Vatican

Le pape proclame qu'il y a de la place pour tout le monde au Ciel

Après la prière du Regina Caeli, le pape Léon XIV a axé sa méditation sur l'aspiration à un monde qui, à l'image de la maison du Père, puisse accueillir tout le monde.

Rédaction Omnes-4 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

Le 3 mai 2026, pendant la prière de Regina Caeli, Le pape Léon XIV a proposé une méditation axée sur l'espérance pascale, la promesse du Christ et la destinée commune de l'humanité en Dieu.

La promesse d'une place pour tous

Le Pape a commencé par l'Évangile de la Cène, soulignant la promesse de Jésus : “ Quand je serai allé vous préparer une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi. ” Dans cette annonce, a-t-il expliqué, se révèle une vérité fondamentale : en Dieu, il y a de la place pour chaque personne. L'image de la “ maison du Père ” n'est pas seulement une consolation face à la mort, mais une affirmation de… bienvenue à Universel. Le Christ, en serviteur, prépare cette place pour chacun, afin que personne ne soit étranger ou oublié, mais toujours attendu.

De l'exclusion à l'acceptation

Le pape a opposé deux logiques antagonistes. D’une part, le “ vieux monde ”, marqué par la quête de privilèges, l’exclusivité et une reconnaissance réservée à une élite. D’autre part, le “ nouveau monde ” inauguré par le Seigneur ressuscité, où ce qu’il y a de plus précieux est accessible à tous.

Dans ce nouvel horizon, les règles fondamentales de la coexistence changent : “ la gratitude remplace la compétition ; l’acceptation élimine l’exclusion ; l’abondance ne génère plus d’inégalité ”. Au lieu de diluer l’identité personnelle, cette ouverture universelle permet à chacun d’être pleinement soi-même. Face à la menace de mort, qui semble effacer… mémoire Et le nom, Dieu garantit l'identité définitive de chaque personne.

Une foi qui libère du désir de reconnaissance

Le cœur du message repose sur l'invitation de Jésus : “ Croyez en Dieu, et croyez aussi en moi. ” Selon le pape, cette foi a un pouvoir libérateur : elle brise l'angoisse de devoir posséder, se distinguer ou atteindre le prestige comme condition de la valeur.

En Dieu, affirmait-il, chaque personne possède déjà une valeur infinie. Nul besoin de rivaliser pour être reconnue, car la dignité ne se conquiert pas, elle se reçoit. Cette certitude se fortifie dans l’amour mutuel, vécu selon le commandement nouveau. Aimer comme Jésus a aimé nous permet d’entrevoir le ciel sur terre et révèle que la fraternité et la paix ne sont pas des utopies, mais la véritable destinée de l’humanité.

La communauté chrétienne comme maison ouverte

La méditation s’est conclue par une prière à la Vierge Marie, présentée comme Mère de l’Église. Le Pape a invité chaque communauté chrétienne à refléter cette “ maison ouverte à tous ”, où chaque personne est accueillie et valorisée dans sa singularité.

Appels et salutations

Après la prière du Regina Caeli, le pape Léon XIV a rappelé le début du mois de mai, traditionnellement dédié à la Vierge Marie, soulignant l'importance de prier le Regina Caeli. Rosario comme une expérience communautaire de prière, dans la continuité des jours où les disciples attendaient la venue du Saint-Esprit.

Il a également souligné la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, promue par l'UNESCO, dénonçant les violations fréquentes de ce droit et rendant hommage aux journalistes victimes de violence.

Enfin, il a adressé ses salutations aux différents groupes de fidèles et associations présents, en mentionnant tout particulièrement ceux qui œuvrent à la défense des mineurs contre les abus. abus, les remerciant pour leur engagement en matière de prévention et de soutien aux victimes.

Idées

Six critères pour que la foi ne reste pas cantonnée au seul domaine des émotions.

En réponse, les évêques espagnols proposent six points clés qui permettent de comprendre ce que signifie, aujourd'hui, vivre une foi mature.

Javier García Herrería-4 mai 2026-Temps de lecture : 4 minutes

À l’heure où se multiplient de nouvelles initiatives d’évangélisation très positives – souvent empreintes d’enthousiasme, de créativité et d’un fort pouvoir d’attraction –, l’Église en Espagne a jugé nécessaire de proposer des critères de discernement. Non pas pour étouffer quoi que ce soit, mais précisément pour préserver ce qu’il y a de plus précieux : l’authenticité de l’expérience chrétienne.

Le risque que Cela inquiète les prélats. C'est que la foi se trouve réduite à une expérience émotionnelle et subjective, détachée de la vérité, de la communauté et de la vie concrète. En revanche, Les évêques espagnols proposent Dans son dernier document, six points clés permettent de comprendre ce que signifie vivre une foi mature, afin que les initiatives initiales de proclamation puissent approfondir les expériences de foi grâce à une formation plus poussée.

a) Connaître les personnes divines

Le cœur de la foi chrétienne ne réside pas dans une spiritualité vague ni dans un assemblage disparate de croyances, mais dans une rencontre authentique avec Jésus-Christ. Il ne s'agit pas de “ se sentir bien ” ni d'accumuler des expériences émotionnelles intenses, mais de reconnaître que Dieu s'est révélé concrètement en Christ et que c'est uniquement par lui que nous pouvons accéder au Père dans l'Esprit.

Par conséquent, la proclamation initiale ne saurait se diluer dans des discours génériques sur le bien-être ou l'intériorité : elle doit mener à une relation vivante, unique et décisive avec Jésus. Lorsque cette centralité se perd, la foi se brouille en un syncrétisme diffus, certes séduisant, mais dépourvu de la puissance transformatrice de l'Évangile.

b) Dimension personnelle

Cette rencontre avec le Christ engage la personne tout entière, y compris sa dimension émotionnelle. Mais les sentiments seuls ne suffisent pas à discerner l’action de Dieu. La tradition spirituelle de l’Église a toujours insisté sur la nécessité de les confronter, de les examiner à la lumière de ceux qui nous ont précédés sur ce chemin. Des auteurs comme Ignace de Loyola nous ont appris à distinguer la consolation de la désolation, précisément pour ne pas confondre la voix de Dieu avec nos propres états d’âme.

De même, des maîtres comme Jean de la Croix et Thérèse d'Avila ont montré que la vie spirituelle comporte aussi des épreuves et des moments de purification. Par conséquent, une foi mûre ne considère pas ses sentiments comme absolutisés, mais les soumet à un discernement rigoureux, en continuité avec l'expérience accumulée de l'Église.

c) Objectivité de la foi

La foi chrétienne ne naît pas d'un sentiment et ne s'y maintient pas. Elle ne dépend ni de l'état intérieur du croyant, ni de l'intensité d'une expérience spirituelle particulière. Elle possède un contenu objectif : une vérité qui le précède et lui est donnée.

Dans une culture où prédomine le “ je ressens ”, cette affirmation dérange. Pourtant, elle est essentielle. Il ne suffit pas de percevoir que “ Dieu m’aime ” pour justifier une décision ou un comportement. La foi implique de reconnaître l’existence d’une vérité révélée – sur Dieu, sur l’humanité, sur le bien et le mal – qui ne se construit pas selon notre propre subjectivité.

L'un des exemples les plus révélateurs de cette dégradation se produisit à la cour de Louis XIV, où certaines dames passaient leurs nuits avec leurs amants et, le lendemain matin, se confessaient rapidement pour pouvoir communier à la messe. Ce cycle de péché nocturne et d'absolution matinale expresse, fondé sur une interprétation superficielle du droit canonique, transformait les sacrements en une formalité mécanique qui n'exigeait ni une véritable conversion du cœur ni un changement de comportement.

Exaspéré par ce « spectacle » d'hypocrisie, le mouvement janséniste s'y opposa avec une telle véhémence qu'il finit par basculer dans l'extrême opposé. Cherchant à combattre le relâchement moral de l'époque, les jansénistes imposèrent un rigorisme étouffant qui présentait un Dieu distant et une Eucharistie quasi inaccessible, réservée uniquement à ceux qui atteignaient une perfection héroïque.

Cette leçon demeure pertinente. Lorsque les émotions servent à justifier un comportement objectivement désordonné, il ne s'agit pas d'une foi harmonieuse. La vie chrétienne implique l'unité entre ce que l'on croit, ce que l'on ressent et ce que l'on fait.

d) L'ecclésialité de la foi

La foi ne se donne pas à soi-même. Elle se reçoit. Et elle se reçoit dans l’Église. Cette dimension ecclésiale est constitutive du christianisme. Croire implique d’accepter qu’il y a d’autres – avant et avec moi – qui transmettent, préservent et interprètent la foi : le pape, les évêques, les prêtres, les directeurs spirituels, la communauté des croyants.

Cela exige une attitude particulière : être ouvert à l’enseignement et à la correction. Deux attitudes sous-estimées dans une culture qui assimile authenticité et autosuffisance. Or, sans cette ouverture, la foi risque de devenir une démarche individuelle, où chacun décide de ce qu’il accepte et de ce qu’il rejette.

e) Conséquences sociales de la foi

La foi n'est ni une idée ni une émotion : c'est un mode de vie. Et, à ce titre, elle a des conséquences morales concrètes. Lorsque la foi est vécue uniquement comme source de paix intérieure, elle peut engendrer des croyants satisfaits mais indifférents aux besoins d'autrui.

Cependant, le christianisme possède une dimension fondamentalement ouverte. La rencontre avec le Christ nous pousse vers les autres, en particulier les plus démunis. Il ne s'agit pas d'un ajout optionnel, mais d'un critère d'authenticité. Une foi qui ne se traduit pas par un engagement concret – dans la famille, au travail, dans la vie publique, dans l'aide aux pauvres – demeure incomplète. L'Évangile est clair : l'amour de Dieu se réalise dans l'amour du prochain.

f) Dimension festive

La foi chrétienne est également célébrée. Et elle le fait, de manière privilégiée, dans la liturgie. Mais là aussi, il y a un risque : celui de réduire la célébration à un espace d’émotions intenses ou d’expériences subjectives. Lorsque la liturgie devient un instrument pour “ ressentir des choses ”, elle perd son essence et sa signification.

La célébration chrétienne n'est ni un spectacle ni une création spontanée du groupe. Elle possède une forme, une tradition et des normes qui garantissent son caractère ecclésial et sa fidélité au mystère qu'elle célèbre.

L’Eucharistie, en particulier, occupe une place centrale. Elle n’est pas simplement un moment d’émotion, mais l’événement où la communauté rencontre le Christ de manière réelle et sacramentelle. D’où l’importance d’observer attentivement sa célébration, sachant que la messe est bien plus importante que les bénédictions et les actes d’adoration (aussi positifs soient-ils).

Ces critères n'ont pas pour but de freiner l'enthousiasme ni de jeter le doute sur les nouvelles formes d'évangélisation. Au contraire, ils visent à garantir que cet élan s'enracine dans l'essentiel.

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Écologie intégrale

Trois femmes confrontées à la logique utilitariste dans le mariage et la famille 

La baisse de la natalité transforme l'Occident, et le débat mondial sur le mariage et la famille s'intensifie à l'approche du sommet d'octobre à Rome. L'économiste Catherine Pakaluk estime que “ rejeter l'idée que l'argent prime sur la famille serait une source de motivation pour les jeunes ”.

OSV / Omnes-4 mai 2026-Temps de lecture : 7 minutes

– Katarzyna Szalajko, OSV Actualités

Face à la baisse de la natalité qui transforme l'Occident, le débat mondial sur le mariage et la famille revêt une urgence accrue à l'approche d'une réunion qui se tiendra à Rome en octobre, convoquée par le pape Léon XIV.

Les nouvelles données mettent en évidence cette tendance : les naissances aux États-Unis ont chuté de 11 % en 2025, pour atteindre environ 3,6 millions, tandis que les taux de fécondité en Europe restent bien en deçà des niveaux de remplacement générationnel.

Le pape Léon XIV a convoqué les présidents des conférences épiscopales du monde entier à Rendez-vous à Rome renouveler et approfondir le débat de l'Église sur le mariage et la famille à la lumière d'‘ Amoris Laetitia ’. 

Comme dans une grande partie du monde occidental, le nombre de mariages et d'enfants est en baisse. Des experts catholiques soulignent qu'il s'agit d'un problème urgent à régler. l'Église, Les paroisses, en particulier, ont un rôle à jouer.

Les taux de natalité diminuent de façon drastique.

Selon le rapport d'avril du Centre national des statistiques de santé, publié dans le cadre des estimations provisoires trimestrielles à publication rapide du Système national des statistiques de l'état civil, le nombre de naissances aux États-Unis en 2025 était d'environ 3,61 millions, en baisse de 11 % par rapport à 2024.

Le taux de fécondité global était de 53,1 naissances pour 1 000 femmes âgées de 15 à 44 ans, ce qui représente une baisse de 11 % par rapport à 2024.

Dans l'Union européenne, le nombre de naissances en 2024 a presque doublé par rapport à il y a soixante ans, avec 3,55 millions de naissances cette année-là. Le taux brut de natalité, soit le nombre de naissances vivantes pour 1 000 habitants, était de 7,9 en 2024, contre 10,5 en 2000, 12,8 en 1985 et 16,4 en 1970. Cela représente une baisse de 8,5 % en 54 ans.

Aux États-Unis, le taux de fécondité total se maintient autour de 1,6 enfant par femme, tandis que dans une grande partie de l'Europe, il est d'environ 1,3. Les démographes soulignent qu'outre la diminution de la taille des familles, un pourcentage croissant d'adultes n'ont pas d'enfants.

« Les enfants d'Hannah : les femmes qui défient en silence la pénurie de naissances » est le dernier livre de Catherine Ruth Pakaluk, dont vous pouvez découvrir l'histoire sur pakaluk.com (@pakaluk.com)

Le déclin de la fécondité ne s'explique pas uniquement par des raisons financières.

Catherine Pakaluk, économiste et professeure à l'Université catholique d'Amérique et directrice générale de l'Institut James Cardinal Gibbons pour l'écologie humaine, a déclaré à OSV News que la compréhension du déclin actuel de la fécondité exige d'aller au-delà des explications financières.

“ Le changement le plus important est peut-être structurel : nous avons discrètement démantelé les contextes dans lesquels ces raisons s’épanouissaient autrefois naturellement ”, a-t-il déclaré. 

“ Pendant la majeure partie de l’histoire humaine, les enfants naissaient au sein d’un réseau communautaire, familial et d’attentes partagées ”, a-t-elle expliqué. “ Le désir d’avoir un enfant n’avait pas besoin de justification individuelle ; il était intrinsèquement lié au mode de vie. ”.

Changements technologiques et culturels : logique utilitariste

Comme elle l'a expliqué, les changements technologiques et culturels ont modifié ce cadre. “ Lorsque la contraception a rompu le lien naturel entre l'union sexuelle et les enfants, elle a non seulement élargi la liberté de choix individuelle, mais a également révélé une logique utilitariste qui était restée latente jusqu'alors ”, a-t-elle déclaré. 

“ Dès lors que les couples doivent planifier en tenant compte de leurs enfants au lieu de planifier malgré eux, un système de calcul des coûts flou s'immisce dans la décision la plus intime qu'une famille puisse avoir à prendre. ”.

“ Rejeter l’idée que l’argent passe avant la famille serait encourageant pour les jeunes qui n’ont peut-être jamais entendu autre chose ”, a-t-il déclaré.

La valeur des enfants est future et largement invisible.

En ce sens, a-t-il ajouté, “ les enfants apparaissent à peine dans le bilan, car leur valeur est future et largement invisible ”. Catherine Pakaluk Elle affirme que l'indécision face à la parentalité est répandue et ne doit pas être ignorée. “ Je prends cette indécision au sérieux ; il ne s'agit pas simplement d'égoïsme ou de confusion ”, a-t-elle déclaré. “ Nombreux sont ceux qui désirent sincèrement des enfants et qui se rendent compte qu'ils ne peuvent pas en concevoir. ”.

