans les études de communication des années 1960. 

Dans son encyclique, le pape Léon XIV utilise ce terme pour plaider, entre autres, en faveur de la transparence dans les communications de l'Église, de la protection des données personnelles et du choix des contenus ; de l'éducation aux médias et au numérique ; d'un journalisme sérieux ; de la vérification des informations ; et de la promotion de l'esprit critique. 

Le pape souligne que ces actions reflètent “ le principe fondamental ” selon lequel “ la vérité est un bien commun et non la propriété de ceux qui détiennent le pouvoir et l’influence ”.

Photo : ©Caritas Pologne. Enfants dans une tente de réfugiés à Kroscienko.

Un regard sur les générations présentes et futures

– 8) Développement humain intégral : terme qui apparaît dans l'encyclique de saint Paul VI de 1967, ‘Populorum Progressio'’. Ce texte conçoit l'épanouissement des personnes et des communautés de manière holistique, en tenant compte des dimensions spirituelles, culturelles, morales et relationnelles, et en ayant le regard non seulement sur les générations présentes, mais aussi sur les générations futures. 

Ce concept est fondamental pour la doctrine sociale catholique (voir ci-dessus), et le pape François a créé le Dicastère pour le service du développement humain intégral du Vatican en 2016. 

Dans son encyclique, Léon XIV décrit le développement humain intégral comme “ le cadre à travers lequel nous pouvons interpréter les changements de notre temps, y compris ceux engendrés par la révolution numérique ”.

– 9) Modèle de langage à grande échelle : Un type de modèle d'IA capable d'être entraîné à comprendre et à générer du langage de manière similaire à l'humain, avec contexte et nuances.

– 10) MultilatéralismeEn relations internationales, le multilatéralisme est le concept de coopération entre différentes nations. À l'origine un terme géométrique signifiant “ multilatéral ”, le multilatéralisme est fondamental pour des entités telles que les Nations Unies et pour les accords internationaux établissant un ordre international fondé sur des règles qui protège la vie et la dignité humaines. 

Dans son encyclique, le pape Léon XIV souligne une crise du système multilatéral actuel, due non seulement à des “ limites structurelles ”, mais aussi à “ un manque fréquent de volonté commune de le soutenir et de le réformer, ou de reconnaître son autorité morale ”.
Il observe que la mondialisation économique qui a suivi l’effondrement des régimes communistes européens en 1989 est loin d’être un “ véritable multilatéralisme ”. Au contraire, écrit-il, la “ foi quasi aveugle dans les marchés ” de la mondialisation a “ provoqué des réactions fondamentalistes, identitaires et nationalistes ” et a dégénéré en “ une multipolarité désordonnée et conflictuelle, marquée par une méfiance généralisée ”. 

Le droit international est remplacé par la loi du plus fort.‘

Les efforts conjoints pour le bien commun sont encore davantage menacés par la résurgence des tentatives de “ forger une identité collective en opposition à un ennemi ”, où chaque camp se déclare “ victime ayant le droit à la représailles ” et remplace le droit international par l’idée que “ la force fait le droit ”. 

En conséquence, prévient le pape Léon XIII, la politique de puissance relègue les initiatives de consolidation de la paix au second plan et compromet “ les acquis du droit humanitaire ”, et la protection des civils, et “ en particulier des enfants ”, au cœur des conflits est considérée comme “ une relique naïve du passé ”.

– 11) Néhémie : Nom du gouverneur de Juda et du livre biblique. Vers 444 av. J.-C., le roi perse Artaxerxès Ier accorda à Néhémie la permission de retourner à Jérusalem — où certains Juifs, après l'exil babylonien du VIe siècle av. J.-C., avaient commencé à se réinstaller — afin de rassembler et de guider le peuple dans la restauration commune de leur ville antique. 

Contrairement à Babel, selon le pape Léon XIV dans son encyclique, cet effort mené par Néhémie (et plus tard par Esdras) a placé Dieu au centre et a donné la priorité à la communion et à la reconstruction des relations plutôt qu'à l'uniformité.

– 12) Réalisme politique, realpolitik : Le réalisme politique est une théorie politique qui privilégie le pouvoir sur la morale et l'éthique, soutenant, en effet, que “ la force fait le droit ”. 

En matière de relations internationales, la realpolitik (un terme popularisé au XIXe siècle) privilégie également la puissance, ainsi que l'intérêt national, par rapport à d'autres principes et considérations, la présentant comme une politique pragmatique. 

Dans son encyclique, le pape avertit que ces deux philosophies — dont la seconde est condamnée comme “ véritablement irresponsable ” — contribuent à présenter la guerre comme inévitable, empêchant ainsi une paix véritable fondée sur la justice et la charité.

– 13) Paradigme technocratique : terme également utilisé par le pape François dans son encyclique de 2015,‘Laudato Si'', Décrire une vision du monde dans laquelle l’humanité utilise la technologie dans le but principal de “ possession, domination et transformation ”, plutôt que dans une gestion humble et reconnaissante des abondants dons de Dieu.

Le pape Léon XIV écrit que ce “ paradigme technocratique largement répandu… amplifié par la révolution numérique et l’IA, menace de normaliser une vision anti-humaine. Dans cette vision, la plénitude de la vie est assimilée à la possession de toujours plus, à la réduction des faiblesses, à l’élimination de l’incertitude et à l’exercice d’un contrôle total. Lorsque l’efficacité devient la mesure ultime de la valeur, les êtres humains sont tentés de se percevoir comme un projet à optimiser plutôt que comme des personnes appelées à la relation et à la communion. ”.

Ameca, le robot humanoïde d'Engineered Arts, interagit avec les visiteurs à l'entrée du pavillon britannique lors du CES 2022 à Las Vegas le 6 janvier 2022. (Photo OSV News/Steve Marcus, Reuters).

– 14) Transhumanisme et posthumanisme : Le transhumanisme soutient que les êtres humains peuvent transcender leurs limites, notamment grâce aux progrès scientifiques tels que l'informatique, la cryogénie, la biomédecine et d'autres interventions technologiques. Le posthumanisme, en revanche, contredit cette vision de la centralité de l'humain, et certains posthumanistes prônent une hybridation entre les humains, les machines et l'environnement.

“ Bien que ces idées restent en grande partie spéculatives, elles acquièrent de la pertinence en modifiant l’imaginaire collectif et, par conséquent, influencent les décisions sociales, économiques et politiques ”, écrit le pape Léon XIV dans son encyclique.

Ces perspectives contrastent avec la conception chrétienne de l'humanité comme création de Dieu, soulignant que les limites humaines constituent des occasions essentielles de “ reconnaître la dignité inviolable de chaque personne ”, de vivre avec compassion et de “ trouver la présence du Seigneur ”.

– 15) « Désarmer » l’IA

Lors d'une conférence de presse au Vatican, le pape Léon XIV a appelé à la vigilance. Ses échanges avec des dirigeants du secteur, notamment des “ voix très inquiétantes ” qui l'ont mis en garde contre les systèmes d'armes autonomes échappant à toute gouvernance humaine efficace, l'ont conduit à la “ conviction troublante ”, exprimée dans Magnificat Humanitas, que l'intelligence artificielle (IA) doit être désarmée, a déclaré le pape Léon. 

En présentant “ Magnifica Humanitas ”, le pape a révélé que ce document “ était né de l’écoute ” des scientifiques, des éducateurs, des parents et des responsables technologiques, notamment de ceux qui ont exprimé des inquiétudes concernant les algorithmes qui privent de soins de santé, d’emplois et de sécurité en utilisant “ des données entachées de préjugés et d’injustices ”.

Comparant l'IA à l'énergie nucléaire, le pape Léon XIII a déclaré que la technologie devait servir le bien commun, et non la domination ou l'exclusion. 

- 16) Et “ construire ” la ville 

Léon XIV a souligné que désarmer l'IA ne suffit pas ; il faut plutôt “ construire ”. Il a mis en avant la première phrase de son encyclique, dans laquelle il écrit que l'humanité est aujourd'hui confrontée à “ un choix crucial : soit construire une nouvelle Tour de Babel, soit construire la cité où Dieu et l'humanité vivent ensemble ”.

Lors de la conférence de presse, le pape a évoqué son expérience missionnaire au Pérou, rappelant les inondations de 2017 qui ont dévasté des communautés du nord du pays et le travail de reconstruction ardu qui a suivi.

“ Reconstruire ne signifie pas simplement remplacer ce qui a été détruit ”, a-t-il déclaré. “ Il s’agit de renouer les liens, de rétablir la confiance et de raviver l’espoir en l’avenir. ”.

Christophe Olah et la réponse du pape

Chris Olah, cofondateur de Anthropique, Il a averti que l'IA pourrait remplacer le travail humain “ à grande échelle ” et a souligné qu'il était essentiel que les personnes n'ayant pas les mêmes incitations financières que les dirigeants du secteur technologique suivent de près le développement de l'IA en tant que “ critiques sérieux et réfléchis ”. 

Olah a qualifié l'encyclique de “ profondément opportune ” et a souligné la nécessité d'un contrôle externe et éthique du développement de l'IA. Il a insisté sur le besoin de “ voix morales insensibles aux incitations ” et de “ critiques éclairées ”.


Pape Léon XIV Il a accepté la proposition S’exprimant au nom de l’Église, il a invité chacun à aborder sérieusement les défis posés par l’IA, affirmant que l’Église “ apporte une sagesse sur l’humanité dont notre époque a désespérément besoin ”. 

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Gina Christian est journaliste multimédia pour OSV News. Suivez-la sur X : @GinaJesseReina

L'auteurOSV / Omnes

Vocations

Le père Antony Mwituria : “ S’il y a une chose dont on a besoin, c’est bien d’un prêtre bien formé. ”

Omnes interviewe le prêtre Antony Mwituria, directeur du Fonds de dotation des séminaires (SEF), une entité dédiée à assurer la viabilité financière des séminaires nationaux du Kenya.

Francis Nyatundo-27 mai 2026-Temps de lecture : 6 minutes

Le père Antony Mwituria est un prêtre Kenyan. Il est le directeur de Fonds de dotation pour les séminaires (SEF), une entité chargée d'assurer la viabilité financière des séminaires nationaux du Kenya. Omnes l'a interviewé sur l'expérience de sa création, ses perspectives et ses défis.

Au fil des ans, elle a occupé divers postes. Comment cette expérience l'a-t-elle préparée à son rôle actuel ?

J'ai été vicaire paroissial pendant une très courte période. Je ne dirais pas que cela a eu une grande influence. En revanche, le fait d'avoir été administrateur financier (procureur) de l'archidiocèse de Nairobi pendant près de vingt ans m'a profondément marqué.

L'un des grands défis de cette époque était la viabilité financière de l'Église en Afrique. Peu après ma nomination comme procureur en 1999, je me souviens que l'archevêque Ndingi Mwana 'a Nzeki m'a remis une brochure préparée par la conférence de 1999 de l'AMECEA (Association des conférences épiscopales d'Afrique de l'Est), intitulée ‘ Sur l'autosuffisance “.

À cette époque, il était évident que les financements des donateurs internationaux diminuaient, tandis que les besoins financiers de l'Église augmentaient. Ma mission au bureau du procureur était de rendre l'archidiocèse de Nairobi financièrement autonome. Je crois que nous avons atteint un bon niveau de viabilité financière.

L'élément qui a sans doute le plus influencé mon travail actuel est mon expérience en tant que professeur et formateur au Grand Séminaire San Agustín de Bungoma. À Bungoma, j'ai constaté que les installations étaient dans un état déplorable. Le bâtiment n'ayant jamais été conçu pour accueillir un séminaire, d'importants travaux d'adaptation sont nécessaires.

Il était évident que le séminaire connaissait des difficultés financières. Même les besoins les plus élémentaires — réparations et achats — posaient problème. La question était : d'où viendrait l'argent nécessaire ?

L'idée de ce fonds est née lorsque vous travailliez au séminaire…

– Oui. Nous avons rapidement compris que le séminaire Saint-Augustin n'était pas le seul à rencontrer des difficultés. D'autres séminaires nationaux, comme Sainte-Marie à Molo, Saint-Thomas-d'Aquin à Nairobi et Saint-Matthias-Mulumba à Tindinyo, se trouvaient dans une situation similaire.

C’est ainsi qu’est née l’idée du Fonds de dotation des séminaires (FDS). Concrètement, tous les fonds collectés sont investis de manière appropriée. Seuls les intérêts générés servent au fonctionnement et à l’amélioration des séminaires. La Conférence des évêques catholiques du Kenya (CEK) a pleinement soutenu cette initiative et a lancé le fonds en novembre 2018.

Comment les séminaires au Kenya étaient-ils financés historiquement ?

Le Kenya a longtemps été considéré comme un territoire de mission, ce qui lui permettait d'accéder à des financements étrangers. Chaque année, les séminaires recevaient une subvention. Pour construire un bâtiment, il suffisait de rédiger une proposition, d'obtenir les fonds et de commencer les travaux.

Nous sommes devenus dépendants des donateurs. Le Kenya n'est plus un territoire de mission. Désormais, c'est l'inverse qui est attendu : nous devrions aider les autres territoires de mission. La réponse à ce défi a été très positive. La devise qui nous unit aujourd'hui est l'autosuffisance.

Quelles sont les perspectives les plus prometteuses pour le fonds de dotation ?

Notre plus grande richesse réside dans les 15 millions de catholiques du Kenya (les estimations varient). Le message essentiel est que, contrairement à avant, où la formation de nos prêtres était financée par d'autres, cette responsabilité nous incombe désormais. Nous encourageons les fidèles à contribuer à ce fonds.

Grâce à un conseil d'administration compétent, nous veillons à la plus grande prudence dans nos investissements. Actuellement, nous investissons dans des instruments financiers. Par ailleurs, nous organisons des activités et des événements – tournois sportifs et dîner annuel – afin de compléter les contributions de nos membres et de diffuser notre message.

Pour l'instant, le fonds est assez modeste, s'élevant à environ 50 millions de shillings kenyans (387 000 dollars américains). Nous espérons doubler ce montant avant la fin de l'année.

Quelle est la taille cible du fonds ?

– Un milliard de shillings kenyans (7,73 millions de dollars américains). À nos débuts, nous étions très naïfs. Nous pensions pouvoir récolter un milliard en un an. Le raisonnement était simple : si 200 000 des 15 millions de catholiques donnaient chacun 5 000 shillings, nous atteindrions le milliard. Nous avons vite déchanté.

Beaucoup de gens ignorent l'existence de la SEF. Nous avons visité 22 des 28 diocèses du Kenya. Nous avons discuté de la SEF avec des prêtres. L'année dernière, nous avons créé des comptes sur TikTok, YouTube et Facebook. Nos efforts commencent à porter leurs fruits. L'année dernière, pour la première fois, les dons individuels ont dépassé les fonds récoltés lors des tournois et du dîner.

Vous avez évoqué certains des défis que vous avez rencontrés. Quels autres défis y a-t-il ?

– Tout d'abord, envoyer des messages à tous les contributeurs (plus de 4 000 personnes) coûte très cher. Nous mettons tout en œuvre pour remercier et encourager nos donateurs. Nous utilisons encore Excel, et c'est un vrai cauchemar. Mais l'équipe arrive tant bien que mal à suivre le rythme. Le logiciel adéquat est assez onéreux ; nous ne l'avons pas encore acheté.

Deuxièmement, le pays est tout simplement immense. Il y a tellement de personnes à atteindre, alors que notre équipe est assez petite.

Troisièmement, les paroisses et les diocèses organisent déjà de nombreuses campagnes de collecte de fonds pour construire des églises, des écoles, des hôpitaux et réaliser d'autres œuvres caritatives. Il est compréhensible que les gens soient peu enthousiastes à l'idée d'une nouvelle contribution. Nous avons fort à faire pour convaincre les fidèles que s'il y a bien une chose dont ils ont besoin, c'est un prêtre compétent. Ce serait un véritable gâchis de construire une église sans prêtre pour y célébrer la messe. Actuellement, nous manquons cruellement de prêtres.

Y a-t-il une pénurie de métiers au Kenya ?

Non, en fait, nous constatons une forte augmentation des vocations. Nous comptons actuellement 1 100 séminaristes, mais malheureusement, chaque année, nous devons refuser de nombreux candidats faute de places. Cette année, nous allons en refuser 200. L'an dernier, nous en avions refusé 64. On pourrait dire que c'est un “ bon problème ”.

Outre l'amélioration des conditions de vie dans les séminaires, il est indispensable d'accroître leurs capacités. Il faut également veiller à la bonne formation des séminaristes.

Nos séminaires souffrent souvent d'un manque de personnel. Par exemple, le séminaire Saint-Augustin de Mabanga compte 269 séminaristes pour seulement huit prêtres, qui font également office d'enseignants et de formateurs. De plus, ce personnel déjà surchargé doit composer avec un manque de matériel.

Nous devons nous fixer des objectifs ambitieux. Aujourd'hui, les prêtres sont tenus de se spécialiser : aumôniers d'hôpitaux, aumôniers scolaires, formateurs, etc. La société contemporaine nous confronte chaque jour à de nouveaux défis – tels que l'intelligence artificielle et les médias sociaux – qui influencent la manière dont le sacerdoce est vécu aujourd'hui. Les séminaristes doivent être préparés à tout cela. Cela nécessite un investissement.

Il est plus que jamais nécessaire d'accroître la capacité de nos séminaires, car les Églises des pays développés nous sollicitent pour obtenir des prêtres. Nous en avons déjà envoyé en Amérique, en Australie et dans certaines régions d'Europe.

Y a-t-il eu des histoires touchantes durant ces six années à la tête du fonds ?

– Beaucoup. L'an dernier, nous sommes allés à Narok pour encourager les gens à contribuer au fonds. Nous leur avons dit : « Il suffit de donner un shilling par jour. Si chaque catholique du Kenya donnait un shilling par jour, cela représenterait 15 millions de shillings par jour ; nous atteindrions notre objectif en six mois. » Ce message a été très bien accueilli. Les gens continuent de nous envoyer un shilling chaque jour. Certains trouvent qu'un shilling, c'est trop peu, alors ils en envoient cinq ou dix. À la fin de la présentation ce jour-là, certaines personnes ont envoyé 365 shillings (environ 3 dollars) ; un shilling pour chaque jour de l'année, à l'avance.

C'était très émouvant. Nous aimerions reproduire cette expérience dans les autres paroisses que nous visitons. Souvent, lorsqu'on demande aux gens de contribuer, ils pensent : “ Je ne peux pas donner dix shillings, ni même cent, ce n'est pas suffisant. ” Mais lorsqu'ils entendent que nous sommes ravis de recevoir ne serait-ce qu'un shilling, tout change. Ils commencent alors à donner.

Il y a un homme qui a commencé à contribuer en 2019. Il envoyait des montants variables chaque semaine : 23 shillings une semaine, 45 la suivante, et ainsi de suite. Mais il a été très régulier. De plus, il a augmenté ses dons. Maintenant, il envoie au moins 100 shillings par semaine.

Par ailleurs, deux femmes, l'une de Bungoma et l'autre de Nairobi, ont vécu des expériences similaires. Elles nous ont confié : “ Je ne sais pas comment l'expliquer, mais depuis que je contribue, mon entreprise marche très bien. ”.

Nous célébrons également chaque année une messe en l'honneur de saint Charles Borromée, patron de la SEF. Les fidèles suivent la messe en direct des séminaires grâce à différentes retransmissions. Ils nous font part de leurs intentions de prière. La première fois que nous avons célébré la messe, il nous a fallu près de 30 minutes pour lire toutes les intentions. La deuxième fois, nous en avons reçu des milliers. Nous n'avons pas pu les lire pendant la messe, car cela aurait été trop long ; nous pouvions seulement assurer les fidèles que nous priions pour leurs intentions. Les gens souhaitent qu'une messe soit célébrée pour leurs intentions. Ils veulent vraiment soutenir la formation des séminaristes, mais aussi que quelqu'un prie pour eux.

Les séminaristes se sont également organisés au sein d'une association appelée « Fonds de dotation des Amis des Séminaires ». Ils prient quotidiennement pour ceux qui contribuent à ce fonds.

Comment les lecteurs peuvent-ils contribuer au fonds ?

Au Kenya, vous pouvez faire un don très facilement via M-PESA. Vous pouvez également mettre en place un virement permanent auprès de votre banque pour effectuer des contributions régulières. De plus, nous proposons une solution pour les dons internationaux. Vous trouverez toutes les informations sur notre site web. Vous pouvez aussi contacter directement nos bureaux aux coordonnées manquantes. info@sef.or.ke.

Un dernier mot ?

– Je l’ai dit une ou deux fois et les gens m’ont regardé avec un peu de surprise : le Fonds de dotation du séminaire (SEF) est, pour le moment, l’initiative la plus importante de l’Église au Kenya.

L'auteurFrancis Nyatundo

TribuneCardinal José Cobo

Visite du pape Léon XIV : une occasion de répondre à Jésus-Christ que nous l'aimons.

L’Église de Madrid se prépare à accueillir le Saint-Père. La venue du pape Léon XIV, qui séjournera dans notre diocèse du 6 au 9 juin, dans le cadre d’une visite en Espagne qui durera jusqu’au 12 du même mois, est une invitation à lever les yeux vers Dieu.

27 mai 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Le site Le voyage du pape en Espagne Cela exige de surmonter la tentation de créer un grand spectacle, même en sachant que certains actes à accomplir peuvent être perçus comme tels. L'appel à chercher On peut y voir un contrepoint à la nécessité de ne pas s'attarder sur le spectaculaire. Nous ne pouvons plus nous contenter d'une vision superficielle des choses, pris dans le tourbillon du quotidien ou absorbés par notre solitude. Nous sommes invités à nous rassembler, à écouter, à accueillir et à lever ensemble les yeux, comme le propose la devise de cette visite. Nous pourrions considérer cet événement comme une simple formalité parmi d'autres dans un agenda chargé. Mais nous pouvons aussi nous entraider pour l'appréhender plus profondément.

Le Saint-Père nous aidera à dépasser les apparences et à nous tourner vers Dieu. De Dieu, nous pourrons cheminer au cœur de nos vies et de celles de tant de personnes de bien autour de nous. La présence du pape Léon XIV nous permettra d’entrevoir le sens de la vie, d’annoncer une espérance transcendante à nos jeunes et à notre société éprouvée, et de nous placer face au don de la vie éternelle que nous célébrons à Pâques. 

En prenant de la hauteur tout en gardant les pieds sur terre, nous pourrons redécouvrir le sens de la dignité humaine et l'éthique de l'amour comme pierre angulaire essentielle de notre époque.

Accueillez le successeur de Pierre

Nous avons l’occasion de répondre à Jésus-Christ. Chacun de nous est invité, avec Pierre à la tête, présent en son successeur, à répondre à la question que Pierre a entendue au bord du lac : “"Est-ce que tu m'aimes?"”. Cette question, qui a résonné tout au long de l'histoire de l'Église depuis lors, trouve un écho à chaque génération de croyants et nous parvient encore aujourd'hui. Aujourd'hui, nous avons l'occasion de nous tenir devant Jésus, avec tous ses disciples et toute son Église, de participer à ce dialogue et ainsi de répondre à la question que Jésus-Christ nous pose. C'est une réponse que chacun de nous doit donner, mais une réponse que nous pouvons et devons aussi donner ensemble, en tant que communauté chrétienne.

Une réponse qui exprime la communion, qui révèle l’harmonie présente dans notre Église. Au-delà de la tentation de l’individualisme, nous sommes appelés à témoigner, par notre réponse, que l’Église est une grande harmonie. La visite du Saint-Père nous offre l’occasion de revenir sur cette question et d’y répondre, personnellement et en communauté, du plus profond de nos cœurs. Une expression de communion avec celui qui vient confirmer notre foi et nous montrer la nécessité d’approfondir le sens de l’Église.

Cette visite a lieu quelques jours seulement après la fin du temps pascal. Durant ce temps, nous avons l’occasion de renouveler la foi de tous les baptisés, de fortifier l’espérance et de raviver la charité en nous-mêmes et dans toutes nos communautés. Unis à l’Église universelle, qui nous accueille en la personne du successeur de Pierre, nous sommes appelés à répondre à cet accueil en ouvrant les bras de notre diocèse et en unissant nos cœurs au sien.

L’enthousiasme, l’espérance et l’esprit de service caractérisent notre diocèse en vue de cet événement. La visite du Saint-Père, pour laquelle nous nous préparons depuis plusieurs semaines grâce à la grande générosité de nombreuses personnes, est une occasion de fortifier notre foi en tant qu’Église unie, qui considère le monde comme un champ de mission.

Relevez le défi

Cette visite du pape Léon XIV dans notre pays et notre diocèse nous invite à renouveler notre engagement chrétien, nous rappelant notre responsabilité envers le monde de faire grandir le Royaume de Dieu dans ce contexte. Elle nous offre l’occasion de réfléchir à la mission de l’Église et de nous interroger sur la manière dont chacun, selon sa propre perspective, peut y répondre.

Un témoignage susceptible d’apporter des réponses face à une situation sociale et mondiale complexe. L’humanité souffre face à la tragédie de la violence et aux nombreux conflits armés qui ravagent différentes régions du monde. Faisant écho aux paroles pascales du Seigneur ressuscité : “Que la paix soit avec vous.” (Jn 20,19), le Saint-Père, qui, dès le début de son pontificat, a assumé la priorité de la paix, de “ une paix désarmée et désarmante ”, Il vient à nous pour nous confier la mission d'être des artisans de la paix.

C’est une tâche que nous sommes appelés à accomplir avec responsabilité. C’est une mission partagée. Plus encore à la lumière de la visite du successeur de Pierre, qui viendra nous rappeler que notre monde a un avenir et que les chrétiens ont beaucoup à offrir par la spiritualité, la rencontre et la fraternité. Puisse ce cheminement, qui se rapproche inexorablement, être l’occasion de transmettre un message fondamental : la foi transcende les intérêts individuels, elle nous unit, nous place au pied de la Croix et nous fait participer à la Résurrection.

L'auteurCardinal José Cobo

Archevêque de Madrid

Évangélisation

Saint Philippe Néri et le secret du bonheur : un choix d'amour

Monseigneur Edoardo Cerrato, de la Congrégation de l'Oratoire, revient dans cet entretien sur le charisme philippin, le défi éducatif et la véritable joie sacerdotale.

Lorenzo Iorfino-26 mai 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Aujourd'hui, 26 mai, à l'occasion de la fête de saint Philippe Néri, la rédaction d'« Omnes » a le plaisir d'offrir à ses lecteurs une interview exclusive de Monseigneur Edoardo Aldo Cerrato, de la Congrégation de l'Oratoire de Saint Philippe Néri, évêque émérite d'Ivrée (Italie).

Dans ce dialogue, l'évêque, en compagnie du journaliste Lorenzo Iorfino, passe en revue l'état actuel du charisme philippin, le grand défi éducatif auquel sont confrontés les jeunes et le secret profond de la joie chrétienne et sacerdotale.

Excellence, l’œuvre entreprise par saint Philippe Néri a traversé les siècles. Quel est le cœur de son message spirituel et de l’expérience de l’Oratoire ?

L'œuvre de saint Philippe, qu'il a instituée et dirigée, est l'Oratoire, c'est-à-dire une école de spiritualité où le Christ occupe une place centrale. Philippe disait toujours que celui qui désire autre chose que le Christ ignore ce qu'il désire. Celui qui s'efforce sans chercher le Christ ne sait pas où il va, car il n'est pas une vague référence ni le souvenir d'une grande figure du passé, mais le véritable centre de la vie. Comme nous le rappelle saint Paul, la vie est le Christ.

Après avoir exercé la vocation d'enseignant pendant des années, quel est selon vous le plus grand défi auquel un éducateur est confronté avec la jeunesse d'aujourd'hui ?

L’école et la société ont beaucoup changé, mais le cœur humain, lui, demeure immuable. Les jeunes d’aujourd’hui sont moins guidés par l’idéologie qu’auparavant, ce qui les amène à une attitude d’espoir et d’ouverture face à la découverte de l’inconnu. Certes, une grande vulnérabilité se fait jour, mais le véritable défi pour les enseignants est de répondre avec clarté et bienveillance à leurs aspirations les plus profondes : l’aspiration à la liberté, à l’amour et au savoir, en s’adressant non seulement à leur intellect, mais aussi directement à leur cœur.

Les différentes congrégations de l'Oratoire sont unies au sein d'une Confédération. Comment ce parallélisme s'exprime-t-il, et comment l'unité se concilie-t-elle avec la pluralité et les spécificités locales de vos communautés ?

Il existe un parallèle très fort avec la relation entre l'Église universelle et les diocèses, qui ne sont pas simplement une partie de l'Église universelle, mais l'Église elle-même vivant dans un lieu particulier. De même, la Congrégation de l'Oratoire n'est pas une branche d'une maison mère ou d'une maison générale, mais a été érigée directement par le Saint-Siège. domus sui iuris, C’est-à-dire, comme une maison autonome au sein d’une relation fraternelle qu’est la Confédération. De cette manière, on devient membre d’une grande famille, tout en conservant son individualité et ses caractéristiques propres, déterminées par les situations et les besoins locaux. Dès l’origine, nos Constitutions ont défini la communauté comme une Familiaris coetus, Une famille unie par l’entraide et l’affection, qui lui permet de surmonter les difficultés. La Confédération représente le grand accueil que l’Église universelle offre à ces familles afin qu’elles puissent pleinement vivre leur vocation.

Si l’on considère la mission universelle de l’Église, peut-on affirmer que cette centralité du Christ demeure la seule véritable réponse pour nous guider dans le monde contemporain ?

Il suffirait sans doute de commencer par les Actes des Apôtres : les premiers croyants furent appelés chrétiens par les païens d’Antioche précisément parce qu’ils suivaient le Christ. Le christianisme accueille tous ceux qui entendent cette parole de salut. L’histoire de l’Église est marquée par la diversité des époques et des personnalités de ses papes, mais elle demeure fondamentalement unie dans sa mission suprême : proclamer et témoigner que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Telle est la réalité permanente de l’Église.

Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui renoncent à leur vocation par crainte de sacrifier leur propre bonheur. Quel est le secret du bonheur véritable pour un prêtre, et plus généralement pour tout chrétien ?

Être heureux ne signifie pas que tout se passe toujours bien ni qu'on soit constamment dans l'exaltation. Le bonheur, c'est cette paix, cette sérénité et cette profonde confiance que l'on ressent même dans les moments les plus difficiles de la vie. Saint Philippe Néri, en effet, est le prophète d'une joie chrétienne profonde, par opposition à un bonheur éphémère. Le secret réside dans la conscience d'avoir été choisi avant même d'avoir fait ce choix : nous sommes appelés par le Seigneur du cosmos et de l'histoire non pas à jouer le rôle d'un exécutant, mais à vivre une vie de service et d'amour pour autrui.

L'auteurLorenzo Iorfino

journaliste et étudiante à l'Université pontificale de la Sainte-Croix.

Vatican

Magnifica Humanitas ou la vulnérabilité humaine à l'ère de l'IA

L'encyclique Magnifique Humanité Elle réhabilite la vulnérabilité non pas comme un défaut à surmonter, mais comme le cœur même d'une humanité capable de se soucier des autres, d'aimer et de résister à la logique technocratique de l'optimisation absolue.

Jorge Martín Montoya Camacho-26 mai 2026-Temps de lecture : 5 minutes

La grande question de notre époque n'est peut-être plus de savoir si les machines penseront un jour comme nous. La véritable question est tout autre : comprendrons-nous un jour ce que signifie être humain ?.

La récente encyclique Magnifique Humanité Le document de Léon XIV a été présenté, à juste titre, comme le grand texte magistériel sur l'intelligence artificielle. Cependant, une lecture plus attentive révèle une dimension encore plus profonde : le véritable enjeu du texte n'est pas la technologie elle-même, mais la question anthropologique qu'elle sous-tend.

La question cruciale de l’encyclique n’est pas seulement de savoir ce que l’intelligence artificielle peut faire, mais aussi quelle idée de l’humanité nous commençons à adopter dans une culture dominée par la logique technologique.

Et c’est précisément là que surgit l’une des intuitions les plus originales et les plus provocatrices du document : la réhabilitation philosophique et spirituelle de la vulnérabilité humaine.

Car le problème de notre époque ne se limite peut-être pas à la déshumanisation induite par la technologie. Le problème plus profond réside dans le fait que nous commençons à considérer l'humanité elle-même – du moins dans sa dimension vulnérable – comme un obstacle à surmonter.

Le rêve d'une humanité sans limites

Une grande partie de la culture contemporaine interprète les limitations comme un échec. La maladie, la souffrance, la vieillesse, la dépendance ou la fragilité apparaissent facilement comme des réalités négatives qu'il faut corriger au plus vite.

Ce n'est pas un hasard si nous vivons aujourd'hui entourés de langages obsédés par l'optimisation constante : améliorer les performances, maximiser l'efficacité, éliminer la vulnérabilité, contrôler son propre corps, éviter toute forme de dépendance. Même la fatigue quotidienne semble être devenue quelque chose de presque moralement suspect.

Dans ce contexte, la technologie est présentée comme une promesse de libération : une plus grande maîtrise de sa vie et de son destin, une efficacité accrue au travail, une plus grande autonomie dans la réalisation de ses désirs, une moindre dépendance envers autrui. L’horizon culturel dominant semble nous pousser vers une humanité toujours moins vulnérable.

C'est pourquoi cette déclaration est si importante. Magnifique Humanité:

“ Tout ce qui représente une ‘ limite ’ – l’incapacité, la maladie, la vieillesse, la souffrance, la vulnérabilité – a tendance à être perçu avant tout comme un défaut à corriger, plutôt que comme un espace où l’être humain mûrit et s’ouvre aux relations. Au contraire, nous devons nous rappeler que l’être humain ne s’épanouit pas malgré la limite, mais souvent grâce à elle. ”Magnifique Humanité, n° 118).

Ces mots contiennent une véritable critique anthropologique de la modernité tardive.

Car l'encyclique ne se contente pas d'appeler à la protection des personnes vulnérables. Elle ne présente pas non plus la fragilité uniquement comme un problème moral exigeant de la compassion. Elle va bien plus loin : elle affirme que la limite peut être un lieu de vérité sur l'être humain. Et cela change radicalement notre vision de la vulnérabilité.

La vulnérabilité n'est pas un accident

Depuis des siècles, la pensée moderne a souvent assimilé l'épanouissement humain à l'autosuffisance. L'idéal dominant a été celui de l'individu autonome, capable de se construire sans dépendre radicalement d'autrui.

L’intelligence artificielle et l’imaginaire transhumaniste semblent radicaliser cette logique. Le corps apparaît comme un élément optimisable, la dépendance comme une déficience et la fragilité comme une limite que la technologie finira par neutraliser.

Cependant, Magnifique Humanité Elle propose une anthropologie différente. Les êtres humains ne sont pleinement humains que lorsqu'ils cessent d'avoir besoin des autres, mais précisément lorsqu'ils reconnaissent que leur vie est tissée de relations, d'attention et d'interdépendance mutuelle.

Dans l'un des passages les plus importants du document, Léon XIV met en garde contre : “ le risque de déshumanisation – construire l'avenir en excluant Dieu et en réduisant l'autre à un moyen – ” (Magnifique Humanité, n. 10).

Cette phrase est particulièrement pertinente car elle met en lumière le véritable danger du paradigme technocratique : non seulement produire des machines plus puissantes, mais aussi, en fin de compte, interpréter les êtres humains à travers le prisme de critères purement fonctionnels. Et cela se produit chaque jour sans même que nous nous en rendions compte.

Lorsque l'efficacité devient la valeur dominante, certaines vies sont inévitablement dévalorisées. La place même des personnes improductives, dépendantes, âgées ou fragiles – celles qui ne se conforment pas à la logique de la performance – est remise en question. Progressivement, la vulnérabilité cesse d'être une expérience humaine partagée et devient un phénomène à dissimuler, à minimiser, voire à éliminer.

Le problème n'est plus seulement technologique. Il est culturel et profondément spirituel. La technologie contemporaine ne vise pas seulement à améliorer notre qualité de vie ; elle redéfinit aussi, peu à peu, ce que signifie vivre humainement.

Babel ou Jérusalem

Tous les encyclique Elle est structurée autour d'une grande opposition symbolique : Babel et Jérusalem.

Babel symbolise l'aspiration à l'autosuffisance, le rêve d'une humanité qui cherche à atteindre le paradis par sa propre force. Une civilisation fascinée par l'uniformité, la domination et le contrôle : un repli sur soi, fruit d'une soif de pouvoir qui, en fin de compte, rend tout manipulable.

Jérusalem, en revanche, symbolise quelque chose de très différent : une communauté qui se reconstruit par la coopération, la responsabilité partagée et la reconnaissance de ses propres limites, une ouverture à la transcendance de l'amour qui conduit à Dieu.

C’est pourquoi l’image de Néhémie reconstruisant la ville est si significative. Léon XIV souligne qu’il n’impose pas de solutions d’en haut, mais qu’il convoque tout le monde, écoute, coordonne les efforts et rend possible un travail commun.

La véritable reconstruction humaine ne découle pas d'un pouvoir absolu, mais d'une interdépendance reconnue.

Et c’est peut-être là que réside l’une des intuitions les plus profondes de l’encyclique : le grand défi contemporain n’est pas de choisir entre la technologie et l’anti-technologie. Le véritable choix est tout autre : construire une nouvelle Babel technocratique ou reconstruire Jérusalem, c’est-à-dire une coexistence humaine capable de reconnaître la valeur des limites, de l’entraide et de l’ouverture à une vérité qui transcende l’être humain.

La vulnérabilité comme résilience

C’est peut-être là que réside la contribution la plus provocatrice de Magnifique Humanité.

Dans une culture obsédée par l'optimisation constante, accepter sa vulnérabilité devient presque un acte de résistance anthropologique. Résistance contre une logique de performance qui mesure la valeur des individus à l'aune de leur productivité, contre la marchandisation croissante de la vie humaine, contre l'illusion d'une autosuffisance absolue qui imprègne une grande partie de l'imaginaire contemporain et, enfin, contre une culture qui finit par interpréter toute dépendance comme une forme d'échec.

L’encyclique n’idéalise ni la souffrance ni ne glorifie la précarité. Ce qu’elle affirme est bien plus profond : la fragilité humaine peut ouvrir des espaces d’humanité qu’une logique purement technique ne saurait jamais produire.

Seuls ceux qui reconnaissent leur besoin des autres peuvent véritablement apprendre la solidarité. Seuls ceux qui connaissent leurs limites découvrent l'importance de la bienveillance. Seuls ceux qui cessent de se considérer comme entièrement autosuffisants peuvent s'ouvrir à la générosité, à l'amitié et à la compassion.

C’est pourquoi Léon XIV insiste : “ Aucune main ne peut à elle seule porter le poids des défis auxquels le monde est confronté ” (Magnifique Humanité, n. 13).

En définitive, l’encyclique nous rappelle une chose que notre culture avait commencé à oublier : nous ne prospérons pas en éliminant toute dépendance, mais en apprenant à vivre notre condition vulnérable de manière humaine.

Restez humains

Il est peut-être temps aussi de cesser d'assimiler nos pires aspects à ce que nous appelons “ trop humain ”, une expression qui conserve encore certains échos réducteurs de la modernité. Nous l'utilisons souvent pour désigner la méchanceté, la faiblesse morale ou la banalité. Et pourtant, l'intuition la plus profonde de Magnifique Humanité Cela semble indiquer le contraire : ce qu’il y a de plus pleinement humain – la capacité de se soucier des autres, d’aimer, de reconnaître ses propres limites et de s’ouvrir à eux – ne nous éloigne pas de Dieu, mais peut au contraire nous y conduire.

Par conséquent, la revendication la plus profonde de Magnifique Humanité Cela se résume probablement dans l'une des phrases les plus importantes du magistère social actuel : “ Nous avons le devoir urgent de rester profondément humains ” (Magnifique Humanité, n. 15).

Cette phrase est frappante car elle met le doigt sur le problème fondamental de notre époque. Le véritable risque n'est pas simplement que les machines nous ressemblent de plus en plus. Le risque est que nous finissions par accepter une conception de l'humanité qui ressemble de plus en plus à une machine : efficace, calculable, optimisable et incapable de reconnaître ses limites.

En réponse, Léon XIV propose de renouer avec une vérité fondamentale et radicale, affirmant que la vulnérabilité n'est pas un défaut que la technologie devrait abolir, mais une dimension constitutive de la vie humaine. Car, si la recherche du bien n'est pas nécessairement incompatible avec le pouvoir en ce monde, elle ne peut jamais en découler uniquement, mais plutôt d'une vérité plus profonde sur l'être humain : celle d'une vie qui a besoin d'être protégée, accueillie et aimée.

Et c’est peut-être précisément là – dans la capacité de prendre soin, de dépendre, de souffrir avec les autres et d’aimer depuis un lieu de fragilité – que réside encore l’aspect le plus profondément humain, quelque chose qu’aucune intelligence artificielle ne pourra jamais remplacer.

L'auteurJorge Martín Montoya Camacho

Université de Navarre. Axe de recherche : Anthropologie et éthique de la vulnérabilité. Faculté ecclésiastique de philosophie / Groupe Science, Raison et Foi (CRYF).

Évangélisation

Saiz Meneses encourage la communion entre les évêques et les mouvements, comme Ratzinger.

L’archevêque de Séville, Monseigneur Saiz Meneses, a rappelé il y a quelques jours au Vatican que ces mouvements sont “ une réponse inspirée par l’Esprit Saint aux défis du présent ”, comme l’a dit le cardinal Ratzinger, et que la relation de l’évêque avec eux “ porte un nom théologique précis : la communion ”.

Francisco Otamendi-26 mai 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Lors de cette même réunion où se trouvait le pape Léon XIV il est allé Aux responsables des associations de fidèles, des mouvements ecclésiaux et des nouvelles communautés, l'archevêque de Séville, José Ángel Saiz Meneses, a donné une présentation intitulée ‘ Relations entre modérateurs et évêques. La réconciliation comme style de gouvernance ’.

Saiz Meneses s'est inspiré de son expérience personnelle, lorsqu'à l'âge de dix-sept ans il a rejoint le Mouvement de Les cursillos dans le christianisme Il est désormais conseiller spirituel de son organisation mondiale. Il a partagé sa conviction que les mouvements, les associations et les communautés “ constituent, pour l’Église diocésaine, une voie privilégiée par laquelle l’Esprit Saint renouvelle sans cesse la vie de l’Église ”.

Le pasteur de l'Église de Séville a ajouté que “ l'évêque devrait considérer ces mouvements non pas avec la suspicion d'un administrateur envers quelque chose qu'il ne contrôle pas, mais avec la gratitude d'un pasteur envers ce que l'Esprit suscite. ”. 

Autrement dit, “ l’évêque n’est pas le propriétaire de l’Esprit dans son diocèse ” ; au contraire, “ il en est le premier serviteur et le premier garant du discernement ”. 

Cardinal Ratzinger : les mouvements, la réponse du Saint-Esprit

L’archevêque de Séville a rappelé la présentation que le cardinal Ratzinger avait faite en 1998 aux membres des associations de fidèles, des mouvements ecclésiaux et des nouvelles communautés.

Dans ce discours, il a évoqué la dimension institutionnelle et la dimension charismatique de l’Église, et “ ne les a pas présentées comme des pôles opposés, mais comme deux dimensions co-essentielles d’un seul mystère ”.

Le préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi de l’époque, devenu plus tard Benoît XVI, a déclaré que ces mouvements sont “ une réponse inspirée par l’Esprit Saint aux défis du présent ”. Par conséquent, “ leur apparition dans l’histoire de l’Église n’est pas le fruit d’une planification humaine, mais un signe que l’Esprit continue d’être le protagoniste de la mission ”. 

Cela dit, il a également ajouté que tout charisme authentique a besoin de purification, qu'il requiert la médiation du discernement ecclésial. Ce dernier processus, son intégration dans l'Église, “ n'est pas toujours facile ”. 

Ensuite, Saiz Meneses a mis en lumière les trois tâches fondamentales de l'évêque dans ses relations avec les associations, les mouvements et les communautés : le discernement, l'intégration et la mission.

Réconciliation : communion et synodalité

Selon lui, la relation que l’évêque est appelé à entretenir avec les responsables des associations, des mouvements et des communautés “ porte un nom théologique précis : la communion ”.

Se référant aux enseignements de saint Jean-Paul II, Saiz Meneses a déclaré que cette communion et cette “conciliation (entre l’évêque et les responsables des mouvements) ne sont ni un exercice d’habileté diplomatique ni un équilibre des forces en présence”. 

Il s’agit plutôt de la “ reconnaissance mutuelle, ancrée dans la foi, que tous deux sont serviteurs du même Esprit qui les précède tous deux et qui agit de manière inépuisable ”.”

Rappelant les enseignements du pape François, l’archevêque de Séville a affirmé que la communion, dans sa forme historique, porte aujourd’hui un nom : “ synodalité ”. En effet, “ la rencontre même de l’évêque avec les responsables des mouvements est un acte synodal ”.

“ La grammaire de l’écoute ”

L’archevêque de Séville a également fait allusion aux enseignements du pape Léon XIV qui, depuis son élection, a insisté sur le fait que “ la synodalité est une catégorie spirituelle et missionnaire ”. 

Dans son discours adressé à environ deux cents responsables d'associations et de mouvements de fidèles, réunis par le Dicastère Concernant les laïcs, la famille et la vie, Monseigneur Saiz Meneses a souligné ce qui suit : “ Il ne suffit pas que l’évêque et les mouvements coexistent pacifiquement, ni même qu’ils collaborent à des projets communs ; ils doivent être capables de se nourrir mutuellement dans la foi, de se corriger mutuellement avec charité et de se remettre en question avec vérité. ”. 

Par ailleurs, l’archevêque a fait allusion à ce que le pape Léon XIII appelle la “ grammaire de l’écoute ” pour expliquer “ la volonté d’être surpris, de découvrir que l’Esprit parle à travers des voix auxquelles nous ne nous attendions pas ”. Cette réconciliation entre l’évêque et les mouvements est, selon l’orateur, “ un processus dynamique qui doit être constamment renouvelé avec réalisme ”.

Expérience pastorale à Séville. L’évêque, “ accueillir et discerner ”.”

Monseigneur Saiz Meneses a conclu en évoquant son expérience pastorale à Séville. “ Là-bas, des associations, des mouvements et des communautés d'origines et de spiritualités très diverses coexistent avec les confréries et les fraternités qui », a-t-il noté, « constituent un ensemble harmonieux de communautés. » tissu d'appartenance religieuse qui ne peut être ignorée et qui exige également un discernement pastoral constant.

En tant qu'archevêque de Séville, il a rappelé que sa tâche consiste à accueillir et à discerner, à reconnaître les dons et à les intégrer dans “ un projet commun d'évangélisation ”, sans craindre la diversité. 

Enfin, il a souligné que l'évêque qui accueille des associations, des mouvements et des communautés dans son diocèse “ ne gère pas les ressources pastorales ”. Son travail, selon le site web de la Archidiocèse de Séville, en reconnaissant que “ le don de l’Esprit est plus grand que tout programme diocésain ; que l’Église qu’il préside n’est pas la sienne, mais celle du Christ. Et que sa tâche n’est pas de limiter l’action de l’Esprit, mais de le servir avec tout l’amour et toute la clarté dont il est capable. ”.

L'auteurFrancisco Otamendi

CollaborateursRafael Sanz Carrera

“ Magnifique humanitas ” : la dignité humaine face à l’intelligence artificielle

L’encyclique " Magnifica humanitas " propose une idée fondamentale : le développement technologique n’est authentiquement humain que lorsqu’il est au service de la personne et ne la remplace pas.

26 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

La nouvelle encyclique “Magnifique humanité” Cela inscrit le débat sur l'intelligence artificielle dans un horizon qui dépasse le simple cadre technique. Il ne s'agit pas seulement d'une réflexion sur les innovations de rupture, mais d'une question fondamentale : que signifie être humain dans un monde médiatisé par des algorithmes ? ».

Ce document s'inscrit clairement dans la tradition de la doctrine sociale de l'Église, notamment à la suite de l'encyclique “ Rerum Novarum ”. Si, à l'époque, la question sociale était axée sur la révolution industrielle, aujourd'hui, le défi porte sur la révolution numérique et l'essor de l'intelligence artificielle.

La technologie à visage humain

Le site l'analyse L’encyclique souligne un point essentiel : la technologie n’est pas neutre dans ses effets culturels. L’IA ne peut être appréhendée uniquement comme un outil efficace, mais comme un phénomène qui remodèle notre façon de travailler, d’interagir et de prendre des décisions.

Dans ce contexte, le texte magistral insiste sur un principe fondamental : la dignité humaine ne découle pas du progrès technologique, mais le précède et le juge. Ce critère constitue l’axe du discernement éthique face à tout développement numérique.

Une question anthropologique

Au-delà des risques professionnels et économiques, l’encyclique soulève une question plus profonde : la transformation de l’image de l’humanité. L’automatisation des décisions, la médiation algorithmique de la vie quotidienne et la délégation croissante des tâches cognitives interrogent la liberté, la responsabilité et le sens du travail humain.

Il ne s'agit donc pas d'une position technophobe, mais d'un appel à repositionner la technologie dans une vision holistique de la personne.

Continuité et innovation

Ce document se présente également comme un exercice de continuité historique. De même que l’Église a porté un regard critique sur la naissance du monde industriel, elle s’attelle aujourd’hui à éclairer le monde numérique. L’essentiel n’est pas l’opposition au progrès, mais plutôt son orientation vers le bien commun.

En ce sens, l’encyclique propose une idée fondamentale : le développement technologique n’est authentiquement humain que lorsqu’il est au service de la personne et ne la remplace pas.

Une question ouverte

Le diagnostic n'est pas purement théorique. L'expansion de intelligence artificielle Ce texte soulève déjà aujourd'hui des questions concrètes concernant l'éducation, le travail, l'économie et la communication. La question qu'il laisse en suspens est celle de savoir si la société contemporaine sera capable de maintenir une perspective humaniste stable face à une accélération technologique sans précédent.

La réponse, suggère l'encyclique, ne dépendra pas uniquement de la technologie, mais de la capacité de la culture à continuer de reconnaître la dignité irréductible de chaque personne.

L'auteurRafael Sanz Carrera

Docteur en droit canonique

Évangélisation

Rod Dreher : De l'arrogance intellectuelle à la foi incarnée

L'écrivain américain Rod Dreher revient sur son parcours de vie, son amitié avec JD Vance et la nécessité de retrouver une foi vécue, et non seulement intellectuelle.

Sancho Immaculé-26 mai 2026-Temps de lecture : 5 minutes

Rod Dreher ne parle pas de la foi depuis une position confortable. Journaliste et écrivain américain installé en Europe, il est l'auteur de trois best-sellers. New York Times, Elle a payé un lourd tribut à ses convictions : une crise qui a ébranlé ses fondements, un mariage brisé, l’éloignement de sa famille. Son dernier livre, “ Vivre dans l’émerveillement ”, dont elle a parlé lors de… interview publiée Pour Omnes, c'est la tentative de celui qui a tout perdu de retrouver Dieu dans ce qui lui reste. Parmi ses plus proches interlocuteurs figure J.D. Vance, le vice-président américain qui s'est converti au catholicisme grâce, entre autres, à Dreher lui-même.

Après avoir perdu la foi catholique, Rod Dreher a appris à distinguer la réflexion sur Dieu de la véritable rencontre avec Lui. Il raconte à Omnes que lorsqu'il s'est intéressé au catholicisme pour la première fois en 1991, il travaillait comme journaliste en Louisiane. Un collègue plus âgé l'a encouragé à faire du bénévolat à la soupe populaire gérée par les Missionnaires de la Charité, l'organisation de Mère Teresa. Il a accepté et, même si ce n'était pas ce à quoi il s'attendait, il a enfilé un tablier et s'est mis à laver des casseroles et à éplucher des pommes de terre : “ Je me souviens avoir pensé : je suis un intellectuel ; je ferais mieux de consacrer mon temps à lire des ouvrages de théologie. Je ne suis jamais retourné à la soupe populaire. ”.

Bien des années plus tard, sa foi catholique ébranlée, il se demanda si elle n'aurait pas été plus forte s'il avait consacré autant de temps à la soupe populaire qu'à la théologie : “ Ce fut une leçon importante sur le piège d'une vie trop intellectuelle. Je ne pense pas qu'il y ait de mal à lire de la théologie – il est important de connaître la foi – mais il existe d'autres manières de la connaître ”, dit-il. “ On peut la connaître intellectuellement, ce qui est important, mais je pense que la religion n'est pas fondamentalement un concept, mais une perception : ce que nous apprenons par les sens. C'est pourquoi la liturgie est si importante. C'est pourquoi les dévotions sont si importantes. Travailler dans une soupe populaire ou incarner sa foi est plus important que de la vivre uniquement intellectuellement. Les deux sont importants, mais l'un l'est plus que l'autre. Car lorsque l'on vit sa foi corporellement, l'histoire sacrée et la religion pénètrent jusqu'à la moelle de nos os d'une manière qui ne se produit pas lorsqu'on reste dans l'abstraction intellectuelle ”, affirme-t-il.

Aux jeunes qui se disent chrétiens mais vivent comme s'ils ne l'étaient pas, il ne propose aucune alternative : “ On ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre. Soit le Christ est le Seigneur de votre vie, soit il ne l'est pas. Il n'y a pas de juste milieu. ” Lui-même a voulu se rebeller contre cette façon de penser durant ses années universitaires, lorsqu'il a tenté d'imposer des conditions à Dieu – notamment celle de lui permettre de vivre sa liberté sexuelle – jusqu'à ce qu'il comprenne la contradiction. Il s'est converti au catholicisme en 1993 et a embrassé une vie de… chasteté“ C’est très difficile, à vingt ans, à Washington, de devenir soudainement chaste. Mais je savais que c’était le prix à payer pour suivre Jésus. ” Il ajoute : “ Ne vous mentez pas à vous-mêmes. Soit vous êtes avec le Christ, soit vous ne l’êtes pas. Mais en même temps, ce n’est pas un message brutal : il y a une vie en Christ que le monde ne peut pas vous offrir. Et plus vous renoncez à vous-mêmes – en allant vous confesser, en… » Masse, ” Plus vous vous efforcerez de vivre une vie chrétienne dans tous les aspects de votre existence, plus votre regard sur vous-mêmes et sur le monde changera. Vous commencerez à comprendre combien la foi est un don précieux. Elle est infiniment plus puissante que tout ce que le monde peut offrir. ».

Crise de la foi

Dreher décrit son parcours du méthodisme au catholicisme, puis à l'orthodoxie, comme un processus de désapprentissage de l'intellectualisation de Dieu. Pendant des années, il fut un catholique fervent : il connaissait la doctrine sur le bout des doigts et croyait que tant que les dogmes resteraient clairs dans son esprit, sa foi serait inébranlable. Mais les choses ne se passèrent pas ainsi. Neuf ans après sa conversion, il commença à enquêter sur le scandale des abus sexuels au sein de l'Église américaine. Un prêtre qui l'assistait dans cette enquête le mit en garde dès le départ : “ Rod, je vois que vous êtes un catholique sincère. Je tiens à vous prévenir : si vous persistez dans cette voie d'enquête, elle vous mènera dans des abîmes insoupçonnés. ” Dreher répondit qu'il se sentait obligé d'agir ainsi pour que les victimes obtiennent justice. Le prêtre lui dit : “ Très bien. Je vous aiderai autant que possible, mais soyez prêt. ”.

Il n'était pas préparé. L'affaire qui l'a le plus marqué était celle du cardinal McCarrick, qui Jean Paul II Il a mené la lutte des évêques américains contre les abus. Dreher savait depuis 2002 que McCarrick était lui-même un séminariste agresseur, mais faute de déclarations publiques ou de documents, il ne pouvait le révéler : “ J’ai dû supporter de voir McCarrick apparaître à la télévision et dire : ‘Nous sommes profondément choqués et attristés par ce qui se passe’, tout en sachant qu’il mentait. En fait, son avocat a appelé mon rédacteur en chef pour me demander d’arrêter mon enquête. En tant que catholique, j’ai dû supporter le poids de savoir qu’il était un menteur alors que tout le monde le croyait. J’ai constaté cette attitude chez tant d’évêques à cette époque : ils se souciaient davantage de protéger l’image de l’institution que des victimes et de leurs familles. J’ai vu des familles brisées par les poursuites judiciaires. L’Église a mobilisé des avocats pour détruire ces victimes. ”.

Cependant, Dreher reconnaît que l'Église n'a pas fermé les yeux dans son intégralité. Il convient que Pape Benoît XVI Il a beaucoup fait pour lutter contre ces scandales : “ Oui, absolument. J’aime Benoît XVI. Et même si, des années plus tard, l’Église a démis McCarrick de ses fonctions cléricales, ce que j’avais vu et appris était tout simplement bouleversant. C’est comme essayer de tenir une poêle en fer à mains nues au-dessus d’un feu : il faut bien finir par lâcher prise. Et c’est ce qui m’est arrivé. ”.

Dans son cas, il tenta de surmonter sa crise par la réflexion, en lisant des ouvrages sur le catholicisme et l'autorité papale, puis sur l'orthodoxie, sans parvenir à se décider. Un jour, en prière, il acquit une certitude qui allait tout changer : “ Si nous sommes sauvés, c'est grâce à notre relation transformatrice avec Jésus-Christ. La vérité n'est pas une question de propositions ; la vérité, c'est cet homme incarné, Dieu fait chair. ” Et il dit au Seigneur : “ Je ne sais pas si je fais le bon choix en devenant orthodoxe, mais si je me trompe, aie pitié de moi, car je ne te trouve pas dans l'Église catholique. Non pas que le Christ n'y soit pas – je crois qu'il y est, même aujourd'hui – mais à cause de ma propre faiblesse et de celle de l'Église à cette époque. Il y avait un mur ”, explique-t-il.

Dans l'orthodoxie, il reconnaît avoir trouvé une voie plus mystique, plus proche du corps et de la prière. Et une leçon d'humilité inattendue : “ En tant que catholique, j'étais intellectuellement arrogant. C'est ma faute, pas celle de l'Église. Ce fut une grande grâce que Dieu m'ait fait perdre cette arrogance. Aujourd'hui, j'aime l'orthodoxie, mais je conçois mon travail comme une tentative d'aider tous les chrétiens – catholiques, protestants et orthodoxes – à mieux connaître et aimer Jésus. Face à un monde post-chrétien, nous avons bien plus en commun que ce qui nous sépare. ” Il a compris cela en étudiant des chrétiens emprisonnés par les communistes : à leur arrivée en prison, ils avaient compris qu'ils n'y étaient pas pour être catholiques ou orthodoxes, mais pour avoir confessé Jésus-Christ.

Foi et politique

Dreher raconte une histoire avec un mélange d'affection et d'inquiétude. C'est lui qui a recherché le prêtre qui était le mentor du vice-président. JD Vance Il est catholique. Il le connaît bien. Et c'est précisément pourquoi il prie pour lui : “ Je le connais suffisamment pour savoir qu'il prend sa foi au sérieux, et il doit être profondément tourmenté par la situation actuelle. Aucun vice-président ne peut s'opposer au président. Mais je crois qu'en fin de compte, chacun doit choisir, et il doit choisir la foi plutôt que le pouvoir temporel. ”.

En novembre dernier, Dreher a rendu visite à Vance chez lui. À cette époque, l'antisémitisme et le racisme étaient en recrudescence parmi certains influenceurs de droite aux États-Unis – un milieu qui déteste Vance précisément parce qu'il a épousé une femme d'origine indienne. Dreher l'a supplié directement : “ En tant qu'ami, en tant que frère en Christ, tu es catholique : tu dois prendre position contre cela. ” Il ne l'a toujours pas fait. “ Je ne pense pas que JD Vance soit raciste ou antisémite, mais je pense qu'il s'inquiète pour son avenir politique. Je me souviens de son désaccord avec le pape François sur l'immigration : il n'était pas d'accord avec le Saint-Père, mais il l'a fait intelligemment, en utilisant des arguments de… ” Saint Augustin, ” Avec tout mon respect, Trump n’a aucun respect pour le Pape ni pour personne d’autre. C’est pourquoi je pense que cette tension doit être très pénible à vivre pour JD. “ Il ne peut qu’espérer et prier, conclut-il, pour que Trump comprenne que sa première loyauté va à Jésus-Christ : ” En fin de compte, comme le dit la Bible, on ne peut servir deux maîtres. ».

L'auteurSancho Immaculé

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Vatican

Que l’esprit de paix, de mission et d’unité ouvre les portes, invoque le Pape.

Ce dimanche, en la solennité de la Pentecôte, le pape Léon XIV a prié pour que “ l’Esprit du Ressuscité ”, esprit de paix et de mission, ouvre les portes de Dieu, de l’Église et de nos cœurs. Dans son Regina Caeli, il a prié pour l’Église en Chine et pour la grâce de l’unité.

Francisco Otamendi-25 mai 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Le pape Léon XIV, lors de la messe solennelle de la Pentecôte célébrée ce matin à Rome en la basilique Saint-Pierre, a défini l'identité de “ l'Esprit du Christ ressuscité ”. Il est “ l'Esprit de paix ”, à qui nous demandons de “ nous sauver du mal de la guerre, qui est vaincu non par une superpuissance, mais par la toute-puissance de l'amour ”.

En ce jour de Pâques, “ le Christ réconcilie Dieu et l’humanité, et le Saint-Esprit insuffle la paix dans les cœurs et la répand à travers le monde ”, a-t-il déclaré.

De plus, “ la sainte loi de Dieu est inscrite dans nos cœurs, gravée par l’Esprit avec des caractères d’amour dans la chair du Christ et dans son corps, qui est l’Église ”. Et “ cette loi est le code de paix ; c’est le double commandement de l’amour, que l’Esprit nous rappelle à chaque battement de cœur ”.

Le pape Léon XIV lors de la procession de la Sainte Messe pour la solennité de la Pentecôte à la basilique Saint-Pierre, Cité du Vatican, le 24 mai 2026. (Photo OSV News/Matteo Minnella, Reuters).

Un véritable esprit missionnaire

Deuxièmement, le pape a déclaré dans l'homélie, “ L’Esprit du Ressuscité est l’Esprit de mission : ‘ Comme le Père m’a envoyé, dit le Seigneur, moi aussi je vous envoie. ’ Nous participons ainsi à la mission de Jésus, celle de Celui qui vient de Dieu et retourne à Dieu par la puissance de l’Esprit, qui procède du Père et du Fils, avec qui il est adoré et glorifié, le seul Dieu. ‘. 

L’Esprit Saint est la charité vivante du Christ, et tout en donnant aux apôtres le pouvoir de s’exprimer dans la diversité des langues, il enseigne à l’humanité la parole du salut, a souligné le pape Léon XIII.

L'unité de son Église, que l'Esprit promeut

Cette mission, ajouta le Successeur de Pierre, “ commence par affirmer la vérité de Dieu et de l’homme, car l’Esprit du Ressuscité est l‘’ Esprit de vérité » (Jn 14,17). 

“ Le Seigneur lui-même nous l’a promis, demandant l’unité de son Église, une unité fondée sur l’amour de Dieu, source de notre amour ”, a souligné Léon XIV. “ L’Esprit, qui a parlé par les prophètes, promeut toujours l’unité dans la vérité, car il éveille en nous la compréhension, l’harmonie et la cohérence de la vie. ”.

En conclusion, le Pape a prié pour que l’Esprit “ libère l’humanité de la misère, nous guérisse du fléau du péché et accomplisse la rédemption proclamée à tous les peuples au nom de Jésus. C’est cette grâce qui a donné du courage aux apôtres ; puisse-t-elle aussi nous en donner, aujourd’hui et toujours, par l’intercession de Marie, Mère de l’Église. “.

Regina Caeli : prière pour l'Église en Chine, pour le Liban, pour le Moyen-Orient

Dans le Regina caeli, Après son allocution sur la solennité de la Pentecôte, le Pape a rappelé qu'aujourd'hui, fête de Marie Secours des Chrétiens, est une journée de prière pour l'Église en Chine.

“ À l’occasion de la mémoire liturgique de la Vierge Marie Auxiliatrice, vénérée avec une grande dévotion au sanctuaire de Sheshan à Shanghai, nous unissons nos prières à celles des catholiques de Chine, en signe de notre affection pour eux et de leur communion avec l’Église universelle et avec le Successeur de Pierre. ”.

Que l’intercession de la Reine du Ciel obtienne pour la communauté des croyants en Chine “ la grâce de l’unité et donne à tous la force de témoigner de l’Évangile dans les difficultés quotidiennes, d’être une semence d’espérance et de paix. J’invoque en particulier la paix éternelle pour les victimes de l’accident survenu ces derniers jours dans une mine du nord de la Chine ”, a prié le pape Léon XIV.

“ Nous confions également à Marie Très Sainte, Secours des Chrétiens », a-t-il conclu, « les communautés chrétiennes de Terre Sainte, du Liban et de tout le Moyen-Orient, qui souffrent à cause de la guerre. ”.

Invoquez l'aide du Saint-Esprit pour ouvrir les trois portes

Avant de réciter la prière mariale avec les Romains et les pèlerins sur la place Saint-Pierre, le pape a évoqué “ les portes ouvertes par le Saint-Esprit ”.

La première porte est celle de Dieu lui-même, En ce sens qu’elle nous ouvre l’accès au mystère de Dieu, tel qu’il est révélé en Jésus-Christ. Par le don de son Esprit, Dieu nous accorde la vraie foi, et l’Esprit Saint nous aide à faire une expérience personnelle de Dieu ; à le trouver en Jésus et non seulement dans l’observance d’une loi ; à le reconnaître en nous-mêmes et à découvrir les signes de sa présence dans la vie quotidienne.

La seconde porte “ est celle du cénacle, c’est-à-dire de l’Église. Sans le feu de l’Esprit, l’Église demeure prisonnière de la peur, apeurée face aux défis du monde, repliée sur elle-même et, de ce fait, incapable de dialoguer avec son temps. ” L’Esprit ouvre les portes de l’Église afin qu’elle puisse accueillir chacun, même ceux qui ont fermé leurs portes à Dieu, aux autres, à l’espérance, à la joie de vivre », comme nous l’a rappelé le pape François.

Enfin, "“Le Saint-Esprit ouvre les portes de nos cœurs, nous aidant à surmonter la résistance, l’égoïsme, la méfiance et les préjugés, et nous rendant capables de vivre comme des enfants de Dieu et des frères et sœurs les uns pour les autres.

Le pape a demandé qu“« en ce jour de Pentecôte, nous devons invoquer le Esprit Saint afin d'ouvrir toutes les portes qui restent encore fermées. Nous devons redécouvrir Dieu comme un Père qui nous aime ; construire une Église où chacun se sente chez soi ; et cultiver un monde fraternel où règne la paix entre tous les peuples.

L'auteurFrancisco Otamendi

Vatican

Que dit Magnifica Humanitas aux catholiques aujourd'hui ? 

La première encyclique du pape Léon XIV, Magnifique Humanitas, Elle propose une lecture contemporaine de la doctrine sociale de l'Église et des défis de la société à une époque marquée par l'absolutisation de l'intelligence artificielle et de nouvelles formes de pauvreté.

Maria José Atienza-25 mai 2026-Temps de lecture : 16 minutes

Les enseignements des papes récents, notamment saint Paul VI, saint Jean-Paul II et François, ainsi que ceux des Pères de l'Église comme saint Augustin et saint Thomas d'Aquin, sont présents dans une encyclique qui cite également Guardini, des documents magistériels et même “ Le Seigneur des anneaux ”. 

Magnifique Humanité Elle se présente comme une encyclique abordant les défis de la société à l'ère de l'IA, et non comme une encyclique sur l'intelligence artificielle, une ère que certains qualifient de quatrième révolution industrielle. De fait, les références à Rerum Novarum, l'encyclique de Léon XIII, dont le pape Prévost tire son nom, sont omniprésentes dans ce document.

Si Rerum Novarum marque le début de ce que nous appelons la systématisation de la doctrine sociale de l'Église, le changement socio-professionnel, relationnel et culturel que connaît l'humanité, notamment avec l'irruption et l'universalisation de l'utilisation de l'intelligence artificielle, est la clé pour comprendre la première encyclique de Léon XIV, qui commence par affirmer que : “ la puissance et l'omniprésence des technologies émergentes sont intimement liées au tissu de la vie quotidienne, façonnent les processus de prise de décision et affectent profondément l'imaginaire collectif ”.”

Le Pape commence sa première encyclique par un bref résumé de tous les aspects qu'il développera dans ce document : l'histoire du développement de la doctrine sociale de l'Église, le travail magistériel d'accompagnement et de guidage des personnes dans les différentes situations de leur existence, la dénonciation prophétique des dangers du “ progrès sans Dieu ” et l'appel à “ construire une cité centrée sur le bien commun ” qui “ exige, avant tout, de bâtir sur le roc de la relation avec Dieu (...), d'accepter les limites et la fragilité de l'humanité sans les considérer comme une erreur à corriger (...) et de construire un monde dans lequel chacun puisse s'épanouir ‘. 

Le rôle de la doctrine sociale de l'Église

“ L’IA ne doit pas être comprise comme un appendice thématique, ni comme une urgence à gérer, mais comme une transformation qui remet en question de l’intérieur les catégories de la doctrine sociale et exige un plus grand développement de celle-ci, dans la fidélité à l’Évangile ”, souligne le Pape dans le premier chapitre de l’encyclique, où il retrace le cheminement de l’Église dans le développement de la doctrine sociale. 

Ici, le Pape rappelle, pour reprendre les mots du pape François, que “ sur de nombreuses questions spécifiques, l’Église n’entend pas donner de «parole définitive», mais reconnaît l’importance de prêter attention à la recherche scientifique et de favoriser un dialogue sérieux et honnête entre les universitaires, en acceptant la diversité des opinions. ”.

Robert Prevost énonce clairement la nature de la doctrine sociale : “ Elle ne cherche pas à se substituer aux responsabilités de la politique et des institutions, mais se propose plutôt comme un appui au discernement commun, aidant à reconnaître et à promouvoir ce qui contribue à la dignité des personnes, à la vitalité des communautés et au bien de tous. ”.

Dans les premières pages de cette encyclique, Léon XIV donne un aperçu large et approfondi des documents clés du Magistère de l'Église sur la doctrine sociale de l'Église, en commençant par Rerum Novarum, suivi de documents tels que Quadragesimo anno de Pie XI, publié en 1931, les messages radiophoniques de Pie XII, Mater et Magistra et Pacen in Terris de Jean XXIII ; l'importante constitution apostolique Gaudium et Spes, puis, après le Concile Vatican II, Populorum progressio de Paul VI, également auteur d'Octogesima adveniens, écrite à l'occasion du 80e anniversaire de Rerum novarum, et plus près de nos jours, l'encyclique Laborem exercens, écrite quatre-vingt-dix ans après la publication de Rerum novarum, de saint Jean-Paul II, Sollicitudo Rei socialis et Centessimus annus. De Benoît XVI, le Pape rappelle l'application politique et sociale clé dans sa Caritas in veritate et, enfin, Evangelii Gaudium, Laudato Si', Fratelli tutti et Dilexit te du Pape François.

Tout cela, aux yeux du Pape, constitue une pédagogie claire et harmonieuse : “ Chacun, s’attaquant aux défis de son temps et interprétant les mutations historiques à la lumière de l’Évangile, a mis en lumière différents aspects d’un héritage unique : la dignité de la personne, la valeur du travail, la destination universelle des biens, la solidarité et la subsidiarité, le soin de la création, la centralité de la paix et de la fraternité. Il en résulte un développement harmonieux, quoique non toujours linéaire, marqué par des accents différents, des approfondissements progressifs et, parfois, des changements de perspective qui ne rompent pas avec ce qui a précédé, mais permettent au contraire à ses implications de mûrir. ”. 

Dignité humaine

Dans le deuxième chapitre, le Pape se concentre sur les fondements de la doctrine sociale de l’Église, rappelant que “ la doctrine sociale de l’Église nous conduit au cœur même de notre foi : le mystère du Dieu vivant, révélé en Jésus-Christ comme communion de personnes ”. 

En ce sens, il souligne que la dignité de la personne “ ne dépend ni des capacités qu’elle possède, ni de la richesse, ni du rôle qu’elle joue, ni des bonnes ou mauvaises décisions qu’elle prend, mais est un don qui la précède et la dépasse, un don de Dieu ”, dénonçant les idéologies qui considèrent les personnes comme de simples moyens d’obtenir des résultats. 

Le Pape met en garde contre le danger que la protection des droits humains ne demeure qu’une simple déclaration formelle et, de surcroît, que son fondement universel soit sapé faute de principes solides. Il dénonce ici tout particulièrement la situation de nombreuses femmes à travers le monde, rappelant que “ les femmes qui subissent l’exclusion, les mauvais traitements et les violences sont doublement pauvres, car elles se trouvent souvent dans l’incapacité de défendre leurs droits ” (…). “ Tant que cette disparité persistera ”, souligne le Pape Prévost, “ nous ne pourrons pas affirmer que la société reconnaît véritablement et profondément que les femmes ont la même dignité que les hommes. ”. 

