Quand une bouteille en plastique bat Netflix

La experiencia de unos niños jugando en el parque invita a reflexionar sobre cómo las pantallas pueden alejarnos de la realidad y de las experiencias que dan sentido a la vida.

27 septembre 2026-Temps de lecture : 3 minutes
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L'autre jour, j'étais au parc et je suis tombé sur une situation qui m'a beaucoup fait réfléchir.

Deux enfants jouaient avec une bouteille en plastique vide, la remplissant de sable. Ils étaient tellement absorbés que leurs parents pouvaient parler à voix basse sans être interrompus : « Je veux de l’eau, Untel ne veut pas me laisser jouer au ballon, Pepito m’a insulté… » 

La nuit tombait et il était temps de rentrer. Les enfants ne voulaient pas partir car ils s'amusaient beaucoup. Face à leur refus, un des parents a sorti son arme secrète : « Allons regarder un film en haut. » À la surprise générale, son fils a refusé. 

Comment une bouteille en plastique peut-elle battre un écran ? 

On a l'habitude de penser que l'écran l'emporte toujours. Couleurs, sons, histoires, personnages, jeux… Il peut tout nous offrir instantanément. Et pourtant, cet enfant préférait continuer à jouer avec une simple bouteille en plastique.

Peut-être parce que cette bouteille n'était pas simplement une bouteille. Elle représentait la possibilité d'entrer en relation avec la réalité.

Le garçon touchait le sable, le regardant tomber dans la bouteille, découvrant jusqu'où il pouvait la remplir, la vidant et la remplissant à nouveau. Il inventait un jeu à partir de ce qui se trouvait juste devant lui. Et, surtout, il vivait une expérience.

Cela me rappelle beaucoup ce que propose Don Luigi Giussani lorsqu'il parle de la réalité comme point de départ de la connaissance. Pour Giussani, le premier pas vers la connaissance est le réalisme : ne pas imposer nos idées à la réalité, mais la laisser se révéler d'elle-même. La méthode pour connaître quelque chose est déterminée par l'objet que nous cherchons à connaître.

Et cela est étroitement lié à ce que nous vivons aujourd'hui avec les technologies numériques. Je ne veux absolument pas dire que les nouvelles technologies sont mauvaises. Au contraire : ce sont des outils qui nous facilitent énormément la vie au quotidien. Ils nous permettent de communiquer, d'apprendre, de travailler, de découvrir de nouveaux horizons et d'accéder à une quantité considérable d'informations.

Le problème survient lorsque l'écran cesse d'être un outil de connexion à la réalité et finit par devenir notre réalité. Car alors, un phénomène curieux peut se produire : nous regardons beaucoup de choses, mais nous cessons de regarder ce qui est juste devant nous.

Nous avons accès à des milliers d'expériences, mais nous pouvons cesser de vivre pleinement notre propre vie. Et, petit à petit, nous pouvons nous retrouver prisonniers de ce sur quoi nous avons choisi de nous concentrer. La réalité, cependant, ne fonctionne pas ainsi.

La réalité s'impose à nous. Nous ne pouvons pas entièrement choisir ce qui arrive. Nous rencontrons des personnes inattendues, des événements imprévus, des choses aussi simples qu'un parc, des amis, une bouteille pleine de sable, ou le fait que la nuit tombe et qu'il est temps de rentrer.

Et c'est précisément là que nous pouvons découvrir quelque chose sur nous-mêmes. C'est peut-être ce qui se passait avec ces enfants. Ils ne faisaient rien d'extraordinaire. Ils jouaient, tout simplement. Mais ils étaient complètement absorbés par ce qu'ils vivaient.

Et c'est pourquoi la bouteille a gagné. Non pas parce qu'elle était plus divertissante qu'un film, mais parce qu'elle les mettait en contact avec quelque chose de réel.

Le problème n’est peut-être pas que les écrans nous offrent trop de choses, mais qu’ils nous en offrent parfois tellement que nous risquons d’oublier qu’il existe quelque chose qui ne peut apparaître sur aucun écran : la réalité elle-même.

Un écran peut nous montrer un paysage, mais rien ne remplace le fait d'y être. Il peut nous montrer une personne, mais rien ne remplace la rencontre. Il peut nous raconter une histoire, mais rien ne remplace le fait de la vivre à notre place. Il peut nous apprendre beaucoup de choses, mais rien ne peut répondre à la question de ce qui donne un sens à la vie. C'est pourquoi j'ai passé cet après-midi à penser à cette bouteille en plastique. Peut-être que la bouteille n'a pas gagné. C'est la réalité qui a gagné.

L'auteurMiguel Pedro Gil Calvo

Padre de 6 hijas. Maestro de Audición y Lenguaje e hijo de padres sordos (CODA). Mi historia personal y profesional se entrelazan en una única vocación: romper barreras de comunicación

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