Paralysie face à l'engagement

Il a évoqué des pressions économiques, telles que le coût du logement et la précarité de l'emploi, mais a précisé qu'elles n'expliquaient pas entièrement cette tendance.

“ Ce que j’observe dans les données – et chez mes étudiants – c’est plutôt une paralysie face à l’engagement lui-même ”, a-t-il déclaré. “ Nous avons développé un idéal culturel de l’âge adulte où l’on se redéfinit constamment, où l’on garde toutes les options ouvertes et où l’on repousse sans cesse la décision finale. ” Les enfants, a-t-il ajouté, remettent en question ce modèle. “ Ils vous transforment irréversiblement. Ils formulent des exigences auxquelles vous ne pouvez échapper. ”.

Mary Eberstadt, essayiste, romancière et conférencière (Photo par OSV News/avec l'aimable autorisation de Mary Eberstadt).

Eberstadt : atteindre la quarantaine sans avoir élevé d'enfant

Mary Eberstadt, auteure catholique, notamment de ‘ Cris primaux ’, chercheuse en sciences sociales, essayiste et romancière, a également évoqué des facteurs culturels. “ Les États-Unis étaient autrefois bien plus pauvres qu’aujourd’hui ”, a-t-elle déclaré à OSV News. “ Il y a donc un autre facteur qui contribue au déclin du mariage et de la famille. ” Elle a identifié ce qu’elle a décrit comme une perte d’expérience vécue.

“ Nombre de jeunes femmes atteignent la quarantaine sans jamais avoir élevé d’enfant, faute d’expérience avec les frères et sœurs ou la garde d’enfants, dans un contexte de baisse de la natalité ”, a-t-elle déclaré. “ S’occuper d’un bébé n’est pas terrifiant pour une personne qui le fait depuis des années. Devoir le faire sans expérience préalable accroît considérablement l’anxiété liée à la maternité. ”.

Les politiques publiques à elles seules ne permettront pas d'inverser la tendance.

Eberstadt a également souligné le rôle de l'imitation sociale. “ Une autre raison tient au fait que le comportement humain, comme l'a si justement décrit René Girard, est mimétique ”, a-t-il déclaré. “ Dans un monde où l'on connaît moins de personnes mariées, ayant des enfants ou se fiançant à la vingtaine, on peut s'attendre à ce que les mêmes tendances se répètent. ”.

La pornographie affecte les relations et les familles

Il a ajouté que la pornographie est un autre facteur qui affecte les relations et la formation des familles. “ Cette force est si destructrice qu’il semble peu probable d’y remédier sans un réveil religieux, car le monde séculier non seulement n’offre aucune réponse à la destruction des relations amoureuses causée par la pornographie, mais ne la considère même pas comme un problème ”, a-t-il déclaré.

Gudrun Kugler, députée au Parlement autrichien, est également vice-présidente de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSV). (Photo : OSV News/Avec l'aimable autorisation de l'administration du Parlement).

Kugler : La famille a besoin d'un soutien important.

En Europe, où les taux de natalité sont restés inférieurs au seuil de remplacement depuis les années 1970, Gudrun Kugler, membre du Parlement autrichien et vice-présidente de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, affirme que les politiques publiques à elles seules n'ont pas permis d'inverser cette tendance.

“ Un soutien familial important – sous forme d’allégements fiscaux, de transferts et d’aides en nature – est juste et nécessaire ”, a-t-elle déclaré à OSV News. Elle a toutefois souligné que, dans certains cas, les politiques publiques peuvent même inciter à retarder la maternité, ce qui peut constituer un obstacle majeur. En Europe, l’âge moyen de la première maternité se situe autour de 30 ans.

“ Les statistiques indiquent que si une personne n'a pas eu d'enfants à cet âge, la probabilité d'en avoir un jour tombe en dessous de 50 %. ” Par conséquent, a-t-il déclaré, “ non seulement nous avons très peu d'enfants, mais très peu de personnes ont des enfants. ”.

Déclin démographique : une génération grandit sans frères et sœurs

“ Avoir des enfants aujourd’hui n’est plus synonyme de prestige social ”, a déclaré Kugler, mère de quatre enfants. “ Le désir de statut est un trait humain fondamental, profondément ancré dans notre nature sociale. ”.

L'homme politique autrichien, fervent défenseur du rôle de la famille, a également souligné les conséquences sociales plus larges du déclin démographique, reprenant l'inquiétude d'Eberstadt selon laquelle toute une génération avait grandi sans frères et sœurs, ce qui a des répercussions sociales supplémentaires.

“ Nous nous habituons aux rues désertes, aux magasins fermés et à l’absence des rires d’enfants, souvent sans même nous en rendre compte ”, a déclaré Kugler. “ Au final, cela soulève une question plus profonde sur le sens et la finalité de tout cela : quel est l’intérêt ? À quoi servent les grandes réussites si personne n’est là pour partager la joie ? ”

“ Le risque n’est pas seulement démographique. ”

Pakaluk, mère de huit enfants, a souligné les profondes conséquences culturelles de cette tendance. “ Moins il y a de personnes qui la vivent intensément, plus elle affecte le moral de la société. Nous sommes moins enclins à la générosité qu'exige une communauté engagée. Le risque n'est pas seulement démographique ; au final, c'est un risque pour notre capacité de solidarité ! », a-t-elle déclaré.

Les trois experts, qui sont catholiques, ont souligné de différentes manières la nécessité d'une réflexion culturelle plus large.

Le sens de la liberté : les enfants, l'engagement ultime

Pakaluk a déclaré que repenser le sens de la liberté pouvait faire partie de ce processus.

“ Le discours culturel dominant conçoit la liberté comme la préservation ultime de la capacité de choisir ”, a-t-il déclaré. “ Selon cette perspective, tout engagement a un prix, et les enfants représentent l'engagement ultime. Or, la tradition plus ancienne – philosophique et théologique – comprenait la liberté comme la capacité de s'engager pleinement envers ce qui est véritablement bon. C'est une liberté qui se développe grâce à l'engagement, et non malgré lui ”, a expliqué Pakaluk à OSV News.

“ Concrètement, cela signifie recréer des contextes où le désir d'avoir des enfants est reconnu et respecté, où "Je veux fonder une famille" n'est pas perçu comme un manque d'ambition ou un repli sur soi. Cela implique des communautés solidaires, et pas seulement des instances politiques ‘, a-t-elle ajouté.

Dans la culture occidentale, les enfants sont perçus comme un fardeau, et non comme un don ou une bénédiction.

Kugler a souligné l'importance de la reconnaissance et du sens donné à la parentalité. “ On décide d'avoir des enfants lorsqu'on a une raison impérieuse de le faire, et la reconnaissance est une motivation bien plus puissante qu'une légère augmentation des aides publiques. ” Elle a ajouté : “ Dans la culture occidentale, les enfants sont perçus comme un fardeau, et non comme un don ou une bénédiction. Au lieu de simplement les aimer, nous nous préoccupons excessivement de nombreux détails secondaires. ‘.

Eberstadt, elle-même mère de quatre enfants, a souligné le rôle des communautés religieuses face aux tendances actuelles.

Les paroisses peuvent contribuer à la formation des familles

“ L’Église, et en particulier les paroisses, peuvent contribuer à la formation des familles au niveau communautaire ”, a-t-il déclaré, suggérant un soutien concret comme l’envoi de repas et la coopération entre les familles pour la garde d’enfants.

Pakaluk a ajouté : “ Nombreux sont ceux qui ont retardé ou renoncé à la parentalité et qui n’ont pas obtenu la liberté escomptée ; ils ont subi une autre forme de perte. ” Il a poursuivi : “ Cette conversation franche, sans moralisme ni sentimentalisme, peut être le point de départ d’un renouveau. ”.

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– Katarzyna Szalajko écrit pour OSV News depuis Varsovie, en Pologne.

L'auteurOSV / Omnes

Avoir des amis

J'espère que mes enfants comprendront cela très tôt : la vie devient infiniment plus lourde quand on marche seul, et étonnamment plus légère quand quelqu'un vous prend le bras.

3 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

J'ai récemment lu un article qui m'a bouleversé : le nombre d'adultes sans amis a quadruplé, et dans des pays comme l'Allemagne ou la France, près de 40 % des ménages sont désormais composés d'une seule personne.

J'ai donc pensé transmettre à mes enfants quelques leçons importantes qui les marqueront à jamais. L'une d'elles est simple : ayez des amis. Leur nombre importe peu – même si, idéalement, au moins cinq – mais riez beaucoup avec eux.

Mes amis m'ont épargné des heures de thérapie. Ils m'ont révélé des vérités que certains recherchent dans la lecture des cartes (je sais que cela en offensera certains ou qu'on me dira que ça n'a rien à voir, mais c'est mon avis). Ils ont dissipé mes doutes – pas toujours rapidement – mais souvent mieux que n'importe quel algorithme. Et surtout, ils m'ont offert quelque chose qu'aucun réseau social ne peut remplacer : des histoires uniques et partagées.

Je pense à ce qui me rend heureuse : un bon verre de vin, discuter du Super Bowl, bronzer en silence, échanger des conseils mode sur SHEIN, recevoir du réconfort quand j’ai le cafard, me replonger dans mon enfance et me souvenir – en riant – de cette soirée où personne ne m’a invitée à danser. Dans mon cas, même la meilleure intelligence artificielle (et croyez-moi, je l’adore) ne pourrait pas remplacer le plaisir de partager tout cela avec une bonne amie. Car rien ne vaut une conversation en face à face avec l’une d’entre elles.

Ils ne sont pas toujours en ligne ou disponibles. Et c'est normal. L'affection véritable est ainsi : inconditionnelle, mais avec des limites ; accueillante, mais sans excès. Contrairement à n'importe quel assistant numérique, un ami peut vous dire sincèrement : “ Je ne connais pas la réponse, mais je suis là pour qu'on la trouve ensemble. ”.

Je partage entièrement l'avis d'Helen Keller lorsqu'elle a dit : “ Je préfère marcher avec un ami dans le noir que seule dans la lumière. ”

J'espère que mes enfants comprendront cela très tôt : la vie devient infiniment plus lourde quand on est seul, et étonnamment plus légère quand quelqu'un nous prend le bras. C'est pourquoi, plus que la réussite ou la sécurité, la seule chose que je souhaite vraiment pour eux, c'est qu'ils ne manquent jamais d'un repas partagé, d'un rire spontané et d'un ami qu'ils considèrent comme leur foyer.

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Famille

Le témoignage de Coi et Juan Pablo, parents d'un saint de 12 jours

Juan Pablo et María Jesús peuvent affirmer avec fierté et assurance qu'ils sont les parents d'une sainte. Leur fille Carolina est décédée à l'âge de 12 jours seulement, assez tôt pour que sa vie soit remplie d'amour et de bonheur.

Paloma López Campos-3 mai 2026-Temps de lecture : 7 minutes

María Jesús (dite Coi) et Juan Pablo vivent en Galice. La trentaine, ils sourient tendrement en tenant dans leurs bras leur fille aînée, Alejandra. C’est à elle qu’ils demandent des nouvelles de la benjamine : “ Où est ta sœur Carolina ? ” “ Au ciel ”, répond la fillette avec assurance.

Et elle a tout à fait raison. Le 23 septembre, douze jours après sa naissance, Carolina est décédée des suites de complications liées au syndrome d'Edwards. Ses parents l'ont accompagnée jusqu'au bout, soutenus par leur famille et les équipes médicales. Clinique universitaire de Navarre à Madrid et l'unité de Soins palliatifs pédiatriques de Hôpital Infantil Niño Jesús.

Comment avez-vous appris le diagnostic de Carolina ?

- [María Jesús] : L'échographie à 12 semaines a révélé des anomalies. Le dépistage avait déjà indiqué un risque faible ou moyen, mais l'échographie a mis en évidence des signes évocateurs de trisomie : une clarté nucale, la présence de liquide dans tout le corps, l'absence de l'os nasal… Ces signes ne persistent pas nécessairement, mais leur présence alerte sur une anomalie.

À ce moment-là, ils nous ont dit que quelque chose n'allait pas et ils ont fortement insisté pour que nous subissions une amniocentèse. (Note de la rédaction : Il s’agit d’un examen invasif consistant à prélever un échantillon de liquide amniotique à l’aide d’une aiguille afin de détecter d’éventuelles anomalies chez le bébé. Cet examen comporte des risques pour le bébé, notamment des saignements, une infection et une rupture prématurée des membranes.).

Ce test me paraissait étrange, et quand j'ai demandé s'il pouvait changer quelque chose, on m'a répondu que non. Ils voulaient simplement le faire pour être plus sûrs du diagnostic. J'ai insisté sur le fait que je ne voulais pas de l'amniocentèse, et le lendemain, on m'a parlé d'une analyse de sang qui, avec une fiabilité de 99,1 %, confirme le diagnostic.

J'ai accepté de faire le test, et une semaine plus tard, ils nous ont envoyé les résultats par courriel. Franchement, nous ne nous attendions pas du tout à ça. Pendant l'attente, nous avons continué à vivre normalement, nous avons fait confiance à Dieu, nous avons prié et nous avons décidé de ne pas approfondir la question.

Au fond de nous, nous nous doutions qu'il s'agissait de trisomie 21, mais nous avons très bien accueilli le diagnostic. Ma sœur était venue nous rejoindre, et les résultats sont arrivés juste au moment où Juan Pablo rentrait du travail. Nous avons ouvert le courriel entre rires et larmes, et dès cet instant, nous avons considéré Carolina comme un don du ciel, encore plus précieuse à nos yeux.

- [Jean-Paul] : Plus aimée, voilà l'essentiel. Le diagnostic n'a rien changé à l'amour que je lui porte. parents Nous sommes de tout cœur avec Carolina.

Vous ont-ils correctement expliqué dès le début en quoi consiste le syndrome d'Edwards ?

-  [María Jesús] : Quand j'ai reçu les résultats, j'ai appelé ma meilleure amie, qui est gynécologue. Quand je les lui ai envoyés, elle s'est mise à pleurer, et nous avons toutes les deux pressentiment que le diagnostic était mauvais, car parmi les trois trisomies, le syndrome d'Edwards est celui qui a le pronostic le plus sombre.

Mon amie m'a expliqué la situation, mais la gynécologue de l'hôpital me l'a ensuite présentée de façon très brutale. Elle a insisté sur le fait que la plupart des bébés atteints de ce syndrome meurent in utero, et que s'ils naissent, la quasi-totalité décède dans le premier mois.

Les paroles des médecins nous blessaient, mais nous ressentions une paix qui n'était pas humaine, mais qui venait entièrement de Dieu.

Comment s'est déroulé le soutien de l'équipe médicale ?

- [Jean-Paul] : Lors de notre rendez-vous après le diagnostic, la première question qu'on nous a posée était : « Souhaitez-vous poursuivre la grossesse ? » Nous avons été surpris, car ce n'est pas que nous ne voulions rien, c'est simplement le cours naturel de la vie.

-  [María Jesús] : C'est regrettable, car ils nous ont communiqué les statistiques sur les avortements d'enfants diagnostiqués avec ce syndrome, et ils représentent la majorité. Nous avons eu l'impression qu'ils ne voulaient pas de Carolina, qu'ils attendaient qu'elle meure. À chaque question posée, on nous répondait que c'était un signe qu'elle allait mourir.

- [Jean-Paul] : Nous avons été surpris car les médecins sont censés guérir, pas traiter un problème.

-  [María Jesús] : Il y avait un manque de volonté de prendre en charge les patients. Mais nous avons rapidement rencontré une femme dont la fille, atteinte du syndrome d'Edwards, était née l'année précédente, et elle nous a parlé du programme de la clinique universitaire de Navarre.“CUN vous accompagne” C'est un programme incroyable avec une équipe formidable qui vous soutient. Nous étions avec eux dès la 20e semaine de ma grossesse. ».