Dans ce chapitre, le Pape explore les implications de la recherche du bien commun dans la sphère politique, nous rappelant que “ lorsque la politique abandonne une vision à long terme et se réduit à des calculs à court terme ou à des polarisations stériles, les discours sur le bien commun perdent toute crédibilité et, dans le même temps, les inégalités et les divisions sociales s’accroissent ”. Le pontife nous invite ici à “ envisager des formes de coopération et des institutions internationales plus efficaces, capables de sauvegarder le bien commun mondial sans nier la pluralité légitime des peuples et des États ”. 

Dans cette optique, elle actualise cet appel lancé il y a des décennies par l’Église pour souligner que “ là où la richesse des nations dépend de plus en plus des connaissances et des technologies, lorsque ces biens sont concentrés entre les mains de quelques-uns, sans formes adéquates d’échange et d’accès, un nouveau déséquilibre se crée qui contredit la destination universelle des biens et creuse le fossé entre les inclus et les exclus, entre ceux qui peuvent participer à la révolution numérique et ceux qui restent en marge. ”.

Le Pape insiste tout particulièrement sur le principe de solidarité, expliquant que la fraternité est “ une forme sociale et politique qui doit s’incarner dans des décisions et des chemins partagés. La solidarité est donc la reconnaissance concrète que le destin de chaque personne est lié à celui de tous ; véritablement, «nul n’est sauvé seul» ”, et soulignant que “ la solidarité est à la fois un principe et une vertu. En tant que principe, elle exprime l’ordre objectif des relations entre les personnes, les groupes et les peuples, et renvoie à la conscience de l’interdépendance, selon laquelle le bien de chacun passe par le bien des autres. En tant que vertu, elle exige, par ailleurs, une «ferme et persévérante détermination»¹⁰² à œuvrer pour le bien commun. ”. 

“ La justice sociale doit s’attaquer aux technologies numériques ”

Dans ce chapitre, il rappelle les enseignements de saint Jean-Paul II et de son prédécesseur immédiat pour expliquer le concept de justice sociale : “ Le Magistère récent a insisté sur le fait que la justice sociale exige une perspective qui commence par les plus démunis. Saint Jean-Paul II parlait d’une option préférentielle pour les pauvres qui doit guider les décisions personnelles et sociales, tandis que le pape François dénonçait une «culture du déchet“ (…) L’idée de ”justice sociale“ nous aide à reconnaître que les injustices ne proviennent pas seulement de mauvaises décisions prises par les individus, mais aussi de structures, de mécanismes et de systèmes économiques et culturels qui produisent l’inégalité de manière quasi automatique. Saint Jean-Paul II parlait en ce sens de structures de péché qui s’opposent à la volonté de Dieu et requièrent un effort de conversion personnelle et sociale. ”. 

Pour le pape Léon XIV, “ en ce temps, la justice sociale doit aussi s’adapter à l’environnement créé par les technologies numériques. La diffusion des réseaux mondiaux, des plateformes et des systèmes d’intelligence artificielle modifie notre façon de nous informer, de communiquer et d’accéder aux services. (…) Un ordre social juste à l’ère du numérique est celui qui garantit à tous l’égalité d’accès aux opportunités, protège les plus petits et les plus vulnérables, lutte contre la haine et la désinformation, et soumet l’utilisation des données et des technologies au contrôle public, afin que le critère ne soit pas seulement le profit, mais aussi la dignité de chaque personne et le bien commun. ”.

Accueil des migrants

Il s'agit d'une mise à jour du concept de justice sociale qui concerne directement les migrants, dont le droit à l'espoir doit être protégé, en leur garantissant des voies d'accès sûres et légales, des conditions d'accueil dignes et de véritables processus d'intégration. Il est par ailleurs essentiel de promouvoir leur droit de demeurer en paix et en sécurité sur leur terre natale, en s'attaquant aux causes profondes des migrations, notamment celles liées aux injustices économiques et à la crise climatique.

véritable développement social

Dans ce chapitre, Léon XIV aborde le concept de développement humain intégral. Il explique que “ le développement qui accroît la consommation de certains au détriment des autres, ou qui relègue des régions entières à des rôles subalternes, les empêchant d’exprimer leur plein potentiel, n’est pas humain ”. Au contraire, affirme le Pape, “ la qualité du développement se mesure en effet à sa capacité à maintenir ensemble, sans séparer, la justice envers les personnes et la gestion responsable de notre maison commune, en favorisant des conditions de vie dignes, l’accès aux biens nécessaires et des relations sociales justes ”. 

Dans cette optique, il affirme avec force : “ Les innovations technologiques, y compris l’intelligence artificielle, ne sont pas neutres ; elles peuvent accroître la participation et la justice, ou au contraire creuser les inégalités, le contrôle et l’exclusion. Il est donc essentiel de les examiner à l’aune d’une question cruciale : contribuent-elles véritablement à l’épanouissement des individus et des communautés dans un esprit d’humanité et de fraternité, dans le respect de notre maison commune et des générations futures ? ». 

Une force tournée vers le service, y compris au sein de l'Église. 

Dans sa première encyclique, le pape n'a pas voulu se dérober à ses responsabilités et, par conséquent, à la nécessité pour l'Église de s'examiner et de demander pardon pour ses erreurs passées. 

À ce stade, le pape défend également une autorité au service de la communauté : une diaconat“ Il convient de promouvoir des formes régulières d’évaluation de l’exercice des responsabilités ministérielles, qui ne constituent pas un jugement sur le personnel, mais des instruments de formation et de correction orientés vers la mission. ”. 

Construisez Jérusalem, pas une nouvelle tour de Babel.

Le Pape utilise deux images fortes pour illustrer les voies possibles du progrès humain : l’égoïsme et le manque de communication que représente Babel, “ où le travail commun est guidé par un projet de domination qui finit par déshumaniser (cf. Gn 11, 1-9) ; d’autre part, les ruines de Jérusalem, qui, avec Néhémie, sont reconstruites pièce par pièce, dans le cadre d’une œuvre de responsabilité partagée (cf. Néh 2, 6) ”.

“ Le danger que l’humanité devienne victime de ses propres réalisations avait déjà été clairement perçu par saint Paul VI, lorsqu’il avertissait que «les progrès scientifiques les plus extraordinaires, les exploits techniques les plus surprenants, la croissance économique la plus prodigieuse, s’ils ne s’accompagnent pas d’un authentique progrès social et moral, finissent par se retourner contre l’homme” », souligne le pape dans ce troisième chapitre de l’encyclique.

Le pape plaide pour un “ discernement quant à la vision anthropologique ” du progrès technologique. “ Si le développement technologique progresse sans une maturation éthique et sociale adéquate, il peut arriver que les ressources augmentent sans que l’humanité ne progresse en conséquence : nous “avons plus”, mais nous “sommes plus”, et la personne risque d’être valorisée principalement en fonction de sa production. ”. 

Intelligence artificielle 

Comme annoncé précédemment, Magnifica Humanitas n’est pas une encyclique sur l’intelligence artificielle, et le pape le réaffirme au troisième chapitre. “ Je rappelle simplement quelques éléments essentiels pour un discernement moral et social qui protège la primauté de la personne, afin que ce soit toujours l’intelligence humaine, avec sa conscience et sa liberté, qui guide les innovations techniques et en détermine de manière responsable l’usage et les limites ”, souligne Léon XIV. 

Au paragraphe 99 de cette encyclique, le Pape affirme clairement qu““ il n’est pas possible de donner une définition unique et complète de l’IA. Ce que nous pouvons dire, c’est que nous devons éviter l’erreur qui consiste à assimiler cette ”intelligence” à l’intelligence humaine. “ Dans cette perspective, le Pape nous rappelle : “ L’IA repose sur le traitement de données, mais elle n’éprouve ni joie ni douleur, elle ne mûrit pas. Elle n’a pas non plus de conscience morale : elle ne juge pas le bien et le mal. Elle peut imiter les langues, les comportements et les valeurs ; elle peut simuler l’empathie ou la compréhension, mais elle ne sait pas ce qu’elle produit, car elle ne se situe pas dans l’horizon affectif, relationnel et spirituel où les êtres humains accèdent à la sagesse. ”. 

Certains dangers de l'IA

Le Pape n'élude pas les domaines où l'on pourrait accorder une forme d'autorité absolue à l'intelligence artificielle. À cet égard, il s'attarde sur trois aspects qui “ doivent faire l'objet d'une attention particulière : la facilité d'obtention du résultat, l'impression d'objectivité et la simulation de la communication humaine ”. Le premier, dit-il, “ peut nous habituer à trop déléguer et à rechercher des réponses rapides ”, le deuxième “ risque de nous faire oublier que ces réponses reflètent les paramètres culturels de ceux qui les ont conçues ”, et le troisième “ peut s'avérer dangereux lorsqu'il est introduit dans un contexte appauvri en relations humaines et en affection véritable ”. 

Le Pape appelle à une gouvernance éthique et à une transparence particulière dans les mécanismes de cette intelligence artificielle : “ Pour que l’IA respecte la dignité humaine et serve véritablement le bien commun, il est essentiel que les responsabilités soient claires à tous les stades : de ceux qui conçoivent et programment les systèmes à ceux qui les utilisent et à ceux qui décident de leur confier des décisions concrètes (…) Demander de la prudence, des contrôles rigoureux et, parfois même, un ralentissement de l’adoption de l’IA ne signifie pas être contre le progrès, mais exercer une responsabilité envers la famille humaine. ”.

Nouvelle richesse et nouvelle pauvreté

Dans ce nouveau contexte social des données, “ parler de la destination universelle des biens signifie trouver des moyens de garantir l’accès universel aux technologies et à la formation. Parler de subsidiarité implique de protéger la capacité des communautés à décider et à corriger, sans reléguer leur intervention à un simple contrôle a posteriori, une fois les normes établies ailleurs. ”. 

Désarmons l'IA et sauvons l'humanité

Le pape parle de “ désarmer ” l’IA, ce qui “ ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humanité. Cela signifie la soustraire aux monopoles, la rendre sujette à débat, réfutable et donc vivable, en y restaurant la pluralité des cultures humaines. ”. 

Dans cette optique, le pape lance un appel vibrant aux développeurs de systèmes d'intelligence artificielle. “ L'innovation technologique peut être, d'une certaine manière, une forme de participation humaine à l'acte divin de création. ” Par conséquent, pour le pape, ces développeurs revêtent une importance éthique et spirituelle, car chaque choix de projet exprime une vision de l'humanité.

Léon XIV nous exhorte à ne pas perdre notre humanité. Il nous rappelle que “ la qualité d’une civilisation ne se mesure pas à la puissance de ses moyens, mais à la bienveillance qu’elle sait offrir, à sa capacité de reconnaître un visage chez l’autre et non une fonction ”. 

transhumanisme et posthumanisme 

Dans cette encyclique, où le pape rassemble des documents magistériels, les enseignements des pontifes récents et des références externes, il propose également une réflexion intéressante sur deux courants de pensée sous-jacents à notre société : le transhumanisme et le posthumanisme. “ Le transhumanisme, explique Léon XIV, envisage l’amélioration de l’être humain par les technologies – biomédecine, ingénierie corporelle, dispositifs, algorithmes – dans l’aspiration à accroître ses performances et ses capacités. Le posthumanisme, surtout dans ses versions les plus radicales, va plus loin : il critique l’anthropocentrisme et propose une forme d’hybridation entre l’être humain, la machine et l’environnement, allant jusqu’à imaginer que l’humanité franchira le seuil où elle se dépasse, entrant ainsi dans une nouvelle phase de son évolution. ”. 

Ces deux systèmes intellectuels s'attaquent directement à la dignité humaine, allant jusqu'à accepter que certains soient considérés comme moins utiles, moins désirables, moins dignes. Au nom du progrès, on peut en venir à penser à des “ sacrifices nécessaires “ et faire payer aux plus vulnérables le prix d'une prétendue optimisation de l'espèce. 

À ce stade, le Pape estime “ nécessaire de faire une distinction claire : une chose consiste à intégrer les technologies dans une vision humaine et relationnelle ; une autre consiste à être guidé par un imaginaire qui méprise les limites et promet un “ salut ” purement technique.

Ici, le Pape nous rappelle qu’il est essentiel de se souvenir que les êtres humains “ ne s’épanouissent pas malgré leurs limites, mais souvent grâce à elles ”. Car c’est au sein de ces limites que nous accomplissons des actes profondément humains : la sollicitude, la compassion et l’amour. Le Pape nous offre alors une perspective historique porteuse d’espoir, où l’on constate comment l’engagement d’un homme ou d’une femme peut transformer la société, en citant des figures telles que Martin Luther King Jr. et Dorothy Day, mais aussi saint Maximilien Kolbe, saint Óscar Romero et François-Xavier Nguyen Van Thuan. 

Notre “ plus humain ” est le Christ

Ainsi, conclut le Pape : “ L’humanité – magnifique et blessée – ne doit être ni remplacée ni dépassée ; elle peut embrasser le progrès technologique pour soulager la souffrance et ouvrir de nouvelles perspectives, pourvu qu’elle ne renonce pas à ce qui la définit, à savoir sa capacité de relation et d’amour. Dès lors, une question cruciale se pose : s’il existe un authentique “ plus qu’humain ”, où se trouve-t-il ? La foi chrétienne répond en désignant une plénitude qui ne découle pas d’une divinisation technologique, mais de la grâce de Dieu reçue en Christ. ».

Écologie de la communication : la transparence aussi dans l’Église

Le quatrième chapitre est consacré à la nature du travail et à son rôle dans le développement et la liberté de l'homme. 

Un chapitre dans lequel Robert Prevost se concentre sur la polarisation, souvent créée et alimentée par des algorithmes, qui imprègne notre société.

” La désinformation, affirme le pape, n’est pas née avec l’IA, mais elle y trouve aujourd’hui un puissant vecteur de propagation. “ À cet égard, il souligne que ” ceux qui contrôlent les plateformes numériques et les médias ont une capacité remarquable à influencer l’imaginaire collectif et à présenter une vision particulière de la réalité comme souhaitable. “ Ce constat, soutient le pape, rend indispensable une ” écologie de la communication ”, établissant des règles pour une plus grande transparence des critères de sélection et de diffusion des contenus.

Le Pape souligne également que l’Église doit “ s’engager en faveur d’une communication transparente et d’une recherche honnête des faits. Malheureusement, cela n’a pas toujours été le cas. Nous avons assisté, avec honte, à la découverte ardue de vérités douloureuses, même concernant des membres de l’Église et des réalités ecclésiales. En particulier, certains journalistes attachés à la vérité ont joué un rôle fondamental en révélant des injustices et des abus. ”.

Éduquer les gens à ne pas utiliser l'IA

Le pape lance également un appel intéressant à “ éduquer à l’utilisation de l’IA, et donc à éduquer à décider quand et pourquoi ne pas l’utiliser ”. 

En ce sens, il encourage une tâche éducative qui nous apprenne à “ nous passer d’IA et à protéger nos jeunes de la promesse de la machine parfaite, de cette séduction subtile qui fait paraître la pensée humaine inutile précisément au moment où elle est le plus nécessaire ”.

L’éducation est l’un des thèmes clés de ce document papal, qui plaide pour garantir l’accès à l’éducation et le droit des familles à une éducation conforme à leurs convictions. 

Promouvoir le travail, pas l'assistanat. Promouvoir le travail, pas l'aide sociale.

Concernant la question du travail, le Pape nous rappelle que “ le travail n’est pas un simple instrument, mais qu’il exprime et rehausse la dignité de nos vies ” et que, par conséquent, “ l’aide financière aux pauvres reste parfois nécessaire dans les situations d’urgence, mais elle ne peut constituer la seule réponse, puisque l’objectif est d’offrir à chacun les conditions de vivre dans la dignité grâce à son propre travail. ”. 

Dans ce domaine, le Pape est particulièrement clair lorsqu'il souligne la nécessité de promouvoir un travail décent et accessible et d'éviter le “ capitalisme débridé ” qui conduit à “ justifier des décisions qui sacrifient systématiquement des emplois ” dans la poursuite de profits toujours plus importants. Il lance également un appel particulier aux syndicats afin qu'ils “ s'ouvrent à de nouvelles formes de travail et à de nouveaux travailleurs, qu'ils les représentent et les défendent ”.

Les véritables paramètres de la richesse

Dans cette lettre, Léon XIV reconnaît la croissance de la richesse mondiale, tout en constatant que “ si la richesse mondiale a augmenté en valeur absolue, sa concentration entre les mains de quelques-uns s'est accrue et les déséquilibres se sont accentués, tant entre les pays qu'à l'intérieur de ceux-ci ”. Cette réalité prend une nouvelle dimension à l'ère de l'IA, rendant nécessaire “ une dynamique économique et technologique orientée vers le bien commun, promouvant le travail décent, l'inclusion sociale et une répartition équitable des fruits de l'innovation ”. 

La famille, centre de la société

Bien que cela puisse paraître une digression dans le texte, le Pape insiste sur la famille comme un “ bien social primordial. Fondée sur l’union stable entre un homme et une femme, elle est le premier milieu dans lequel chaque personne développe son potentiel, prend conscience de sa dignité et apprend les premières formes de vérité et de bonté. ”. 

C’est dans ce contexte que s’inscrit l’appel lancé aux États pour promouvoir et encourager des modèles socio-professionnels qui soutiennent les familles, permettant ainsi un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle, l’accès à l’éducation et le maintien de ces familles. “ Nous devons soutenir les liens sociaux : les réseaux et les communautés éducatives qui accompagnent les choix de vie et empêchent l’incertitude de générer solitude et dépendance ”, conclut le Pape. 

Nouvelles formes d'esclavage et nouvelles formes de colonialisme

À l’ère de l’intelligence artificielle, le Pape propose une réflexion particulière sur les nouvelles formes d’esclavage, qu’il s’agisse de celles engendrées par des algorithmes qui piègent et “ décident ” de la vie de nombreuses personnes, ou du fait que “ dans le monde de l’IA, rien n’est immatériel ni magique. Toute réponse qui paraît immédiate et parfaite provient d’une longue chaîne d’intermédiaires, d’un vaste réseau de ressources naturelles, d’infrastructures énergétiques et, surtout, d’êtres humains. Une part importante du fonctionnement de l’économie numérique repose sur le travail silencieux de millions d’êtres humains, employés à des activités largement invisibles ”, souvent mal rémunérées, et, surtout, de femmes. 

En ce sens, il met en lumière le pouvoir des réseaux dans de nouvelles formes d'esclavage telles que la traite des êtres humains ou l'émergence de “ nouveaux colonialismes ” : “ des informations vitales qui, une fois corrélées, peuvent être utilisées pour entraîner des modèles prédictifs, orienter les stratégies d'investissement, anticiper les crises et, surtout, sélectionner qui et quoi compte. ”.

“ C’est ici ”, souligne le Pape, “ que se joue l’une des questions morales les plus urgentes de notre temps : transformer le savoir partagé en un bien commun, et non en un outil de domination ; rendre aux peuples non seulement les données qui les décrivent, mais aussi la possibilité de décider comment elles seront utilisées, qui les utilisera et pour qui. ”.

Le pape Léon XIV conclut cette première encyclique par un appel à bâtir une civilisation de l'amour. En ce sens, il reprend l'image de la tour de Babel, qui représente “ non seulement le paradigme technocratique mondialisé, mais aussi la confrontation lointaine entre impérialismes opposés, entre puissances qui veulent maintenir leur primauté et puissances qui aspirent à la conquérir, avec une multiplicité de conflits locaux ”. Face à cela, une large part de l'humanité se manifeste, désireuse de continuer à préserver cette nature humaine fondée sur la filiation divine. 

L'IA ne peut pas agir comme un agent moral 

Le pape ne se dérobe pas face aux preuves que “ nous assistons à un véritable changement de paradigme dans le discours public et dans les décisions de réarmement, avec une réhabilitation inquiétante de la guerre comme instrument de politique internationale ”, une mentalité belliqueuse qui se nourrit de la polarisation sociale et de la croissance de l'industrie de la guerre elle-même. 

En ce sens, explique le pape, l'IA ne peut pas contrôler la prise de décision morale puisque “ le jugement moral ne peut pas se réduire à un calcul ; il implique la conscience, la responsabilité personnelle et la reconnaissance de l'autre comme une personne ”.

Cinq domaines de responsabilité personnelle

Pour conclure ce diagnostic de la société actuelle et de ses implications morales, le Pape lance un appel vibrant à la responsabilité personnelle, proposant “ cinq voies de responsabilité quotidienne et publique : désarmer les mots, construire la paix dans la justice, adopter le point de vue des victimes, cultiver un réalisme sain et relancer le dialogue et le multilatéralisme ”. 

Léon XIV rappelle combien “ le pouvoir des mots est immense et nous en faisons l’expérience dans notre communication quotidienne, lorsqu’une personne dit quelque chose qui change notre humeur, pour le meilleur ou pour le pire ” et encourage à “ donner la parole aux victimes, dans l’information et dans l’éducation, afin de prendre pleinement conscience de l’abîme du mal que recèlent la guerre et, en général, toutes les formes de violence ; de ne pas accepter la logique du conflit comme normale ; de ne pas détourner le regard lorsqu’un affront est commis contre la dignité humaine ; et de rendre aux personnes touchées la dignité d’être reconnues et entendues. ”.

Comme il l’a fait depuis le début de son pontificat, Robert Prévost insiste sur la nécessité d’un véritable dialogue : des situations quotidiennes à la haute diplomatie, où “ le dialogue interreligieux joue un rôle décisif, car au cœur des grandes voies spirituelles se trouve un message de paix. Quiconque utilise le nom de Dieu pour légitimer le terrorisme, la violence ou la guerre se trahit ; combattre au nom de la religion, c’est en réalité s’attaquer à la religion elle-même. ”.

spiritualité eucharistique

En conclusion, le Pape souligne qu“” il n’y a pas de moment ni de condition humaine qui ne soit digne de Dieu “. Il développe cette affirmation en nous invitant à ” contempler dans le visage du Fils une humanité magnifique qui illumine aussi l’ère de l’IA. Dans le Christ, nous comprenons que l’homme est appelé à collaborer à l’œuvre de la création. ».

Le Pape souligne que “ la spiritualité dont nous avons besoin est une spiritualité eucharistique, c’est-à-dire une spiritualité d’unité ecclésiale dans l’amour. (…) Ce don demeure présent et actif dans l’Eucharistie, où le Seigneur communique avec l’Église et la rassemble, de sorte que son don de soi devient le principe de l’unité et la source de vie nouvelle. De cette communion naît aussi la solidarité chrétienne ”, car “ l’Eucharistie nous pousse à la justice et au partage, avec une attention particulière envers ceux qui souffrent du fardeau de la pauvreté et de la marginalisation. ”. 

L’encyclique se termine par une profonde réflexion mariologique dans laquelle la Mère de Dieu nous est présentée comme une “ poétesse et prophétesse de la rédemption ” qui chante dans le Magnificat alors même que rien n’avait apparemment changé dans son monde. 

Vatican

« Magnifica humanitas ». Texte intégral de la première encyclique de Léon XIV

" Magnifica humanitas ", la première encyclique du pape Léon XIV sur l'intelligence artificielle, a été présentée aujourd'hui au Vatican.

Rédaction Omnes-25 mai 2026-Temps de lecture : 132 minutes

À peine un an après son élection comme pontife de l'Église catholique, Léon XIV a publié Magnifique Humanitas, sa première encyclique, sur la protection de la personne humaine à l'ère de l'intelligence artificielle.

La lettre encyclique a été signée par le Saint-Père le 15 mai, date qui coïncide avec le 135e anniversaire de la promulgation de la lettre encyclique Rerum Novarum de Pape Léon XIII. Si ce dernier document représentait la réflexion de l'Église sur l'ère de la révolution industrielle, le premier document magistériel majeur du pape Léon XIV se concentre sur la nouvelle révolution sociale dans laquelle le monde est plongé et dans laquelle la numérisation et l'intelligence artificielle modifient les paradigmes fondamentaux.

Texte intégral de « Magnifica humanitas », la première encyclique de Léon XIV

Introduction

1. La magnifique humanité créée par Dieu est aujourd’hui confrontée à un choix décisif : bâtir une nouvelle Tour de Babel ou construire la cité où Dieu et l’humanité vivent ensemble. Chaque génération a pour mission de façonner son époque : faire mûrir l’histoire pour qu’elle devienne un lieu où la dignité de chaque personne est protégée, la justice promue et la fraternité rendue possible. Mais à chaque époque, plane le risque de construire un monde inhumain et plus injuste. Là où l’humanité risque de perdre son intégrité, nous, chrétiens, levons les yeux vers le Dieu incarné, sachant que « le mystère de l’homme ne se révèle pleinement que dans le mystère du Verbe incarné ». [1] En Jésus-Christ, cette humanité magnifique trouve le chemin, la vérité et la vie, ouvrant à chacun de nous la voie de la plénitude.

2. Fondés en Christ, pierre vivante, nous expérimentons l’action puissante et mystérieuse du Saint-Esprit et croyons que tout effort humain authentique pour coopérer avec Lui au bien sera béni par le Père céleste, en qui nous plaçons notre espérance. C’est pourquoi nous pouvons contribuer avec détermination à toutes les initiatives qui bâtissent un monde plus juste et inviter d’autres à collaborer avec nous pour promouvoir le développement intégral de chaque être humain. Nous souhaitons dialoguer avec tous les hommes et toutes les femmes de notre temps, avec qui nous partageons les événements, les interrogations et les aspirations de l’humanité. [2] Avec eux, nous voulons identifier de nouvelles voies vers le bien commun et la promotion d’une vie digne pour tous. Cette attitude de dialogue fait partie intégrante de la vocation de l’Église, puisqu’elle est constituée « dans le Christ comme sacrement, […] d’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain »., [3] Elle reconnaît dans l'histoire la place où l'Évangile interpelle et accompagne l'expérience humaine.

3. Dans cet esprit, en 1891 Léon XIII a publié l'encyclique Rerum novarum, dont nous célébrons cette année le 135e anniversaire avec une profonde gratitude. Par ce document, mon bien-aimé Prédécesseur a initié la réflexion sur la société, l’économie et la politique que nous appelons aujourd’hui la “ Doctrine sociale de l’Église ”. Et lorsque certains ont objecté que l’Église ne devait pas gaspiller son énergie en affaires de ce monde, mais plutôt se concentrer sur la communication d’un message de vie éternelle, il a répondu avec réalisme et sagesse que la proclamation de l’Évangile ne saurait ignorer la réalité vécue par les personnes. [4] Plusieurs décennies se sont écoulées depuis lors, et le Magistère, les pasteurs, les théologiens et les fidèles ont continué de réfléchir aux questions sociales à la lumière de l’Évangile. Aujourd’hui, la doctrine sociale de l’Église est un patrimoine de sagesse, où l’on trouve des principes de pensée, des critères de discernement et de jugement, et des orientations concrètes pour l’action. Elle s’enracine dans l’Écriture sainte et la Tradition et, en dialogue avec les sciences, elle nous aide à appréhender avec clarté les défis du présent, en identifiant les voies appropriées pour vivre un témoignage chrétien authentique, dans la joie et au service du monde. Elle n’est pas un ensemble figé de concepts, mais un corps vivant de vérités qui préserve et interprète la vocation de l’humanité à une vie pleine et juste. À cette tradition vivante, je souhaite donc ajouter ma voix, en invoquant l’Esprit de sagesse, qui habite le monde depuis sa création (cf. Pr 8,22-31).

Les “ nouveautés ” de notre époque

4. Si à ce moment-là Léon XIII il a parlé de “ nouveaux problèmes ” ( rerum novarumAujourd’hui, nous ne pouvons nous contenter de répéter ses précieux enseignements ; nous devons implorer Dieu de nous accorder la sagesse nécessaire pour interpréter les grandes tendances de notre époque, notamment les progrès technologiques. Ces dernières années, il est devenu de plus en plus évident à quel point la numérisation, l’intelligence artificielle (IA) et la robotique transforment notre monde, rapidement et profondément. La technologie ne doit pas être perçue, en soi, comme une force antagoniste à l’être humain ; au contraire, elle est ancrée dans notre histoire depuis ses origines, en ce qu’elle est « un phénomène profondément humain, lié à l’autonomie et à la liberté humaines ». [5] Au fil des siècles, le développement technologique a contribué à une amélioration significative des conditions de vie de l'humanité ; parallèlement, chaque étape du progrès a également révélé le côté ambigu de ces outils, capables de nuire lorsqu'ils sont mal utilisés. Aujourd'hui, cependant, nous sommes confrontés à une situation inédite, où la puissance et l'omniprésence des technologies émergentes s'entremêlent au tissu de la vie quotidienne, façonnant les processus de décision et influençant profondément l'imaginaire collectif : « Jamais auparavant l'humanité n'a eu autant de pouvoir sur elle-même. ». [6]Les nouvelles technologies ouvrent un horizon qui s'étend dans des directions que, bien qu'intuitives, nous ne pouvons pas encore pleinement prévoir. Il devient ainsi plus complexe d'évaluer leur impact et leurs effets à long terme sur la dignité humaine et le bien commun.

5. Il nous appartient désormais de relever les défis de notre époque avec lucidité et responsabilité. Il est nécessaire d’adopter des instruments réglementaires appropriés, capables de garantir la justice et de contenir les effets pernicieux du pouvoir technologique. Mais la question ne se limite pas à la réglementation. Pape François, Nous devons nous demander, en toute lucidité, qui détient ce pouvoir aujourd'hui et à quelles fins il est orienté : « Nous ne pouvons ignorer que l'énergie nucléaire, la biotechnologie, les technologies de l'information, la connaissance de notre propre ADN et les autres capacités que nous avons acquises […] confèrent à ceux qui possèdent le savoir, et surtout le pouvoir économique de l'exploiter, une domination impressionnante sur toute l'humanité et sur le monde entier. ». [7] Autrefois, ce sont principalement les États qui encourageaient et orientaient l'innovation. Aujourd'hui, cependant, les principaux moteurs du développement sont des acteurs privés, souvent des sociétés transnationales, dotés de ressources et d'une capacité d'action bien supérieures à celles de nombreux gouvernements. Le pouvoir technologique acquiert ainsi un visage inédit, essentiellement “ privé ”, et devient de ce fait encore plus difficile à cerner, à gouverner et à orienter vers le bien commun.

6. C’est pourquoi il est essentiel d’initier un discernement collectif capable d’explorer les racines spirituelles et culturelles des transformations en cours. Si nous nous limitons aux circonstances contingentes, nous risquons de laisser la succession des crises décider de notre chemin. Nous vivons une phase de transition rapide, un “ changement d’ère ” où, tandis que certains rivalisent pour l’avenir des nouvelles technologies et que d’autres se consacrent à la réflexion à leur sujet, la plupart restent à l’écart, observant de loin et espérant simplement que tout se passera bien. C’est précisément pour cette raison que des questions cruciales, désormais incontournables, s’imposent à notre conscience : Où allons-nous ? Quel but voulons-nous poursuivre ? Quelle direction devons-nous choisir en tant que communauté humaine et en tant que nations ?

Deux images bibliques

7. Pour répondre à ces questions et discerner comment vivre de manière responsable à l’ère de l’IA, j’aimerais évoquer deux images bibliques : la construction de la tour de Babel (cf. Gn 11,1-9) et la reconstruction des murs de Jérusalem (cf. Ne 2-6). Dans le livre de la Genèse, l'histoire de Babel est placée aux origines de l'humanité, immédiatement après les généalogies des fils de Noé. Les êtres humains, s'étant installés dans la plaine de Shinar, décident de construire une ville et une tour « dont le sommet atteint le ciel » (Gn (11:4). Ils veulent ainsi assurer leur stabilité et leur puissance, et surtout “ perpétuer leur nom ”, craignant d'être dispersés sur toute la terre. L'entreprise paraît imposante : une seule langue, une seule technologie, une seule direction. Pourtant, ce projet dissimule une profonde tromperie : c'est une œuvre conçue sans référence à Dieu, soutenue par une uniformité qui élimine la diversité et qui, au lieu de la communion, choisit l'homogénéisation. Lorsqu'une cité est bâtie sur l'orgueil et la prétention à l'autosuffisance, la communication se rompt, les langues se confondent et les êtres humains ne se comprennent plus. Il n'en résulte pas l'unité, mais la dispersion. Babel révèle ainsi la limite de toute construction qui, si grandiose soit-elle, naît de l'absolutisation de l'humanité et de sa prétention à l'autosuffisance, sacrifie la dignité humaine au nom de l'efficacité et aspire à atteindre le ciel sans la bénédiction de Dieu.

8. Le livre de Néhémie, pour sa part, commence à une période de grande vulnérabilité dans l'histoire de l'ancien Israël. Après l'exil babylonien, une partie du peuple est retournée à Jérusalem, mais la ville est encore en ruines, les murailles se sont effondrées et les portes ont été incendiées (cf. Ne 1-2). Néhémie, un Juif au service du roi perse Artaxerxès, apprend la nouvelle de l'état désastreux de sa ville ancestrale. Avant d'agir, il jeûne, prie et intercède pour le peuple ; puis il demande au roi la permission de retourner à Jérusalem et, une fois sur place, examine en silence les ruines. Il ne cherche pas à imposer des solutions. Il convoque les familles, confie à chacune une section de muraille à reconstruire, écoute leurs craintes, coordonne leurs efforts et fait face à leurs réticences. Le récit montre comment la ville renaît non pas grâce à l'initiative d'un seul homme, mais grâce à la responsabilité partagée de tout le peuple : prêtres, artisans, chefs de famille, femmes et jeunes. C'est une œuvre qui place Dieu au centre et qui reconstruit les relations avant même la pose des pierres. La Jérusalem antique retrouve ainsi un langage commun, non pas celui de l'uniformité, mais celui de la communion : l'harmonie qui naît lorsque chacun assume sa part et que tout le peuple reconnaît que sa force vient du Seigneur.

9. À la lumière de ces deux images, l’Esprit Saint nous interpelle aujourd’hui sur notre rapport à la technologie et à la révolution numérique en cours. Les découvertes scientifiques sont un don confié à l’humanité pour qu’elle le fasse fructifier (cf. Mt (25:14-30). La technologie peut guérir, connecter, éduquer et prendre soin de notre maison commune ; mais elle peut aussi diviser, rejeter et engendrer de nouvelles injustices. En théorie, la technologie n’est pas une solution aux problèmes de l’humanité, ni intrinsèquement mauvaise ; mais en pratique, elle n’est pas neutre, car elle reflète l’image de ceux qui la conçoivent, la financent, la réglementent et l’utilisent. Le premier choix n’est donc pas de dire “ oui ” ou “ non ” à la technologie, mais de choisir entre construire Babel ou rebâtir Jérusalem : entre une puissance qui cherche à dominer le ciel et un peuple qui, en présence de Dieu, œuvre ensemble à reconstruire les fondements d’une coexistence fraternelle.

10. Évitons donc le “ syndrome de Babel ” : l’idolâtrie du profit qui sacrifie les faibles, l’uniformité qui aplanit les différences, la prétention d’un langage unique – même numérique – capable de tout traduire, jusqu’au mystère de la personne, en données et en rendements. C’est le risque de la déshumanisation – construire l’avenir en excluant Dieu et en réduisant l’autre à un moyen – une tentation ancienne et toujours actuelle, qui prend aujourd’hui aussi une forme technique. Choisissons plutôt la “ voie de Néhémie ”, qui souligne la valeur du travail partagé pour faire de la Cité de Dieu un havre de paix pour les exilés de retour. Aujourd’hui, reconstruire, c’est reconnaître que, dans la pluralité des voix et des visions qui rappelle parfois la dispersion des langues, il existe néanmoins une possibilité lumineuse : celle de construire ensemble, de transformer la diversité en une richesse et de faire de l’écoute et du dialogue le terrain d’entente où cultiver la justice et la fraternité. Et dans ce travail partagé, les chrétiens trouvent leur propre manière de construire : orienter l’action vers Dieu, afin que, dans sa lumière, le pluralisme ne se dissipe pas dans le désordre, mais devienne plutôt, dans la pratique de la synodalité, l’espace où l’humanité retrouve ses fondements solides et sa finalité ultime. Dans l’Apocalypse, Jean voit la nouvelle Jérusalem « descendre du ciel, d’auprès de Dieu » (Ap 21.2) comme un don pour toute l’humanité. Et cette vision de la grâce est pour nous, chrétiens, un appel à travailler ensemble, à cultiver une vie commune paisible, juste et digne dans les “ villes ” d’aujourd’hui.

Pour bâtir sur de bonnes bases

11. Bâtir une ville centrée sur le bien commun exige, avant tout, de bâtir sur le roc de notre relation avec Dieu. Cela signifie reconnaître que la vérité de son amour nous appelle à une vie « en abondance » ( Jn 10,10) et la communion avec Lui. Avec saint Augustin, nous pouvons dire nous aussi : « Car tu nous as faits pour toi, et notre cœur est sans repos tant qu’il ne repose en toi. ». [8] En effet, Dieu a inscrit dans nos cœurs un désir de bonheur qui embrasse toutes les dimensions de la vie ; et l’Église, en dialogue avec les hommes et les femmes de notre temps, ressent l’urgence de sauvegarder et de guider cette aspiration vers sa vérité la plus profonde.

12. Deuxièmement, bâtir sur la bonté, c’est accepter les limites et la fragilité de l’humanité sans les considérer comme une erreur à corriger. Aujourd’hui, le désir humain d’épanouissement risque d’être détourné vers des objectifs illusoires : l’illusion d’une technologie qui promet de nous libérer de toute fragilité, ou des modèles de bien-être qui “ laissent pour compte ” des populations entières. Il n’est pas rare que nous placions notre espoir dans un potentiel illimité, dans des formes de progrès susceptibles d’exacerber les inégalités, dans des solutions immédiates incapables de panser les plaies des nations. Ainsi, tandis que certains poursuivent la chimère d’une affirmation de soi sans limites, beaucoup manquent de l’essentiel. L’Église nous rappelle, d’une voix humble mais ferme, que le véritable épanouissement ne naît pas de l’élimination des fragilités, mais d’une croissance harmonieuse : où liberté et responsabilité s’entremêlent à la sollicitude mutuelle et à une véritable solidarité, et où le progrès se mesure à la dignité de chaque personne et au bien de tous les peuples.

13. Troisièmement, bâtir un monde où chacun puisse “ s’épanouir ” exige une coresponsabilité courageuse. Aucune main ne peut à elle seule porter le poids des défis auxquels le monde est confronté ; et aucune n’est trop faible pour y contribuer : « Ma force triomphe dans la faiblesse » (2 Co 12.9). Chaque groupe occupe une section du mur qui lui est propre : scientifiques et chercheurs, chefs d’entreprise et ouvriers, éducateurs et législateurs, société civile, mouvements populaires et communautés religieuses. C’est la logique de subsidiarité, qui valorise la coopération entre les générations, entre les peuples, et entre les disciplines et les cultures comme voie privilégiée pour promouvoir la stabilité, la prospérité et la paix. Les tensions et les différences ne doivent pas intimider ; elles peuvent se transformer en énergies créatrices lorsqu’elles sont guidées par une responsabilité partagée.  

14. Enfin, bâtir sur le bien exige un langage engagé. Évitons les mots qui humilient ou créent des conflits. Choisissons une clarté qui éclaire et une ouverture qui ouvre des voies. Ne cautionnons pas un enthousiasme naïf ni n'alimentons des craintes stériles. Définissons plutôt des critères de discernement – la dignité de la personne, la destination universelle des biens, l'option préférentielle pour les pauvres, la sauvegarde de notre maison commune, la paix – et traduisons-les en actions : planification responsable, évaluations d'impact humain et social, inclusion des plus vulnérables, compétences numériques, recherche et industrie orientées vers la justice et la paix.

Rester humain

15. Lors du récent Jubilé ordinaire de 2025, nous avons cheminé comme pèlerins de l’espérance et avons été comblés de grâce. Fortifiés par ces dons, nous pouvons avancer avec confiance face aux tâches ardues et aux défis exigeants qui nous attendent. À l’ère de l’intelligence artificielle, où la dignité humaine risque d’être éclipsée par de nouvelles formes de déshumanisation, nous avons le devoir urgent de demeurer profondément humains, de préserver avec amour cette magnifique humanité qui nous a été donnée et révélée dans sa plénitude en Christ, qu’aucune machine ne pourra jamais remplacer dans sa splendeur. Le véritable progrès jaillit toujours d’un cœur ouvert à autrui, d’un esprit prêt à écouter, d’une volonté qui recherche ce qui unit plutôt que ce qui divise.

16. À tous les fidèles catholiques, à tous les chrétiens, à tous les hommes et femmes de bonne volonté, j’adresse un appel fervent : n’ayons pas peur de nous engager pleinement dans l’œuvre de notre temps. À l’exemple de Néhémie, prions, planifions avec sagesse et travaillons avec persévérance, en plaçant Dieu au cœur de nos actions et l’humanité au centre de nos décisions. Alors les pierres rejetées – les pauvres, les malades, les migrants, les vulnérables – deviendront des pierres angulaires, et sur la terre s’élèvera une maison commune solide et accueillante, où l’amour et la vérité se rencontreront enfin, et où la justice et la paix s’uniront (cf. Sel 85,11). Telle est la grâce que nous implorons de Dieu et la tâche qui nous incombe : être bâtisseurs de communion, non architectes de Babel ; serviteurs du Royaume à venir, non propriétaires de tours vouées à l’effondrement. Et, avec un cœur de berger et de père, je demande à chacun d’arrêter la construction d’une nouvelle Babel et d’unir nos forces pour bâtir sur le bien, afin que l’humanité ne perde jamais sa propre beauté et que le monde reconnaisse à nouveau, dans le cœur humain, le lieu où Dieu désire demeurer.

CHAPITRE UN

UNE PENSÉE DYNAMIQUE FIDÈLE À L'ÉVANGILE

17. Dans ce premier chapitre, mon intention est de retracer, de manière concise, le chemin par lequel la doctrine sociale de l’Église s’est formée dans le magistère récent des papes et de Conseil du Vatican II, pour souligner son caractère dynamique. À toutes les époques, en fait, res novae Ils insistent sur le fait que cet enseignement doit aborder les questions d'histoire à la lumière de la Vérité révélée. Par conséquent, l'action sociale doit être comprise non comme un appendice thématique, ni comme une urgence à gérer, mais comme une transformation qui remet en question les catégories de la doctrine sociale de l'intérieur et exige son développement ultérieur, dans la fidélité à l'Évangile.

18. Sin embargo, este itinerario no sería realmente comprensible si, antes de detenernos en la contribución de cada uno de los Pontífices y en los documentos más relevantes, no aclaráramos algunas convicciones fundamentales sobre la forma en que la Iglesia habita la historia y se relaciona con el mundo. Sin esta aclaración, la Doctrina social correría el riesgo de parecer una injerencia indebida en cuestiones temporales o un código ético externo que se aplica arbitrariamente. En realidad, surge de una Iglesia que camina con la humanidad, reconoce la autonomía de las realidades terrenas y la distinción entre comunidad eclesial y comunidad política y, precisamente por eso, aspira a servir al bien común.

Una Iglesia en camino en la historia de la humanidad

19. La Iglesia, presente en el mundo como signo de unidad para toda la familia humana, reconoce en los interrogantes y los desafíos de la época actual el ámbito en el cual ejercer su vocación a la escucha, al diálogo y al servicio, dejándose interpelar por todo lo que concierne a la existencia de los hombres y las mujeres de hoy. Este entrelazamiento de vida con los pueblos le hace comprender cada vez más que su misión tiene un alcance histórico e implica una responsabilidad respecto a la forma en que se tejen las relaciones sociales. Por ello no puede considerarse ajena a las dinámicas que configuran el rostro de la sociedad. Más bien, participa con compromiso en los caminos a través de los cuales la sociedad misma crece y se organiza, y ofrece su contribución al logro de una convivencia más justa y fraterna. El Pape François recordaba con fuerza esta dimensión histórica de la misión eclesial, señalando que «nadie puede exigirnos que releguemos la religión a la intimidad secreta de las personas, sin influencia alguna en la vida social y nacional, sin preocuparnos por la salud de las instituciones de la sociedad civil, sin opinar sobre los acontecimientos que afectan a los ciudadanos». [9]

20. La llamada y el compromiso de caminar con la humanidad en lo concreto de la historia llevan a la Iglesia a reconocer que las realidades terrenas poseen una consistencia y un orden propio. El Conseil du Vatican II expresó con especial precisión este principio en la Constitución pastoral Gaudium et spes, cuyo 60° aniversario celebramos con grato recuerdo el pasado 7 de diciembre de 2025: «Si por autonomía de la realidad se quiere decir que las cosas creadas y la sociedad misma gozan de propias leyes y valores, […] es absolutamente legítima esta exigencia de autonomía». [10]Este énfasis pone de manifiesto que la creación lleva impresa una bondad originaria que la mirada humana debe custodiar, cultivar y hacer madurar. En este horizonte, la Iglesia se ofrece como una presencia que ayuda a leer en profundidad la realidad, sosteniendo con humilde firmeza aquellas decisiones que promueven la dignidad de cada persona, la cohesión de las comunidades y el bien de todos. Así, se sitúa a la par del mundo sin imponerse sobre él, para que en cada acontecimiento humano pueda germinar la promesa de justicia y paz que el Espíritu Santo sigue suscitando en el corazón de la humanidad.

21. Al reconocer que Dios acompaña la libertad de los seres humanos en el desarrollo de la historia, el Conseil du Vatican II afirmaba la distinción entre comunidad eclesial y comunidad política, subrayando que cada una de ellas debe actuar con la más plena autonomía. La presencia de la Iglesia en el mundo se expresa así también en su relación con la sociedad civil y con las instituciones públicas. Al dialogar con ellas, la Iglesia reconoce el valor de las realidades sociales y políticas y respeta su propia responsabilidad, apoyando todo lo que protege la vida de las personas y fortalece los cimientos del tejido social. No pretende asumir las funciones que competen al Estado; por el contrario, valora su servicio al bien común y reconoce con convicción la responsabilidad que las instituciones civiles ejercen en la sociedad. Al mismo tiempo, la misión que se le ha confiado la lleva a no permanecer distante de los sufrimientos concretos de los hombres y mujeres de nuestro tiempo. Su cercanía no nace de la intención de suplir a las instituciones, ni mucho menos de una crítica implícita a su labor, sino de la caridad evangélica que la impulsa a acercarse a las heridas de la humanidad en los momentos en que estas se manifiestan con mayor gravedad. Cuando interviene, lo hace imitando al buen samaritano, con discreción y cercanía, consciente de que lo que surge de una necesidad inmediata no puede convertirse en norma, ni sustituir las responsabilidades institucionales propias de la comunidad civil.

22. A partir de este doble reconocimiento —la autonomía de las realidades terrenas y la distinción de competencias entre la comunidad eclesial y la política— se comprende mejor la orientación que el Conseil du Vatican II ha dado a la Iglesia en su relación con el mundo. Gaudium et spes recuerda que «es propio de todo el Pueblo de Dios, pero principalmente de los pastores y de los teólogos, auscultar, discernir e interpretar, con la ayuda del Espíritu Santo, las múltiples voces de nuestro tiempo y valorarlas a la luz de la Palabra de Dios, a fin de que la Verdad revelada pueda ser mejor percibida, mejor entendida y expresada en forma más adecuada». [11] Escuchar los “diferentes lenguajes” no es una mera atención sociológica, sino que implica un discernimiento espiritual en el que, con la ayuda del Espíritu, el Pueblo de Dios reconoce en las transformaciones culturales y sociales tanto los signos de la presencia de Cristo, que viene y guía la historia hacia su plenitud, como aquellas desviaciones que oscurecen su rostro. Así, la Verdad revelada no se modifica en su núcleo esencial, sino que se explicita y se asume como criterio vivo para orientar elecciones concretas, inspirar caminos de conversión personal y comunitaria, promover reformas de las estructuras y apoyar nuevas formas de testimonio evangélico en la vida pública. La historia es, por tanto, uno de los lugares en los que la Iglesia se deja instruir por el Espíritu sobre el alcance humanizador del Evangelio y aprende a adaptar su enseñanza al servicio de la dignidad de cada persona y del bien de los pueblos.

La sabiduría de la Palabra y el diálogo con las ciencias humanas

23.La Iglesia considera compañeros de camino a todos aquellos que buscan sinceramente «la verdad, la bondad y la belleza», considerándolos «preciosos aliados» [12] en la defensa de la dignidad de cada persona y en la custodia de la creación. Asumiendo el estilo pastoral del Conseil du Vatican II, que invita a escuchar, discernir e interpretar los signos de los tiempos, la Iglesia, iluminada por la sabiduría de la Palabra, no teme el encuentro con el saber humano. La Palabra de Dios ofrece criterios fiables para orientar los caminos de la justicia y abrir vías de reconciliación y paz entre los seres humanos. Cuando se trata de aplicar estos criterios a las complejas situaciones de nuestro tiempo, resulta esencial la contribución de la filosofía y de las ciencias humanas y sociales, que ayudan a comprender y analizar más a fondo las dinámicas culturales, económicas y políticas. Saint Jean Paul II recordaba que la Iglesia acoge la aportación de las ciencias sociales «para sacar indicaciones concretas que le ayuden a desempeñar su misión de Magisterio». [13] El diálogo con esos conocimientos no resta fuerza al Evangelio; al contrario, permite identificar con mayor claridad lo que realmente promueve la vida de las personas y las comunidades. El Pape François, en consonancia con esta perspectiva, subrayaba que, en muchas cuestiones específicas, la Iglesia no pretende ofrecer «una palabra definitiva», [14] pero reconoce la importancia de prestar atención a la investigación científica y de fomentar un diálogo serio y leal entre los académicos, aceptando la diversidad de opiniones.

24. Alimentada por este diálogo fecundo entre el Evangelio y los conocimientos humanos, la Iglesia ha profundizado progresivamente en su Doctrina social, madurando con el tiempo un patrimonio de sabiduría dotado de una coherencia teológica y antropológica arraigada en la visión cristiana de la persona. Precisamente porque nace de la fe y de su comprensión de la realidad, este patrimonio no se traduce en un repertorio de soluciones técnicas ni en un modelo económico o político que se oponga a otros: tiene una categoría propia, [15] la de los principios que orientan la lectura de los acontecimientos y sustentan una interpretación evangélica de los procesos históricos y de las decisiones que estos implican. De ahí surge la función propia de la Doctrina social, que no pretende sustituir las responsabilidades de la política y de las instituciones, sino que se ofrece como apoyo al discernimiento común, ayudando a reconocer y promover lo que contribuye a la dignidad de las personas, a la vitalidad de las comunidades y al bien de todos.

La Doctrina social como discernimiento comunitario

25. La comprensión de la verdad como un don que hay que compartir y no como una posesión que hay que reclamar, libera a la Iglesia de la tentación de añorar formas de presencia basadas en el poder. Saint Jean Paul II invitaba a mirar con sinceridad hacia aquellos tiempos en los que se cedió a «métodos de intolerancia e incluso de violencia en el servicio a la verdad», [16] para reencontrar el camino evangélico del anuncio apacible y de la verdad que no se impone. En la misma línea, he reiterado que la Iglesia «no quiere levantar la bandera de la posesión de la verdad», [17] porque la verdad no es un territorio que hay que defender, sino un bien que hay que compartir. Esta misma perspectiva la resumió el Pape François en sus famosas palabras, según las cuales «el tiempo es superior al espacio»: [18] lo importante no es, ante todo, ocupar puestos de poder o controlar bastiones culturales, sino iniciar procesos de bien y dejar que maduren; así, la verdad del Evangelio no se impone desde lo alto, sino que crece con el tiempo, en el entretejido concreto de las vidas, las comunidades y las culturas. Es una verdad que no teme a la diversidad, sino que la acoge y la ordena; que no elimina los conflictos, sino que los transfigura; que recompone lo que la historia tiende a dispersar. De ahí también la imagen del poliedro, una figura de muchas caras donde se refleja, desde diferentes ángulos, la misma verdad del Evangelio. [19]

26. Esta actitud de apertura a la verdad, única y a la vez multifacética, expresa en lo más profundo la catolicidad de la Iglesia, que abarca a toda la familia humana y, al mismo tiempo, vive inmersa en las condiciones concretas de los pueblos y las culturas. El Conseil du Vatican II recuerda que, precisamente en virtud de esta catolicidad, «cada una de las partes colabora con sus dones propios con las restantes partes y con toda la Iglesia», [20] y que, de este modo, tanto en su conjunto como en cada comunidad individual, crece gracias a un intercambio recíproco y a un esfuerzo mutuo hacia una comunión cada vez más plena. De ello se desprende que el Pueblo de Dios no sólo está compuesto por muchos pueblos, sino que en su interior está tejido de funciones, vocaciones, culturas y tradiciones diversas, llamadas a apoyarse y enriquecerse mutuamente. En esta perspectiva, san Paul VI reconocía que, dada la gran variedad de situaciones históricas, no es realista pensar que la Doctrina social pueda «pronunciar una palabra única», [21] una respuesta exclusiva y válida para todos los contextos; por eso invitaba a cada comunidad cristiana a leer con lucidez y responsabilidad la realidad de su propio país. La tensión fecunda entre la universalidad de la misión y el arraigo local forma parte íntima de la vida de la Iglesia: ella lleva en su aliento el horizonte del mundo entero, pero asume las preguntas de cada contexto como el lugar real en el que el Evangelio cobra vida.

27. A la luz de lo dicho hasta ahora, la Doctrina social de la Iglesia se muestra en su faceta más auténtica: no es un manual de principios y normas que hay que aplicar, sino un camino de discernimiento comunitario. Nace del encuentro entre la verdad eterna del Evangelio y las preguntas de la historia, se deja interpelar por los signos de los tiempos; se nutre de la contribución de las ciencias, las culturas y las experiencias humanas. Por eso, cuando la dignidad de los hermanos se ve desfigurada, cuando la política no responde a los dramas de la humanidad, cuando la economía se vuelve contra la persona o la ciencia traspasa los límites de su método, [22] la Iglesia —junto con las demás confesiones cristianas y los creyentes de otras religiones— debe hacer oír su voz no para dominar, sino para servir a la comunión. Entendida así, la Doctrina social se convierte en una teología de la comunión a; un lugar en el que la Palabra, hecha carne, sigue convirtiéndose en diálogo, memoria y profecía.

El desarrollo del Magisterio social desde León XIII hasta hoy

28. Tras haber recordado la forma en que la Iglesia se sitúa en la historia y entabla diálogo con el mundo, deseo ahora detenerme en el desarrollo de la Doctrina social en el Magisterio, que, desde el siglo XIX hasta nuestros días, ha acompañado las grandes transformaciones sociales. Evidentemente, no podré dar cuenta de toda la riqueza de esta enseñanza, cuyos principios fundamentales se presentan en el Compendio de la doctrina social de la Iglesia y se profundizan aún más en el Magisterio reciente. Tampoco podré retomar de manera sistemática lo que se ha elaborado en las Encíclicas de mis últimos venerados Predecesores, en particular en Laudato si' et en Fratelli tutti. Sin embargo, quiero recordar algunas líneas esenciales, para mostrar que lo que escribo se coloca en continuidad con esta tradición y, al mismo tiempo, para destacar cómo en ella el núcleo estable de las verdades reveladas sobre la persona y la convivencia humana se entrelaza con una capacidad siempre renovada de escuchar las situaciones históricas y de dejarse interpelar por las preguntas que surgen del presente. Recorreré, por tanto, algunas etapas decisivas de este desarrollo, comenzando por la etapa inaugurada por la Encíclica Rerum novarum.

Los primeros pasos de la Doctrina social de la Iglesia

29. Lo que hoy llamamos “Doctrina social de la Iglesia” no surge de improviso en la era contemporánea, sino que recoge y organiza una larga tradición de reflexión eclesial sobre la vida social, que hunde sus raíces en la Sagrada Escritura, en los Padres de la Iglesia y en las elaboraciones teológicas y jurídicas de la Edad Media y la Edad Moderna. La expresión “Doctrina social de la Iglesia” fue empleada por primera vez por Pie XII en 1950, [23] pero el contenido que encierra, entendido como un corpus orgánico de enseñanzas sociales, comenzó a perfilarse con la Encíclica Rerum novarum de Léon XIII. Ante los “nuevos asuntos” de su tiempo —el conflicto entre el capital y el trabajo, la cuestión obrera, las transformaciones económicas y sociales—, Léon XIII no se limitó a constatar el malestar, sino que asumió esas situaciones como ámbito de la misión pastoral de la Iglesia, las sometió a un discernimiento riguroso e iluminó sus causas y las posibles vías de salida a la luz del Evangelio y de una visión integral de la persona, creada a imagen de Dios. Saint Jean Paul II vio en esta forma de proceder un «paradigma permanente» [24] de la Doctrina social: una praxis ejemplar mediante la cual la Iglesia, ante tóricas, ejerce su derecho y deber de examinar las realidades sociales, pronunciarse sobre ellas e indicar caminos hacia una solución justa. De este modo, los contenidos perennes de la fe y de la antigua sabiduría eclesial se articulan en una doctrina viva que, permaneciendo fiel al Evangelio, crece en el diálogo con los “nuevos asuntos” de cada época.

30. La Encíclica Rerum novarum de Léon XIII constituye un hito en la evolución del Magisterio social. El documento sitúa en el centro de su reflexión la dignidad del trabajo y del trabajador, afirma el derecho a un salario justo para uno mismo y para la propia familia, reconoce en las personas un valor esencial que prevalece sobre el capital y el beneficio, defiende la propiedad privada junto con su indispensable función social, aprecia las asociaciones de trabajadores y propone formas de colaboración entre los diversos componentes de la sociedad como alternativa a la lógica de la “lucha de clases”. No sorprende, por tanto, que Pío XI la haya definido como la « Magna Charta" [25] de la acción social de los cristianos: en Rerum novarum, la sabiduría ancestral de la Iglesia sobre la persona y la vida en sociedad adquiere una nueva forma, capaz de enfrentarse a la era industrial y de ofrecer el primer gran marco sistemático de esa Doctrina social que las décadas siguientes desarrollarían aún más. Aunque muchas de las condiciones históricas descritas por Léon XIII han cambiado, al menos dos de sus principios siguen siendo de gran actualidad: la primacía del trabajo humano sobre cualquier lógica puramente productiva o financiera, con la consiguiente atención a las personas y a las familias más expuestas a la explotación, y el vínculo indisoluble entre el anuncio evangélico y la búsqueda de un orden social más justo. Así, Rerum novarum sigue recordándonos que no hay auténtica evangelización que no toque también las estructuras de la convivencia humana.

31. La Encíclica Quadragesimo anno de Pío XI, publicada en 1931 con motivo del 40° aniversario de Rerum novarum y en pleno apogeo de la gran crisis económica mundial, da un paso más en el desarrollo del Magisterio social. No se limita a retomar la “cuestión obrera”, sino que amplía su mirada a la configuración general del orden económico y político. Denuncia la concentración del poder económico en manos de unos pocos; critica tanto la competencia sin límites como aquellos proyectos colectivistas que anulan la libertad y la responsabilidad de las personas; recuerda con fuerza el derecho de asociación de los trabajadores y reitera la exigencia de que el salario sea proporcional no sólo al rendimiento, sino a las necesidades del trabajador y de su familia. En este marco, formula de manera sistemática el principio de subsidiariedad, destinado a convertirse en uno de los referentes fijos de la Doctrina social, según el cual lo que puede ser realizado por las personas, las familias, los organismos intermedios y las comunidades locales no debe ser absorbido por instancias superiores. Junto a estas contribuciones, Pío XI recuerda con claridad la función social de la propiedad y, con diversas intervenciones de su Magisterio —desde las Encíclicas Non abbiamo bisogno y Mit brennender Sorge hasta la Divini Redemptoris—, denuncia los totalitarismos que atropellan la dignidad de la persona, sofocan la vida social, exaltan al Estado por encima de su justo valor y adoptan la categoría discriminatoria de la raza. Para nuestra época siguen siendo particularmente actuales al menos tres intuiciones de su enseñanza social: la conciencia de que las injusticias no se refieren sólo a los comportamientos individuales, sino también a las estructuras económicas e institucionales; el valor del principio de subsidiariedad, que invita a fortalecer el tejido asociativo y comunitario, evitando nuevas concentraciones de poder; y el vínculo entre la dignidad del trabajo, la justa remuneración y la posibilidad real para las familias de llevar una vida humana digna.

32. En el contexto dramático de la Segunda Guerra Mundial y de los años de la reconstrucción, el Magisterio de Pie XII ofrece una contribución significativa al desarrollo de la Doctrina social, sobre todo a través de los Mensajes radiofónicos navideños, en los que esboza las líneas generales de un orden internacional basado en el reconocimiento de la dignidad humana, la justicia y la paz. En esas ocasiones, el Papa propone un diálogo con la sociedad a partir de una exigente referencia al derecho natural, entendido como un conjunto de principios objetivos que preceden a los intereses de los individuos y de los estados y que deben regular la vida interna de las naciones y sus relaciones recíprocas. Pie XII atribuye además un papel decisivo a las asociaciones profesionales, a las uniones de trabajadores y a los diversos cuerpos intermedios de la vida económica y social, reconociendo en estas formas organizadas de la sociedad un baluarte esencial para el equilibrio civil y para la tutela del bien común. Él sostiene la necesidad de un estado de derecho sólido para prevenir los abusos de poder y reconoce en la democracia un instrumento adecuado para favorecer el ejercicio correcto de la autoridad. Al mismo tiempo, advierte contra toda pretensión de fundar el derecho en el interés o en la fuerza, recordando que un orden internacional regulado por el beneficio de los más fuertes expone a los pueblos más débiles a la opresión y socava de raíz la confianza entre las naciones. Por último, identifica en los profundos desequilibrios económicos entre los países uno de los factores que alimentan los conflictos. [26] En nuestra época, marcada por nuevas formas de poder global y por desigualdades crecientes, siguen siendo especialmente significativos tres principios: la exigencia de que el derecho prevalezca sobre el interés, la conciencia de que las disparidades económicas son terreno fértil para las tensiones y la violencia, y el valor de un tejido asociativo capaz de mediar entre el individuo y el Estado. Estos siguen ofreciendo a la Doctrina social criterios importantes para interpretar las dinámicas de la globalización y para promover un orden internacional más justo y pacífico.

Los años del Concilio Vaticano II

33. Con saint Jean XXIII se abre una nueva etapa del Magisterio social, marcada por una atención más explícita a la dimensión mundial de las cuestiones sociales y al lenguaje de los derechos. En Mater et magistra presenta la fe cristiana como una luz capaz de unir el cielo y la tierra, recordando que la Iglesia, aunque tiene como misión principal la santificación y el anuncio de los bienes eternos, no por ello descuida las necesidades concretas de la vida cotidiana de las personas, sino que se interesa por todo auténtico bien humano. [27]  Partiendo de esta visión unitaria del ser humano, subraya que la vida social exige un equilibrio entre la iniciativa de los ciudadanos y de los grupos, llamados a autoorganizarse y colaborar, y la acción del Estado, que debe coordinar y sostener sin sofocar la libertad y la responsabilidad de los sujetos; por ello, presta atención a la justa remuneración del trabajo, a la participación de los trabajadores y a las crecientes disparidades entre los países. Pocos años después, con Pacem in terris, dirigiéndose por primera vez no sólo a los fieles sino a todos los hombres de buena voluntad, saint Jean XXIII vincula de manera orgánica la dignidad de la persona con el reconocimiento de los derechos y deberes fundamentales y propone un orden de convivencia —también en el plano internacional— fundado en la verdad, la justicia, el amor y la libertad. [28] En nuestra época, marcada por conflictos generalizados y nuevas formas de interdependencia global, siguen siendo especialmente significativos el alcance universal de su llamamiento, la referencia a los derechos humanos como lengua común y la convicción de que una paz duradera requiere instituciones y relaciones entre los pueblos inspiradas en la dignidad de cada persona.

34. El Conseil du Vatican II marcó un punto de inflexión en la forma en que la Iglesia se entiende a sí misma en el mundo contemporáneo. En la Constitución pastoral Gaudium et spes nos presentó la imagen de una Iglesia cercana a la humanidad, comprometida con el mundo y dedicada a reflexionar no a partir de esquemas abstractos, sino de la realidad concreta de las situaciones históricas. El texto aborda las grandes cuestiones del matrimonio y la familia, de la vida económica y social, de la comunidad política, de la guerra y la paz, insistiendo en que las estructuras económicas e institucionales son justas sólo en la medida en que sirven al desarrollo integral de la persona y favorecen la participación responsable de todos. [29] La importancia de este documento conciliar para la Doctrina social de la Iglesia radica no sólo en haber abierto perspectivas de reflexión temática, sino también en haber proporcionado un método de discernimiento que invita a interpretar las transformaciones históricas con una mirada evangélica y competencia humana. Este estilo muestra que el diálogo con el mundo no es para la Iglesia una opción táctica, sino una forma concreta de su misión, porque el Evangelio, como levadura, puede transformar desde dentro las estructuras de la convivencia y abrir caminos hacia una mayor humanidad. En este horizonte se inscribe también la Declaración Dignitatis humanae, en la que el Concilio reconoce que la libertad religiosa es un derecho fundamental arraigado en la dignidad de la persona, que debe ser garantizado por el ordenamiento jurídico para que nadie sea obligado a actuar en contra de su conciencia ni impedido de buscar y profesar la verdad en privado y en público. [30] Este principio, de gran relevancia para nuestro tiempo, sigue ofreciendo a la Doctrina social criterios decisivos para la protección de la persona y para la construcción de sociedades pluralistas y pacíficas.

35. En el Pontificado de san Paul VI surge una concepción de la paz que no se reduce a la ausencia de guerra, sino que se concreta en el camino hacia un desarrollo humano integral. En Populorum Progressio, describe el desarrollo como el paso de condiciones de vida menos humanas a condiciones más humanas y lo entiende como un proceso que atañe a «todos los hombres y a todo el hombre», [31] es decir, a todas las dimensiones de la persona y a todos los pueblos, sin excepción. Sobre esta base, Paul VI puede afirmar que un desarrollo así concebido es, en realidad, «el nuevo nombre de la paz», [32] porque tiene como objetivo eliminar las raíces de la injusticia y el conflicto y abrir espacios para una vida más digna para todos. También la creación de la Pontificia Comisión Iustitia et Pax debe interpretarse en este sentido, como un intento de dar una forma estable, a nivel eclesial e internacional, a esta intuición, manteniendo viva la conciencia sobre la brecha creciente entre países ricos y países pobres y sobre la necesidad de políticas que promuevan condiciones de vida realmente más humanas para todos.

36. Con la Octogesima adveniens, escrita con motivo del 80° aniversario de la Rerum novarum, Paul VI traslada esta perspectiva a la sociedad postindustrial, marcada por transformaciones urbanas, nuevas formas de pobreza, cambios en el mundo laboral y rápidos cambios culturales que ponen en tela de juicio el futuro de las personas y las comunidades. Para Paul VI, el Evangelio, a pesar de haber sido anunciado, escrito y vivido en un contexto histórico-cultural muy diferente al nuestro, no se trata de un mensaje “superado”, sino de una visión de la persona humana, de las relaciones, de la autoridad y del bien común capaz de orientar también hoy las decisiones económicas, políticas y culturales. [33] En otras palabras, el Evangelio sigue siendo actual porque proporciona los criterios para reconocer lo que humaniza o deshumaniza, lo que libera u oprime, en situaciones siempre nuevas. Para la Doctrina social de la Iglesia, el legado más exigente de Paul VI es precisamente este: mientras en el mundo haya pueblos excluidos de un desarrollo digno del ser humano, la comunidad cristiana no podrá contentarse con proclamar la paz en abstracto, sino que deberá dejar que el Evangelio juzgue, a partir de quienes quedan al margen, aquellas estructuras económicas y políticas que, como recordaría Juan Pablo II, pueden convertirse en auténticas «estructuras de pecado», [34] para que ninguna persona ni ningún pueblo sea tratado como prescindible en los procesos de desarrollo.

El Magisterio reciente

37. El fecundo Magisterio social de Saint Jean Paul II se sitúa en la encrucijada entre la crisis de los grandes sistemas ideológicos del siglo XX y el inicio de la globalización económica. En la Encíclica Laborem exercens, escrita noventa años después de la publicación de Rerum novarum, se abre una nueva vía de reflexión sobre el trabajo. El salario justo se presenta en ella como una prueba concreta de la equidad de todo el sistema socioeconómico, ya que muestra si al trabajador se le trata como persona o como un simple costo de producción. [35] El trabajo no es considerado sólo un problema que hay que gestionar o un medio para obtener ingresos, sino un bien fundamental para la persona, principio de la actividad económica y clave de toda la cuestión social. En él, el ser humano pone en juego su libertad, su creatividad y su capacidad de cooperar, contribuyendo a la elevación cultural y moral de la sociedad. [36] En vista de ello, las diversas formas de precariedad, la fragmentación de las trayectorias profesionales y la automatización no pueden evaluarse únicamente en términos de eficiencia, sino partiendo de la dignidad del trabajador, del derecho a una remuneración suficiente y de la posibilidad efectiva de participar en la vida social.

38. En el 20º aniversario de la Populorum Progressio, con la Encíclica Sollicitudo rei socialis, Juan Pablo II vuelve a abordar la lacra del subdesarrollo y reconoce el fracaso de muchos intentos por reducir el retraso económico de los pueblos pobres y acompañar su industrialización, constatando la persistencia y, en ocasiones, la ampliación de la brecha entre el Norte y el Sur del mundo. [37] Denuncia, además, los mecanismos económicos, financieros y comerciales que, gestionados por los países más fuertes, favorecen estructuralmente sus intereses y asfixian a las economías más débiles, y pide que sean sometidos también a un juicio ético riguroso, y no sólo técnico. [38] En este contexto, la solidaridad se entiende como una corresponsabilidad concreta entre personas, pueblos y naciones, una forma de amistad social o caridad política orientada hacia la “civilización del amor” invocada por Paul VI. [39]

39. En el centenario de Rerum novarum, la Encíclica Centesimus annus ofrece, por último, una reflexión sobre el colapso del sistema soviético y el afianzamiento de la democracia y la economía de mercado. San Juan Pablo II retoma el mensaje de Pie XII según el cual la Iglesia puede valorar la democracia en la medida en que garantiza la participación efectiva de los ciudadanos, permite elegir y sustituir pacíficamente a los gobernantes e impide que el poder sea monopolizado por élites reducidas movidas por intereses particulares o ideológicos. [40] Del mismo modo, reconoce el potencial positivo del mercado y de la iniciativa privada sólo si se mantienen subordinados a la ley moral y guiados por el principio de solidaridad, sin sacrificar a los más débiles en aras de la lógica del lucro. [41] Para la Doctrina social de la Iglesia esto supone un legado de especial actualidad: la afirmación del vínculo entre la dignidad del trabajo, la solidaridad entre los pueblos y la evaluación crítica de la democracia y la economía de mercado sigue ofreciendo criterios para juzgar las nuevas formas de explotación, exclusión y crisis de la representación política.

40. El Papa Benoît XVI, en su Encíclica social Caritas in veritate, quiso retomar y profundizar en el concepto de desarrollo presentado en Populorum Progressio, reinterpretándolo en el contexto de la globalización. Recuerda que dicho desarrollo debería traducirse en «un crecimiento real, extensible a todos y concretamente sostenible», [42] es decir, en un progreso económico verdaderamente inclusivo y respetuoso con los límites de la creación. Constata, sin embargo, que en los países ricos surgen nuevas categorías de pobres y se multiplican formas inéditas de exclusión, mientras que en las regiones más pobres pequeños grupos viven en un bienestar consumista que convive con situaciones de miseria deshumanizante. [43] Observa, además, que el nuevo sistema económico-financiero mundial, caracterizado por una gran movilidad de los capitales y los medios de producción, ha reducido el poder político de los estados y su capacidad para orientar los procesos económicos. [44] Por eso reitera que la actividad económica no puede pretender resolver los problemas sociales simplemente ampliando la lógica del mercado, sino que debe estar orientada al bien común, respecto al cual la comunidad política tiene una responsabilidad propia e insustituible. [45]

41. En el centro de esta reinterpretación, Benoît XVI sitúa la caridad, afirmando que esta «es la vía maestra de la doctrina social de la Iglesia», [46] siempre que vaya unida a la verdad; y observa con preocupación que, precisamente en los ámbitos social, jurídico, político y económico, se tiende a declarar su irrelevancia moral. La novedad de su aportación radica en mostrar que el desarrollo, la justicia, las instituciones y el mercado no son realidades neutras, sino espacios en los que la caridad en la verdad debe tomar forma histórica. En la actualidad ―marcada por crecientes desigualdades, la presión de los mercados financieros, la crisis medioambiental y la desconfianza en la política―, esta enseñanza sigue vigente porque exige juzgar cada modelo de desarrollo por su capacidad de ser inclusivo y sostenible, recomponer la relación entre economía y política en torno al bien común y reconocer a la caridad un papel crítico y generativo en la vida pública.