Chaque échographie avec eux durait environ une heure ; il était évident qu’ils se souciaient de notre fille et qu’ils faisaient toutes les recherches nécessaires pour nous aider. À partir d’août, nous avons déménagé à Madrid pour le dernier trimestre de la grossesse.

- [Jean-Paul] : Là, nous avons constaté l'affection et l'humanité.

Y a-t-il un saint auquel vous vous êtes adressé pour obtenir son intercession ?

-  [María Jesús] : Au début, non. Nous avons demandé à mon père, qui est décédé ; à saint Joseph… Mais le saint dont nous savons qu’il a intercédé pour Carolina, sans aucun doute, est… Padre Pio. Elle est entrée au Ciel le même jour que Pio de Pietrelcina, et à une heure très similaire.

Carolina devait également naître le jour de sa fête, le 23 septembre. Mais en réalité, elle est née au Ciel le même jour que lui.

Aviez-vous la foi que le miracle se produirait ?

- [Jean-Paul]Vous ne perdrez jamais cette confiance.

-  [María Jesús] : Nous avons gardé espoir jusqu'au bout ; en fait, nous n'avons jamais cru qu'elle allait mourir. C'est précisément pour cela que je pense que la vie de Carolina a été si joyeuse et si belle.

Le jour où Carolina est décédée, malgré sa grande maladie, j'ai sincèrement dit à Juan Pablo que je pensais qu'elle allait mieux. Et je ne l'ai pas dit par naïveté, mais parce que j'avais confiance qu'elle allait s'en sortir.

- [Jean-Paul]En fait, à la naissance de Carolina, et même pendant les échographies au CUN, comme on nous répétait que certaines choses allaient bien, nous pensions que c'était parce que la situation s'améliorait. Puis on nous a expliqué que, malgré ce qui n'allait pas, certaines choses se déroulaient bien.

D'un autre côté, craignant qu'elle ne meure rapidement, nous avions tout préparé et contacté le CUN (Centre Hospitalier Universitaire de Navarre) pour faire baptiser Carolina dès sa naissance. Mais à sa naissance, on nous a dit qu'il n'y avait pas d'urgence, car elle se portait bien. Et, en effet, à la voir, tout nous laissait penser qu'elle était parfaite.

Alors, comment s'est déroulé le moment du baptême ?

-  [María Jesús] : Toute la famille était là, y compris mon cousin Jaime, qui est prêtre. Ils nous ont accompagnés de la salle d'opération à la salle d'accouchement, et c'est là qu'a eu lieu le baptême. C'était un véritable cadeau, car rien ne manquait : les saintes huiles, les vêtements liturgiques blancs, les lectures… C'était magnifique.

Un autre personnage clé de cette histoire est votre fille Alejandra. Comment lui avez-vous expliqué ce qui lui arrivait ?

-  [María Jesús] : Elle est très jeune, et quand Carolina est née, Alejandra n'avait qu'un an et deux mois. Pourtant, elle était très consciente ; elle ne comprenait pas que Carolina était malade, mais elle savait qu'elle était sa sœur. Elle était présente au baptême et criait de joie.

Nous lui avons alors expliqué, tout naturellement, que sa petite sœur était partie au Ciel. Et maintenant, elle ne parle que d'elle. Il est vrai que nous avons beaucoup de photos de Carolina à la maison, car nous voulions garder ce souvenir d'elle.

Nous n'avions pas l'intention de le lui expliquer d'une manière particulière ; nous l'avons fait très naturellement. D'ailleurs, nous sommes certains qu'il est au Ciel, alors nous le disons en toute confiance.

En fait, quand Carolina est décédée, mon cousin Jaime n'arrêtait pas de nous dire que nous étions les parents d'une sainte, et c'est vrai, c'est une source de fierté.

Comment s'est déroulé le moment de la naissance ?

Caroline à la naissance.

-  [María Jesús] : C'était inattendu. Nous sommes allés faire une échographie à 36 semaines et on nous a dit que, pour plusieurs raisons, il valait mieux que le bébé naisse maintenant. Ils ont donc pratiqué une césarienne d'urgence. Tout s'est passé très vite et nous n'avions rien préparé avec nous, mais heureusement, car cela nous a évité de devoir choisir la date de naissance, ce qui était une des possibilités et aurait été très difficile pour nous, sans savoir ce qui allait se passer ensuite.

La vérité, c'est que l'accouchement a été extraordinaire, car à l'hôpital CUN, ils nous ont traités avec beaucoup d'attention et de professionnalisme.

Quel est donc le lien avec l'hôpital pour enfants Niño Jesús ?

-  [María Jesús] : En fait, c'est le CUN qui nous a mis en contact avec eux. Ils sont venus nous rencontrer et nous ont ensuite apporté tout ce dont nous avions besoin pour prendre soin de Carolina là-bas.

- [Jean-Paul]Il s'agit de soins 24 heures sur 24, vous vous sentez donc également pris en charge.

-  [María Jesús] : En effet, le médecin, le psychologue, une infirmière et une assistante sociale sont venus. Et bien sûr, ils ont pris grand soin de Carolina.

Juan Pablo a déclaré que “ si ” Être incompatible avec la vie signifie qu'on va mourir ; tout être humain est incompatible, car nous allons tous mourir. » Pouvez-vous développer ce point ?

-  [María Jesús] : La situation était difficile, car même des chrétiens et des gens très bien nous disaient qu'il était regrettable que Carolina soit atteinte d'une maladie incompatible avec la vie. C'était presque comme s'ils nous disaient que les douze jours qu'elle avait passés ici n'étaient pas une vie. Mais la vie, même si elle dure moins d'une minute, est la vie.

- [Jean-Paul]La vie de Carolina a été emplie d'un amour incroyable pendant douze jours. Il y a peut-être eu un peu de tristesse, mais ce n'étaient que des pensées fugaces, vite oubliées. Nous avons savouré chaque instant passé avec elle ; elle est notre fille et nous l'aimerons toujours.

Certaines personnes préfèrent éviter la douleur que vous avez endurée, comment expliquez-vous votre décision ?

- [Jean-Paul]Il n'y a pas de meilleure solution que de continuer. Mourir dans les bras de sa mère n'est pas la même chose que de mourir de sa main.

-  [María Jesús] : Ça en vaut la peine. Nous ne méritons aucun mérite ; tout est grâce à Dieu et à Carolina. Elle nous a appris que chaque minute est un cadeau, elle nous a offert un bonheur que je ne sais pas si je retrouverai un jour.

Tout cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de douleur, car nous souffrons énormément ; son absence nous pèse terriblement. C'est une douleur profonde qui s'accompagne d'une grande paix. Souffrance et bonheur ne sont pas incompatibles.

Enfin, je le recommande personnellement à tous. mère Toute famille traversant une situation similaire devrait prendre de nombreuses photos de ses enfants. Cela peut paraître futile, mais cela vous réconfortera plus tard.

María Jesús et Juan Pablo avec leurs filles.
Culture

Météores : les monastères suspendus entre ciel et terre

En 1988, l'UNESCO a inscrit les monastères des Météores sur la Liste du patrimoine mondial. La justification officielle évoque une “ harmonie extraordinaire entre la création humaine et le paysage naturel ”. De fait, on y ressent une véritable harmonie avec tout : la ténacité de l'humanité, sa foi et son obstination à construire là où cela semble impossible.

Gerardo Ferrara-3 mai 2026-Temps de lecture : 7 minutes

J'ai écrit cet article après en avoir consacré un autre à Mont Athos, Animé d'une soudaine nostalgie pour la Grèce et, plus généralement, pour la Méditerranée orientale, surtout maintenant que les voyages sont plus difficiles en raison du contexte international dramatique, je crois nécessaire d'aborder ce que j'appelle les sommets d'un triangle spirituel orthodoxe grec idéal : un point sur le Mont Athos, un autre à Constantinople, que j'évoquerai dans le prochain article, et le troisième, précisément, aux Météores.

Je vais commencer par un détail amusant, et désormais impossible à reproduire : un billet d’avion de Roma Il y a quelques années, j'ai trouvé un billet aller-retour pour Thessalonique à cinquante euros. Une occasion à ne pas manquer. J'ai réservé, je suis parti, et à l'aéroport de Thessalonique, j'ai loué une petite voiture bleu foncé avec laquelle, par un bel après-midi ensoleillé de juin, j'ai pris la route en direction de Kalambaka.

À un moment donné, sur la droite, apparaît le massif du mont Olympe, drapé d'une voûte de nuages gris menaçants, tandis que le reste du ciel est d'un bleu cristallin. Qui sait, peut-être les dieux antiques étaient-ils jaloux que je ne me sois pas arrêté avant eux, mais que j'aie poursuivi ma route vers un lieu où la nature est tout aussi belle et divine, mais d'une divinité différente, plus discrète : une divinité où des moines, héros nouveaux non plus mythologiques mais bien réels, ont véritablement accompli les douze travaux pour extraire du rocher, ou y bâtir, des joyaux architecturaux afin de vénérer un Dieu qui n'affectionne guère les intrigues, les orgies, la corruption et les caprices si chers aux dieux du monde antique, qui n'étaient rien de plus qu'une projection des vices et des vertus typiquement humaines.

Au cœur de la Grèce

Les Météores sont situés en Thessalie, patrie d'Achille, au centre de Grèce, près de Kalambaka.

Une fois arrivé à l'hôtel, je me suis installé, j'ai déposé ma valise et j'ai décidé de sortir aussitôt pour admirer le coucher de soleil entre les pitons rocheux sur lesquels se dressent les six monastères, déjà visibles de la fenêtre : les rochers dominent la ville de tous côtés. La lumière était merveilleuse, presque irréelle, le soleil teintant les pitons de grès d'ocre. monastères Elles s'élèvent encore plus haut, rétroéclairées, comme s'il s'agissait de “ météorites ”, terme qui signifie en grec “ suspendues dans les airs ”.

Après le coucher du soleil sur les rochers, je descends au village et entre par hasard dans un petit restaurant sans prétention, avec des nappes en papier et un menu écrit à la main. J'étais peut-être venu visiter des monastères, mais rien ne m'empêchera de savourer une moussaka (qui s'avérera être la meilleure que j'aie jamais mangée) ! 

L'histoire des météores

L'histoire des Météores est étroitement liée à celle du Mont Athos. En effet, en 1344, des moines, menés par Athanase Koinovitis, arrivèrent en Thessalie et s'installèrent sur un plateau rocheux de 613 mètres de haut, le “ Grand Rocher ” (“ Platys Lithos ”), pour y fonder le premier véritable monastère de la région : le Grand Météore (Megalometeor), ou monastère de la Transfiguration.

Pourquoi avoir choisi cet endroit ? Parce que ces rochers garantissent l'isolement et l'imprégnation face aux invasions qui se sont succédé en Thessalie, des Goths aux Ottomans.

Au XVIe siècle, les Météores étaient à leur apogée : vingt-quatre monastères perchés au sommet de autant de pics. Aujourd’hui, il n’en reste que six.

Le paysage complexe des monastères des Météores

Comment se forme une “ météorite ” ?

Après avoir pris mon petit-déjeuner à l'hôtel, et haletant sous la chaleur de cette matinée de juin en gravissant les marches taillées dans la roche, j'arrive au premier monastère, Megalometeoro, et je me demande ce qui m'a poussé à grimper jusqu'ici et ce qui a poussé les moines à construire quelque chose sur ces rochers, et de plus en utilisant seulement des cordes, des filets et des échelles en bois !

Escalier menant à l'un des monastères des Météores

Et dire que les escaliers taillés dans la roche (140 marches pour le Megalometeor, 150 pour le monastère de la Sainte-Trinité) n'ont été ajoutés qu'au XXe siècle ! Auparavant, pour atteindre les monastères, il fallait compter sur quelqu'un pour tirer sur les cordes, sur la solidité des nœuds et sur la robustesse du panier dans lequel on était suspendu dans les airs.

Aujourd'hui, c'est différent, mais le labyrinthe de marches au milieu du sable blanc ne facilite pas vraiment l'ascension. D'un autre côté, cela fait partie de l'expérience : de temps à autre, une fissure dans la roche dévoile un paysage enchanteur et les montagnes, et l'on a presque l'impression qu'aucune structure imposante ne se dresse juste au-dessus de nos têtes.

Les six monastères actifs

Les six monastères restants abritent toujours des communautés actives, avec des moines et des nonnes qui suivent la règle orthodoxe de prière, de travail et de silence.

Le plus ancien et le plus grand est précisément le Grand Météore (Mégalometeor), monastère mère de tout le complexe. Son église principale, le “ katholikòn ”, abrite des fresques extraordinaires, représentant des scènes de persécution des chrétiens et des martyrs dont les yeux dorés et sévères sont fixés sur le visiteur.

Monastère du Grand Météore

Il y a ensuite Varlaam, perché au sommet d'un piton rocheux de 373 mètres de haut, fondé vers 1350 par l'ermite Varlaam et reconstruit au XVIe siècle. On peut y admirer le filet d'origine qui servait à hisser les moines jusqu'au sommet du rocher. En le contemplant, on se demande non seulement comment les cordes ne se rompaient pas, mais surtout comment les âmes malheureuses qui y étaient hissées pouvaient supporter le frisson. On raconte que lorsqu'on demandait à quelle fréquence les cordes étaient changées, la réponse était toujours la même : “ Quand elles cassent. ” En fin de compte, c'était vraiment une question de foi !

Le monastère de la Sainte-Trinité (“ Agia Triada ”), fondé en 1458, est le plus difficile d'accès : il faut descendre la paroi rocheuse par un étroit passage puis gravir 150 marches. Il fait chaud et on a l'impression de ne jamais y arriver. Je croise des touristes qui, en redescendant, s'extasient sur la vue imprenable depuis le sommet. Et ils ont raison : d'en haut, la plaine s'étend à perte de vue et le silence invite à la réflexion, à la contemplation du monde vu d'en haut, avec toutes ses couleurs, les nuances de vert, le ciel, les rochers, sans aucun bruit : seulement la douce brise qui souffle ici, le chant des oiseaux et les psaumes des moines.

Cour du monastère de la Sainte-Trinité

Le monastère Saint-Nicolas-Anapafsas, quant à lui, est le plus proche du village de Kastraki. Il abrite les fresques de Théophane Strelizas, peintre crétois du XVIe siècle, parfaitement conservées. Les personnages qui y sont peints semblent presque accueillir les pèlerins et les voyageurs fatigués de leur périple.

Parmi les Météores, on trouve également deux monastères de nonnes.

Monastère de Rousanou

Le premier, Rousanou, fondé au XIVe ou XVe siècle, porte un nom qui sonne comme un soupir. Peut-être parce que j'ai poussé un soupir de soulagement en constatant qu'on y accédait en descendant. Bien sûr, la descente est suivie de la remontée, mais l'effort en vaut la peine. On arrive en effet dans un jardin frais et abrité, avec une fontaine en son centre et un cyprès ombragé, protégé par un rocher et débordant de fleurs rouges. Et l'on remarque aussitôt la touche féminine qui embellit l'ensemble. Les religieuses, vêtues de leurs habits noirs, passent, comme en suspension, dans le silence.

Le second, Santo Stefano, est encore plus facile d'accès : un pont de pierre le relie à la route où je me suis garé. J'ai lu dans le guide que l'empereur byzantin Andronic III Paléologue s'y était arrêté en 1333 et y avait laissé de précieux présents : des icônes inestimables et des ornements liturgiques. À Santo Stefano, j'ai la même impression qu'au Mont Athos : chaque monastère a un caractère, une âme qui le rend unique, différent des autres. Cela tient peut-être à la facilité d'accès, au nombre de moines ou de moniales qui y vivent, au paysage environnant ou à sa taille. À Santo Stefano, l'escalier blanc ouvert, avec sa rampe en fer forgé et ses cyprès de part et d'autre, et les drapeaux grecs et catholiques qui flottent dans la brise de juin, lui confèrent une atmosphère moins austère que les autres. Mais c'est peut-être parce que c'est ici que s'achèvent mes six tentatives pour atteindre chacun d'eux.

Un monde proche et lointain

En 1988, L'UNESCO Les monastères des Météores ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, bénéficiant ainsi de la double reconnaissance exceptionnelle d'être à la fois un site naturel et culturel. Le texte officiel évoque une “ harmonie extraordinaire entre la création humaine et le paysage naturel ”. Et de fait, on ressent ici une véritable harmonie avec tout : la ténacité de l'humanité, sa foi et son obstination à construire là où cela semble impossible, se conjuguent à la ténacité bien plus patiente (60 millions d'années) de la nature, qui a sculpté et façonné ces rochers sous l'effet du vent et des séismes.

Et en parlant d'harmonie entre nature et culture, le deuxième soir, je retourne au petit restaurant de moussaka pour reprendre des forces après avoir nourri mon âme. Une douce brise me caresse le visage, les rochers se parent d'un violet profond au coucher du soleil, et les lumières artificielles commencent à illuminer les monastères qui se dressent au-dessus de moi, suspendus dans l'obscurité naissante. “ Et je vois que c'est quelque chose de bon ! ” : du pain frais sur la table, la moussaka, les flèches illuminées au-dessus de ma tête, et je me sens au paradis et, comme on dit en Italie, “ comblée de bonheur ! ”.

Monastères de Varlaam et du Grand Météore
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Ressources

« Enquête sur l'entendement humain » de David Hume

Nous poursuivons notre série d'articles sur les œuvres principales des grands philosophes modernes et contemporains, après les exposés de Descartes et de Locke.

Ignacio Sols-2 mai 2026-Temps de lecture : 8 minutes

Une version plus longue de cet article On peut le voir ici.


Né à Édimbourg en 1711, il fit ses études en Écosse, qu'il acheva en France (à Reims et à La Flèche) entre 1735 et 1737, année où il termina ses études supérieures. Traité de la nature humaine. Très critiquée, elle demeure en 1748 une version aboutie Recherche sur la compréhension humaine, et en 1749 son Discours politiques et leurs Recherche sur les principes de la moralité. Historien à Édimbourg, formé à Paris à partir de 1763, homme d'État à Londres à partir de 1766, retraité à partir de 1769, décédé à Édimbourg en 1776.

Recherche sur la compréhension humaine

a) Exposition : Le Grand Naufrage

Être englouti

Locke Il avait fondé sa philosophie sur les idées – littéralement “ ce qui est vu ” ou “ ce qui est perçu ” – mais Hume, rejetant les substances comme George Berkeley, allait plus loin et partir des impressions elles-mêmes. Il les distingue des idées, car l'impression du feu – celle qui brûle dans la main – n'est pas la même chose que l'idée ou le souvenir que nous en avons. L'impression est réelle, et l'idée est le souvenir qu'elle laisse, avec la certitude que l'impression se reproduira. Si je vous vois, j'ai une impression réelle, mais si je ferme les yeux, je ne l'ai plus et il ne me reste que l'idée que je m'en suis faite. La croyance en votre existence Indépendamment de moi, il n'existe que la certitude, fondée uniquement sur l'habitude, que l'impression réapparaîtra à l'ouverture de mes yeux. Seules les impressions sont réelles, dès lors, et rien ne subsiste de la substance, de l'être qui les sous-tend.

La causalité a coulé

D'autres idées émergent de ces souvenirs d'impressions, par “ association d'idées ”, soit par ressemblance – une idée nous en rappelle une autre similaire –, soit par contiguïté, comme l'idée d'un appartement suggère celle de l'“ appartement voisin ”, soit encore par causalité, une sorte de contiguïté temporelle. La causalité est aussi une croyance fondée uniquement sur l'habitude : l'habitude selon laquelle ce que l'on appelle la cause est suivi de ce que l'on appelle l'effet. Nous sommes habitués à retrouver nos forces après avoir mangé. Nous disons alors que l'un est la cause de l'autre, sous-entendant qu'il existe un lien nécessaire entre eux, même si personne n'a jamais constaté ni démontré une telle nécessité, et que, par conséquent, cette croyance est dépourvue de toute justification rationnelle.

“ Qui peut prétendre donner la raison ultime pour laquelle le lait ou le pain conviennent à l’homme, mais pas au lion ou au tigre ? … Nos sens nous informent de la couleur, du poids et de la consistance du pain ; mais ni les sens ni la raison ne peuvent jamais nous renseigner sur les qualités qui le rendent apte à nourrir et à soutenir le corps humain. ”

En fait, ajoute-t-il, la causalité — un lien nécessaire dont nous n'avons aucune impression ni justification — est la principale source d'idées fantaisistes, et il donne l'exemple de notre idée d'un auteur — même si nous ne l'avons jamais vu — chaque fois que nous voyons une lettre écrite, habitués que nous sommes à ce que quelqu'un écrive d'abord, puis que la lettre soit écrite.

Ceci révèle la nature chimérique de l'idée de Dieu comme mon auteur et comme auteur du monde, mais aussi celle du moi comme cause de mes actions, et même celle du monde comme entité ayant une existence indépendante de moi et comme cause des impressions que je suscite. De même, de l'effet indéniable naît la cause chimérique. Dieu, le monde, le moi – les grands thèmes de la philosophie – se trouvent ainsi submergés.

La moralité a chuté.

Cela prive la morale de toute justification rationnelle, ce qu'elle illustre ainsi : je vois une pierre heurter une autre et je pense que le mouvement de l'une est la cause du mouvement de l'autre, sans libre arbitre ; mais je décide d'assassiner mon rival et de le poignarder, étant moi-même la cause de l'effet, à savoir la blessure, mais cette fois-ci une cause libre. Je n'ai eu aucune perception de l'un ou l'autre type de causalité, mais j'ai inventé la causalité libre dans le même but : “ trouver un coupable ”. Il est donc compréhensible que son discours moral (un certain utilitarisme fondé sur le sentiment) ait inspiré les pragmatistes.

Cependant, cela ne rapproche pas Hume du scepticisme pyrrhonien radical, car le sceptique peut réussir dans le monde universitaire – grâce à sa cohérence – mais échoue dans la vie réelle, évitant un feu de joie ou un précipice de peur qu'ils ne provoquent des brûlures ou la mort. Il opte pour un “ scepticisme modéré ” qui reconnaît l'“ existence ” du feu et du précipice, ainsi que leur “ causalité ” indésirable, non pas comme une connaissance véritable, mais plutôt comme une croyance figée, fondée uniquement sur l'habitude. 

La science a coulé

Ainsi, il préconise notamment la poursuite des sciences expérimentales, sans pour autant se bercer d'illusions quant à leur validité en tant que savoir. D'une part, il y a les sciences qui démontrent les relations nécessaires entre les idées – l'arithmétique et la géométrie – savoir auquel il reconnaît la validité ; d'autre part, il y a les sciences qui enregistrent les phénomènes et les expliquent par d'autres phénomènes comme causes – une causalité sans fondement rationnel – et qui, à partir d'expériences particulières, aboutissent à des lois universelles, ce qu'on appelle “ l'induction ”. Celle-ci est dépourvue de justification rationnelle, puisqu'elle repose uniquement sur la conviction que les choses se produiront à l'avenir comme elles se sont produites jusqu'à présent. 

La philosophie a coulé

Quant à la prétendue connaissance des idées – “ le vu ” – que personne n’a vues, telles que les substances ou la causalité, ou l’idée de l’âme ou de Dieu, “ lorsque nous soupçonnons qu’un terme philosophique est employé sans signification ni idée (ce qui arrive même trop souvent), il nous suffit de nous demander : de quelle impression cette idée supposée est-elle tirée ? Et s’il est impossible de lui en attribuer une, cela confirmera notre soupçon. ” Ce que Hume pense de la connaissance de ce type d’idée, en particulier en métaphysique, est bien résumé dans les derniers mots de son œuvre :  

“ Lorsque nous parcourrons les bibliothèques, persuadés par ces principes, quel désastre nous y ferons ! Si nous prenons entre nos mains un volume de théologie ou de métaphysique scolastique, par exemple, demandons-nous : Contient-il un raisonnement abstrait sur la quantité et le nombre ? Non. Contient-il un raisonnement expérimental sur les faits et l'expérience ? Non. Alors jetons-le au feu, car il ne peut contenir que sophismes et tromperies. ”  

b) Critique : Qui ose ?

Personne. David Hume a convaincu tout le monde. Emmanuel Kant a créé sa philosophie transcendantale pour sauver les idées de substance et de causalité — et d'autres qui rendent la connaissance possible — de ce naufrage, mais en tant que simple a priori qui ne se produisent que dans notre faculté de connaître. 

L'incohérence de l'ajout de ces a priori une réalité extérieure comme “ cause ” de la connaissance sensorielle par laquelle commence la connaissance (alors que la causalité a été considérée comme une simple a prioriSchopenhauer a résolu ce problème en concevant le monde – la réalité extérieure – comme une simple représentation, la volonté étant ce qui y est représenté. Il a ainsi placé la volonté au rang d’être, et Nietzsche l’a suivi, pour qui la volonté suffisait et tout le reste était superflu : la volonté de puissance, une notion qui sonne déjà comme une évidence du XXe siècle.

Mais l’approche de Hegel face à l’incohérence kantienne est encore plus radicale : avec Fichte, il élimine d’un seul coup la réalité extérieure, ne laissant subsister que l’idée. Et du “ toute idée ” à la “ toute matière ” du matérialisme dialectique de Karl Marx, il n’y a qu’un changement de terminologie, comme il le dit lui-même dans son ouvrage La pauvreté de la philosophie. Marx, Nietzsche, les philosophies qui allaient devenir l'histoire politique du XXe siècle — et quelle histoire ! Nous connaissons déjà la suite.

L'autre œuvre majeure de Hume est la réfutation de l'induction, qu'il juge dépourvue de justification rationnelle. Heureusement, cette réfutation intervient alors que la science était déjà bien établie, car elle aurait été paralysante à la naissance de la mécanique au siècle précédent, celui-là même où Francis Bacon avait proposé son projet inductif stimulant. Pierre Duhem se range parmi les philosophes-scientifiques des XIXe et XXe siècles – citant Ernst Mach et Henri Poincaré – incapables de fournir une justification rationnelle au fondement inductif de la science, mais qui s'étonnent néanmoins de son fonctionnement. On ne peut rien attendre de moins de Karl Popper : il rejettera le principe d'induction comme irréfutable, rejetant ainsi un principe philosophique – car il s'agit bien de philosophie des sciences – doté d'un critère destiné à caractériser les propositions scientifiques.

Thomas Kuhn se contente de qualifier l'induction de “ question épineuse ”, l'évitant ainsi. Plus récemment, Evandro Agazzi lui consacre un ouvrage majeur. Sujets et problèmes en philosophie de la physique Deux lignes suffisent pour recommander le philosophe des sciences Carl Hempel, farouchement opposé à l'induction. Plus près de nous, Mariano Artigas valorise l'induction, mais sans jamais en fournir de justification rationnelle. Quelle sera donc notre réaction ?

Le caractère insensé de son attaque contre la cause

Hume a déconstruit bien des choses. À son objection principale, la causalité, nous répondrons qu'aucun des arguments avancés contre elle — tous étant des variantes de celui mentionné précédemment — ne résiste aujourd'hui, malgré les progrès impressionnants de la science, rendus possibles par la quête incessante des scientifiques pour comprendre le “ pourquoi ” de chaque nouveau phénomène, et ce, malgré cette philosophie paralysante.

Est-il vrai qu'on ne découvrira jamais de lien nécessaire entre la consommation de pain et le rétablissement de nos forces ? Nous connaissons désormais, une à une, les réactions chimiques du métabolisme de l'amidon du pain en dioxyde de carbone et en eau, avec libération d'énergie, ainsi que les réactions chimiques qui convertissent cette énergie en force motrice pour les muscles. Nous comprenons parfaitement ces réactions chimiques comme une conséquence de la physique des atomes impliqués et, par conséquent, nous réduisons cette physique à de pures mathématiques, le seul savoir que Hume considérait comme parfaitement valable. Il a lancé son attaque contre la causalité alors qu'elle était encore crédible, mais maintenant qu'elle ne l'est plus, sa philosophie a déjà produit ses conséquences.

La vérité est que la causalité est déjà vouée à l'échec dès l'instant où les substances ont été éliminées., quelque chose Ce qui sous-tend ces impressions de couleur, d'odeur et de goût du pain, et dont celles-ci ne sont que des qualités, c'est bien la nature même de l'entité. Car ces seules impressions peuvent-elles nourrir et fortifier ? Mais s'il existe une “ chose ” qui possède cette couleur, cette odeur et ce goût comme qualités propres que nous percevons, peut-être en possède-t-elle d'autres que nous ne voyons pas encore, mais que nous verrons peut-être demain grâce aux progrès de la science. Tel est le numéro atomique des éléments qui le composent, ce qui explique les propriétés chimiques par lesquelles le pain nourrit et fortifie. 

Et pourquoi s'est-il débarrassé des substances pour ne conserver que de simples impressions ? Il a tout simplement suivi la recommandation de Locke – figure très importante dans sa formation, tout comme George Berkeley – qui considérait les substances comme superflues en philosophie, puisque nous n'en avons pas d'idées claires et distinctes, comme celles formées par nos impressions (j'ai soutenu dans un article précédent que c'est une exigence des idées scientifiques, puisque nous les construisons avec nos définitions ; une exigence de la méthode scientifique, qui appauvrit la pensée philosophique. Une erreur de méthode, donc, précisément depuis René Descartes).

En réalité, nous n'aurions même pas dû avoir à répondre à Hume, car bien qu'il affirme qu'il n'existe que des impressions, il évoque à plusieurs reprises, dans chaque lignée, les êtres qui les sous-tendent, ce que la philosophie appelle les substances. Comme le dit Aristote, le sceptique qui nie la possibilité de la connaissance – le sceptique moderne nie même l'être lui-même – ne nous dérange pas, car s'il parle, il se réfute lui-même ; et s'il ne parle pas, il ne nous dérange pas non plus, car il est comme une plante. 

Rationalité de l'induction

Concernant l'induction, on peut effectivement affirmer qu'elle est rationnelle, c'est-à-dire qu'en induisant, nous agissons de manière rationnelle. ce que fait toujours la raison. Et que fait-elle ? Elle recherche toujours l'unité entre des faits apparemment sans lien, sans relation les uns avec les autres, au point que Kant pose cette présupposition d'unité du monde comme une des idées pures de la raison, une condition de possibilité et un stimulant pour notre raisonnement. La raison recherche toujours l'explication la plus simple, celle qui, en elle-même, explique et rationalise de nombreux faits qui semblaient sans rapport et inexplicables, comme dans les cas d'Hercule Poirot. 

Eh bien, lorsqu'on induit une loi universelle, comme la dilatation des métaux sous l'effet de la chaleur, voici ce que l'on fait : on découvre une unité, une régularité, une identité entre de nombreux faits expérimentaux qui, sans une telle loi, resteraient sans lien. Son énoncé est à la fois une assertion et une prédiction : on affirme que cela s'est produit de la même manière dans toutes les expériences passées, qui peuvent être… VRAI (et nous pouvons en être certains) ou faux; Et nous prévoyons que cela restera le cas, une prédiction qui pourrait être accompli (dont nous ne sommes pas absolument certains) ou ne pas être satisfait, , Mais nous le faisons sur une base rationnelle : l'explication la plus simple de la raison pour laquelle cela s'est toujours produit, et toujours avec le même coefficient d'expansion, est que cette coïncidence n'est pas due à une série d'événements fortuits – l'explication la plus alambiquée, incroyable et irrationnelle – mais parce qu'il était nécessaire que cela se produise ainsi (même s'il nous a fallu deux siècles pour trouver la raison de cette nécessité), et que par conséquent, cela se reproduira dans les expériences futures.