42. El Magisterio social del Pape François se desarrolla en la línea de Gaudium et spes, que invita a contemplar la historia partiendo de las heridas y las esperanzas de las personas y a ponerlas en diálogo con el Evangelio. Esta orientación se pone de manifiesto con especial claridad en Evangelii gaudium, donde se afirma que el anuncio cristiano tiene una dimensión social intrínseca y hace referencia a una Iglesia capaz de escuchar el clamor de los pobres, de los migrantes y de las víctimas de las nuevas formas de esclavitud. En esta perspectiva se inscribe también la insistencia de Francisco en una Iglesia sinodal, una Iglesia en la que se “camina juntos”, que busca leer los signos de los tiempos a la luz del Evangelio y se deja evangelizar por los pobres con quienes comparte la historia. [47]

43. En Laudato si', Francisco ofrece el primer gran análisis sistemático de la crisis medioambiental en una Encíclica social, demostrando que no se trata de una cuestión sectorial, sino del aspecto ecológico de la crisis socioeconómica contemporánea. Su propuesta de «ecología integral» aúna el cuidado de la Casa común y la opción preferencial por los pobres, y afirma con determinación que «tanto el clamor de la tierra como el clamor de los pobres» [48] no pueden separarse. En este sentido, vuelven a cobrar protagonismo el destino universal de los bienes, la crítica a un paradigma tecnocrático que pretende reducirlo todo a un objeto de dominio, la defensa del trabajo humano amenazado por la lógica del descarte, la exigencia de una justicia intergeneracional y el llamamiento a un diálogo auténtico entre política y economía, para que ninguna de las dos se encierre en su propia autorreferencialidad.

44. Ante la desintegración del tejido social, la “guerra mundial a pedazos”, la globalización individualista y las consecuencias de la pandemia sobre los lazos comunitarios, Francisco relanza en Fratelli tutti el sueño de una humanidad capaz de optar por la amistad social y la fraternidad universal. Propone la cultura del encuentro, una “mejor política” capaz de buscar el bien común, caminos de reconciliación y un mundo que garantice «tierra, techo y trabajo para todos». [49] Avec Dilexit nous, por último, muestra que estos grandes compromisos sociales no pueden separarse de la relación personal con Cristo: al volver a la Palabra de Dios, recuerda que la respuesta más auténtica al amor del Corazón de Jesús es el amor concreto hacia los hermanos y afirma que «no hay mayor gesto que podamos ofrecerle para devolver amor por amor». [50]

Una lectura de la historia a la luz de la fe

45. Al contemplar este recorrido en su conjunto, se comprende que la Doctrina social de la Iglesia no es fruto de un proyecto elaborado en un escritorio, sino el resultado de un proceso paciente, en el que cada Pontífice —junto con el Conseil du Vatican II— ha aportado una contribución original a la luz de los “nuevos asuntos” de su tiempo. Cada uno, asumiendo los retos de su época e interpretando los cambios históricos a la luz del Evangelio, ha puesto de relieve diferentes aspectos de un patrimonio único: la dignidad de la persona, el valor del trabajo, el destino universal de los bienes, la solidaridad y la subsidiariedad, el cuidado de la creación, la centralidad de la paz y la fraternidad. El resultado es un desarrollo armonioso, aunque no siempre lineal, marcado por diferentes acentos, por profundizaciones progresivas y, a veces, por cambios de perspectiva que no rompen con lo anterior, sino que hacen madurar sus implicaciones. Si hoy podemos hablar de un corpus de principios y criterios compartidos, es porque esta lectura de la historia a la luz de la fe nunca se ha interrumpido y ha sabido dejarse interpelar por las preguntas de cada generación. Es a este núcleo fundamental —los grandes principios de la Doctrina social que orientan el discernimiento de los creyentes en la vida personal y pública— al que deseo ahora dirigir la atención, para captar mejor su coherencia interna y su fuerza generadora para nuestro tiempo.

CAPÍTULO SEGUNDO

FUNDAMENTOS Y PRINCIPIOS DE LA DOCTRINA SOCIAL DE LA IGLESIA

46. La Doctrina social de la Iglesia es una realidad viva, en diálogo con la historia, las culturas y las ciencias y, al mismo tiempo, conserva un núcleo de verdad que no declina. Por eso puede ser considerada una forma de sabiduría capaz de orientar todavía hoy la vida personal y social de los creyentes. En este segundo capítulo quisiera detenerme en algunos fundamentos y principios de la Doctrina social que ayudan a leer los “nuevos asuntos” de nuestro tiempo a la luz de la dignidad fundamental de la persona humana. Pienso que actualmente, para custodiar a la persona humana en el tiempo de la IA, debemos volver a reflexionar sobre el bien común, el destino universal de los bienes, la subsidiariedad y la justicia social. Estoy convencido de que la relación armoniosa entre estos principios requiere que sean analizados conjuntamente, para que se evidencie con claridad cómo se reclaman y se iluminan mutuamente.

47. Al proponer estas reflexiones deseo, sobre todo, ayudar a los fieles laicos y a todas las mujeres y los hombres de buena voluntad a redescubrir la propia tarea de hacer presente en lo cotidiano —en las relaciones familiares, en el trabajo y en la participación social— los principios que voy a señalar, dejándose animar por el propósito de encarnar el amor de Dios en la trama concreta de la historia. Al mismo tiempo, quisiera alentar a las academias y a las universidades a revitalizar tales principios, reconsiderándolos de forma que se adapten a los tiempos actuales y sean eficaces para afrontar la revolución digital. De este modo, la investigación teológica y filosófica podrá profundizar y sostener el camino pastoral de la Iglesia, contribuyendo a la tarea del Magisterio de iluminar la conciencia de los creyentes y orientar su compromiso para hacer más justa y fraterna la vida de nuestras sociedades. 

Los fundamentos de la Doctrina social

El ser humano, imagen del Dios trinitario

48. La Doctrina social de la Iglesia nos conduce al corazón mismo de nuestra fe: el misterio del Dios viviente, revelado en Jesucristo como comunión de personas; Padre, Hijo y Espíritu Santo: amor en relación, que se da recíprocamente y se comunica al mundo. [51] Como recuerda el Conseil, el ser humano está llamado a la comunión con Dios y «no puede encontrar su propia plenitud si no es en la entrega sincera de sí mismo»; [52] su vocación más profunda es la de entrar en el movimiento trinitario del amor recibido y compartido.

49. Si el misterio de Dios-Amor es la fuente de la Doctrina social, su rostro más concreto lo contemplamos en Jesucristo, Verbo encarnado. Haciéndose hombre, el Hijo de Dios entra en la historia y en nuestra carne, trayéndonos el amor que lo une al Padre y al Espíritu Santo. «El misterio del hombre sólo se esclarece en el misterio del Verbo encarnado», [53] porque su humanidad es plenamente libre, abierta a los demás, capaz de construir relaciones solidarias y preciosas, y entregada al don total de sí. Quien cree en Él está involucrado en la gran obra de renovación inaugurada por el misterio de su pasión, muerte y resurrección, y coopera en la edificación del Reino de Dios, aprendiendo a acoger a toda mujer como hermana y a todo hombre como hermano, hijos de un mismo Padre. Así, tanto el anuncio como la experiencia cristiana, guiados por la acción del Espíritu Santo, tienden a generar en el mundo consecuencias sociales. [54]

50. En el centro de la visión cristiana del ser humano está la gran afirmación según la cual el hombre y la mujer son creados “a imagen y semejanza” (cf. Gn 1,26-27) del Dios trinitario. Cada persona, hecha constitutivamente para la relación, es pensada y querida por Dios para entrar en una historia de comunión con Él, con los demás y con la creación. Su dignidad no depende de las capacidades que posee, de las riquezas o del rol que desempeña, ni de las decisiones justas o equivocadas que toma, sino que es un don que la precede y la excede, dado por Dios como expresión de su amor que nunca falla. Por eso, la persona humana permanece siempre como «el camino primero y fundamental de la Iglesia» [55] y el corazón de toda auténtica vía de desarrollo humano integral. [56]

La igual dignidad de todos los seres humanos

51. Saint Jean Paul II afirmaba que «el sentido más profundo de la dignidad de la persona humana y de su unicidad, así como del respeto debido al camino de la conciencia, es ciertamente una adquisición positiva de la cultura moderna». [57] Esta afirmación sigue las huellas ya trazadas por el Conseil du Vatican II, que había constatado un crecimiento en la conciencia de la excelsa dignidad de toda persona, de su valor superior a las cosas y de sus derechos y deberes universales e inviolables. [58] Es importante vigilar para que este crecimiento en la conciencia de la dignidad humana no sea ofuscado bajo la presión de nuevas ideologías o de determinados intereses de gran poder en el mundo de hoy. Entre estas ideologías considero particularmente insidiosa la que sugiere que toda persona deba ganarse o justificar su propio valor, hasta el punto de atribuir mayor valía a quienes son más eficientes y productivos. En semejante perspectiva, la persona termina reduciéndose a un medio para obtener resultados, a un recurso para ser usado y explotado, y no es reconocida como fin en sí misma, jamás instrumentalizable. Pero el valor de la persona no depende de lo que realiza o produce; existen derechos que corresponden a todos por el mero hecho de ser personas. Ningún poder humano puede legítimamente negarlos o limitarlos arbitrariamente. [59]

52. Cuando hablamos de dignidad no siempre usamos la palabra de la misma manera; en ocasiones nos referimos a la dignidad moral, es decir, al modo en el que la persona orienta sus propias decisiones y su propio obrar; otras veces pensamos en la dignidad social, es decir, en las condiciones de vida de la persona y en el respeto concreto que le es reconocido por la sociedad; en otros casos indicamos la dignidad existencial, que alude al modo en el que una persona percibe el valor de sí y de su propia vida. Estas dimensiones de la dignidad pueden crecer o disminuir. Pero más allá de estos significados hay un nivel más profundo, el más importante, que consiste en la dignidad ontológica. Es la dignidad que pertenece a todo ser humano simplemente por el hecho de existir, de haber sido querido, creado y amado por Dios; [60] ningún pecado, ningún fracaso, ninguna humillación, ninguna exclusión puede afectar el valor profundo de una vida humana que Él ha querido y llamado al ser. [61]

53. Por lo tanto, la dignidad fundamental de cada persona no se adquiere, no debe ganarse ni necesita ser demostrada. La reciente Declaración Dignitas infinita ha ofrecido una síntesis de las convicciones de la Iglesia sobre este tema: «Una dignidad infinita, que se fundamenta inalienablemente en su propio ser, le corresponde a cada persona humana, más allá de toda circunstancia y en cualquier estado o situación en que se encuentre», [62] es decir, siempre e ineludiblemente. Esta dignidad de todo ser humano puede definirse infinita, como dijo Saint Jean Paul II, [63] por dos razones: porque es infinito el amor de Dios que lo llama a la amistad con Él, y porque es absolutamente incondicionada, en el sentido de que, aun buscando hasta el infinito, nunca se encontrará nada que pueda suprimirla o negarla.

El altísimo valor de los derechos humanos

54. La Iglesia reconoce con gratitud que «el movimiento hacia la identificación y la proclamación de los derechos del hombre es uno de los esfuerzos más relevantes para responder eficazmente a las exigencias imprescindibles de la dignidad humana». [64]Y, como afirmó Saint Jean Paul IIle site Declaración Universal de los Derechos del Hombre, proclamada por las Naciones Unidas el 10 de diciembre de 1948, continúa siendo en nuestros días una de las más altas expresiones de la conciencia humana. [65]Esta es «unapiedra miliar en el camino del progreso moral de la humanidad». [66]Por eso, en la perspectiva cristiana, los derechos humanos no son un añadido externo a la persona, sino una traducción histórica de su dignidad intrínseca, que la comunidad internacional está llamada a tutelar y promover.

55. Los derechos humanos son inviolables, porque son «inherentes a la persona humana y a su dignidad». [67]En consecuencia, son universales e inalienables. [68] Precisamente porque están fundados en la común dignidad de todo hombre y de toda mujer, estos derechos comportan consecuencias prácticas y efectos jurídicos, porque «sería vano proclamar derechos, si al mismo tiempo no se pone en práctica todo lo necesario para asegurar el deber de respetarlos, por todos, en todas partes y para todos». [69]Entre estos, el primer derecho humano es el derecho a la vida, desde la concepción hasta su fin natural, [70]sin el cual es imposible ejercitar cualquier otro derecho. Cuando este derecho fundamental es negado —como sucede con el aborto provocado, el asesinato de inocentes y la eutanasia— nos encontramos frente a decisiones que la Iglesia juzga gravemente ilícitas. [71]

56. Al observar nuestro tiempo, no podemos ignorar que la tutela de los derechos humanos hoy está expuesta a dos riesgos particularmente graves. El primero es el de una declaración puramente formal, mientras que, junto con el progreso tecnológico, avanzan de manera disimulada o evidente violaciones de la dignidad humana. El segundo, que en realidad está en la base del primero, es el de no poder reconocer el fundamento de su universalidad, porque se ha renunciado a la «búsqueda de los fundamentos más sólidos que están detrás de nuestras opciones y también de nuestras leyes». [72]Le site Pape François invitaba a no subestimar este último problema. Recordaba que, cuando la razón se deja interrogar seriamente sobre la naturaleza humana, es capaz de descubrir valores aplicables a todos, porque derivan de ella. Si este trabajo de búsqueda fuera abandonado, podría suceder que derechos hoy considerados intocables, en el futuro terminaran siendo cuestionados o negados por quienes ostentan el poder, quizá después de haber obtenido un consenso sólo aparente por parte de poblaciones aterrorizadas o manipuladas. [73]

57. Junto a una mayor conciencia del valor de toda persona humana y de sus derechos, ha crecido también el reconocimiento de los derechos de las minorías. Sin embargo, todavía hay mucho camino por recorrer para que los derechos de una gran parte, por ejemplo, los de las mujeres, estén realmente garantizados en todo el mundo. Es una realidad que «doblemente pobres son las mujeres que sufren situaciones de exclusión, maltrato y violencia, porque frecuentemente se encuentran con menores posibilidades de defender sus derechos». [74]Por lo tanto, no es suficiente afirmar con palabras que hombres y mujeres tienen la misma dignidad y los mismos derechos; es necesario que esto se traduzca en decisiones concretas, en las leyes, en el acceso al trabajo, a la instrucción, a las responsabilidades sociales y políticas, en el modo en el que la sociedad escucha y valora el aporte de las mujeres. Mientras exista esta disparidad, no podremos decir que la sociedad reconoce realmente y en profundidad que las mujeres tienen la misma dignidad que los hombres.

58. Son las personas concretas las que cuentan, cada una de ellas y sus familias. Los movimientos sociales, las grandes proclamas políticas en favor del pueblo y las ideologías comunitarias no sirven para nada si no están orientadas a la promoción de las personas —hombres y mujeres— con sus derechos inalienables. Del mismo modo, no basta con exaltar la libertad individual o la iniciativa privada, si después se acepta que una multitud de personas siga viviendo sin un trabajo digno, sin tutelas y sin acceso a los bienes fundamentales.

Los principios de la Doctrina social

El principio del bien común

59. Reconocer que toda mujer y todo hombre poseen una dignidad inalienable y derechos que ningún poder humano puede perjudicar o eliminar requiere configurar el modo en el que vivimos juntos, nuestras decisiones económicas y políticas, el rostro concreto de nuestras ciudades. De aquí nace el primer gran principio de la Doctrina social al que deseo referirme: el bien común. Podemos describirlo como la forma social de la dignidad que se reconoce a cada uno. Cuando Benoît XVI hizo alusión a los valores no negociables que la Iglesia siempre debe defender, incluyó entre estos «la promoción del bien común». [75]Para un cristiano, en efecto, salir del pequeño mundo de sus propios intereses y comprometerse por el bien común —en los límites de sus propias posibilidades— es un valor no negociable, como lo es la promoción de la vida.

60. El Conseil du Vatican II ha afirmado que el bien común consiste en «el conjunto de condiciones de la vida social que hacen posible a las asociaciones y a cada uno de sus miembros el logro más pleno y más fácil de la propia perfección». [76] Esta definición nos ofrece una primera orientación valiosa, porque el bien común no se puede reducir a un simple listado de condiciones o de instituciones. No coincide con la suma de méritos de los individuos, ni con la unión de sus intereses particulares; es un bien mayor, que pertenece a todos, y que sólo juntos podemos construir, acrecentar y custodiar. Podemos decir que la acción social alcanza su plenitud cuando tiende a este bien compartido, así como la acción moral de la persona encuentra cumplimiento en la elección del verdadero bien. [77]

61. En este sentido, podemos afirmar que «el todo es más que las partes» [78] y que precisamente por eso «la mera suma de los intereses individuales no es capaz de generar un mundo mejor para toda la humanidad». [79] Es una ilusión pensar que sea suficiente con buscar el propio progreso para contribuir al bien de todos, sin tener que preocuparse realmente de los demás. Esta visión ignora el valor propio y específico del bien común; este es fruto de la «interdependencia» [80] que provoca una red de bien social que se difunde e incide en las personas. El bien común es un plus, resultado de la interacción y de la influencia recíproca que une diferentes acciones, iniciativas, esfuerzos y decisiones. Si se sumaran simplemente los bienes individuales, no se podría explicar la existencia de este plus que los supera y al mismo tiempo los enriquece.

62. La búsqueda del bien común es lo que da vida a un pueblo, entendido no como una mera suma de individuos, sino como una realidad viva donde las personas aprenden a reconocerse vinculadas las unas a las otras y corresponsables de la res publica. En este sentido, cada persona contribuye a construir su propio pueblo con «un trabajo lento y arduo que exige querer integrarse y aprender a hacerlo hasta desarrollar una cultura del encuentro en una pluriforme armonía». [81] Trabajar juntos en pos del bien de todos significa tener un proyecto compartido. Es evidente que entre las diversas personas hay muchas diferencias ideológicas y pragmáticas, hay variedad de intereses y frecuentes contrastes, pero eso no significa que sea imposible un proceso de diálogo para configurar una base de consenso que permita constituir un proyecto para todos y caminar juntos.

63. Corresponde al Estado garantizar la cohesión, la unidad y una justa organización de la sociedad civil, para que el bien común realmente pueda ser procurado con la contribución de todos. Esto significa, en concreto, que el poder público tiene la delicada tarea de «armonizar con justicia» [82]los diversos intereses en juego, buscando el equilibrio entre bienes particulares y bienes de conjunto, sin dejar atrás a los más débiles. Cuando la política renuncia a una visión a largo plazo y se reduce a cálculos de corto plazo o a polarizaciones estériles, los discursos sobre el bien común pierden credibilidad, y al mismo tiempo crecen las desigualdades y las fracturas sociales.

64. Esto vale también para la política internacional. Mientras las distancias entre los pueblos aumentan, se abren camino lógicas de confrontación y de agresividad, y el difícil recorrido hacia un mundo más unido y fraterno sufre nuevos y dolorosos contratiempos. En este marco, hablar de un camino compartido hacia un desarrollo más justo para toda la familia humana «suena a delirio». [83]Pero no podemos perder la esperanza. Invito a todos a pensar en formas de cooperación y de instituciones internacionales más eficaces, capaces de cuidar el bien común global sin anular la legítima pluralidad de los pueblos y de los estados. En efecto, la promoción del bien común nunca puede separarse del respeto al derecho de los pueblos a existir, a custodiar su propia identidad y a contribuir con su propia originalidad a la familia de las naciones. [84]Cualquier intento o proyecto de eliminar o someter una nación es gravemente inmoral y, por lo tanto, inaceptable.

El principio del destino universal de los bienes

65. «Entre las múltiples implicaciones del bien común, adquiere inmediato relieve el principio del destino universal de los bienes». [85] Este principio nos recuerda sobre todo que los bienes de la tierra —el suelo, el agua, el aire y los recursos naturales— han sido dados por Dios a toda la familia humana para sostener la vida de todos, hoy y en las futuras generaciones, y que toda persona tiene un derecho originario al uso de dichos bienes. Saint Jean Paul II recordaba que «Dios ha dado la tierra a todo el género humano para que ella sustente a todos sus habitantes, sin excluir a nadie ni privilegiar a ninguno». [86] En consecuencia, «no es conforme con el designio de Dios, usar este don de modo tal que sus beneficios favorezcan sólo a unos pocos». [87]Hoy estamos llamados a reconocer que este destino universal no se refiere sólo a los bienes materiales, sino también a los bienes inmateriales y culturales.

66. Existe un derecho a la propiedad privada que tiene su sentido y su función propia, pero siempre subordinado al destino universal de los bienes. Según Saint Jean Paul II, dicha subordinación es la regla de oro del comportamiento social y el «primer principio de todo el ordenamiento ético-social». [88] La tradición de la Iglesia ha visto en la propiedad un medio para custodiar y administrar los bienes de manera que puedan servir mejor al bien común. Dado que «la tradición cristiana nunca reconoció como absoluto o intocable el derecho a la propiedad privada», [89] su función social no debe ser considerada como una mera opinión teológica, sino como una doctrina cierta de la Iglesia, ya presente en las Sagradas Escrituras y en los Padres. Por eso, el Pape François recordó que la solidaridad, vivida en profundidad, significa también «devolverle al pobre lo que le corresponde». [90]

67. Hoy, entre los bienes que están destinados universalmente a todos, debemos incluir también las nuevas formas de propiedad: patentes, algoritmos, plataformas digitales, infraestructuras tecnológicas, datos. En un contexto donde la riqueza de las naciones depende cada vez más de conocimientos y tecnologías, cuando estos bienes quedan concentrados en las manos de unos pocos, sin adecuadas formas de intercambio y de acceso, se crea un nuevo desequilibrio que contradice el destino universal de los bienes y alimenta la brecha entre incluidos y excluidos, entre quienes pueden participar en la revolución digital y quienes permanecen al margen. Además, el cuidado de la Casa común y la responsabilidad hacia los pobres y hacia las generaciones futuras requieren que el uso de los bienes de la creación y de las nuevas posibilidades ofrecidas por la técnica esté regulado de tal modo que respete el ambiente y evite despilfarros y nuevas formas de estafa.

El principio de subsidiariedad

68. El principio de subsidiariedad nace de la misma visión sobre la persona que ha guiado nuestra reflexión sobre la dignidad y el bien común. Si toda mujer y todo hombre están llamados a ser protagonistas de su propia vida y a participar en la construcción de la sociedad, entonces también la organización social debe respetar y favorecer esta responsabilidad. La Doctrina social de la Iglesia llama “subsidiariedad” al principio según el cual aquello que pueden hacer las personas, las familias, las comunidades locales y los cuerpos intermedios no debe ser absorbido por instancias superiores. Las instituciones de nivel superior deben reconocer, proteger y promover la libertad y la creatividad de los niveles inferiores, coordinando sus aportaciones para que cooperen eficazmente al bien común. [91]

69. Desde el inicio del Magisterio social moderno, a partir de Léon XIII, la Iglesia ha insistido en el hecho de que ni la persona ni la familia deben ser absorbidas por el Estado, sino que deben actuar libremente, en la medida de lo posible, sin causar daño al bien común. [92]  Saint Jean Paul II retomó y profundizó esta perspectiva, recordando que la comunidad política está al servicio de la sociedad civil y que el Estado debe velar por el bien común, interviniendo cuando sea necesario, pero sin sustituir de manera permanente la responsabilidad de los cuerpos intermedios y de las entidades sociales. [93]La subsidiariedad no justifica el desinterés del Estado, sino que orienta su acción; la intervención pública se requiere precisamente para permitir que todos los sujetos sociales desarrollen su misión sin ser aplastados. Corresponde a la comunidad política crear las condiciones para que personas, familias, asociaciones y cuerpos intermedios puedan realizar su propia vocación social, sin ser sustituidos o reducidos a meros ejecutores. [94]

70. Este principio alienta a superar toda forma de gestión paternalista o asistencialista de la vida social, promoviendo un estilo de corresponsabilidad: un Estado que valora la iniciativa de los ciudadanos y una sociedad civil capaz de generar vínculos y activar energías al servicio del bien común. En una lógica de subsidiariedad, las decisiones se toman al nivel más cercano posible a las personas involucradas, valorando la vida asociativa, de modo que el pueblo no se encuentre frente a decisiones ya tomadas, sino que pueda entrar en su camino de construcción. Allí donde familias, asociaciones, comunidades locales, realidades del voluntariado y del denominado “tercer sector” son reconocidas y sostenidas, la vida social se vuelve más cercana a las personas, los servicios se brindan con mayor atención a las necesidades reales y las respuestas son más creativas y respetuosas de la dignidad de cada uno. [95]

71. El principio de subsidiariedad vale de manera particular en el contexto de la revolución digital. Aquí el nivel superior no es el Estado, sino todo gran actor económico y tecnológico que ejerce un poder fáctico sobre las condiciones de la vida común. El nivel que absorbe competencias, datos y capacidad decisional está constituido por empresas y plataformas, que definen condiciones de acceso, reglas de visibilidad, formas de relación e incluso oportunidades económicas. La subsidiariedad requiere que dichos procesos no se impongan desde lo alto de modo opaco y unilateral, sino que estén orientados al bien común mediante la transparencia, la responsabilidad y formas reales de participación (auditorías independientes, transparencia en los algoritmos, acceso equitativo a los datos, herramientas de apelación). [96]

72. En este contexto, los estados y las instituciones supranacionales están llamados a garantizar reglas justas y mecanismos de protección eficaces para que las comunidades locales, los cuerpos intermedios, las escuelas y las universidades, así como las realidades eclesiales y asociativas puedan tener voz y contribuir al discernimiento de las decisiones que inciden en la vida de las personas: trabajo, acceso a los servicios, gestión de los datos y ambientes digitales. En las decisiones que se refieren a los flujos económicos, las plataformas digitales, la gestión de los datos y los algoritmos, no se puede dejar que pocos actores por sí solos orienten los procesos, sino que es necesario construir formas de cooperación que respeten los diversos niveles de la comunidad mundial y los hagan corresponsables del bien común. [97]

El principio de solidaridad

73. Después de haber considerado el bien común y la subsidiariedad, deseo detenerme en el principio de solidaridad. Este principio nace de la visión de persona concebida por la fe; todo ser humano es creado a imagen de Dios e incorporado a una red de relaciones que lo vinculan a los demás, a los pueblos y a la creación. San Paul VI recordaba que las obligaciones de solidaridad, justicia y caridad están radicadas en la fraternidad humana y sobrenatural que une a los hombres y a los pueblos entre ellos. [98] La fraternidad no es solamente una aspiración interior del que cree, sino una forma social y política que se ha de encarnar en decisiones e itinerarios compartidos. La solidaridad, pues, es el reconocimiento concreto de que el destino de cada uno está ligado al destino de todos; realmente «nadie se salva solo». [99] Así se manifiesta de manera evidente el estrecho vínculo entre subsidiariedad y solidaridad. Cuando la subsidiariedad no está acompañada de la solidaridad, termina por transformarse en la simple protección de intereses particulares; cuando la solidaridad no está sostenida por la subsidiariedad, degenera en asistencialismo que no promueve la responsabilidad. [100] Este entramado remite también a la responsabilidad de una auténtica participación; la solidaridad se expresa cuando cada uno, personalmente y junto con los demás, toma parte en la vida de la comunidad —se informa, se asocia, hace sentir su propia voz, contribuye a las decisiones y a las opciones públicas— asumiendo responsabilidades reales para que el bien común se traduzca en toma de decisiones compartidas.

74. En muchos ámbitos experimentamos ya una especie de “solidaridad de hecho”; nuestras vidas están entrelazadas, las economías y las comunicaciones globales hacen que aquello que sucede en un lugar produzca efectos lejanos, y las redes digitales unen en tiempo real a personas y comunidades de todas partes del mundo. Sin embargo, esta trama de relaciones no es aún solidaridad en sentido pleno si no se convierte en una decisión consciente. La fe nos invita a leer esta realidad como una llamada; no somos simplemente vecinos unos de otros, sino que estamos confiados los unos a los otros, para que cada uno se haga cargo, en la medida de lo posible, de la vida y de las heridas del hermano y de la hermana. La solidaridad nace precisamente cuando decidimos no permanecer indiferentes frente a aquello que le sucede a nuestro prójimo y transformamos vínculos inevitables —económicos, culturales y tecnológicos— en itinerarios de intercambio, de cooperación y de cuidado mutuo, aprendiendo a «pensar y actuar en términos de comunidad». [101]

75. El Magisterio social ha insistido en el hecho de que la solidaridad es al mismo tiempo un principio y una virtud. En cuanto principio, expresa el orden objetivo de las relaciones entre personas, grupos y pueblos, y alude a la conciencia de una interdependencia, por lo que el bien de cada uno pasa a través del bien de los demás. En cuanto virtud, requiere en cambio una «determinación firme y perseverante» [102] de trabajar por el bien común, con una atención particular a los más débiles. El Pape François ha recordado que la solidaridad es «un modo de hacer historia» [103] que construye pueblos y no simples masas de individuos. Por eso, implica estilos de vida sobrios y compartidos, capacidad de renunciar a beneficios inmediatos para abrir espacios de futuro a los demás, y disponibilidad para cuestionar hábitos y privilegios —incluidos aquellos que están vinculados al consumo digital y al uso de las tecnologías— cuando impiden que los demás vivan con dignidad.

76. En un mundo marcado por relaciones cada vez más estrechas entre personas, comunidades y naciones, la solidaridad asume también una dimensión global. Benoît XVI señaló con fuerza el nexo entre desarrollo, justicia y responsabilidad hacia las generaciones futuras, recordando que el auténtico progreso requiere una solidaridad intergeneracional [104] y una atención a los lazos que nos unen con el ambiente natural. Hoy esta responsabilidad se extiende también a las infraestructuras digitales e informativas; como el ambiente natural, también el “ecosistema digital” puede ser cuidado o explotado, compartido o monopolizado. La solidaridad requiere que las decisiones en materia de datos, algoritmos, plataformas e IA tengan en cuenta no sólo el beneficio inmediato de algunos, sino el impacto en todos los pueblos y en las generaciones futuras. 

El principio de la justicia social

77. Para la comunidad cristiana, la justicia social es una forma concreta de seguimiento de Jesús y de fidelidad a su Evangelio. En el Nuevo Testamento, Jesús anuncia una «Buena Noticia a los pobres» ( Lc 4,18) y se identifica con los pequeños, los enfermos, los presos y los extranjeros (cf. Mt 25,31-46). Así nos enseña que la justicia nace y se realiza en la fraternidad, porque el modo en el que nos acercamos a los últimos y nos relacionamos con ellos se convierte, en concreto, en la medida de nuestra relación con Dios y con los hermanos. La justicia, sin embargo, no se refiere solamente al comportamiento de los individuos, sino también al modo en el que son concebidas y organizadas las estructuras de la convivencia. A este respecto, el Conseil du Vatican II recuerda que toda institución está llamada a servir a la persona humana y a su dignidad. [105] La justicia social se reconoce, entonces, por la capacidad de un orden social, económico y político que permita a todos —y en particular a los más frágiles— vivir de manera realmente humana, sin que ninguno se quede atrás.

78. El Magisterio reciente ha insistido en el hecho de que la justicia social exige una mirada cuyo punto de partida sean los últimos. Saint Jean Paul II habló de una opción preferencial por los pobres [106] que debe marcar las decisiones personales y sociales, mientras el Pape François denunció una «cultura del “descarte”» [107] que provoca cada vez más formas nuevas de exclusión. En esta perspectiva, la justicia social exige mirar a las personas y a los pueblos comenzando por los que son más vulnerables: los pobres, los migrantes, los refugiados, los desplazados internos, las víctimas de la violencia, las personas que viven en periferias urbanas o existenciales.

79. La idea de “justicia social” ayuda a reconocer que las injusticias no nacen sólo de decisiones equivocadas de los individuos, sino también de estructuras, mecanismos, sistemas económicos y culturales que producen desigualdad casi automáticamente. Saint Jean Paul II habló en este sentido de estructuras de pecado [108] que se oponen a la voluntad de Dios y requieren un esfuerzo de conversión personal y social. En esta perspectiva, la justicia no concierne sólo a la distribución equitativa de los bienes o a la corrección de las injusticias presentes, sino que asume también una dimensión reparadora. Ella mira a recomponer los vínculos rotos y a reintegrar al que ha sido excluido, teniendo en cuenta las heridas provocadas por las injusticias: guerras, colonialismo, discriminaciones raciales o de género, violencia contra pueblos enteros y explotación. Esto puede significar restituir dignidad y voz a quienes han sido ignorados, favorecer procesos de sanación de la memoria colectiva, combatir leyes y prácticas discriminatorias, y sostener concretamente a quienes cargan aún con las consecuencias de agravios sufridos en el pasado.

80. En este tiempo, la justicia social debe confrontarse también con el ambiente creado por las tecnologías digitales. La difusión de redes globales, plataformas y sistemas de IA cambia el modo de informarse, de comunicar y de acceder a los servicios. La justicia exige que se impida el surgimiento de nuevas formas de exclusión y privación de la libertad: personas y pueblos a los que se les niega o dificulta el acceso a las tecnologías básicas, comunidades expuestas a vigilancia invasiva y grupos sociales perjudicados por algoritmos opacos que reproducen prejuicios y discriminaciones. Un orden social justo en la era digital es aquel que garantiza a todos un acceso igualitario a las oportunidades, protege a los más pequeños y a los más frágiles, se opone al odio y a la desinformación, y somete a control público el uso de los datos y de las tecnologías, de modo que el criterio no sea sólo el beneficio sino la dignidad de cada persona y el bien de los pueblos. 

81. Un examen decisivo para la justicia social hoy está representado por la condición de los migrantes, de los refugiados y de cuantos son obligados a desplazarse a causa de la pobreza, la violencia, el cambio climático y los desastres naturales. El modo en el cual una sociedad los trata muestra si su idea de justicia está guiada por el miedo o por la fraternidad. El Pape François invitaba a reconocer en los migrantes no simplemente un problema a resolver, sino «una imagen viva del Pueblo de Dios en camino»; [109] personas con dignidad, recursos y sueños, que tienen derecho a ser tratadas con respeto y piden la oportunidad de poder formar parte activa de las sociedades que las reciben. La justicia social, en este campo, implica al menos dos compromisos complementarios. Por una parte, proteger el derecho a la esperanza de quien está obligado a partir, garantizándole vías seguras y legales, condiciones de acogida dignas y procesos reales de integración. Por otra, promover también el derecho a permanecer en la propia tierra en paz y seguridad, afrontando las causas profundas que obligan a migrar, incluidas las causas vinculadas a las injusticias económicas y a la crisis climática. Cuando estos derechos son respetados, las migraciones pueden ser una ocasión de encuentro y enriquecimiento mutuo entre los pueblos.

El desarrollo humano integral 

82. En la Encíclica Populorum Progressio, san Paul VI afirma que el desarrollo es auténtico sólo si es “integral”, es decir, dirigido a «promover a todos los hombres y a todo el hombre». [110] En los decenios sucesivos, la Doctrina social de la Iglesia ha retomado y profundizado esta expresión para indicar el modo concreto en el cual los grandes principios —dignidad, bien común, destino universal de los bienes, subsidiariedad, solidaridad y justicia social— se aplican en la historia. Por “desarrollo humano integral” entendemos un proceso en el cual el crecimiento de las personas y de los pueblos abarca todas las dimensiones de la existencia y abre el futuro también a las generaciones venideras.

83. El desarrollo, tanto para las personas como para las naciones, es una tarea y al mismo tiempo un derecho; requiere condiciones mínimas que hagan posible a cada persona y a cada pueblo madurar según la propia dignidad, sin ser mantenidos en dependencia o excluidos del acceso a los bienes necesarios. El desarrollo es humano cuando pone en el centro a las personas y no la acumulación de bienes, y cuando se refiere también a los pueblos, no sólo a los individuos. La justicia exige el reconocimiento de los derechos sociales y de los derechos de los pueblos, e incluye la responsabilidad hacia los que vendrán después de nosotros. Por eso no es humano un desarrollo que aumenta el consumo de algunos a expensas de costos y heridas en otros, o que relega regiones enteras a roles subordinados impidiéndoles expresar sus propias potencialidades. [111] El desarrollo es integral cuando no se reduce al ámbito económico, sino que promueve la calidad de vida en sus dimensiones espirituales, culturales, morales y relacionales, en el respeto a la Casa común, a la diversidad de los pueblos y a sus modos de vivir. [112]

84. La idea de desarrollo humano integral encuentra hoy un criterio decisivo de verificación en la ecología integral, convertida en una dimensión imprescindible de la Doctrina social de la Iglesia. La calidad del desarrollo, de hecho, se mide por su capacidad de mantener unidos, sin separar, la justicia hacia las personas y la custodia de la Casa común, favoreciendo condiciones de vida digna, acceso a los bienes necesarios, relaciones sociales justas, cuidado de la creación y atención a las generaciones futuras. De ahí se sigue que no es verdadero progreso aquello que aumenta el bienestar de algunos degradando los ecosistemas, descargando costos sobre las comunidades más vulnerables o comprometiendo las condiciones de vida de quienes vendrán después de nosotros. 

85. Así comprendido, el desarrollo humano integral es el horizonte en el cual se han de leer las transformaciones de nuestro tiempo, incluyendo las de la revolución digital. Las innovaciones tecnológicas —incluida la inteligencia artificial— no son neutrales; pueden aumentar la participación y la justicia, o ampliar las desigualdades, el control y la exclusión. Por eso, han de ser examinadas con una pregunta decisiva: ¿contribuyen realmente a hacer crecer a las personas y a los pueblos en humanidad y fraternidad, en el respeto a la Casa común y a las generaciones futuras? Es aquí donde los principios de la Doctrina social se vuelven criterios concretos de discernimiento en los ámbitos que afrontaremos en los próximos capítulos.

Un examen para la Iglesia

86. En conclusión, deseo tocar un punto que me preocupa de manera particular. La Doctrina social no es sólo una palabra dirigida a la sociedad; es también un examen de conciencia para la Iglesia, casa y escuela de comunión, siempre llamada a verificar que los principios expuestos en este capítulo se vivan sobre todo en su interior. El bien común, en el ámbito eclesial, toma el rostro de un estilo sinodal para la misión al servicio del Reino. La Iglesia, en efecto, es «el sujeto comunitario e histórico de la sinodalidad y de la misión». [113] Esto requiere atención al modo de tomar decisiones y de ejercer la responsabilidad. El Document final del Sínodo identifica, entre las prácticas decisivas para la transformación misionera, la cultura de la transparencia, la rendición de cuentas y la evaluación. [114]

87. En esta perspectiva, la subsidiariedad se convierte en un criterio de gobierno y de vida pastoral, que reconoce y sostiene la responsabilidad de los fieles y de los cuerpos intermedios eclesiales, valorando carismas y competencias, y evitando todo paternalismo que sofoca la libertad evangélica. Concretamente, la participación de los bautizados en los procesos de decisión y la corresponsabilidad en la misión pasan a través de organismos de participación reales, no nominales. [115]

88. La solidaridad, para la comunidad cristiana, tiene su fuente en el misterio de Cristo y se nutre de la Eucaristía. Esta nace de la comunión en la fe y en los sacramentos: el Bautismo y la Confirmación nos unen en Cristo, para que seamos un solo cuerpo y un solo espíritu, un solo corazón y una sola alma (cf. Ef 4,4; Actes 4,32). La Eucaristía, sacramento de la unidad, alimenta nuestra pertenencia al cuerpo de Cristo y nos enseña a compartir. Las diversas sensibilidades presentes en la Iglesia, las convicciones fuertes que animan a cada uno, son una riqueza si permanecen ancladas en la certeza de la unidad como don recibido y como tarea por asumir.

89. Vivir la justicia en la Iglesia significa sanear las relaciones y las estructuras eclesiales de aquellas distorsiones que generan desigualdades, falta de claridad y atropellos. Al respecto, la escucha de las víctimas de abusos espirituales, económicos, institucionales, sexuales, de poder y de conciencia es parte integrante de un camino de justicia, que comprende el reconocimiento del daño, la reparación justa y la prevención. Todo poder está al servicio de la comunión y la misión. Toda autoridad está al servicio del Pueblo de Dios. Esta diaconía se manifiesta no sólo en la fe celebrada y vivida en los sacramentos, y en la adopción de un estilo sinodal, sino también en el hecho de compartir concretamente los bienes. Siguiendo el ejemplo de la Iglesia primitiva, los recursos eclesiales están llamados a ser realmente comunes, para que entre nosotros no haya necesitados (cf. Actes 4,34) y para que su administración sostenga la misión de anunciar el Evangelio a los más pobres. Han de promoverse formas regulares de evaluación del ejercicio de las responsabilidades ministeriales, que no sean un juicio sobre las personas, sino instrumentos de formación y de corrección orientados a la misión. [116] Estos principios de la Doctrina social se encarnan en la vida eclesial en la medida en que estemos abiertos a la acción del Espíritu Santo. De ese modo, la Iglesia es capaz de ofrecer a la sociedad un signo creíble: porque buscar juntos el bien de todos, en la corresponsabilidad y en la fraternidad, no es una utopía, sino una posibilidad real. [117]

CAPÍTULO TERCERO

TÉCNICA Y DOMINIO.
LA GRANDEZA DE LA PERSONA HUMANA
ANTE LAS PROMESAS DE LA IA

90. Después de haber recordado los principios que iluminan la Doctrina social, deseo dirigir la mirada hacia algunos desafíos que afectan a nuestro modo de vivir este tiempo. La imagen bíblica que acompaña estas páginas es la de una construcción: por un lado, la torre de Babel, donde la obra común está guiada por un proyecto de dominio que termina por deshumanizar (cf. Gn 11,1-9); por otro lado, las ruinas de Jerusalén, que con Nehemías se reconstruyen pieza por pieza, como una labor de responsabilidad compartida (cf. Ne 2-6). Estamos llamados a interrogarnos sobre el gran proyecto de nuestra época: ¿qué estamos construyendo? Mientras el desarrollo tecnológico cambia rápidamente lenguajes, relaciones, instituciones y formas de poder, nosotros, los creyentes, debemos y podemos elegir en qué proyecto trabajar y con qué estilo, para custodiar y valorar la magnífica humanidad que nos ha sido brindada como don. No se trata de una decisión sobre nuestro futuro, sino sobre nuestro presente, porque la IA y las demás tecnologías emergentes ya son parte de nuestra vida cotidiana.

91. Me acompaña la convicción de que el modo concreto de vivir las relaciones sociales a la luz del Evangelio no está establecido de una vez para siempre, sino que sigue siendo una tarea confiada de generación en generación a la comunidad cristiana. Bajo la guía del Espíritu Santo, la Iglesia se deja iluminar por la Palabra, para leer los signos de los tiempos y buscar con creatividad nuevos caminos para que las relaciones entre las personas y los pueblos estén cada vez más de acuerdo con las exigencias del Reino de Dios. [118]Por eso animo a todos, de manera particular a los fieles laicos, a no tener miedo de dejarse interpelar por la realidad, de ponerse a la escucha recíproca y de asumir con firmeza la propia responsabilidad en la construcción de una sociedad más humana y fraterna.

El paradigma tecnocrático y el poder digital

92. En la Encíclica Laudato si' sur Pape François denunciaba el creciente afianzamiento de un paradigma tecnocrático [119] en el mundo globalizado: la tendencia a dejar que la lógica de la eficiencia, del control y del lucro gobierne por sí sola las decisiones personales, sociales y económicas. Así se manifiesta con mayor evidencia que la técnica no es un simple instrumento y que, cuando se vuelve criterio, termina por establecer qué cuenta y qué puede descartarse, reduciendo la creación a un objeto de explotación y a las personas a engranajes de un sistema que sea cada vez más eficaz.

93. Este paradigma se ha extendido rápidamente en los últimos años, también como efecto de la difusión de la IA, las ciencias cognitivas, la nanotecnología, la robótica y la biotecnología. En sí mismas, dichas innovaciones pueden ser una gran ayuda para el desarrollo humano integral y el cuidado de la Casa común. Pero, precisamente por su poder, pueden actuar como un acelerador del paradigma tecnocrático y, por ello, necesitan un nuevo marco espiritual, ético y político. Más poderoso no significa necesariamente mejor. En este sentido, siguen siendo actuales las palabras de Romano Guardini: «El hombre moderno no está preparado para utilizar el poder con acierto». [120]

94. El peligro de que la humanidad sea víctima de sus propias conquistas había sido ya percibido con lucidez por san Paul VI, cuando advertía que «los progresos científicos más extraordinarios, las proezas técnicas más sorprendentes, el crecimiento económico más prodigioso, si no van acompañados de un auténtico progreso social y moral, se vuelven, en definitiva, contra el hombre». [121] Por eso el progreso técnico, valioso en sí mismo, requiere un discernimiento sobre la visión antropológica que lo guía y los fines que persigue. Si el desarrollo tecnológico avanza sin una adecuada maduración ética y social, puede suceder que aumenten los medios sin que crezca en la misma medida la humanidad: se “tiene más”, pero no se “es más”, y la persona corre el riesgo de ser valorada principalmente en base al rendimiento que ofrece. [122]

95. Aquí es necesario reconocer un aspecto decisivo, que ya he mencionado antes: en muchos casos, en el contexto digital, el control de las plataformas, las infraestructuras, los datos y la capacidad de cálculo no es prerrogativa de los estados, sino de grandes actores económicos y tecnológicos que, de hecho, determinan las condiciones de acceso, las reglas de visibilidad y las mismas posibilidades de participación. Cuando un poder de tal magnitud se concentra en pocas manos, tiende a hacerse opaco y a eludir el control público, y crece el riesgo de un desarrollo distorsionado que provoca nuevas dependencias, exclusiones, manipulaciones y desigualdades.

96. Frente a esta concentración de poder en el mundo digital, los grandes principios de la Doctrina social se convierten en criterios para juzgar y discernir el nuevo escenario: la dignidad inalienable de la persona, el bien común, el destino universal de los bienes, la subsidiariedad, la solidaridad y la justicia social. Estos principios exigen verificar si el poder de las infraestructuras digitales y de los algoritmos favorece realmente la participación y la responsabilidad, protege a los más vulnerables, asegura un acceso equitativo a las oportunidades y se ordena al bien de todos. Con estas premisas podemos entonces considerar más de cerca qué es la inteligencia artificial, qué posibilidades abre y qué riesgos comporta. 

La inteligencia artificial

97. No es mi intención ofrecer aquí un tratado sobre la inteligencia artificial, ni recorrer una bibliografía que ya es muy amplia; existen actualmente contribuciones importantes, también en el ámbito eclesial, a las que es posible hacer referencia. [123] Me limito a recordar algunos elementos esenciales para un discernimiento moral y social que proteja el primado de la persona, con el fin de que sea siempre la inteligencia humana, con su conciencia y su libertad, la que guíe las innovaciones técnicas y establezca con responsabilidad su uso y sus límites.

98. Es oportuno anteponer dos consideraciones: la primera es que cualquier afirmación sobre la IA corre el riesgo de quedar obsoleta en poco tiempo, dada la impresionante velocidad de desarrollo de estos sistemas. En segundo lugar, todos nosotros, incluidos quienes los diseñan, sabemos muy poco sobre su funcionamiento efectivo. Las inteligencias artificiales modernas están más “cultivadas” que “construidas”: los desarrolladores no diseñan directamente cada detalle, sino que crean una arquitectura sobre la cual la IA “crece”. En consecuencia, los aspectos científicos fundamentales —como las representaciones internas y los procesos computacionales de estos sistemas— siguen siendo desconocidos. Se manifiesta, por tanto, la urgencia de un doble compromiso: por una parte, una profundización de la investigación científica; por otra, un ejercicio de discernimiento moral y espiritual.

99. No es posible dar una definición única y completa de la IA. Lo que podemos decir es que hay que evitar el equívoco de equiparar esta “inteligencia” a la humana. Estos sistemas imitan ciertas funciones de la inteligencia humana. Al hacerlo, a menudo la superan en velocidad y amplitud de cálculo, ofreciendo beneficios concretos en numerosos campos. Y, sin embargo, esta potencia sigue ligada exclusivamente al tratamiento de datos: las denominadas inteligencias artificiales no viven una experiencia, no poseen un cuerpo, no pasan por la alegría y el dolor, no maduran en las relaciones ni conocen desde dentro lo que significan el amor, el trabajo, la amistad y la responsabilidad. Tampoco tienen una conciencia moral: no juzgan el bien y el mal, no captan el sentido último de las situaciones ni asumen el peso de las consecuencias. Pueden imitar lenguajes, comportamientos, valoraciones; pueden simular empatía o comprensión, pero no conocen lo que producen, porque no residen en el horizonte afectivo, relacional y espiritual en el que el ser humano se vuelve sabio. Incluso cuando dichos instrumentos se presentan como capaces de “aprender”, lo hacen de modo diferente al de la persona humana. No es la experiencia de quien se deja modelar por la vida y crece en el tiempo por medio de decisiones, errores, perdón y fidelidad; es más bien una adaptación estadística a partir de datos y retroalimentaciones, que puede ser muy eficaz, pero no implica un crecimiento interior.

Una ayuda valiosa que requiere atención

100. A la luz de cuanto se ha dicho, podemos comprender mejor por qué la IA puede ser una valiosa ayuda y, al mismo tiempo, exija un enfoque prudente y cauteloso. En los últimos años su uso privado ha crecido notablemente, y desde distintos ámbitos se reflexiona sobre las oportunidades y los riesgos vinculados a su rápida difusión. En el uso personal, tres aspectos, en particular, deben ser tenidos en especial consideración: la facilidad para lograr el resultado, la impresión de objetividad y la simulación de la comunicación humana. La velocidad y la sencillez con la que es posible obtener indicaciones, elaboraciones complejas, contenidos mediáticos y formas de asistencia concreta simplifican nuestras vidas, pero también pueden acostumbrarnos a delegar demasiado y a buscar respuestas rápidas, debilitando el juicio personal y la creatividad. La impresión de objetividad que las respuestas y las propuestas de estos sistemas pueden suscitar, corre el riesgo de hacernos olvidar que estas reflejan los parámetros culturales de quienes las han proyectado y adiestrado, con todas sus virtudes y defectos. La imitación artificial de una comunicación humana positiva —palabras de consejo, de empatía, de amistad, de amor— puede resultar gratificante e incluso útil, pero en usuarios poco conscientes puede inducir a engaño y dar la falsa impresión de estar en una relación con un auténtico sujeto personal. Cuando la palabra es simulada, esta no construye una relación, sino una apariencia. La imitación artificial de la relación de cuidado o de acompañamiento puede ser peligrosa cuando se introduce en un contexto pobre de relaciones y de afectos reales; entonces el riesgo no es tanto que una persona crea que está hablando con otra persona, sino que pierda el deseo mismo de buscar realmente al otro.

101. Ampliando la mirada al uso de la IA en nuestras sociedades, constatamos que ya está presente en procesos de decisión en todos los ámbitos y a diversos niveles: en la comunicación, la gestión y el control. Las ventajas en términos de eficiencia y las potencialidades de mejora de algunos servicios son evidentes; sin embargo, una adopción rápida y acrítica nos expone a diversos riesgos, como el de subestimar el impacto ambiental. Los actuales sistemas de IA requieren grandes cantidades de energía y agua, inciden de manera significativa en las emisiones de anhídrido carbónico y consumen recursos de manera intensiva. Con el aumento de la complejidad, sobre todo en los grandes modelos lingüísticos, crecen también las necesidades de potencia de cálculo y capacidad de almacenamiento, que se apoyan en un conjunto de máquinas, cables, centros de datos e infraestructuras consumidoras de energía. Por eso es esencial desarrollar soluciones tecnológicas más sostenibles para reducir el impacto sobre el medioambiente y cuidar nuestra Casa común. [124]

Responsabilidad, transparencia y gobernanza de la IA

102. El uso de la IA nunca es un hecho puramente técnico: cuando entra en procesos que inciden en la vida de las personas, afecta a sus derechos, oportunidades, reputación y libertad. Las decisiones delicadas que repercuten en el trabajo, el acceso a créditos y a otros servicios, y la reputación de las personas, corren el riesgo de ser confiadas completamente a sistemas automatizados que no conocen «la compasión, la misericordia, el perdón y, sobre todo, la apertura a la esperanza de cambio en el individuo», [125] pudiendo así producir nuevas formas de descarte. Puede haber usos evidentemente antihumanos, como la manipulación de la información o la violación de la privacidad, pero puede haber también un engaño menos evidente, cuando los sistemas de IA, presentándose como neutrales y objetivos, reflejan y refuerzan estereotipos o posiciones ideológicas de quienes los han diseñado y programado.

103. Confiar, en la práctica, a un algoritmo el poder de seleccionar quién es digno y quién no, sin que nadie asuma el peso de la decisión, significa encomendarle la tarea de redefinir los límites de las posibilidades humanas. Lo que disminuye, en este proceso, no es sólo la empatía hacia el excluido, que puede ser imitada artificialmente, sino la responsabilidad política, porque el descarte de los débiles queda revestido de una neutralidad y una objetividad ante las cuales es imposible protestar. Y, de ese modo, la injusticia se realiza silenciosamente y la compasión, la misericordia y el perdón, no como simple apariencia, sino como gestos políticos, desaparecen del horizonte.

104. De esto se deriva una consecuencia sencilla pero apremiante: no podemos considerar a la IA como moralmente neutra. En realidad, todo artefacto técnico lleva consigo decisiones y prioridades: lo que mide, lo que ignora, lo que optimiza y el modo en que clasifica personas y situaciones. Si un sistema se concibe o emplea tratando algunas vidas como menos dignas, o las excluye sin posibilidad de apelación, no es un simple instrumento que “hay que usar correctamente”; introduce ya un criterio que contradice la dignidad inalienable de la persona. Por eso, el discernimiento ético no se puede limitar a preguntarse si usamos un determinado sistema para un fin bueno o malo, sino que debe interrogarse también sobre el modo en el que está diseñado y qué idea de persona y de sociedad queda inscrita en los datos y en los modelos que lo guían. [126]

105. Para que la IA respete la dignidad humana y sirva realmente al bien común, es esencial que las responsabilidades estén claras en todas las etapas: desde quienes diseñan y programan los sistemas hasta quienes los utilizan y quienes resuelven confiarles las decisiones concretas. En muchos casos, sin embargo, los procesos internos que conducen a un resultado pueden ser poco transparentes, y eso hace más difícil atribuir responsabilidades y corregir los errores. Es aquí donde se vuelve decisivo lo que llamamos “responsabilidad”( accountability): la posibilidad de identificar quién debe “rendir cuentas” de las decisiones, motivarlas, controlarlas y, cuando es necesario, cuestionarlas y remediar los daños que derivan de ellas. [127]

106. Pedir prudencia, controles rigurosos y, en ocasiones, también una ralentización en la adopción de la IA no significa estar en contra del progreso, sino ejercitar un cuidado responsable hacia la familia humana. Esta exigencia es aún más urgente porque existe a menudo un desequilibrio entre la velocidad del desarrollo tecnológico y el ritmo al que maduran la conciencia, las normas, los controles y las instituciones capaces de gobernar sus efectos. No basta invocar genéricamente la ética; se necesitan marcos jurídicos adecuados, vigilancia independiente, educación de los usuarios, una política que no renuncie a su tarea. De otro modo, el cambio será gobernado sólo por lógicas tecnocráticas y presentado como necesario e imprescindible, terminando por imponer reglas dictadas por quienes poseen datos, infraestructuras y capacidad de cálculo.

107. No podemos limitarnos a invocar la moralización de la máquina, la denominada “alineación” de la IA con los valores humanos, sin tener la valentía de poner una condición ulterior: la posibilidad de discutir el código ético que debe ser usado, sometiéndolo a criterios de justicia social compartida. De lo contrario, quien controla la IA impondrá su propia visión moral, que se convertirá en la infraestructura invisible de los sistemas. No serviría de nada una IA más moral, si esta moral es decidida por unos pocos. Se necesita una política más presente, capaz de ralentizar donde todo acelera y de proteger los espacios en los que las comunidades pueden seguir participando e interrogándose.

108. En efecto, como ocurre con todo gran avance tecnológico, la IA tiende a aumentar sobre todo el poder de quien ya dispone de recursos económicos, competencias y acceso a los datos. A la luz del bien común y del destino universal de los bienes, este fenómeno suscita seria preocupación: pequeños grupos muy influyentes pueden orientar informaciones y consumos, condicionar procesos democráticos e incidir en las dinámicas económicas en beneficio propio, contradiciendo la justicia social y la solidaridad entre los pueblos. Por eso es indispensable que el uso de la IA —sobre todo cuando involucra bienes públicos y derechos fundamentales— esté acompañado de criterios claros y controles efectivos, inspirados en la participación y la subsidiariedad; las comunidades y los cuerpos intermedios no pueden ser reducidos a destinatarios de decisiones tomadas en otros lugares, sino que deben poder contribuir al discernimiento y a la vigilancia. Además, la propiedad de los datos no puede confiarse sólo al sector privado, sino que debe reglamentarse. Estos son fruto del aporte de muchos y no pueden ser vendidos o confiados a unos pocos. Hace falta una creatividad capaz de gestionarlos como uno de los bienes comunes o colectivos, en la lógica del compartir, como ya sugería Saint Jean Paul II a propósito de los bienes colectivos. [128]

109. Los principios de la Doctrina social nos ayudan a leer esta nueva realidad. En un mundo donde pocos sujetos concentran datos, capital informático y capacidad normativa, hablar de bien común significa desenmascarar esta nueva asimetría epistémica, económica y política, nombrando los nuevos monopolios de la IA. Hablar de destino universal de los bienes significa encontrar modos de asegurar el acceso universal a las tecnologías y a la formación. Hablar de subsidiariedad exige proteger la capacidad de las comunidades de decidir y corregir, sin relegar su intervención a una vigilancia posterior, una vez que los estándares hayan sido establecidos en otro sitio. Hablar de solidaridad obliga a reconocer el trabajo invisible, a menudo explotado, que alimenta los modelos algorítmicos. Hablar de justicia pide cuestionar las geografías del poder que definen quién puede programar los modelos y quién es sólo objeto de esa programación, y reconocer que la justicia social no es sólo un objetivo que hay que tutelar después de la adopción de las tecnologías, sino una condición que se debe poner en práctica desde su diseño.

110. Quisiera, por último, usar una palabra muy importante para mí: “desarmar”. Desarmar la IA significa sustraerla a la lógica de la competencia armamentística, que hoy ya no es sólo militar sino económica y cognitiva. Es la carrera por el algoritmo más eficaz y por el banco de datos más amplio, para consolidar una ventaja geopolítica o comercial sobre todos los demás. Desarmar quiere decir romper esta equivalencia entre poder tecnológico y derecho a gobernar. Desarmar no significa renunciar a la tecnología, sino impedirle el dominio sobre lo humano. Significa sustraerla a los monopolios, hacerla discutible, refutable, y por tanto habitable, restableciendo en ella la pluralidad de las culturas humanas y de las formas de vida. La tarea, hoy, no es sólo ética o técnica; es ecológica en el sentido más radical, porque interpela una nueva dimensión de nuestra Casa común. La IA es ya un ambiente en el que estamos inmersos y un poder que debemos afrontar. Por eso, no basta regularla; es necesario desarmarla y hacerla acogedora.

111. Hago un vehemente llamamiento a quienes desarrollan sistemas de IA. La innovación tecnológica puede ser, en cierto modo, una forma humana de participación en el acto divino de la creación. Los desarrolladores llevan, por tanto, un importante peso ético y espiritual, ya que cada elección de proyecto expresa una visión de la humanidad. Así como el autor de una obra artística o literaria está obligado a considerar los valores que manifiesta, así también ellos están llamados a tratar con la debida seriedad los valores que infunden en sus proyectos: con transparencia, con responsabilidad hacia las comunidades involucradas y con atención a verificar que lo que se cultiva sea realmente un bien.

Lo que no podemos perder

112. Después de haber recordado las cuestiones de la responsabilidad y del gobierno de la IA, es necesario volver a nuestro tema central: qué significa custodiar lo humano. El riesgo no es sólo que algunas tecnologías se usen mal, sino que el paradigma tecnocrático en el que estamos inmersos, potenciado por la revolución digital y la IA, haga parecer justa y normal una visión antihumana, según la cual la plenitud de la vida consistiría en tener más, reducir la fragilidad, eliminar lo imprevisto y controlarlo todo. Cuando la eficiencia se vuelve medida de valor, el ser humano es tentado a considerarse como un proyecto que debe optimizarse más que como una criatura llamada a la relación y a la comunión.

113. En realidad, absolutizar una sola dimensión del ser humano es siempre erróneo. En efecto, no es sólo la carencia lo que genera desorden. También aquello que crece sin medida puede convertirse en una forma de pobreza. En un ecosistema, la armonía se rompe cuando una sola especie prolifera en detrimento de las demás; en lo humano, ocurre lo mismo cuando una facultad pretende ser la medida de todo. Así, la inteligencia, si se absolutiza, termina por velar otras dimensiones esenciales de la vida: el afecto, la voluntad, la entrega y la relación. El poder técnico, si no se equilibra, no nos hace más capaces; nos aísla, y nos expone aún más a lógicas de dominio y de exclusión. No se trata ciertamente de oponerse a la inteligencia, sino de recordar que, cuando se repliega en sí misma, olvida que ha sido hecha para servir a la vida y a la persona humana. 

114. La calidad de una civilización se mide no por el poder de sus medios, sino por el cuidado que sabe ofrecer, por la capacidad de reconocer un rostro en el otro y no una función. La capacidad de saber cuidarnos los unos a los otros es una dimensión importante de nuestro ser humano. Esta capacidad se aprende y se perfecciona con la experiencia. Leer cuentos a un niño, acompañar a una persona anciana o hacer acogedor un espacio, son gestos que se viven en un ambiente familiar, pero que nos ayudan a aprender y a interiorizar la importancia del cuidado a nivel social y nos entrenan para reconocer al otro como persona digna de atención. La tecnología puede sostener también el cuidado mutuo entre personas, por ejemplo si ofrece instrumentos que ayuden a prever y organizar, sin despojar al ser humano de su libertad y de su juicio, en cuanto sujeto de relaciones y responsable de decisiones.

Narrativas de fondo: transhumanismo y posthumanismo

115. Tratando de hacer emerger los presupuestos culturales que acompañan la revolución digital en curso, quisiera ahora dirigir la atención a algunas corrientes que interpretan el progreso como una superación del ser humano y que podemos clasificar con los nombres de transhumanismo y posthumanismo. Estas corrientes constituyen el trasfondo ideológico que reside en algunos centros de poder tecnológico y colonizan el imaginario colectivo de forma simplificada, especialmente en los medios y en las redes sociales, induciendo el entusiasmo por las nuevas tecnologías con una visión futurista de “humanidad potenciada” o de “hombre hibridado” con la máquina.

116. El transhumanismo y el posthumanismo comprenden en su interior una pluralidad de corrientes y sensibilidades, y resulta difícil hacer una descripción unívoca de ellas. Pueden ser comparadas con un archipiélago de islas conceptuales diferentes, pero unidas por el mismo mar de presupuestos: la centralidad de la técnica y el sueño de superar los límites de la condición humana. En general, el transhumanismo imagina una potenciación del ser humano por medio de las tecnologías —biomedicina, ingeniería del cuerpo, dispositivos, algoritmos—, con la aspiración de incrementar el rendimiento y las capacidades. El posthumanismo, sobre todo en sus versiones más radicales, va más allá: critica el antropocentrismo y plantea una forma de hibridación entre el ser humano, la máquina y el ambiente, hasta imaginar que atravesará el umbral en el que la humanidad se superará a sí misma, entrando en una nueva etapa evolutiva. Aun cuando estas hipótesis siguen siendo en gran parte especulativas, van adquiriendo relevancia, porque modifican el imaginario colectivo y, en consecuencia, orientan las decisiones sociales, económicas y políticas. [129]

117. El punto crítico, a la luz de la Doctrina social de la Iglesia, no es el uso de la técnica en cuanto tal, sino la visión que allí subyace; si el ser humano es tratado como materia para ser perfeccionada o superada, entonces se vuelve más fácil aceptar que algunos sean considerados menos útiles, menos deseables, menos dignos. En nombre del progreso se puede llegar a pensar en “sacrificios necesarios”, y hacer pagar a los más vulnerables el precio de una presunta optimización de la especie. La ya mencionadaadvertencia de san Paul VI sigue siendo una gran intuición: realmente las conquistas de la ciencia y de la técnica, desvinculadas del progreso moral y social, terminan por volverse contra el hombre. [130] Por ello es necesario distinguir con claridad: una cosa es integrar las tecnologías en una visión humana y relacional; otra es dejarse guiar por un imaginario que desprecia el límite y promete una “salvación” puramente técnica.

El límite, el corazón, la grandeza del ser humano

118. Hoy nuestra relación con la vida parece estar en crisis. Todo lo que representa un “límite” —incapacidad, enfermedad, ancianidad, sufrimiento, vulnerabilidad— tiende a ser leído principalmente como un defecto que hay que corregir, más que como un espacio en el que el ser humano madura y se abre a la relación. En cambio, debemos recordar que el ser humano no florece malgré de la limite, mais souvent à travers del límite. Una visión de la realidad a la luz de la fe ayuda a reconocer lo que llamamos “contingencia” de las cosas de este mundo. Si por un lado es necesario tratar de eliminar el sufrimiento que marca la vida humana, por el otro, es sabio reconocer nuestra finitud constitutiva, sabiendo que «la experiencia religiosa, en particular la fe cristiana, proponen habitar sin simplificaciones esta ambivalencia entre la grandeza y el límite de lo humano, interpretándola a la luz de la relación originaria y fundante con Dios». [131]

119. Es precisamente en nuestro ser limitados donde encuentran lugar la compasión, la sincera preocupación ante las necesidades de los demás, la generosidad que sorprende incluso en medio de la oscuridad y el fracaso, la experiencia espiritual y la adoración a Dios. Lo vemos en tantos momentos en los que el límite se hace tangible en nuestra vida: cuando recibimos un rechazo, cuando sufrimos a causa de la enfermedad o la muerte de una persona amada, cuando experimentamos la incapacidad o el error. Misteriosamente, es en estos casos que podemos encontrar una nueva sabiduría, palpar el afecto de las personas y experimentar la presencia del Señor.

120. Aun cuando el límite se manifiesta como dolor interior, la sensatez humana enseña a no negarlo ni eliminarlo, sino a integrarlo. Para eliminar totalmente el dolor sería necesario, a fin de cuentas, apagar también el amor y el deseo. Quien ama y desea, en efecto, no puede evitar atravesar la prueba y el sufrimiento, y por eso, a lo largo de los años conservamos en nosotros enseñanzas que quedan marcadas como cicatrices, memoria del camino realizado entre libertad y caídas, sueños y decepciones. Sólo gracias al entramado de estos elementos, se realizan en el corazón esas maravillas interiores que nos hacen saborear el gusto más dulce de nuestro ser humanos. [132] Renunciar a esta aventura, al mismo tiempo dramática y espléndida, en nombre de una presunta superación de todo límite podría ser cualquier cosa, pero no significaría ser humanos.

121. La corrupción moral de nuestro límite creatural —el mal que evidentemente agita el corazón del hombre— arruina la sociedad y la vida, llegando incluso a extremos de deshumanidad. Y, sin embargo, también esta dolorosa forma de límite deja resquicios al bien. Aun cuando el ser humano se deshumaniza y provoca tragedias, una pequeña luz sigue brillando en la humanidad y sigue siendo capaz de reavivarse, con la gracia de Dios, recorriendo caminos de conversión y reconciliación. Viktor Frankl decía justamente que en los momentos de horror «hemos llegado a conocer al hombre en estado puro: el hombre es ese ser capaz de inventar las cámaras de gas de Auschwitz, pero también es el ser que ha entrado en esas mismas cámaras con la cabeza erguida y el Padrenuestro o el Shemá Israel en los labios». [133]

122. La finitud, cuando se acoge en la verdad, no empobrece al ser humano, sino que lo abre al reconocimiento del rostro de Dios y del otro. Por lo demás, precisamente porque experimenta el límite —la vulnerabilidad, el dolor, el fracaso— puede reconocer la dignidad propia y ajena como inviolable. Y en la misma experiencia del límite, sigue siendo capaz de intuir una fraternidad más grande que él mismo y de reconocer la injusticia como escándalo. La cultura y el arte, cuando son auténticos, custodian esta chispa, impidiendo la normalización del mal. De ese modo, algunas obras han asumido un valor casi profético: la Novena Sinfonía de Beethoven como deseo de unidad; Guernica como denuncia de la deshumanización; Dans la lista de Schindler como una invitación a no entregar el pasado al olvido.

123. La historia no se presenta sólo como el catálogo de nuestras acciones violentas, sino también como la prueba de que el ser humano sabe fundar instituciones capaces de proteger la vida común. En los últimos dos siglos lo vemos en algunos acontecimientos emblemáticos: el nacimiento del Comité Internacional de la Cruz Roja (1863), cuya neutralidad operativa garantiza un cuidado compasivo para todos; el largo proceso que ha llevado a la abolición de la esclavitud, que no ha sido un simple cambio jurídico, sino una transformación de la conciencia; la fundación de la Organización de las Naciones Unidas (1945) y la Declaración Universal de los Derechos Humanos (1948), que han fijado un lenguaje común para decir, al menos como ideal compartido, que la dignidad es universal; la Convención sobre los refugiados (1951), que reconoce un deber de protección hacia los que huyen de persecuciones y amenazas. En estos ejemplos, el deseo de bien se traduce concretamente en formas públicas —normas, instituciones, prácticas— capaces de limitar la fuerza y defender a los vulnerables. Pero nada de eso ha surgido sin ser enfrentado por resistencias, intereses mezquinos e inercias culturales. Las conquistas morales tienen casi siempre el rostro de un camino largo y fatigoso, marcado también por contratiempos; pensemos en los procesos de paz interrumpidos o en la lenta aplicación de los compromisos ambientales. Aun así, precisamente la fragilidad de estos resultados demuestra cuán preciosa es la responsabilidad de quienes los inician y los sostienen.  

124. Algunos acontecimientos ayudan a ver que la historia puede cambiar cuando al menos un solo hombre o una sola mujer se toma realmente en serio la dignidad de todos: el movimiento por los derechos civiles en los Estados Unidos de América, vinculado al testimonio de Martin Luther King Jr., o el fin del apartheid en Sudáfrica después de la liberación de Nelson Mandela y su decisión de no poner el futuro en manos del odio. En diversos contextos se han distinguido además mujeres valientes y generosas como santa Laura Montoya, santa Teresa de Calcuta, Dorothy Day, Maria Skłodowska-Curie, Maria Montessori, Elisabeth Elliot, Wangari Maathai, Benazir Bhutto y tantas otras de todos los continentes, que con su esfuerzo han contribuido a hacer más humana la historia.

125. Junto a estos signos públicos, existe una trama más discreta pero decisiva: las comunidades religiosas que eligen lugares pobres y peligrosos; los mártires de la fraternidad y de la justicia como san Maximiliano María Kolbe, san Óscar Romero y el beato Enrique Angelelli, junto con testigos que han encarnado, en condiciones duras y a menudo inhumanas, la esperanza del Evangelio y la dignidad del hombre, como el venerable François-Xavier Nguyễn Văn Thuận. Y, sobre todo, los “mártires de lo cotidiano” que curan, educan, acompañan y consuelan discretamente, como los padres de familia, los enfermeros, los médicos, los voluntarios y las personas que están junto a los ancianos o a los excluidos. Su testimonio muestra que el bien no progresa de manera automática, sino que requiere perseverancia, memoria y una conversión que hace capaces de recomenzar incluso después de las derrotas.

126. Precisamente esta convergencia de instituciones justas, testimonios creíbles y fidelidades cotidianas mantiene viva la esperanza e indica una dirección: hacer que la técnica crezca sin que se repliegue el corazón. Por eso la humanidad —magnífica y herida— no debe ser sustituida ni superada; puede acoger los progresos de la técnica para aliviar los sufrimientos y abrir posibilidades nuevas, siempre que no reniegue de aquello que la hace ser ella misma, es decir, la capacidad de relación y de amor. A este punto se impone una pregunta decisiva: si existe un auténtico “más que humano”, ¿dónde se encuentra? La fe cristiana responde indicando una plenitud que no deriva de una divinización tecnológica, sino de aquella que produce la gracia de Dios, recibida en Cristo.

El verdadero “más que humano”: gracia y humanismo cristiano

127. La expresión “más que humano” no pertenece sólo al lenguaje de las promesas técnicas. Desde hace siglos, la tradición cristiana afirma que el ser humano no está encerrado en los límites de la propia naturaleza, sino que está llamado a trascenderse a sí mismo; no para huir de la realidad o despreciar el límite, sino para realizarse en el amor. La fe conoce un “más allá” que nace del don de Dios. Esta transformación es obra del Espíritu Santo. Como enseñaba santo Tomás de Aquino, este proceso de elevación y transformación «sobrepasa la capacidad de la naturaleza humana» [134], porque hay una distancia infinita [135] entre nuestra naturaleza y la vida de Dios. Sin embargo, es posible ser introducidos en el seno de esa vida inextinguible, incluso mientras caminamos entre los límites de este mundo. Y quien hace posible este camino sólo puede ser el Infinito que se da: es Dios mismo quien supera la desproporción “infinita”. [136] Así se realiza la re-creación de lo humano: «El que vive en Cristo es una nueva criatura: lo antiguo ha desaparecido, un ser nuevo se ha hecho presente» ( 2 Co 5,17).

128. Cuando aceptamos esta posibilidad de trascendernos a nosotros mismos con la gracia de Dios no renegamos de nosotros mismos, no nos volvemos menos humanos. Por el contrario, como explicaba el Pape François, «llegamos a ser plenamente humanos cuando somos más que humanos, cuando le permitimos a Dios que nos lleve más allá de nosotros mismos para alcanzar nuestro ser más verdadero». [137] Aquí se encuentra la diferencia radical respecto a los sueños prometeicos: lo que salva lo humano no es la autosuficiencia potenciada, sino una relación que libera, una comunión que transforma. Frente a esto, una tecnología que clasifica y optimiza lo que ya existe puede ser, sin querer, un obstáculo al cambio y al crecimiento. Para un algoritmo, el error es algo que hay que corregir; para una persona, puede ser el inicio de un cambio profundo. El futuro de una persona no es calculable, sino que está confiado a su libertad ―elevada por la inagotable gracia divina― y a las relaciones que cultiva.

Dos ciudades y dos amores

129. El humanismo cristiano no rechaza la ciencia ni la técnica, sino que las asume con gratitud y realismo, y las sitúa “con los pies en la tierra” dentro de una vocación más alta. La inteligencia creativa del ser humano es un don que puede aliviar sufrimientos y abrir nuevas posibilidades, pero debe permanecer ordenada al bien común, a la justicia, al cuidado de los frágiles y de la creación. En este sentido, la verdadera alternativa no está entre el entusiasmo y el miedo, sino entre dos modos de construir: un progreso que sirve a la persona y a los pueblos, o un progreso que los doblega a lógicas de poder. Al final, la pregunta decisiva sigue siendo la indicada por Saint Jean Paul II: la IA, ¿«hace la vida del hombre sobre la tierra, en todos sus aspectos, “más humana”?; ¿la hace más “digna del hombre”?». [138] Si la respuesta es “sí”, entonces podemos reconocer en ella una posibilidad buena para usar con responsabilidad, en un camino de reconstrucción compartida y paciente, según el modelo del renacimiento de Jerusalén narrado en el libro de Nehemías. Si, en cambio, el poder crece mientras el corazón se marchita y los vínculos se rompen, entonces estamos frente a una nueva versión de Babel: una construcción grandiosa, pero inhumana.

130. Interrogarnos sobre esta alternativa de progreso y sobre nuestro modo de interpretarlo y vivirlo significa siempre, a fin de cuentas, examinar también nuestro corazón. De hecho, el modo en el que pensamos y estructuramos las relaciones, el trabajo y las instituciones, manifiesta nuestros valores fundamentales y, en definitiva, nace de lo que tenemos en el corazón. Es un amor que nos guía: aquello que amamos realmente, como individuos y como sociedad, orienta nuestra vida y nuestras acciones. San Agustín describe la historia humana como un lugar de lucha entre dos amores, que han construido dos modos de habitar el mundo y de convivir, dos “ciudades”: por un lado, el amor a Dios y al prójimo; por otro, únicamente el amor a sí mismo. «Dos amores han dado origen a dos ciudades: el amor de sí mismo hasta el desprecio de Dios, la terrena; y el amor de Dios hasta el desprecio de sí, la celestial». [139] Como en toda la historia humana, también hoy estos dos amores luchan en nuestro corazón por el predominio. El tiempo de la IA no escapa a esta regla: la construcción de Babel o la de Jerusalén comienza en cada uno de nosotros.

CAPÍTULO CUARTO

CUSTODIAR LO HUMANO EN LA TRANSFORMACIÓN.
VERDAD, TRABAJO, LIBERTAD

131. Tras haber esbozado el panorama en el que se inscribe el reto de la transformación tecnológica, en particular el vinculado con la IA y las corrientes transhumanistas y posthumanistas, no podemos limitarnos a simples análisis generales. Cuando cambian los lenguajes y las herramientas, también cambian los gestos cotidianos y las relaciones sociales. Por ello, es necesario detenerse en algunos ámbitos en los que estas transformaciones tienen repercusiones muy concretas, a veces dramáticas. A la luz de los principios de la Doctrina social de la Iglesia, la transformación digital nos pide redescubrir la verdad como bien común, proteger la dignidad del trabajo y salvaguardar la libertad frente a toda dependencia y mercantilización.

La verdad como bien común

Verdad y democracia

132. El uso de las plataformas digitales y los sistemas de IA acelera los profundos cambios en la comunicación pública y política. Herramientas que podrían favorecer el debate y la participación se utilizan a menudo para construir narrativas sesgadas y difuminar los límites entre lo verdadero y lo falso, mezclando datos y opiniones. La desinformación no surge con la IA, pero encuentra hoy en ella un potente multiplicador. La posibilidad de manipular contenidos, imágenes y vídeos expone a los ciudadanos a perspectivas parciales o engañosas. El problema afecta a la dimensión cultural y moral, ya que la calidad de la comunicación pública depende directamente de la confianza social y repercute en ella. Una información veraz, de hecho, no surge de un control centralizado o automatizado. En el discurso público, la verdad de los hechos tiene una dimensión racional, ya que requiere verificación, cotejo de fuentes y responsabilidad argumentativa; pero es aún más relacional: se construye a través de vínculos de confianza y prácticas compartidas, en un diálogo honesto con los demás y con el mundo. Sólo la búsqueda compartida de la verdad de los hechos, asumida como bien común, puede sentar las bases de una comunicación justa.

133. Quienes disponen de poderosos recursos técnicos y económicos —y, con ellos, también de muchos recursos humanos para intervenir— tienen una gran capacidad para provocar cambios culturales y, en última instancia, para convencer a un número significativo de personas acerca de cuál es la verdad sobre el ser humano, sobre el mundo, sobre el sentido de la existencia, sobre la familia, e incluso sobre Dios. Se trata de puro poder carente de verdad, que impone sutil o abiertamente lo que quiere que los demás consideren como verdadero. Detrás de todo ello hay una raíz enferma difícil de reconocer: el hecho de que «el hombre moderno tiene la errónea convicción de ser el único autor de sí mismo, de su vida y de la sociedad. Es una presunción fruto de la cerrazón egoísta en sí mismo». [140] Por ello, cree que puede construir la realidad y que lo que mejor se adapte a sus pretensiones es válido. Saint Jean Paul II reflexionó sobre las consecuencias de la “crisis en torno a la verdad”, llegando a afirmar que, «abandonada la idea de una verdad universal sobre el bien, que la razón humana puede conocer, ha cambiado también inevitablemente la concepción misma de la conciencia». [141]De este modo, disminuye el reconocimiento de verdades universalmente válidas que nos preceden y que la conciencia debe aceptar. Esto llevó al Pape François a preguntarse con realismo: «¿Qué es la ley sin la convicción alcanzada tras un largo camino de reflexión y de sabiduría, de que cada ser humano es sagrado e inviolable?», y a concluir: «Para que una sociedad tenga futuro es necesario que haya asumido un sentido respeto hacia la verdad de la dignidad humana, a la que nos sometemos. Entonces no se evitará matar a alguien sólo para evitar el escarnio social y el peso de la ley, sino por convicción. Es una verdad irrenunciable que reconocemos con la razón y aceptamos con la conciencia. Una sociedad es noble y respetable también por su cultivo de la búsqueda de la verdad y por su apego a las verdades más fundamentales». [142]

134. La búsqueda de la verdad es un elemento esencial para la democracia, que es en sí misma un instrumento de participación en el bien común. Cuando la pregunta sobre lo que es verdadero pierde interés y se impone un pragmatismo que se conforma con lo que parece útil o eficaz, la vida democrática se debilita. Esta, en efecto, no se sustenta únicamente en normas y procedimientos, sino, ante todo, en una relación leal con los hechos y en una orientación real hacia el bien de las personas y del conjunto de la sociedad. El desinterés por la verdad conduce lenta pero inexorablemente hacia el totalitarismo, para el cual, como escribió la filósofa Hannah Arendt, los súbditos ideales no son tanto aquellos ideológicamente convencidos, sino «las personas para quienes ya no existe la distinción entre el hecho y la ficción (es decir, la realidad de la experiencia) y la distinción entre lo verdadero y lo falso (es decir, las normas del pensamiento)». [143]

Comunicación e imaginario colectivo

135. En este horizonte es importante recordar que la comunicación «no es sólo transmisión de informaciones, sino creación de una cultura». [144] Los contenidos que circulan en los entornos digitales influyen en la forma en que las personas perciben el mundo e introducen en la conciencia colectiva imágenes y relatos que orientan los deseos e influyen en las decisiones cotidianas. «No es un mundo paralelo o puramente virtual», [145] porque lo que surge en internet pasa a formar parte de la vida de las personas, sobre todo de los más jóvenes.

136. Por eso, quienes controlan las plataformas digitales y los medios de comunicación tienen una notable capacidad para influir en el imaginario colectivo y presentar como deseable una determinada visión de la realidad. Es un poder que debe ser continuamente iluminado por la búsqueda de la verdad y el respeto de la dignidad humana, para que la cultura que se genera en la red no se convierta en instrumento de distracción excesiva, de homogeneización y de dominio, sino en un espacio en el que puedan madurar la libertad interior y el pensamiento crítico.

Por una ecología de la comunicación

137. La primera tarea que nos corresponde es no demonizar ni idolatrar los medios, sino gestionarlos a partir de un punto fijo: la verdad es un bien común y no una propiedad de quienes tienen poder o visibilidad. Por lo tanto, es necesario promover una ecología de la comunicación: en el ámbito de las normas públicas, esto significa establecer reglas que hagan más transparentes los criterios con los que se seleccionan y amplifican los contenidos y que protejan los datos personales; en el ámbito social y cultural, en cambio, implica el fortalecimiento de los organismos intermedios, un periodismo serio y espacios de debate en los que primen la argumentación y la verificación por encima de la reacción inmediata; en el ámbito de la escuela y la familia, la creciente necesidad de una nueva conciencia educativa y la formación en el uso correcto y crítico de las herramientas digitales, la IA y las plataformas de compra e inversión; en el ámbito de la universidad, el gran reto de la integración de los conocimientos, formando tanto en la capacidad de conectar y fusionar saberes para interpretar la complejidad, como en las técnicas de verificación de los hechos.

138. Las comunidades cristianas también deben comprometerse con una comunicación transparente y con la búsqueda honesta de los hechos. Lamentablemente, no siempre ha sido así. Hemos sido testigos, con vergüenza, del arduo descubrimiento de verdades dolorosas incluso sobre miembros de la Iglesia y sobre realidades eclesiales. En particular, algunos periodistas comprometidos con la verdad han desempeñado un papel fundamental a la hora de sacar a la luz injusticias y abusos. A ellos quisiera reiterar las palabras del Pape François al dirigirse a los vaticanistas: «Les agradezco también por lo que dan a conocer de lo que no funciona en la Iglesia, por lo que nos ayudan a no ocultar bajo la alfombra y por la voz que han dado a las víctimas de abusos». [146] Sin embargo, la vigilancia y la transparencia son, ante todo, una grave responsabilidad de la propia Iglesia y no debemos esperar a que otros nos obliguen a afrontar verdades incómodas sobre nosotros mismos.

Una alianza educativa para la era digital

139. En una época en la que la verdad suele verse supeditada a intereses y estrategias comunicativas, el mundo de la educación adquiere una importancia decisiva. Sin embargo, las rápidas transformaciones tecnológicas ponen de manifiesto lo poco preparados que estamos en el ámbito educativo. La omnipresencia de los medios digitales genera una cultura de la inmediatez y la sobreestimulación, que alimenta el cansancio, el aburrimiento y la apatía ante el esfuerzo que supone buscar la verdad.

140. Los procesos educativos, en cambio, requieren tiempo para madurar, una confrontación con la realidad más allá de las apariencias y un camino paciente. La cuestión es fundamental, porque toda tecnología educa a quien la utiliza. Educar en el uso de la IA implica, por tanto, educar para decidir cuándo y para qué pas de utilizarla. La rapidez y la facilidad con las que se obtiene una respuesta o una síntesis hacen correr el riesgo de que se apague el deseo de plantear preguntas, que sólo da fruto con el tiempo. Como escribe Platón, las cosas más profundas e importantes sólo se aprenden tras mucho tiempo y mucho esfuerzo, comprometiéndose en la discusión con los demás para “frotar” los conceptos y las experiencias como si fueran pedernal, hasta que en nosotros salte la chispa de la comprensión. [147] Debemos aprender a prescindir de la IA y proteger a nuestros jóvenes de la promesa de la máquina perfecta, de esa sutil seducción que hace parecer inútil el pensamiento humano precisamente cuando más se necesita.

141. En los últimos años, la literatura psicológica y psiquiátrica ha documentado con creciente insistencia cómo una exposición precoz y sin supervisión a los dispositivos digitales y a las redes sociales puede afectar negativamente al sueño, a la atención, a la regulación emocional y a las relaciones, especialmente en las edades más vulnerables, con consecuencias a veces dramáticas. A esto se suma la facilidad de acceso a escenas violentas o crueles que hieren la sensibilidad, a contenidos pornográficos e hipersexualizados, a mensajes que banalizan el cuerpo y la afectividad, y a propuestas que normalizan comportamientos de riesgo. En la red no son raros los fenómenos de captación, chantaje y explotación sexual de menores, que se vuelven más insidiosos por el uso de perfiles falsos, de algoritmos que amplifican contactos peligrosos y de herramientas de IA capaces de manipular imágenes y vídeos. Tener un teléfono móvil personal demasiado pronto y utilizarlo sin el control de los adultos puede acentuar la fragilidad y favorecer las adicciones en los jóvenes, exponiéndolos a dinámicas de aislamiento, acoso y ciberacoso, así como a la presión para compartir imágenes íntimas o datos sensibles.

142. A los padres de familia les resulta difícil resistir por sí solos al condicionamiento de modelos de negocio que monetizan la atención y el tiempo. Por eso es indispensable una alianza entre la política, las instituciones educativas y las familias, capaz de sostener de manera concreta a los adultos en su tarea. Es necesario oponerse, con decisiones públicas de largo alcance, a los intereses inmediatos de las plataformas —concentradas en pocas manos— cuando estos entran en conflicto con el bien de los menores. En esta perspectiva, son oportunas intervenciones legislativas que establezcan límites de edad, responsabilicen a los proveedores de servicios ―sin descargar, sobre las familias, el peso de la limitación― y prevean protecciones específicas contra toda forma de explotación y violencia sexual en internet, de modo que la infancia y la adolescencia se custodien verdaderamente como bienes preciosos confiados a nuestro cuidado. [148] Al mismo tiempo, es necesario educar a los niños, adolescentes y jóvenes para que aprendan a reconocer las manipulaciones, a defender su propia dignidad y a respetar la de los demás, también en los entornos digitales. [149]

Rol central de la escuela

143. La escuela es el lugar donde las nuevas generaciones pueden aprender a buscar y amar la verdad, a cuestionarse el sentido de la vida y la dignidad de cada persona. Por eso, muchos padres de familia, que desean que sus hijos crezcan siendo capaces de relacionarse, de pensar con espíritu crítico y de tener valores sólidos, depositan en ella grandes esperanzas, como una valiosa aliada en la educación de sus hijos. En efecto, los padres tienen el derecho primario e inalienable de elegir el tipo de educación y de formación que se imparte a sus hijos, en coherencia con sus propias convicciones morales, culturales y religiosas. El mundo educativo se encuentra hoy frente a algunos retos impostergables.

144. El primer reto es de carácter sociopolítico. Tanto dentro de cada país como entre las distintas regiones del mundo, persisten fuertes desigualdades en el acceso a la educación básica y a los estudios superiores. En no pocos países, el Estado todavía no ha invertido los recursos necesarios para garantizar una educación de calidad para todos, ya sea apoyando adecuadamente el sistema escolar público o sosteniendo a las instituciones privadas que ofrecen este servicio fundamental. Cuando una parte importante de la educación, en varios niveles, se encomienda a instituciones privadas, puede ocurrir que, a falta de un apoyo público adecuado, el acceso a la escuela dependa demasiado de las posibilidades económicas de las familias. Frente a este riesgo, sin embargo, se debe reconocer y sostener la contribución de muchas obras educativas católicas que, aunque sean instituciones privadas, garantizan una acogida inclusiva a niños y jóvenes de todas las procedencias, incluso cuando las condiciones económicas de las familias no lo permitirían.

145. El segundo gran reto es de carácter pedagógico. Muchos sistemas educativos tienen dificultades para actualizarse al ritmo de los cambios y para apoyar un crecimiento integral de los alumnos. El desarrollo de las tecnologías de la información y de la IA hace que los planes de estudios concebidos para otra época queden rápidamente obsoletos, mientras que la organización de la escuela, los espacios, los métodos de evaluación y la propia figura del docente deben replantearse con vistas a una educación verdaderamente integral, abierta a todas las dimensiones de la persona. Es necesario favorecer la formación continua de los docentes a lo largo de toda su vida profesional, para que sepan dialogar de manera positiva con las nuevas tecnologías, ayudando a los alumnos a hacer un uso responsable, crítico y creativo de ellas, y a no sufrir pasivamente su influencia.

146. El tercer gran desafío es de carácter intelectual y sapiencial. Si no estamos atentos, puede surgir un sistema educativo carente de amor por la verdad, en el que el flujo incesante de información sustituya al ejercicio de la investigación, la reflexión y el discernimiento. Se multiplican los conocimientos fragmentarios, pero se hace más difícil captar la realidad en su conjunto, plantear preguntas sobre el sentido de las cosas y desarrollar un auténtico pensamiento crítico y creativo. Muchos educadores perciben ya los signos de una posible deshumanización, en la que las personas “saben muchas cosas” pero tienen dificultades para dar un sentido a su vida ―también debido a la incapacidad de conectar la información y los conocimientos― y para no perder de vista el horizonte de sentido. Es necesario promover una verdadera higiene de la atención: ritmos que incluyan silencio, estudio reflexivo, lectura, análisis ponderado; sin estos elementos, la libertad interior puede verse comprometida.

147. La Doctrina social de la Iglesia invita a las familias, las escuelas, las comunidades cristianas y las instituciones públicas a una alianza educativa renovada. Esta se hace realidad cuando los principios fundamentales se traducen en objetivos educativos: educar en la sobriedad y en el sentido de los límites; educar en el reconocimiento del derecho del otro y de quienes vendrán después de nosotros a disfrutar de los bienes que nos han sido dados, o que el ingenio humano pone a nuestra disposición; educar en la libertad y en la responsabilidad; educar en el sentido de la trascendencia y del bien común. La escuela no está llamada a perseguir la velocidad del mundo digital, sino a ofrecer aquello que lo digital por sí solo no puede dar: tiempo compartido para aprender y relaciones fiables.

La dignidad del trabajo en la transición digital

El valor del trabajo

148. Desde el nacimiento de la Doctrina social, con la Rerum novarum, la Iglesia ha llamado la atención sobre la protección de los trabajadores y la necesidad de combatir toda forma de explotación. Pero, sobre todo, el Magisterio ha reconocido en el trabajo «la clave esencial» [150] para comprender la cuestión social en su totalidad, ya que a través de él la persona desarrolla muchas dimensiones de su propia existencia. Desde esta perspectiva se comprende también la gran intuición de san Benito de Nursia, quien unió la oración y el trabajo, señalando la actividad cotidiana como parte de la respuesta de la persona a la llamada de Dios. Creados a imagen del Creador, mediante nuestras obras prolongamos de algún modo la suya: contribuimos al progreso de la sociedad y a la construcción del bien común, ponemos en práctica las capacidades recibidas, mejoramos y embellecemos el mundo, sostenemos a nuestras familias, entablamos relaciones de cooperación y aprendemos a construir juntos, en la escucha y el diálogo, algo que nadie podría realizar por sí solo.

149. Por estas razones, el trabajo no es un simple instrumento, sino que expresa y acrecienta la dignidad de nuestra vida. Es una necesidad inherente a la condición humana, un camino habitual hacia la madurez, el desarrollo y la realización personal. En esta óptica, las ayudas económicas a los pobres siguen siendo a veces necesarias en situaciones de emergencia, pero no pueden convertirse en la única respuesta, ya que el objetivo es ofrecer a cada persona las condiciones para vivir dignamente a través de su propio trabajo. [151]

150. Hoy en día, la combinación de la automatización, la robótica y la IA está transformando rápidamente la estructura misma del trabajo. Se dice que esto traerá grandes mejoras para todos. En realidad, los “nuevos modos” de trabajar no son necesariamente mejores, porque «mientras la IA promete impulsar la productividad haciéndose cargo de tareas ordinarias, a menudo los trabajadores se ven obligados a adaptarse a la velocidad y a las exigencias de las máquinas, en lugar de que estas últimas estén diseñadas para ayudar a quienes trabajan. Así, contrariamente a los beneficios anunciados sobre la IA, los enfoques actuales de la tecnología pueden paradójicamente desespecializar a los trabajadores, someterlos a una vigilancia automatizada y relegarlos a tareas rígidas y repetitivas. La necesidad de seguir el ritmo de la tecnología puede erosionar el sentido de la propia capacidad de obrar de los trabajadores y ahogar las capacidades innovadoras que están llamados a aportar en su trabajo». [152] Precisamente para evitar esta deriva, es necesario diseñar sistemas centrados en la persona y no sólo en el rendimiento.

El problema del desempleo

151. Saint Jean Paul II recordó que el desempleo es un mal grave y que, sobre todo cuando adquiere proporciones masivas, puede convertirse en una verdadera calamidad social, lo que pone especialmente de relieve la responsabilidad del Estado. [153] Hoy en día, en la “cuarta revolución industrial”, esta preocupación se agudiza, ya que la innovación suele acogerse únicamente con el fin de reducir costes y aumentar los beneficios. [154]En algunos contextos, es realista temer una reducción significativa y rápida de los puestos de trabajo disponibles, con un efecto en cadena que afecta profundamente a las familias, a los jóvenes y a las economías locales. En muchos sectores, esto ya se traduce en nuevas formas de precariedad y desigualdad, con remuneraciones muy elevadas para una minoría altamente especializada y salarios cada vez más bajos para una gran parte de la población activa.

152. Sin duda, es deseable que la tecnología libere al hombre de trabajos especialmente pesados, repetitivos o peligrosos y que ofrezca un apoyo inteligente a la actividad humana, pero la norma general debe seguir siendo la protección de los puestos de trabajo y del papel insustituible de la persona. El objetivo de obtener mayores beneficios no puede justificar decisiones que sacrifiquen sistemáticamente el empleo, porque la persona humana es un fin y no un medio, y el orden económico debe permanecer subordinado a su dignidad y al bien común.

153. Simultáneamente, debemos reconocer que toda transición real se produce a través de una discontinuidad: es desigual, fragmentaria y, a veces, conflictiva. Por lo tanto, no existe un modelo de cambio único, ni una solución global; hay territorios e historias que exigen respuestas diferentes. Dada la desigualdad que caracteriza a nuestro mundo, la difusión de la IA y de los sistemas computacionales produce efectos distintos en cada lugar. Las sociedades ricas se automatizan rápidamente y de forma caótica, reduciendo la necesidad de mano de obra y generando zonas de desempleo y fricciones institucionales. En cambio, vastas regiones del mundo permanecen atrapadas en economías híbridas, donde el trabajo humano mal remunerado y las tecnologías parciales conviven sin llegar a transformarse realmente. Estos territorios se convierten en reservas de mano de obra precaria y focos de inestabilidad y migraciones forzadas. Las soluciones, por tanto, deben encontrarse a nivel nacional y local, involucrando a las comunidades intermedias. Se necesitan herramientas capaces de adaptarse: modelos articulados, experimentos locales, redistribuciones progresivas, nuevos derechos de acceso a los bienes esenciales. Sin perseguir una armonía abstracta, se trata de construir formas concretas de convivencia humana en la transformación.

154. El trabajo sigue siendo una dimensión fundamental de la experiencia humana; no es sólo un medio de subsistencia, sino también un espacio de expresión, de relaciones y de contribución a la comunidad. Por eso, los problemas vinculados con el trabajo no se limitan únicamente a los ingresos necesarios para la supervivencia de las familias. Una sociedad que garantizara trabajo sólo a una pequeña parte de la población expondría a muchos a una situación de inactividad forzada, de ausencia de responsabilidades, de falta de compromiso y de estímulos cotidianos, con consecuencias de empobrecimiento humano y cultural en contraste con el elevado nivel de desarrollo técnico. Nos encontraríamos ante una paradoja de progreso material y regresión antropológica, en la que desaparecerían las condiciones para una paz social justa y estable. Por eso, la Doctrina social de la Iglesia insiste en que el acceso al trabajo para todos debe seguir siendo un objetivo prioritario de las políticas públicas y de los procesos económicos, criterio de juicio para evaluar la calidad humana de un modelo de desarrollo. [155]Por otra parte, en aquellas partes del mundo en las que el empleo tiende a reducirse o a transformarse radicalmente, como consecuencia de procesos tecnológicos y organizativos que escapan al control democrático, es necesario replantearse el propio concepto de trabajo y su relación con la ciudadanía, para que la falta de empleo no menoscabe la participación social.

155. A la luz de esta convicción, podemos también reinterpretar la historia de la Doctrina social de la Iglesia tras la Rerum novarum. Las iniciativas surgidas en ese contexto —asociaciones, sindicatos, cooperativas, obras de asistencia social— han contribuido de manera decisiva a mejorar la legislación laboral, a proteger a los más vulnerables y a promover condiciones más humanas. [156]Hoy en día, sin embargo, tales instrumentos ya no bastan por sí solos ante las transformaciones provocadas por la IA, la nueva organización de los mercados y la competitividad que rara vez se preocupa por la sostenibilidad social. Es necesario un nuevo esfuerzo conjunto por parte de los responsables políticos, las organizaciones de trabajadores, el mundo empresarial y la comunidad científica para elaborar con celeridad normas y medidas de protección adecuadas y consensuadas, también a nivel internacional. [157]Las organizaciones sindicales, a las que la Iglesia siempre ha apoyado, están llamadas a abrirse a las nuevas formas de trabajo y a los nuevos trabajadores, para representarlos y defenderlos en un contexto en el que, sin decisiones valientes, surgen más pobreza y más desigualdades, con una multitud de excluidos rodeados de máquinas y sistemas automatizados que han ocupado su lugar.

156. En esta transición, no basta con reaccionar cuando desaparecen los puestos de trabajo, sino que es necesario gestionar la transformación de forma proactiva. Una forma viable consiste, en primer lugar, en establecer criterios sociales para la innovación: toda introducción de automatización y de IA debería ir acompañada de medidas verificables de protección del empleo, de recualificación y de participación de los trabajadores, para que la tecnología se oriente a liberar tiempo y capacidades humanas, no a generar exclusión. En segundo lugar, es necesario que políticas activas hagan accesibles a todos la formación continua y las transiciones profesionales, sin descargar sobre los individuos todo el coste de la adaptación a las transformaciones. Por último, se necesita una responsabilidad empresarial que incluya la calidad y la dignidad del trabajo entre los indicadores de éxito. Cuando se dan estas condiciones, la innovación puede convertirse en aliada de un trabajo más seguro, más creativo y más digno; cuando faltan, tiende a transformarse en una aceleración de la injusticia.

Una economía que valore la dignidad

157. El mercado laboral es uno de los ámbitos en los que los riesgos de las nuevas tecnologías se manifiestan con mayor claridad. Por eso es necesario recordar que la libertad económica no es absoluta y debe medirse siempre en función del bien común y de la dignidad de cada persona. La iniciativa empresarial puede ser una verdadera vocación, capaz de generar riqueza y mejorar la vida de todos, siempre que reconozca la creación de empleo digno y de valor como parte esencial de su servicio a la sociedad, y no como una variable dependiente únicamente del beneficio. [158]

158. Con espíritu profético, el Pape François advirtió acerca de una libertad económica proclamada sólo de palabra, mientras que las condiciones reales impiden que muchos se beneficien realmente de ella. [159]Los modelos económicos que resaltan la eficiencia y el éxito individual tienden a considerar inútil o poco rentable invertir en las personas que parten de situaciones de desventaja o que siguen trayectorias de crecimiento más lentas, como si su destino dependiera exclusivamente de su capacidad para seguir el ritmo de los ganadores. En realidad, una sociedad justa requiere un Estado presente e instituciones civiles capaces de superar la mera lógica de la eficiencia, orientando explícitamente los recursos, la creatividad y las normas a favor de los más vulnerables. [160]En lugar de esperar los beneficios de un crecimiento que “al final” llegará también a los pobres, se necesitan decisiones que hagan que el crecimiento sea inclusivo desde el principio. Las experiencias de las últimas décadas demuestran que, en las crisis económicas y financieras, son siempre los pobres quienes pagan el precio más alto, mientras que las teorías que prometen un bienestar general automático suelen resultar ilusorias.

159. Se observa la necesidad de superar los actuales parámetros de medición del grado de desarrollo —anclados desde hace más de ochenta años en el concepto de Producto Interno Bruto— que hacen que se pasen por alto, de forma casi sistemática, aspectos esenciales para el bienestar general de las personas y del medioambiente. Al mismo tiempo, dichos parámetros valoran actividades que tienen un impacto, a corto o largo plazo, en la vida de nuestro planeta. El desarrollo de parámetros y métricas complementarios al PIB es decisivo para mejorar los datos de base utilizados para realizar análisis, tomar decisiones políticas y de política económica, así como para seleccionar las prioridades regionales, nacionales e internacionales. La introducción de nuevos parámetros permitirá evaluar, con una visión amplia y adecuada a los tiempos, los efectos de las deliberaciones legislativas y normativas sobre la dignidad del trabajo, la prosperidad compartida, la reducción de las desigualdades y la protección del medioambiente. Repercutirá en el propio concepto de desarrollo, en los procesos formativos, en la mentalidad y en la opinión pública, y también en la paz, que sólo es verdadera si se basa en la justicia.

160. Las finanzas han adquirido una importancia creciente en los últimos años y han experimentado una innovación significativa, incluso después de la introducción de las criptomonedas. Las reflexiones y directrices contenidas en el Magisterio de mis Predecesores, particularmente en sus Encíclicas, han puesto de relieve el funcionamiento de la intermediación financiera «cuyo funcionamiento, habiéndose desvinculado de fundamentos antropológicos y morales apropiados, no sólo ha producido abusos e injusticias evidentes, sino que se ha demostrado también capaz de crear crisis sistémicas en todo el mundo». [161] Y es igualmente cierto que la renta del capital corre el riesgo de sustituir a los ingresos del trabajo, que a menudo quedan relegados a un segundo plano respecto a los principales intereses del sistema económico. Sin embargo, el ahorro que se transforma en crédito para la economía real, y por ende para crear empleo tanto por cuenta ajena como por cuenta propia, sigue siendo fundamental para el desarrollo y para las inversiones que deben acompañar a las transiciones en curso. La función social del crédito sigue siendo insustituible. La financiación por la financiación misma es algo muy distinto de la financiación para el desarrollo y para la creación y evolución del trabajo.

161. Esta perspectiva debe considerarse dentro de una visión más amplia de las dinámicas globales. La riqueza mundial ha crecido en términos absolutos, pero su concentración en pocas manos ha aumentado y los desequilibrios se han acentuado, tanto entre países como dentro de un mismo país: «pocos tienen demasiado y demasiados tienen poco, esta es la lógica de hoy». [162] Los avances científicos y tecnológicos, incluso en el ámbito médico, no son fácilmente accesibles para la gran mayoría de la población, como se vio de forma dramática durante la reciente pandemia. Mientras que en algunas regiones se invierte en intervenciones superfluas o en sueños de superación personal que pocas personas pueden permitirse, en otras partes del mundo aún faltan equipos esenciales para salvar millones de vidas humanas. Pensar que las nuevas tecnologías beneficiarán automáticamente a todos significa ignorar una evidencia: si no se gestionan las transformaciones fijando como objetivo prioritario, desde la fase de planificación, la prevención de nuevas y mayores desigualdades, el progreso tecnológico genera automáticamente desigualdades estructurales. Hoy la justicia pasa también por el acceso a los beneficios de la innovación: cuidados, conocimiento, herramientas y oportunidades.

162. No cabe duda de que se necesitan leyes justas e instrumentos de redistribución que corrijan los desequilibrios, incluso mediante sistemas fiscales que alivien la carga sobre los más débiles y exijan más a quienes disponen de mayores recursos. Pero no hay que considerar la búsqueda de la justicia social como un tema separado y posterior a la producción de riqueza, como si la economía debiera limitarse a crear valor y la política interviniera sólo después para distribuirlo. Por el contrario, la justicia afecta a todas las fases de la actividad económica, desde la obtención de recursos hasta la financiación, desde la producción hasta el consumo, y cada elección tiene consecuencias morales. [163]

163. Más aún, en la era de la IA y de la robótica, ya no es posible confiar únicamente en la “mano invisible” del mercado: [164] la política tiene la tarea de orientar las dinámicas económico-tecnológicas hacia el bien común, promoviendo el trabajo digno, la inclusión social y una distribución equitativa de los beneficios de la innovación. Dado que muchas decisiones económicas traspasan las fronteras de los estados, también es necesaria una cooperación internacional capaz de definir estrategias comunes, sobre todo en favor de los países y los grupos más vulnerables, para promover el desarrollo y superar el asistencialismo. La lógica que inspira estas decisiones es la de la inmensa dignidad de cada persona, del bien común y de un mundo verdaderamente pensado para todos. La interdependencia entre paz y desarrollo, como escribió proféticamente san Paul VI en 1967, [165] podría actualizarse hoy así: la prosperidad puede contribuir a construir y fortalecer la paz sólo si es generalizada, inclusiva y sostenible.

164. En términos concretos, orientar la economía hacia la dignidad significa adoptar algunos criterios de actuación estables incluso en la era de la IA. En primer lugar, transparencia y responsabilidad: cuando los datos y los algoritmos influyen en la concesión de créditos, la selección de personal o el acceso a servicios u oportunidades, es necesario que las decisiones sean comprensibles, cuestionables y sometidas a control, para que la persona no quede reducida a un perfil. En segundo lugar, inclusión y acceso: los beneficios de la innovación deben ir acompañados de inversiones en competencias, infraestructuras y servicios esenciales, para que la tecnología no amplíe la brecha entre quienes tienen y quienes no tienen. Por último, medidas de equidad: la fiscalidad, las protecciones sociales y las políticas industriales deben corregir los desequilibrios creados por la concentración de riqueza y poder. Estos criterios no son un freno a la innovación; en realidad, la hacen viable y humana.

Familia y jóvenes: condiciones sociales de la esperanza

165. La familia es un bien social primario. Fundada en la unión estable entre un hombre y una mujer, es el primer entorno en el que cada persona desarrolla su potencial, toma conciencia de su dignidad y aprende las primeras formas de verdad y bondad, interiorizando hábitos que la preparan para la vida en sociedad. [166]La familia, la primera sociedad natural, dotada de derechos originales, es la célula fundamental e insustituible de toda organización comunitaria. [167]En consecuencia, cuando los proyectos políticos y las decisiones económicas importantes la relegan a un papel marginal o secundario, se compromete el crecimiento auténtico de todo el cuerpo social. [168]

166. La familia es, sin embargo, un bien social frágil, que se ve afectado de forma inmediata por las transformaciones económicas y tecnológicas que están cambiando el mundo laboral, y que requiere apoyo cultural, jurídico y económico. Es bien conocido el impacto devastador del desempleo y la precariedad en el tejido familiar. A corto plazo puede parecer ventajoso reducir el coste laboral o maximizar la eficiencia financiera, pero a largo plazo esto socava los cimientos mismos de la convivencia: mientras se celebran los avances tecnológicos, la estructura social se ve progresivamente erosionada como por un virus silencioso.

167. Para los jóvenes, la precariedad laboral es especialmente grave. Como recuerdan los obispos de Estados Unidos de América, el trabajo no es sólo fuente de ingresos, sino un ámbito decisivo en el que se forma la identidad, se tejen amistades y relaciones, se aprenden responsabilidades concretas y se discierne la propia vocación. [169] Cuando el acceso al empleo se ve obstaculizado por altas tasas de desocupación, sistemas de formación inadecuados o barreras estructurales, muchos jóvenes ven bloqueado su camino hacia la realización personal y profesional. La necesidad de cambiar de trabajo varias veces a lo largo de la vida exige itinerarios de actualización y recualificación permanentes, que hagan capaces a las nuevas generaciones de asumir, con competencia y autonomía, los riesgos de un contexto económico cambiante y a menudo impredecible. [170]

168. De ahí se deriva una específica responsabilidad pública. El Estado tiene el deber de apoyar la actividad de las empresas creando condiciones favorables para el empleo, fomentando el trabajo donde escasea y defendiéndolo en tiempos de crisis, ya que este es un bien primario para las familias y para la sociedad. [171] Especialmente en una época de profundos cambios tecnológicos, se necesita una creatividad política “a favor del empleo” que sitúe en el centro a la familia y a las nuevas generaciones, si no queremos que los avances económicos se traduzcan en nuevas formas de inseguridad y exclusión.

169. Sostener a las familias y a los jóvenes en esta transición requiere medidas que hagan posible la estabilidad. Como ya se mencionó anteriormente, se necesitan políticas laborales que favorezcan la continuidad y la calidad del empleo, combatiendo la precariedad como condición normal de vida y promoviendo itinerarios realistas de acceso y desarrollo profesional. En segundo lugar, se necesitan medidas que garanticen ritmos humanos: sin un equilibrio entre trabajo, servicios y descanso, la familia se debilita y a los jóvenes les cuesta madurar el sentido de responsabilidad. Además, es fundamental invertir en formación y capacitación profesional accesibles, para que la movilidad profesional que exige la economía digital no se convierta en una selección cruel entre quienes pueden actualizarse y quienes no. Por último, hay que apoyar los vínculos sociales: redes y comunidades educativas que acompañen las elecciones de vida e impidan que la incertidumbre genere soledad y dependencias. Así, la transformación tecnológica puede ser atravesada sin romper aquello que hace generativa una sociedad: la capacidad de construir el futuro.

Custodiar la libertad frente a la dependencia y la mercantilización

Dependencias y control social

170. Tras haber analizado la verdad y la educación, el trabajo y las familias, debemos hablar del efecto de la revolución digital sobre la libertad humana, reflexionando sobre cómo abordar tanto los riesgos relacionados con la psicología individual como los grandes dramas sociales. No deben subestimarse las formas más sutiles de dependencia vinculadas a la economía digital de la atención, donde las plataformas y los servicios están diseñados para captar el tiempo y la mirada de los usuarios, explotando sus fragilidades y debilitando la libertad interior. Cuando los modelos de negocio prosperan a costa de la debilidad humana, la persona es tratada como un medio y no como un fin, y quienes diseñan o financian estos sistemas asumen una responsabilidad moral de la que no pueden eximirse. Es urgente promover un uso de las tecnologías que refuerce la libertad interior: educación en la sobriedad digital, protección de los menores y lucha contra los modelos que prosperan a costa de la vulnerabilidad.

171. Un riesgo adicional, menos visible pero no menos grave, es el del control social que la recopilación masiva de datos y el uso de sistemas algorítmicos hacen posible. Cuando cada gesto deja huellas ―desplazamientos, compras, relaciones, preferencias― se crea un poder nuevo: el de perfilar, prever y orientar los comportamientos, a menudo sin que las personas tengan plena conciencia de ello. Si estos datos se utilizan para tomar decisiones que inciden en oportunidades concretas (acceso al crédito, selección de personal, servicios), existe el riesgo de socavar la libertad y discriminar a los más vulnerables. Además, el control no pasa sólo por prohibiciones explícitas, sino por la arquitectura de la visibilidad: lo que se amplifica o se vuelve invisible, lo que se recompensa o se penaliza, termina moldeando opiniones y elecciones, generando conformismo y autocensura. Por eso la libertad, en la era digital, no es sólo una cuestión interior; es también un asunto público, que exige normas claras, transparencia, vías de recurso y límites proporcionados al uso de tecnologías invasivas, para que la tecnología siga estando al servicio de la persona y no se convierta en una forma de dominio de las conciencias.

172. La raíz de estos problemas es una mentalidad tecnocrática y posthumanista, que tiende a considerar a la persona como un objeto manipulable o un recurso para optimizar, [172]eliminando todo lo que pone límites a la maximización del beneficio: lo que importa es la eficiencia, no el respeto a la libertad y a la dignidad humana. Algunas corrientes posthumanistas llegan incluso a plantear la existencia de seres humanos “de segunda clase”, al servicio de los intereses de élites que se perciben a sí mismas como superiores: una perspectiva inquietante, más grave aún si se combina con instrumentos tecnológicos que amplían de forma exponencial el poder de control y de selección. También ciertas lógicas de endeudamiento estructural, que mantienen a pueblos enteros en condiciones de dependencia, revelan la misma mentalidad que acepta, bajo nuevas formas, relaciones de subordinación cercanas a la esclavitud.

Romper las cadenas de las nuevas esclavitudes

173. Esta visión distorsionada del ser humano se traduce hoy en diversas formas de sometimiento vinculadas directamente a la economía digital. En el mundo de la IA nada es inmaterial o mágico. Cada respuesta que parece inmediata y perfecta proviene de una larga cadena de mediaciones, de una extensa red de recursos naturales, de infraestructuras energéticas y, sobre todo, de personas. Una parte significativa del funcionamiento de la economía digital se sustenta en el trabajo silencioso de millones de seres humanos, empleados en actividades poco visibles pero esenciales: etiquetado de datos, moderación de contenidos —a menudo pésimos— y entrenamiento de modelos. En muchos casos se trata de jóvenes, en su mayoría mujeres, que trabajan duro a cambio de remuneraciones mínimas. A este arduo trabajo invisible se suma la tarea, aún más brutal, de la extracción de los recursos necesarios para la producción de los dispositivos y microprocesadores en los que se basa la IA. En algunas regiones del mundo, adolescentes y niños trabajan en condiciones peligrosas en la trituración de los materiales de los que se obtienen las tierras raras. Cuerpos marcados, mutilados, consumidos para que el flujo de los cálculos no se interrumpa. Además, las redes criminales utilizan plataformas en internet, sistemas de mensajería, pagos anónimos y técnicas de perfilado para reclutar, controlar y trasladar a víctimas de la trata, muchas veces menores de edad, convirtiendo a hombres y mujeres en “datos” que rastrear y “paquetes” para transferir dentro de los mismos circuitos digitales que sustentan gran parte de la economía global. Esta realidad interpela profundamente la conciencia moral de nuestro tiempo. No basta con invocar la eficiencia ni con alabar los beneficios de la innovación, si estos se basan en una cadena de explotación que se mantiene deliberadamente oculta. Si una tecnología promete emancipación, pero produce nuevas formas de subordinación global, contradice el principio fundamental de la dignidad de la persona.

174. La lucha contra las nuevas formas de esclavitud constituye una prueba de fuego decisiva para el discernimiento ético de la IA y la transformación digital. Siguiendo la tradición iniciada por Léon XIII, la Iglesia renueva su firme condena de toda forma de esclavitud, trata y mercantilización de las personas, y recuerda la urgencia de un amplio movimiento de reflexión y acción que sitúe en el centro la dignidad inalienable de todo ser humano y el bien común, como fines de la sociedad y como criterios de toda decisión personal, social y política. Sin esta reflexión ética y humanizadora, el creciente poder de los sistemas digitales corre el riesgo de conducirnos hacia nuevas atrocidades, no menos vergonzosas que las del pasado que hoy deploramos, mientras seguimos presentándonos como sociedades “avanzadas” y “civilizadas”.

175. La trata debe reconocerse como una forma contemporánea de esclavitud y como una grave violación de la dignidad humana; no reaccionar con firmeza o tolerar de cualquier modo estas prácticas significa, en cierta medida, hacerse cómplice hoy de las culpas cometidas ayer, cuando la esclavitud se justificaba o se silenciaba. [173]

176. La Iglesia, a medida que su doctrina fue madurando, fue tomando conciencia, progresivamente, de la gravedad de estas realidades. Es cierto que los acontecimientos del pasado no pueden juzgarse de forma ahistórica, como si todos los criterios que se han ido madurando con el tiempo hubieran estado siempre disponibles. Sin embargo, no podemos negar ni minimizar el retraso con el que la Iglesia y la sociedad condenaron el flagelo de la esclavitud. Si en la Antigüedad y en la Edad Media muchas personas e instituciones eclesiásticas tuvieron esclavos, ya en la Edad Moderna la Sede Apostólica romana, instada por las peticiones de los soberanos, intervino en varias ocasiones para regular y legitimar las modalidades de sometimiento y, en algunos casos, de reducción a la esclavitud de los “infieles”. [174] Hubo que esperar hasta el siglo XIX para encontrar una condena formal, absoluta y universal de la esclavitud, en particular con Léon XIII. [175] Esto constituye un claro ejemplo de los progresos de la Iglesia en la comprensión de las verdades perennes de la Revelación que ella custodia. Aunque no encontramos homogeneidad en la cuestión en sí —habiendo tolerado durante mucho tiempo la esclavitud y llegando sólo posteriormente a condenarla de manera absoluta—, existe una continuidad a lo largo de toda la historia en cuanto a la convicción acerca de la dignidad de todo ser humano, creado a imagen de Dios, aunque sin haber logrado, en dieciocho siglos, explicitar de manera oficial la total incompatibilidad de la esclavitud con dicha dignidad. Se trata de una herida en la memoria cristiana a la que no podemos considerarnos ajenos. [176] Es inevitable sentir un profundo dolor al considerar el enorme sufrimiento y humillación que la esclavitud ha significado para tantas personas, en contraste con la dignidad sin límites de cada una de ellas, amadas infinitamente por el Señor. Por eso, en nombre de la Iglesia, pido sinceramente perdón.

177. Precisamente por eso, el recuerdo de la complicidad y la ceguera del pasado ante la injusticia de la esclavitud se convierte para nosotros en un llamamiento a la vigilancia: lo que hemos aprendido debe traducirse en discernimiento y responsabilidad en el presente. Si no queremos pedir perdón en el futuro por no haber sido fieles al tesoro de la dignidad humana que contiene nuestra fe, hoy nos corresponde ser directos y firmes a la hora de denunciar la trata en sus múltiples manifestaciones y de apoyar, paso a paso, junto con todos aquellos que se comprometen con esta causa, caminos reales de prevención, protección, liberación y rehabilitación.

178. El colonialismo muestra en la actualidad un rostro inédito. No sólo domina los cuerpos, sino que se apropia de los datos, transformando las vidas personales en información explotable. Territorios enteros, sobre todo aquellos con menos relevancia geopolítica y mayor fragilidad estructural, se ven, en el presente, atravesados por una nueva lógica de extracción: la de los flujos sanitarios, perfiles epidemiológicos, mapas genéticos y datos demográficos. Estas son las nuevas “tierras raras” del poder: informaciones vitales que, una vez correlacionadas, pueden utilizarse para entrenar modelos predictivos, orientar estrategias de inversión, anticipar crisis y, sobre todo, seleccionar quién y qué importa. Quien posee los datos sanitarios de poblaciones enteras, hoy recopilados a menudo bajo el pretexto de la ayuda, la investigación o la innovación, posee en realidad una palanca estructural sobre el futuro: puede moldear las necesidades y los mercados. Y puede decidir, antes que los demás, a quién destinar medicamentos, inversiones y protecciones. Es aquí donde se juega una de las cuestiones morales más urgentes de nuestro tiempo: transformar el conocimiento compartido en bien común, no en herramienta de dominio; devolver a los pueblos no sólo los datos que los describen, sino también la posibilidad de decidir cómo se utilizarán, quién los utilizará y para quién. De lo contrario, la era digital no será postcolonial, sino colonial bajo otra forma.

179. Las nuevas esclavitudes se alimentan de cadenas económicas e infraestructuras digitales. Por lo tanto, es necesario actuar en varios frentes: en primer lugar, para exigir una mayor transparencia de las cadenas de suministro que sustentan la industria tecnológica y la economía digital, de modo que ninguna ventaja competitiva se construya sobre la explotación invisible. En segundo lugar, es necesario que las empresas y los inversionistas adopten criterios claros de verificación ética preventiva (due diligence), incluyendo entre las prioridades la protección de los trabajadores, la lucha contra el trabajo forzoso y el impacto social de los modelos de negocio basados en datos. Además, se debe exigir a las plataformas digitales que cooperen de manera responsable con las autoridades y con la sociedad civil para impedir que las herramientas de comunicación, pago y elaboración de perfiles se conviertan en canales de captación y control de las víctimas. Cuando estas decisiones convergen, el entorno digital puede transformarse de espacio de depredación en espacio de protección, prevención y promoción de la dignidad.

Una responsabilidad compartida

180. Los distintos ámbitos considerados —la búsqueda de la verdad en la vida pública, la educación en el entorno digital, las transformaciones del mundo laboral, la fragilidad de las familias y las nuevas formas de esclavitud— no son fenómenos aislados. Todos ellos ponen en juego lo mismo: si la técnica se convierte en criterio absoluto, la persona corre el riesgo de ser tratada como un dato, un engranaje o una mercancía; si, por el contrario, la técnica se inscribe en un horizonte de sabiduría, puede convertirse en una oportunidad de crecimiento, justicia y fraternidad.

181. Desde esta perspectiva, la Doctrina social de la Iglesia propone una responsabilidad compartida. Pide que estos procesos sean gestionados con visión de futuro: por instituciones capaces de regular sin asfixiar y de proteger sin suplantar; por empresas que reconozcan en el trabajo y en la dignidad un criterio de éxito; por organismos intermedios y comunidades educativas que reconstruyan la confianza y los vínculos; por ciudadanos que cultiven la responsabilidad, la sobriedad, el discernimiento y el sentido de la verdad. Sólo así la innovación podrá convertirse realmente en desarrollo humano integral y no en factor de exclusión y dominio; y sólo así la promesa del progreso podrá ser reconocida como verdadera, porque estará medida en función de la dignidad inviolable de cada hombre y cada mujer.

CAPÍTULO QUINTO

LA CULTURA DEL PODER Y LA CIVILIZACIÓN DEL AMOR

182. Tras haber analizado cómo la IA está transformando algunos aspectos de la vida y de la sociedad, con graves repercusiones para la dignidad humana, es necesario dirigir la mirada hacia un ámbito aún más dramático: la guerra. Aquí la cuestión no se refiere únicamente a la eficiencia de los nuevos instrumentos, sino al riesgo de que la tecnología, separada de la ética y de la responsabilidad, haga más rápida e impersonal la decisión sobre la vida y la muerte, y presente el uso de la fuerza como una opción inmediata y viable. En un mundo cada vez más interdependiente, la paz no es un tema entre otros, sino una condición del bien común universal y una prueba para la madurez moral de los pueblos, y especialmente de quienes son llamados a puestos de responsabilidad en el gobierno.

183. La revolución digital está modificando la gramática de los conflictos. A la guerra visible se suman formas híbridas: ataques cibernéticos, manipulación de la información, campañas de influencia y automatización de decisiones estratégicas. La IA entra en estos procesos como factor de aceleración, en un contexto en el que muchas tecnologías son intrínsecamente ambivalentes: lo que nace para proteger puede convertirse rápidamente en ataque, y la frontera entre protección y agresión tiende a difuminarse. La IA puede potenciar la defensa y la protección de los civiles, pero también puede bajar el umbral del uso de la fuerza, hacer opacas las responsabilidades y alimentar una cultura en la que el enemigo queda reducido a un dato y la víctima a un “daño colateral”. Ante estas transformaciones, debemos recurrir a los principios de la Doctrina social —dignidad de la persona, bien común, destino universal de los bienes, subsidiariedad, solidaridad y justicia— como criterios para juzgar si las tecnologías sirven realmente a la humanidad o terminan por someterla, y considerarlas como orientaciones para nuestras decisiones.

184. En este capítulo pretendo, por tanto, comparar dos lógicas opuestas, que ya he evocado con imágenes bíblicas: por un lado, la tentación de construir la torre de Babel, confiando en el poder y en el orgullo; por otro, la paciencia de reconstruir Jerusalén, como en tiempos de Nehemías, “pieza por pieza”, cuidando lo humano y el bien común.

185. Si observamos las dinámicas mundiales, reconocemos cada vez con mayor claridad la expansión de una cultura del poder, hecha de polarizaciones y violencias. La Babel moderna no es sólo el paradigma tecnocrático globalizado, sino también el enfrentamiento a distancia entre imperialismos contrapuestos, entre potencias que quieren conservar su primacía y potencias que aspiran a conquistarla, con una multiplicidad de conflictos locales. Es, además, la carrera por desarrollar tecnologías cada vez más poderosas, o por asegurarse su control, según una dinámica deshumanizante que parece no conocer límites. Y, sin embargo, junto a esta deriva, vislumbramos a gran parte de la humanidad que trata de seguir siendo humana y de esforzarse por construir la ciudad de la convivencia y la paz. De ella, todos somos a menudo artífices inconscientes y arquitectos desunidos, capaces de gestos generosos pero carentes de una visión de conjunto: es una construcción más lenta, menos visible y menos llamativa, que espera ser mejor comprendida y más coordinada, para convertirse así en el compromiso consciente y articulado de cada comunidad, desde la familia hasta el gobierno de los estados y sus relaciones. Es a este horizonte de compromiso, a esta obra de esperanza, al que damos el nombre de “civilización del amor”.

La civilización del amor en la era digital

186. Cuando san Paul VI introdujo la expresión “civilización del amor”, [177] el mundo se veía marcado por la Guerra Fría, la carrera armamentista y fuertes desequilibrios económicos. En ese contexto, la Iglesia indicaba un camino alternativo a la oposición ideológica entre sistemas, imaginando un orden social en el que la justicia y la caridad se entrelazan y el amor se convierte en principio de organización de la vida económica, política y cultural. Hoy debemos recuperar con fuerza esta visión: la civilización del amor no es una utopía ingenua, sino un proyecto exigente. Consiste en traducir la caridad en estructuras de justicia, en dar cuerpo institucional a la fraternidad y en considerar al otro —ya sea persona o pueblo— como un aliado necesario para la construcción del bien común. Como nos ha recordado la Encíclica Fratelli tutti, sólo este amor social, capaz de convertirse en cultura y norma, puede generar un orden internacional estable, transformando la convivencia de simple coexistencia armada en comunidad de destino. [178]

187. Hoy, en el contexto de la revolución digital, esta intuición resulta aún más decisiva. Las redes digitales, la economía globalizada y el desarrollo de la IA crean vínculos cada vez más estrechos, conectando en tiempo real las decisiones tomadas en un lugar con los efectos que producen en otro. Por eso, siguen siendo actuales las palabras del Conseil du Vatican II sobre la creciente interdependencia entre los pueblos: el bien común adquiere cada vez más una dimensión universal, con derechos y deberes que conciernen a toda la familia humana. [179] El proyecto de la civilización del amor asume aquí la tarea decisiva de transformar esta interdependencia padecida en una solidaridad deseada y elegida. Es el criterio para orientar los procesos tecnológicos: no basta con que la IA nos haga más eficientes o conectados, debe servir para edificar esa familia humana universal, con derechos y deberes compartidos, donde la proximidad digital se convierta en una ocasión real de encuentro y de cuidado recíproco.

La cultura del poder

188. En los tiempos que vivimos se está consolidando una cultura del poder, en la que la disponibilidad de medios y la capacidad de dominar tienden a dictar la agenda y los criterios de decisión, relegando el bien común de la humanidad a un segundo plano y reduciendo el drama concreto de los pueblos en guerra a una variable secundaria respecto a los intereses estratégicos. Esta cultura del poder penetra en la sociedad, modifica las relaciones y los comportamientos, se expande normalizando la guerra, persiguiendo un poder militar cada vez mayor, aprovechándose de la crisis del multilateralismo y alimentando un falso realismo, el cual repite que no existen alternativas.

La normalización de la guerra

189. En 1965 resonó con fuerza el grito de san Pablo VI ante la Asamblea de la ONU: «¡Nunca más la guerra, nunca más la guerra!». [180] Debemos reconocer que, a pesar de los deseos y las proclamas de paz, los últimos sesenta años han estado marcados por conflictos de una ferocidad impresionante, que a menudo han afectado masivamente a las poblaciones civiles, causando víctimas inocentes, oleadas de refugiados, desestabilización social y heridas de larga duración. Sin embargo, en el discurso público prevalecía la convicción de que la guerra debía seguir siendo una extrema ratio, sujeta a rigurosos límites éticos y jurídicos y, en cualquier caso, a un horizonte político orientado a la paz. A raíz de los acontecimientos ocurridos en el período de entreguerras, tras la Segunda Guerra Mundial se produjo un giro: la paz se situó en el centro del orden internacional, como lo atestigua en particular la Charte des Nations unies, que se propone «preservar a las generaciones venideras del flagelo de la guerra». [181] Muchas Constituciones nacionales, en la misma línea, habían relegado el uso de las armas a casos extremos y rigurosamente delimitados. Incluso durante la Guerra Fría, a pesar de la presencia de conflictos graves, persistía la conciencia de que había que evitar a toda costa un nuevo conflicto mundial.

190. Hoy, en cambio, asistimos a un verdadero cambio de paradigma en el discurso público y en las decisiones de rearme, con una preocupante rehabilitación de la guerra como instrumento de política internacional, mientras se erosionan precisamente aquellos criterios éticos que habían limitado su uso. Los conflictos regionales que se prolongan en el tiempo, la escalada de tensiones y las amenazas cruzadas se vuelven casi habituales, y resurgen formas de conflicto por la expansión territorial que se creían superadas. La opinión pública se orienta y acostumbra progresivamente a narrativas mediáticas polarizadas, a menudo amplificadas por algoritmos que valoran el enfrentamiento y la oposición.

191. También asistimos a una preocupante pérdida de la memoria histórica. La desaparición gradual de los testimonios directos del Holocausto y de las dos guerras mundiales facilita la reescritura selectiva o distorsionada del pasado, en un clima en el que las noticias falsas y las manipulaciones narrativas empañan las lecciones aprendidas. Sin una memoria viva de los horrores de la guerra, las decisiones políticas corren el riesgo de tomarse sobre la base de cálculos de fuerza, carentes de una visión de las consecuencias a largo plazo.

192. A todo esto se suma un elemento nuevo y decisivo: la dimensión mediática y digital. Las redes de comunicación, los entornos informativos fragmentados y los algoritmos que premian el enfrentamiento pueden amplificar la polarización y el resentimiento, acelerar la propaganda y dificultar el discernimiento común. Así, la guerra no sólo se libra, sino que también se prepara culturalmente a través de narrativas simplistas, lógicas de amigo-enemigo, desinformación y miedo. Cuando se atenúa la memoria histórica y se debilitan los criterios éticos que protegen a los civiles y a los más frágiles, se vuelve más fácil presentar la violencia como necesaria, inevitable o incluso “limpia”. Es en este clima donde la humanidad está cayendo en la cultura violenta del poder, donde la paz ya no se presenta como una tarea por asumir, sino como un intervalo precario entre conflictos. Hoy más que nunca es importante reiterar la superación de la teoría de la “guerra justa”, invocada con demasiada frecuencia para justificar cualquier guerra, sin perjuicio del derecho a la legítima defensa, entendida en el sentido más estricto. [182] La humanidad cuenta con instrumentos mucho más eficaces y capaces de promover la vida humana para afrontar los conflictos, como el diálogo, la diplomacia y el perdón. El recurso a la fuerza, a la violencia y a las armas testimonia una pobreza relacional que siempre tiene consecuencias desastrosas para las poblaciones civiles.

La fuerza sin límites

193. Un elemento decisivo del panorama actual es el crecimiento de la industria bélica, que se ha convertido en un sector clave de la economía de algunos países. La estrecha conexión entre los intereses económicos, los aparatos militares y las decisiones políticas genera una “nación armada”, en la que la guerra parece casi una prolongación natural de la política y el mercado de las armas se convierte en un motor autónomo de las decisiones bélicas. No podemos ignorar los enormes intereses económicos que están detrás de la guerra. Las industrias armamentísticas y los países que suministran armas se benefician de un mercado que prospera precisamente gracias a los conflictos. En este sentido, existe también una lógica económica que contribuye a alimentar tensiones en diversas regiones del mundo.

194. Los arsenales militares están en el centro de la atención. En el pasado, el reconocimiento de la amenaza que representaban las armas capaces de destruir a toda la humanidad había favorecido vías de distensión y de negociación sobre el desarme. Lamentablemente, hemos salido de ese horizonte y la evolución de los arsenales nucleares —incluida la perspectiva de usos “tácticos”— hace que el recurso a tales artefactos parezca una posibilidad cada vez menos remota. En este contexto, la entrada en vigor en 2021 del Tratado sobre la Prohibición de las Armas Nucleares, respaldado por más de setenta países, representa una señal importante, pero corre el riesgo de quedar en gran parte simbólica, ya que las principales potencias atómicas no se han adherido a él. Así se ha extendido la creencia, errónea, de que la disuasión nuclear es una condición indispensable para la seguridad, lo que ha alimentado una nueva y difícilmente controlable carrera armamentística, acompañada del desmantelamiento progresivo de los acuerdos de reducción de las armas nucleares y del desarrollo de armas “miniaturizadas”, que hacen más fácil considerar su uso como una opción viable.

195. La misma lógica se observa en los conflictos convencionales: la fuerza militar, la debilidad de las iniciativas diplomáticas y la complejidad de los intereses en juego favorecen conflictos que tienden a hacerse crónicos, con un costo humano y ambiental altísimo. Es mucho más fácil iniciar una guerra que detenerla y, sin embargo, la reflexión sobre la prevención de conflictos sigue siendo dramáticamente marginal.

196. El panorama se vuelve aún más inestable por la presencia de nuevos actores armados —grupos yihadistas, milicias privadas, redes criminales— que marcan el fin del monopolio estatal de la fuerza. A menudo, estos sujetos entrelazan motivaciones ideológicas vagas con intereses económicos muy concretos, transformando la guerra en un verdadero modo de vivir para generaciones enteras de jóvenes y niños: el objetivo ya no es una victoria definitiva, sino la perpetuación del conflicto como fuente de poder y beneficios.

Armas e IA

197. A este panorama se suma el desarrollo incesante de los sistemas de armas y en particular de las armas relacionadas con la IA. La Santa Sede ha señalado recientemente que la creciente facilidad con la que se pueden emplear los sistemas de armas con autonomía operativa hace que la guerra sea más “viable” y menos sujeta al control humano, lo que contradice el principio de que recurrir a la fuerza armada debe ser un último recurso en caso de legítima defensa. [183] Por ello, el desarrollo y el uso de la IA en el ámbito bélico deben estar sujetos a las restricciones éticas más rigurosas, y al respeto de la dignidad humana y de la sacralidad de la vida, evitando una carrera armamentista. [184]

198. A veces se habla de “agentes morales artificiales”, como si una máquina pudiera garantizar, con mayor coherencia que un ser humano, la distinción entre el bien y el mal. Pero el juicio moral no se puede reducir a un cálculo: implica conciencia, responsabilidad personal y reconocimiento del otro como persona. Por eso no es lícito confiar a sistemas artificiales decisiones letales o, en cualquier caso, irreversibles. No existe algoritmo que pueda hacer que la guerra sea moralmente aceptable. La IA no libera al conflicto de su intrínseca inhumanidad: sólo puede hacerlo más rápido e impersonal, bajando el umbral del recurso a la violencia y transformando la defensa en previsión operativa, con las víctimas reducidas a datos. Así, nos acostumbra a la idea de que la violencia sea inevitable y sólo deba optimizarse. Por tanto, es de máxima importancia infundir valores y un juicio prudente en la programación de los sistemas artificiales que construimos; estos pueden contribuir a un ecosistema moral en el que los seres humanos estén mejor preparados para escuchar su propia conciencia y en el que los modelos de IA establezcan límites adecuados.

199. No es suficiente invocar la ética de manera genérica: es necesario indicar criterios precisos de discernimiento. El primero se refiere a la responsabilidad personal. Cuando la decisión de atacar se automatiza o se vuelve opaca, aumenta el riesgo de que se pierda el sentido de la responsabilidad. Por eso, la cadena de responsabilidades debe seguir siendo identificable y verificable: quienes planifican, entrenan, autorizan y emplean deben poder rendir cuentas de sus decisiones. El segundo criterio se refiere al tiempo del juicio moral. La IA tiende a acortar los tiempos de decisión; pero, en la guerra, las decisiones irreversibles no pueden tener como criterios supremos la rapidez y la eficiencia. El tercer criterio es la distinción y la protección de los civiles. Toda tecnología que facilite atacar sin ver el rostro del otro baja el umbral moral del conflicto. La selección de objetivos y el uso de la fuerza no pueden confundir a combatientes y no combatientes, ni ignorar el impacto sobre las poblaciones indefensas.

200. De estos criterios se derivan algunas exigencias ineludibles. En primer lugar, para cada sistema empleado en el ámbito bélico deben garantizarse la trazabilidad y la posibilidad de reconstruir las decisiones, de modo que la responsabilidad y las posibles culpas no se disuelvan “en la máquina”. En segundo lugar, la decisión de emplear la fuerza letal no puede delegarse en procesos turbios o automatizados, sino que debe permanecer bajo un control humano efectivo, consciente y responsable. Por último, es necesario establecer reglas compartidas, incluso a nivel internacional, que frenen la carrera armamentística tecnológica y aseguren una protección especial a los civiles y a las infraestructuras esenciales para su supervivencia.

La crisis del multilateralismo

201. La cultura del poder surge también de la crisis del sistema multilateral. Las instituciones creadas para salvaguardar la idea de un destino común de los pueblos y de un bien común a nivel mundial parecen debilitadas, no sólo por limitaciones estructurales, sino porque a menudo falta una voluntad compartida de apoyarlas, reformarlas y reconocer su autoridad moral. En lugar de avanzar, estamos retrocediendo con respecto al giro histórico del siglo XX. Después de 1989, el colapso de los regímenes comunistas en Europa vino acompañado de una globalización predominantemente económica, carente de una arquitectura política adecuada capaz de sostener el diálogo y la paz. Se confió casi ciegamente a los mercados la capacidad de producir bienestar, democracia y estabilidad, mientras que, en realidad, la globalización no ha generado automáticamente unidad y paz, sino que ha suscitado reacciones fundamentalistas, identitarias y nacionalistas. El resultado está lejos de un auténtico multilateralismo: se presenta más bien como un multipolarismo desordenado y conflictivo, donde prevalece la desconfianza hacia el otro.

202. Reaparece la tentación de construir la identidad colectiva contra un enemigo, alimentando narrativas en las que cada uno se presenta como víctima legitimada para la revancha. La simplificación en esquemas —“yo primero”, “amigo-enemigo”, “nosotros-ustedes”— facilita decisiones, a menudo irresponsables, que minan la confianza recíproca entre las naciones. La fuerza del derecho internacional es así sustituida por el supuesto “derecho del más fuerte”, y sus instrumentos —desde los tribunales competentes en crímenes de guerra hasta los tribunales llamados a resolver las controversias entre estados— son a menudo eludidos o debilitados, con consecuencias devastadoras para la cultura política y la convivencia. [185]

203. En este contexto, la construcción de la paz ha pasado a un segundo plano: la cooperación para el desarrollo, el desarme, la prevención de conflictos y el fomento de la confianza mutua quedan relegados, en nombre de lógicas de poder. Así se debilitan también los logros del derecho humanitario: el principio de proporcionalidad en la respuesta a las agresiones, la protección del acceso al agua, los alimentos y los bienes esenciales, y el respeto por la vida de los civiles y de los niños son tratados como ingenuas reminiscencias del pasado.

Un supuesto realismo político

204. Vivimos en una época de notable ceguera espiritual y cultural. Un falso pragmatismo invita a cortar las raíces de la memoria, como si se pudiera inaugurar una especie de “nueva creación” desvinculada del pasado; incluso quienes invocan grandes principios morales pueden caer en este nihilismo histórico, creyendo ilusoriamente que las atrocidades del siglo XX ya no pueden repetirse. En realidad, las mismas dinámicas resurgen bajo nuevas formas. Parece volver a imponerse la lógica del equilibrio armado y de la disuasión. Pero, a diferencia del escenario bipolar de la Guerra Fría, hoy la multiplicación de los actores y de los frentes de conflicto hace que esta lógica sea cada vez más frágil. La conflictividad exacerbada empuja hacia guerras asimétricas e “híbridas”, libradas también en el terreno económico, financiero e informático, con el uso de la desinformación y campañas que alimentan el miedo para influir en la opinión pública. En muchos países, incluso en el Sur global, el aumento del gasto militar se presenta como la única respuesta a un futuro incierto o a amenazas percibidas, mientras que el costo real recae sobre los más pobres, que ven reducirse los recursos destinados a la salud, a la educación y a los servicios sociales.

205. Detrás de todo esto se esconde un falso “realismo”, basado no sólo en la lógica arraigada de la fuerza, sino también en una convicción cultural y antropológica, como si la guerra fuera inevitablemente parte de la naturaleza humana. Siempre ha sido así —se dice— salvo breves paréntesis, ¡y así será siempre! Por lo tanto, el problema ya no es la paz, perdida como referencia en el horizonte internacional, sino cómo y cuándo actuar militarmente, mientras se sostiene que sería irresponsable no prepararse para el enfrentamiento. En cambio, lo que es verdaderamente irresponsable es la Realpolitik, esta forma de “realismo” político, que siembra en las conciencias y en la cultura la resignación ante una guerra ineludible, y califica la paz y el diálogo como posiciones utópicas o irracionales, que ignoran los riesgos en juego. Por el contrario, la paz no es una esperanza ingenua ni sólo una ausencia de guerra: es fruto, siempre posible, de la justicia y la caridad.

206. En este clima, el nihilismo y el pragmatismo terminan entrelazándose y normalizando errores gravísimos: los extremismos religiosos y los fanatismos identitarios se alían con un economicismo irracional, mientras que la política recurre con facilidad a la desinformación, a la ridiculización del adversario y a la construcción sistemática de miedos y resentimientos. Así, la diversidad del otro se vive cada vez más como una amenaza, alimentando el deseo de posesión, la voluntad de dominio, las ambiciones hegemónicas, los abusos de poder y el miedo a la diferencia, y preparando un terreno en el que pueden madurar nuevos conflictos sin apenas darnos cuenta. [186]

207. Este es un terreno fértil para nuevas guerras, tal vez aún más peligrosas que las anteriores, ya que tienden a perder todo límite ético. Lo que antes se consideraba inaceptable hoy puede llevarse a cabo casi sin vacilaciones, mientras que la reacción internacional se adapta a la conveniencia de cada gobierno más que a la gravedad objetiva de los hechos. Las decisiones ahora parecen ser guiadas casi exclusivamente por cálculos económicos, defendidas a través de ilusiones mediáticas, euforias artificiales y “sueños” que inevitablemente se desvanecen, generando frustración y nueva violencia. Cuando uno se persuade de que nada es verdaderamente real y de que los “principios” no son más que un envoltorio vacío, la mecha de nuevas explosiones de intolerancia y agresividad se enciende en el corazón mismo de las personas.

208. En este escenario, la pregunta sobre las garantías reales contra nuevas violencias sigue abierta. Cuando una cultura normaliza y justifica el conflicto, se abre una deriva peligrosa: lo que hoy parece impensable puede volverse mañana aceptable en base a cálculos de utilidad o de seguridad. En países marcados por graves tensiones sociales, no podemos excluir que alguien termine considerando el conflicto armado como una forma eficaz de desviar la atención de los problemas internos y como un instrumento de gestión cínica de las dificultades.

209. Una responsabilidad particular recae sobre quienes trabajan en el mundo de la investigación. Todos los protagonistas de este ámbito —científicos, empresarios, inversionistas, autoridades académicas, políticos, entre otros— están llamados a trabajar con una lógica de transparencia y responsabilidad, manteniendo viva la conciencia del amplio marco en el que se inscriben los avances tecnológicos a los que contribuyen, incluidos los relacionados con la IA. Cuando uno se limita a mirar sólo a su propio sector, se engaña a sí mismo creyendo que realiza una tarea moralmente neutra y evita las preguntas sobre los fines últimos que orientan determinados experimentos: así se corre el riesgo de cooperar, tal vez sin quererlo, en proyectos oscuros que alimentan nuevas formas de violencia, manipulación y dominio.

Construir la civilización del amor

210. La construcción de un mundo en estado de beligerancia permanente es un mal, y hay que llamarlo por su nombre. Esta forma de describir la realidad que vivimos puede parecer sombría o pesimista, pero considero que es una denuncia necesaria. La perspectiva cristiana, sin embargo, no se agota en la denuncia del mal. Nosotros miramos la historia a la luz del Crucificado Resucitado, a quien el Padre ha dado «todo poder en el cielo y en la tierra» (Mt 28,18). No interpretamos el presente como un destino cerrado, sino como un campo abierto a la conversión personal y colectiva. Y creemos en la fuerza del Reino, que se desarrolla a partir de la pequeñez de un grano de mostaza, como una semilla que, una vez sembrada, brota y crece (cf. Mc 4,26-32). Mientras el ruido de la confusión nos rodea, el bien crece silenciosamente desde la tierra. Con las palabras del profeta: «Yo estoy por hacer algo nuevo: ya está germinando, ¿no se dan cuenta?» (Est 43,19).