Et pour la dernière boutade, appliquons au sceptique, comme le recommandait Aristote, sa propre recette. Prenons en main la fameuse Recherche sur la compréhension humaine Par David Hume, et demandons-nous : contient-il un raisonnement abstrait sur la quantité et le nombre ? Non, on n'y trouve ni nombre ni formule. Contient-il un raisonnement expérimental sur les faits et l'expérience ? Non, on n'y trouve aucune trace de coefficients de dilatation, ni aucune notation d'expérience. Qu'il soit donc jeté au feu, puisqu'il ne peut contenir que sophismes et tromperies ! 

L'auteurIgnacio Sols

Université Complutense de Madrid. SCS-Espagne.

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« Enquête sur l'entendement humain » de David Hume

Nous poursuivons notre série d'articles sur les œuvres principales des grands auteurs modernes et contemporains, après les exposés de Descartes et de Locke.

Ignacio Sols-2 mai 2026-Temps de lecture : 36 minutes

Une version plus courte de cet article On peut le voir ici.


a) Exposition

Dans son Recherche sur la compréhension humaine, David Hume radicalise l'approche empiriste de John Locke. Rappelons que Descartes Tout a commencé par le “ cogito ”, par notre pensée (le fait que nous pensions est certain. Plus tard, nous chercherons les raisons de faire confiance à notre pensée, posant ainsi les fondements solides de notre connaissance). Et souvenons-nous que Locke Il était parti des “ idées ”, comprises au sens grec du terme : “ ce qui est vu ”. Autrement dit, il partait de ce qui est perçu par les sens, externes ou internes. Hume, plus radical, distingue entre “ impression ” et “ idée ”, car ce que nous voyons ou ressentons – l’impression – n’est pas la même chose que ce que nous avons vu ou ressenti – l’idée, le vu ou le ressenti – de même qu’un mal de dents que je “ ressens ” n’est pas la même chose qu’un mal de dents que j’ai ressenti ; je préfère de loin ce dernier, c’est-à-dire celui dont je me souviens simplement.

Cette distinction étant faite, il apparaît clairement que son analyse de la connaissance ne se fondera pas sur les idées, mais, plus radicalement, sur les impressions. Je regarde et j'ai une impression ; je ferme les yeux et cette impression disparaît. L'idée demeure, la vision, le souvenir de l'impression et la confiance en son existence indépendamment de moi, car je suis persuadé que si je rouvre les yeux, la même chose apparaîtra. Mais, à proprement parler, pendant que mes yeux étaient fermés, il n'y avait rien d'autre que la simple confiance que cette perception se répéterait, une confiance fondée sur la simple habitude, et non sur un véritable raisonnement. 

L'analyse qui suit nous montrera qu'en effet, la connaissance véritable est impossible en matière d'existence. Précisons d'emblée que, lorsqu'il est question ici d'une idée, il s'agit toujours, bien entendu, d'une idée particulière, puisqu'elle l'est déjà dans son contexte antérieur. Traité de la nature humaine, Chez Hume, comme chez son prédécesseur Berkeley, on ne trouve aucune trace de la notion d'abstraction, pour des raisons qui, d'après ce que j'ai dit, devraient déjà être évidentes.  

Son analyse des idées repose sur le constat que nos idées sont soit le souvenir d'une impression passée, soit formées par association à partir d'autres idées, que ce soit par ressemblance, contiguïté ou causalité. L'association par ressemblance se produit car certaines idées en suggèrent d'autres avec lesquelles elles partagent une certaine similarité, de même que la vue d'un portrait évoque, par association, l'idée de la personne représentée. L'association par contiguïté temporelle ou spatiale se produit car, lorsque deux idées sont contiguës, l'une suggère l'autre (comme dans le cas du voisinage : l'idée d'un appartement dans un immeuble suggère l'idée de l'“ appartement voisin ”). Enfin, il y a l'association par causalité, ou l'association d'une idée à une autre en tant que cause, c'est-à-dire comme s'il existait un lien nécessaire entre elles (l'idée d'une blessure subie est nécessairement suivie de l'idée de douleur ; on dit donc que la blessure est la cause de la douleur). C’est ce dernier type d’association d’idées qui intéresse le plus Hume, car il y voit la principale source de nos idées chimériques, et donc la principale source d’erreur dans notre connaissance.

En effet, lorsque nous percevons souvent une certaine contiguïté temporelle entre deux idées — d'abord la blessure, puis la douleur —, nous finissons par imaginer un lien nécessaire entre elles, comme si la première suivait nécessairement la seconde, même si nous n'avons jamais démontré cette nécessité, mais simplement une contiguïté temporelle à laquelle nous nous sommes habitués. Et nous exprimons cela en disant que la première est la cause et la seconde l'effet. 

Mais il s'agit là d'une connaissance erronée, car elle tient pour acquis ce qui n'est que supposé, puisque nous ne percevons pas un tel lien – nous n'en avons aucune impression – et que nous ne le déduisons par aucun raisonnement. Lorsque nous mangeons du pain (de la nourriture), nous ressentons du réconfort ensuite, et lorsque nous voyons de la lumière et de la chaleur (une flamme), nous constatons alors qu'un morceau de papier placé à proximité se carbonise, noircit, et nous disons que le premier est la cause du second, comme si le second découlait nécessairement du premier. Mais aucun raisonnement ne nous permet de conclure à une telle nécessité, et il ne pourra jamais y en avoir. Nous ne trouverons jamais de raison pour laquelle les perceptions que nous appelons pain – une couleur, un goût, et même une odeur agréable s'il est frais – conduisent nécessairement à ces autres perceptions internes de réconfort, de restauration, de satiété après sa consommation ; ni pourquoi cette lumière et cette chaleur que nous appelons feu doivent nécessairement conduire à la perception de ce noircissement d'un morceau de papier voisin que nous appelons carbonisation. Nous y sommes tout simplement habitués, et c'est la seule base de notre certitude que cela continuera à se produire à l'avenir : une pure habitude et non la perception ou la démonstration d'un lien nécessaire entre ce que nous appelons cause et ce que nous appelons effet. 

La causalité se révèle ainsi être une simple croyance : une simple habitude à une certaine contiguïté temporelle entre les impressions, sur laquelle se fonde une simple confiance que les expériences futures seront semblables aux passées. C'est ainsi que la causalité sous-tend nos croyances sur l'existence. Je vois une lettre, mais je ne vois pas son auteur ; pourtant, j'en déduis qu'un auteur doit “ exister ”, puisque quelqu'un a forcément été à l'origine de l'écriture de cette lettre. De cette manière, une nouvelle idée, celle d'auteur, est créée à partir d'une idée que j'avais déjà, celle de lettre, puis je qualifie l'auteur d'“ idée ” ou de “ vu ”, alors que je ne vois que la lettre.

En particulier, je me forge l'idée qu'il existe quelque chose d'extérieur qui cause les impressions que je reçois, même si, à proprement parler, je ne ressens que ces impressions. Par “ existence ”, j'entends son indépendance de moi-même, même lorsque je ne perçois plus rien parce que j'ai fermé les yeux, comme je l'ai dit au début. Je maintiens cette existence comme “ perçue ” — même si je ne la perçois pas réellement — comme la conviction qu'en rouvrant les yeux, je recevrai les mêmes impressions. Cette conviction, comme je l'ai dit, n'est pas une véritable connaissance, car elle ne repose pas sur le raisonnement mais seulement sur l'habitude : sur la simple confiance que cela se reproduira à l'avenir comme cela s'est produit par le passé, une confiance fondée sur la causalité — chose que nous avons donc déjà démasquée comme chimérique — car je pense que les impressions ont été causées par quelque chose d'extérieur à moi.

En réalité, le radicalisme de Hume le conduit à démasquer le concept même de “ soi ” comme chimérique, puisque nous n'en avons aucune perception. Il le réduit à un ensemble de perceptions, dont, selon lui, nous n'aurions aucune notion du “ soi ” sans la mémoire, qui nous permet de conserver le souvenir des perceptions passées. Mais se souvenir n'est pas la même chose que percevoir, si bien que le “ soi ” entre dans son catalogue d'idées chimériques, aux côtés de l'idée chimérique d'un monde extérieur, suivie, bien sûr, de l'idée chimérique de Dieu. 

Maintenant que nous comprenons que la causalité n'est qu'une croyance, une confiance, et non une connaissance à proprement parler, que pouvons-nous dire de la liberté, de ce concept qui nous permet de parler de responsabilité morale, placé au fondement même de la science éthique ? Lorsque nous constatons qu'une pierre en heurte une autre, nous disons que le mouvement de la seconde a été causé par celui de la première, même si ce lien nécessaire n'a pas été démontré (si une telle démonstration avait été faite, il n'aurait pas été nécessaire de la voir plusieurs fois ; une seule fois aurait suffi, car lorsqu'une connaissance véritable nous est donnée, lorsqu'on nous présente un raisonnement que nous reconnaissons comme vrai, par exemple, il nous suffit de l'avoir vu une seule fois ; mais l'habitude – car c'est bien de cela qu'il s'agit, une habitude – exige de l'avoir vue plusieurs fois, car en réalité, ce n'est pas une connaissance véritable). Cependant, nous ne disons pas pour autant que le mouvement de la seconde pierre est libre, mais plutôt qu'il découle nécessairement du mouvement de la première. Mais lorsque c'est ma volonté qui commande le mouvement d'un corps, mon propre corps, de sorte qu'il obéisse à mon ordre, on ne parle plus de nécessité, mais d'acte libre. Pourquoi cet acte serait-il libre et l'autre non, s'il s'agit de la même chose, d'une simple habitude du premier – ce que nous appelons cause ou responsabilité morale – toujours suivie par le second, le mouvement d'une pierre ou de mon propre corps ? La liberté n'est alors qu'une illusion, et il n'y a donc aucune raison de parler de responsabilité morale. Au final, c'est toujours la même rengaine : trouver un coupable. 

Après avoir exposé sa position épistémologique, Hume affirme ne pas être un partisan du scepticisme pyrrhonien, pour lequel rien ne signifie l'existence, mais n'est qu'une illusion fondée sur nos perceptions sensorielles, sans aucune raison de se fier à une telle illusion. Hume soutient que ce sceptique radical est imbattable dans le monde académique, c'est-à-dire dans le débat philosophique. Mais confronté à la réalité, le sceptique est vaincu par ceux qui ne sont pas sceptiques, mais qui croient tout ce qu'ils considèrent comme du savoir. En effet, face à un feu de joie, le sceptique ne trouve aucune raison de s'en éloigner, et pourtant il recule comme s'il savait que le feu existe indépendamment de lui. C'est pourquoi Hume prône un scepticisme raisonnable et bénéfique, un scepticisme modéré : il s'agirait d'admettre la causalité, et donc l'existence, non pas comme une connaissance vraie, puisqu'elle ne l'est pas, mais simplement comme une croyance ou une confiance fondée sur l'habitude. Puisque nous l'admettons pour des raisons pratiques plutôt qu'épistémologiques, nous n'allons pas nous jeter imprudemment dans le feu ni commettre un acte d'auto-immolation insensé pour être sceptiques. 

Et nous cultiverons aussi les sciences, oui, mais sans parler des liens nécessaires là où nous ne les voyons pas, ni ne les démontrons, mais de la contiguïté temporelle répétée jusqu'à présent, en comprenant que les lois universelles ne sont rien de plus que cela, comme celle qui dit que le fer se dilate sous l'effet de la chaleur.

Un tel scepticisme modéré ou bénéfique laissera donc les sciences à leur juste place, réduites à la simple science de ce qui est logique, et démasquera comme sophismes et tromperies d'autres branches du savoir qu'il examinera ensuite. 

Hume distingue deux types de connaissance : celle qui met en relation des idées et qui procède par un raisonnement articulé en démonstrations ; et celle qui se réfère à des questions de fait ou d'existence, qui ne procède pas par des démonstrations mais seulement par une certitude morale, et qui ne peut être qualifiée de connaissance car elle est fondée sur la croyance.  

La première catégorie comprend la géométrie et l'arithmétique, c'est-à-dire les mathématiques. Il s'agit là de véritables connaissances, car ces disciplines offrent des démonstrations qui établissent des liens irréfutables entre les idées. Cependant, il exprime un scepticisme à l'égard du calcul infinitésimal, récemment découvert et en plein développement à son époque : un scepticisme salutaire, hérité de George Berkeley. Je dis salutaire car, en tant que mathématicien, je peux vous assurer que David Hume n'avait pas tort sur ce point, le calcul infinitésimal n'ayant été clairement et distinctement établi et formulé qu'au XIXe siècle. En son temps, c'était un véritable chaos logique, bien qu'un chaos extrêmement utile qui n'a jamais failli (son prédécesseur philosophique immédiat, l'évêque anglican George Berkeley, a déclaré que les mathématiciens font une vérité à partir de deux mensonges, et il n'avait pas tort, et il ne l'a pas dit de façon malheureuse, puisque ses attaques, et d'autres qui ont suivi de la part des mathématiciens eux-mêmes, ont servi d'incitation à la formalisation du calcul au siècle suivant, pour laquelle la formalisation de toutes les mathématiques était nécessaire, et pour cela, la création de la logique formelle, dans laquelle est née la théorie des machines qui a conduit aux ordinateurs actuels).

Après les sciences théoriques, ou sciences de la démonstration – la géométrie et l'arithmétique – viennent les sciences expérimentales, dites sciences naturelles, c'est-à-dire celles qui traitent des faits et de l'existence. Elles ne procèdent pas de manière erronée, pourvu qu'elles comprennent leurs lois pour ce qu'elles sont : un simple enregistrement de la répétition, jusqu'à présent, d'une certaine continuité de faits. Leur formulation en tant que loi de la nature doit être comprise uniquement comme l'expression de notre confiance qu'elle se reproduira à l'avenir comme elle s'est produite jusqu'à présent dans le passé, mais en aucun cas comme l'expression d'un lien nécessaire entre les faits : lorsque nous disons : “ quand on chauffe du fer, il se dilate ”, nous ne comprenons pas qu'il existe un lien nécessaire entre les deux faits, puisque nous ne le percevons pas et ne pourrons jamais le percevoir, mais seulement que nous avons confiance que cela se produira à l'avenir comme cela s'est produit jusqu'à présent. 

Nous en venons donc aux autres formes de connaissance, à ces recherches sur des idées qui ne nous sont pas parvenues par les sens, et qui ne sont pas non plus associées à des idées perçues par les sens. De ces prétendues idées, puisque personne ne les a vues, David Hume déclare : “ Lorsque nous soupçonnons qu’un terme philosophique est employé sans signification ni idée (ce qui arrive même trop souvent), il nous suffit de nous demander : de quelle impression provient cette idée supposée ? Et s’il est impossible de lui en attribuer une, cela confirmera notre soupçon. ” Ce que David Hume pense de cette connaissance supposée, et en particulier de la métaphysique, est bien résumé dans les derniers mots de son œuvre :  

“ Lorsque nous parcourrons les bibliothèques, persuadés par ces principes, quel désastre nous y ferons ! Si nous prenons entre nos mains un volume de théologie ou de métaphysique scolastique, par exemple, demandons-nous : Contient-il un raisonnement abstrait sur la quantité et le nombre ? Non. Contient-il un raisonnement expérimental sur les faits et l'expérience ? Non. Alors jetons-le au feu, car il ne peut contenir que sophismes et tromperies. ”  

 b) Textes

I. Sur l'origine des idées

Il existe une grande différence entre les perceptions de l'esprit lorsqu'un homme ressent la douleur d'une chaleur excessive ou le plaisir d'une chaleur modérée, et ses perceptions lorsqu'il se remémore plus tard cette sensation… 

Ces perceptions moins fortes et moins vives sont communément appelées pensées ou idées. L'autre type… nous l'appellerons impressions. 

Tous les matériaux de la pensée proviennent de notre sensibilité externe ou interne ; l'esprit et la volonté ne sont responsables que du mélange et de la composition de ces matériaux.

Lorsque nous soupçonnons qu'un terme philosophique est employé dénué de sens ou d'idée (ce qui arrive bien trop souvent), il suffit de se demander : de quelle impression cette idée supposée provient-elle ? Et s'il est impossible de lui en attribuer une, cela ne fera que confirmer notre soupçon. 

II. Sur l'association des idées

Il me semble qu'il n'existe que trois principes de connexion entre les idées, à savoir : la similarité, la contiguïté dans le temps ou l'espace, et la cause ou l'effet…

Un tableau nous amène naturellement à penser à l'original (ressemblance) ; la mention d'un appartement dans un immeuble introduit naturellement une interrogation ou un discours concernant les autres (contiguïté) ; et si nous pensons à une blessure, nous pouvons difficilement éviter de réfléchir à la douleur qui s'ensuit (cause et effet). 

III. Doutes sceptiques quant au fonctionnement de l'entente

Tous les objets relevant de la raison ou de l'investigation humaine se divisent naturellement en deux catégories : les relations d'idées et les faits. La première catégorie comprend les sciences de la géométrie, de l'algèbre et de l'arithmétique, et, en somme, tout énoncé intuitivement ou manifestement vrai…

Tout raisonnement factuel semble reposer sur la relation de cause à effet. C'est uniquement par cette relation que nous pouvons dépasser les preuves de notre mémoire et de nos sens. Si l'on demandait à un homme pourquoi il croit à un fait qui n'est pas immédiatement évident, comme par exemple que son ami est à la campagne ou en France, il donnerait une raison, et cette raison serait un fait supplémentaire, tel qu'une lettre de lui reçue ou la connaissance de ses résolutions et promesses antérieures. Un homme qui trouverait une horloge ou toute autre machine sur une île déserte en conclurait qu'un homme y a vécu. Tout notre raisonnement factuel est de même nature. Il présuppose constamment un lien entre le fait présent et celui qui en est déduit. Sans ce lien, la déduction serait totalement hasardeuse. Entendre une voix articulée et un discours rationnel dans l'obscurité nous assure de la présence de quelqu'un. Pourquoi ? Parce que ce sont des effets de la constitution et de la structure humaines, qui leur sont intimement liés. Si l'on analyse les autres arguments de ce type, on constate qu'ils reposent sur la relation de cause à effet, qu'elle soit directe ou indirecte, proche ou lointaine. La chaleur et la lumière sont des effets indirects du feu, et l'on peut déduire l'un de l'autre.

 Si nous voulons donc être convaincus de la nature de cette preuve qui nous assure des faits, nous devons examiner comment nous parvenons à la connaissance de la cause et de l'effet.  

 J'ose affirmer, à titre de proposition générale qui n'admet aucune exception, que la connaissance de cette relation ne s'acquiert en aucun cas par un raisonnement a priori ; elle découle entièrement de l'expérience, lorsque nous constatons que des objets particuliers sont constamment liés. 

Les causes et les effets ne se découvrent pas par la raison mais par l'expérience… car personne n'imagine que l'explosion de la poudre à canon ou l'attraction d'un aimant puissent jamais être découvertes par des arguments a priori… Qui prétendra pouvoir donner la raison ultime pour laquelle le lait ou le pain sont des aliments appropriés à l'homme, et non à un lion ou à un tigre ? 

L'esprit ne peut jamais trouver l'effet dans la cause supposée, même par l'examen et l'analyse les plus méticuleux ; car l'effet est entièrement différent de la cause et, par conséquent, ne peut jamais y être découvert. Le mouvement de la seconde boule de billard est un événement totalement différent de celui de la première, et rien dans l'un ne suggère la moindre indication de l'autre… 

Aucun raisonnement a priori ne peut jamais le justifier.

Il est admis que le plus noble effort de la raison humaine consiste à simplifier les principes qui produisent les phénomènes naturels et à ramener les nombreux effets particuliers à quelques causes générales par le raisonnement analytique, l'expérience et l'observation. Mais quant aux causes de ces causes générales, nous tenterions en vain de les découvrir. … L'élasticité, la gravité, la cohésion des parties, la transmission du mouvement par impulsion – ce sont probablement les dernières causes et les derniers principes que nous découvrirons jamais dans la nature, et nous pouvons nous estimer heureux si, par une étude et un raisonnement rigoureux, nous parvenons à relier des phénomènes particuliers à ces principes généraux, ou presque. La philosophie naturelle la plus aboutie ne fait que repousser un peu plus notre ignorance.

Ainsi, une loi du mouvement, découverte par l'expérience, stipule que la quantité de mouvement ou la force de tout corps en mouvement est proportionnelle à sa masse et à sa vitesse… La découverte même de cette loi est due uniquement à l'expérience, et aucun raisonnement abstrait au monde ne saurait nous faire progresser d'un pas vers sa compréhension…

Nos sens nous renseignent sur la couleur, le poids et la consistance du pain ; mais ni nos sens ni notre raison ne peuvent nous renseigner sur les qualités qui le rendent apte à nourrir et à soutenir un corps humain…

Chacun admet qu'aucun lien n'est établi entre les qualités sensibles et les pouvoirs occultes… Quant à l'expérience passée, on peut admettre qu'elle ne fournit d'informations directes et certaines que sur les objets, et pour la période précise, qui relèvent de sa connaissance ; mais pourquoi cette expérience s'étendrait-elle à l'avenir et à d'autres objets qui, à notre connaissance, ne sont peut-être que superficiellement semblables ? Telle est la question principale sur laquelle je souhaite m'attarder. Le pain que j'ai mangé m'a nourri ; autrement dit, un corps doté de telles et telles qualités sensibles était, à ce moment-là, muni de tels et tels pouvoirs occultes. Mais s'ensuit-il qu'un autre pain, à un autre moment, me nourrirait de la même manière, et que des qualités sensibles semblables doivent toujours s'accompagner de pouvoirs occultes semblables ? La conséquence ne semble nullement nécessaire. Il faut tout de même reconnaître qu'il y a là une conséquence que l'esprit tire, qu'une certaine démarche est entreprise, un processus de pensée et une inférence qu'il convient d'expliquer. Ces deux propositions sont loin d'être identiques : j'ai constaté qu'un tel objet a toujours été accompagné d'un tel effet, et je prévois que d'autres objets, apparemment semblables, seront accompagnés d'effets semblables. J'admets, si vous voulez, qu'une proposition peut être correctement déduite de l'autre. En effet, je sais que c'est toujours le cas. Mais si vous insistez sur le fait que cette déduction repose sur une série de raisonnements, je vous demanderai de les reproduire. 

On peut classer tous les arguments en deux catégories : les arguments démonstratifs, qui portent sur les relations entre les idées, et les arguments moraux, qui portent sur les faits et l’existence. Il semble évident qu’il n’existe pas d’arguments démonstratifs dans ce cas précis. 

Tous les arguments relatifs à l'existence reposent sur la relation de cause à effet ; notre connaissance de cette relation provient entièrement de l'expérience, et toutes nos conclusions expérimentales partent du principe que l'avenir sera conforme au passé… 

Si l'on affirmait qu'à partir d'un certain nombre d'expériences uniformes, on déduit un lien entre qualités sensorielles et pouvoirs occultes, je dois avouer que cela me semble relever de la même difficulté déjà exprimée autrement. La question se pose à nouveau : sur quel raisonnement repose cette inférence ?.

Quand un homme affirme : “ J’ai constaté dans tous les cas passés que de telles qualités sensibles étaient associées à de tels pouvoirs occultes ”, et quand il ajoute : “ Des qualités sensibles semblables seront toujours associées à des pouvoirs occultes semblables ”, dire que cela relève de l’expérimentation revient à commettre une pétition de principe. Car toute inférence tirée de l’expérience présuppose, comme fondement, que l’avenir ressemblera au passé…

Lorsqu'un enfant a déjà ressenti la douleur en touchant la flamme d'une bougie, il prendra soin de ne pas approcher sa main d'une bougie ; et il s'attendra à un effet similaire de la part d'une cause d'apparence et de qualités sensorielles semblables. Si vous affirmez donc que la compréhension de l'enfant est amenée à cette conclusion par un processus d'argumentation ou de raisonnement, je peux légitimement vous demander de reproduire ce raisonnement…

IV. Solution sceptique à ces doutes

Cependant, malgré toute son expérience, [une personne] n'a acquis aucune idée ni connaissance du pouvoir secret par lequel un objet produit l'autre ; et ce n'est par aucun raisonnement qu'elle est obligée de tirer cette conclusion. 

Ce principe relève de la coutume ou de l'habitude. En effet, la répétition d'un acte ou d'une opération particulière engendre une propension à renouveler ce même acte ou cette même opération… La chaleur et la flamme, par exemple, ou le poids et la solidité. Seule la coutume nous pousse à attendre l'un en raison de l'apparence de l'autre… Toutes les inférences sont donc le fruit de la coutume, et non du raisonnement. 

C’est la coutume qui a permis l’établissement de cette correspondance, si nécessaire à la survie de notre espèce.

V. Sur la probabilité

Même si le hasard n'existe pas dans le monde, notre ignorance de la véritable cause de tout événement a la même influence sur notre compréhension, donnant lieu à un type de croyance ou d'opinion similaire.

Habitués à projeter le passé sur l'avenir dans toutes nos inférences, nous nous attendons à l'événement avec une plus grande certitude lorsque le passé a été parfaitement régulier et uniforme.

VI. Sur l'idée de connexion nécessaire

Le grand avantage des sciences mathématiques sur les sciences morales réside dans le fait que les idées des premières sont toujours claires et précises… Les notions d’isocèle et de scalène sont distinguées par des frontières plus précises que celles du vice et de la vertu… 

Le principal obstacle à nos progrès dans les sciences morales ou métaphysiques est donc l’obscurité des idées et l’ambiguïté des termes… 3 Il n’y a pas d’idées, parmi celles données en métaphysique, plus obscures et incertaines que celles de puissance, de force, d’énergie ou de connexion nécessaire….

Nos idées ne sont que des copies de nos impressions, ou en d'autres termes, il nous est impossible de penser quoi que ce soit que nous n'ayons pas préalablement ressenti par nos sens externes ou internes… Les idées complexes peuvent peut-être être bien connues par définition, qui n'est rien d'autre qu'une énumération des parties ou idées simples qui les composent. 

Lorsque nous observons les objets extérieurs qui nous entourent et considérons l'action des causes, nous ne parvenons jamais, à partir d'un seul exemple, à déceler une quelconque force ou connexion nécessaire… Nous constatons seulement que, de fait, l'un succède à l'autre. … L'esprit ne perçoit aucune sensation ni impression interne de cette succession d'objets. Par conséquent, il n'y a… rien qui puisse suggérer l'idée de force ou de connexion nécessaire. 

Mais si l’esprit pouvait découvrir la puissance ou l’énergie d’une cause, nous pourrions en prévoir l’effet même sans expérience…

Nous savons que la chaleur accompagne constamment la flamme ; mais la nature du lien entre les deux est quelque chose que nous ne pouvons même pas commencer à deviner ou à imaginer…

Les mouvements de notre corps obéissent à notre volonté. Nous sommes conscients qu'un événement succède constamment à un autre, sans qu'on nous enseigne le lien secret qui les unit et les rend indissociables…

Il est vrai que nous ignorons comment les corps interagissent entre eux. Leur force, leur énergie, nous est totalement incompréhensible. Mais n'ignorons-nous pas tout autant comment, ou par quelle force, un esprit, même l'esprit suprême, agit sur lui-même ou sur un corps ? … Tout ce que nous savons, c'est notre profonde ignorance dans les deux cas…

En résumé, aucune connexion apparente n'est concevable dans la nature. Tous les événements semblent totalement détachés et séparés. Un événement succède à un autre, mais nous ne pouvons jamais observer le moindre lien entre eux. 

Mais lorsqu'un type d'événement particulier s'est toujours, en toutes circonstances, combiné à un autre, nous n'hésitons plus à prédire l'un à partir de la survenance de l'autre, ni à employer ce raisonnement, le seul qui puisse nous assurer de toute réalité ou existence. Appelons donc l'un la cause et l'autre l'effet. Supposons qu'il existe un lien entre eux, une force dans l'un par laquelle il produit infailliblement l'autre, et agit avec la plus grande certitude et la plus forte nécessité.

Mais dans un certain nombre de cas, il n'y a rien de différent de ce qui existe dans un cas unique auquel on suppose qu'il est exactement similaire ; sauf qu'après une répétition de cas similaires, l'esprit est amené par habitude, à l'occasion d'un événement, à s'attendre à son pendant habituel et à croire qu'il existera.

S'il est une relation entre les objets que nous devrions parfaitement connaître, c'est bien celle de cause à effet. Tout notre raisonnement sur les faits et l'existence repose sur elle. C'est seulement par elle que nous pouvons acquérir une certitude concernant des objets très éloignés du témoignage actuel de notre mémoire et de nos sensations.

Nous pouvons donc, à partir de cette expérience, formuler une autre définition de la cause, et la qualifier d’objet suivi d’un autre, dont l’apparition conduit toujours à la pensée de ce dernier.

Toute idée est la copie d'une impression ou d'un sentiment antérieur ; et là où aucune impression ne se manifeste, l'idée est inexistante. Dans tous les cas singuliers d'action des corps ou des esprits, rien ne produit d'impression, ni ne peut, par conséquent, suggérer l'idée de puissance ou de lien nécessaire. Mais lorsque de nombreux cas uniformes se produisent, et que le même objet est toujours suivi du même événement, alors apparaissent les notions de cause et de lien. 

VII. De la liberté et de la nécessité

Notre idée de nécessité et de causalité découle donc entièrement de l'uniformité que l'on observe dans les opérations de la nature, où des objets semblables sont constamment joints, et où l'esprit est déterminé par habitude à déduire l'un de l'apparence de l'autre… Au-delà de la conjonction constante d'objets semblables et de l'inférence conséquente de l'un à l'autre, nous n'avons aucune notion de nécessité ou de connexion.  

Le philosophe, s'il est cohérent, doit appliquer le même raisonnement aux actions et aux volontés des agents intelligents.

VIII. Sur la philosophie académique ou sceptique

Nous supposons toujours l'existence d'un univers extérieur, indépendant de notre perception, mais qui existerait même si nous et toutes les créatures sensibles étions absents ou anéantis. 

Cette même table, que nous voyons blanche et que nous percevons comme solide, existe, selon nous, indépendamment de notre perception ; elle est extérieure à notre esprit percevant. Notre présence ne lui confère pas l’être. Notre absence ne l’anéantit pas. Elle conserve son existence uniforme et complète, quelle que soit la situation des êtres intelligents qui la perçoivent ou la contemplent. 

Mais cette opinion universelle et primordiale de tous les hommes est rapidement détruite par la moindre philosophie, qui nous enseigne que rien ne peut être présent à l'esprit qu'une image ou une perception, et que les sens ne sont que les canaux par lesquels ces images sont transmises, sans être capables de produire une interaction immédiate entre l'esprit et l'objet…

Par quel argument peut-on prouver que les perceptions de l'esprit doivent être causées par des objets extérieurs complètement différents d'eux, bien que semblables à eux ?

La question de savoir si les perceptions sensorielles sont produites par des objets extérieurs semblables à elles-mêmes est une question de fait. Comment résoudre cette question ? Par l’expérience, assurément, comme pour toutes les questions de même nature. Mais ici, l’expérience est et doit être totalement silencieuse. L’esprit n’a jamais rien d’autre devant lui que des perceptions et ne peut en aucun cas faire l’expérience de sa relation avec les objets.

Les sceptiques les plus profonds et les plus philosophes triomphent toujours lorsqu'ils tentent d'introduire un doute universel… Votre raison ne pourra jamais trouver dans l'expérience aucun argument convaincant prouvant que les perceptions sont liées à des objets extérieurs. 