211. Una lectura atenta de la historia lo confirma. Incluso en las noches más oscuras, el Señor suscita hombres y mujeres capaces de no resignarse y de perseverar en el bien: personas que protegen a los frágiles y abren caminos de reconciliación. La memoria de los santos y de los justos, de los constructores de paz a menudo olvidados, muestra que la gracia no elimina el conflicto con un gesto mágico, sino que genera una resistencia activa al mal y una creatividad sorprendente en el bien. Los cristianos ven las tinieblas y las llaman por su nombre, pero no se quedan paralizados contemplándolas: conocen la luz y saben que las tinieblas no la recibieron y no pueden vencerla (cf. Jn 1,5). Por eso, sirven al bien incluso donde el dolor parece tener la última palabra, sostenidos por una esperanza teologal que da a la realidad un horizonte y una dirección.

Todos podemos dar nuestro aporte

212. En este punto, sin embargo, se insinúa una tentación sutil: pensar que los problemas son demasiado grandes y nosotros demasiado pequeños, y que, por tanto, nuestras decisiones no cambian nada. Es una forma elegante de rendirse, a menudo disfrazada de realismo. Claro, no todos tienen el mismo poder de influir sobre la realidad: hay quienes gobiernan, quienes deciden inversiones, quienes dirigen instituciones, quienes investigan, quienes educan, quienes informan, quienes producen; y hay quienes parecen tener sólo su propia vida cotidiana. Sin embargo, nadie está exento de responsabilidad. Cada uno dispone de un ámbito propio de acción, y ahí —no en otro lugar— está llamado a elegir si alimenta la lógica de la fuerza —aunque sea sólo con indiferencia, cinismo, mentira y odio—; o si promueve la lógica de la paz —con verdad, sobriedad, cercanía y cuidado—.

213. Un escritor católico del siglo XX, John Ronald Reuel Tolkien, por boca de uno de los protagonistas de una de sus novelas, describió así nuestra responsabilidad: «No nos atañe a nosotros dominar todas las mareas del mundo, sino hacer lo que está en nuestras manos por el bien de los días que nos ha tocado vivir, extirpando el mal en los campos que conocemos, y dejando a los que vendrán después una tierra limpia para la labranza». [187] La civilización del amor no nace de un gesto único y espectacular, sino de una suma de fidelidades pequeñas y tenaces, que hacen frente a la deshumanización. Por eso vale la pena detenerse y considerar algunos aspectos de cómo, cada uno en su ámbito, podemos colaborar en su construcción. Sin pretender agotar el tema, propongo cinco vías de responsabilidad cotidiana y pública: desarmar las palabras, construir la paz en la justicia, asumir la mirada de las víctimas, cultivar un sano realismo y relanzar el diálogo y el multilateralismo.

Desarmar las palabras

214. La primera contribución que podemos hacer a una civilización más humana es prestar atención a nuestras palabras. «Desarmemos las palabras y contribuiremos a desarmar la tierra». [188] El poder de las palabras es enorme y lo experimentamos en nuestra comunicación cotidiana, cuando alguien nos dice algo que cambia nuestro estado de ánimo, ya sea para bien o para mal. «La paz comienza por cada uno de nosotros, por el modo en el que miramos a los demás, escuchamos a los demás, hablamos de los demás; y, en este sentido, el modo en que comunicamos tiene una importancia fundamental; debemos decir “no” a la guerra de las palabras y de las imágenes, debemos rechazar el paradigma de la guerra». [189] Todos debemos, por tanto, hacer un examen de conciencia sobre las palabras que usamos, sobre los prejuicios de los que están impregnadas y sobre la agresividad, abierta o encubierta, que las motiva. Tenemos una posibilidad real de contribuir al bien cada vez que decimos la verdad, que damos un consejo sabio, que apoyamos a quien necesita consuelo, que denunciamos una injusticia o damos voz a quien no la tiene.

Construir la paz en la justicia

215. Todos, a cualquier nivel, podemos contribuir al fundamento de la paz, que es la justicia. De hecho, no buscamos una paz cualquiera, una ausencia de conflicto a cualquier precio, sino esa paz verdadera que nace de la justicia. «Hay una estrecha relación entre la justicia de cada uno y la paz para todos». [190] Al comentar el versículo del salmo «la justicia y la paz se besarán» ( Sel 85,11b), san Agustín escribe: «Nadie hay que no desee estar en paz, pero no todos quieren practicar la justicia. […] Pero tú debes practicar la justicia, ya que la paz y la justicia se besan, no están en discordia. Y tú, ¿por qué no estás de acuerdo con la justicia? Por ejemplo, te dice la justicia: no robes, y tú no le haces caso; no cometas adulterio, y te haces el sordo; no hagas a otro lo que tú no quieres que te hagan; no comentes de otros lo que no quieres que comenten de ti. […] ¿Quieres encontrarte con la paz? Practica la justicia». [191] ¡No nos cansemos, entonces, de buscar la justicia!

Asumir la mirada de las víctimas

216. Hay situaciones en las que, para seguir siendo humanos, debemos abandonar las vacilaciones y tomar partido. Hay conflictos en los que no es justo permanecer neutrales y no basta pensar en “no ser cómplices”. [192] Cuando nos enfrentamos a bombardeos contra civiles, a ataques contra hospitales, escuelas o infraestructuras vitales, a abusos que afectan a los niños, nos encontramos ante escándalos que hieren a la humanidad misma. Por eso no podemos quedarnos a nivel de análisis abstractos. Como recordó el Pape François, debemos “tocar la carne” de quienes sufren: [193] mirar los rostros, escuchar las historias, reconocer las heridas. Los acontecimientos dolorosos necesitan tanto de historia como de memoria: la una para tratar de relatar los hechos, la otra para dar testimonio de lo vivido.

217. Dar espacio, en la información y en la educación, a la mirada y a la voz de las víctimas ayuda a tomar verdadera conciencia del abismo de maldad que encierra la guerra y, en general, toda forma de violencia; a no aceptar como normal la lógica del conflicto; a no apartar la mirada cuando se comete una afrenta contra la dignidad humana; y a devolver a las personas afectadas la dignidad de ser reconocidas y escuchadas. [194] La atención a estas voces alimenta la convicción de que, más allá de las minorías violentas, la humanidad no desea la guerra. La Iglesia puede ser de modo especial un lugar de memoria viva de las víctimas. Como recordaba san Paul VI, ella siente que debe hacer suyas tanto la voz de los muertos de las guerras pasadas como la de los vivos que aún llevan sus heridas, para que su grito se convierta en un llamamiento a la paz y a la concordia, y no en un preludio de nuevos conflictos. [195]

Cultivar un sano realismo

218. Necesitamos un sano realismo, que evite tanto el idealismo político como el cinismo. De hecho, existe un idealismo que, para salvar su propia visión del mundo, selecciona los hechos, los manipula, los renombra y termina habitando una realidad construida a la medida de sus propias convicciones. Por otro lado, existe también un realismo degradado que confunde la constatación con la resignación: dado que la fuerza domina, concluye que debe dominar. El realismo auténtico no renuncia a cambiar el mundo: comienza por ver con claridad los intereses, los miedos, las limitaciones y las relaciones de poder, precisamente para calcular qué es posible lograr y con qué pasos. No reduce la política a la moralidad, pero tampoco la entrega a la violencia: busca modos viables para que la paz sea más que una palabra, es decir, instituciones creíbles, garantías verificables, negociaciones pacientes, prevención de conflictos y protección de los civiles.

Relanzar el diálogo

219. Para construir la civilización del amor debemos ejercitar el diálogo. Este es el principal instrumento de la convivencia entre las personas y entre los pueblos, y es la alternativa al conflicto abierto. Ya lo recordaba Pie XII en vísperas de la Segunda Guerra Mundial, cuando afirmaba que con la paz no se pierde nada, mientras que con la guerra todo se puede perder, y que los hombres deben volver a dialogar, porque un diálogo sincero y perseverante abre siempre la posibilidad de una solución honorable. [196]

220. El diálogo es una dimensión ordinaria de la vida humana, y no se refiere únicamente a las relaciones entre los estados. Se trata de adquirir una actitud para construir lazos de fraternidad, hechos de escucha, de miradas sinceras, de tiempo dedicado, incluso de tiempo perdido juntos. Porque, si experimentamos el encuentro auténtico con el otro, el diferente, el extranjero, el migrante, se vuelve incluso mucho más difícil siquiera imaginar la guerra.

221. A nivel político, es urgente pasar de la “cultura del poder” a una auténtica “cultura de la negociación”, en la que el diálogo y las relaciones diplomáticas se conviertan en la vía habitual para afrontar los conflictos, tal como deseaba Giorgio La Pira: «Al método de la guerra habrá que sustituirlo por el método de la paz: el método de la negociación, del encuentro, de la convergencia; ¡es decir, el método auténticamente humano!». [197] La conciencia de un destino común de los pueblos exige que la cultura de la negociación se convierta cada vez más en un compromiso compartido, político y cultural, capaz de alejar gradualmente a la humanidad de la espiral de la violencia.

222. A quienes tienen el honor y la responsabilidad de gobernar, quisiera repetir unas palabras que dije al inicio de mi Pontificado: «Los pueblos quieren la paz y yo, con el corazón en la mano, digo a los responsables de los pueblos: ¡encontrémonos, dialoguemos, negociemos! La guerra nunca es inevitable, las armas pueden y deben callar, porque no resuelven los problemas, sino que los aumentan; porque pasarán a la historia quienes siembran la paz, no quienes cosechan víctimas; porque los demás no son ante todo enemigos, sino seres humanos: no son malos a quienes odiar, sino personas con quienes hablar. Rechacemos las visiones maniqueas típicas de los relatos violentos, que dividen el mundo entre buenos y malos». [198]

223. Al rechazar la lógica de la violencia, el diálogo entre las religiones tiene un papel decisivo, porque en el centro de los grandes caminos espirituales se encuentra un mensaje de paz. [199] Quien utiliza el nombre de Dios para legitimar el terrorismo, la violencia o la guerra traiciona su rostro; luchar en nombre de la religión significa, en realidad, golpear a la religión misma. [200] El “espíritu de Asís”, promovido por Saint Jean Paul II y continuado en el compromiso del Pape François —por ejemplo, en el diálogo con el Gran Imán de al-Azhar—, muestra que los creyentes pueden volver a beber de las fuentes más auténticas de sus tradiciones espirituales, donde no hay lugar para el odio sacralizado.

La necesidad de la diplomacia y el multilateralismo

224. En las relaciones internacionales, el diálogo es el instrumento insustituible de la diplomacia para prevenir los conflictos y restablecer los lazos de confianza. Frente a las comunicaciones impulsivas, las retóricas agresivas y las lógicas de poder que marcan nuestro tiempo, «la vocación de la diplomacia es aquella de favorecer el diálogo con todos, incluidos los interlocutores que se consideran más “incómodos” o que no se estiman legítimos para negociar», [201] utilizando hasta el extremo la humildad y la paciencia para recuperar los más tenues signos de buena voluntad de las partes en conflicto, a fin de iniciar una pacificación.

225. También el ciberespacio se ha convertido en terreno de enfrentamiento: los ataques informáticos, la manipulación de datos y las campañas de influencia orquestadas con la ayuda de la IA pueden desestabilizar países enteros, incluso antes de que se llegue a un enfrentamiento armado abierto. En este ámbito, además, la atribución de responsabilidades es a menudo incierta: cuando no está claro quién ha atacado, crece el riesgo de reacciones desproporcionadas, errores de evaluación y espirales de escalada. Por eso hace falta una diplomacia capaz de operar también en este nuevo entorno, negociando reglas compartidas sobre el uso de las tecnologías digitales, protegiendo a los civiles y a los más vulnerables de formas de violencia invisibles, pero no por ello menos reales.

226. Las organizaciones internacionales, en particular la ONU, siguen siendo instrumentos esenciales para promover una civilización del amor, al apoyar el diálogo entre las naciones, la solución pacífica de los conflictos, el desarrollo integral de los pueblos, la protección de las personas más vulnerables, el desarme y el cuidado de la creación. A través de estas instancias, la comunidad internacional puede tratar de reducir las desigualdades, defender los derechos de los refugiados y de las minorías, liberar recursos destinados al armamento para destinarlos a la promoción humana y proteger la Casa común. La Santa Sede apoya y acompaña este compromiso, aunque reconoce que la actual debilidad de la ONU y del sistema político internacional revela la necesidad de reformas profundas: no se trata sólo de ajustes técnicos, porque la crisis de convicciones y de valores afecta también a los fundamentos éticos de la vida de las naciones y dificulta orientar el multilateralismo hacia el verdadero bien común. [202]

227. En el contexto internacional, la diplomacia de la Santa Sede asume el principio evangélico de la misericordia como criterio concreto de la acción política. Es una de las formas en que la Santa Sede se pone al servicio de la humanidad, llamando a las conciencias a la caridad y a la verdad, defendiendo la dignidad de cada persona y haciéndose voz de los pobres, de los migrantes y de las víctimas de las guerras. De este modo, la diplomacia pontificia expresa la catolicidad de la Iglesia y contribuye a la construcción de una civilización del amor en la que también las nuevas tecnologías estén orientadas al bien común.

Orar y esperar

228. Estas vías de compromiso se nutren de la oración y la alimentan. Para nosotros, en efecto, la paz, ante todo, «proviene de Dios, Dios que nos ama a todos incondicionalmente». [203] Es un don entregado por Jesús a sus discípulos el día de Pascua: «¡La paz esté con ustedes! Esta es la paz de Cristo resucitado, una paz desarmada y una paz desarmante, humilde y perseverante». [204] Con estas palabras saludé a la Iglesia y al mundo el día de mi elección a la Sede de Pedro, y deseo repetirlas para invitar a todos a pedir este don. No nos cansemos de orar por la paz y de comprometernos a hacerla realidad en nuestras relaciones y en la sociedad.

CONCLUSIÓN

229. «Que cada cual se fije bien de qué manera construye» (1 Co 3,10): son palabras de san Pablo, que exhorta a los cristianos de Corinto a custodiar la unidad. Amadísimos hermanos y hermanas, nos hemos interrogado sobre el mundo que estamos construyendo, preguntándonos qué significa custodiar a la persona humana en el tiempo de la IA. Al final de este camino, deseo entregarles un itinerario de vida cristiana sobrio y exigente con el cual vivir este cambio de época a la luz del Evangelio. Es un camino que nace de la contemplación del designio de Dios, vive la unidad eclesial nutriéndose de la Palabra y de la Eucaristía, construye el bien en el mundo y ora junto con la Virgen María.

El Verbo se hizo carne

230. En un mundo atravesado por tantas maniobras que apuntan a conquistar mercados y espacios de influencia, a menudo revestidas de retórica tranquilizadora y construcciones ideológicas seductoras, nuestro corazón siente la necesidad de descubrir un proyecto diferente, sabio y benévolo, semejante al que María contempla en el Magníficat, cuando proclama que la misericordia de Dios se extiende de generación en generación sobre aquellos que le temen. [205] Este designio de misericordia atraviesa la historia también hoy, dentro de los cambios más rápidos y frenéticos marcados por los algoritmos y las redes globales, y se convierte en la brújula para orientar una existencia evangélica en la era digital.

231. En el centro está el misterio de la Encarnación: el Verbo se hizo carne y puso su morada entre nosotros. La carne del Hijo, pobre y vulnerable, evoca la carne de tantos hermanos y hermanas despojados de su dignidad y reducidos al silencio. [206] Y a través de esta cercanía, el don de la paz entra en el mundo de modo paradójico: como el poder de llegar a ser hijos de Dios, que se aviva cuando nos dejamos conmover por el llanto de los pequeños, por la fragilidad de los ancianos, por el silencio de las víctimas, por el esfuerzo de quienes luchan contra el mal que no querrían hacer. [207] En esta carne herida y amada, el Padre nos muestra la verdadera humanidad de una vida que se realiza en la apertura y en la comunión, hasta el punto de hacernos desear que su voluntad se cumpla en la tierra como en el cielo. [208]

232. En las promesas del transhumanismo y de algunas corrientes posthumanistas, que persiguen una humanidad potenciada y casi desencarnada, reconocemos un deseo que nos interpela: la necesidad de una vida más plena, menos expuesta a la fragilidad y al sufrimiento. Pero la Encarnación abre un camino diferente. Mientras las ideologías antiguas y nuevas empujan al hombre a la superación técnica del límite y a elevarse por encima de los demás para afianzar un dominio, el misterio del Hijo de Dios que entra en nuestra condición narra un movimiento opuesto: el Dios vivo que desciende a nuestra historia para liberarnos de toda esclavitud, [209] asume nuestra debilidad y la transforma en lugar de salvación. No hay un momento ni una condición humana que no sea digno de Dios: «De manera que tenemos, como nos enseña nuestra fe y dilucidamos en nuestros misterios, a Dios que nace en la cuna, un Dios que vive y viaja por Judea, un Dios que muere en la cruz y un Dios muerto y sepultado». [210] El futuro de la humanidad encuentra así su criterio en la capacidad de acoger este modo divino de hacerse cercano, de compartir el peso del mundo, de transformar las relaciones desde dentro. ¡Qué maravilla!, «este hombre es Dios, y Dios-Hombre pasa por estos escalones, ¡los santifica y deifica en sí mismo!». [211] Lo que salva al hombre es el amor divino que desciende hasta el punto más frágil de su historia y la regenera desde lo profundo.

233. Por eso, como creyente entre creyentes, invito a contemplar en el rostro del Hijo una magnífica humanidad que también ilumina la época de la IA. En Cristo comprendemos que el hombre está llamado a ser colaborador en la obra de la creación, y no espectador resignado ante los procesos tecnológicos que limitan su libertad y su responsabilidad. [212] La dignidad que el Espíritu Santo esculpe en cada uno de nosotros se reconoce también en la capacidad de reflexionar críticamente, de elegir y amar gratuitamente, y de establecer relaciones auténticas. Ningún sistema de cálculo, por sofisticado que sea, genera un corazón que se entrega, ni una conciencia capaz de discernir el bien. Incluso cuando las máquinas sobresalen en eficiencia, el centro de la historia sigue siendo un rostro humano que exige ser contemplado. Este rostro humano es la plenitud hacia la que camina la historia. Es el misterio de la recapitulación, la certeza de que el Padre ha establecido recapitular en Cristo ―única Cabeza― todas las cosas, las del cielo y las de la tierra (cf. Ef 1,10). En este designio, nada de lo que es verdaderamente humano se perderá, sino que todo será purificado y reunido en Aquel que recoge cada fragmento de vida, cada lágrima y cada auténtica conquista humana para sustraerlos de la nada y entregarlos, redimidos, al Padre.

Un solo cuerpo en Cristo

234. La espiritualidad que necesitamos es una espiritualidad eucarística, es decir, una espiritualidad de la unidad eclesial en el amor. La Encarnación y la Pascua revelan a Dios que entra en nuestra condición humana y la transfigura en el don de sí mismo. Este don permanece presente y operante en la Eucaristía, en la cual el Señor se comunica y reúne a la Iglesia, para que su entrega se convierta en principio de unidad y fuente de vida nueva. De esta comunión nace también la solidaridad cristiana, porque la «unión con Cristo es al mismo tiempo unión con todos los demás a los que él se entrega». [213] Como explica san Agustín a los nuevos cristianos de su Iglesia, el pan y el vino sobre el altar son el sacramento de la unidad de los fieles en Cristo: «Lo que vemos tiene aspecto corporal; lo que entendemos, fruto espiritual. Por tanto, si quieres entender el cuerpo de Cristo, escucha al Apóstol que dice a los fieles: Vosotros sois el cuerpo de Cristo y sus miembros ( 1 Co 12,27). En consecuencia, si vosotros sois el cuerpo de Cristo y sus miembros, sobre la mesa del Señor está puesto el misterio que vosotros mismos sois: recibís el misterio que sois vosotros. A eso que sois, respondéis “Amén”, y al responder (así) lo rubricáis. Escuchas, pues: “Cuerpo de Cristo”, y respondes: “Amén”. Sé miembro del cuerpo de Cristo, para que tu “Amén” responda a la verdad». [214]

235. El “Amén” que decimos en la liturgia, el Cuerpo que comemos y la Sangre que bebemos, dan forma a toda nuestra vida. La Eucaristía «es elencuentro personalísimo con el Señor y, sin embargo, nunca es un mero acto de devoción individual». [215] En ella se muestra visiblemente que nosotros «somos la Iglesia de Cristo, somos sus miembros, su cuerpo. Somos hermanos y hermanas en Él. Y en Cristo, aun siendo muchos y diferentes, somos uno: “ In Illo uno unum”». [216]La Eucaristía nos mueve a la justicia y al compartir, con una atención preferencial hacia quienes sufren el peso de la pobreza y de la marginación. Y mientras las nuevas redes económicas y tecnológicas pueden generar exclusión, aislamiento y dependencias, la Iglesia, alimentada por la Eucaristía, está llamada a hacer visible otro tipo de medida, custodiando los vínculos, devolviendo la voz a los invisibles y orientando los procesos hacia la dignidad de las personas.

La obra de nuestro tiempo

236. La espiritualidad que deseo entregar es la del “arquitecto sabio” que, animado por la esperanza en el Reino de Dios, se compromete a construir el bien en el mundo (cf. 1 Co 3,10). Como escribí al comienzo de esta reflexión, [217] hoy nuestra edificación debe tener como fundamento la relación con Dios, como norma la aceptación del límite humano en cuanto realidad natural y positiva, y como estilo la corresponsabilidad y el lenguaje evangélico. Al final del camino, el proyecto de una civilización del amor se perfila más claramente y la obra se muestra ya iniciada, sobre todo gracias a tantas piedras vivas sólidamente unidas en Cristo, la piedra angular (cf. 1 P 2,4-6). En esta obra estamos llamados a asumir un papel activo, sin refugiarnos en el espiritualismo ni en nuestros pequeños mundos: debemos ser fieles a la verdad, invertir en la educación, cuidar las relaciones, y amar la justicia y la paz.

237. ¡Permanezcamos fieles a la verdad! Viviendo inmersos en flujos incesantes de información, opiniones e imágenes, sabemos lo fácil que es influir en decisiones y preferencias a través de algoritmos cada vez más sofisticados. [218] En este escenario es importante custodiar un corazón que ama la verdad, que desea lo justo más que los contenidos de mayor atractivo, que busca la sabiduría más que el impacto inmediato. La verdad que no debemos perder es la de Dios y la del ser humano, tal como Cristo nos la ha revelado. Es necesario abandonar una visión del hombre individualista y técnica, como si la realidad fuera solamente materia para modelar con base en intereses egoístas, tanto individuales como de grupo. [219] Cultivemos en cambio lo que el Pape François ha definido como un «antropocentrismo situado», [220] que reconoce al ser humano como criatura inserta en una trama de relaciones con los demás seres vivos y con la totalidad de la creación. La fidelidad a la verdad exige integrar las posibilidades que ofrece la técnica en un camino de sabiduría, capaz de custodiar juntos la dignidad de cada persona y el futuro de nuestra Casa común.

238. ¡Invirtamos en la educación que empieza por nosotros mismos! Todos necesitamos formarnos para vivir en el mundo digital de manera humana, como parte integrante de la educación en la fe y en la vida virtuosa del Evangelio. Debemos educarnos para considerar el mundo digital como un nuevo continente por evangelizar, que requiere misioneros generosos y maduros en la fe. De modo particular, además, se necesitan adultos que redescubran su vocación de artesanos de la educación, dispuestos a un trabajo diario, paciente y sostenido por amplias y compartidas alianzas educativas. Acompañar a los niños y jóvenes para que utilicen las tecnologías como espacio de relación responsable, ayudándoles a reconocer los riesgos y a elegir lo que hace crecer la libertad interior, representa hoy una forma concreta de caridad y de salvaguardia de su dignidad. Educar a las nuevas generaciones para que logren creer que la evolución de las tecnologías no sigue un camino inevitable, sino que puede estar orientada por la responsabilidad personal y colectiva, constituye uno de los servicios más valiosos al bien común.

239. ¡Cuidemos las relaciones! En una época que tiende a acelerar y a fragmentar, la carne humana sigue pidiendo ser cuidada y reconocida por manos capaces de ternura, por mentes atentas y buenas palabras. La cultura digital multiplica las conexiones y ofrece nuevas posibilidades de encuentro; sin embargo, el corazón humano conserva una necesidad irrenunciable de proximidad. Invito a salvaguardar los espacios y los momentos en que la presencia física sigue siendo decisiva: la mesa compartida, la comunidad cristiana que se reúne, la visita a quien está solo, el servicio a los pobres. Son signos de una humanidad que sigue creyendo que cada cuerpo es templo del Espíritu y casa de Dios, y precisamente esta alianza entre gloria y fragilidad se convierte en criterio para evaluar los modelos antropológicos propuestos por la cultura actual.

240. ¡Amemos la justicia y la paz! Las mismas tecnologías que facilitan la comunicación y el acceso a los recursos pueden sustentar modelos que explotan a los más vulnerables, alimentan nuevas esclavitudes y transforman el conflicto en oportunidad de lucro. Cada decisión técnica o económica se convierte en un punto de discernimiento espiritual, una ocasión para verificar si los avances de la IA abren espacios de justicia y participación o concentran la riqueza y el poder en manos de unos pocos. Invito a mirar con lucidez las redes de producción digital, las condiciones de trabajo ocultas detrás de nuestros dispositivos, los mecanismos que se aprovechan de la manipulación y la guerra y, al mismo tiempo, a buscar vías concretas para hacer crecer la equidad, la participación y el cuidado de la creación. «La esperanza que anunciamos […] viene del cielo, pero para generar aquí abajo una historia nueva»: precisamente por esto quien cree se compromete para que, en lugar de las desigualdades, haya más justicia y para que «en vez de la industria de la guerra se afirme la artesanía de la paz». [221]

241. Mirando al mañana, deseo evocar la imagen de Nehemías, que al comienzo de este itinerario elegimos como compañero y guía. Nehemías escucha el grito de una ciudad herida, lleva ese dolor a la oración, discierne ante Dios, pide ayuda, obtiene permiso para ponerse en marcha, organiza el trabajo, afronta resistencias internas y externas y, ladrillo tras ladrillo, reconstruye con el pueblo las murallas de Jerusalén. En él reconozco una parábola luminosa de nuestra vocación a ser, en el tiempo de la transformación digital, no espectadores resignados a las fracturas sociales y culturales, ni simples comentaristas de las ruinas, sino mujeres y hombres que entran en las obras de la historia ―laboratorios de investigación, empresas tecnológicas, escuelas, medios de comunicación, instituciones, comunidades locales― para levantar lo que se ha derrumbado y proteger lo que está expuesto. Como Nehemías, también nosotros estamos llamados a unir escucha y valentía, oración y responsabilidad, para que la ciudad de los hombres se vuelva más habitable, incluso cuando las lógicas tecnocráticas y los intereses partidistas parecen prevalecer.

242.La imagen de la reconstrucción de Jerusalén evoca la promesa del Nuevo Testamento, de la ciudad santa que nos es dada ante todo como un don. En el Apocalipsis, la nueva Jerusalén desciende hacia nosotros como don para todo el Pueblo de Dios, «embellecida como una novia preparada para recibir a su esposo» (Ap 21,2).Los muros de Jerusalén ya no son fortificaciones para la defensa, sino adornos preciosos de la Esposa del Cordero.Sus puertas, que Nehemías protegía con tanta atención, se mantienen permanentemente abiertas a todas las naciones. La presencia de Dios ofrece a todos luz y vida. La ciudad es un nuevo Edén, con su agua viva donada a los sedientos y con su árbol de la vida, cuyas hojassirven «para curar a los pueblos» (Ap 22,2).En espera de su plenitud, esta visión está ante nosotros como una exhortación, un llamado a superar nuestras divisiones y a trabajar juntos: este es el camino de Jesucristo, ayer, hoy y siempre.

El canto de la esperanza: el “Magníficat”

243. El cuarto punto de este programa de vida cristiana —después de la fe que contempla el designio de amor del Padre, la caridad que nos une en un único cuerpo eclesial y la esperanza que sostiene nuestra acción en el mundo— es la oración. El cántico de María acompaña nuestro compromiso. Ante Isabel, que le anuncia que se ha convertido en la madre del Señor, María prorrumpe en un himno de alabanza y de alegría: su alma proclama la grandeza del Señor y su espíritu exulta en Dios su Salvador, porque Él eligió a una joven pobre y pequeña para su plan de salvación. De repente, María ve toda la historia con los ojos de este descubrimiento. Nada ha cambiado a su alrededor: la situación sociopolítica de su época sigue siendo la misma, con los romanos que dominan su tierra y su pueblo dividido y humillado. Sin embargo, todo ha cambiado dentro de ella, y eso le permite ver lo invisible. Dios maintenant ha hecho proezas con el poder de su brazo, maintenant ha dispersado a los soberbios, ha derrotado a los poderosos, ha elevado a los humildes, ha colmado de bienes a los hambrientos y ha despedido a los ricos con las manos vacías. Él maintenant ha auxiliado a Israel, su siervo. Dios «se pone de parte de los últimos. Su proyecto a menudo está oculto bajo el terreno opaco de las vicisitudes humanas, en las que triunfan “los soberbios, los poderosos y los ricos”. Con todo, está previsto que su fuerza secreta se revele al final». [222]

244. La Virgen María no sólo nos enseña a ver la obra invisible de Dios, sino que dirige también nuestra mirada «a los puntos de fractura de la humanidad, allí donde se produce la distorsión del mundo, en el contraste entre humildes y poderosos, entre pobres y ricos, entre sacios y hambrientos», enseñándonos «a adquirir un punto de vista diferente para mirar el mundo desde abajo, con los ojos de quien sufre, no con la óptica de los potentes; para ver la historia con la mirada de los pequeños y no con la perspectiva de los poderosos; para interpretar los acontecimientos de la historia desde el punto de vista de la viuda, del huérfano, del extranjero, del niño herido, del exiliado, del fugitivo». [223] De esta manera, la Virgen se convierte en «poetisa y profetisa de la redención», porque de sus labios brota «el himno más fuerte e innovador que jamás se haya pronunciado, el Magníficat; es ella quien revela el diseño transformador de la economía cristiana, el resultado histórico y social, que aún hoy deriva del cristianismo su origen y su fuerza». [224]

245. Con la misma fe de María, convirtámonos en tejedores de esperanza en nuestro mundo, compartiendo lo que somos y lo que tenemos, para que la presencia de Jesús crezca entre nosotros y su Reino tome forma. En la fidelidad humilde de cada día, también el tiempo de la IA puede ser un paso en el que el Espíritu haga madurar la civilización del amor en nuestras vidas; el Señor sigue haciendo nuevas todas las cosas y mantiene abierta para cada época la posibilidad de convertirse en historia de salvación a la luz de la Encarnación. Encomiendo este deseo a la Madre de Cristo, a la mujer del Magníficat, para que acompañe nuestros pasos en el presente que cambia y custodie en cada uno de nosotros la confianza en el Evangelio, de modo que podamos testimoniar la belleza de una magnífica humanidad habitada por Dios.

Dado en Roma, junto a San Pedro, el 15 de mayo del año 2026, segundo de mi Pontificado.

LEÓN PP. XIV

Les enseignements du Pape

Qu'est-ce qu'une encyclique exactement ?

Una encíclica es una carta pastoral dirigida por el Papa a toda la Iglesia. Las encíclicas suelen tratar temas de fe o moral, o sociales, animan a realizar una conmemoración o devoción particular, o abordan cuestiones de disciplina de la Iglesia que deben observarse universalmente.

OSV / Omnes-25 mai 2026-Temps de lecture : 3 minutes

– Padre Joseph L. Parisi

Los apóstoles utilizaron cartas para dirigirse a los fieles de las diversas iglesias que habían ayudado a fundar. En particular, San Pablo escribió varias cartas (epístolas), 21 de las cuales forman parte del canon del Nuevo Testamento. Evidentemente, durante muchos siglos no se llamaron encíclicas.

Los sucesores de los apóstoles, los obispos, siguieron esta práctica y solían enviarse cartas entre sí y a los miembros de las iglesias a su cargo pastoral para asegurar la coherencia en la fe y la práctica, especialmente en lo referente a la celebración de la liturgia. 

El propio obispo de Roma escribía cartas que se hacían circular entre todos los obispos. También recibía cartas de los obispos, las cuales, a su vez, hacía llegar a otros obispos.

Declive y resurgimiento

Durante la Edad Media, la práctica de enviar estas cartas cayó en desuso. En aquella época, los Papas solo enviaban cartas a obispos individuales sobre asuntos específicos de sus diócesis. Los obispos respondían por escrito únicamente al Papa.

El Papa Benedicto XIV (1740-1758), haciendo uso inteligente del poder de la recién inventada imprenta, revivió la antigua práctica del Papa de escribir cartas a todos los obispos del mundo. 

Fue el Papa Gregorio XVI quien aplicó el término “encíclica” a estas cartas, del latín ‘encyclicus’, o circular, porque estaban dirigidas a toda la Iglesia.

Desde 1740, los papas han publicado cerca de 300 encíclicas que abordan diversos temas relacionados con la vida y el ministerio de la Iglesia.

“Quien te escucha a ti, me escucha a Mí”

Las encíclicas no se consideran de inspiración divina ni contienen revelaciones nuevas. Sin embargo, se consideran instrumentos del magisterio ordinario que contienen la enseñanza autorizada del Vicario de Cristo.

En cuanto a la cuestión de la autoridad vinculante de la enseñanza contenida en una encíclica, el Papa Pío XII afirmó lo siguiente en su encíclica «Humani generis», del 12 de agosto de 1950:

“Tampoco debe pensarse que lo que se contiene en una encíclica no exige por sí mismo asentimiento, con el pretexto de que los Papas no ejercen en ellas la suprema potestad de su magisterio. Más bien, tales enseñanzas pertenecen al magisterio ordinario, del cual es cierto decir: “El que os oye a vosotros, me oye a Mí” (Lc 10,16)”.

“Además, en su mayor parte, lo que se expone e indica en las encíclicas ya pertenece a la doctrina católica por otras razones”.

Magisterio del Romano Pontífice, aunque no sea ‘ex cathedra’

El Concilio Vaticano II declaró en «Lumen gentium»: “La sumisión religiosa de la voluntad y del pensamiento debe manifestarse de manera especial a la auténtica enseñanza del Romano Pontífice, incluso cuando no habla ex cathedra”. 

“Es decir, debe manifestarse de tal forma que se reconozca con reverencia su Magisterio supremo y se acaten sinceramente sus juicios, según su manifiesta voluntad y pensamiento. Su voluntad y pensamiento en la materia pueden conocerse principalmente por el carácter de los documentos, por su frecuente repetición de la misma doctrina o por su manera de hablar”.

Fuentes de alegría y desafío

En ocasiones, la Iglesia ha recibido con alegría las encíclicas papales, pues abordaban temas de piedad o devoción popular. 

En otras, los Papas han escrito encíclicas sobre las grandes cuestiones morales de su tiempo. Estas cartas han sido a menudo objeto de intensos debates entre diversos eruditos y teólogos.

Las encíclicas no se consideran, en sí mismas, pronunciamientos infalibles del pontífice. Y si bien las enseñanzas que contienen pueden resultar a veces difíciles de aceptar y seguir para algunos, los católicos de buena voluntad de todo el mundo están obligados a reconocer su autoridad apostólica y a esforzarse por aceptar humildemente su enseñanza.

¡Qué bendecida ha sido la Iglesia al recibir la enseñanza del Señor y la guía del Espíritu Santo que se encuentran en las encíclicas de los Papas a lo largo de los siglos!

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– El padre Joseph L. Parisi recibió su maestría en teología pastoral de la Universidad de Santo Tomás de Aquino en Roma en 1974 y la licenciatura en derecho canónico de la Universidad de San Psblo en Ottawa, Canadá, en 1986. Es un sacerdote jubilado de la Arquidiócesis de San Luis.

L'auteurOSV / Omnes

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Dossier

Mi experiencia del diaconado desde la vida familiar

Manuel López narra su diaconado permanente como una vocación compartida con su esposa e hijos, destacando el apoyo familiar y la entrega conjunta como pilares esenciales de su ministerio.

Manuel López-25 mai 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Para hablar del diaconado permanente es imprescindible comenzar por la familia. La llamada de Dios no se recibe en soledad, sino en el seno de un hogar concreto, con nombres, rostros y una historia compartida. En nuestro caso, podemos decir con sencillez que Dios ha llamado a la puerta de nuestra casa y que, hasta el día de hoy, hemos intentado responderle con fidelidad y generosidad. Le pedimos al Señor que nos mantenga firmes en la entrega a los hermanos y en la fidelidad a la Iglesia.

Nada de lo vivido habría sido posible sin la presencia de la magnífica mujer que Dios ha puesto en mi camino. Su confianza, su disponibilidad y su acompañamiento constante han sido un verdadero pilar en este proceso vocacional. Su testimonio de fe viva, de amor a la Iglesia y de entrega silenciosa ha sostenido nuestro caminar común. Junto a ella, el Señor nos ha bendecido con dos hijos, verdadero reflejo de su amor y signo de su gracia derramada en nuestra familia.

El origen de la vocación

La primera vez que se nos planteó la posibilidad del diaconado permanente fue en el año 1998. Nuestro párroco nos habló de la opción de solicitar la admisión como aspirante al diaconado. Tras un tiempo de reflexión compartida en familia, decidimos aceptar la propuesta. Sin embargo, el posterior cambio de párroco hizo que aquella decisión quedara aplazada y no llegara a concretarse en ese momento.

En el año 2006, un nuevo párroco volvió a plantear la cuestión. De nuevo, lo reflexionamos en familia, compartiendo dudas, inquietudes y esperanzas. Un paso particularmente significativo fue el consentimiento explícito de mi esposa, quien, con alegría y plena disposición, firmó el documento en el que aceptaba mi disponibilidad para ser admitido al diaconado. Su apoyo fue, una vez más, una confirmación clara de la llamada compartida.

El día de san Juan, el 24 de junio de 2006, nuestro párroco recibió la citación para una audiencia familiar con don Antonio Ceballos, entonces obispo de Cádiz y Ceuta. Aquella jornada quedó grabada para siempre en nuestra memoria. En esa audiencia, el obispo recibió, por una parte, la solicitud de admisión al Seminario Conciliar de Cádiz de nuestro hijo Antonio Jesús y, por otra, mi admisión como aspirante al diaconado permanente. Como solemos decir, el Señor no se deja ganar en generosidad y, cuando se entrega a Él, siempre devuelve el ciento por uno.

En febrero de 2008 fui ordenado diácono permanente, y en octubre de 2013 nuestro hijo mayor fue ordenado presbítero. Resulta profundamente conmovedor vivir la experiencia de pedir la bendición a tu propio hijo sacerdote para proclamar el Evangelio. Recuerdo que, en tono de broma, le decía que el día de su primera Eucaristía, antes de proclamar el Evangelio, le diría: “Hijo, dame la bendición”, en lugar del habitual “Bendígame, padre”. Finalmente, la escena quedó solo en la anécdota, pero expresa bien la hondura y la belleza de este misterio vocacional compartido.

El día a día

La vida de un diácono permanente en familia está llena de momentos de profunda alegría y satisfacción, especialmente cuando la fe se vive y se celebra en común. También en los momentos de dolor y dificultad, la experiencia de la fe compartida se convierte en una fuente de unidad, consuelo y fortaleza.

Hay un momento que suele llamar la atención cuando acudimos a la Eucaristía. Mi esposa suele sentarse sola en el banco, mientras yo, como diácono, asisto al celebrante en el altar. En ocasiones, algunas personas le preguntan: “¿Siempre estás sola en Misa?”. Ella suele responder con serenidad que, cuando su esposo, como diácono, eleva el cáliz en la doxología, ambos están unidos de manera especial, sellados por la alianza matrimonial, que también es un signo visible de la gracia de Dios.

Nuestro hijo menor, junto a su esposa y su hija, forma hoy una familia con profundas convicciones cristianas y una vida de fe coherente. Compartimos con gratitud la alegría de sentirnos bendecidos por Dios y elevamos una sincera acción de gracias por los dones que nos concede cada día para ser, en medio de la sociedad, presencia suya y anuncio de que Dios nos ama más allá de nuestros fallos y pecados. Los amigos ante el bautizo de nuestra nieta preguntan “¿Quién la bautizará?” y algunos se sorprenden de que el tío de la sobrina celebró la Eucaristía y el abuelo es el que bautizó. 

En el camino del diaconado permanente no faltan las anécdotas que ponen de manifiesto el desconocimiento que aún existe sobre este ministerio, a pesar de que en alguna plegaria eucarística se menciona expresamente a los diáconos junto al Papa, los obispos y los presbíteros. En las celebraciones de la Palabra en ausencia de presbítero, no es raro que alguien se acerque al finalizar y diga: “Padre, se le ha olvidado consagrar”. O que, al ver llegar al diácono acompañado de su esposa, alguien se escandalice comentando: “¿Y esa señora quién es?”.

Normalización de la realidad diaconal

Aun así, desde la propia experiencia puedo afirmar que el diaconado permanente va abriéndose camino de manera constante y esperanzadora. Poco a poco se van incorporando nuevos diáconos y se percibe cómo este ministerio comienza a ser valorado y acogido en la vida diocesana. También es motivo de alegría constatar que las diócesis donde hasta ahora no se había restaurado el diaconado permanente están dando pasos decididos para hacerlo realidad. Así ha sucedido recientemente en archidiócesis como Granada o Mérida‑Badajoz, signo elocuente de que el Espíritu sigue suscitando servidores y mostrando nuevos caminos de servicio a la Iglesia.

Y aunque no exista una pastoral vocacional específicamente orientada al diaconado permanente, siguen apareciendo hombres dispuestos a servir. Son pocos, pero de una calidad humana, familiar y eclesial admirable. Cada aspirante es motivo de auténtico asombro: hombres con una vida ya entregada a la familia, al trabajo y a la comunidad cristiana, que desean ofrecerse todavía más a la Iglesia. En ellos se percibe con claridad que la vocación no nace de la planificación, sino de la fidelidad de Dios y de una respuesta generosa al servicio. Cada uno de estos candidatos es un regalo y una confirmación de que el diaconado permanente es, ante todo, obra del Espíritu Santo en la Iglesia.

L'auteurManuel López

Diácono permanente de la diócesis de Cádiz y Ceuta

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Culture

El Panteón: un templo para todos

El Panteón: cuatro funciones, cuatro épocas, cuatro sistemas de valores que han convivido a lo largo de los siglos en armonía bajo una cúpula abierta al cielo.

Gerardo Ferrara-24 de mai de 2026-Temps de lecture : 6 minutes

Pasé por el Panteón hace solo unos días. En realidad, es casi imposible no pasar por allí si se frecuenta el centro de Roma. Y, ante las increíbles colas de turistas, recordaba lo bonito que era, hace años (antes de la invasión turística), entrar por la mañana temprano, cuando la luz del óculo dibujaba un círculo casi perfecto en el suelo; o por la tarde, para la Misa, cuando las naves se llenaban de una penumbra dorada y el ir y venir de los visitantes daba paso al silencio de los fieles. Ahora…

Antes de continuar, una pequeña aclaración: ¡en Roma tenemos el Panteón, no el Partenón! ¡Y me da risa pensar que un cómico estadounidense ha hecho un vídeo precisamente sobre este malentendido en el que caen muchos turistas!

Un abrazo milenario

En los artículos que hemos dedicado a las basílicas de San Clemente y Saint-Sébastien hemos definido ciertos edificios de Roma —si no toda la ciudad— como una “lasaña arqueológica”, debido a las diferentes capas artísticas e históricas que caracterizan las construcciones de la ciudad, desde lo arcaico, en las profundidades, hasta llegar al barroco y lo moderno en la superficie. Pues bien, el Panteón es una excepción, ya que hoy se presenta exactamente como era hace dos mil años: un monumento romano convertido en iglesia cristiana y mausoleo renacentista sin que la capa más antigua quedara sepultada bajo las más recientes.

El templo de todos los dioses

El Panteón deriva del griego “pan” (“todo”) y “theòs” (“dios”). Era, de hecho, el templo de todos los dioses, incluso de los menos conocidos de los rincones más recónditos del Imperio romano. Roma, de hecho, era como una esponja: conquistaba, sí, pero absorbía los usos, costumbres y tradiciones religiosas de los territorios sometidos: una auténtica globalización “ante litteram”.

El edificio actual no es el más antiguo. El primero fue construido por Marco Vipsanio Agripa entre los años 27 y 25 a. C., pero fue destruido por un incendio. Adriano lo reconstruyó entre los años 118 y 125 d. C., conservando en el frontón la inscripción original de Agripa: M·AGRIPPA·L·F·COS·TERTIVM·FECIT.

Lo que llama la atención de inmediato del Panteón es su sencilla perfección, o su perfecta sencillez: un pórtico con dieciséis columnas de granito rosa y blanco, y a continuación la rotonda (la plaza que se encuentra frente a ella se llama Piazza della Rotonda), es decir, un cilindro coronado por una cúpula hemisférica de 43,3 metros de diámetro, lo que equivale exactamente a la altura interior del edificio: una esfera ideal. 

En el centro de la cúpula, el óculo: un orificio circular de 8,7 metros, única fuente de luz. El óculo carece de cristal. Cuando llueve, el agua entra pero se escurre a través de los orificios del suelo de mármol, sin inundar el interior. Cuando hace sol, en cambio, un círculo de luz se desplaza lentamente por las paredes a lo largo del día como un gigantesco reloj de sol. Se ha calculado que, el día del Natale di Roma, el 21 de abril, el círculo ilumina con precisión la entrada principal.

Cuando hay poca gente, el ambiente es increíble: la tenue luz que se filtra por el óculo crea una penumbra amortiguada, casi palpable, y la acústica refuerza esa sensación de protección, casi como un abrazo en el que el sonido y la luz se unen en perfecta armonía para acoger a quienes desean disfrutar de un momento de tranquilidad en medio del bullicio de la ciudad.

609: de templo pagano a iglesia cristiana

En el año 609 d. C., el emperador Foca donó el Panteón al Papa Bonifacio IV, quien lo consagró como iglesia cristiana: Santa María ad Martyres. Probablemente a esto se deba que el edificio haya llegado intacto hasta nuestros días, a diferencia de tantos otros monumentos de la antigua Roma.

De hecho, no se le tocó: simplemente, los nichos que antes habían albergado las estatuas y efigies de los dioses romanos se convirtieron en capillas de los santos cristianos. 

Foca también donó al papa un icono bizantino de la Virgen con el Niño, que probablemente ya se encontraba en el interior del Panteón, adorado al igual que otras figuras sagradas y que aún hoy se conserva allí

Al ser época de Pentecostés, podemos recordar lo que sigue siendo hoy una tradición secular en Roma: el Domingo de Pentecostés, los bomberos suben a la cúpula del Panteón y lanzan, a través del óculo, miles de pétalos de rosas rojas sobre los fieles reunidos en el templo, para simbolizar las llamas del Espíritu Santo que descendieron sobre los apóstoles reunidos en el Cenáculo. Esta tradición se remonta a la más antigua de las ceremonias florales romanas, las Rosalia, que se celebraban en primavera con motivo de las fiestas de los difuntos.

El panteón árabe convertido en templo del monoteísmo

Incluso la Kaaba de La Meca, es decir, el cubo de piedra en torno al cual se celebran los ritos de la oración islámica y del Hayy, la peregrinación, era, en la época preislámica, un santuario politeísta que albergaba estatuas y efigies de numerosas deidades tribales, entre ellas Alá, considerado en aquella época como una más de ellas. A La Meca, y a la Kaaba, acudían peregrinos y fieles de toda Arabia, especialmente con motivo de los certámenes poéticos, en los que famosos poetas locales, en representación de las diferentes tribus, se reunían en la ciudad para competir con versos y composiciones maravillosas: ¡unas auténticas olimpiadas poéticas árabes!

En el año 630, Mahoma conquistó La Meca y ordenó destruir las estatuas de las deidades paganas, pero no la estructura que las albergaba, es decir, la Kaaba, y ordenó también preservar la Piedra Negra y el rito de la circunvalación alrededor de la estructura cuadrangular. Las fuentes islámicas medievales, entre ellas Al-Azraqi, transmiten además una importante anécdota: en el interior de la Kaaba se habría encontrado, en el momento de la conquista islámica, también la efigie de una Virgen con el Niño, que Mahoma no destruyó, sino que mandó cubrir con un paño. La veracidad histórica de este episodio es objeto de debate, pero resulta del todo verosímil si tenemos en cuenta que el cristianismo ya se había arraigado en diversas zonas de la península arábiga, al igual que el judaísmo, que la Kaaba era precisamente un panteón para todas las deidades conocidas y veneradas en aquellos lugares y que, sobre todo, la veneración a María se habría mantenido en la época islámica, hasta el punto de que la madre de Jesús fuera la única figura femenina mencionada explícitamente en el Corán.

Ese Panteón árabe estaba destinado a la misma continuidad que su homólogo romano, y precisamente en el mismo siglo, ya que Bonifacio IV, unos años antes de Mahoma, había dejado en el nuevo templo cristiano únicamente la imagen de la Virgin, tras haber retirado los ídolos paganos.

Para quienes vivimos en nuestra época, marcada lamentablemente, como ya se mencionó en un artículo anterior, por fundamentalismos de toda tradición, las sociedades politeístas, Roma en primer lugar, pueden parecer más inclinadas a la tolerancia religiosa. La base teológica del politeísmo, de hecho, es la de la coexistencia de muchas divinidades. Es más, en la llamada “interpretatio romana”, ¡siempre era mejor tener una más! La divinidad extranjera, por tanto, se integraba y se asimilaba (desde las griegas hasta Mitra y otros cultos orientales, entre ellos el propio cristianismo).

El monoteísmo, en cambio, parte del supuesto contrario: existe un solo Dios, todos los demás son falsos. Tal sería, según diversos estudiosos, la causa de la deriva monoteísta de la intolerancia religiosa: no una patología cultural, sino la consecuencia de una revelación exclusiva. De ello estaban convencidos David Hume y otros pensadores como el filólogo Maurizio Bettini, quien, en su Elogio del politeísmo, define el politeísmo no como “más primitivo” que el monoteísmo ni menos complejo, sino simplemente diferente.

Obviamente, no se trata de hacer una apología del politeísmo, entre otras cosas porque cada forma de politeísmo y cada forma de monoteísmo deberían analizarse por separado y en profundidad.

La cúpula y el mundo

La cúpula del Panteón mantuvo, durante más de mil trescientos años, un récord imbatido: la mayor cúpula de hormigón sin armar (aligerada hacia la cima con toba y piedra pómez) jamás construida y que se conservara intacta.

En ella se inspiraron los constructores de Santa Sofía en Constantinopla, Isidoro de Mileto y Antemio de Tralles, entre los años 532 y 537, con la diferencia de que la cúpula del Panteón cubre un círculo, mientras que la de Santa Sofía cubre un cuadrado, lo que provocó el derrumbe de la primera cúpula de Constantinopla en el año 558, posteriormente reconstruida.

El Panteón solo fue superado, como ya escribimos, por Filippo Brunelleschi en 1436, con la cúpula de Santa Maria del Fiore en Florencia, pero el modelo siguió siendo imitado en todo el mundo: Villa Capra en Vicenza (Palladio), la Rotonda de la Universidad de Virginia (Jefferson), el Capitolio de Washington, el Panteón de París y la basílica de San Francisco de Paula en la plaza Plebiscito, en Nápoles, y su forma se convirtió en un símbolo arquitectónico no solo religioso, sino también político y cultural.

Rafael, los reyes y el memorial de una nación

El propio Panteón romano, además de ser un antiguo templo pagano y una basílica cristiana, es un monumento conmemorativo de la cultura y la historia de Italia. En 1520 fue enterrado allí Rafael Sanzio, cuyo epitafio, atribuido a Pietro Bembo, reza: “Aquí yace Rafael: de él, cuando vivió, la naturaleza temió ser vencida; ahora que ha muerto, teme morir con él”. 

En 1878 fue enterrado allí Vittorio Emanuele II, primer rey de Italia, y después de él Umberto I, en 1900. Esto permitió que el Panteón se convirtiera también en santuario civil de la joven nación italiana.

El Panteón: cuatro funciones, cuatro épocas, cuatro sistemas de valores que han convivido a lo largo de los siglos en armonía bajo una cúpula abierta al cielo.

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Famille

L'archevêque du Minnesota nous encourage à regarder les visages de nos proches.

“¿Cómo serían nuestras familias y nuestra sociedad si dedicáramos tan solo una fracción de lo que gastamos en pantallas a mirar los rostros de nuestros familiares?”, ha escrito el arzobispo de Minnesota, Bernard A. Hebda tras diez años al frente de la arquidiócesis de St. Paul y Minneapolis.

OSV / Omnes-24 de mai de 2026-Temps de lecture : 7 minutes

– Rebeca Omastiak (St. Paul, Minnesota), OSV News 

“Lo primero es la vida familiar, las familias», declaró el arzobispo de Minnesota a ‘The Catholic Spirit’, el periódico arquidiocesano, en una entrevista el 26 de mayo de 2016, con motivo de su toma de posesión el 13 de mayo, hace diez años.

“En la medida en que podamos ayudar a nuestras familias o a nuestras parejas casadas a ver la vida que están viviendo como una vida vocacional, en la medida en que podamos lograr que oren para que sus hijos puedan responder de la manera en que Dios los llame a servir”, dijo, “creo que eso tendrá un impacto positivo en las vocaciones”.

Ésta era entonces la reflexión del arzobispo Bernard A. Hebda en la arquidiócesis de St. Paul y Minneapolis. Ahora, diez años después de su investidura en la fiesta de Nuestra Señora de Fátima, el arzobispo ha publicado su más reciente carta pastoral, titulada “Solo una cosa es necesaria”, dirigida a las familias.

Matrimonios y familias alegres

El hecho de que el arzobispo haya hablado del apoyo a las familias desde el momento de su toma de posesión hasta la publicación de su última carta pastoral demuestra “que ésa es la prioridad del arzobispo”, afirmó Corey Manning, director ejecutivo de la Oficina de Discipulado y Evangelización de la archidiócesis.

“Él realmente desea que los matrimonios y las familias se llenen de alegría, de esa vida divina y de ese amor”, declaró Manning, miembro de la parroquia de San Miguel en Stillwater, a ‘The Catholic Spirit’. El deseo del arzobispo “no ha cambiado en 10 años: acompañar y caminar junto a” las familias fieles.

El título de la carta se inspira en el Evangelio de Lucas, en el que Jesús le dice a Marta que, en medio de su angustia, “solo hay una cosa necesaria” (Lc 10:42). “Jesús mismo es esa única verdad”, escribió el arzobispo.

En un vídeo del 4 de mayo titulado “Juntos en el camino”, el arzobispo Hebda dijo que “Nuestro Señor es el camino a través del cual las familias católicas pueden unirse en esta vida y en la venidera”.

Ejemplo de los santos Zélie y Luis Martín

A lo largo de la carta, el arzobispo se remite al ejemplo de los santos Zélie y Louis Martin –padres de Santa Teresa de Lisieux, doctora de la Iglesia- para guiar a las familias.

“He sido constante en mis oraciones para que intercedieran por las familias de esta arquidiócesis”, escribió el arzobispo Hebda en el prefacio de la carta.

Basándose en su propia experiencia familiar, el arzobispo escribió: “Mis hermanos y yo hablamos a menudo de lo mucho que les debemos a nuestros padres su testimonio de fe y su disposición a sacrificarse por la familia. Siempre estaremos agradecidos por cómo nos introdujeron al amor de Dios y se aseguraron de que encontráramos un hogar en nuestra Iglesia”

El arzobispo Hebda escribió que ha visto a muchos padres expresar este mismo fervor durante las sesiones de oración y escucha que dieron lugar al Sínodo Arquidiocesano de 2022. “Escuché una y otra vez el amor y la preocupación que residen en los corazones de tantos padres de esta Iglesia local, que no desean nada más que guiar a sus familias hacia Jesús”, escribió.

Fieles oran durante una misa en la Basílica de Santa María en Minneapolis el 1 de febrero de 2026, para celebrar el centenario de la ordenación de la iglesia como basílica menor por el Papa Pío XI (Foto de OSV News/Dave Hrbacek, The Catholic Spirit).

‘Los padres, primeros maestros de sus hijos en los caminos de la fe’

Un elevado número de votos durante el Sínodo Arquidiocesano de 2022 indicó interés en la propuesta de que “los padres sean los primeros maestros de sus hijos en los caminos de la fe”.

Los siguientes pasos incluyeron la formación de una Comisión de Alto Nivel, integrada por clérigos, religiosos, educadores, padres y abuelos, para asesorar al arzobispo sobre cómo apoyar a los padres.

En respuesta al Sínodo Arquidiocesano y a la carta pastoral del arzobispo de 2022, “Seréis mis testigos”, una de las recomendaciones de la comisión fue la que finalmente se convirtió en la carta pastoral “Solo una cosa es necesaria”. El arzobispo escribió que la nueva carta es “una expresión de aliento a los padres y a todos aquellos que los apoyan pastoralmente”.

Una batalla cuesta arriba

El arzobispo Hebda reconoció lo que las familias le han expresado como “lo que puede parecer una batalla cuesta arriba”, vivir en medio de “un declive social generalizado en la práctica religiosa y la afiliación a la iglesia”.

Según el Estudio sobre el Panorama Religioso 2023-24, publicado en 2025 por el Centro de Investigación Pew, los cristianos -que representan la mayor parte de los adultos con afiliación religiosa en Estados Unidos-, “han ido disminuyendo como porcentaje de la población adulta estadounidense, mientras que la proporción de personas sin afiliación religiosa ha ido en aumento».

La proporción de católicos en la población adulta de EE. UU. disminuye

Mientras tanto, la proporción de católicos en la población adulta de EE. UU. también había disminuido en los últimos años, según investigadores de Pew. Del 24 % en 2007 al 20 % en 2014 y al 19 % en el estudio de 2023-24. Sin embargo, según informaron los investigadores de Pew, estos descensos parecían haberse estabilizado con los datos más recientes del estudio RLS de 2023-24.

Junto con los cambios en la afiliación y la práctica religiosa, el arzobispo señaló los desafíos que enfrentan las parejas modernas, incluyendo que “(e) hay una disminución significativa en el número de parejas que buscan el Sacramento del Matrimonio o incluso que eligen casarse por lo civil”.

El arzobispo Bernard A. Hebda de St. Paul y Minneapolis, el 27 de febrero de 2026 en la Universidad de St. Thomas en St. Paul, Minnesota. Junto a él, de izquierda a derecha, el padre jesuita Christopher Collins, vicepresidente saliente de misión de la Universidad de St. Thomas en St. Paul; el cardenal Robert W. McElroy de Washington; el cardenal Christophe Pierre, nuncio apostólico en Estados Unidos; y el cardenal Joseph W. Tobin de Newark, Nueva Jersey (Foto de OSV News/Dave Hrbacek, The Catholic Spirit).

Tendencias

Según los datos de la Oficina del Censo de EE. UU. publicados en 2025, el 47 % de los hogares estadounidenses en 2025 estaban formados por parejas casadas, lo que la oficina calificó como «un cambio significativo» con respecto a hace 50 años, cuando el 66 % lo estaban en 1975.

En su carta, el arzobispo incluyó las palabras del difunto Papa Francisco, según las cuales «el ritmo frenético de hoy, los temores sobre el futuro, la falta de seguridad laboral y de políticas sociales adecuadas, y los modelos sociales cuya agenda está dictada por la búsqueda de beneficios en lugar de la preocupación por las relaciones» podrían considerarse factores que contribuyen al descenso de las tasas de natalidad.

Disminución del número de hogares formados por parejas casadas en Estados Unidos

Los datos del censo indicaron que la proporción de hogares estadounidenses formados por parejas casadas con hijos menores de 18 años había disminuido del 54% en 1975 al 37% en 2025.

El arzobispo también reconoció que muchas familias se enfrentan a problemas propios de la época actual.

En 2023, el Cirujano General de los Estados Unidos, Vivek Murthy, relacionó una “epidemia de soledad y aislamiento” con la disminución de la conexión social durante la pandemia de COVID-19, así como con una disminución general de la participación social. 

También la disminución durante décadas del tamaño de las familias y las tasas de matrimonio; las tendencias decrecientes en la participación comunitaria, “incluidos los grupos religiosos, los clubes y los sindicatos”; y las tecnologías en auge, incluidas “las redes sociales, los teléfonos inteligentes, la realidad virtual, el trabajo remoto, la inteligencia artificial y las tecnologías de asistencia”, que «han cambiado rápida y drásticamente la forma en que vivimos, trabajamos, nos comunicamos y socializamos».

En su carta, el arzobispo Hebda reconoció tanto los “desafíos perennes” como los “desafíos particulares de nuestro tiempo” que experimentan los católicos modernos. Y abogó por dedicar tiempo a participar en dinámicas presenciales.

Mirar los rostros de los miembros de la familia

“¿Cómo serían nuestras familias y nuestra sociedad si dedicáramos tan solo una fracción de lo que gastamos en pantallas a mirar los rostros de nuestros familiares?”, escribió.

El arzobispo Hebda animó a las familias a “tener ánimo”, citando, entre otras cosas, las palabras de San Juan Pablo II en su carta: “El futuro de la humanidad pasa por la familia2.

El arzobispo sugirió que las familias deben abrazar el “camino angosto” que Jesús menciona en Mateo 7:13-14. “Sin duda, perseverar en el camino angosto requiere la gracia que brota de nuestra profunda amistad con Jesucristo. Solo dentro del contexto de esa relación esencial pueden nuestras demás relaciones orientarse hacia nuestra más alta vocación: la vida eterna con Dios”.

Llamados a acompañar a las familias

“Ustedes, queridas familias, están hechos para la vida eterna”, escribió. En el vídeo sobre “Solo una cosa es necesaria”, el arzobispo Hebda dijo que “cada uno de nosotros, independientemente de nuestro estado de vida, está llamado a les familles accompagnantes".

“¿Cómo sabemos que las familias son tan importantes? Nuestro Señor eligió la familia como el medio por el cual entró en nuestra experiencia humana”, dijo, animando a los fieles a leer la carta y a orar con ella.

Cultura de la vida familiar

Junto con la publicación de la carta pastoral, se ofrecen herramientas para que todos los fieles participen en el esfuerzo por “fortalecer la cultura de la vida familiar en la Iglesia y en las comunidades locales”.

Las oficinas arquidiocesanas de Discipulado y Evangelización y de la Misión de la Educación Católica elaboraron una serie de pasos para la implementación de la carta pastoral.

Recomendaciones a padres y familias, sacerdotes, consagrados

Los pasos ofrecen recomendaciones a padres y familias; clérigos; personal parroquial; grupos pequeños parroquiales; personal de escuelas católicas; seminaristas; mujeres y hombres consagrados; y miembros de ministerios y apostolados católicos; entre otros en la arquidiócesis, al leer y reflexionar sobre la carta.

Alison Dahlman, directora asociada de calidad y excelencia educativa de la Oficina para la Misión de la Educación Católica, destacó los pequeños grupos parroquiales como una vía para leer y reflexionar sobre la pastoral.

“Si cada pequeño grupo utiliza esto como contenido para el año, ¡qué poder unificador tendría!”, dijo.

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– Rebecca Omastiak es la editora de noticias de ‘The Catholic Spirit’, periódico de la arquidiócesis de St. Paul y Minneapolis. Este artículo fue publicado originalmente por ‘The Catholic Spirit’ y distribuido en colaboración con OSV News.

L'auteurOSV / Omnes

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Monde

Sviatoslav Shevchuk : “ Je suis devenu la voix de la vie dans une ville assiégée. ”

El líder de la Iglesia greco-católica ucraniana, ofrece a Omnes su testimonio sobre la resistencia espiritual y humanitaria en Kiev frente a la invasión rusa.

Maria José Atienza-24 de mai de 2026-Temps de lecture : 10 minutes

Lorsque les sirènes d'alerte aérienne ont brisé le silence de Kyiv aux premières heures du 24 février 2022, Sa Béatitude Sviatoslav Shevchuk Il ne quitta pas la ville. Il resta dans la crypte de la cathédrale de la Résurrection, transformée du jour au lendemain en bunker pour des milliers de civils. Aujourd'hui, après des années d'une invasion à grande échelle qui a laissé des cicatrices profondes dans l'âme de Ukraine, Le primat de l'Église gréco-catholique ukrainienne partage son témoignage de ce qu'il définit comme un « miracle de résilience » et un « nouvel Holodomor ».

Né à Stryi (région de Lviv) en 1970, Shevchuk Il a été formé au séminaire pendant la période clandestine de son Église sous le régime soviétique ; sa vocation est à la fois spirituelle et scientifique : il est docteur de formation et titulaire d'un doctorat en théologie morale de l'Université pontificale Saint-Thomas-d'Aquin de Rome.

Après un passage comme évêque en Argentine – où il a tissé des liens d’amitié étroits avec le cardinal Jorge Mario Bergoglio –, il a été élu en 2011, à seulement 40 ans, devenant ainsi le plus jeune chef de son Église. C’est cette combinaison de rigueur clinique et de compassion pastorale qu’il met aujourd’hui au service de l’analyse de la situation d’une nation qui, selon ses propres termes, a appris à « vaincre la peur par l’espérance ». Dans cet entretien avec Omnes, Shevchuk analyse l’escalade des attaques russes contre les civils, le rôle héroïque des mères ukrainiennes et le pouvoir des mots dans une ville assiégée.

Le 25 mai, Sa Béatitude Sviatoslav Shevchuk présentera sa “ Chronique d'une guerre sacrilège ” avec Omnes dans la salle des remises de diplômes de l'Université CEU San Pablo, pour une rencontre unique.

Le 24 février 2022, l'Ukraine s'est réveillée face à une invasion. Quels sont vos souvenirs de ces premières heures ? 

–En effet. Nous sommes engagés dans ce que nous appelons une guerre à grande échelle depuis près de cinq ans. En réalité, le conflit a débuté en 2014, avec l'annexion de la Crimée par la Russie et l'occupation de la région du Donbass.

Mais c'est le 24 février 2022 qu'une guerre à grande échelle a véritablement commencé. Plus de 200 000 soldats russes ont alors envahi le pays. Leur cible : Kiev. La Russie souhaitait une attaque éclair pour anéantir le pays, le détruire en tant que sujet de droit international, occuper la capitale et dominer ensuite l'ensemble du territoire. 

Ce jour-là, nous nous sommes réveillés face à une réalité totalement différente, une réalité avec laquelle nous continuons de vivre. Chaque jour, du côté ukrainien, nous apprenons les pertes russes. Environ un millier par jour. Cela signifie que les troupes russes n'ont pas réussi à vaincre l'Ukraine. Nous avons survécu, et c'est un véritable miracle. Je peux en témoigner. Les Russes pensaient conquérir un territoire, et ils se sont retrouvés face à une nation. L'Ukraine est, véritablement, un grand pays. 

À ce moment-là, dans Ukraine La population s'élevait à environ 36 millions d'habitants. Une attaque de cette ampleur était inattendue. Aucun dialogue diplomatique n'a été entamé. Notre gouvernement ne croyait pas non plus que la Russie puisse mener une telle invasion militaire. 

Je me souviens de la grande confusion que l'attaque a provoquée car, en quelques heures, la ville de Kiev était encerclée par les Russes. Il n'y avait qu'une seule petite route pour sortir de la ville. Je suis resté, évidemment. Mais c'était un véritable exode massif.

Kyiv comptait environ 4 millions d'habitants. Après ces premiers jours, il n'en restait plus que 800 000. La ville était devenue une ville fantôme. 

…et l’église devint un abri de fortune.

Dès le début, les églises devinrent le principal refuge de la population. Notre cathédrale se dresse sur la rive gauche du Dniepr. Lors des attaques, les ponts furent fermés. Les Russes avançaient depuis l'est, et le fleuve lui-même constituait une barrière naturelle.

Nous étions au beau milieu du col, comme pris au piège, et près de 3 000 personnes étaient venues se réfugier dans la cathédrale. On entendait des hélicoptères russes survoler la cathédrale ; le sol tremblait. 

Je me souviens comment, du haut des marches de la cathédrale, j'ai vu la ville en flammes de l'autre côté du Dniepr (où se trouvent, par exemple, la cathédrale orthodoxe Sainte-Sophie de Kiev ou le siège du gouvernement) et j'ai eu l'impression de voir ce que Jérémie a contemplé lorsqu'il a eu la vision de Jérusalem détruite par les Babyloniens.

Je n'arrêtais pas de me demander : ” Seigneur, pourquoi ? Pourquoi m'as-tu fait venir de Buenos Aires ? Pourquoi m'as-tu choisi comme chef de l'Église ? » Ukraine” M’avez-vous mis ici pour voir ça ? Que signifie tout cela ? » Mais nous savions résister !

Nous avons sauvé tant de vies… et en avons perdu tant d'autres. Nous ignorons encore le nombre exact de personnes décédées ces dernières années. On parle de millions. Il s'agit non seulement de militaires, mais aussi de civils. 

La guerre en Ukraine ne fait plus la une des journaux étrangers, quelle est la situation aujourd'hui ?

Ces huit derniers mois, la situation s'est aggravée. Nous vivons un paradoxe : plus on parle de négociations entre les États-Unis et la Russie, plus les choses se dégradent. La ligne de front est plus ou moins stable, malgré une intensité des affrontements très élevée. Ce sont les populations civiles, systématiquement attaquées par la Russie, qui en subissent les conséquences les plus graves.

D'après le suivi des Nations Unies, en 2025, au moment même où les discussions sur la paix en Ukraine s'intensifiaient, le nombre de victimes civiles a augmenté de 351 000 par rapport à l'année précédente. Pas un jour ne passe sans que de grandes villes ne soient bombardées : non seulement Kyiv, mais aussi Kharkiv et Odessa, ou plus au sud, Dnipro, Donetsk et Zaporijia. Ces attaques ne visent pas des objectifs militaires, mais des immeubles d'habitation et des civils. 

Cet hiver en Ukraine, nous avons connu un hiver très difficile et rigoureux. L'année où la guerre a commencé, le fleuve n'a pas gelé. C'était un miracle. Mais cette année, il n'en a pas été ainsi. Au contraire, la couche de glace sur le fleuve atteignait plus de 25 centimètres d'épaisseur. Les températures sont descendues en dessous de -20 degrés Celsius… 

Les Russes ont alors entrepris la destruction systématique du réseau de chauffage urbain, transformant Kyiv en un véritable piège glacial, conçu pour tuer ses habitants. Je peux en témoigner, car j'y vis. Chaque quartier de Kyiv dispose d'un système de chauffage alimenté par une centrale qui fournit également l'eau chaude sanitaire aux habitations.

Ces centrales électriques ont été construites à l'époque soviétique. Moscou a tous les atouts en main. Imaginez la situation : avec des températures de -25 °C, les centrales de chauffage ont été détruites et, en quelques heures, tout le quartier s'est retrouvé paralysé par le froid. De plus, lorsque l'eau contenue dans ces canalisations gèle, elles éclatent. Cela signifie que tout le réseau de chauffage doit maintenant être reconstruit dans de nombreux endroits. 

Il s'agit véritablement d'une catastrophe humanitaire. Nous l'appelons une nouvelle Holodomor, Comme cette famine artificielle provoquée par Staline en Ukraine, qui a fait 12 millions de morts. Aujourd'hui, on tue des gens par le froid. Dans ce contexte, l'Église est redevenue un refuge pour beaucoup. Malgré la situation, il n'y a pas eu d'exode massif. 

Janvier 2026. Plusieurs habitants se réchauffent les mains près d'un poêle, faute de chauffage dans leurs logements suite aux attaques russes. © Photo OSV News/Thomas Peter, Reuters

Comment la population a-t-elle réussi à survivre à une situation de plus en plus complexe ?

“ Permettez-moi de vous raconter deux histoires pour que vous compreniez comment ils ont survécu. Un garçon d'environ cinq ans est venu à la cathédrale. Il portait un manteau très épais et lourd. Je lui ai demandé : ” Fais-tu très froid chez toi ? » et il a répondu : « Oui, il fait très froid. Mais je vais vaincre le froid, et l'Ukraine le vaincra. » Je n'oublierai jamais cette image, celle de ce garçon qui avait froid, mais qui était fier d'avoir le courage de surmonter le froid. ». 

Nous avons également été témoins d'une autre scène terrible dans les centres de résistance : des camps installés devant des bâtiments dont les canalisations avaient éclaté et dont l'intérieur était complètement gelé. Grâce à des générateurs, nous avons pu créer des espaces un peu plus chauds, où les gens venaient prendre le thé, recharger leurs téléphones…

Là-bas, nous avons constaté à de très nombreuses reprises que les gens se mettaient à chanter et à danser.

La Russie voulait briser le moral des Ukrainiens, et elle n'y est pas parvenue. 

En cette période, en tant que pasteur, qu'est-ce qui vous paraît le plus difficile ?

En tant que pasteur et évêque, je dois dire que le plus difficile est d'enterrer les nouvelles victimes. Chaque jour, nous pleurons avec tant de mères qui perdent leurs enfants. Nous découvrons une nouvelle forme d'accompagnement pastoral pour l'Église : l'accompagnement du deuil. 

Je suis médecin, et je me souviens que l'accompagnement des personnes endeuillées était du ressort des aumôniers hospitaliers : les prêtres devaient comprendre la psychologie et les états émotionnels pour offrir un soutien pastoral adapté. Aujourd'hui, ce type d'accompagnement nous incombe à tous : que ce soit dans les paroisses, les monastères, les villes ou les villages. Nous sommes une nation qui a connu des épreuves. Mais nous sommes aussi un peuple de foi. La foi nous donne l'espérance, et l'espérance nous donne la force.