Ces principes [du scepticisme de Pyrrhon] peuvent prospérer et triompher dans les écoles, où il est véritablement difficile, voire impossible, de les réfuter. Mais dès qu'ils sortent de l'ombre, et en présence des objets réels qui agissent sur nos passions et nos sentiments, ils s'opposent aux principes les plus puissants de la nature et disparaissent comme fumée.

Le sceptique aurait donc intérêt à rester dans son domaine et à exposer les objections philosophiques issues d'investigations plus approfondies. Il semble avoir ici de solides arguments pour réussir, pourvu qu'il insiste à juste titre sur le fait que toute preuve, au-delà du témoignage des sens ou de la mémoire, découle entièrement de la relation de cause à effet ; que nous n'avons d'autre conception de cette relation que celle de deux objets fréquemment unis ; que nous n'avons aucun argument pour nous convaincre que ces objets, qui, d'après notre expérience, ont souvent été unis, le seront également dans d'autres cas ; et que rien ne nous conduit à cette conclusion, si ce n'est l'habitude ou un certain instinct naturel… 

Il existe assurément un scepticisme ou une philosophie académique plus nuancés, qui peuvent être à la fois utiles et durables, et qui peuvent, en partie, résulter de ce pyrrhonisme, ou scepticisme excessif, lorsque ses doutes indiscriminés sont corrigés par le bon sens et la réflexion…

Une autre forme de scepticisme modéré, qui peut s'avérer avantageuse pour l'humanité et qui découle naturellement des doutes et des scrupules pyrrhoniens, consiste à limiter nos recherches aux matières pour lesquelles la compréhension humaine, aussi limitée soit-elle, est la mieux placée. Un jugement juste suit une méthode contraire et, se détournant de toute investigation abstraite et lointaine, se cantonne à la vie courante, aux questions relevant de la pratique et de l'expérience quotidiennes ; laissant les sujets plus sublimes à l'embellissement des poètes et des orateurs, ou aux arts des prêtres et des hommes politiques… 26 Il me semble que les seuls objets de la science abstraite ou de la démonstration sont la quantité et le nombre, et que toute tentative d'étendre ce type de connaissance plus parfait au-delà de ces limites n'est que sophisme et illusion. 

Toutes les autres recherches humaines portent sur des questions de fait et d'existence ; or, celles-ci ne sont manifestement pas susceptibles de démonstration. Tout ce qui est, pourrait ne pas être.

L'existence de tout être ne peut donc être prouvée que par des arguments tirés de sa cause ou de son effet ; et ces arguments sont entièrement fondés sur l'expérience, [et non] sur un raisonnement a priori…

Les sciences qu'elle aborde en général sont la politique, la philosophie naturelle, la physique, la chimie, etc., dans lesquelles on étudie les qualités, les causes et les effets de toute une classe d'objets. 

La morale et la critique relèvent moins de l'entendement que du goût et du sentiment.

Lorsque nous errons dans les bibliothèques, persuadés de ces principes, quel désastre nous allons commettre ! Si nous prenons entre nos mains un ouvrage de théologie scolastique ou de métaphysique, par exemple, demandons-nous : contient-il un raisonnement abstrait sur la quantité et le nombre ? Non. Contient-il un raisonnement expérimental sur les faits et l'expérience ? Non. Alors, jetons-le au feu, car il ne peut contenir que sophismes et tromperies.            

      c) Critique

David Hume est connu, à juste titre, comme le philosophe qui a porté le coup fatal au porte-avions philosophique de la causalité, bien que celui-ci ait déjà essuyé une attaque moins convaincante de Malebranche. Il est vrai que son scepticisme à l'égard de la causalité et de l'existence d'un monde extérieur dont nous percevons l'existence par les impressions qu'il “ provoque ” en nous, ne le place pas au niveau radical du scepticisme extrême de Pyrrhon, qui lui paraît imprenable dans le milieu universitaire mais contradictoire une fois sorti de celui-ci. Il s'agit plutôt d'un scepticisme salutaire et modéré qui, tout en reconnaissant l'absence de fondement rationnel – intuitif et démonstratif – à la causalité et à l'existence, les maintient comme des croyances habituelles, motivées par le pragmatisme nécessaire pour guider sa propre vie. C'est presque la même chose que le scepticisme radical, la seule différence étant qu'il inclut l'attitude pragmatique dans son programme, et en fait, l'héritage intellectuel de David Hume comprenait sa philosophie dans son sens le plus radical, c'est-à-dire comme l'abolition de la causalité et de l'existence d'un monde extérieur à nous. 

C’est très grave et cela porte un coup fatal à la tradition philosophique qui lui était parvenue. Aux rares occasions où la Bible aborde la philosophie – c’est-à-dire ce que l’homme peut connaître par son propre intellect, sans avoir besoin de la vérité révélée – elle fait explicitement référence à la causalité : c’est par ses œuvres que l’homme connaît Dieu et doit donc lui rendre gloire, comme on le lit dans Romains 1:20. C’est aussi un coup fatal porté aux sciences naturelles mêmes qui recherchent la cause des phénomènes physiques.

La philosophie de David Hume exerça une profonde influence sur la philosophie ultérieure. Emmanuel Kant affirma que la lecture de Hume l'avait tiré de sa torpeur dogmatique. En effet, la philosophie kantienne s'efforce de sauver, comme apriorisme de la connaissance, la causalité et les autres catégories nécessaires à la philosophie et à la science, après leur disparition lors du naufrage de la philosophie de Hume. On peut dire sans exagérer que Kant a vu le jour parce qu'il a existé un Hume avant lui. Mais les héritiers de Kant ne tardèrent pas à reconnaître la contradiction inhérente à sa philosophie : le fait que la réalité extérieure produise des impressions sur nos sens, tout en affirmant que la causalité n'a pas de réalité extramentale. La solution à ce problème insoluble fut l'idéalisme hégélien, qui se dispensait de la réalité et, par conséquent, du problème lui-même. Ou encore la philosophie de Schopenhauer, selon laquelle le monde sera considéré comme une pure représentation mentale, de sorte que, dans la production de ses impressions sur notre faculté de connaître, cette causalité ne s'établit pas entre la réalité et la représentation, mais entre la représentation et la représentation, de sorte que le fait qu'elle soit elle-même une pure représentation de notre entendement ne soit plus répugnant.

Maintenant, si le monde est représentation, l'étape logique suivante consiste à se demander ce qui est représenté, et la réponse prendra alors exactement la place de l'être, elle le remplacera. à être. La réponse est suggérée par Kant lui-même, qui retrouve véritablement la réalité extérieure, telle que nous la concevons, dans la Raison pratique, c’est-à-dire dans le domaine de la volonté : ce qui est représenté, c’est la volonté.  

Être remplacé par la volonté dans la philosophie de Schopenhauer, se dissoudre dans l'idée dans celle de Hegel : tels sont les points d'arrivée. Marx suivra Hegel, car dire “ tout est idée ” ou “ tout est esprit ” revient au même que de dire “ tout est matière ”, comme il le souligne dans la philosophie de Schopenhauer. La pauvreté de la philosophie, L'essentiel est qu'il n'y a plus de distinction entre matière et esprit. Schopenhauer sera suivi par son fervent lecteur de jeunesse, Friedrich Nietzsche, pour qui toutes les idées et représentations deviendront superflues, ne lui laissant que la volonté, la volonté de vivre, le réel absolu. Mais il prendra au sérieux l'idée qu'il n'existe que la volonté, comprise comme la volonté de vivre, en définitive la loi qui régit la nature. Et cela commence déjà à nous rappeler des souvenirs lorsque l'on se penche sur l'histoire politique du XXe siècle. 

Hume a été l'acide sulfurique de la philosophie, et c'est pourquoi Hume ne peut rester sans réponse.

Compte tenu de la conclusion à laquelle nous sommes parvenus, il est essentiel d'examiner les raisons qui poussent Hume à rejeter la causalité : “ J'ai constaté qu'un tel objet a toujours été accompagné d'un tel effet, et je prévois que d'autres objets, apparemment semblables, seront accompagnés d'effets semblables. J'admets, si vous voulez, qu'une proposition peut être correctement déduite de l'autre. En effet, je sais que c'est toujours le cas. Mais si vous insistez sur le fait que cette inférence résulte d'un raisonnement en chaîne, je vous demanderai de reproduire ce raisonnement (…) Lorsqu'un enfant a éprouvé la sensation de douleur en touchant la flamme d'une bougie, il prendra soin de ne plus approcher sa main d'une bougie ; et il s'attendra à un effet semblable d'une cause semblable par son apparence et ses qualités sensibles. Si vous affirmez donc que l'entendement de l'enfant est conduit à cette conclusion par un processus d'argumentation ou de raisonnement, je peux légitimement vous demander de reproduire cet argument. ” 

Acceptons cette exigence que Hume nous impose comme un défi, et rappelons d’abord, en guise d’échauffement, les deux hypothèses que Poincaré avance comme nécessaires à la pratique de la science : 

1) Face à un phénomène, nous recherchons toujours l'explication la plus simple. Par exemple, chaque fois que Kepler observait la position de Mars, il la trouvait sur une ellipse et en concluait que la trajectoire de Mars était celle d'une ellipse, bien qu'il existe de nombreuses autres courbes dans l'espace qui ne sont pas des ellipses et qui passent par ces mêmes positions observées. Il lui semblait naturel de choisir l'ellipse, parmi toutes ces courbes (elle est de degré deux), car c'est la courbe la plus simple parmi celles qui passent par ces positions. 

2) La nature réagit toujours de la même manière aux mêmes circonstances et, par conséquent, dans ces mêmes circonstances, elle réagira à l'avenir de la même manière qu'elle l'a fait jusqu'à présent.  

Personnellement, je crois que cette seconde hypothèse se réduit à la première, car l'explication la plus simple de l'obtention systématique du même résultat expérimental est qu'il ne s'agit pas d'une simple succession de hasards, mais plutôt d'un résultat inévitable (même si nous ignorions alors la raison de cette nécessité). Par conséquent, il en sera de même à l'avenir. 

Réduisons donc le discours de Poincaré à l'hypothèse de simplicité — selon laquelle notre raison recherche toujours l'explication la plus simple, appelons-la hypothèse de simplicité ou d'unité —, disons que cette hypothèse n'est pas étrangère à la pensée ni superposée à elle, mais bien son essence même : connaître quelque chose, comprendre un fait, c'est trouver l'unité qui y réside. Nous disons, en revanche, que nous ne comprenons pas quelque chose lorsqu'il se présente à nous comme une mosaïque de données sans aucun lien entre elles (ce que les Anciens avaient bien compris : ce fut la révélation de la prêtresse Diotime à Socrate, comme il le raconte lui-même dans son discours de 1900). Le banquet : Le sage recherche toujours la simplicité et l'unité dans ses questionnements, et l'artiste, dans sa quête de la beauté, aspire à l'harmonie entre les parties. La révélation de Diotime résidait dans le fait que la simplicité suprême et la beauté suprême ne font qu'un, et que l'adhésion à cette Beauté et à cette Vérité uniques constitue la voie véritable et complète vers l'immortalité propre à l'être humain. Kant le comprenait également lorsqu'il plaçait l'essence même du raisonnement humain dans la recherche de la simplicité et de l'unité, et qu'il postulait, de fait, dans le monde, comme une pure idée d'unité, l'une des trois qui stimulent notre raison dans son discours spéculatif. Par conséquent, cette hypothèse de simplicité n'implique aucune renonciation à la connaissance, mais en est au contraire l'essence même et la condition préalable à l'exercice de notre raison.

Après cette mise en bouche, examinons maintenant la demande de David Hume : j'ai constaté que de telles causes — laissons de côté pour le moment la question de savoir s'il s'agit véritablement de causes — ont toujours, jusqu'à présent, produit les mêmes effets. explication plus simple Le fait que cela se soit toujours produit ainsi signifie que cela devait nécessairement se produire ainsi – même si j'ignore la raison, du moins pas encore – et l'explication la plus incroyable, de par sa complexité, est que cela s'est toujours produit ainsi (que le fer s'est toujours dilaté sous l'effet de la chaleur et toujours avec exactement le même coefficient de dilatation) en raison d'innombrables coïncidences accumulées les unes sur les autres, aboutissant toujours au même résultat sans raison apparente, chose que personne ne veut croire. La conclusion que nous en tirons est donc que cela doit se produire de la même manière à l'avenir.  

C’est aussi le raisonnement de l’enfant : chaque fois qu’il s’est approché d’une flamme, il s’est brûlé, et bien qu’il ne puisse l’exprimer, il a compris que ce n’était pas par hasard, mais parce qu’il ne pouvait en être ainsi – même s’il n’en connaît pas la raison – et c’est pourquoi il ne s’approchera plus du feu. L’enfant a inconsciemment cherché l’explication la plus simple, ce que nous exprimons en disant qu’il a raisonné, car la recherche de l’explication la plus simple, la recherche de l’unité, est l’essence même du raisonnement, à tel point que sans cette prémisse, il n’y a pas d’activité de raisonnement : tout serait accepté comme des faits isolés, sans aucun lien entre eux.

Et nous en arrivons à l’affirmation de Hume selon laquelle la raison de cette concomitance d’événements, que la science expérimentale appelle cause C et effet E, ne sera jamais découverte, car Il nomma la chaleur la cause C de la dilatation du fer, et cette dilatation l'effet E de la chaleur. Il les nomma cause et effet avant d'expliquer, deux siècles plus tard, pourquoi C est la cause de E, c'est-à-dire pourquoi E découle nécessairement de C. Il les considérait comme telles, avant même d'avoir une telle démonstration, en vertu de ce raisonnement implicite que nous venons d'expliciter en réponse à la objection de Hume, raisonnement qui fournit l'explication la plus simple de tant de coïncidences dans le passé, le fer se dilatant toujours, toujours avec exactement le même coefficient de dilatation. 

Hume affirme : “ La chaleur et la lumière sont des effets secondaires du feu ”… ” Qui peut prétendre donner la raison ultime pour laquelle le lait ou le pain conviennent à l’homme, et non à un lion ou à un tigre ? ”… “ Nos sens nous informent de la couleur, du poids et de la consistance du pain ; mais ni les sens ni raison ils peuvent jamais ” Il s’agit de rapporter les qualités qui rendent un aliment propre à la nutrition et à la subsistance du corps humain. ”… ” Le pain que j’ai mangé tout à l’heure m’a nourri ; autrement dit, un corps doté de telles et telles qualités sensibles était, à ce moment-là, muni de tels et tels pouvoirs occultes. Mais s’ensuit-il qu’un autre pain, à un autre moment, me nourrira de la même manière, et que des qualités sensibles semblables doivent toujours s’accompagner de pouvoirs occultes semblables ? La conséquence ne semble pas nécessaire… Mais si vous insistez sur le fait que cette conclusion découle d’une série de raisonnements, je vous demanderai de les reproduire. »

Voici la réponse et le raisonnement : la chaleur et la lumière sont des effets du feu, qui est une réaction d'oxydation. La chaleur est produite car, après la réaction, les électrons occupent des niveaux d'énergie inférieurs et libèrent donc de l'énergie sous forme de rayonnement. Quant à la lumière et à sa couleur spécifique, elles sont dues à la vibration des électrons entre deux niveaux d'énergie. Ceci s'explique par le fait qu'un électron passe à un niveau d'énergie supérieur en absorbant un photon, puis émet un photon de même fréquence, passant ainsi à un niveau d'énergie inférieur. La différence d'énergie entre les deux niveaux entre lesquels il vibre coïncide exactement avec l'énergie (hν) des photons qu'il absorbe et émet. Il s'agit donc de la fréquence de la lumière réfléchie. Avec toutes les fréquences réfléchies, on obtient la couleur de l'objet : dans ce cas, la couleur jaunâtre du feu, puis le rouge de la bûche qui brûle, et enfin l'incolore du corps noir qui reste à la fin. C'est l'explication actuelle, qui, selon Hume, aurait été impossible. 