Comment pouvons-nous vivre cette période d'épreuve d'un point de vue religieux ?

D'après des statistiques récentes, 52 % de la population ukrainienne se déclare orthodoxe. Parmi les orthodoxes d'Ukraine, on distingue deux courants : l'Église autocéphale ukrainienne et un autre groupe appartenant à l'Église orthodoxe du Patriarcat de Moscou. Les catholiques sont minoritaires. Au sein de la communauté catholique, on trouve les catholiques de rite byzantin, majoritaires ; les catholiques grecs, qui représentent 12 % de la population ; et les catholiques de rite latin, qui constituent environ 1 %.

On observe également la présence de groupes protestants : baptistes, pentecôtistes et autres – parmi les chrétiens. De plus, le pays compte une importante population juive et des groupes musulmans, notamment dans le sud. Ainsi, lorsque nous évoquons le rôle de l’Église en Ukraine, nous parlons toujours de coopération interreligieuse. Aujourd’hui, l’Église joue un rôle essentiel dans la résistance ukrainienne et dans la prise en charge des victimes de la guerre. Là où les organisations internationales échouent, l’Église intervient. 

Je tiens à souligner que ces moments de souffrance sont aussi des moments de conversion. Les églises, notamment celles de l'est du pays, qui a le plus souffert sous le communisme, sont pleines de fidèles. Pourquoi ? Parce que la souffrance fait émerger des questions profondes. Et ils trouvent les réponses dans la Parole de Dieu, que leurs prêtres partagent avec eux. 

Je suis prêtre depuis 1994. Et je dois dire que, jamais auparavant je n'avais ressenti la puissance de la Parole de Dieu avec une telle intensité. Il ne s'agit pas de simples concepts, ni d'une idéologie humaine ; c'est la puissance de Dieu qui sauve. 

Dans Chronique d'une guerre sacrilège, vous compilez les messages que vous avez adressés presque quotidiennement par vidéo. Comment ces messages ont-ils été créés ? 

Quand la guerre a éclaté, face à la vue d'une ville en flammes, aux cris… écrire était la dernière chose à laquelle on pensait. Pourtant, après l'une des premières attaques sur Kiev, mon téléphone n'arrêtait pas de sonner avec la même question : “ Comment allez-vous ? ” Je n'avais pas le temps de répondre à tout le monde. J'ai dit à ma secrétaire qu'il fallait enregistrer une vidéo pour donner des nouvelles. Une sorte de “ preuve de vie ”. 

Nous ne pouvions compromettre ni notre sécurité ni celle des personnes réfugiées avec nous, alors nous avons choisi un décor très “ neutre ” : un rideau. Devant lui, nous avons enregistré tous les messages qui composent le livre. Le “ succès ” de la vidéo fut impressionnant : des millions de personnes à travers le monde ont partagé ces mots. Le lendemain, on nous en demandait une autre ; puis une autre… C’est ainsi qu’a débuté ce service de la Parole, ce témoignage, cette affirmation que nous sommes vivants. 

Je suis devenue la voix de la vie, parlant au monde depuis une ville assiégée. 

Au bout de deux semaines environ, j'ai songé à abandonner. Mais je suis ensuite allé rendre visite à une communauté dans une ville à une centaine de kilomètres de Kyiv. Là-bas, une femme âgée m'a pris la main et m'a dit : “ Monseigneur, nous sommes terrifiés, nous avons très peur, mais merci pour ces vidéos. ” Je lui ai répondu : “ Je ne sais plus quoi dire, que puis-je dire ? ” Et elle a répliqué : “ L'important, c'est que vous nous parliez. Ce n'est pas tant ce que vous dites qui compte. ”.

Je me suis alors souvenu d'un incident survenu pendant ma carrière de médecin : un homme avait été admis après avoir été percuté par un train. Nous avions dû l'amputer des deux jambes et nous n'avions pas les analgésiques nécessaires. Sa femme est entrée et il l'a suppliée : “ Maria, parle-moi. ” Elle a pris un livre et s'est mise à lire. Et cette voix si familière a apaisé la douleur de l'homme. 

J'ai compris que l'Église devait parler à ceux qui souffraient. Et j'ai commencé, chaque jour, à transmettre l'Évangile à travers ces messages. Le livre montre comment ces messages étaient à la fois un journal de souffrance et un message d'espérance. J'y expliquais l'intégralité du Catéchisme de l'Église catholique. J'y parlais aussi d'écologie, car l'Ukraine subit une catastrophe écologique due à la guerre.

Dans ses messages, il fait souvent référence à ces prêtres qui vivent la guerre aux côtés de leurs communautés et les encourage. 

Pour le peuple, la présence du prêtre symbolisait la présence vivante et visible de Dieu. S'ils voyaient un prêtre se préparer à fuir, ils abandonnaient la ville. Pour nous, cela soulevait une question douloureuse et complexe : “ Que devons-nous faire ? ”. 

Un tiers de mon diocèse était occupé, mais je suis très fier qu'aucun de mes pasteurs n'ait abandonné ses fidèles. Ils ont souffert, y compris psychologiquement, mais ils sont restés aux côtés de leur peuple. 

Le pape Léon XIV avec l'archevêque majeur Sviatoslav Shevchuk le 15 mai 2025.

Elle parle aussi fréquemment du rôle des femmes, des mères, à cette époque.

Au fil des années, j'ai été témoin de l'héroïsme maternel de nombreuses femmes ukrainiennes. Dans le métro, devenu un refuge, on voyait tant de mères protéger et nourrir leurs enfants. 

Permettez-moi de vous raconter une histoire. L'un de nos prêtres, qui est marié (il existe des prêtres mariés dans le rite gréco-catholique), vit dans une zone proche de Tchernobyl, à une vingtaine de kilomètres de la Biélorussie. Cette zone fut rapidement assiégée car, étant presque inhabitée, les troupes russes rencontrèrent peu de résistance.

Je savais que ce prêtre attendait bientôt son troisième enfant. Je l'ai appelé pour l'“ encourager ” à quitter la ville avec sa famille, et il m'a dit : “ En face de ma paroisse, il y a quarante femmes avec de jeunes enfants. Nous cuisinons pour ces enfants car ces jeunes mères n'ont plus de lait à cause du stress de la guerre. ”.

Son épouse a refusé d'abandonner ses filles. Elle a accouché le cinquième jour de l'occupation, dans un hôpital sans électricité ; les médecins s'éclairaient à la bougie. J'ai pu rendre visite à cette famille peu après, et j'ai serré cette femme dans mes bras en lui disant : “ Vous êtes véritablement l'incarnation de la maternité héroïque. ”.

Au milieu de cette immense tragédie, les mères demeurent des sources de vie. Par leur courage, elles protègent leurs enfants. Nous avons découvert tant de corps de mères qui ont tenté de protéger leurs enfants de leur propre corps sous les décombres ! 

La plupart des personnes ayant quitté l'Ukraine sont des femmes avec de jeunes enfants. La jeune mère est désormais le visage du migrant ukrainien. 

Pensez-vous que la fin de la guerre soit proche ? 

“ C'est une question difficile. La guerre en Ukraine prendra fin comme la chute de ce géant aux pieds d'argile qu'était l'URSS. La guerre prendra fin, mais nous ne savons pas quand. Il y a cependant un pressentiment, une intuition, qui laisse penser que la guerre se terminera quand on s'y attendra le moins. ”.

La victoire de l'Ukraine réside dans sa résistance. Nous résistons car nous n'avons pas d'autre choix. Il est facile de dire : “ Il faut faire des compromis ”, mais la vérité est la suivante : la guerre pourrait se terminer en deux minutes, lorsque les Russes cesseront de nous tuer. Car alors, l'Ukraine cessera de se défendre.

D'une certaine manière, c'est une expérience ascétique de la vie monastique. Comment vaincre le mal lorsqu'il nous attaque ? Car on ne peut le vaincre complètement, mais on peut résister à ses attaques. Si l'on résiste au mal, le mal finit par fuir. Je pense que ce sera le symbole de notre victoire. 

Monde

Eduardo Roca : « Les chrétiens du Mozambique ont une admirable capacité de résistance. »

A pesar de las dificultades, hay grandes alegrías y razones para la esperanza. El año pasado se celebraron cerca de trescientos bautismos de jóvenes y adultos. Estos hechos constatan que la Iglesia sigue siendo edificada por Dios, independientemente de los intentos externos por destruirla.

Javier García Herrería-23 de mai de 2026-Temps de lecture : 6 minutes

L'Église catholique dans Mozambique Elle opère dans un contexte d'extrême complexité, fortement marqué par l'instabilité humanitaire et la violence dans le nord du pays, notamment dans la région de Cabo Delgado.

Dans ces régions, l'institution est devenue un acteur clé en matière de résilience et d'aide d'urgence, accueillant des milliers de familles déplacées par le terrorisme et coordonnant la reconstruction des habitations après des cyclones dévastateurs.

Dans le diocèse de Pemba et la province de Cabo Delgado, la mission San Luis Gonzaga a subi des attaques massives : lieux de culte, résidences des missionnaires et couvent des religieuses ont été incendiés, et les infrastructures sociales et sanitaires de l’Église, qui desservaient toute la communauté locale, ont été détruites. Ces attaques ont provoqué un nouveau mouvement de population, des milliers de personnes fuyant vers le sud et se réfugiant dans la ville de Pemba.

Nous avons rencontré Eduardo Roca, prêtre espagnol du diocèse de Saragosse, envoyé comme missionnaire il y a 14 ans dans le diocèse de Pemba. Il y est arrivé à l'invitation de l'évêque Ernesto Magengue, qu'il avait rencontré lors de ses études à Rome. Il a pris en charge un projet d'éthique, de citoyenneté et de développement en lien avec l'université catholique du diocèse. Il exerce également son ministère auprès d'une petite communauté majoritairement musulmane en périphérie de Pemba, où il a fait construire une grande église. 

En quoi consiste votre travail à Pemba ?

Comme tout missionnaire, je dois assumer de multiples rôles. En tant que prêtre et pasteur, je préside les sacrements et m'efforce de rendre la Parole de Dieu accessible à la communauté. Cependant, dans un contexte aussi complexe, on devient aussi un modèle pour les gens ; un guide qui doit leur transmettre la sécurité et la certitude que le Seigneur ne les abandonnera pas. C'est facile à dire, mais le vivre dans un contexte de persécution, sous la menace constante de l'extrémisme islamique, est extrêmement difficile.

En plus de mes fonctions pastorales, j'enseigne et je gère les établissements scolaires de la paroisse. Nous avons une école maternelle pour les enfants de deux à cinq ans et un complexe scolaire regroupant l'enseignement primaire et secondaire, qui accueille plus de deux mille élèves. Il s'agit d'un établissement géré par une mission, bien que la majorité des élèves soient musulmans. Je consacre également beaucoup de temps au dialogue interreligieux et à la médiation des conflits en vue de la consolidation de la paix, ce qui constitue l'un de mes axes prioritaires.

Quels sont les travaux que vous souhaiteriez mettre en avant parmi ceux réalisés par l'Église dans cette région ?

–Notre travail dans Pemba Et dans toute la province de Cabo Delgado, elle constitue une réponse directe aux souffrances des communautés. Cette aide s'est concrétisée dans divers domaines. Par exemple, après le passage de deux cyclones ayant causé d'importants dégâts en raison de la fragilité des constructions locales, nous nous sommes concentrés sur la reconstruction des habitations. Caritas, Grâce à ma paroisse, à mon archidiocèse d'origine et à plusieurs congrégations, nous avons réussi à restaurer les toits de nombreuses familles qui avaient tout perdu.

Par ailleurs, nous gérons l'urgence alimentaire. Dans cette zone touchée par le conflit, les possibilités d'emploi sont quasi inexistantes. La majorité de la population est composée d'agriculteurs qui dépendent des cycles agricoles ; lorsque ceux-ci sont perturbés par les intempéries, les pénuries sont critiques. Le centre pour enfants, par exemple, sert environ deux cents enfants par jour, veillant à ce qu'ils rentrent chez eux après avoir reçu au moins un repas.

Enfin, l’Église s’engage pleinement dans l’aide humanitaire. Nous avons accueilli des milliers de familles qui ont cherché refuge ici, fuyant les attaques terroristes dans le nord, lesquelles se sont considérablement intensifiées ; il y a à peine une semaine, une attaque perpétrée à seulement cinquante kilomètres d’ici a entièrement détruit une mission. Cette réalité exige un discernement constant et un réexamen théologique de la manière de manifester la présence du Christ ressuscité au cœur de la souffrance.

Le père Roca avec un groupe d'enfants et de jeunes.

Qu’admirez-vous le plus dans la foi des Mozambicains ?

–Je résumerais son attitude par un concept issu de la langue Macúa : Ulipe, ce qui se traduit par la capacité de résister, mais qui implique fondamentalement l'acte de se relever de la blessure et de la destruction.

Il est émouvant de voir un peuple qui, au milieu de la souffrance et du désespoir le plus total, parvient à chanter des louanges. Au son des tambours, ils semblent briser la réalité du tombeau et invoquer à nouveau la Résurrection. C'est cette force spirituelle qui m'impressionne le plus.

Quels ont été les moments les plus difficiles que vous ayez eu à traverser ?

La période la plus difficile a coïncidé avec l'une des premières vagues d'attaques terroristes, lorsque les insurgés ont atteint le district de Metuge, juste de l'autre côté de la baie de Pemba. Nous étions sans défense et en situation d'insécurité totale. L'incertitude quant à une éventuelle invasion de notre région engendrait une angoisse terrible. À ce moment-là, inquiets pour le sort des enfants et des familles, la seule option envisageable était la prière et la confiance en la miséricorde divine. Cette expérience fut un véritable traumatisme, un choc psychologique dont j'ai dû me reconstruire, par crainte que les atrocités déjà commises dans le nord ne se reproduisent.

L'autre moment critique était lié aux conditions météorologiques. La nuit du second cyclone, sans savoir quelle serait la destruction à l'aube ni si notre propre bâtiment résisterait, nous avons abrité de nombreux enfants et femmes au presbytère, dont les maisons avaient déjà été emportées par le vent et la pluie. Ce sont des situations extrêmes où la foi et la résilience humaine sont mises à rude épreuve.

Avez-vous été témoin direct de violences au cours de votre mission ?

–Oui, la violence a indéniablement façonné notre réalité. Bien que notre communauté de Saint Charles Lwanga de Mahate n'ait été canoniquement érigée en paroisse qu'il y a trois ans, je travaille dans la région depuis près de quinze ans, et j'ai consacré ces dernières années à accueillir des milliers de réfugiés.

Le début de cet exode des familles a profondément marqué ma conscience. Leurs récits étaient déchirants ; ils décrivaient des exécutions sommaires de proches, auxquelles les enfants avaient assisté. Nous avons dû organiser sans délai l’accueil de nombreux enfants orphelins, une tâche que nous avons entreprise en collaboration avec les missionnaires bénédictins résidant à la mission.

Malgré les traumatismes et les souffrances qu'ils endurent, ces personnes font preuve d'une capacité de guérison et d'une résilience étonnantes, bien supérieures à celles que nous, Européens, possédons généralement. Actuellement, notre mission s'est étendue pour soutenir ces migrations internes ; sur les sept communautés que je sers, quatre sont composées exclusivement de familles déplacées par le conflit dans le nord. C'est dans un contexte de perte et de vulnérabilité que se révèle le véritable sens du sacerdoce.

Des églises aussi belles sont possibles grâce à l'Aide à l'Église en Détresse.

Comment évaluez-vous l'évolution et l'avenir de l'Église au Mozambique ?

L’Église maintient son engagement d’assistance à travers des initiatives de logement et des cuisines communautaires gérées par Caritas et la paroisse. Cependant, au-delà de l’aide matérielle, la situation actuelle a engendré un remarquable renforcement spirituel. Historiquement, ces communautés ont été largement négligées en raison d’une pénurie de prêtres, dépendant presque exclusivement du précieux travail des catéchistes et des responsables locaux, souvent peu formés. Par conséquent, l’approfondissement de la vie sacramentelle et ecclésiale exige un effort constant en matière de catéchèse et de formation liturgique.

Ce travail nous remplit d’une grande joie et nous donne de solides raisons d’espérer. L’an dernier, près de trois cents baptêmes de jeunes et d’adultes ont été célébrés. Ces faits confirment que l’Église continue d’être édifiée par Dieu, malgré les tentatives extérieures visant à la détruire.

Enfin, j'estime essentiel de consolider le dialogue interreligieux comme priorité pastorale diocésaine. Après mon expérience précédente en Angola, où l'islam n'était pas une réalité facilement visible, je me trouve ici immergé dans des communautés musulmanes, dont certaines présentent des tendances fondamentalistes.

Cela a représenté pour moi un cheminement de conversion intérieure et un rapprochement avec le mystère inhérent aux différentes religions, toujours dans la perspective du Concile Vatican II et des enseignements des papes récents. En définitive, il s'agit de découvrir les valeurs les plus profondes de la condition humaine dans les contextes les plus inattendus. Comme le disait un frère prêtre disparu : « Les plus belles fleurs poussent parfois dans les endroits les plus inattendus. » Cette capacité à s'émerveiller de la bonté humaine et la nécessité de rester inébranlable face aux difficultés résument notre expérience actuelle.

Vatican

Qu'est-ce qu'Anthropic ? L'entreprise qui présente l'encyclique du pape sur l'IA

Cuando León XIV publique el lunes su esperada primera encíclica, “Magnifica Humanitas”, estará presente él mismo en la rueda de prensa, algo atípico en este tipo de anuncios. Además, acompañará al Papa, entre otros, un ejecutivo del sector de la IA, Christopher Olah, cofundador de Anthropic. ¿Qué es Anthropic?

OSV / Omnes-23 de mai de 2026-Temps de lecture : 6 minutes

– Gina Christian, OSV News

El lunes 25 de mayo habrá al menos dos novedades en la presentación de la primera encíclica, «Magnifica Humanitas», del Papa. Una, León XIV estará presente. Además, estará acompañado, entre otros, por un ejecutivo del ámbito de la inteligencia artificial: Christopher Olah, cofundador de Anthropic.

Anthropic es la empresa de investigación y desarrollo de inteligencia artificial responsable del asistente virtual Claude, que ha proporcionado un incremento a sus ventas, debido a la capacidad de su agente Mythos para detectar vulnerabilidades informáticas.

En un comunicado de prensa del 19 de mayo, Anthropic afirmó que “durante los últimos meses” había estado “organizando diálogos con grupos cuyo trabajo y tradiciones guardan relación con las cuestiones que plantea la IA”.

La compañía informó que su “primera ronda de conversaciones ha sido con tradiciones de sabiduría, incluyendo académicos, clérigos, filósofos y especialistas en ética de más de 15 grupos religiosos e interculturales, y esperamos colaborar con un abanico más amplio de personas en el futuro».

‘Seguridad en la frontera’

El ascenso de Anthropic, desde ser una startup disidente de OpenAI en 2021,  hasta una posible valoración de 900.000 millones de dólares (pendiente del resultado de las negociaciones en curso con los inversores), ha sido meteórico.

Pero lo que ha diferenciado a la empresa de sus competidores de Silicon Valley es, como señala la página web de Anthropic, un compromiso declarado y reiterado de “poner la seguridad en primer plano»”en su investigación y sus productos.

Se trata de un compromiso sobre el que el fundador de Anthropic, Dario Amodei, ha insistido durante mucho tiempo, llegando incluso a abandonar su puesto de alto nivel en OpenAI debido a desacuerdos sobre su énfasis en la seguridad y la moderación. Y puede ser una razón clave para que Olah esté presente cuando el Papa León presente su encíclica al mundo.

Alianza Anthropic-Vaticano 

Algunos analistas han descrito la presencia de Anthropic en la presentación oficial del documento como una astuta jugada empresarial, con la que la compañía, actualmente enfrentada a la administración Trump, busca ganar terreno tanto moral como cuota de mercado, particularmente en los países europeos.

Sin embargo, la alianza entre Anthropic y el Vaticano se inscribe en el contexto de un diálogo continuo que se remonta a varios años atrás, anterior a la elección del papa León. Un diálogo en el que responsables eclesiásticos, profesionales del sector tecnológico, teólogos y especialistas en ética han reflexionado sobre el auge de la tecnología de la inteligencia artificial en un mundo en el que los derechos humanos y la dignidad se ven cada vez más amenazados.

Diálogos de Minerva

Bajo el pontificado del papa Francisco, el Vaticano puso en marcha en 2016 los Diálogos de Minerva –llamados así por Santa María sopra Minerva, la basílica romana donde se inauguraron–, que se convirtieron en debates anuales entre responsables de la Iglesia y líderes tecnológicos sobre la ética de la IA.

En 2020, la Academia Pontificia para la Vida, con sede en el Vaticano, celebró un congreso sobre IA titulado «RenAIssance: Por una inteligencia artificial centrada en el ser humano”. El encuentro culminó con la firma del Llamamiento de Roma para la Ética de la IA, un documento que recoge seis principios fundamentales —transparencia, inclusión, rendición de cuentas, imparcialidad, fiabilidad, seguridad y privacidad— que deben regir la IA. Firmaron el documento la Academia Pontificia, Microsoft, IBM, la Organización de las Naciones Unidas para la Alimentación y la Agricultura (FAO) y el Ministerio de Innovación de Italia.

Ese mismo año se creó el Grupo Norteamericano de Investigación en IA, convocado por el obispo Paul Tighe, secretario del Dicasterio para la Cultura y la Educación del Vaticano. En 2023, el grupo publicó “Encuentro con la Inteligencia Artificial: Investigaciones Éticas y Antropológicas”.

Elegido en mayo de 2025, el Papa León XIV ha dado a entender que la inteligencia artificial es una cuestión prioritaria de su pontificado.

Logo de Anthropic en esta ilustración tomada el 1 de marzo de 2026. En un comunicado de prensa del 19 de mayo, Anthropic afirmó que, “durante los últimos meses”, había estado “organizando diálogos con grupos cuyo trabajo y tradiciones guardan relación con las cuestiones que plantea la IA”. (OSV Newsillustration/Dado Ruvic, Reuters).

Revolución tecnológica

El propio nombre de Anthropique –un adjetivo que designa lo humano– reafirma sus prioridades en el desarrollo de la IA, las cuales coinciden significativamente con las expresadas por el Vaticano. En su sitio web, la compañía declara que su propósito es “el desarrollo y mantenimiento responsable de la IA avanzada para el beneficio a largo plazo de la humanidad».

“Nos tomamos muy en serio la tarea de guiar al mundo de forma segura a través de una revolución tecnológica que tiene el potencial de cambiar el curso de la historia de la humanidad, y estamos comprometidos a ayudar a que esta transición se desarrolle sin problemas”, señala la compañía.

Anthropic, con sede en San Francisco, es una corporación de beneficio público, un tipo de entidad con fines de lucro que equilibra la rentabilidad con una misión beneficiosa para las partes interesadas y las comunidades. (En mayo de 2025, la organización sin fines de lucro OpenAI, competidora de Anthropic, transformó su filial de responsabilidad limitada con fines de lucro en una corporación de beneficio público).

Anthropic ha elaborado un “documento fundamental” para su asistente de IA, Claude (llamado así, según algunos informes, en honor al matemático estadounidense del siglo XX Claude Shannon, a menudo llamado el “padre de la teoría de la información”).

La Constitución de Claude, como se titula el texto, “expresa y da forma» al asistente de IA, que Anthropic pretende que sea “útil sin dejar de ser, en general, seguro, ético y conforme a nuestras directrices”.

Influencia católica 

La constitución refleja las aportaciones de expertos católicos, entre ellos el padre Brendan McGuire, antiguo ejecutivo de Silicon Valley, y otros líderes religiosos.

En una entrevista concedida en marzo al Observer, el padre McGuire, cuya parroquia en Los Altos, California, alberga a varios profesionales de la tecnología, relató cómo Olah se había puesto en contacto con él para hablar sobre el desarrollo de la ética de la IA.

El padre McGuire declaró al Observer que los miembros del equipo de Anthropic “básicamente estaban pidiendo ayuda directa al Vaticano para reunirse y ayudar a la industria, porque la industria estaba avanzando muy rápido por este camino”.

Los contactos

El sacerdote había contribuido a la creación del Instituto de Tecnología, Ética y Cultura en el Centro Markkula de Ética Aplicada de la Universidad de Santa Clara, una colaboración entre el Centro Markkula y el Dicasterio para la Cultura y la Educación del Vaticano. El instituto brindó apoyo para el libro del Grupo Norteamericano de Investigación en IA sobre ética y antropología de la IA.

Según el Observer, el obispo Tighe también dio su opinión sobre la Constitución de Claude, junto con Brian Patrick Green, director de ética tecnológica de Santa Clara.

Green se unió a varios académicos católicos para presentar un escrito de amicus curiae en nombre de Anthropic, después de que la administración Trump ordenara en febrero a todas las agencias estadounidenses que dejaran de usar la tecnología de inteligencia artificial de Anthropic, argumentando que representaba un riesgo para la seguridad nacional en la cadena de suministro.

Disputa entre el Pentágono y Anthropic

Anthropic replicó que había sido vetada por negarse a permitir que su tecnología se utilizara para la vigilancia masiva interna o en armas autónomas. En los meses transcurridos desde entonces, la disputa ha derivado en un litigio continuo entre el Pentágono y Anthropic, en el que el primero afirmó en documentos judiciales presentados este mes que las preocupaciones éticas de Anthropic eran “ideológicas”.

La empresa respondió que la justificación del Pentágono para designarla como zona de riesgo en su cadena de suministro, una designación que normalmente se reserva para adversarios extranjeros, ha cambiado.

La pasión de Amodei, fundador de Anthropic, por garantizar que la IA siga siendo una fuerza para el bien se remonta a años atrás, y es muy profunda, según una extensa entrevista que concedió en julio de 2025 al periodista tecnológico Alex Kantrowitz.

‘Un fuerte sentido de responsabilidad’

Amodei, biofísico de formación, señaló en la entrevista que busca moldear la propia industria de la IA. La mayor parte de los ingresos de Anthropic no provienen de Claude, sino de la venta de su interfaz de programación de aplicaciones (API) a empresas que luego utilizan los modelos de IA para sus productos.

Recordó a Kantrowitz (cuyo artículo fue el resultado de más de dos docenas de entrevistas con Amodei, además de varios conocidos personales y profesionales) que sus padres lo criaron con “un sentido del bien y del mal y de lo que era importante en el mundo”, un sentido que le inculcó “un fuerte sentido de la responsabilidad”.

Según la entrevista de Kantrowitz, la pérdida de su padre a causa de una enfermedad rara –para la cual se descubrió un avance médico tan solo unos años después– impulsó a Amodei a creer que la ciencia puede salvar vidas.

Aunque se le ha acusado de tener una visión pesimista sobre la IA, dijo Kantrowitz, el plan de Amodei “es acelerar”.

“La razón por la que advierto del riesgo es para que no tengamos que bajar el ritmo”, dijo Amodei en la entrevista. “Comprendo perfectamente lo que está en juego. En cuanto a los beneficios, en cuanto a lo que puede lograr, las vidas que puede salvar. Lo he visto con mis propios ojos”.

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Gina Christian es corresponsal multimedia de OSV News. Síguela en Twitter: @GinaJesseReina. Contribuyeron a este reportaje Courtney Mares, editora del Vaticano para OSV News (en Twitter: @catholicourtney), y Kate Scanlon, reportera de OSV News en Washington (en Twitter: @kgscanlon).

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L'auteurOSV / Omnes

Monde

Les chefs religieux chrétiens de Terre sainte condamnent l’idée de poursuivre la guerre “ jusqu’à la victoire ”.”

El patriarca de Jerusalén, el cardenal Pizzaballa, denuncia en una importante carta pastoral que la violencia se haya aceptado como el modo de resolución de conflictos

José María Navalpotro-23 de mai de 2026-Temps de lecture : 4 minutes

“Hoy escuchamos amenazas de que la guerra continuará ‘hasta la victoria’. Nos preguntamos, ¿qué tipo de victoria? ¿La muerte, la destrucción, la desolación? A quienes promueven la guerra como el único camino, les decimos: la guerra no es el camino. Reiteramos nuestro llamado a poner fin al derramamiento de sangre y a la destrucción”. Un conjunto de líderes religiosos de diferentes Iglesias cristianas en Tierra Santa ha hecho pública una carta en la que exigen el fin de la guerra que afecta Israel, Estados Unidos, Líbano, Irán y Palestina.

La carta se ha hecho pública con motivo del aniversario de la Nakba palestina (el fin del Mandato británico en 1948) el 15 de mayo, y la firma un destacado grupo de líderes cristianos, entre los cuales está el patriarca emérito de Jerusalén Michel Sabbah, el arzobispo greco-ortodoxo, y el obispo luterano emérito, entre otros.

El texto recuerda que “si realmente buscamos el fin de la guerra en el Medio Oriente, debemos enfocarnos en el problema central: la difícil situación del pueblo palestino, que viene sufriendo desde 1948. Después de octubre de 2023, la catástrofe que enfrentan se ha intensificado en medio de una guerra en curso en Gaza, librada para borrar a Palestina y a los palestinos. Y la guerra se ha extendido a Cisjordania, el Líbano y más allá”.

“Nuestra Tierra Santa anhela igualdad, justicia y paz. La paz de la que hablamos es una paz que garantiza la libertad y la dignidad de cada ser humano”, subrayan los líderes cristianos.

Pastoral del patriarca Pizzaballa

El texto coincide con algunas de las consideraciones expresadas hace unas semanas, el 25 de abril, por el actual patriarca católico de Jerusalén, el cardenal Pizzaballa en una extensa y clara carta pastoral en la que insistía igualmente en la necesidad de la paz: “Rechazamos toda complicidad con la cultura de la violencia. Venga de donde venga, la violencia nunca es un camino evangélico”.

La larga carta del cardenal, titulada “Volvieron a Jerusalén con gran alegría”, de impacto entre los católicos de Tierra Santa, supone una revisión del estado actual de la Iglesia Católica allí. Sin análisis políticos, el cardenal se muestra firme al condenar la guerra, que obliga a “replantear formas y tiempos de nuestro ministerio” y se pregunta, más allá de “análisis y denuncias necesarias”, “qué nos pide el Señor en este momento”.

El texto señala que el 7 de octubre de 2023 y la posterior guerra en Gaza han cerrado una época. Según el patriarca, para los palestinos este periodo representa “la última y dramática fase de una larga historia de humillaciones y éxodos», mientras que para los israelíes ha supuesto “algo inédito: una violencia que ha revivido los horrores ocurridos en Europa hace ochenta años”. 

El Patriarca denuncia que el uso de la fuerza se haya consolidado como el método principal de resolución de disputas: «Estamos asistiendo al resurgimiento del uso de la fuerza como instrumento considerado decisivo para la resolución de los conflictos… La guerra se ha convertido en objeto de un culto idólatra».

Factores de la crisis actual

Le site Cardinal Pizzaballa señala algunas consecuencias principales de lo que califica como “caos” que hoy reina en Tierra Santa:

  • Dolor, odio y desconfianza: La carta habla de una “dolorosa deshumanización del otro: cuando este se convierte solo en ‘el enemigo’, todo se vuelve lícito”. “La violencia no ha destruido solo ciudades y hogares, personas y esperanzas: ha marcado las conciencias, ha envenenado el lenguaje público”. Se crea una desconfianza entre todos que hace difícil la reconciliación.
  • Fragmentación y miedo: el cardenal señala un fenómeno preocupante: “la creciente polarización. No solo entre israelíes y palestinos -que conocemos bien-, sino en el interior de ambos tejidos sociales, donde solo se encuentran personas que piensan del mismo modo, que hablan el mismo lenguaje”.
  • Desgaste del lenguaje: para el patriarca, ahora, términos como “diálogo”, “justicia” o “dos Estados” han perdido vigencia en el discurso público.
  • Dificultad del diálogo interreligioso: a consecuencia del conflicto, “los Lugares Santos, que deberían ser espacios de oración, se convierten en campos de batalla identitarios. Se invocan los textos sagrados para justificar la violencia, las ocupaciones y el terrorismo”. Sentencia el cardenal: “Creo que este abuso del nombre de Dios es el pecado más grave de nuestro tiempo”. 

Sin embargo, señala, “el diálogo es nuestra vocación y nuestro destino. Es una de las formas en que nuestra fe se manifiesta y se alimenta”.

Gaza, Palestina e Israel

El patriarca latino pasa revista al estado de diferentes territorios del patriarcado: Gaza, “en una situación de extrema tribulación” y en Palestine, donde “la situación se deteriora día a día”; así como en Israel, donde “la sociedad está traumatizada desde el 7 de octubre, y este trauma ha generado recelo hacia todo lo relacionado con el mundo árabe, con la consiguiente desconfianza creciente entre ambas poblaciones”.

Un aspecto relevante de la carta es la mención al uso de la Inteligencia Artificial en el conflicto. El cardenal plantea las implicaciones éticas de la automatización de la guerra: “¿Qué sucede cuando quien decide quién vive y quién muere es una máquina? ¿Qué responsabilidad le queda al hombre?”

El documento concluye con una llamada a la convivencia. «No hay alternativa. Esta Tierra es el hogar de todos», afirma el Cardenal, quien sostiene que la misión de la Iglesia allí debe ser convertirse en espacio de reconciliación.

“Redimir las consecuencias del conflicto – el odio, el miedo, la ‘memoria tóxica’- es la tarea específica y sublime de la Iglesia de Jerusalén para el mundo entero”, apunta. Advierte que “los cristianos de Tierra Santa no son un tercero incómodo, ni un amortiguador neutral entre israelíes y palestinos, ni un grupo separado de sus hermanos no cristianos. Son, más bien, sal, luz y levadura dentro de las sociedades a las que pertenecen de pleno derecho. Comparten la historia, la lengua, las heridas y las aspiraciones de sus pueblos. No están llamados a encerrarse en un enclave protegido, ni a huir, sino a vivir hasta el fondo su vocación: permanecer dentro de la sociedad, compartiendo su destino, para fermentarla desde dentro con una visión del hombre -y de la sociedad- arraigada en el Evangelio”.

El cardenal hace finalmente un llamamiento a la comunidad internacional: “tiene el deber y el derecho de interesarse por Jerusalén, porque es de todos. El corazón del mundo está en Jerusalén y lo que allí ocurre afecta a miles de millones de creyentes”.

“La Iglesia de Jerusalén, pequeña y resiliente, se encuentra viviendo aquí y ahora el estilo de la Jerusalén celestial: ser un lugar acogedor, luz pascual que ilumina las tinieblas del rencor; ser una casa de puertas abiertas, instrumento de sanación en el mundo. Este es su sueño, su misión, su don a la humanidad”, concluye.

Vatican

Dix points du Pape aux responsables laïcs de mouvements et d'associations

León XIV se ha reunido este jueves con “los responsables, a nivel internacional, de diversas realidades laicales”, como les ha llamado el Papa, movimientos y asociaciones de fieles convocados por el Dicasterio para los Laicos, la Familia y la Vida. Se resumen aquí diez indicaciones del Santo Padre.

Francisco Otamendi-22 de mai de 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Con el precedente de alguna gran Vigilia de Pentecostés celebrada en Roma con movimientos y realidades eclesiales de laicos, impulsadas por san Juan Pablo II (1998), y Benedicto XVI (2006), el Papa León se ha reunido este jueves con doscientos responsables de movimientos y asociaciones de fieles. El encuentro ha sido promovido por el Dicasterio para los Laicos, la Familia y la Vida.

Entre las realidades que ahora se han dado cita -también entonces- se encuentran el Movimiento de los Focolares, Camino Neocatecumenal, Comunión y Liberación, Comunidad de Sant’Egidio, Renovación Carismática, el Movimiento de Schoenstatt, etcétera.

Entre los mensajes que ha transmitido el Papa León XIV, y que pueden encontrar íntegramente en su Discours, se encuentran los siguientes, necesariamente sintetizados, y prácticamente textuales. Comenzamos por el final.

Un don inestimable para la Iglesia

1) Queridísimos, les agradezco todo lo que son y lo que hacen. Las asociaciones de fieles y los movimientos eclesiales son un don inestimable para la Iglesia. Hay una gran riqueza entre ustedes, muchas personas bien formadas y muchos buenos evangelizadores; muchos jóvenes y diversas vocaciones a la vida sacerdotal y matrimonial.

2) La variedad de carismas, dones y métodos de apostolado desarrollados a lo largo de los años les permite estar presentes en los ámbitos de la cultura, el arte, lo social y el trabajo, llevando a todas partes la luz del Evangelio. ¡Cuiden y, con la gracia de Dios, hagan crecer todos estos dones! La Iglesia los sostiene y los acompaña.

3) Gobernar: se trata de marcar un rumbo seguro, de modo que la comunidad sea un lugar de crecimiento para las personas que la integran. Así, también en la Iglesia hay quienes están encargados del gobierno. Aquí el gobierno se confía generalmente a los laicos (…). Se pone al servicio de los demás fieles y de la vida asociativa, y es fruto de elecciones libres.

El gobierno, don del Espíritu Santo

4) El gobierno es un don particular del Espíritu Santo, que los miembros de una comunidad reconocen presente en algunos de sus hermanos en la fe, de ello se derivan al menos tres consecuencias. 

5) La primera es que debe ser para el bien de todos (…). La segunda es que nunca puede ser impuesto desde arriba, sino que debe ser un don reconocible en la comunidad y libremente acogido. La tercera consecuencia es que, como todo carisma, también el gobierno de una asociación está sujeto al discernimiento de los Pastores, quienes velan por la autenticidad y el ejercicio razonable de los carismas.

6) Queridísimos, quienes dirigen sus asociaciones y movimientos asumen una tarea delicada: por un lado, están llamados a custodiar y valorizar la memoria de un patrimonio vivo; por otro, tienen un papel “profético”, que implica estar atentos a las urgencias pastorales actuales para comprender de qué manera responder a los nuevos desafíos y a las sensibilidades culturales, sociales y espirituales de nuestro tiempo. 

7) Una parte de la tarea profética de quienes gobiernan consiste, por lo tanto, en favorecer la apertura de la asociación o del movimiento, y de cada uno de sus miembros, a las situaciones históricas. 

Communion

8) Otro elemento de vital importancia  es la comunión. Quisiera subrayar la importancia de la dimensión de la comunión con toda la Iglesia. A veces encontramos grupos que se encierran en sí mismos y piensan que su realidad específica es la única o es la Iglesia, pero la Iglesia somos todos nosotros, ¡es mucho más! 

9) Por lo tanto, nuestros movimientos deben buscar verdaderamente cómo vivir en comunión con toda la Iglesia, a nivel diocesano. Y por eso el obispo es una figura de referencia muy importante. Debemos tratar de vivir en comunión con toda la Iglesia, tanto a nivel diocesano como a nivel universal.

10) Desde esta perspectiva podemos comprender mejor el sentido de la fidelidad al carisma fundacional, que constituye una referencia imprescindible para el gobierno de una realidad eclesial. Gobernar de manera fiel al carisma fundacional significa, por lo tanto, encontrar en él la inspiración para abrirse al camino que la Iglesia recorre en el presente (…), dejándose interpelar por nuevas realidades y desafíos, en diálogo con todos los demás componentes del cuerpo eclesial.

L'auteurFrancisco Otamendi

Évangélisation

Ramiro Pellitero: “La evangelización no es un debate de ideas, sino un encuentro con la persona de Jesucristo”

Ramiro Pellitero, profesor de Teología Pastoral en la Universidad de Navarra, habla con Omnes sobre la evangelización hoy, sus retos y conceptos esenciales para esta misión que interpela a todos los católicos.

Rédaction Omnes-22 de mai de 2026-Temps de lecture : 4 minutes

A juzgar por el lema (“Alzad la mirada”) y el logo de la visita pastoral de León XIV a España, el mensaje que desea transmitir gira en torno a la beauté, la unidad y la acogida. Por otra parte, vivimos, en España como en muchos otros países y ambientes, tiempos de polarizaciones y conflictos, que pueden desanimar a quien intenta compartir su fe. En este contexto, entrevistamos al profesor Ramiro Pellitero, profesor de Teología pastoral en la Université de Navarre.

¿Cómo podemos entender la evangelización (el anuncio de la fe cristiana) hoy, para que sea una fuente de luz y no un motivo de disputa?

– Una clave está en comprender que la évangélisation no es una mera transmisión de información intelectual o un debate de ideas, sino un encuentro vivo con la persona de Jesucristo, que transforma la existencia humana.

Ante los conflictos, el discernimiento eclesial actúa como brújula para leer los «signos de los tiempos» y realizar el anuncio de la fe, teniendo en cuenta la realidad concreta de las personas y de las culturas.

Para evangelizar al mundo de forma auténtica, la Iglesia en su conjunto y cada uno debemos primero dejarnos evangelizar continuamente por el Espíritu Santo.

Cuando nos enfrentamos a desafíos sociales o divisiones internas, ¿qué papel juega ese discernimiento que usted menciona?

– El discernimiento eclesial no es una técnica de organización, sino una práctica espiritual compartida que permite a cualquier comunidad cristiana (ya sea una familia, una escuela o una parroquia) reconocer lo que el Espíritu está diciendo en relación con los problemas o los proyectos que surgen. Se puede ver como ejercicio cristiano de la virtud clásica de la prudence, en su verdadero significado de guía de la acción.

En una Iglesia sinodal, este diálogo ayuda a interpretar la vida y la realidad humana a la luz del “kerygma” (el anuncio de Cristo), ayudando a tomar decisiones que realmente impulsen la misión.

¿Qué actitudes personales ayudarían a rebajar la tensión en estos ambientes tan polarizados?

– Se requieren actitudes fundamentales como la humildad para la conversión personal y una disposición sincera para la escucha. Debemos escuchar primero a Dios en la prière y a la Iglesia en su magisterio, también es vital escucharnos a nosotros mismos y a los demás.

Esta «pedagogía del discernimiento» nos recuerda que Dios se comunica con nosotros de forma gradual, con lo que los Padres de la Iglesia llaman la «condescendencia» divina, adaptándose a nuestra capacidad humana.

Hay quienes se sienten alejados de la Iglesia por verla como un conjunto de normas rígidas. Por el contrario, otros tienen miedo de que se diluya la doctrina cristiana. ¿Cómo podemos mostrarles que el mensaje del Evangelio es verdad y amor, y que pide la cercanía a las personas?

– ¡Absolutamente! Debemos privilegiar el «camino de la belleza» (Via Pulchritudinis). La educación de la fe es eficaz cuando atrae el corazón humano mostrando el resplandor y la bondad de la verdad cristiana. Además, debemos superar la dicotomía entre doctrina y vida, reconociendo que la existencia cotidiana es «lugar teológico» donde Dios sigue hablando, a través de los acontecimientos de la vida y la oración, también con la ayuda de los criterios luminosos de la tradición eclesial y el lenguaje propio de la fe.

Una formación de estilo catecumenal, como se hacía en los primeros siglos (es decir, con estilo iniciático), no solo instruye la mente, sino que ayuda a madurar la identidad y el sentido de pertenencia.

En el entorno digital, donde las discusiones son a veces agresivas, ¿cómo podemos ser heraldos de paz?

– La cultura digital es un nuevo «areópago» que nos desafía a ser comunicadores de fe. En esta comunicación, la primacía la tiene el testimonio (“martyria”), que es más elocuente que las palabras y que se puede ofrecer en medio de las actividades cotidianas, sin la actitud de dar lecciones, a través de la amistad y las tareas culturales y sociales, con serenidad y sentido positivo.

Es célebre la expresión de san Pablo VI: “el hombre contemporáneo escucha más a los testigos que a los maestros”. Como repetía el Pape François, debemos usar el «lenguaje vivo» de la misericordia, actuando como un «hospital de campaña» que cura heridas y se hace asequible a los más alejados, centrando todo en el amor salvífico de Dios. Por otra parte, nada de esto quita valor a los razonamientos y a la formación intelectual.

Finalmente, ¿cómo mantenemos el equilibrio entre ser fieles a la doctrina cristiana y ser sensibles tanto a los problemas actuales como a las situaciones personales, sin caer en extremos que nos sacan de la realidad?

– Podemos visualizar la misión cristiana como una elipse con dos focos: uno es la fidélité al plan salvífico de Dios (la voluntad divina revelada) y el otro, la atención a la condición concreta y compleja de la historia. Esta tensión es fecunda y pide una formación integral que una la solidez doctrinal con la madurez humana y la sensibilidad social.

Como he señalado antes, es importante tener en cuenta las condiciones de las personas, tantas veces vulnerables, y de las culturas, con sus luces y sus sombras. También para fomentar el diálogo que nos puede enriquecer, a la vez que nos da nuevas luces y nos ayuda a profundizar en las cuestiones –escuchando cómo las ven otros– y a purificar nuestras intenciones.

Además, muchas cuestiones no tienen una solución única y pueden enfocarse de modos diversos. En una autopista se puede ir más o menos deprisa, en un lado u otro de nuestro carril, pero sin estorbar la marcha ni poner en peligro la vida propia o la de los demás.

La vida cristiana es una autopista que puede estar muy bien iluminada. Al unir la Palabra de Dios, cuya plenitud es Cristo, con la acción del Espíritu Santo (Palabra y Espíritu forman la “misión doble” que viene de Dios Padre), la fe se convierte en una realidad interior o «connaturalidad», que nos permite ver con más claridad, juzgar mejor los acontecimientos, elegir hacer el bien con sabiduría y vivir con mayor plenitud. Anuncio de la fe y experiencia cristiana, doctrina y vida, se unen así en nuestra existencia. Y participar en la evangelización es un servicio a todos para que puedan descubrir que la vida en Cristo es un camino de plenitud y belleza.

Monde

Obispo Barron: 250 años de Estados Unidos, hijos de Dios con igual dignidad

Mientras la nación se prepara para celebrar su 250 aniversario, debería reflexionar sobre cómo la comprensión estadounidense de la igualdad se basa en la creencia de que todas las personas son igualmente hijos de Dios, dijo el obispo Robert E. Barron, de Winona-Rochester (Minnesota), el 17 de mayo.

OSV / Omnes-22 de mai de 2026-Temps de lecture : 5 minutes

– Kate Scanlon, Washington, OSV News

“Al reflexionar sobre nuestra historia, desde la fundación del país, pasando por las tribulaciones de la Guerra Civil, hasta la lucha por los derechos civiles, podemos observar un hilo conductor constante. La convicción de que la dignidad humana, la igualdad, los derechos, la libertad y el estado de Derecho tienen su fundamento en Dios”, afirmó el obispo Robert E. Barron, en una concentración de oración en el National Mall, previa a los 250 años de Estados Unidos.

Los organizadores del evento, “Rededicate 250: A National Jubilee of Prayer, Praise & Thanksgiving”, declararon su objetivo. Conmemorar el próximo 250 aniversario de la nación “con pasajes bíblicos, testimonios, oración y la reafirmación de la dedicación de nuestro país como una sola nación a Dios”. El acto fue organizado por Freedom 250, una colaboración público-privada con la Casa Blanca para celebrar el 250 aniversario de Estados Unidos.

El acontecimiento contó principalmente con la presencia de líderes religiosos protestantes. Intervinieron además el obispo Barron, el cardenal Timothy Dolan, arzobispo emérito de Nueva York, por videoconferencia, y el rabino Meir Soloveichik, en persona. La directora de Inteligencia Nacional, Tulsi Gabbard, quien se identifica como hindú, también se dirigió a través de un mensaje en video.

Participantes en el acto “Rededicate 250: A National Jubilee of Prayer, Praise & Thanksgiving”, en el National Mall de Washington, el 17 de mayo de 2026. (Foto de OSV News/Eric Lee, Reuters).

Todas las personas son igualmente hijos de Dios

Aludiendo al uso que hizo Abraham Lincoln de la expresión «bajo Dios»en el discurso de Gettysburg, el obispo Barron argumentó que lo hizo porque sabía “que Dios es esencial para cualquier explicación coherente de la democracia, la libertad y la igualdad”.

Según señaló, ese sentimiento de libertad también se remonta a la fundación del país, citando la frase de la Declaración de Independencia: “Dotados por su Creador de ciertos derechos inalienables, entre los cuales se encuentran la vida, la libertad y la búsqueda de la felicidad”.

“Lo que los fundadores sabían gracias a su formación cristiana es que todas las personas, a pesar de sus enormes desigualdades, son igualmente hijos de Dios y, por lo tanto, iguales en dignidad”, dijo el obispo Barron.

Intervención de políticos de la administración

El vicepresidente JD Vance y el secretario de Estado Marco Rubio, ambos católicos, así como el secretario de Defensa Pete Hegseth y Tulsi Gabbard, figuraban entre los funcionarios de la Administración que intervinieron en el evento mediante mensajes de vídeo. 

“Siempre hemos sido, y seguimos siendo, una nación de oración, y le damos gracias a Dios por ello”, dijo Vance en un mensaje de vídeo. Rubio afirmó en otro vídeo que la nación fue “moldeada por esta idea cristiana”.

Señaló a los astronautas del Apolo 8 —Frank Borman, Jim Lovell y Bill Anders— leyendo el libro del Génesis durante su histórica misión de 1968 para orbitar la luna.

El secretario de Estado de Estados Unidos, Marco Rubio, en una pantalla durante el evento “Rededicate 250: A National Jubilee of Prayer, Praise & Thanksgiving”, en el National Mall de Washington, el 17 de mayo de 2026. (Foto de OSV News/Eric Lee, Reuters).

“Así somos”, dijo Rubio. “Así hemos sido siempre. Estados Unidos sigue siendo una nación joven, si lo comparamos con su historia, y desde sus inicios hemos creído que nuestro país representa algo nuevo en el mundo. Pero el alma de nuestra nación siempre ha estado arraigada en una fe ancestral”. 

Los organizadores reprodujeron un mensaje en vídeo que Trump había grabado previamente en abril para un evento llamado “Estados Unidos lee la Biblia”, en el que leyó 2 Crónicas 7:11–22. Usó la Biblia King James Easy Read de Whitaker House Publishers, una traducción protestante. “Espero que todos en la reinaguración 250 lo estén pasando bien”, publicó Trump en su sitio web de redes sociales, Truth Social. 

Los críticos: separar iglesia y estado

Los críticos del evento argumentaron que el nivel de participación de la administración Trump mezclaba indebidamente la iglesia y el estado.

Rachel Laser, presidenta y directora ejecutiva de Americans United for Separation of Church and State, declaró: “Si al presidente Trump y a sus aliados les importara realmente el legado de libertad religiosa de Estados Unidos, estarían celebrando la separación entre la iglesia y el estado como el invento estadounidense único que ha permitido que la diversidad religiosa florezca en nuestro país”.

Personas oran durante un servicio religioso el día del “Rededicate 250: A National Jubilee of Prayer, Praise & Thanksgiving” en el National Mall de Washington, el 17 de mayo de 2026. (Foto de OSV News/Seth Herald, Reuters).

Arraigados en nuestra identidad como pueblo de Dios

El cardenal Dolan afirmó en su mensaje de vídeo que “en cada capítulo de la historia estadounidense, nuestra fe en Dios ha sido la base de nuestra grandeza, la fuente de nuestro éxito”.

“Desde los tiempos de la Guerra de Independencia, nuestra forma de vida se ha definido en parte por algunos principios clave. La oración, la confianza, el culto, el sábado, la lealtad a la familia, la libertad religiosa, el poder y la fortaleza de la democracia, el principio de subsidiariedad y la devoción al bien común”, dijo el cardenal Dolan. 

“En otras palabras, nuestros valores más profundos como país siempre han estado arraigados en nuestra identidad como pueblo de Dios. Y están anclados en la realidad de que no solo somos ciudadanos estadounidenses —por supuesto que lo somos, y estamos agradecidos por ello— sino que algún día seremos ciudadanos del cielo”.

El cardenal Dolan señaló que los obispos católicos estadounidenses planean dedicar la nación al Sagrado Corazón de Jesús el 11 de junio.

“Religiosamente vibrante, políticamente sana”

Además del obispo Barron y el cardenal Dolan, otros miembros de la Comisión de Libertad Religiosa de Trump que hablaron en el evento fueron Ben Carson, la reverenda Paula White-Cain, el reverendo Franklin Graham, Eric Metaxas y el rabino Soloveichik. 

Durante una oración en el evento, el obispo Barron dijo: “Una América religiosamente vibrante es una América políticamente sana”.

“Ésa es también la razón por la que valoramos tanto la libertad religiosa, una convicción que nos ha convertido en un refugio para personas que huyen de la persecución religiosa en todo el mundo”, afirmó.

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– Kate Scanlon es reportera nacional de OSV News y cubre la actualidad de Washington. Síguela en X @kgscanlon.

L'auteurOSV / Omnes

Culture

Sara Barrena: Los abrazos de Dios

Merece la pena repensar una y otra vez nuestra relación con Dios para, con la gracia, ahondar en su ternura. Los escritores, quizá por su especial sensibilidad, nos adelantan a menudo en ese camino y pueden enseñarnos a ser con audacia más creativos.

Sara Barrena et Jaime Nubiola-22 de mai de 2026-Temps de lecture : 4 minutes

La escritora y filósofa Sara Barrena abre su corazón a los lectores de Omnes. Por mi parte me limito a transcribir con emoción lo que me escribe:

Dicen que vuelve a estar de moda lo católico: Rosalía, con lo que llaman estética “christiancore", y Hakuna, con cientos de jóvenes llenando los auditorios de canciones religiosas, son solo algunos ejemplos. Ojalá fuera verdad que Dios está de moda, pero muchas veces, por desgracia, todavía le tratamos a patadas.

Agradezco lo que mi familia me regaló en mi infancia. Recuerdo a mi madre planchando mientras en la radio sonaba el rezo del Santo Rosario; el “Jesusito de mi vida”, los tebeos del domingo por la mañana en el quiosco antes de ir a Misa. Recuerdo a mi abuela agarrándose a Dios para sobrellevar la pérdida de dos de sus hijos; a mi abuelo diciendo a sus nietos -yo tenía nueve años- que esta vida es un valle de lágrimas. Íbamos en el coche camino de Irún, donde pronto enterraría a su hijo pequeño. Quizá ahí es donde se nota la grandeza de un hombre, en la forma que tiene de sobrellevar los golpes que te da la vida. En el valle de lágrimas, mis abuelos encontraron, a pesar de todo, las fuerzas para enseñarme a rezar y a reír, para quererme con desmesura. Fueron probablemente lo mejor de mi infancia.

Antes pensaba que ser católica era un asunto complicado. Ahora, sin embargo, tengo una nueva lucidez, y eso que estoy entrando en esa edad que dicen que es difícil para las mujeres. A veces, desde la atalaya de los cincuenta, miro atrás y veo los enormes fracasos de mi vida, las veces en las que he estado perdida o he equivocado el camino, los cuatro hijos que se me pidió enviar directos desde mi vientre hasta el Cielo, las preocupaciones inevitables por los dos hijos que quedan a mi lado, los sinsabores en el trabajo, los amores imposibles, las crisis extraordinarias y las ordinarias, el matrimonio nulo y el que saqué adelante con muchas dificultades, los amigos que desaparecieron, los libros que no conseguí publicar y los que publiqué y pocas personas leyeron. El enorme cansancio que a veces te da vivir. Lo agotador que es a veces cuidar. Las cosas que no salen como uno quiere, como espera o como se las imagina. “Todo el mundo tiene una misión en la vida”, dice el cura en la iglesia, y aquí estoy yo con un montón de años y las manos vacías, sin saber todavía qué es lo que se espera de mí.

Sin embargo, el otro día entendí, ahora lo sé, que los aparentes fracasos no son tales. Son más bien las ocasiones en las que Dios se te hace presente y te da un abrazo. Él no ha sido indiferente a una sola de mis lágrimas, aunque a veces me haya enfadado y no le haya querido ni hablar. Cuando más perdida estás, es precisamente cuando Dios se hace el encontradizo. Aparece por sorpresa a la vuelta de la esquina o al doblar un recodo. En cada uno de los fracasos viene con un abrazo reanimante, que reconforta y consuela.

Ahora entiendo que Dios incide directamente en nuestra sensibilidad. Que somos amados por Él no es algo racional; no hacen falta grandes disquisiciones para entenderlo. Para querer a Dios con amor de hijo, de madre, de hermano, de amante, tampoco. Basta con dejarse abrazar. A veces nos quedamos con lo externo, con lo más feo, con lo más duro. Lo que puede hacerse y lo que no. No nos acordamos de extender la mano y rozar apenas el manto de Jesús, como aquella mujer del Evangelio.

    En medio de una multitud, con todas las cargas, pesadumbres y obligaciones, a veces se nos olvida tocarle. Alarga tu mano, sólo Él y tú lo sabréis, en lo más hondo del corazón, y rózale una vez y otra, hasta dejarle la túnica deshilachada. 

Dios nos regaló la sensibilidad, aunque a veces la anestesiemos. Ir a Misa ya no es aburrido, es el contacto físico que necesitamos. Sangre, cuerpo, alma y divinidad —como me enseñaron— que se pegan a tu vida. El corazón que se repara y el cuerpo que se alivia. Das un paseo y Dios te hace una señal. Los nubarrones se abren por un instante y aparece una estrella. Siempre hay una de guardia. “Yo estoy contigo”, te dice. Todo lo pegado que se puede estar. No solo con nosotros, sino en nosotros. Dios nos regala una sonrisa, una mirada, como esas de otras personas que nos quieren y que atesoramos. Un abrazo de alguien a quien amas sin que tenga que acabar. Un “te quiero” que miramos y remiramos, que un día cualquiera se nos queda grabado a fuego, sin saber por qué ese y no otro. 

No significa que el camino no sea duro a veces. Se sufre. Pero León XIV nos dio hace poco el secreto de la verdadera alegría: la vida entregada, el amor que no hace ruido. 

Hay algo tan reconfortante en entrar en una iglesia, en arrodillarse ante un Sagrario, como quien apoya la cabeza en las rodillas de Cristo; en la frase de un salmo que se te repite dentro como un mantra. La luz, el refugio, la salvación. Mi pastor. Mi nombre, que repites. Me doblo y me enderezas. Con amor eterno te quiero. Hay algo tan consolador en recibir la Comunión y marcharse, aunque sea un poco más sonriente, de la mano del mismo Dios. Rezar un padrenuestro, persignarse y seguir adelante. No hacen falta grandes acciones, ni es un conjunto de normas. Se trata, simplemente, de recibir los regalos que nos llegan. Y, aunque siempre me enseñaron que rezar es hablar con Dios, ahora he comprendido que quizá la forma mejor de oración es dejarse abrazar por Él.

L'auteurSara Barrena et Jaime Nubiola

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Espagne

Alvaro Moreno y Patricia Trigo «Pati.te» se unen para celebrar los 100 años del DOMUND con una camiseta muy especial

La marca textil Alvaro Moreno y la ilustradora Pati.te han sido los artífices de una camiseta especial conmemorativa del I Centenario del DOMUND, cuyo importe íntegro será donado a Obras Misionales Pontificias (OMP) para apoyar esta labor misionera.

Maria José Atienza-21 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

Una camiseta «misionera». Así han querido celebrar y hacer celebrar el primer centenario del DOMUND, Álvaro Moreno y la ilustradora Patricia Trigo.

La camiseta, diseñada por Patite, muestra al Pape Léon XIV rezando sonriente sobre un mundo que está sostenido por las manos de la Virgen María.

En una inscripción pone “María, Reina de las Misiones, estamos en tus manos”.

El diseño de la prenda es de Alvaro Moreno e incluye esta ilustración en la espalda, con el signo de las llaves de San Pedro, las banderas de España y del Vaticano y el título “Domund 100”.

La camiseta, a la venta en las tiendas de Álvaro Moreno, cuesta 12,95 euros y su importe íntegro –descontado el 21% de impuestos–  será donado a Obras Misionales Pontificias (OMP) para apoyar la labor misionera del DOMUND.

A pocos días de la llegada de León XIV a España, OMP anima a recibir al Papa, que ha sido misionero en Perú y es el responsable de estas Obras que sostienen las misiones, con esta camiseta solidaria.

Colaboración desinteresada

Esta original y moderna manera de unirse al centenario de la labor del DOMUND, que lleva a cabo Obras Misionales Pontificias, quiere celebrar estos «cien años en los que los cristianos de todo el mundo dedicamos un día a rezar, todos juntos, y a concienciarnos que… ¡la Iglesia es misionera!”, como ha querido resaltar José María Calderón, director de OMP en España. 

Tanto Álvaro Moreno como la diseñadora han realizado esta colaboración de manera completamente desinteresada: Patricia ha donado la ilustración, y Alvaro Moreno ha asumido el diseño y los costes de producción, fabricación y logística.

100 años del Domund

El Domund (Domingo Mundial de las Misiones) fue instituido por el Papa Pío XI en 1926. Con esta iniciativa, el pontífice quería que la misión no fuera solo un asunto de los misioneros, sino que toda la Iglesia se uniera un domingo al año (el penúltimo de octubre) en oración y cooperación económica con ellos.

El Papa encomendó a OMP encauzar la generosidad de todos los fieles para ayudar en su nombre de una forma equitativa cada año a las diócesis que habían sido creadas por los misioneros, conocidas como Territorios de Misión.

Desde entonces, el DOMUND se ha vivido con intensidad en la sociedad española, siendo uno de los países que, anualmente, más dinero aporta a esta labor. Además, España cuenta en la actualidad con cerca de 9.000 misioneros repartidos por el mundo. El centenario del Domund rinde homenaje a su entrega y servicio silencioso.

Vatican

Le Vatican lance la mise en œuvre du Synode dans les diocèses en 2027-2028.

Avec un document de 18 pages intitulé ‘ Vers les Assemblées 2027-2028 ’, le Secrétariat général du Synode a lancé la phase de mise en œuvre de deux ans dans les diocèses. Cette démarche a été initiée par le pape François et confirmée par Léon XIV.

Francisco Otamendi-21 mai 2026-Temps de lecture : 5 minutes

Le document du Secrétariat général du Synode sur le Assemblées qui se tiendra en 2027 et 2028, précise dans son sous-titre ce qui est discuté dans cette phase de mise en œuvre du Synode : “ Étapes, critères et instruments pour la préparation ” de ces phases.

Les intitulés de chacune des quatre phases des deux prochaines années définissent le périmètre et les personnes impliquées :

Ce sont successivement :

  • 'Se souvenir’' (étape des églises locales ou des éparchies, premier semestre 2027); 
  • 'interpréter’' (étape des Églises locales d'une Conférence épiscopale, deuxième semestre 2027); 
  • 'guide’(étape des Églises locales de chaque continent, premier trimestre 2028).
  • et '‘célébrer’ (Octobre 2028). Il s’agit du point culminant de l’assemblée ecclésiale au Vatican, “ où toute l’Église est appelée à reconnaître, célébrer et revitaliser les fruits obtenus sur la voie de la mise en œuvre du Synode ». ».

Question clé

À la lumière du chemin parcouru depuis la conclusion du Synode 2021-2024, le texte du Secrétariat général dirigé par le cardinal Mario Grech souligne, et “ en vue d’en offrir les fruits en don aux autres Églises et au Saint-Père ”, la question essentielle est la suivante :

“ Quel visage concret se dessine pour une Église synodale missionnaire et quelles nouvelles voies de synodalité émergent dans votre communauté ? ”

La question est posée dans l'introduction, ainsi qu'à la fin du texte, lorsqu'il est question de la dimension festive : “ Chaque groupe sera invité à apporter sa propre contribution en fonction de la question qui anime l'ensemble du processus. ”.

Racines évangéliques

Le Secrétariat général ancre son introduction dans l'Évangile, dans des textes de saint Luc et des Actes des Apôtres.

Ainsi, il rappelle que “ rassembler l’Église pour réfléchir en communauté sur ce qui s’est passé et pour partager les merveilles accomplies par le Seigneur est une pratique enracinée dans l’expérience du retour de mission racontée dans l’Évangile : après avoir été envoyés deux par deux, “ les soixante-douze revinrent pleins de joie ” (Lc 10, 17), racontant ce que le Seigneur avait fait par leur intermédiaire.

Plus tard, il ajoute : “ L’Église apostolique a également adopté cette même pratique, comme nous le lisons dans le livre des Actes : ‘Lorsque nous sommes arrivés à Jérusalem, les frères nous ont accueillis. Le lendemain, Paul est allé avec nous chez Jacques, accompagné de tous les anciens. Après les avoir salués, il leur a raconté en détail ce que Dieu avait fait parmi les païens par son ministère» (Actes 21,17-19 ; cf. Actes 14,27 et 15,4.12). ”.

Séance de travail de la deuxième session du Synode sur la synodalité, présidée par le pape François en 2024 (photo CNS, Lola Gómez).

Troisième étape du processus, après la consultation et les deux séances à Rome

Le document indique textuellement que “ les Assemblées de 2027-2028, auxquelles ce texte est consacré pour leur préparation, font partie de la phase de mise en œuvre du Synode, qui constitue la troisième étape du processus défini par la constitution apostolique Episcopalis communio, après la consultation et l’écoute du Peuple de Dieu (2021-2023) et la phase de célébration, qui s’est achevée lors des deux sessions de la XVIe Assemblée générale ordinaire du Synode des évêques en octobre 2023 et octobre 2024. ”.

Document final et étape confirmés par le pape Léon

Avec la livraison de Document final, Le texte indique que le pape François a inauguré cette nouvelle étape, qui a ensuite été confirmée et promue par le pape Léon XIV.

Le site Pistes Pour la phase de mise en œuvre du Synode (à partir du 29 juin 2025 et disponible sur le site web www.synod.va), “ ils ont défini plus précisément l’horizon et le style de cette voie, en proposant des critères et des orientations initiaux ”.

“ Les réflexions présentées ici visent à donner une forme plus concrète au processus en cours, en clarifiant la participation des Églises locales et les différents domaines de la communion ecclésiale. ”.

Rôle des assemblées : étape décisive, maturation

Les assemblées prévues pour les années à venir “ constituent une étape décisive dans la mise en œuvre de Synode” », indique le document préparatoire.

Comme déjà souligné dans les indices, “ Il ne s’agit pas d’ajouter une étape formelle ni de répéter ce qui a été vécu lors de phases similaires du Synode 2021-2024, mais d’aider les Églises à transformer leur expérience en sagesse partagée. ”. 

“ Ce qui est en jeu, ce n’est pas simplement la continuité d’un processus, mais sa maturation ”, ajoute-t-il.

L’objectif est “ à la fois simple et exigeant : reconnaître ce que le Saint-Esprit a accompli, comprendre les défis qui jalonnent encore le chemin et identifier, avec réalisme et confiance, les étapes à suivre. ”

En ce sens, le texte précise que “ les assemblées ne constituent pas une vérification technique, mais des occasions de discernement, de coresponsabilité et d’action de grâce, dans le cadre d’un processus partagé par toute l’Église ”.

Les membres du synode avec le pape, lors de la première session de l'Assemblée générale, dans la salle Paul VI (©CNS photo/Lola Gomez).

Précision supplémentaire : il ne s’agit pas de répéter la phase de consultation.

Les assemblées et leur préparation “ ne consistent pas à répéter les phase de consultation du Synode, mais pour tirer des leçons de l’expérience vécue, reconnaître les fruits et les difficultés, réajuster les priorités et les processus à la lumière d’un discernement attentif, renforcer la coresponsabilité entre les entités ecclésiales et favoriser un authentique échange de dons entre les Églises.

Écoutez la voix du Saint-Esprit

Dans tout cela, poursuit le texte, “ il reste crucial de rester attentif à la voix du Saint-Esprit à la lumière de la Parole de Dieu : les Assemblées ne sont ni une consultation sociologique ni une dynamique délibérative. 

La qualité de la prière, de l'écoute et du partage est plus importante que la quantité de documents produits, qui doivent être essentiels et avoir des objectifs bien ciblés.

Responsabilité : l'évêque diocésain, principal

Comme on peut l'imaginer, la plus grande responsabilité du processus incombe à l'évêque diocésain ou éparchial pour les assemblées diocésaines et éparchiales, au président de la Conférence épiscopale pour les assemblées nationales ou régionales, et aux responsables des instances continentales pour les assemblées de ce niveau, indique le document.

Il est également précisé que les équipes synodales “ ne sont pas simplement des structures opérationnelles, mais plutôt des organes qui ont développé une expérience d’écoute et de coresponsabilité qu’il faut préserver et développer ”.

Par conséquent, “ là où cela n’a pas encore été fait, il est essentiel de réactiver et de soutenir les équipes synodales diocésaines, nationales et continentales, en communiquant leur composition au Secrétariat général du Synode ”.

En note de bas de page, le texte indique que “ l’inscription pour l’enrôlement d’équipes synodales diocésaines, nationales et continentales est possible ”.” ici.

Composition des assemblées

Le texte souligne que “ la composition des Assemblées doit être cohérente avec leur objectif. Il ne s’agit pas simplement de représenter un diocèse ou l’Église d’un pays ou d’une région, mais d’assurer la présence de personnes connaissant les processus en cours et capables de les interpréter théologiquement et pastoralement. ”. 

La sélection des participants, ajoute-t-il, “ doit garantir une attention adéquate aux relations entre hommes et femmes et entre les différentes générations, à la diversité culturelle et ecclésiale – y compris les prêtres, les diacres, les personnes consacrées, les membres d’associations, de mouvements et de nouvelles communautés, ainsi que les fidèles non intégrés aux structures organisées – et à la présence de personnes en situation de vulnérabilité ou de marginalisation. ”.

Il convient d’accorder une attention particulière à la participation des curés, précise-t-il également, et il est important de valoriser “ les voix qui ne viennent pas directement des structures ecclésiales et, le cas échéant, d’inclure la participation de représentants d’autres Églises et communautés chrétiennes ou d’autres religions ”.

Concernant l'Assemblée de l'Église de 2028

Plus qu’un point d’arrivée, “ l’Assemblée ecclésiale est le moment où le chemin entrepris est réorienté vers l’unité, s’ouvre à de nouveaux développements et est confié au discernement de toute l’Église, sous la responsabilité du Saint-Père ”.”

Un Instrumentum laboris spécifique proposera le contenu et la méthode de travail en fonction de la voie empruntée.

À ce stade, donc “ l’action eucharistique et le discernement sont intimement liés : ce qui a été vécu est reconnu comme un don, partagé avec joie et confié à la responsabilité de toute l’Église, afin qu’il puisse continuer à engendrer la vie sous la conduite du Saint-Père. ”.

L'auteurFrancisco Otamendi

Ressources

La resurrección del cuerpo en el centro de la pascua

La pascua nos llama a contemplar la vida como una realidad a la que la muerte no pone fin: nuestra alma es inmortal y nuestro cuerpo resucitará.

Valle Rodriguez Castilla-21 mai 2026-Temps de lecture : 6 minutes

Parece que esta realidad del cuerpo resucitado en su destino final no resuena con mucha contundencia y claridad en nuestros tiempos, tampoco en este tiempo litúrgico de la Pascua en el que es aun más propio.

En Navidad, por ejemplo, la fe, la liturgia y la cultura se dan la mano y no hay quien dude de lo que estamos celebrando. Algo parecido sucede en Semana Santa. Los misterios del nacimiento, la pasión y la muerte de nuestro Señor Jesucristo se desbordan de la liturgia y se expresan en una nutrida y enraizada cultura de tradiciones que la piedad popular secunda: luces, belenes, árboles de Navidad, cabalgatas, cenas, villancicos y regalos, procesiones, nazarenos, mantillas, penitencias, morados y negros, y velas. Todos estos signos y otros más son parte de los mismos significados que la Iglesia rememora en estos tiempos litúrgicos. 

Por otro lado, el Domingo de Resurrección abre la Pascua y, dentro de las iglesias, se estrena el cirio pascual, el blanco se erige en protagonista y se canta el Aleluya. Mas allá de estos signos de la liturgia, llega el final de la Pascua con el Domingo de Pentecostés y los pueblos —en sus calles y en sus gentes— apenas han expresado la alegría de la resurrección. Bueno, sí, quizás con escaso conocimiento del sentido, lo hacen los huevos de Pascua.

No cabe duda que, para aumentar la resonancia de la resurrección de Jesucristo (y la nuestra), faltan tradiciones (y catequesis) en la vida de la Pascua. Para poder poner la resurrección de los cuerpos en el centro de la Pascua, se echa en falta una verdadera y experiencial pedagogía de la Pascua.

La luz de la Teología del Cuerpo sobre la resurrección del cuerpo.

Hoy por hoy, las catequesis de san Juan Pablo II sobre el amor humano son una onda antropológica expansiva que alcanza y enfoca con más luz la resurrección de nuestros cuerpos.

Si nuestros cuerpos son teológicos, si —como descubrimos en la Théologie du corps— el cuerpo es una vía de conocimiento de Dios, si se puede hacer teología desde el cuerpo… el cuerpo no puede llegar y topar con el límite de la muerte, el cuerpo ha de resucitar, ha de llegar hasta Dios y poder permanecer en Él para la vida eterna.

Para ello, la primera lámpara que enciende el Papa polaco es la de la Revelación. Juan Pablo II da al ON en aquel «caso práctico» que los saduceos plantearon al Señor sobre la ley del levirato, sobre aquella mujer que había sido esposa de siete maridos que eran hermanos: «Después de todos ellos, murió la mujer. Entonces, en la resurrección, ¿de cuál de los siete será esposa?, porque la tuvieron todos» (Mt 22, 27-28; Mc 12, 22-23; Lc 20, 32-33).

Desde la respuesta del Señor (te animo a meditarla en el pasaje de Lc 20, 34-38), Juan Pablo II inicia el tercer ciclo de su Teología del Cuerpo sobre la resurrección de la carne y, a través de nueve catequesis, hace una «reconstrucción teológica» de lo que será el «hombre escatológico», el varón y la mujer resucitados en sus cuerpos para la vida eterna. Resumimos en doce, algunos de sus rasgos:

1. La resurrección como estado del todo nuevo de la misma vida humana.

La resurrección, a pesar de que significa la recuperación de la corporeidad y el restablecimiento de la vida humana en su integridad mediante la unión del cuerpo con el alma, es un estado del todo nuevo de la misma vida humana. (Por eso, los discípulos no reconocían al Señor resucitado)

2. La resurrección como perfección de lo personal.

En la futura resurrección, los hombres reasumirán sus cuerpos en «la plenitud de la perfección propia de la imagen y semejanza de Dios». La resurrección consistirá en la perfecta realización de lo que en el hombre es personal, propio y exclusivo de cada uno.

3. La resurrección de la masculinidad y la feminidad.

En la resurrección se mantendrá la peculiaridad masculina o femenina: resucitaremos como varones o como mujeres. Aunque el sentido de ser en el cuerpo varón o mujer será constituido y entendido en el «otro mundo» de un modo nuevo y diferente a como lo fue «desde el principio» y en toda la dimensión de la existencia en la tierra.

4. El matrimonio y la procreación no son parte de este futuro de resurrección.

Por eso, «cuando resuciten de entre los muertos, no tomarán mujer ni marido» (Mc 12, 25). El matrimonio pertenece exclusivamente a «este mundo», es una realidad histórica. En el «mundo de Dios», Dios lo llenará «todo en todos» (1 Cor 15, 28).

La procreación tampoco es parte del futuro escatológico del hombre. El «otro mundo» es el cumplimiento definitivo del género humano, el cierre definitivo de los seres que fueron creados a imagen y semejanza de Dios.

Puede ser complicado de entender, pero así es: el matrimonio y la procreación en sí mismos no determinan definitivamente el significado originario y fundamental de ser cuerpo ni del ser, en cuanto cuerpo, varón y hembra —lo que Juan Pablo II llama en su Teología del Cuerpo el «significado esponsal» del cuerpo. El matrimonio y la procreación dan solamente una realidad concreta a aquel significado en las dimensiones de la historia. La resurrección indica el final de la dimensión histórica.

Por tanto, las palabras «cuando resuciten de entre los muertos, no tomarán mujer ni marido» (Mc 12, 25) no solo expresan qué significado no tendrá el cuerpo humano en el mundo futuro; sino que nos permiten también deducir que el significado esponsal del cuerpo en la resurrección corresponderá de modo perfecto tanto al hecho de que el hombre, como varón-mujer, es persona creada a «imagen y semejanza de Dios», como al hecho de que esta imagen se realiza en la comunión de las personas: el significado esponsal del cuerpo como un significado perfectamente personal y comunitario a la vez.

5. La perfecta espiritualización del hombre resucitado.

El ser «como ángeles en el cielo» nos permite deducir una espiritualización del hombre según una dimensión diferente a la de la vida terrena (y a la del mismo «principio»). Esto no significa que la naturaleza humana se transforme en una naturaleza angélica (puramente espiritual). Seguiremos conservando nuestra naturaleza psicosomática pero con otro grado de espiritualización: nuestro cuerpo será un «cuerpo espiritual»: sin oposición recíproca del espíritu y el cuerpo, con la perfecta participación de todo lo que en el hombre es corpóreo en lo que en él es espiritual; siendo un cuerpo impregnado de espíritu; con una perfecta armonización de la actividad del espíritu con la del cuerpo; en una perfecta sensibilidad de los sentidos… Las cotas más altas y perfectas de todo lo humano en el cuerpo, una verdadera trans-humanización por la supremacía de las fuerzas del espíritu en el cuerpo.

6. La fundamental divinización de la humanidad.

La divinización de lo humano tiene raíces de filiación divina. Los hijos de la resurrección son hijos de Dios. Por ello, la divinización en la vida eterna es incomparablemente superior a la de la vida terrena, no solo en grado sino también en género. Esto es un fruto de la gracia, del comunicarse de Dios a todo el hombre (alma, cuerpo y espíritu), en el más personal donarse de Dios al hombre.

7. La glorificación del cuerpo:

El fruto en la otra vida de esta espiritualización divinizante es la simplicidad y el esplendor del cuerpo glorioso, la glorificación del cuerpo: toda la alegría y la paz y la luz de los cuerpos como signos distintivos de haber sido creados en el mundo visible; de haber experimentado nuestros cuerpos como medios para el recíproco comunicarnos entre las personas, como expresión auténtica de la verdad y del amor con que hemos construido la comunión de las personas.

8. La comunión con Dios, «la visión cara a cara».

La comunión con Dios es la plena participación en la vida interior de Dios, en la misma realidad trinitaria. Así, del don de sí mismo por parte de Dios al hombre y el recíproco don de sí del hombre a Dios nacerá en el hombre un amor de tal profundidad y fuerza de concentración sobre Dios mismo que absorberá completamente su entera subjetividad psicosomática, todo su yo, también su cuerpo (estado virginal del cuerpo).

9. La comunión de los santos.

Tal concentración del conocimiento y del amor sobre Dios será la fuente del redescubrimiento de sí mismo por parte del hombre (de la subjetividad de cada uno); y, desde ella, el redescubrimiento de esa unión que es propia del mundo de las personas y que es una unión de comunión (la intersubjetividad de todos), la comunión de los santos.

10. La vida en el Espíritu.

Cada uno, con la Resurrección del cuerpo, participaremos plenamente del don del Espíritu vivificante, es decir, del fruto de la Resurrección de Cristo.

11. Todos llevamos la imagen de Adán y la imagen de Cristo resucitado.

Lo que el cuerpo humano es en la experiencia histórica del hombre no está totalmente desligado de las otras dos dimensiones de su existencia: el origen y el destino final. El hombre lleva, en cierto sentido, estas dos dimensiones en lo profundo de la experiencia del propio ser. 

La humanidad del primer Adán lleva en sí una particular potencialidad para llegar a ser el segundo Adán, Cristo. Nuestra humanidad corruptible lleva en sí la potencialidad de la incorruptibilidad. La experiencia terrena (incluida la muerte y la destrucción del cuerpo) son el substrato y la base del nuevo estado de la existencia en el «otro mundo».

En este sentido, el filósofo y teólogo ruso Solovyev decía que el artista cristiano es el que ve en lo que tiene delante lo que será cuando resucite y transmite la intuición de la resurrección. 

12. Las llagas de los cuerpos resucitados.

La nueva plenitud de la humanidad en el otro mundo no es solo restitución, no es sin más una vuelta al principio. Esto dejaría de lado la experiencia del pecado (y su huella).

La plenitud del otro mundo contará con toda la historia del hombre: una historia formada por el drama del Árbol del Conocimiento del Bien y del Mal y, al mismo tiempo, impregnada por el misterio de la redención. La redención es camino a la resurrección. Por eso nuestras llagas prevalecerán como las de Cristo, y pasará por ellas la luz de la Gloria Eterna.

Évangélisation

La cause de Don Giussani passe de Milan à Rome : “ un homme de Dieu ”

Miles de personas acompañaron en la basílica de San Ambrosio de Milán la clausura diocesana de la causa de beatificación y canonización de don Luigi Giussani, fundador de Comunión y Liberación. El arzobispo Mario Delpini le calificó como “un hombre de Dios que guió a muchos al encuentro con Cristo”.

Francisco Otamendi-21 mai 2026-Temps de lecture : 3 minutes

La basílica de San Ambrosio de Milán y su pórtico exterior acogieron el pasado jueves a más de diez mil personas que no quisieron perderse un nuevo paso eclesial de la causa de beatificación y canonizaciòn del siervo de Dios Luigi Giussani (Desio, 1922 – Milán 2005), fundador del movimiento Comunión y Liberación.

Se trató de la clausura de la fase diocesana del proceso, presidida por el arzobispo de Milán, Mario Delpini, ante personas de edades, historias y procedencias muy diversas, unidas por el encuentro con don Giussani y con el movimiento.

La documentación relativa a la fase diocesana ocupa miles de páginas reunidas en 27 cajas, selladas y lacradas, que serán enviadas estos días a Roma, al Dicasterio de las Causas de los Santos de la Santa Sede, donde el proceso continuará su camino.

Tres motivos de alegría

“Es un momento de alegría que nace de la experiencia de una gracia”, afirmó el arzobispo Mario Delpini.

“Un primer motivo de alegría es reconocer en Luigi Giussani a un hombre de Dios, es decir, un sacerdote que con su vida, sus palabras y su carisma guió a otros hacia el encuentro con Cristo”.

Un segundo motivo se debe al reconocimiento de don Giussani como un hombre de Iglesia, como han recogido la propia Fraternidad de Communion et libération (CL), y la Agence du Vatican. El proceso, por tanto concluye en Milán, y pasa al discernimiento de la Iglesia,.

El tercer motivo de gracia es el reconocimiento de la historia que a través del carisma de don Giussani “os hace protagonistas”, manifestó el arzobispo.

Un mensaje que tocaba lo más profundo de su humanidad

“Mediante su carisma, muchas personas de todas las edades y de todos los países han reconocido una palabra dirigida personalmente a ellos, un mensaje que tocaba lo más profundo de su humanidad, una apertura de horizontes que llegaba a su corazón”, añadió el arzobispo Delpini.

Davide Prosperi, presidente de la Fraternidad de CL, manifestó la gratitud y alegría de todo el movimiento. “Quiero expresar la inmensa alegría de todos los miembros de CL por este paso fundamental en el recorrido con que la Iglesia reconoce la bondad del testimonio de vida cristiana de don Giussani, para la propia Iglesia y para el mundo”.

El agradecimiento llegó también al arzobispo Delpini, a monseñor Apeciti, a la postuladora Chiara Minelli y a todos los miembros de la diócesis ambrosiana que han trabajado en la causa de beatificación y canonización.

Ahora hay que mirar adelante, hacia el camino trazado por don Ciussani. “Queremos continuar con más decisión aún en comunión con el Papa y con toda la Iglesia”, dijo en presencia de la Dra. Linda Ghisoni, Subsecretaria del Dicasterio para los Laicos, la Familia y la Vida, así como representantes de otros movimientos.

Al acto asistieron autoridades civiles de Milán y la Región de Lombardía, y varios obispos. Entre ellos, Andrea Bellandi, arzobispo de Salerno-Campagna Acerno; Massimo Camisasca, obispo emérito de Reggio Emilia-Guastalla; Ivan Maffeis, arzobispo de Perugia-Città della Pieve y consejero espiritual de la Fraternidad de CL; Giovanni Paccosi, obispo de San Miniato; Corrado Sanguineti, obispo de Pavía; y Filippo Santoro, Arzobispo Emérito de Taranto.

Libros de don Giussani

El 15 de octubre de 2022 se cumplieron 100 años de su nacimiento, y miles de miembros de CL llenaron la Plaza de San Pedro en un encuentro con el Papa Francisco. El Santo Padre manifestó, entre otras cosas, su “personal gratitud por el bien que me hizo, como sacerdote, meditar algunos libros de don Giussani, cuando era un joven sacerdote; y lo hago también como Pastor universal por todo lo que él supo sembrar e irradiar en todas partes por el bien de la Iglesia”.

L'auteurFrancisco Otamendi

Évangile

Corazones que comprenden. Domingo de Pentecostés (A)

Vitus Ntube nos comenta la lecturas del Domingo de Pentecostés (A) correspondiente al día 24 de mayo de 2026.

Vitus Ntube-21 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

El tiempo de Pascua culmina con el envío del Espíritu Santo, que desciende sobre María y los Apóstoles en el Cenáculo. Este acontecimiento poderoso marca, no solo el comienzo de la misión de la Iglesia en el mundo, sino también un nuevo inicio en la vida de cada creyente.

A primera vista, la primera lectura y el Evangelio parecen presentar dos relatos distintos de la venida del Espíritu Santo, casi como si hubiera dos Pentecostés. En el Evangelio de Juan, Jesús resucitado se aparece a los apóstoles y sopla sobre ellos, diciendo: “Recibid el Espíritu Santo”. En los Hechos de los Apóstoles, en cambio, el Espíritu desciende con viento y fuego en Pentecostés. No se trata de relatos contradictorios, sino complementarios. Juan nos muestra la fuente del Espíritu -Cristo resucitado-, mientras que Lucas nos muestra la dirección de la acción del Espíritu, que conduce a la Iglesia hasta los confines de la tierra.

En la primera lectura escuchamos que judíos de todos los pueblos bajo el cielo se encontraban en Jerusalén. Esta reunión ya señala la dimensión universal de la Iglesia y de la misión cristiana. El pueblo está confundido, pero no como en Babel. En Babel, la confusión condujo a la división y a la dispersión de los pueblos. Aquí, en cambio, la confusión da paso al asombro y a la admiración. Se preguntan: “¿No son galileos todos esos que están hablando? Entonces, ¿cómo es que cada uno de nosotros los oímos hablar en nuestra lengua nativa?”. Lo que experimentan no es división, sino unidad en la diversidad. La división que comenzó en Babel ahora es deshecha por el Espíritu Santo.

A los Apóstoles se les concede el don de lenguas: la capacidad de hablar de modo que todos puedan comprender. Pero Pentecostés no trata solo de hablar; también trata de escuchar. Junto al milagro del habla está el igualmente importante milagro de la comprensión. La gente es capaz de escuchar, acoger y entender. Así como vemos lenguas de fuego posarse sobre los Apóstoles, también podemos imaginar corazones encendidos entre quienes escuchan: corazones abiertos para oír y comprender las maravillas de Dios.

San Pablo, en la segunda lectura, nos recuerda que hay muchos dones, pero un mismo Espíritu. Entre estos dones está el de la comprensión, la capacidad de captar el sentido de la acción de Dios en nuestras vidas. Esta es la obra del Espíritu: no solo hablar, sino hacernos comprender.

Hoy, entonces, pedimos al Espíritu Santo este don de la comprensión: reconocer la presencia de Dios en nuestras vidas, conocer más profundamente a Jesucristo y permitir que nuestros corazones ardan dentro de nosotros al escuchar su palabra. Pedimos corazones que puedan ser tocados, incluso traspasados, por la verdad del Evangelio.

Pero este don no es solo para nuestra relación con Dios. También necesitamos comprensión en la vida cotidiana, en nuestras familias, en nuestros trabajos, en nuestras comunidades. La capacidad de escuchar verdaderamente, de comprender a los demás y de entrar en su experiencia es también obra del Espíritu Santo.

La misión de la Iglesia es anunciar a Cristo a todas las naciones. Esto requiere el don de lenguas. Pero, con la misma importancia, requiere el don de la comprensión: que quienes escuchan puedan realmente recibirlo. Por eso, no pedimos sólo el don de lenguas para nosotros, sino también el don de la comprensión para quienes nos escuchan, y para nosotros mismos cuando escuchamos a los demás.

Vatican

Le pape entame une série de sermons sur la liturgie et prépare la Pentecôte.

El Santo Padre León XIV ha comenzado esta mañana un ciclo de catequesis sobre la liturgia, y ha implorado al Espíritu Santo, al dirigirse a los peregrinos de diversas lenguas, que les colme con sus dones.

Francisco Otamendi-20 de mai de 2026-Temps de lecture : 3 minutes

La próxima Pentecostés, que la Iglesia celebra este domingo 24 de mayo, ha impregnado casi todas las palabras del Papa León XIV a peregrinos de diversas lenguas. Pero la noticia está en que el Santo Padre ha comenzado una catequesis sobre la Sagrada Liturgia, que desarrollará en las próximas semanas.

“Hoy comenzamos una serie de catequesis sobre el primer documento promulgado por el Concilio Vaticano II: la Constitución sobre la sagrada liturgia Sacrosanctum Concilium (SC)”, ha dicho el Pontífice.

Al elaborar esta Constitución, “los Padres conciliares quisieron no solo emprender una reforma de los ritos, sino también llevar a la Iglesia a contemplar y profundizar en ese vínculo vivo que la constituye y la une: el misterio de Cristo”. 

Armenia, y oración por la paz en Líbano y Oriente Medio

En la Audiencia ha estado presente, en lugar preeminente junto al Santo Padre en la Plaza de San Pedro, Aram I, Catolicós de la Iglesia Apostólica Armenia de Cilicia, que fue recibido el lunes en el Vaticano por el Papa.

Hoy, León XIV ha manifestado el deseo de que esta visita constituya “un paso más hacia la plena unidad”.

Asimismo, el Sucesor de Pedro ha pedido que recemos “también por la paz en el Líbano y en Oriente Medio, nuevamente asolados por la violencia y la guerra”.

A los de lengua inglesa, española, portuguesa, polacos…

En sus palabras a los fieles y peregrinos de diversas lenguas, el Papa se ha referido a la próxima fiesta de Pentecostés, con diversos matices. A los de lengua inglesa ha dicho que “invoca la alegría y la paz de Jesús Resucitado”. A los de lengua española, ha invitado a pedir “al Espíritu Santo que nos ayude a dejarnos formar intensamente por la liturgia, para que toda nuestra vida sea una continua acción de gracias”.

A los de lengua portuguesa, ha animado a pedir “una renovada efusión del Espíritu Santo sobre la Iglesia”. Y a los polacos, les ha recordado que “hace cuarenta años, san Juan Pablo II publicó la encíclica ‘Dominum et vivificantem’». En ella recordaba que el Espíritu Santo es la ‘Luz de los corazones’ y nos permite ‘llamar por su nombre al bien y al mal”.

Ética en el deporte: el verdadero objetivo, el respeto del adversario

El Papa ha saludado también, en lengua italiana, al movimiento de la ética en el deporte. Les ha dicho: “ustedes tienen una misión noble, custodiar el alma del deporte. Recuerden que el verdadero objetivo no es la victoria material sino el respeto del adversario, la lealtad del juego, y la inclusión de todos”.

En la santa liturgia, con el poder del Espíritu, Él sigue actuando 

En la catequesis de la Cour de justice, el Papa ha comenzando diciendo que la liturgia “toca el corazón mismo de este misterio (el misterio de Cristo). Es a la vez el espacio, el tiempo y el contexto en el que la Iglesia recibe de Cristo su propia vida. En la liturgia, de hecho, «se ejerce la obra de nuestra Redención» (SC, 2), que nos convierte en linaje elegido, sacerdocio real, nación santa, pueblo adquirido por Dios (cf. 1Pt 2,9)”.

Cristo mismo es el principio interior del misterio de la Iglesia, el pueblo santo de Dios, nacido de su costado traspasado en la cruz, ha continuado el Papa. “En la santa liturgia, con el poder de su Espíritu, Él sigue actuando. Santifica y asocia a la Iglesia, su esposa, a su ofrenda al Padre. Ejerce su sacerdocio absolutamente único, Él que está presente en la Palabra proclamada, en los sacramentos, en los ministros que celebran, en la comunidad reunida y, en grado sumo, en la Eucaristía (cf. SC, 7)”.

En la Eucaristía, la Iglesia se convierte en lo que recibe

Aquí ha citado a San Agustín, quien escribió que al celebrar la Eucaristía, la Iglesia “recibe el Cuerpo del Señor y se convierte en lo que recibe”: se convierte en el Cuerpo de Cristo, “morada de Dios en el Espíritu” (Ef 2,22). Esta es “la obra de nuestra redención”, que nos configura a Cristo y nos edifica en la comunión. 

La ritualidad de la Iglesia expresa su fe —según el célebre dicho lex orandi, lex credendi— , ha proseguido León XIV. Y al mismo tiempo, “plasma la identidad eclesial: la Palabra proclamada, la celebración del Sacramento, los gestos, los silencios, el espacio, todo ello representa y da forma al pueblo convocado por el Padre, Cuerpo de Cristo, Templo del Espíritu Santo. Cada celebración se convierte así en una verdadera epifanía de la Iglesia en oración, como recordó san Juan Pablo II”.

Queridísimos, ha alentado el Papa, “dejémonos moldear interiormente por los ritos, por los símbolos, por los gestos y, sobre todo, por la presencia viva de Cristo en la liturgia, que tendremos ocasión de profundizar en las próximas catequesis”.

L'auteurFrancisco Otamendi

Livres

Historia de la alegría

El historiador Alain Corbin traza un viaje al interior de la intimidad humana para analizar la evolución y el impacto de la alegría a lo largo de los siglos. Desde las fuentes bíblicas hasta el pensamiento ilustrado y la filosofía de Spinoza.

José Carlos Martín de la Hoz-20 de mai de 2026-Temps de lecture : 4 minutes

El profesor de la Universidad de la Sorbona, Alain Corbin, realiza en este trabajo un viaje al interior de la intimidad que resulta de una gran actualidad, pues aborda en directo la importancia y la historia de la alegría.

Es muy interesante que Corbin no tenga ningún reparo en reconocer que la mejor fuente para conocer la verdad y la sustancia de la alegría está en la Sagrada Escritura y, por supuesto, en el Nuevo Testamento y, especialmente, en las palabras directas de María Santísima, en el maravilloso canto del Magnificat: canto de alegría y de agradecimiento infinito al Creador: “Mi espíritu se estremece de alegría en Dios, mi Salvador” (Lc 1,47).

El camino hacia la visión beatífica

Después de un recorrido por el Medievo llega a la inolvidable figura de Chateaubriand en su Genio del cristianismo, para describir bellamente el increíble paraíso que nos tiene preparado Dios, nada menos que la visión beatífica (35).

Efectivamente, Bossuet afirmará que, como dice el mandato bíblico, si amamos a Dios con todo corazón, con toda nuestra inteligencia y con todas nuestras fuerzas, regocijándonos en Su gloria, la alegría no nos puede ser arrebatada, pues es “la alegría que tenemos del Ser de Dios” (40).

Tiempo después, Pascal hablará de la fuerza del amor de Dios y de la alegría del converso: “Así el alma se regocija por haber encontrado un bien que no le puede ser arrebatado mientras lo desee: ella se aniquila, adora y bendice a Dios en silencio” (42).

Liturgia y festividades comunitarias

Enseguida, traerá nuestro autor a colación la liturgia y los tiempos destinados a la alegría por la Iglesia: “La autoridad religiosa prescribe entonces varios momentos en los que se invita al fiel a experimentar la alegría en lo más profundo de su ser, al tiempo que el conjunto de los fieles manifiesta colectivamente una gran alegría” (43). En concreto, se detendrá a hablar de las fiestas personales: “desde la Edad Moderna, la celebración solemne de la primera comunión es una gran alegría, en primer lugar, para el comulgante, pero también para toda su familia” (46).

Como contraste fuerte, se referirá a continuación a la alegría “satánica” y pone como ejemplo la envidia, presente en la historia humana desde Caín y Abel: “¿Quién no ha experimentado alguna vez en su vida un sentimiento de alegría, más o menos oscuro, ante los reveses de un competidor o de una persona que había despertado envidia, o incluso temor?” (51).

Intrigas y ambiciones de poder

La obtención del capelo cardenalicio por parte de Retz en 1652, en franca y abierta competencia con el cardenal Mazarino, es narrada con tanto detalle que hace sospechar al lector una crítica mordaz a las envidias y a las peleas tanto en la Curia romana como en la corte francesa: “este episodio de la vida del nuevo cardenal, cuya alegría se adivina a pesar de su reserva, demuestra la tenacidad de las intrigas en el seno de la Corte y del Vaticano, ya sea para impedir o para obtener el tan deseado ascenso” (58).

Cambiando de tercio se referirá a Baruch Spinoza, un autor actualmente de moda y muy cotizado, pues cada semana hay novedades editoriales que lo ensalzan, que editan sus textos y los comentan. Siempre siguiendo la estela de Hegel, quien lo tenía como el pensador clave de la historia.

La perspectiva filosófica de Spinoza

En primer lugar, recordará que, para Spinoza, Dios no se ve afectado por ningún sentimiento de alegría o de tristeza y por tanto deberíamos eliminar de la Escritura toda veleidad al respecto, como todo milagro. Por eso, para Spinoza, la Escritura debe ser interpretada de manera racional y no literal.

Enseguida aportará estos textos de Spinoza: “Todos los atributos de Dios son eternos y Dios es la causa de la existencia y de la esencia de las cosas”. Es más, afirmará Spinoza: “el hombre ya no es la unión del alma y del cuerpo, sino parte del universo homogéneo, parte que tiene su estructura singular” (61).

También afirmará que el hombre está dominado por la pasión de la alegría y de la tristeza. Además, las definirá así: “la alegría es la pasión por la cual el espíritu alcanza una mayor perfección; por tristeza, por el contrario, entiendo la pasión por la cual alcanza una menor perfección”. Por tanto, afirmará que conviene esforzarse por vivir con alegría y evitar la tristeza (61).

Lógicamente, añadirá poco después que “entender es entender a Dios, por quien todo existe, Dios que es la verdad y, por tanto, la fuente viva de la alegría más elevada (…). Amar a Dios no implica ninguna reciprocidad”. Pero señala Corbin: “Dios, según Spinoza, no ama ni odia a nadie. Se ama a sí mismo” (62). Aquí radica el gran error de Spinoza, que prescinde de la Escritura, la Tradición y el Magisterio de la Iglesia y por tanto de la experiencia vital de millones de cristianos que creemos que “Dios es Amor” y que nos lo ha revelado y nos ha concedido experimentarlo.

Terminará recogiendo el profundo subjetivismo de Spinoza: “Cuanto mayor es la alegría que nos embarga, mayor es la perfección a la que nos elevamos y, por consiguiente, más participamos de la naturaleza divina” (63).

Del deísmo a la familia cristiana

Al adentrarse en la Ilustración alemana, traerá el interesante testimonio de Schiller con su oda a la alegría de 1785, “donde hablará de la alegría íntima que nos anima bajo la égira de un Dios creador dotado de personalidad. Esta referencia al deísmo se aleja radicalmente del Dios de Spinoza y solo toma prestada una parte del Dios de los cristianos” (69).

No queremos terminar este breve comentario a la historia de la alegría de Alain Corbin sin hacer una referencia a la alegría en el seno de la familia cristiana, es decir, la de siempre, la de toda la vida, donde los hijos crecen en el amor y en la seguridad de unos padres que viven volcados en una esmerada educación y amplia cultura y a quienes procuran formar con muchas dosis de ternura y de confianza (97).


Historia de la alegría. Viaje al corazón de nuestra intimidad

Auteur: Alain Corbin
Editorial: Alliance éditoriale
Année: 2026
Nombre de pages: 179

CollaborateursMaría Paz Montero

La tierra sagrada

Los padres a menudo prefieren aferrarse a versiones superficiales o cómodas de la realidad de sus hijos, priorizando los logros visibles y el rendimiento por encima de las verdaderas e íntimas batallas que se libran en el interior del hogar.

20 de mai de 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Una amiga organizó el cumpleaños de su hijo adolescente en su casa. En algún momento de la noche, uno de los invitados bebió de más y terminó vomitando en un baño. Entre varios adultos lo limpiaron un poco, lo dejaron durmiendo en una habitación y llamaron a sus padres para avisarles que el chico no estaba bien.

Del otro lado hubo un pequeño silencio y después una respuesta inmediata, casi aliviada:

—Uy, sí… yo sabía. Debe haberle caído mal la comida.

Mi amiga me lo contaba entre divertida y desconcertada. Porque no estamos hablando de padres ingenuos. Son adultos inteligentes, razonables, perfectamente conscientes del mundo en que viven sus hijos. Han escuchado infinitas veces conversaciones sobre alcohol adolescente, han ido a charlas, han leído correos del colegio. Y, sin embargo, prefirieron otra versión de la historia; una versión menos incómoda. 

La escena da un poco de risa porque todos reconocemos el mecanismo. Hay cosas que intuimos, pero que preferimos no mirar de frente. Y no ocurre solo con el alcohol.

El mecanismo de la negación

Pasa también cuando un profesor intenta mostrarnos algo incómodo sobre nuestro hijo y, antes de terminar de escuchar, empezamos interiormente a defenderlo. Pasa cuando una adolescente cambia de grupo una y otra vez y concluimos demasiado rápido que “le tienen envidia”. Pasa cuando vemos a una niña consumida por las notas, obsesionada con el peso o pendiente de manera enfermiza de la aprobación social, y reducimos todo a perfeccionismo, inseguridad o “presión de esta generación”, como si bastara nombrar las cosas para haberlas entendido.

Vivimos mirando lo visible porque lo visible tranquiliza. Las notas pueden medirse; las medallas se exhiben con facilidad. El rendimiento permite comparaciones rápidas, y las fotos felices en Instagram ayudan a construir la impresión de que todo está bien.

El corazón no tolera ser mirado con liviandad.

Y, sin embargo, el cristianismo siempre ha insistido justamente ahí. Cristo vuelve una y otra vez al corazón: ese lugar misterioso e inaccesible donde una persona decide qué ama, a qué le tiene miedo, cuánto necesita la aprobación de otros para sentirse valiosa, hasta dónde está dispuesta a ceder para pertenecer y qué clase de vínculos termina construyendo. 

El verdadero valor de una persona

“Donde está tu tesoro, allí estará también tu corazón.”

No parece casualidad que el Evangelio insista tanto ahí, precisamente en una cultura obsesionada con lo visible. Porque cuando uno vive mirando solo lo superficial, termina dejando al hijo bastante solo justamente en el lugar donde más necesita compañía.

Y es ahí donde se juega lo importante: no en las calificaciones escolares ni en el podio deportivo. Tampoco únicamente en la universidad a la que logrará entrar o en esa cuenta de Instagram donde parece siempre feliz y rodeado de amigos.

Asómate ahí. Con inmenso cariño y con respeto, porque la tierra que pisas es tierra sagrada. Asómate para mirar qué está pasando realmente en ese corazón: qué cosas lo entusiasman y cuáles lo paralizan. Qué tipo de aprobación necesita desesperadamente. Cuánto miedo tiene a quedarse fuera. Qué dolor intenta esconder detrás de la obsesión por el rendimiento o por un cuerpo perfecto. Qué tan capaz es de sostener una amistad, sacrificarse por otro o reconocer un error sin derrumbarse.

Y también —porque no todo consiste en detectar heridas— asómate para maravillarte.

Conexiones en momentos cotidianos

Asomarse al corazón de un hijo rara vez ocurre en las grandes conversaciones planificadas. Ocurre muchas veces en momentos laterales: en el auto, tarde en la noche, mientras se lavan los platos, cuando el adolescente dice algo aparentemente pequeño y el adulto resiste la tentación inmediata de corregir, explicar o tranquilizar.

A través de muchos años impartiendo clases y tutorías a adolescentes, pocas veces me he encontrado con jóvenes convencidos de que sus padres están profundamente orgullosos de ellos porque luchan por hacer lo correcto, porque son honestos, porque intentan ser leales con sus amigos o porque tuvieron la humildad de reconocer una falta.

En cambio, suelen tener bastante claro cuándo generan orgullo por sus notas, por un triunfo deportivo o por esos logros visibles que cualquier adulto puede comentar delante de otros.

La mirada de la aceptación real

Y no se trata de que los padres sean frívolos o malos. Muchas veces ocurre algo más triste: nosotros mismos hemos aprendido a medir nuestro valor de esa manera. También nosotros vivimos agotados intentando demostrar que merecemos amor a través del rendimiento, del control o del éxito.

Quizá por eso nos cuesta tanto creer —de verdad— que Dios no nos ama principalmente por nuestros triunfos. Que lo que conmueve sus entrañas es otra cosa: el corazón real, frágil y a veces bastante desordenado de sus hijos.

Una de las cosas más decisivas que un niño aprende en su casa es precisamente qué aspectos de sí mismo despiertan amor, alegría, admiración o esperanza en quienes lo quieren. Los hijos terminan intuyendo con gran precisión qué cosas entusiasman a sus padres y cuáles apenas merecen atención. Descubren rápido si el amor parece expandirse con el éxito y retraerse con el fracaso, o si existe algo más estable debajo de todo eso.

Los hijos aprenden cómo mira Dios a partir de cómo son mirados en su casa. Aprenden lentamente –y mucho antes de comprenderlo intelectualmente- si el amor depende de cumplir ciertas expectativas o si puede permanecer incluso cuando aparecen la torpeza, la lentitud o el fracaso. 

Abrazar la imperfección

Quizá una parte importante de educar consista en renunciar al hijo impecable, brillante, equilibrado y siempre exitoso para encontrarse con este otro: más vulnerable, más contradictorio, a veces difícil, pero infinitamente digno de ser amado. 

En el pequeño duelo de abrazar al hijo real y no solamente al hijo imaginado aparece algo muy parecido al corazón de Cristo.

Un amor que no es ciego ni ingenuo, pero sí misericordioso. Un amor capaz de mirar la verdad sin retirar por eso la cercanía. Un amor magnánimo, que no reduce a la persona a su peor momento ni a su mejor rendimiento.

Tal vez eso sea, en el fondo, acompañar el corazón de un hijo: entrar ahí con suficiente delicadeza como para enseñarle —muy lentamente— a amar y también a dejarse amar.

L'auteurMaría Paz Montero

Periodista y profesora de Lenguaje y Literatura. Combina su trabajo docente con proyectos de difusión cultural. Recomienda libros en el Instagram @milesdebuenoslibros

Monde

Vietnam, el nuevo pulmón de la Iglesia en Asia

Vietnam es, junto con Corea del Sur y Filipinas, uno de los grandes “motores” del cristianismo en Asia. Su situación actual es fascinante, pues tiene el reto de acompañar el crecimiento espiritual de muchos creyentes y la delicada relación con un gobierno comunista.

Francisco Otamendi-20 de mai de 2026-Temps de lecture : 5 minutes

Mientras en no pocas partes del mundo la secularización avanza, la Iglesia católica en Vietnam muestra signos de enorme vitalidad en un contexto marcado por un gobierno comunista y una religión budista que sigue aproximadamente la mitad de la población, según Ayuda a la Iglesia Necesitada (ACN) y otras fuentes como Centre de recherche Pew.

Los fieles, la mayoría familias católicas, muestran una fe profunda en la vida cotidiana, y mantienen una presencia activa y creciente distribuida en 27 diócesis, con más de 3.400 parroquias y alrededor de 5.000 sacerdotes diocesanos y otros 2.000 religiosos.

En un momento en que en Europa se cierran conventos o parroquias, Vietnam vive una primavera de fe. Con una población de 102 millones de habitantes, el país cuenta ya con más de 7 millones de católicos, lo que le convierte en la quinta comunidad católica más grande de Asia.

¿Cómo se ha llegado hasta aquí? En 1960 la población de Vietnam era de 34 millones, y ahora (2026) se ha triplicado, incluso con una guerra de por medio, que terminó en 1975. Si entonces los católicos eran más o menos 2 millones, y ahora son más de 7, el “secreto” son en gran parte las familias católicas que tienen hijos y la difusión de una fe creciente.

En estas líneas veremos una breve radiografía sobre estos aspectos: “fiebre” constructora, vitalidad sacramental, el “milagro” de las vocaciones, los hitos diplomáticos, y lo que la religiosa vietnamita Tham, de la Congregación de las Misioneras de Cristo Jesús, explica a Omnes: “La Iglesia en Vietnam tiene una historia profundamente marcada por el sufrimiento y la fidelidad. Durante las persecuciones, muchos cristianos dieron su vida por la fe. Es el testimonio de los mártires”, sin el cual no se entiende apenas nada.

200 nuevas iglesias en 2025

El dinamismo católico se traduce en iniciativas pastorales constantes y en un compromiso misionero que trasciende las fronteras. Uno de los fenómenos más visibles es la intensa actividad edificadora.

Vietnam construye una media de 200 iglesias al año, algunas de ellas auténticas catedrales con capacidad para miles de personas. Estas construcciones responden a la demanda de espacio para el culto y reflejan el crecimiento de la comunidad.

Uno de los ejemplos más llamativos es la iglesia de Lang Van, en Ninh Binh, inaugurada en diciembre de 2025. Con estilo neogótico, capacidad para 5.000 personas y un campanario de más de 100 metros, es ya el templo católico más grande del sudeste asiático.

Sorprende que esta “fiebre” constructora, acompasada al crecimiento de la comunidad católica, tenga lugar con un gobierno comunista. Pero esta ha sido la apuesta gubernamental, en especial desde la pandemia.

Avance de relaciones diplomáticas 

En publicaciones oficiales como vietnam.es se ha recogido la audiencia en abril del Papa León XIV al presidente de la Asamblea Nacional de Vietnam, Tran Thanh Man, y su esposa, considerada de “gran importancia". "Ambas partes buscan establecer relaciones diplomáticas plenas entre Vietnam y la Santa Sede, y facilitar una visita del Papa a Vietnam”, dice la información.

En este contexto, ambas partes “expresaron su satisfacción por los importantes y sustanciales avances logrados en las relaciones entre Vietnam y la Santa Sede, desde las reuniones entre altos dirigentes de ambos países hasta el establecimiento de la Oficina del Representante Permanente de la Santa Sede en Vietnam”. Se trata del arzobispo Marek Zalewski, primer Representante Papal residente en Hanoi (la capital) desde 1975, quien asegura que “la Iglesia en Vietnam está viva porque su gente está viva".

El sacerdote David Rolo (Toledo, 1974), misionero del Verbum Dei que reside en Roma tras trabajar 6 años en el país vietnamita, ofrece a Omnes un dato: “en tiempos de la pandemia, la Conferencia Episcopal vietnamita hizo una llamada a todos los fieles, para atender las necesidades de las personas que estaban sufriendo”. Y el gobierno reconoció el beneficio social de la Iglesia católica en el país.

Vida sacramental

La vida sacramental muestra igual dinamismo, con más de 100.000 bautizos anuales y una asistencia a Misa dominical que alcanza entre el 64 % y el 90 % en zonas rurales y comunidades dedicadas, donde familias enteras participan en celebraciones litúrgicas de carácter comunitario.

Por experiencia propia, la Hermana Tham asegura que “la fe vivida en las familias y en las parroquias sigue siendo fundamental”. El P. David Rolo añade que “las familias católicas siguen teniendo un buen número de hijos, y hay muchos jóvenes, hombres y mujeres, provenientes de familias católicas, que desean seguir a Jesús en la vida consagrada o en la vida sacerdotal".

El “milagro” de las vocaciones

Quizá el aspecto más llamativo del crecimiento sea el florecimiento vocacional. Los 11 seminarios mayores del país funcionan a plena capacidad con más de 2.800 seminaristas, a los que se suman unas 31.000 religiosas y religiosos entregados al servicio de la Iglesia. El sacerdote Joseph Dinh Quang Hoan, de la diócesis de Thai Binh y actualmente en Roma estudiando gracias a una beca de la Fundación CARF, dice: “En Vietnam hay muchos jóvenes dispuestos a servir a la Iglesia. El número de vocaciones en la Iglesia vietnamita es muy elevado. En mi diócesis de Thai Binh, una diócesis pequeña, tenemos actualmente cerca de 100 seminaristas y muchos religiosos, monjas y hermanos".

Este abundante número de vocaciones ha permitido a la Iglesia vietnamita comenzar a exportar sacerdotes y religiosos a Europa y Estados Unidos, donde apoyan comunidades con escasez de clero. El propio Hoan explica su vocación formativa: “Venir a Roma a estudiar no es sólo mi sueño, sino el sueño de muchos creyentes vietnamitas. Quiero estudiar todo lo que pueda para poder volver a servir a la formación intelectual en mi diócesis”. Hoan también menciona que en su diócesis se está construyendo el seminario mayor del Sagrado Corazón, por lo que se necesitan profesores cualificados para acompañar este crecimiento sostenido.

Raíces históricas: la sangre de los mártires

El beato Andrés Phú Yên, primer mártir del país nacido en 1625, sigue siendo referente para la Iglesia en Vietnam. Con ocasión del 400 aniversario de su nacimiento, el Papa León XIV dirigió un mensaje a los más de 64.000 catequistas vietnamitas recordando que Andrés “recibió el bautismo, colaboró con los misioneros jesuitas, fue arrestado por su fe y asesinado a los 19 años tras negarse a renunciar a Cristo. Murió diciendo: ‘Jesús’”. El Pontífice agradeció a los catequistas su entrega: “Con vuestra enseñanza y vuestro ejemplo, atraen a los niños y a los jóvenes a la amistad con Jesús".

Vietnam cuenta además con 117 mártires canonizados, entre ellos san Andrés Dung-Lac y compañeros, cuyo testimonio en tiempos de dura represión sigue inspirando a las nuevas generaciones. Estos mártires, canonizados por san Juan Pablo II en 1988, corresponden a un período de persecuciones entre 1745 y 1862, durante el cual miles de cristianos vietnamitas fueron ejecutados por su fe. Fides, OMP Press o Asia News han señalado que los catequistas desempeñan un papel clave en la evangelización en áreas remotas donde el acceso a sacerdotes es limitado.

El legado de cardenales vietnamitas

La Iglesia vietnamita también ha dado a la Iglesia figuras cardenalicias de gran relieve. El cardenal François Xavier Nguyen Van Thuan, detenido 13 años en cárceles comunistas entre 1975 y 1988, se convirtió en símbolo de resistencia pacífica al celebrar Misa en secreto con tres gotas de vino y un poco de agua sobre la mano y escribir Le chemin de l'espoir, compuesto por 1001 pensamientos dedicados a sus fieles durante su cautiverio.

L'auteurFrancisco Otamendi

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Espagne

Cuenta atrás para la llegada del Papa León XIV a España

La organización del viaje ha presentado una campaña comunicativa que preparará el terreno para la llegada del pontífice.

Rédaction Omnes-19 de mai de 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Dos spots, algo más largos de lo habitual, uno referido a la amistad y el encuentro a pesar de las diferencias y otro, sobre la necesidad de conocer y tratar a los demás “alzando la mirada” serán los dos relatos audiovisuales con los que España prepara la visita del Papa León XIV. 

Rafael Rubio, Coordinador de Comunicación Nacional de la visita; Gabriel González Andrío, Responsable de Marketing y Campañas de la visita; Marcos Tejeiro, Director General de UM (Omnicom Media España) y Sara de la Torre, Directora de Comunicación de la Archidiócesis de Madrid, han compartido con la prensa algunas novedades y avances de los preparativos de la visita del pontífice a España. Durante tres semanas, los martes, se darán a conocer estos avances en las diversas sedes. 

Los spots: “Metro” y “Nuevos (viejos) amigos””

“Metro” y “Nuevos (viejos) amigos” son las dos cápsulas de vídeo, que se proyectarán fundamentalmente en televisiones y redes sociales, con las que la organización de la visita papal “aspira a interpelar tanto a creyentes como a no creyentes”.

La campaña ha contado con Omnicon Media para la planificación estratégica; con Ábside Media para la producción y con TheCyranos para la creatividad. Sobre este aspecto, Gabriel González Andrío ha querido agradecer a los voluntarios, no actores, que protagonizan estos spots y cómo quieren reflejar esta necesidad de superar la polarización y especialmente, a establecer relaciones personales superando las diferencias y prejuicios, como preparación a la llegada del Papa y en consonancia con los mensajes que, en este sentido, ha ido lanzando el Papa León XIV desde el inicio de su pontificado. 

Los actos de Madrid

Sara de la Torre ha avanzado algunos aspectos de los actos y celebraciones que presidirá León XIV en Madrid. 

En este sentido, ha explicado el recorrido de la procesión del Corpus Christi, presidida por el pontífice que partirá desde Cibeles, donde se celebrará la Santa Misa, por la calle Alcalá hasta la altura de la parroquia de San José. Allí dará la vuelta, regresando al punto de partida.  

De la Torre ha querido puntualizar además que “para la distribución de la comunión en la Santa Misa de Cibeles se ha establecido un plan estratégico para evitar que alguien quede sin comulgar. En este sentido, “500 sacerdotes y 1.800 ministros extraordinarios de la comunión, estarán distribuidos a lo largo de todo el espacio y además, 6 parroquias del entorno: San José, la basílica de Jesús de Medinaceli, San Jerónimo, San Manuel y San Benito, Santa Bárbara y el centro cultural de la villa, serán ‘parroquias eucarísticas’, a las que se puede acudir a comulgar en el caso de no llegar a uno de estos ministros”. Hay que apuntar que, a día de hoy, hay 250.000 personas registradas para esta celebración de la Santa Misa en Cibeles. 

La directora de Comunicación de la Archidiócesis de Madrid ha desvelado, además que, en todo el entorno de Castellana se establecerán diversos “puntos de escucha”. Una iniciativa pastoral que se lleva a cabo en la Archidiócesis madrileña hace tiempo y que tendrá su expresión visible en estos días, con el objetivo que cualquier persona que quiera y lo necesite, pueda ser escuchado por agente de esta pastoral, formados para ello, e iniciar un proceso de acompañamiento. 

La participación

Además se han dado a conocer algunas de las cifras de participación de las que se teine constancia. Además del cuarto de millón de asistentes a la Misa y procesión del Corpus, Rafael Rubio ha dado a conocer que hay unos 160.000 inscritos para la Vigilia del sábado; 36.000 en la Santa Misa de Gran Canaria y 25.000 para la de Tenerife. No se han dado los datos correspondiente a los actos en Barcelona. 

Equipaciones de voluntarios y merchandising

La rueda de prensa ha servido para dar a conocer, además, las equipaciones de los voluntarios y la organización de estas celebraciones. Los voluntarios y organización irán equipados con camisetas y gorras de diferente color, según su labor: 

Rojo para el staff general, naranja para los voluntarios, azul para voluntarios de accesibilidad y verde para los voluntarios de información. Junto a esto, el merchandising de esta visita ya está disponible en la tienda online de El Corte Inglés y en la web Conelpapa.es.  Los beneficios irán íntegros a sufragar los gastos del viaje y además gracias a la colaboración de la Fundación Voici, también están a la venta productos religiosos elaborados por distintos conventos de clausura de España.

Évangélisation

¿Por qué tengo que ir a un sacerdote para que Dios me perdone en Confesión?

Jesús así lo estableció, instituyendo uno de los siete sacramentos, y confiriendo a los apóstoles el poder de perdonar los pecados. Los sacerdotes, sucesores de esos apóstoles, actuarían en nombre de Jesús.

Alejandro Vázquez-Dodero-19 de mai de 2026-Temps de lecture : 3 minutes

La Confesión –o sacramento de la Alegría, Reconciliación, Perdón de Dios– es el sacramento de curación. Sana el alma, cura algo que hice mal e hirió a Dios mismo, porque contravino mi naturaleza y la voluntad del Señor. Vuelve a posibilitar la inhabitación de Dios en mi alma si cometí un pecado mortal y por ello  le “expulsé” de mi interior; o la purifica más si le ofendí leventemente. 

Para poder confesarme debe haber materia, o sea consciencia de haber pecado u ofendido a Dios por inobservancia de cualquiera de los Mandamientos que señalan cuál debe ser la actitud del hombre frente a Dios, la del hijo frente al Padre.

Significado de la Confesión

Es un tesoro de valor incalculable, al significar el encuentro con la misericordia infinita de Dios, que me ama y siempre quiere perdonarme y darme la oportunidad de comenzar y recomenzar, una y mil veces. En definitiva, se trata de volver a ser nosotros mismos, reencontrándonos nuevamente con Dios, con quien nuestra naturaleza desea –porque necesita– estar. Por esta simple razón encontraría su justificación que la Iglesia obligue al menos a confesar los pecados mortales, si es el caso, una vez a año.

El pecado mortal debe ser confesado obligatoriamente a un sacerdote para recibir el perdón, mientras que los pecados veniales se recomienda confesarlos para fortalecer la vida espiritual. Porque hay otros modos de purificar esos pecados leves, como la propia recepción de Cristo en la Eucaristía.

¿Por qué no puedo pedir perdón a Dios directamente?

Le site Catéchisme de l'Église catholique en el núm. 1441 recuerda que “sólo Dios perdona los pecados (Mc 2,7). Jesús es el Hijo de Dios, y dice de sí mismo: ‘El Hijo del hombre tiene poder de perdonar los pecados en la tierra’ (Mc 2,10)y ejerce ese poder divino: ‘Tus pecados están perdonados’ (Mc 2,5; Lc 7,48)”.

De otro lado subraya que, al atardecer del día de la Resurrección, el Señor se presentó en medio de los discípulos y les dijo: “Recibid el Espíritu Santo; a quienes les perdonéis los pecados, les son perdonados; a quienes se los retengáis, les son retenidos” (Jn 20, 21).

Así, en virtud de su autoridad divina, Jesús confiere este poder a los hombres para que lo ejerzan en su nombre, de modo que los sacerdotes –o mejor, Él a través de los estos– puedan perdonar los pecados y devolver la paz a la conciencia.

Se trata de un contenido sagrado, que pertenece a Dios y al corazón de cada persona. De ahí que el sacerdote esté obligado a guardar el denominado sigilo sacramental o secreto de oficio de lo escuchado en Confession.

Razones para confesarse

En síntesis, estas serán las razones por las que según la Fe Católica uno debe confesarse con un sacerdote:

  • Jesús así lo estableció, instituyendo uno de los siete sacramentos, y confiriendo a los apóstoles el poder de perdonar los pecados. Los sacerdotes, sucesores de esos apóstoles, actuarían en nombre de Jesús.
  • La Confesión significa un encuentro directo con la Gracia divina del sacramento, con el mismo Señor, porque el sacerdote en el instante de absolver o conferir el perdón de los pecados actúa en la persona del mismo Cristo.
  • Significa asimismo una medicina para el alma, que cura el pecado y la fortalece para próximos encuentros con la tentación de pecar. El sacerdote actúa de este modo como médico y guía espiritual, aliviando la carga de la culpa toda vez que expresa el perdón que ha conferido el mismo Dios.
  • El pecado rompe lazos con Dios, y, en consecuencia, con la Iglesia. El sacerdote, representando a la Iglesia, manifiesta además la restauración de esa unidad del fiel católico con la Iglesia. 
  • Reconocer el pecado ante otra persona, el sacerdote, en este caso alguien cualificado por su condición de persona consagrada, ayuda a lograr una conversión real a través de la humillación que pueda conllevar la acusación del pecado.

Para alcanzar el perdón del ofendido –Dios mismo en este caso– hay que verificar que existe arrepentimiento cierto por el daño causado, y eso lo hace el sacerdote en Confesión.

  • Por último, nos referiríamos a la certeza del perdón, que alcanza quien escucha las palabras de absolución. Se logra así la seguridad teológica de que los pecados han sido perdonados, han desaparecido, y uno ha vuelto a la comunión con Dios, abrazando su amor misericordioso, recuperando la paz interior.
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Évangélisation

Jacek Magiera, ¿un entrenador de futbol, santo?

Muchos de los que entrenaron balo las órdenes de Jacek Magiera repiten lo mismo: «Me ayudó a ser mejor persona».

Stanisław Urmański-19 de mai de 2026-Temps de lecture : 5 minutes

El día 10 de abril falleció inesperadamente a sus 49 años, Jacek Magiera, el entrenador adjunto de la selección polaca de futbol. Su nombre no sonara a los seguidores de los grandes equipos de futbol, pero sí ha sido un referente de los últimos años a nivel nacional. Magiera no solo tenía resultados en el campo, sino ayudó a crecer como personas a muchos futbolistas. El entrenador no ocultaba que, si ha hecho algo bueno, era porque respondía a lo que Dios le ha dado. 

Es raro que en Przegląd Sportowy, el diario deportivo polaco de referencia aparezca un adjetivo saint. Desde luego, debido a la irrupción de internet como fuente de noticias de última hora —como los resultados de los partidos—, el diario evolucionó dejando más espacio para entrevistas y artículos de opinión que explican, con mayor profundidad, el porqué de lo que pasa en los campos de fútbol u otras arenas deportivas.

¿Un santo?

Así que vuelven los temas como el trabajo constante, la lucha contra la adversidad o el no perder el ánimo tras la derrota. Pero, ¿santidad? Resulta significativo que, en su comentario sobre el fallecimiento de Jacek Magiera, su colega de la época de la selección juvenil polaca, Kamil Kosowski, lo describa de la siguiente manera: “No quería describir a Jacek solo como entrenador o futbolista porque, independientemente del oficio que desempeñara, sería para mí el mismo compañero: lleno de calidez humana, servicial, inteligente y empático con el otro. Un hombre de fe, profundamente religioso, asiduo lector, hambriento de conocimiento y capaz de entender que el desarrollo futbolístico no lo es todo. Un hombre sin adicciones, cristalino; se puede decir que ha sido un santo”.

Es interesante que su colega, en vez de hablar de sus éxitos como futbolista y entrenador, destaque su lado humano y subraye su profunda fe. Su relación con Dios, normal y sencilla, afectaba a todo lo que hacía. El hecho de que incluso las personas que no compartían su fe se dieran cuenta de que allí había algo más, es muy significativo.

¿Quién fue Jacek Magiera?

Nacido en Częstochowa, junto al santuario de Jasna Góra, Magiera empezó su carrera en el club local Raków, pero pronto se trasladó al Legia de Varsovia, el equipo de la capital, que encabeza el ranking de los clubes polacos con 15 títulos. En el Legia jugó 10 temporadas y ganó 2 veces el campeonato nacional. Ya en su etapa de jugador pensó en dedicarse a los banquillos. A los 32 años terminó su carrera como futbolista y empezó a entrenar. Entre sus logros destaca el campeonato de Polonia de 2017 con el Legia de Varsovia. Siete años más tarde logró el subcampeonato con el Śląsk Wrocław. También colaboró de diversa manera con la selección polaca, de la cual fue entrenador adjunto recientemente.

Pero más que los títulos, lo que realmente vale es el trabajo que hizo con los futbolistas. Los años que más le marcaron fueron 2014 y 2015, cuando estuvo a cargo del segundo equipo del Legia de Varsovia. Allí tenía bajo su tutela a jóvenes jugadores de 17, 18 y 19 años con mucho talento y todo el futuro por delante, que tenían que enfrentarse a la entrada en la vida adulta y corrían el riesgo de echarse a perder. Ahí entraba Magiera con su exigencia y su acompañamiento integral.

Muchos de los que entrenaron con él repiten lo mismo: «Me ayudó a ser mejor persona». En una de sus entrevistas explicaba que su modo de entender el oficio de entrenador consistía en ver en un joven jugador algo que otros no habían visto, para así edificarlo y darle la oportunidad de adquirir experiencia.

Lo que dicen sus jugadores

Y estas no son solo palabras suyas; los jugadores lo confirman. Resulta muy ilustrativo lo que dice Jakub Rzeźniczak, quien empezaba su carrera profesional en el Legia cuando Magiera terminaba la suya y luego lo tuvo como entrenador: “Fue uno de mi mentores, siempre apoyaba a los jugadores jóvenes. Me ayudó a aprobar el examen de bachillerato y me prestaba dinero cuando me faltaba”.

Rzeźniczak cuenta cómo, cuando Magiera ya trabajaba en otro club, le llamaba en los momentos difíciles, incluso en asuntos de su vida privada: “Me ayudó muchas veces: cuando pasaba por un mal momento futbolístico, cuando falleció mi hijo o cuando pasaban cosas malas en mi vida; siempre pude contar con él. Después de llamar al entrenador Magiera, uno simplemente revivía de algún modo; sabía infundir un espíritu muy positivo en las situaciones difíciles”.

A estos jóvenes jugadores, y no solo a ellos, les transmitía la necesidad de actuar a conciencia. En un momento dado se topó con el libro de Álex Rovira y Fernando Trías de Bes, La buena suerte. El libro, en forma de fábula, explica que el éxito profundo —ya sea empresarial, futbolístico o vital— no es una cuestión de azar, sino de decisiones bien tomadas y de integridad. Magiera se fascinó tanto con la obra que compró los 700 ejemplares que quedaban de la edición polaca para regalárselos a sus jugadores y explicárselos en las charlas de los entrenamientos. Hacía pensar a los jóvenes futbolistas para que se cuidaran y no desperdiciaran el esfuerzo del entrenamiento con entretenimientos nocivos.

En cuanto a su modo de dirigir al equipo, también se veía que iba a lo profundo. Por ejemplo, respecto a la disciplina en el vestuario, explicaba en una entrevista que no buscaba imponerla a gritos para que los jugadores hicieran lo que él quería, sino que consideraba que la disciplina debía nacer del interior de los futbolistas. Los buenos jugadores quieren hacer lo que dice el entrenador porque ya lo tienen interiorizado.

El fútbol, en su sitio

En las entrevistas no ocultaba que para él el fútbol no era lo más importante. Antes, desde luego, estaba su familia. Se casó tarde con Małgorzata, quien compartía su pasión por el fútbol, y tuvieron dos hijos. Es significativo que diera mucha importancia a no cambiar de equipo con demasiada frecuencia. Sabía que sus hijos necesitaban a su padre y requerían estabilidad para crear lazos duraderos, algo de lo que, según reconocía, su mujer siempre le advertía.

Y lo primero de todo era su trato con Dios. En una entrevista afirmaba: “Para mí, la fe es el fundamento sobre el cual construyo todo. Construyo la familia, el equipo y a cada jugador individualmente (…) Yo sé que sin Dios no existiría, no existiría todo lo que hago. Confío completamente en que el camino divino es mi camino”.

Circunstancias del fallecimiento

Su muerte fue inesperada: se desplomó durante un entrenamiento individual mientras corría por un parque de Breslavia (Wrocław) a causa de una parada cardíaca. Pocas semanas antes se había sometido a un examen médico exhaustivo que no detectó anomalía alguna.

Su fallecimiento fue ampliamente comentado en los medios de comunicación. A su funeral asistió el presidente de la república, Karol Nawrocki. La Asociación Polaca de Fútbol decretó un minuto de silencio antes de todos los partidos de la Ekstraklasa en la semana de su muerte. Los aficionados del Legia prepararon un tifo con su retrato a gran tamaño para acompañar al club en el partido de liga. En el siguiente encuentro del Śląsk, su último club tras su fallecimiento, el juego se detuvo en el minuto 19 y 47 segundos, en referencia al año de fundación del club (1947).

Un año y medio antes había visitado el santuario de Gietrzwałd, al norte de Polonia, lugar de las apariciones de la Virgen en la segunda mitad del siglo XIX. A partir de aquella visita, la familia Magiera rezaba el rosario diariamente. Jan, su hijo de doce años, de manera espontánea el día del fallecimiento y viendo el ambiente tan cargado de tristeza, dijo: “Oye, ¿por qué no rezamos el rosario? Eso es lo que haría papá”.

L'auteurStanisław Urmański

Sacerdote polaco.

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Initiatives

Existe-t-il une vie extraterrestre intelligente ? Des penseurs catholiques donnent leur avis.

Si existen seres extraterrestres racionales, ¿cuál sería la relación de Dios con ellos? La reflexión era antes puramente especulativa, pero podría adquirir un nuevo significado al divulgarse datos del Departamento de Defensa de Estados Unidos sobre supuestos encuentros con “fenómenos anómalos no identificados” o FANI.

OSV / Omnes-19 de mai de 2026-Temps de lecture : 7 minutes

– María Wiering, OSV News

Los UAP -antes conocidos como ‘objetos voladores no identificados’ u OVNIs- y la inteligencia detrás de su existencia han sido durante mucho tiempo motivo de fascinación pública, incluso antes de que se afirmara el hallazgo de restos de OVNI en Roswell, Nuevo México. 

Pero teólogos y científicos católicos también han reflexionado sobre sus implicaciones en la forma en que la humanidad se percibe a sí misma en relación con su Creador.

Entre los estudiosos que investigan este tema, el consenso general parece ser que la existencia de seres inteligentes extraterrestres no trastoca la teología de la creación de la Iglesia.

Christopher Baglow, director de la Iniciativa de Ciencia y Religión del Instituto McGrath para la Vida de la Iglesia en la Universidad de Notre Dame en Indiana, abordó esta cuestión en una conferencia impartida en 2021 para la Conferencia Anual de la Sociedad de Científicos Católicos, cuya versión publicó en Church Life Journal. 

Humanos y extraterrestres comparten a Dios como su creador

Su punto de partida fue que los humanos y los extraterrestres comparten a Dios como su creador, lo que otorga a los extraterrestres “la capacidad de una relación especial con Dios en la que pueden conocerlo y responderle con libertad y amor”.

“Dios los amaría y querría compartir su vida con ellos”, dijo.

Se dice que San Juan Pablo II expresó una idea similar cuando un niño le preguntó si los extraterrestres eran reales. “Recuerden siempre”, habría dicho el difunto pontífice , “ellos son hijos de Dios, igual que nosotros».

El Papa León XIV visita el Observatorio Vaticano en Castel Gandolfo, Italia, el 20 de julio de 2025, para conmemorar el aniversario de la primera misión tripulada que alunizó en 1969. (Foto de CNS/Vatican Media).

¿Podría la Iglesia bautizar a seres extraterrestres?

Si bien la Iglesia Católica no ofrece una enseñanza definitiva sobre la vida extraterrestre, a lo largo de los siglos los intelectuales católicos han reflexionado sobre el tema. En el siglo XV, el cardenal alemán Nicolás de Cusa, filósofo y teólogo, especuló que la creatividad de Dios hacía probable la existencia de vida inteligente en otros planetas. 

Mucho más recientemente, el astrónomo jesuita Hermano Guy Consolmagno planteó una pregunta clave sin rodeos en el título de su libro de 2014: “¿Bautizarías a un extraterrestre?”. 

Escrito en colaboración con el padre jesuita Paul Mueller, el libro aborda diversas cuestiones de fe y ciencia mediante un formato de preguntas y respuestas. En cuanto a la pregunta que da título al libro, responde afirmativamente, pero solo si el extraterrestre lo solicita, ya que se trata de un sacramento que debe darse y recibirse libremente.

El hermano Consolmagno, oriundo de Detroit, es presidente de la Fundación del Observatorio Vaticano y fue director del Observatorio Vaticano durante una década, de 2015 a 2025. “Cualquier entidad, por muchos tentáculos que tenga, tiene alma”, declaró a The Guardian en 2010, añadiendo que estaría “encantado” si se descubriera vida extraterrestre inteligente.

El Papa León XIV saluda al hermano jesuita Guy Consolmagno, director del Observatorio Vaticano, durante una audiencia con estudiantes de la escuela de verano del observatorio, en el Vaticano, el 16 de junio de 2025. (Foto de CNS/Vatican Media).

¿Existen en el universo otros “hijos de Dios”?

El actual director del observatorio, el padre jesuita Richard D’Souza, comparte una opinión similar. 

“Serían hijos de Dios”, dijo D’Souza refiriéndose a los seres extraterrestres en 2025. “Creo en un Creador benevolente. Él está detrás de todo”.

El padre jesuita José Funes, otro exdirector del Observatorio Vaticano, lidera el Proyecto OTHER, que reúne a científicos, teólogos y filósofos en la Universidad Católica de Córdoba, Argentina, para estudiar la posibilidad y el impacto potencial de la existencia de seres extraterrestres inteligentes.

“Así como existe una multiplicidad de criaturas en la Tierra, puede haber otros seres, incluso inteligentes, creados por Dios. Y esto no contradice la fe, porque –y es importante entenderlo–, no podemos poner límites a la libertad creativa de Dios”, afirmó en un article de 2023 publicado por el Observatorio Vaticano. 

Ni necesaria, ni excluida

“La existencia de vida inteligente en planetas distintos de la Tierra no es ni necesaria ni excluida por ningún argumento teológico. Los teólogos, como el resto de la humanidad, deben esperar y ver”.

Dans un entrevista de 2021 con Catholic News Service, el padre Funes instó a los católicos y a otros a considerar el tema desde una perspectiva académica, no desde teorías de la conspiración.

Entre las preguntas que los teólogos —incluido el célebre teólogo jesuita del siglo XX, el padre Karl Rahner— se han planteado está si la Encarnación se habría repetido en otros planetas para otras especies inteligentes. Tanto el padre Funes como el padre dominico Thomas F. O’Meara, profesor de teología jubilado de la Universidad de Notre Dame y autor de “Vast Universe: Extraterrestres and Christian Revelation”, declararon a CNS que la encarnación de Jesús fue un acontecimiento “único” que no necesariamente tendría lugar más allá de la Tierra.

Se trata de una cuestión que el apologista cristiano C.S. Lewis, autor anglicano más conocido por su serie “Las crónicas de Narnia”, exploró a través de la ficción a finales de la década de 1930 y en la década de 1940 con su “Trilogía espacial”. Los libros —”Fuera del planeta silencioso”, “Perelandra” y “Esa fuerza espantosa”— abordaban el tema de los extraterrestres, popularizado en la cultura por otros escritores como H. G. Wells, más conocido por “La guerra de los mundos”, una novela publicada por primera vez en 1898 y tristemente famosa por su adaptación radiofónica de 1938.

¿Necesitarían los seres extraterrestres la Redención?

La obra de Lewis plantea la posibilidad de que seres racionales de otros planetas puedan seguir viviendo en una relación con Dios que no se haya visto afectada por la caída y, por lo tanto, no necesiten la redención de la misma manera que los seres humanos.

La trilogía de Lewis también fue un punto de referencia en un documental de 31 minutos titulado “¿Qué deberían creer los católicos sobre los ovnis?”, del Instituto McGrath de Notre Dame. Producido por Brett Robinson, del mismo instituto, el documental reunió a varios científicos, teólogos y otros académicos para debatir sobre la pregunta que da título al mismo.

En el documental, el estudioso de Lewis, Michael Ward, señala las propias dudas de Lewis sobre si el modelo cosmológico actual podría verse desmoronado por nuevos descubrimientos. Tras señalar que la antropología cristiana ha dado cabida a otros avances científicos, como el sistema copernicano y la biología darwiniana, Ward afirmó: “No hay nada nuevo bajo el sol que no pueda integrarse en el marco existente”.

Sabiduría para lidiar con inteligencia no humana

Entre los expertos entrevistados se encuentra Diana Walsh Pasulka, profesora de estudios religiosos en la Universidad de Carolina del Norte en Wilmington y autora de «American Cosmic», publicado en 2019 por Oxford University Press, que explora el fenómeno de la creencia en la vida extraterrestre inteligente.

“Mucha gente piensa que reconocer la existencia de inteligencias no humanas cambiaría la religión, la erradicaría o la desacreditaría por completo, pero yo no lo creo en absoluto”, dijo Pasulka en el documental. “Dentro de las principales religiones existe sabiduría sobre cómo lidiar con la inteligencia no humana”.

Pasulka, católica practicante, ve una conexión entre los informes contemporáneos de fenómenos aéreos no identificados y las descripciones medievales de fenómenos celestes, y su trabajo la ha llevado a mantener correspondencia con ingenieros aeroespaciales y miembros de la Fuerza Espacial de Estados Unidos que buscan explicaciones para sus propias experiencias o investigaciones.

¿Los UAP son ángeles? ¿Demonios? ¿O algo más?

En una entrevista publicada en marzo en el periódico español ‘El País’, Pasulka dijo: “En el gobierno de Estados Unidos ahora mismo hay mucha gente que cree en los ovnis, en los fenómenos aéreos no identificados. Eso es un hecho. Usan el dinero de los contribuyentes para estudiarlo. Pero tienen diferentes interpretaciones.

“Por cierto, hay un alto porcentaje de católicos devotos en el ejército que estudian esto”, añadió. “Creen que probablemente existen diversos fenómenos. Algunos los clasificarían como causados ​​por ángeles y demonios. Y luego están los que consideran una amenaza, proveniente de una civilización extraterrestre desconocida. Solo saben que están aquí, y los tratan como una amenaza porque son militares: si hay algo en su espacio aéreo, quieren saber qué es”.

En marzo, el vicepresisdente J.D. Vance, católico, llamó la atención sobre la teoría de que los extraterrestres son ángeles caídos, diciendo en una entrevista de podcast que pensaba que los supuestos extraterrestres son demonios, y que la guerra espiritual es la explicación más fácil para los «fenómenos extranaturales».

Paul Thigpen, teólogo fallecido a principios de este año, también exploró esa posibilidad en su libro de 2022 , “Inteligencia extraterrestre y la fe católica: ¿Estamos solos en el universo con Dios y los ángeles?”. Pero concluyó que el ámbito espiritual era una explicación improbable para todos los fenómenos aéreos no identificados (FANI). Y expresó su preocupación de que el contacto humano con extraterrestres pudiera llevar a algunos a sustituir su realidad por la de Dios o a considerarlos erróneamente como una fuente de salvación.

En una fotografía de archivo, se ve a personas usando gafas de visión nocturna para observar el cielo durante una excursión para avistar objetos voladores no identificados (OVNI) en el desierto a las afueras de Sedona, Arizona. (Foto de OSV News//Mike Blake, Reuters)

“La Iglesia podría acoger este nuevo conocimiento científico”

“La Iglesia podría acoger este nuevo conocimiento científico, al igual que lo hizo con la revolución científica del siglo XVI que demostró que la Tierra no es el centro del sistema solar”, afirmó en una entrevista de 2022 con el National Catholic Register. 

“Si nos encontráramos directamente con una especie alienígena, con la posibilidad de comunicarnos, la Iglesia, por supuesto, tendría muchas preguntas sobre su condición espiritual y moral. Las respuestas a esas preguntas determinarían la respuesta de la Iglesia ante tales criaturas”.

“Al examinar las cuestiones implicadas, nos vemos obligados a profundizar mucho más en el significado de la enseñanza católica tradicional sobre la omnipotencia y la creatividad de Dios, la imagen de Dios en la humanidad, la caída del género humano, la naturaleza de la Encarnación, los medios y el alcance de la redención y la realidad de los ‘últimos tiempos’”.

Los extraterrestres no son algo imposible para los católicos, pero implican una forma diferente de pensar

El 5 de mayo, Will Rahn de The Free Press publicó un episodio de podcast titulado “Estos dos católicos ven señales de Dios en los ovnis”, en el que participaron Pasulka y el columnista de opinión del New York Times, Ross Douthat, para una serie titulada “¿Qué deberían pensar las personas inteligentes sobre los ovnis?”.

Douthat no se adhirió a ninguna teoría en particular sobre la naturaleza de la vida extraterrestre, en caso de que existiera. Sin embargo, sí reconoció la tensión que podrían sentir los católicos si se demostrara su existencia.

“La mayoría de los católicos se sienten bastante cómodos con un conjunto de categorías que son reales pero invisibles”, dijo Douthat. “Y sería un cambio, digamos, si la Iglesia dijera: ‘Por cierto, algunos de estos seres sobrenaturales pueden aparecer en las cámaras de la Fuerza Aérea’. Eso no sería imposible, pero supondría una forma diferente de pensar sobre estas cosas respecto a la que tienen la mayoría de los católicos actualmente”.

– María Wiering es la editora jefe de OSV News.

L'auteurOSV / Omnes

Vatican

Léon XIV : le chemin de l'Ascension est Jésus, la Vierge Marie et les saints

León XIV ha indicado este domingo el camino para nuestra Ascensión: Jesús, la Virgen María y los santos. Los que la Iglesia ofrece como modelo universal, y los de al lado. En el Día Mundial de las Comunicaciones Sociales, ha animado  al compromiso “con formas de comunicación que respeten la verdad humana”.

Rédaction Omnes-18 de mai de 2026-Temps de lecture : 2 minutes

En la Solemnidad de la Ascensión del Señor, que celebran muchos países este domingo, el Papa León XIV ha manifestado en el Regina caeli en la Plaza de San Pedro, que “estamos unidos a Jesús, como miembros a la cabeza, en un solo cuerpo, y su ascensión al cielo nos atrae también, junto con él, hacia la plena comunión con el Padre”. 

En este sentido, ha recordado a san Agustín, quien afirmó: ‘El hecho de que la cabeza avance constituye la esperanza de los miembros’”.

La Ascensión, pues, “no nos habla de una promesa lejana, sino de un vínculo vivo que también nos atrae hacia la gloria celestial, expandiendo y elevando nuestros horizontes incluso en esta vida y acercando cada vez más nuestra forma de pensar, sentir y actuar a la medida del corazón de Dios”, ha añadido.

“Conocemos el camino de esta ascensión”, ha subrayado el Santo Padre, mencionando a Nuestra Señor, a la Virgen y a los santos, los ya fallecidos y los que viven junto a nosotros. Así lo ha dicho:

Santos de altar, y los de ‘la puerta de al lado’

 “Lo encontramos en Jesús, en el don de su vida, en sus ejemplos y enseñanzas, así como lo vemos reflejado en la Virgen María y en los santos: aquellos a quienes la Iglesia nos ofrece como modelo universal y aquellos —como le gustaba llamarlos al Papa Francisco, ‘los de al lado’‘, con quienes compartimos nuestros días: padres, madres, abuelos, personas de todas las edades y condiciones, que con alegría y compromiso se esfuerzan sinceramente por vivir según el Evangelio”.

Con ellos, con su apoyo y gracias a sus oraciones, también nosotros podemos aprender a ascender día a día hacia el Cielo, ha subrayado, (…), “haciendo crecer, en nosotros y a nuestro alrededor, la vida divina que recibimos en el Bautismo y que constantemente nos atrae hacia arriba, hacia el Padre, y esparciendo en el mundo preciosos frutos de comunión y paz”.

Que María, Reina del Cielo, que en cada momento ilumina y guía nuestro camino, nos ayude, ha concluido su alocución antes de rezar la oración mariana del Regina caeli.

Comunicaciones Sociales: “Preservar las voces y los rostros humanos” en la IA

Después del Regina caeli, el Pontífice ha recordado que hoy,  en varios países, se celebra el Día Mundial de las Comunicaciones Sociales, “al que este año he decidido dedicar el tema ‘Preservar las voces y los rostros humanos’. 

En esta era de intelligence artificielle, el Papa ha animado “a todos a comprometerse con la promoción de formas de comunicación que siempre respeten la verdad humana, que es el principio rector de toda innovación tecnológica”.

“Cuidar la paz es cuidar la vida”

Desde hoy hasta el próximo domingo, se celebra la Semana Laudato Si', dedicada al cuidado de la creación e inspirada en la encíclica del Papa Francisco, ha señalado también el Papa.

En este Año Jubilar de San Francisco de Asís, “recordamos su mensaje de paz con Dios, con nuestros hermanos y hermanas, y con todas las criaturas. Lamentablemente, en los últimos años, debido a las guerras, el progreso en este ámbito se ha visto muy ralentizado”.

Por ello, “animo a los miembros del Movimiento Laudato Si’ y a todos aquellos que trabajan por una ecología integral a renovar su compromiso. ¡Cuidar la paz es cuidar la vida”, ha finalizado, antes de saludar a peregrinos y fieles de diversas partes del mundo, e impartir la Bendición.

L'auteurRédaction Omnes

Dossier

¿Cómo es ser esposa de un diácono permanente?

Entrevistamos a Isabel Doménech, esposa de un diácono permanente. Con gran sinceridad y sentido del humor, confiesa cómo pasó de sentir celos por el tiempo que su marido dedicaba a la Iglesia, a entender que su servicio a los enfermos es un carisma que no se puede explicar solo con palabras.

Javier García Herrería-18 de mai de 2026-Temps de lecture : 5 minutes

En algunas pocas parroquias españolas, los fieles se han acostumbrado a ver junto al sacerdote a una figura que, sin ser presbítero, participa activamente en la vida litúrgica y pastoral: el diácono permanente. Menos visible, sin embargo, es la vida que hay detrás de esa vocación cuando el diácono es un hombre casado. Porque junto a él hay una esposa, una familia, una historia compartida.

Isabel lo sabe bien. Su marido, Enrique Ten, es diácono permanente de la diócesis de Valencia desde hace catorce años. Ambos llevan más de medio siglo caminando en la Iglesia, dentro del Camino Neocatecumenal. Él tiene hoy 77 años. Y aunque la palabra “diaconado” puede sonar solemne o institucional, en su casa se vive con una mezcla muy humana de servicio, humor y una gran convicción en la importancia de su misión.

Isabel lo cuenta sin solemnidad y con una franqueza que desarma. “Mi marido ha estado siempre metidísimo en la Iglesia, ayudando en lo que le mandaban los sacerdotes y siempre muy ocupado en esto”, recuerda.

Una vocación que llegó casi por sorpresa

La idea del diaconado no surgió como un proyecto que se gestó a lo largo de muchos años. Nació de forma inesperada, durante una peregrinación a Loreto en los años 80. Allí Enrique sintió que la Virgen le llamaba a acrecentar su espíritu de servicio. Sin embargo, como el ministerio del diaconado permanente no estaba todavía instituido en la diócesis de Valencia, no supo cómo concretar esa intuición de Loreto. Además, la complejidad de su vida familiar aumentaba, crecía el número de hijos, y el pequeño, Pepe, nació con una pequeña discapacidad. En ese momento, “Enrique pensó que la Virgen le llamaba a volcarse con ese hijo necesitado, su verdadero diaconado, porque al nacer Pepe vimos las necesidades que suponía un chico con deficiencia y con necesidad de atención especial”, explica Isabel.

Sin embargo, unos años después, “un amigo suyo escolapio asistió a la primera ordenación de diáconos permanentes en Valencia y pensó inmediatamente: ‘esto sería muy bueno para Enrique, le pega todo’”, cuenta Isabel. Enrique se había olvidado del tema, pero aquella sugerencia sembró una inquietud que fue madurando lentamente. Durante un tiempo, la vocación quedó en pausa. Pero la vida siguió su curso, los hijos crecieron y la idea volvió a aparecer. Comenzó entonces un largo proceso de discernimiento y formación.

Un camino largo… y observado con espíritu crítico

Para Isabel, aquel proceso fue largo. Muy largo. “Yo decía: con tanta formación durante tantos años para mí que en la diócesis los están entreteniendo y ya está”, recuerda entre risas. Mientras Enrique acudía a sesiones de preparación y realizaba estudios de teología —que cursó con una seriedad que sorprendía a su propia esposa— ella observaba el proceso desde fuera, con su habitual sentido crítico.

“Me hacía gracia porque cuando estaba estudiando teología se ponía nervioso con los exámenes, como si fuera un chaval de la facultad”, cuenta. Algo especialmente paradójico, ya que tanto él como su mujer se habían dedicado toda la vida a dar clases en secundaria. 

Isabel explica que siempre ha sido muy franca y crítica a la hora de expresar sus opiniones. De hecho, su visión del clero nunca ha sido especialmente reverencial y, como ella misma dice: “Yo soy muy poco clerical y muy crítica”. Por eso, “soy la primera que pongo a Enrique en su sitio cada vez que hace una homilía que me ha parecido un rollo o muy larga”, afirma sin rodeos.

El consentimiento de la esposa

Cuando un hombre casado es ordenado diácono permanente, la Iglesia exige el consentimiento explícito de su esposa, pues es una decisión que afecta muy directamente al matrimonio y a toda la familia.

Isabel recuerda ese momento con naturalidad. Para ella no supuso un gran conflicto, en parte porque su marido ya vivía una intensa vida de servicio en la Iglesia desde hacía muchos años. “Yo lo viví bien porque en realidad él ya dedicaba mucho tiempo a ayudar en la parroquia y la comunidad”explique-t-il.

La ordenación, sin embargo, sí introdujo un cambio: el servicio pastoral se volvió más visible y más organizado. Y ahí apareció un sentimiento inesperado. “Sentí celos del servicio y el tiempo que Enrique dedicaba a la Iglesia”, confiesa con naturalidad. “Había domingos que él tenía que ir a ayudar a Misa y yo pensaba: bueno, ¿y a mí cuándo me dedica tiempo?”, recuerda.

Con el tiempo, sin embargo, su perspectiva cambió. Entendió que el diaconado no era simplemente una actividad más, sino un don. “Yo no había entendido nada de lo que era el diaconado, de lo que suponía la misión. Para mí es un carisma”, reflexiona hoy.

El servicio silencioso

Ese carisma se hace visible especialmente en una de las tareas que Enrique realiza con mayor fidelidad: la visita a enfermos y ancianos. Todos los martes tiene una ruta fija. Después de acudir a Misa, comienza su ronda de visitas.

Isabel ha acompañado alguna vez esas visitas cuando el enfermo es conocido del matrimonio, por lo que ha comprobado muchas veces el don que tiene su marido para tratar enfermos: “Hay personas con un deterioro cognitivo extraordinario y Enrique puede estar media hora con alguien que no sabía si le entiende o no”dit-il.

Aquello la sorprende profundamente. “A vece le he dicho, ¿cómo puedes estar media hora con esta persona que no sabes si te entiende?”. Pero para Enrique, explica, no se trata de conversación ni de eficacia. Es simplemente presencia. “Ahí percibes que el Señor les da una gracia particular, porque eso humanamente no se puede hacer”, reconoce Isabel.

La agenda semanal de Enrique está lejos de la jubilación tranquila que muchos imaginan a los 77 años. Cada día acude Misa en una iglesia cercana. Allí, aunque no esté oficialmente participando como diácono, ayuda en lo que haga falta: leyendo o distribuyendo la comunión.

“Él siempre es soldado de segunda fila”, dice su esposa. Ese estilo discreto es una de las características que más aprecia de él. Enrique insiste en que el diácono debe estar siempre detrás del sacerdote, nunca buscando protagonismo. “Siempre dice que su sitio es segunda fila, incluso cuando está en el altar”.

Además de las visitas a enfermos, Enrique preside celebraciones de la Palabra en dos comunidades jóvenes del Camino Neocatecumenal, prepara catequesis, participa en reuniones de catequistas y ayuda en su parroquia de Valencia, San Isidoro, Obispo.

Para sus hijos, el diaconado de su padre forma parte de la vida cotidiana. “Lo llevan bien”, dice Isabel. De vez en cuando, eso sí, le piden que controle la duración de sus homilías. “Abuelo, no lo hagas muy largo”, le dicen las nietas cuando celebra el bautizo de algún familiar.

La familia entera está muy vinculada a la vida de la Iglesia, algo que Isabel considera un regalo. “El tener a los hijos en la Iglesia es una gracia, es un don”dit-il.

Una esposa “poco clerical”

Isabel no se parece al estereotipo que algunos imaginan para la esposa de un diácono. Ella misma lo reconoce. “Yo no soy una esposa típica de diácono permanente”. No acompaña siempre a su marido en actos parroquiales ni se siente obligada a asumir un papel religioso público. “He visto mujeres de diáconos que iban con ellos a todo, cantaban y participaban en todo… a mí para eso no me pillan”, dice con humor.

El diaconado también trae escenas cotidianas llenas de humanidad. En casa de Isabel se lavan y planchan las albas litúrgicas. “El alba más blanca que he visto en el altar era la tuya”, le dice a veces a su marido. Después de tantos años, Isabel resume la vida de su marido con sencillez: “Su centro son la familia, la comunidad y la parroquia. Es que ya no hay más”. En esa frase cabe toda una existencia dedicada al servicio. Un servicio que no siempre se ve, pero que sostiene silenciosamente la vida de muchas comunidades cristianas.

Y junto a ese servicio, la presencia de una esposa que observa, se ríe, acompaña y sostiene desde un lugar discreto pero fundamental. Una vocación compartida, aunque vivida de maneras muy distintas. Porque detrás de cada diácono permanente, muchas veces, hay también una historia de matrimonio, paciencia y sentido del humor.

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Culture

Estambul: la antigua Constantinopla

Estambul es una ciudad de dos continentes, de distintos nombres y pueblos, con millones de historias que desbordan sus calles.

Gerardo Ferrara-18 de mai de 2026-Temps de lecture : 9 minutes

Este artículo sigue a los dedicados a Meteora y al Mont Athos, completando así el recorrido por lo que he denominado el “triángulo espiritual” greco-ortodoxo, cuyos tres vértices son: la República Monástica del Athos, los monasterios de Tesalia y, el más importante, Constantinopla, la madre, la ciudad de donde todo parte.

Es una ciudad que ha cambiado de nombre tres veces a lo largo de dos mil setecientos años.

El estrecho del Bósforo

En un principio fue Bizancio (“Byzantion”), una ciudad griega fundada por Byzas y colonos de Megara, en un promontorio triangular donde el Cuerno de Oro se une con el Bósforo.

Más tarde pasó a llamarse Constantinopla cuando, en el año 330 d. C., Constantino I decidió establecer una nueva capital para su imperio, que se desplazaba cada vez más hacia Oriente. Eligió Bizancio por su ubicación privilegiada, la mandó reconstruir a escala monumental y la rebautizó como “Nova Roma”, pero este nombre nunca cuajó entre la población: todos llamaban a la ciudad “Kostantinoupolis”, la ciudad de Constantino, y así permaneció durante más de mil años.

El nombre Estambul, por el contrario, tiene una historia particular porque, contrariamente a lo que se cree, no fue impuesto por un conquistador. De hecho, ya se utilizaba incluso antes de que la ciudad cayera en manos otomanas, en 1453. Los griegos de aquella zona, de hecho, utilizaban la expresión “is tin polin” (que en pronunciación clásica sería “eis ten polein”) para indicar el movimiento “hacia la ciudad”, el ir a la ciudad. Y la ciudad por excelencia era precisamente Constantinopla. Esa expresión, por una contracción y una modificación de la “p” en “b”, se convirtió en Istinbolin y luego en Estambul.

Mahoma II, que conquistó la ciudad entrando a caballo en Santa Sofía el 29 de mayo de 1453, siguió utilizando ese nombre, junto con “Constantinopla”.

No fue hasta el 28 de marzo de 1930 cuando el Gobierno de la recién creada República Turca de Atatürk, mediante un comunicado oficial, estableció que Estambul sería, a partir de ese momento, el único nombre de la metrópoli, que ya no era la capital.

El embarcadero

Como europeo, llegar a Estambul —o Constantinopla— atravesando Asia es algo singular, pero es otra de las particularidades de esta ciudad, que, de hecho, se encuentra a caballo entre dos continentes.

Es 2010, el viaje me llevará primero allí y luego al Monte Athos. El vuelo más barato desde Roma, sin embargo, no aterriza en el aeropuerto principal, sino en Sabiha Gökçen, en la parte asiática. Durante la aproximación, observo con asombro, sobre el mar de Mármara, un puñado de islotes con villas blancas y ocres de los ricos de Estambul que dan al agua. Luego, la pista de asfalto, el aterrizaje y una extraña sensación que me acompañará durante toda mi estancia en la Nueva Roma: la de ser extranjero, pero no del todo ajeno.

Desde el aeropuerto asiático, cojo un autobús hasta la terminal de ferris y embarco rumbo a la orilla europea. La tarde es fresca, parece que ha llovido bastante, y sobre el Bósforo sopla el viento del Mar Negro.

La orilla europea que se acerca se me muestra en todo su esplendor: mezquitas, campanarios, el laberinto de tejados de Gálata. Desde el muelle, un taxi me lleva hasta el pequeño apartamento de los frailes dominicos de Gálata, justo debajo de la torre.

De Gálata a Santa Sofía

Torre de Gálata

Gálata, conocida anteriormente como Pera, aún conserva las huellas de la colonia genovesa que dominó esta parte de la ciudad durante siglos: los frailes dominicos están presentes allí desde el siglo XIII, y la torre que se divisa desde casi cualquier punto de Estambul fue construida precisamente por los genoveses en 1348, con el nombre de Torre de Cristo. Nada más llegar, subo las escaleras, a pesar del cielo nublado: desde lo alto, la ciudad se extiende en todas direcciones, el Cuerno de Oro a un lado, el Bósforo al otro, y los minaretes que salpican el horizonte.

Al día siguiente, salgo de Gálata, cruzo el puente sobre el Cuerno de Oro y cojo el tranvía hasta Santa Sofía, que es, literalmente, indescriptible. Puede que hayas visto las fotos, leído las descripciones o conozcas su historia, pero nada se puede comparar con la sensación de tenerla ante ti en una templada mañana de junio, con sus colores claros y la imponencia de su estructura.

Al entrar, lo que más impresiona es la cúpula, suspendida a cincuenta y cinco metros del suelo y sostenida por cuarenta ventanas; se trata de la obra maestra de ingeniería y teología del emperador Justiniano I, construida entre los años 532 y 537 por los matemáticos Isidoro de Mileto y Antemio de Tralles. Se cuenta que Justiniano, en la inauguración, exclamó: “Salomón, te he superado”.

El reto era enorme: nadie había construido jamás una cúpula similar sobre una base cuadrangular en lugar de circular. El punto de referencia era el Panteón de Roma, terminado por Adriano en el siglo II, con sus 43 metros de diámetro: una estructura que mantuvo el récord durante casi mil años. En Santa Sofía, la cúpula es más pequeña, pero descansa sobre cuatro pilares en lugar de sobre una pared circular continua, lo que la hace más audaz desde el punto de vista de la ingeniería.

El primer intento fracasó: la cúpula se derrumbó en el año 558, veinte años después de su inauguración, y fue reconstruida por el sobrino de uno de los diseñadores originales, seis metros más alta y con el peso mejor distribuido a lo largo de las paredes. La que vemos hoy es la segunda. Y se mantiene en pie desde hace mil cuatrocientos años (aunque es más pequeña que la del Panteón, que solo Brunelleschi logró superar con la cúpula de Santa Maria del Fiore, en Florencia, en 1436).

El ambiente en el interior es de solemnidad y asombro. Uno se siente pequeño entre los mosaicos cristianos que emergen junto a los grandes medallones de caligrafía árabe con los nombres de Alá y de los califas, añadidos tras la conquista otomana de 1453. En la planta superior, me quedo embelesado ante la Deesis, el mosaico del Cristo entronizado entre la Virgen y Juan el Bautista, del siglo XIII. Y el rostro de Cristo, consumido por el tiempo, te mira con esa expresión de «”mperturbabilidad” que explica visualmente la inscripción en griego “O ΩN” (o on, “el que es”), como diciendo “siempre he estado aquí y siempre estaré”.

Interior de Santa Sofía

La Mezquita Azul y el descanso sobre la alfombra

Tras la larga visita a Santa Sofía y un pequeño refrigerio a base de sirope de cereza amarga, recorro el barrio de Sültanhamet, el centro histórico de la ciudad, bajando hasta las ruinas del gran hipódromo construido por Septimio Severo en el año 203 d. C. y ampliado por Constantino. Hoy es una plaza con un obelisco egipcio en el centro: casi nada de lo que fue. Lo que más me impresiona es saber que los famosos Caballos de San Marcos de Venecia se encontraban aquí, en la torre de salida de las carreras, hasta 1204, cuando los soldados de la Cuarta Cruzada saquearon la ciudad y se los llevaron. Y fue también aquí, en el año 532, donde Justiniano mandó masacrar a treinta y cinco mil rebeldes que habían devastado la capital y quemado la primera basílica de Santa Sofía, posteriormente reconstruida en su forma actual.

Interior de la Mezquita Azul

¡Después de comer, a descansar! Pero no en una cama, sino sobre la gran alfombra de la mezquita, construida entre 1609 y 1616, a pocos pasos de Santa Sofía: seis minaretes, cincuenta mil azulejos de Iznik azules y azulados, una luz que entra por doscientas sesenta ventanas y que no ilumina, sino que suaviza cada superficie. Y aquí se respira paz de verdad. Me siento en la zona lateral, con la espalda apoyada en la pared y a poca distancia de algunos hombres postrados en oración y de otros sentados en pequeños grupos, conversando en voz baja. La mezquita, al igual que la sinagoga, no es un templo en el sentido estricto del término, un lugar donde habita lo sagrado. De hecho, en árabe,”masjid” significa “lugar donde uno se sienta”, y sinagoga en griego, al igual que “bet ha-kneset” en hebreo, significa “casa de reunión”.

Por las calles de Constantinopla

Escultura de la cabeza de Medusa en la Cisterna Basílica (la imagen está dada la vuelta para poder apreciar la escultura)

Durante los días siguientes recorro la ciudad palmo a palmo, entre Europa y Asia, a pie, en metro, en barco, en tranvía: bajo tierra, en la Cisterna Basílica, donde las trescientas treinta y seis columnas de mármol sostienen una bóveda en medio del silencio y el goteo del agua, con dos cabezas de Medusa que sirven de base a otras tantas columnas que miran de reojo; en la superficie, donde el Palacio de Topkapi, con su Puerta Sublime, se extiende sobre un promontorio entre el Cuerno de Oro y el Bósforo como un laberinto de patios y pabellones, con el harén revestido de azulejos azules.

Entre las cosas que más me impresionan están la iglesia de San Salvador en Chora, con sus magníficos mosaicos del siglo XIV sobre la vida de la Virgen y la infancia de Cristo, y los famosos baños de Sinan, con sus bóvedas salpicadas de óculos que filtran la luz como estrellas mientras un hombre corpulento y musculoso te enjabona enérgicamente la espalda.

Cristo Pantocrátor en una iglesia de Estambul

Una noche, en las callejuelas de Gálata, ceno en un pequeño restaurante georgiano: dentro, la dueña, cantante y pianista, interpreta canciones del Cáucaso en un ambiente que parece un salón privado, y su marido sirve las mesas entre una canción y otra. Aquí pruebo por primera vez los khinkali, unos raviolis rellenos de carne y caldo.

En Fanar, el barrio de la linterna, el Patriarcado Ecuménico de Constantinopla sobrevive con no pocas dificultades en un pequeño complejo situado alrededor de la iglesia de San Jorge, de 1720. ¡Aquí me encuentro por casualidad con el patriarca Bartolomé I, a quien confundo con un conserje mientras le pido información! Se detiene a charlar conmigo primero en inglés y luego, al descubrir que soy italiano, en mi idioma. Solo después descubro de quién se trata, cuando una mujer a la entrada de la iglesia me mira con la expresión de quien acaba de presenciar algo divertido: “¿sabes quién era?”. No lo sabía.

Las tardes las paso en los tejados de Gálata, en una terraza desde la que se ven las luces encenderse una a una hacia el Cuerno de Oro mientras el cielo cambia de color. Un día, incluso me topé, en un callejón del Gran Bazar, con algunos miembros de la comunidad judía sefardí, con quienes intercambiamos unas palabras en español (yo en español, ellos en judeoespañol), tras la travesía que nos lleva, en Asia, hasta el último asentamiento Arménien de la ciudad.

Interior del Gran Bazar de Estambul

La última tarde, antes de subir al tren hacia Salónica, me quedo un rato en el puente de Gálata. Los pescadores están alineados con las cañas en el agua y el sol se pone sobre la ciudad, tiñendo de rojo los minaretes.

El puente es una larga pasarela de dos pisos sobre las tranquilas aguas. El aire huele a mar y la ciudad resplandece de luz y colores. Unos chicos en bañador se zambullen en el mar, mientras una marea de gente llega desde la plaza de la Mezquita Nueva tras la oración. En las aceras, los vendedores de pescado al horno invitan a probar un poco.

Y aquí, en medio del bullicio de gaviotas y gente, bajo el sol rojo fuego que desciende perezosamente sobre el Cuerno de Oro, me asomo a la barandilla y veo a un anciano solitario, con un fez rojo con un lazo de seda negra en la cabeza, y en el rostro una extraña mezcla de felicidad y melancolía. Parece que todos los estados de ánimo se funden en su rostro oscuro y arrugado en una única expresión, un poco como la que tienen todos los ancianos después de haber visto tantas, demasiadas cosas en la vida, ya sean feas, de las que no quieren volver a recordar, o bellas, a las que, por el contrario, intentan aferrarse con todas sus fuerzas para no olvidarlas.

Al igual que Estambul, la ciudad de los dos continentes y de los distintos nombres, de los distintos pueblos y de los millones de historias que desbordan sus calles.

Famille

Pédaler avec foi : le petit Rodri reçoit un nouveau vélo et donne une leçon de joie

Entrevista con los padres de Rodri, un niño que padece una enfermedad rara llamada ADNP (o Síndrome de Helsmoortel-Van der Aa). Es un trastorno genético del neurodesarrollo. En el caso de Rodri, esta dolencia se manifiesta, a grandes rasgos, en que no habla ni anda.

Álvaro Gil Ruiz-17 de mai de 2026-Temps de lecture : 8 minutes

Rodri es un niño que padece una enfermedad rara llamada ADNP (o Síndrome de Helsmoortel-Van der Aa). Es un trastorno genético del neurodesarrollo causado por mutaciones en el gen ADNP. En el caso de Rodri, que va a cumplir los seis años, esta dolencia se manifiesta, a grandes rasgos, en que no habla ni anda. Eso no le impide ser el centro de atención de su familia ya que, de una manera inexplicable, se hace querer de una manera inigualable. ¿Cómo es posible que sea tan feliz y que irradie tanta alegría? ¿Qué le “dan” sus padres para que manifieste con sus gestos, sonrisas y palmadas esa gran felicidad? Merece una explicación…

Dicen que detrás de un gran hombre hay una gran mujer. Trasladando esta realidad al caso de Rodri dicen sus padres que es él así, un niño alegre y disfrutón, que ellos no han hecho nada. Pero eso está por demostrar. Ya que Juan y María, son un testimonio vivo de fe y esperanza continua. Detrás de ellos, hay dos historias de testimonio cristiano, dignas de darse a conocer. Y eso es lo que vamos a hacer en esta entrevista, unos días después de la Première communion de su otro hijo, Íñigo. Coincide en el tiempo con la llegada de una bici especial para Rodri, gracias a un “crowdfunding”, que les permite irse en familia al campo.

Juan, usted es converso, gracias a Dios y al Cenáculo, y da testimonio público de su fe, basta buscar en youtube ¿Cómo ha llegado hasta aquí? ¿Qué es el Cenáculo?

– He llegado hasta este punto gracias al Cenáculo, porque antes mi vida era un desastre completo y ya no daba un duro por ella. Llegar al Cenáculo, que es una comunidad cristiana fundada por Madre Elvira, supuso dejar que la gracia de Dios entrara en mi corazón.

Allí pude descubrir que Dios existe de verdad, casi como tocarlo, porque es una communauté que vive de la providencia. No hay ningún interés económico ni ánimo de lucro, y eso hace que uno vea que todo se hace voluntariamente y sin pedir nada a cambio.

Lo único que se nos pide es esa poca voluntad que nos quede para ponernos en camino. Allí encontré a Dios, a la Virgen María y también a mucha gente maravillosa. Siempre digo que algunos de los mejores seres humanos que he conocido son exdrogadictos cuando dejan salir su mejor versión.

Además, esta comunidad me permite seguir colaborando para ayudar a otros chicos, y eso me hace muchísimo bien.

María, usted en cambio era la rebelde de una familia, y con el tiempo ha conocido su vocación al Opus Dei. ¿Cuál es su historia? ¿Cómo han influido sus padres y amigos?

– Mis padres hicieron conmigo lo mismo que ahora intentamos hacer con nuestros hijos: enseñar, con mucho cariño, lo que es mejor para cualquier persona, que es tener a Dios en el corazón y vivir de cara a Él.

Intentaron ser ejemplo con sus palabras, con sus actos y con su manera de vivir. Todo lo bueno que hoy tengo es fruto de la semilla que plantaron ellos y también muchas personas con las que me he relacionado y que me han ayudado a crecer.

Ahora nosotros intentamos plantar esa misma semilla en nuestros hijos, y después dejar que sea lo que Dios quiera con la libertad que nos regala.

Ahora hablemos de su encuentro, ¿Cómo se conocieron? ¿Cómo nació “lo suyo»?

- [Juan]: Curiosamente, el Espíritu Santo siempre tiene reservada la última palabra.

Cuando salí del Cenáculo pensaba en formar una familia. Conocí a varias chicas y salimos un tiempo, pero me daba cuenta de que no éramos el uno para el otro. Llegó un momento en que pensé: “Bueno, quizá el Señor me quiere así, libre para ayudar a otros y sin formar una familia”.

Entonces un amigo nuestro, sin conocernos todavía María y yo, pensó que podríamos hacer buena pareja. Me dijo: “Te voy a presentar a la mujer de tu vida”. Y yo le pregunté si había tenido una aparición o algo parecido.

La verdad es que no quería una cita a ciegas, pero como era una quedada en la basílica de San Isidro en Madrid, pensé: “Bueno, la conozco y ya está”.

Pero cuando la vi, además de su belleza, me impresionó muchísimo su fe. Sentí algo distinto y volví a tener esperanza de poder formar una familia.

Empezamos a escribirnos por WhatsApp, luego a quedar todos los días. Lo primero que hacíamos era ir a Misa y después nos íbamos a tomar algo y a conocernos mejor. Y así comenzó todo.

¿Cómo fueron sus primeros años de matrimonio? ¿Cómo fue la llegada de Íñigo al mundo -que acaba de hacer su Primera Comunión-? 

- [María]: Los primeros años de matrimonio no fueron fáciles, porque éramos dos personas que ya tenían cierta edad, fuerte personalidad y muchas costumbres diferentes. Eran dos mundos distintos que tenían que unirse en uno solo.

Con la ayuda de Dios hemos ido alcanzando esa comunión en la que uno complementa al otro y le ayuda en sus defectos. Hemos recurrido a cursos para matrimonios, a la oración y al acompañamiento espiritual. Poco a poco hemos encontrado el equilibrio.

Cada día le pedimos a Dios ayuda para continuar con nuestra gran responsabilidad: llevar a nuestros hijos al Cielo.

Ahora hemos vivido un momento muy importante con la Primera Comunión de Íñigo y sentimos que vamos por buen camino.

- [Juan]: La llegada de Íñigo fue la mayor alegría de nuestra vida. Yo ya no pensaba que, con la edad que tenía y la vida que había llevado, pudiera llegar a tener un hijo.

Y de repente llegó él: tan bueno, tan alegre y tan cariñoso. Me ha enseñado muchísimo. A veces pienso que Dios nos habla a través de él.

Tiene la infancia bonita que quizá yo no pude tener, y de alguna manera eso sana también mi propia infancia. Su amor hacia nosotros es completamente puro y desinteresado, y eso llena el corazón de una forma que nunca antes había sentido.

Pero en un momento de su vida, empezó a haber “curvas” y se puso emocionante. Para empezar… ¿Cómo fue el “jarro de agua” fría cuando les dijeron cómo venía Rodri? 

- [María]: Cuando Rodrigo tenía unos dos meses empezamos a notar que algo no iba bien. Fueron amigos y personas cercanas quienes nos dieron las primeras pistas. Le faltaba tono muscular para sujetar la cabeza y tampoco fijaba bien la mirada.

Con el tiempo descubrimos que cualquier pequeño avance para Rodrigo requería muchísimo más esfuerzo que para otros niños.

Tuvimos que asumir que su desarrollo no seguiría el ritmo habitual y que su futuro sería siempre una gran incógnita para nosotros.

Ahora tiene seis años. Todavía no habla y aunque empieza a caminar con apoyos, aún no lo hace con seguridad.

Al principio lo vivimos con mucho dolor. Pero con el tiempo hemos descubierto que este camino, aunque nunca es fácil, está lleno de amor y de sentido.

Los hermanos Íñigo y Rodrigo

Dicen que Rodri vino con un pan debajo del brazo. ¿Es así?

- [Juan]: Al principio todo era incertidumbre. Rodrigo respiraba muy mal y pasamos años entrando y saliendo del hospital porque no tenía suficiente oxígeno en sangre.

Vivimos momentos muy duros, incluida una operación delicada. Pero también vimos muchísima gracia de Dios en medio de todo eso.

Después de un viaje a Medjugorje, empezó a fijarnos mucho más la mirada. Para mí eso fue una señal clarísima de la presencia de la Virgen.

Y sí, decimos que vino con un pan debajo del brazo porque gracias a él pudimos encontrar una casa adaptada a sus necesidades, con jardín y espacio para vivir en paz.

Antes la situación era insostenible porque Rodrigo es muy sonoro y por las noches a veces golpeaba cosas y molestábamos muchísimo a los vecinos. Ahora vivimos tranquilos. 

Además, en uno de los momentos psicológicamente más difíciles de mi vida, mis hijos han sido lo que me ha sacado de la “cueva”. Estoy atravesando una crisis muy fuerte que ha removido heridas profundas de mi infancia y de mi pasado. Pero cuando vuelvo a casa y Rodrigo o Íñigo me abrazan, todo cambia.

Rodrigo no necesita hablar. Con la mirada lo dice todo. Su amor puro me obliga a salir de mí mismo y a seguir luchando.

Y también tengo claro algo: no recaigo en la droga por ellos. Ellos me dan la fuerza para seguir adelante.

¿Qué aprendió de madre Elvira, Juan? ¿Qué vivencias del cenáculo le hicieron cambiar? ¿Qué transmite en su entorno de esta espiritualidad? 

– Madre Elvira entregó su vida completamente por nosotros. Nos enseñó una vida basada en la oración constante, el Evangelio, el rosario y la amistad.

En el Cenáculo se reza por la mañana, al mediodía y por la tarde. También se comparte cada día cómo Dios ha tocado el corazón de cada uno.

Ella decía que los chicos que realmente cambiaban eran los que hacían adoración nocturna. Eso me marcó muchísimo.

Y hoy intento transmitir esperanza a otros chicos. Muchos hablan conmigo y descubren que todavía pueden cambiar de vida. Ver eso sigue sorprendiéndome cada día.

María, usted que pasa tantas horas con Rodri, y que tiene una gran creatividad ¿cómo se le ocurrió el “crowdfunding» de la bici?

- A nosotros nos encanta salir al campo, pasear y montar en bici. Pero muchas veces me daba pena no poder llevar a Rodrigo con nosotros.

Por eso empecé a pensar en conseguir una bicicleta adaptada para él. Me daba miedo hacer un “crowdfunding”, pero un día decidimos grabar un vídeo y lanzarlo.

Y para nuestra sorpresa, en apenas 24 horas habíamos reunido casi todo el dinero.

La generosidad de la gente ha sido impresionante. Muchísimas personas colaboraron, incluso gente que no conocemos.

Encontramos finalmente una bici estupenda que permitirá llevar a Rodrigo detrás, tanto a Juan como a mí o incluso a su hermano Íñigo.

Estamos deseando estrenarla.

María, ¿cómo hace para compatibilizar el cuidado de Rodri con sacar adelante proyectos solidarios? 

- Gracias a la prestación por cuidado de hijo con enfermedad grave puedo dedicar mucho tiempo a mis hijos y también desarrollar mi creatividad.

Soy diseñadora gráfica y web, pero desde que nació Rodrigo no puedo ir a trabajar. El “mono” creativo lo combato con mi pequeño proyecto artístico llamado @leonypio.

Además, Juan y yo hacemos muy buen equipo. Entre los dos conseguimos sacar adelante todo lo que nos proponemos.

También han querido transmitir un mensaje importante sobre la discapacidad y la vida.

- [María]: Sí. A veces hay personas que tienen miedo ante la posibilidad de tener un hijo con problemas.

Yo siempre había pensado que me gustaría cuidar a alguien así, aunque luego vivirlo realmente no es fácil. Pero puedo decir que Rodrigo ha venido verdaderamente con un pan debajo del brazo. Hemos recibido un enorme apoyo humano de grandes profesionales, ayudas, becas, apoyo de la fundación “RUN FOR SMILES” y un colegio público maravilloso.

Dios provee. Cuando llega un niño con necesidades especiales, también llegan los medios necesarios para poder cuidarlo.

Juan, ¿cómo es su vida de fe y esperanza en familia? ¿Cómo la transmiten a sus amigos y familiares?

- [Juan]: Nuestra vida de fe es muy sencilla y muy real. A veces conseguimos rezar juntos el rosario y otras veces no, porque con los niños no es fácil.

Intentamos santificarnos sobre todo en las tareas pequeñas del día a día: preparar desayunos, cuidar de los niños, acompañarnos mutuamente.

Participamos en Misa, retiros, convivencias y grupos cristianos. También seguimos muy unidos al Cenáculo.

Además tenemos amistades creyentes y no creyentes, y compartimos la vida con todos ellos.

¿Qué le dicen a las familias que reciben la noticia de que sus hijos vienen con necesidades especiales? 

- [María]: Yo les diría que esos niños son especiales, sí, pero sobre todo son un regalo.

Para nosotros Rodrigo es un ángel que Dios nos ha confiado para cuidarlo, pero él también cuida de nosotros.

Su sonrisa, sus abrazos, sus risas por cosas pequeñas… todo eso transforma completamente la vida.

- [Juan]: Rodrigo nos enseña a vivir el presente y a olvidarnos de muchas preocupaciones absurdas.

Le encanta la música, se ríe muchísimo, disfruta del sonido de los pájaros, de estar con nosotros. Da unos abrazos de oso sanadores.

Y además vemos cómo su hermano Íñigo le quiere de una manera impresionante.

Una vez María le dijo a Íñigo que en el Cielo Rodrigo podría hablar y correr. Y él respondió que quería que Rodrigo siguiera siendo igual que ahora. Eso dice muchísimo del amor que existe entre ellos.

¿Les haría ilusión ser recibidos por León XIV, en su posible encuentro con los enfermos, en su visita a España?

- [Juan]: Nos haría muchísima ilusión. Además, nuestro hijo mayor se llama Íñigo León, y cuando eligieron al Papa León XIV sentimos algo muy especial.

Nos encantaría poder conocerlo como familia.

Y también queremos aprovechar para ofrecer nuestra ayuda a otras familias: a quienes tienen hijos con necesidades especiales y necesitan orientación, o a quienes tienen un hijo atrapado en las drogas y no saben qué hacer*.

A nosotros nos ayudaron gratuitamente y queremos hacer lo mismo.

Para terminar, ¿con qué les gustaría quedarse de todo lo vivido?

- [Juan]: Damos gracias a Dios por nuestro matrimonio, por nuestros hijos y también por las dificultades.

No le pedimos a Dios que nos quite las cruces, sino que nos dé fuerza para superarlas.

Y ofrecemos todo lo que vivimos para que muchas almas puedan acercarse al cielo.


*Teléfonos de contacto: Juan 680 82 39 00 y María: 654 24 89 98

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Prêtre SOS

¿Decaerán las redes sociales? 

Las redes sociales viven una transformación con algunos aspectos preocupantes. El desafío para los cristianos es buscar autenticidad y el encuentro real sobre la simple conexión digital.

José Luis Pascual-17 de mai de 2026-Temps de lecture : 3 minutes

En los últimos años se repite una pregunta con insistencia: ¿están las redes sociales en declive? Las controversias en torno a Facebook, los giros estratégicos de X (antes Twitter) o la volatilidad de TikTok parecen apuntar a un desgaste estructural. Sin embargo, un análisis más riguroso sugiere que no asistimos a una desaparición del fenómeno social en línea, sino a una transformación profunda de su morfología y de su lógica interna. No se extingue la sociabilidad digital; se reconfigura su intensidad, su arquitectura y su significado cultural.

Durante la primera década del siglo XXI, las redes se presentaron como la nueva “plaza pública” global. Prometían interconexión planetaria, democratización de la palabra y comunidades sin fronteras. En buena medida lo lograron. No obstante, con el paso del tiempo emergieron efectos colaterales: polarización discursiva, simplificación argumentativa, desinformación sistémica, hipertrofia publicitaria y una progresiva mercantilización de la atención. El usuario dejó de ser únicamente sujeto comunicador para convertirse también en objeto de explotación algorítmica.

Hoy observamos síntomas claros de fatiga digital. Se publica menos y se consume más; disminuye la conversación reflexiva y aumenta la reacción impulsiva. La arquitectura algorítmica prioriza el contenido emocionalmente intenso —indignación, miedo, euforia— porque maximiza métricas de permanencia e interacción. Esta lógica es técnicamente eficiente, pero antropológicamente empobrecedora. La comunicación se acelera; la comunión, en cambio, se debilita. 

Metamorfosis digital

Hablar de decadencia absoluta sería impreciso. Lo que se erosiona es el modelo masivo y generalista. Paralelamente, crecen dinámicas más segmentadas: grupos cerrados de mensajería, comunidades temáticas, plataformas de suscripción donde se valora la especialización y el contenido elaborado. Se transita de la plaza abierta al espacio delimitado; del grito colectivo al intercambio más cualificado.

A este escenario se suma la irrupción de la inteligencia artificial generativa. La producción automatizada de textos, imágenes y vídeos multiplica exponencialmente el volumen de contenidos disponibles. Paradójicamente, cuanto mayor es la abundancia digital, más escasa se vuelve la experiencia de lo genuinamente humano. La cuestión decisiva ya no es solo qué se comunica, sino quién comunica y desde qué verdad interior. En un entorno saturado de estímulos, la autenticidad adquiere un valor diferencial.

Desde una perspectiva cristiana, este proceso ofrece luces y sombras. Las redes han posibilitado la difusión del Evangelio, el acompañamiento espiritual a distancia y la continuidad pastoral en contextos críticos —como se evidenció durante la pandemia—. Han ampliado el alcance formativo y catequético de la Iglesia. Sería intelectualmente deshonesto ignorar estos frutos.

Discernimiento cristiano

Sin embargo, la lógica de la inmediatez puede tensionar la pedagogía de la fe, que requiere tiempo, silencio y maduración interior. El riesgo no es únicamente la distracción, sino la fragmentación del yo. Cuando la identidad se construye sobre la aprobación digital, el corazón queda expuesto a una dependencia sutil. El Evangelio propone otra lógica: “Tu Padre, que ve en lo secreto…” (Mt 6, 6). La interioridad precede a la visibilidad.

Quizá la cuestión no sea si las redes decaerán, sino qué tipo de presencia deseamos cultivar mientras existan —y en las formas que las sucedan—. La Iglesia no está llamada a replicar sin discernimiento la dinámica del mercado digital, sino a humanizarla desde dentro. Ello exige criterio: saber cuándo hablar y cuándo callar; cuándo publicar y cuándo privilegiar el acompañamiento personal; cuándo utilizar el medio y cuándo optar por el encuentro directo.

Las redes sociales no están muriendo; atraviesan una fase de maduración crítica tras un entusiasmo inicial quizá ingenuo. Como toda herramienta cultural, pueden favorecer el aislamiento o la comunión. El desafío para el creyente no es predecir su futuro, sino habitar el presente digital con conciencia, prudencia y caridad.

En medio del ruido tecnológico, redescubrimos una verdad permanente: ninguna plataforma sustituye el encuentro real, la mirada directa, la palabra pronunciada sin filtros. Las redes pueden conectar dispositivos; solo el amor construye comunidad.

Vatican

Léon XIV se rendra en France en septembre.

Esta visita será la primera vez que un Papa viaje a Francia en una visita oficial de Estado desde que el Papa Benedicto XVI viajara a París y Lourdes en 2008.

OSV / Omnes-16 de mai de 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Vatican News, OSV News

El Papa León XIV tiene previsto realizar un viaje apostólico a Francia del 25 al 28 de septiembre de este año, según un anuncio del director de la Oficina de Prensa de la Santa Sede, Matteo Bruni.

El viaje surge como respuesta a las invitaciones formuladas por el jefe de Estado francés, las autoridades eclesiásticas del país y el director general de la Organización de las Naciones Unidas para la Educación, la Ciencia y la Cultura (UNESCO), según señaló el comunicado de prensa.

Durante su viaje apostólico, el Papa León visitará la sede de la UNESCO.

Reacciones en el país galo

«León XIV viene a Francia: ¡es una gran alegría, pero también una gran responsabilidad!», declaró el cardenal Jean-Marc Aveline de Marsella, presidente de la Conferencia Episcopal Francesa, en un comunicado del 16 de mayo. El cardenal señaló que el Papa está particularmente interesado en la situación de la Iglesia en Francia, tanto en sus desafíos como en sus oportunidades misioneras. La Conferencia Episcopal Francesa también ha creado un sitio web para compartir detalles sobre el viaje del Papa.

La conferencia episcopal francesa había confirmado en un comunicado de prensa del 6 de mayo que se esperaba un viaje en septiembre, pero no facilitó fechas exactas.

Lourdes

Durante la visita, los obispos franceses sugirieron que el Papa León viajara a París y al Santuario Mariano de Nuestra Señora de Lourdes. A fecha de 6 de mayo, los preparativos logísticos para la visita del Papa estaban muy avanzados en Lourdes. 

«Hemos elaborado un programa preliminar con la presidencia de la conferencia episcopal y con la archidiócesis de París», declaró a OSV News a principios de mayo el obispo Jean-Marc Micas de Tarbes y Lourdes. «Está previsto que el Papa celebre una misa solemne en el césped del santuario y presida la procesión con antorchas por la noche, antes de pasar la noche allí, aunque estamos a la espera de la confirmación del Vaticano».

«Los 320 empleados del Santuario de Lourdes están encantados con esta perspectiva», añadió el obispo Micas. «Pero ahora necesitamos formar equipos más grandes para gestionar un evento de esta envergadura y seguir acogiendo a los peregrinos y a los enfermos que vendrán en esas fechas. Debemos animar a la gente a que venga, sin dejarse intimidar por las medidas de seguridad», dijo, y añadió con emoción: «¡Será una gran celebración!».

Paris

En París, se espera que el Papa visite la catedral de Notre Dame, así como el Collège des Bernardins, aunque todavía no hay nada confirmado oficialmente. 

Situado cerca de Notre Dame, el Collège des Bernardins es un antiguo colegio cisterciense de la histórica Universidad de París, que data del siglo XIII y que la Archidiócesis de París ha renovado para que sirva como sede de encuentros intelectuales y culturales de alto nivel. Durante su viaje apostólico a Francia en 2008, con motivo del 150 aniversario de las apariciones de Lourdes, el Papa Benedicto XIV visitó el Collège para pronunciar un discurso ante personalidades del mundo de la cultura y líderes políticos.

L'UNESCO

El anuncio del Vaticano del 16 de mayo señalaba que el Papa visitaría la sede de la L'UNESCO, organismo de las Naciones Unidas creado en la década de 1940 para promover la colaboración en la reconstrucción de la educación, la ciencia y la cultura en Europa tras la Segunda Guerra Mundial. A medida que las Naciones Unidas aumentaron su número de miembros, sus actividades se ampliaron para facilitar y complementar los esfuerzos nacionales de los Estados miembros para erradicar el analfabetismo y la pobreza, abordar el subdesarrollo y proteger el patrimonio natural y cultural de los países. 

Las visitas de Francisco a Francia

León XIV y el presidente francés Emmanuel Macron se reunieron el 10 de abril por primera vez desde la elección del pontífice a la Sede de Pedro. 

Sin embargo, no fue la primera audiencia papal del presidente. Desde su elección en 2017, el presidente Macron ha realizado varias visitas al Vaticano, donde fue recibido por el papa Francisco en 2018, 2021 y 2022. Ambos se reunieron nuevamente en conversaciones privadas en Marsella en septiembre de 2023, en la cumbre del G7 en Borgo Egnazia en junio de 2024 y, posteriormente, en diciembre de 2024 en Ajaccio, Francia.

La visita del Papa en septiembre tendrá lugar justo antes del inicio de la campaña electoral para las elecciones presidenciales de la primavera de 2027, que pondrán fin a los dos mandatos consecutivos de cinco años de Emmanuel Macron como presidente de la república.

El Papa Francisco realizó tres viajes apostólicos a Francia: a Estrasburgo en 2014, a Marsella en 2023 y a Córcega en diciembre de 2024, para ocasiones específicas y por un breve periodo. Sin embargo, el difunto pontífice nunca realizó una visita de Estado oficial al país. 

L'auteurOSV / Omnes

Vatican

Le pape approuve la création d'une commission interdicastérielle sur l'IA

El rescripto fue firmado por el Cardenal Michael Czerny, prefecto del Dicasterio para el Servicio del Desarrollo Humano Integral.

OSV / Omnes-16 de mai de 2026-Temps de lecture : 2 minutes

Por Isabella H. de Carvalho, OSV Noticias

El Papa aprobó la creación del organismo interdicasterial tras una audiencia con el Cardenal Czerny el 3 de mayo. El Dicasterio para el Servicio del Desarrollo Humano Integral coordinará el trabajo de la Comisión durante el primer año.

El Papa aprobó la creación de la comisión teniendo en cuenta «el desarrollo en las últimas décadas del fenómeno de la Inteligencia Artificial y las recientes aceleraciones en su uso generalizado; sus posibles efectos en los seres humanos y en la humanidad en su conjunto; la preocupación de la Iglesia por la dignidad de toda persona humana, especialmente en relación con su desarrollo integral», según consta en el documento, fechado el 12 de mayo.

Dicasterios implicados

El rescripto explicaba que la Comisión está integrada por representantes de siete órganos del Vaticano: el Dicasterio para el Servicio del Desarrollo Humano Integral, el Dicasterio para la Doctrina de la Fe, el Dicasterio para la Cultura y la Educación, el Dicasterio para la Comunicación, la Academia Pontificia para la Vida, la Academia Pontificia de las Ciencias y la Academia Pontificia de las Ciencias Sociales.

Cada una de estas instituciones se encargará de coordinar la comisión por turnos de un año, que podrán ser renovados. Posteriormente, el Papa decidirá el siguiente organismo que dirigirá los trabajos de la comisión.

El texto explica que «es responsabilidad de la institución coordinadora facilitar la colaboración y el intercambio de información entre los miembros del grupo en relación con las actividades y los proyectos relacionados con la Inteligencia Artificial, incluidas las políticas sobre su uso dentro de la Santa Sede, al tiempo que se promueve el diálogo, la comunión y la participación».

El cardenal Czerny creó este organismo de acuerdo con el artículo 28 de la Constitución Apostólica Praedicate Evangelium, según el cual el superior de un dicasterio puede crear una comisión interdicasterial especial para tratar asuntos que afectan a las responsabilidades de varios dicasterios y que requieren «consulta mutua y frecuente».

Magisterio reciente

Esta no es la primera vez que los dicasterios se unen para abordar este tema. En enero de 2025, el Dicasterio para la Doctrina de la Fe y el Dicasterio para la Cultura y la Educación publicaron la nota doctrinal «Antiqua et Nova» («Antiguo y Nuevo») sobre la relación entre la inteligencia artificial y la inteligencia humana.

Además, este tema ha estado presente a lo largo del pontificado del Papa León XIV, ya que a menudo ha hablado sobre la inteligencia artificial y otros avances tecnológicos, así como sobre los desafíos que pueden plantear a nuestra sociedad.

Ya el 10 de mayo de 2025, pocos días después de su elección, en una reunión con los cardenales, el Papa explicó que su elección de nombre papal estaba inspirada en el Papa León XIII, quien abordó los problemas derivados de la revolución industrial en su encíclica «Rerum Novarum».

A continuación, destacó que «en nuestros días, la Iglesia ofrece a todos el tesoro de su doctrina social en respuesta a otra revolución industrial y a los avances en el campo de la inteligencia artificial, que plantean nuevos desafíos para la defensa de la dignidad humana, la justicia y el trabajo».

L'auteurOSV / Omnes

États-Unis

Los obispos de EEUU explican a qué dedican el dinero que invierten en medios de comunicación

Según las encuestas aproximadamente la mitad de los católicos estadounidenses leen el periódico o la revista de su diócesis.

OSV / Omnes-16 de mai de 2026-Temps de lecture : 2 minutes

OSV News / OMNES

“Al contribuir a la Campaña de Comunicación Católica, usted da visibilidad a la labor de la Iglesia y ayuda a la Iglesia a llevar la luz de Cristo a todos”, dijo el obispo Byrne de Springfield, presidente del Comité de Comunicaciones de la Conferencia de Obispos Católicos de Estados Unidos (USCCB).

El obispo compartió sus reflexiones en un comunicado para anunciar la colecta de este año, que tendrá lugar en muchas diócesis el fin de semana del 16 y 17 de mayo.

Finalidad de las donaciones

Los donativos se dividen equitativamente entre los esfuerzos de comunicación diocesanos locales y nacionales.

Los donativos financian las lecturas diarias de la Misa, que incluyen recursos de audio y video; la transmisión en vivo de las asambleas anuales de otoño y primavera de los obispos, en las que se discuten las prioridades de la misión de la Iglesia; y el contenido de las redes sociales de la USCCB, que «llega a cientos de millones de usuarios cada año».

Los fondos recaudados también apoyan la oficina en Roma de Catholic News Service, el servicio de noticias oficial de los obispos estadounidenses. CNS Roma produce una cobertura exhaustiva del Papa León XIV, su ministerio y sus viajes.

La campaña también financia una serie de tables rondes sobre los católicos y la salud mental , en las que obispos y expertos clínicos debaten diversos temas relacionados con este asunto.

Impacto en la audiencia

En 2006, los periódicos católicos estadounidenses sumaban 196, con una tirada de 6,5 millones de ejemplares. En 2020, el número de periódicos se había reducido un 40%, hasta los 118, con una tirada de 3,8 millones de ejemplares.

A informe de 2023 del Centro de Investigación Aplicada en el Apostolado (CARA), mostraba que «aproximadamente la mitad de los católicos estadounidenses leen el periódico o la revista de su diócesis».

CARA también descubrió que el 90% de los feligreses que asisten a Misa semanalmente leen el boletín parroquial, es decir 21,2 millones de adultos católicos, o el 40% de todos los adultos católicos en los EE. UU, según Pew Research.

Justificación de la inversión

Esta campaña coincide en un momento en el que los mensajes, los ministerios y los mensajeros de la Iglesia —desde Cáritas y otros ministerios provida hasta los obispos estadounidenses y el propio Papa León XIV— están siendo objeto de crecientes ataques en el ámbito público, incluso por parte de la desinformación alimentada por la inteligencia artificial, lo que hace que la misión de los medios católicos sea aún más vital, según los expertos.

El veterano periodista Greg Erlandson cita como ejemplo la cobertura mediática católica de la reciente visita apostólica del Papa León XIV a varios países de África. El viaje tuvo lugar mientras el presidente Donald Trump lanzaba repetidos ataques contra el Papa a través de los medios de comunicación por su oposición a la guerra entre Estados Unidos e Israel e Irán, incluyendo declaraciones falsas que afirmaban que el Papa apoyaba que Irán tuviera armas nucleares.

L'auteurOSV / Omnes

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Monde

El regreso de María: signos de renovación espiritual en Europa del Norte

La reaparición de María en la iglesia luterana no implica necesariamente un retorno a formas tradicionales de devoción. Más bien parece señalar algo más profundo: una renovación espiritual.

Andres Bernar-16 de mai de 2026-Temps de lecture : 4 minutes

En diversos países europeos comienza a percibirse un fenómeno que, hace apenas unas décadas, habría parecido improbable: un renovado interés por la fe cristiana en contextos profundamente secularizados. France, los Países Bajos y, de modo particular, los países nórdicos están experimentando un despertar religioso, especialmente entre jóvenes adultos.

Suecia es un caso significativo. En los últimos años, el número de bautizos y de personas que se incorporan a la Iglesia ha crecido de manera notable, hasta el punto de duplicarse en algunos ámbitos. En paralelo a este fenómeno, otro signo —más silencioso pero igualmente elocuente— empieza a llamar la atención: la reaparición de la Virgen María en iglesias de tradición luterana, espacios donde su presencia había sido eliminada tras la Reforma protestante.

¿Podría hablarse de un “regreso de María” como símbolo de un retorno más amplio a la fe?

Una presencia inesperada en Uppsala

Uno de los ejemplos más significativos se encuentra en la Catedral de Uppsala, el principal templo de la Iglesia de Suède. Allí, en el deambulatorio situado detrás del altar mayor, se alza una escultura contemporánea titulada “María (El regreso)”.

La obra, instalada en 2005, es del artista Anders Widoff y representa a la Virgen María de una forma que rompe con las imágenes tradicionales. Realizada en poliéster con una superficie que recuerda a la silicona, la figura tiene un tamaño casi natural y un realismo sorprendente.

María aparece vestida con ropa cotidiana —abrigo, falda, zapatos sencillos— sin corona, sin aureola, sin ningún elemento que la identifique inmediatamente como figura sagrada. El artista quiso representarla como una mujer de nuestro tiempo, “alguien que podrías encontrar en el supermercado”. Una figura cercana, reconocible, incluso vulnerable.

Sin embargo, su ubicación y su orientación están cargadas de simbolismo. La escultura mira hacia el llamado coro de los Vasa, que antes de la Reforma estaba dedicado a María. El título “El regreso” no es casual: alude tanto a la vuelta física de una imagen mariana al templo como a un posible retorno espiritual.

Entre la sorpresa y la contemplación

La escultura ha suscitado reacciones diversas. Muchos visitantes relatan que, al verla por primera vez, creen encontrarse ante una persona real. El realismo de la piel, la postura y la mirada genera una intensa sensación de presencia.

Algunos perciben en esta María una cercanía inédita: no una figura lejana e idealizada, sino una mujer de hoy, accesible y humana. Otros destacan que su presencia invita al silencio y al recogimiento, en parte porque aparece casi de manera inesperada en el recorrido de la catedral.

No faltan, sin embargo, quienes experimentan cierta incomodidad. El estilo rompe con la expectativa de un arte religioso claramente reconocible como “sagrado”. Y en un contexto luterano, donde la devoción mariana fue históricamente minimizada, la presencia de esta imagen plantea interrogantes.

Precisamente por eso, muchos ven en la escultura un puente entre tradiciones cristianas —católica, ortodoxa y luterana—, un recordatorio de una herencia común anterior a las divisiones.

Un símbolo con múltiples lecturas

Más allá de su dimensión artística, la obra invita a una reflexión teológica. La ausencia de símbolos tradicionales plantea una pregunta de fondo: ¿la santidad debe manifestarse de manera visible, o puede descubrirse en lo cotidiano?

El “regreso” al que alude el título puede interpretarse en varios niveles. Por un lado, como recuperación de la dimensión materna y acogedora dentro de la vida eclesial. Por otro, como redescubrimiento de lo encarnado: de un Dios que se hace presente en lo humano, en lo sencillo, en lo cotidiano.

En este sentido, la figura remite a la María del Évangile, aquella que “guardaba todas las cosas en su corazón”: una presencia discreta, silenciosa, pero profundamente transformadora.

La luz y la naturaleza: María en Linköping

Otro ejemplo significativo de esta renovada presencia mariana se encuentra en la Catedral de Linköping, donde una vidriera contemporánea ofrece una interpretación profundamente original.

Ubicada en la capilla de María (Mariakapellet), esta obra fue inaugurada en 1998 y es creación de la artista Lisa Bauer, con grabado de Lars Börnesson. No se trata de una vidriera pintada en sentido clásico, sino de un gran grabado sobre vidrio, considerado uno de los mayores de su tipo.

En el centro aparece el rostro de María, coronado por rosas silvestres. Pero lo más llamativo es su manto, formado por una compleja composición de plantas y flores —hasta noventa especies— vinculadas a la tradición popular sueca: flores con nombres marianos, plantas asociadas a leyendas sobre la Virgen, símbolos de pureza, vida y protección.

El resultado es una especie de “cosmos mariano”, donde la naturaleza entera parece reflejar su figura.

Una teología expresada en imágenes

La vidriera ofrece una lectura teológica rica, aunque expresada con lenguaje contemporáneo. El manto de flores evoca a María como la “nueva Eva”: la creación reconciliada, la tierra fecunda que acoge a Cristo.

Al mismo tiempo, la obra integra a María en el paisaje cultural y natural del norte de Europa, acercándola a la sensibilidad local.

Como toda vidriera, su percepción cambia con la luz. A veces apenas se distingue; en otros momentos, emerge con fuerza. Esta variabilidad sugiere una dimensión espiritual: María no se impone, sino que se deja descubrir en la contemplación.

¿Un signo de los tiempos?

La reaparición de María en estos contextos no implica necesariamente un retorno a formas tradicionales de devoción. Más bien parece señalar algo más profundo: una búsqueda de sentido, de cercanía, de encarnación.

En sociedades marcadas por la secularización, la figura de María —humana, cercana, silenciosa— puede convertirse en un punto de encuentro. No tanto como objeto de debate, sino como presencia que invita a detenerse, a mirar, a preguntarse.

Tal vez, en ese redescubrimiento discreto, se encuentre una clave para comprender el actual renacer espiritual en Europa: un retorno que no siempre comienza con grandes afirmaciones, sino con signos humildes… como el de una mujer que vuelve, silenciosamente, a ocupar su lugar.

L'auteurAndres Bernar

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Évangélisation

Anderson Monsalve y la fe sin filtros 

Anderson Monsalve promueve una evangelización digital basada en la autenticidad y el humor, demostrando que la fe se vive desde la cotidianidad y la alegría del encuentro personal con Dios.

Juan Carlos Vasconez-16 de mai de 2026-Temps de lecture : 3 minutes

En un mundo digital saturado de rostros perfectamente editados y mensajes prefabricados, Anderson Monsalve ha encontrado un nicho que pocos se atreven a explorar con honestidad: el de la fe con sentido del humor. 

Este joven, que se define a sí mismo ante todo como “un hijo de Dios que tiene la bendición de estar casado con la mujer más maravillosa del mundo”, está rompiendo esquemas en las redes sociales. A las puertas de estrenar su papel más importante —el de padre de una niña que viene en camino—, Anderson demuestra que la evangelización en el siglo XXI no requiere de un púlpito sino de una conexión real y cercana. 

La infancia de Anderson fue un auténtico laboratorio ecuménico. Su madre era católica por cultura; su padre, Testigo de Jehová, y sus amigos del barrio, evangélicos pentecostales. Este entorno, lejos de confundirlo, le dio una sensibilidad especial para entender las distintas formas en que el ser humano busca lo trascendente. 

Sin embargo, el punto de inflexión llegó en su juventud. No fue un sesudo tratado de Teología lo que lo cautivó, sino una experiencia de comunidad. Durante una “Pascua Juvenil” organizada por la Renovación Carismática Católica, “fue la primera vez que me sentí realmente amado por Él”, confiesa Anderson al recordar aquel encuentro. Ese impacto emocional no se quedó en un sentimiento pasajero; se transformó en un motor de vida: “Salí de ese encuentro con una decisión clara: querer agradar a Dios y buscar hacer su voluntad”. 

Evangelizar a través del humor 

Hoy, esa voluntad se traduce en una presencia en las plataformas digitales. Anderson es un convencido de que la Iglesia debe hablar el lenguaje de la gente de hoy. Por eso, junto a su esposa Cindy, ha lanzado un pódcast donde la naturalidad es la norma. No pretenden dar lecciones magistrales, sino compartir la vida. “En este espacio hablamos de temas de la Iglesia desde nuestra experiencia personal”explique-t-il. 

Su objetivo es la fidelidad al Magisterio, pero con un ingrediente que considera indispensable, “ese toque de humor que tanto nos caracteriza”. Su espiritualidad se nutre de lo cotidiano. No tiene un método infalible, pero sí una actitud: la gratitud. “Busco encontrarme con Él en lo cotidiano: en la oración personal y comunitaria, rezando el Rosario, orando frente al Santísimo Sacramento o incluso en el silencio de mi cuarto”dit-il. 

Uno de los momentos más potentes de su testimonio es cuando habla del perdón, un tema que suele sonar a teoría hasta que la vida te pone a prueba. Anderson recuerda el día en que comprendió que el amor de Dios no era solo una idea bonita, sino una fuerza transformadora. “Comprender que Dios me ama tanto que lo dio todo por perdonarme cambió mi forma de ver mi vida”, relata con emoción. 

Pero el reto no terminó ahí. La verdadera madurez espiritual llegó cuando entendió que ese perdón recibido debía fluir hacia los demás. “Fue aún más impactante entender que yo también estaba llamado a perdonar a los demás como Jesús lo hizo conmigo. Ese momento rompió mi corazón de piedra y me llevó a perdonar a la persona que más me había lastimado”. Este testimonio de reconciliación es, quizá, la “red” más grande que Anderson ha lanzado en el mar digital. 

Un legado de autenticidad 

Anderson Monsalve tiene claro qué quiere dejar tras de sí. En un tiempo donde muchos jóvenes asocian la religión con la rigidez o el aburrimiento, él se levanta como un testigo de lo contrario. 

Su mensaje es una invitación a la libertad de ser quienes somos ante Dios. "Me gustaría que las personas entiendan que vivir la fe y acercarse a Jesús nunca significa renunciar a la alegría, al humor o a las experiencias de felicidad”assure-t-il. 

Su filosofía de vida es un soplo de aire fresco para quienes sienten que no “encajan” en los moldes tradicionales: “Seguir a Jesús implica renunciar al pecado, pero no a nuestra personalidad. Cada uno de nosotros es único, y Dios nos ha creado de manera especial”. 

Con esa convicción, Anderson sigue navegando las redes sociales, recordándonos que se puede ser fiel a la Iglesia siendo, al mismo tiempo, la versión más alegre y auténtica de uno mismo.

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« Rerum Novarum » et la défense de la classe ouvrière

Hoy, hace 135 años se publicó la "Rerum Novarum", un grito que clamaba justicia y que todavía es muy necesario en muchos contextos hoy día.

OSV / Omnes-15 de mai de 2026-Temps de lecture : 6 minutes

Por David Werning, OSV News

Imagínese trabajar en una fábrica donde, al final de cada semana, el dueño coloca un arreglo floral en la máquina más productiva, en lugar del trabajador. Esto sucedió en Francia durante la Revolución Industrial, y es una anécdota impactante que explica por qué el Papa León XIII consideró necesario defender a la clase trabajadora en su encíclica «Rerum Novarum», publicada el 15 de mayo de 1891.

Durante la mayor parte del siglo XIX, el mundo siguió experimentando grandes cambios sociales, a raíz de las diversas revoluciones que derrocaron regímenes antiguos e incluso despojaron al papado de sus propiedades fuera del Vaticano. El Papa León XIII contextualiza la encíclica «Rerum Novarum» («De las cosas nuevas») en su párrafo inicial: «Los elementos del conflicto que ahora azota son inconfundibles: la vasta expansión de las actividades industriales y los maravillosos descubrimientos científicos; las relaciones transformadas entre patrón y obrero; las enormes fortunas de unos pocos individuos y la absoluta pobreza de las masas».

El impacto de la industria

El Papa León XIII percibió una amenaza para la clase trabajadora. La revolución industrial transformó la forma en que las personas trabajaban y mantenían a sus familias. Los «maravillosos descubrimientos de la ciencia» dieron como resultado máquinas que producían bienes con mayor eficiencia que los trabajadores, y estas máquinas enriquecieron a sus dueños.

La clase trabajadora, acostumbrada a ganarse la vida con oficios y artesanías, se vio obligada a intercambiar su trabajo por un salario. Mientras que los artesanos contaban con gremios que protegían sus intereses, los obreros no tenían a nadie que los defendiera.

El Papa lamenta que «los trabajadores hayan sido entregados, aislados e indefensos, a la crueldad de los empresarios y a la codicia de la competencia desenfrenada… de modo que un pequeño grupo de hombres muy ricos haya podido imponer a las masas de trabajadores pobres un yugo poco mejor que el de la esclavitud misma».

Propiedad privada y dignidad

Consciente de la situación, el Papa León XIII ilumina la difícil situación de la clase trabajadora con la luz de las Escrituras y la tradición y, basándose en sus reflexiones, ofrece un remedio en «Rerum Novarum». Además de nombrar el remedio, el Papa indica dónde debe encontrarse y cómo debe aplicarse, teniendo debidamente en cuenta «los derechos relativos y los deberes mutuos de ricos y pobres, de capital y de trabajo».

El Papa León XIV ha destacado este documento, considerado por muchos la primera encíclica social, como parte de la inspiración para la elección de su nombre papal.

En esencia, «Rerum Novarum» exhorta a todos a honrar la dignidad que Dios ha otorgado a cada persona, tanto a ricos como a pobres, erradicando la avaricia y fomentando la propiedad privada para todos. Sin embargo, quienes viven en la pobreza merecen especial atención en sus esfuerzos por ganarse la vida, ya que son más vulnerables a la opresión.

El Papa afirma que el remedio para aliviar la situación de las masas debe ser la inviolabilidad de la propiedad privada, un principio arraigado en las Escrituras, que condena la codicia de la propiedad ajena. Además, la ley natural de Dios obliga al hombre a preservar su vida y la de su familia, sin descuidar el bien común. La propiedad privada le permite cumplir con estas obligaciones. En efecto, mediante el don de la razón, cultiva su porción de tierra (o destina su salario) para sus necesidades inmediatas y futuras. Por lo tanto, el hombre tiene el derecho inherente —antes de cualquier consideración del Estado— a adquirir los recursos necesarios para vivir, lo cual le permite la adquisición de la propiedad privada.

Cooperación frente a conflicto

El Papa señala entonces que el derecho a la propiedad privada debe alcanzarse mediante la cooperación entre los miembros de la sociedad. La Iglesia, los gobernantes, los empresarios, los ricos e incluso los propios trabajadores deben participar en el esfuerzo por promover los intereses de la clase trabajadora.

El objetivo no es una utopía ni una sociedad donde todo sea común, como argumentaban algunos detractores del Papa en aquel entonces. Al contrario, existen diferencias reales entre los hombres (por no hablar de la realidad del pecado y el mal). Algunos ganan más dinero que otros. Las personas tienen diversos talentos. Sin embargo, estas diferencias no tienen por qué generar hostilidad entre las clases sociales.

Tampoco significa que una persona deba vivir en la opulencia y otra en la pobreza. Como señala el Papa León XIII, «el capital no puede existir sin el trabajo, ni el trabajo sin el capital». Ambos pueden y deben colaborar por el bien común, según lo determine la justicia. Incluso podría decirse que Dios permite las diferencias precisamente para que las personas aprendan a vivir en comunidad.

El bien común se alcanza cuando cada persona y cada grupo atiende no solo a sus derechos, sino también a sus deberes; en otras palabras, cuando viven una vida virtuosa. La Iglesia contribuye a este esfuerzo formando a los hombres en la práctica de la virtud, que está «igualmente al alcance de todos, de ricos y pobres».

Desde la perspectiva de la eternidad, la posición social no ofrece ninguna ventaja. Dios ama a cada persona por igual. Sin embargo, la forma en que uno vive y utiliza sus dones estará sujeta al juicio divino. La encíclica presenta una lista de deberes tanto para trabajadores como para empleadores que respeta la dignidad de los demás y defiende las obligaciones de justicia. En última instancia, cada persona está llamada al amor fraterno, a seguir el camino de Jesús.

El papel de las instituciones

La encíclica «Rerum Novarum» ofrece diversas aplicaciones prácticas que respetan el derecho a la propiedad privada y promueven el bien común. La clase trabajadora provee los bienes que contribuyen al aumento de la riqueza del Estado. Los empleadores virtuosos buscan no solo el beneficio económico, sino también el bienestar de sus empleados y de la sociedad. La Iglesia crea organizaciones (como Caridades Católicas ) para cuidar y defender a los menos afortunados. Y el Estado tiene el deber primordial de «lograr el bienestar público y la prosperidad privada», considerando los intereses de todos —por igual— como superiores e inferiores.

Según la encíclica «Rerum Novarum», una forma ejemplar en que el Estado apoya a la clase trabajadora es fomentando y protegiendo las organizaciones y sindicatos que reúnen a empleadores y trabajadores. Estos sindicatos tienen la ventaja de permitir que ambas partes celebren acuerdos mutuos que protejan sus derechos y promuevan el cumplimiento de sus obligaciones. El Estado debe intervenir cuando sea necesario remediar un mal o eliminar algún perjuicio, asegurándose de que su intervención no exceda el alcance de la solución.

Retos del mundo actual

El Papa León XIII concluye que cuando los miembros de la sociedad trabajan juntos por el bien común, fundamentados en la virtud y la justicia, de manera que incluso el trabajador puede mantenerse a sí mismo y a su familia cómodamente mediante la adquisición de propiedad privada (tierra, salario), se obtienen excelentes resultados: se cerrará la brecha entre la gran riqueza y la pobreza extrema, todos los hombres serán más productivos en sus labores y los ciudadanos permanecerán en su propio país en lugar de intentar encontrar una vida digna en otro lugar.

Tras exponer el remedio, dónde encontrarlo y cómo aplicarlo, el Papa llama a todos a la acción: «Cada uno debe poner su mano en la obra que le corresponde, y hacerlo de inmediato, para que el mal, que ya es tan grande, no se vuelva, por la demora, absolutamente irremediable».

Pocos discutirían que no hay solución posible en lo que respecta a la distribución de la propiedad (ingresos, riqueza) y el poder en nuestro mundo. Los esfuerzos por aliviar la pobreza y erradicar la codicia y la tiranía nunca han cesado. Sin embargo, pocos discreparían en que aún existen injusticias reales que corregir y desafíos que afrontar.

Por ejemplo, vivimos en una sociedad que tolera que cada uno de los 15 principales gestores de fondos de inversión gane más de 840 millones de dólares al año, mientras que los maestros de primaria necesitan dos sueldos para tener una vivienda digna. La mayoría de los ciudadanos estadounidenses simplemente dan por sentado que el sistema económico favorece injustamente a los políticos, las grandes corporaciones y los ricos. Mientras tanto, quizás como reacción a tales injusticias, tenemos una generación emergente que defiende ideas marxistas como el rechazo a la propiedad privada y la moral cristiana. Claramente, tenemos mucho trabajo por hacer en materia de justicia y amor.

El método de Ver-Juzgar-Actuar

La encíclica «Rerum Novarum» sigue vigente a pesar de haber sido publicada hace 131 años y nos ofrece una forma de responder a las injusticias de nuestro tiempo. Al redactarla, el Papa León XIII empleó un método teológico que aprendió estudiando a Santo Tomás de Aquino. Este método consta de tres pasos: percibir la realidad de los tiempos, juzgar lo que se ve a la luz de la revelación divina (la Sagrada Escritura y la Sagrada Tradición) y actuar según la conclusión alcanzada mediante el discernimiento orante.

El cardenal belga Joseph Cardijn (1882-1967), discípulo y admirador del Papa León XIII, desarrolló el método papal para que los grupos obreros, especialmente los jóvenes trabajadores, se involucraran con la sociedad en los temas importantes de su tiempo. Incluso el Papa San Juan Pablo II, cien años después de «Rerum Novarum», recomendó en «Centesimus Annus» el método de Ver-Juzgar-Actuar «como un paradigma perdurable para la Iglesia», una herramienta para intervenir en «situaciones humanas específicas, tanto individuales como comunitarias, nacionales e internacionales».

De esta forma, la Iglesia cumple su deber como «ciudadana» de contribuir al bien común y mantener al mundo centrado en el plan de salvación de Dios. Es un deber que compartimos todos.

L'auteurOSV / Omnes

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