Le pain contient de longues molécules d'amidon que la salive décompose en saccharose (seulement douze atomes de carbone), lequel est ensuite décomposé en deux molécules de glucose (seulement six atomes de carbone), puis en dioxyde de carbone (un seul atome de carbone) et en eau. Cette dernière réaction libère une grande quantité d'énergie, stockée sous forme de molécules d'ADP (adénosine diphosphate) converties en molécules d'ATP (adénosine triphosphate) qui alimentent les muscles. Lorsque cette énergie est nécessaire au mouvement, les molécules d'ATP sont reconverties en molécules d'ADP, libérant ainsi l'énergie stockée dans leur liaison chimique. Cette énergie est utilisée pour la contraction musculaire, devenant ainsi de l'énergie cinétique. C'est un mécanisme. 

Tout cela est connu depuis les années soixante réaction par réaction, Il s'agit d'un cycle très similaire, en fait – bien qu'inversé – au cycle de Krebs de la synthèse de la chlorophylle, puisque dans ce cycle, ces substances organiques sont synthétisées à partir d'eau et de dioxyde de carbone, en absorbant la chaleur que les plantes reçoivent du soleil. Tant les réactions chimiques inorganiques mentionnées lors de la discussion sur le feu que les réactions chimiques organiques mentionnées lors de la discussion sur le pain, découlent nécessairement de principes chimiques qui, à leur tour, découlent nécessairement du nombre d'électrons de la couche externe des atomes qui constituent les molécules impliquées. Ce nombre est déterminé par le nombre d'électrons possibles dans chaque couche, ce qui se déduit aisément des principes de la mécanique quantique et de la théorie mathématique des représentations du groupe de symétrie SU(2) (le groupe de rotation SO(3), en tenant compte du spin, est une représentation de SU(2), double recouvrement de SO(3)).

"La raison ne pourra jamais nous renseigner sur ces qualités. ” qui le rendent propre à la nutrition. » Nous avons déjà vu qu'il l'a fait, et avec des informations très détaillées, aboutissant aux représentations irréductibles du groupe de symétrie SU(2). Ainsi, dans chacun des cas, cités ou non, Hume a affirmé qu'on ne pouvait jamais trouver de raison pour laquelle l'effet découle nécessairement de ce que nous appelons cause. Le développement actuel de la science a conduit à une réfutation retentissante de l'argument de Hume selon lequel il n'existe aucun raisonnement reliant l'effet à la cause, et que ce n'est qu'une question d'habitude quant à la contiguïté temporelle des deux faits.

On pourrait objecter que le raisonnement scientifique – dont j'ai esquissé quelques éléments – repose lui-même sur des postulats scientifiques (puisque le raisonnement ne saurait être infini), et que ces postulats sont, à leur tour, des lois universelles, ou plutôt des lois universalisées par la conviction que les résultats des expériences futures seront identiques à ceux des expériences passées. Dès lors, on pourrait appliquer les propres mots de Hume : “ Nous ne faisons que repousser la limite de notre ignorance. ” Je réponds, pour justifier cette universalisation des énoncés expérimentaux, et donc particuliers, par le principe de simplicité : l'explication la plus simple de la réaction de la nature jusqu'ici, dans les mêmes conditions, avec le même résultat, est que ce résultat était nécessairement inévitable dans ces conditions, et que, par conséquent, le même résultat se produira à l'avenir ; c'est ce qu'exprime la loi universelle.

Cette hypothèse de simplicité, au cœur de notre raisonnement, explique pourquoi il est rationnel que de nombreux jugements particuliers – car l’expérience ne fournit que des jugements particuliers – puissent aboutir à un jugement universel. Il n’y a pas de justification logique, puisque le particulier n’implique jamais logiquement l’universel, mais il y a une justification rationnelle, et Hume nous a demandé d’expliciter son raisonnement. La raison est bien plus que la logique, comme l’a si justement dit Gilbert Chesterton : les fous ne sont pas ceux qui ont perdu leur logique, car c’est tout ce qui leur reste, mais plutôt ceux qui ont perdu leur raison. 

Nous avons explicité un raisonnement fondé sur la mécanique quantique et, plus important encore, un raisonnement qui aurait été valable même à l'époque de Hume : trouver l'explication la plus simple. L'explication la plus simple de la dilatation constante et constante de la matière est qu'elle se produit nécessairement ainsi. La recherche de l'explication la plus simple, la recherche de l'unité, est l'essence même de notre connaissance, car sans la présomption d'unité ou de simplicité de la nature, notre faculté de connaître est inactive : penser, c'est trouver l'unité dans ce qui paraissait initialement varié, et la présomption d'unité ou de rationalité est le stimulus qui nous pousse à penser. Sans cette présupposition d'unité et d'harmonie universelles, tout n'est qu'une mosaïque de données devant nos sens et notre entendement, sans lien à établir, sans fait à expliquer, une succession de hasards dans nos expériences, sans besoin de justification. 

Admettons au moins qu'une fois la machine scientifique lancée, chacun peut y participer, quelles que soient ses convictions. Mais l'essentiel réside dans la pensée de ceux qui ont initié ce processus. Il ne s'agissait nullement de lecteurs sceptiques de David Hume – sa pensée aurait été paralysante –, mais plutôt de penseurs audacieux comme Kepler, heureusement un siècle plus tôt, qui évoquait la présomption d'harmonie comme moteur de la recherche des lois régissant les planètes, jusqu'à ce qu'il les découvre. Il l'affirme dans l'introduction de son ouvrage, et le titre en témoigne. Harmonices Mundi. Il en va de même pour les Kepler des temps modernes, Albert Einstein, Werner Heisenberg et tant d'autres créateurs de nouvelles connaissances humaines. 

Nous avons vu que Hume aborde également la causalité – pour affirmer, bien sûr, qu'elle n'existe pas – dans les actes dont nous nous sentons responsables : si une pierre en heurte une autre, nous n'affirmons pas pour autant que le mouvement de la seconde est libre ; de même, pour la même raison, puisqu'il s'agit de la même chose, l'acte de mon corps qui obéit à ma volonté n'est pas libre mais nécessaire. Je crois que si l'on prend cela au sérieux, il n'y a aucune raison d'emprisonner qui que ce soit, puisque nul n'est responsable – ni l'auteur, ni la cause – de ses propres actes, et en particulier, nul n'est l'auteur de ses actes criminels (la seule raison qui justifierait l'emprisonnement d'un criminel serait de protéger la société de cet individu, mais ce serait justifier les moyens – l'emprisonnement d'un innocent – par la fin). 

Il n'est cependant pas difficile de répondre à Hume que, certes, le mouvement du doigt qui appuie sur la détente découle nécessairement de ma décision de volonté, mais que le lieu de ma liberté se situe en amont, puisqu'il consiste en ma capacité de décider de ceci ou de cela. Par conséquent, je serai responsable de la mort que je pourrais causer en prenant la décision d'appuyer sur la détente. En bref : pour Hume, il n'y a pas de responsabilité morale car il ne saurait en être autrement, la causalité étant niée ; or, cette affirmation, qui sape les fondements de l'éthique, est une erreur philosophique.

Quelle est la véritable raison pour laquelle Hume a abandonné la causalité ? À mon avis, c’est parce que la philosophie de George Berkeley avait auparavant aboli la substance, dont il ne reste aucune trace dans une philosophie limitée aux simples impressions. En effet, il est clair que ce ne sont ni la luminosité ni la chaleur qui carbonisent une feuille de papier, mais… quelque chose Elle possède des qualités de luminosité et de chaleur, parmi d'autres qualités dont certaines ne sont pas directement perceptibles, comme les propriétés chimiques qui découlent du nombre d'électrons dans la couche externe de ses atomes, ce qui détermine leurs valences chimiques. C'est que quelque chose La carbonisation du papier est due à une réaction de combustion chimique, et ce, en raison de propriétés chimiques parmi lesquelles on trouve un lien nécessaire avec cette carbonisation. Il est donc clair que si l'on ne nous permet pas de quelque chose C'est lumineux et chaud, mais seulement à partir des mêmes impressions de luminosité et de chaleur ; nous n'avons plus d'espace discursif pour la causalité, puisque personne ne trouvera, en fait, de lien de nécessité entre les impressions de luminosité et de chaleur et le phénomène de carbonisation du papier. 

Ainsi, la raison fondamentale de la perte de causalité réside dans l'élimination de la substance. Hume ne peut admettre l'existence de quelque chose dont nous n'avons ni idée claire et distincte, ni, plus radicalement encore, ni impression claire et distincte. Or, il est évident que nous n'avons pas une telle idée des substances, puisque nous ne percevons que leurs qualités. C'est ce qui avait déjà conduit Locke à évoquer l'inutilité des substances en philosophie. George Berkeley, puis David Hume, franchirent l'étape attendue (une chronique d'une mort annoncée), en se passant de fait des substances. 

Mais pourquoi cette exigence d'idées claires et distinctes en philosophie ? pourrait-on se demander. On peut alors se référer à l'analyse déjà menée sur la philosophie de Locke : à cette époque, la clarté de la science de la nature, alors naissante, était accessible, et l'objectif était de l'imiter en philosophie. Cette volonté d'imiter la science, caractéristique de toute la philosophie moderne, est manifeste dès ses débuts, et elle l'est encore aujourd'hui chez Hume, qui exige de s'en tenir aux impressions, c'est-à-dire à la simple expérience.

Concernant la causalité, je souhaite faire une remarque, en m'adressant principalement au lecteur ayant une formation scientifique. On affirme souvent que le caractère aléatoire des observations en mécanique quantique constitue une violation du principe de causalité et que, de ce point de vue, la mécanique quantique actuelle donnerait raison à Hume. Ceci témoigne d'une incompréhension de la réduction du paquet d'ondes, voire d'une incompréhension de la causalité elle-même. Pour l'expliquer de manière accessible, prenons l'exemple de la “ position ” observable : on ne peut pas dire qu'une particule se trouve à un endroit précis, mais seulement la probabilité (densité) qu'elle apparaisse à un endroit précis (nuage de probabilité) lorsqu'on réalise une expérience pour déterminer sa position. On réalise l'expérience, et la particule apparaît alors à un endroit où la probabilité était non nulle. Il n'existe aucune explication physique à ce phénomène précis et non à un autre endroit où la probabilité était également non nulle. Une telle explication n'existe ni en physique actuelle, ni dans aucune théorie physique ultérieure qui affinerait notre compréhension actuelle de la nature, car il s'agit d'un caractère aléatoire intrinsèque. Cela ne signifie pas que son apparition quelque part (c'est-à-dire la réduction de sa fonction d'onde à un sous-espace propre de l'opérateur de position) était sans cause : la cause était l'interaction de mon laboratoire avec cette particule, interaction qui a permis de déterminer sa position. Le point essentiel est que la causalité n'est pas nécessairement déterministe, et qu'en l'occurrence, elle ne l'est pas. (Pour illustrer la première affirmation, supposons que la causalité que j'exerce en tant qu'auteur de mes actions morales ne soit pas déterministe, mais libre, et que j'en sois donc responsable ; mais la causalité du feu lors de la carbonisation d'un échantillon de papier est assurément déterministe.). 

En fait, cette découverte de la science moderne offre un sujet fascinant de réflexion philosophique — non pas qu'il s'agisse d'un sujet scientifique en soi — fondé sur cet aspect intéressant de la réalité présenté par la mécanique quantique : comme on le sait, Einstein s'y est opposé car il comprenait que tout ce qui arrive devait avoir une cause. explication. En particulier, il devait exister une physique encore inconnue – qu’il appelait “ physique des variables cachées ” – que nous découvririons un jour et qui expliquerait pourquoi la particule apparaît à un endroit plutôt qu’à un autre, les deux étant probables. Or, les inégalités de Bell, dont la violation aurait pu trancher la question, ont fait l’objet d’expérimentations quelque temps après la mort du brillant physicien – expérimentations contraires à l’interprétation standard de la mécanique quantique – et la violation expérimentale de ces inégalités a réfuté l’argument d’Einstein : le hasard est intrinsèque et l’existence d’une telle physique ultérieure de “ variables cachées ” est impossible. L’affirmation d’Albert Einstein est donc réfutée, entendue comme un énoncé physique, c’est-à-dire comme une condition nécessaire à l’existence d’une telle physique. explication physique de tout ce qui arrive. Mais considéré comme un énoncé philosophique – le “ principe de raison suffisante ” selon lequel tout ce qui arrive a explication, Que nous le sachions ou non, c'est une chose avec laquelle il est impossible de nier, puisque le contraire est répugnant à l'esprit lui-même et à la rationalité elle-même, et nous sommes donc contraints de conclure qu'il existe une explication de la réalité matérielle qui dépasse la simple explication physique. 

Il y a donc plus dans la réalité que le simple aspect physique, et cette réalité peut interagir avec elle au point d'expliquer des faits physiques, comme le mouvement de mes muscles. L'explication du fait que mon doigt ait appuyé sur la détente au lieu d'épargner une vie repose sur une réalité intérieure, et non sur la seule réalité physique. On peut y voir une suggestion de l'immatérialité (ou réalité non physique) de l'esprit humain, ou du moins une porte ouverte sur l'indétermination. physique laisse ouverte l'affirmation philosophique Nos actions ne sont pas prédéterminées, mais déterminées par notre libre arbitre, et nous en sommes donc responsables. Cela suggère également que la science n'exclut pas la possibilité que Dieu puisse agir par providence non pas en modifiant les lois de la physique, mais plutôt en s'appuyant sur elles.

Nous nous sommes jusqu'ici concentrés sur la critique de la causalité, mais nous avons constaté que son rejet conduit à un scepticisme radical, même quant à l'existence d'une réalité extérieure, indépendante de nos perceptions (le concept de substance ayant déjà été dissous, comme nous l'avons dit, par George Berkeley, et par conséquent, puisqu'on ne peut parler d'êtres, la causalité ontologique, ou causalité dans l'être, demeure imperceptible. De fait, son discours sur la causalité ne se réfère qu'aux causes physiques). Il est vrai que Hume opte pour un scepticisme qui accepte la réalité extérieure, indépendante de mon être, comme une simple croyance courante, car la position sceptique radicale, incontestable à l'école, lui paraît paralysante et inadaptée à la vie, comme nous l'avons déjà indiqué. Mais outre le fait que toute distinction entre le monde universitaire et la vie doit être catégoriquement niée – si la philosophie veut traiter de la réalité et de la vie –, ce réalisme pragmatique semble difficilement tenable comme position philosophique. De fait, l'héritage de Hume est un scepticisme radical, même s'il prétendait sincèrement ne pas l'avoir voulu. On ne peut s'empêcher de se demander pourquoi il est si incontestable dans le milieu universitaire. Comme le dit Aristote, si le sceptique ne dit rien, il ne cause aucun trouble ; et s'il dit quelque chose, il se réfute lui-même (bien que le sceptique puisse sans doute affirmer quelque chose d'irréfutable : il peut dire : “ Je vais faire ceci ”, sans autre explication, sans autre justification). C'est pourquoi le scepticisme est redoutable, et son héritage aussi : il est à la racine du nihilisme, qui, à son tour, est à la racine du totalitarisme.

Mais le problème avec Hume, c'est qu'il a bel et bien dit quelque chose, puisqu'il est l'auteur de l'ouvrage que nous avons examiné. Par conséquent, la critique d'Aristote peut lui être appliquée, comme à tous les sceptiques : Hume conclut son livre en affirmant qu'il n'existe de connaissance valable que celle qui traite des relations entre les idées, c'est-à-dire l'arithmétique et la géométrie, ou celle qui traite des faits, c'est-à-dire les sciences expérimentales, autrement dit la connaissance des phénomènes par leurs causes, comprise comme l'accumulation d'expériences de la contiguïté des phénomènes. Tout ce qui va au-delà, y compris la morale, relève du sentiment et non de la véritable connaissance. Si, persuadés par ces principes, comme le dit Hume dans sa conclusion, nous devons rejeter tous les traités qui ne traitent ni de géométrie, ni d'arithmétique, ni d'aucune science expérimentale, alors ils ne peuvent contenir que sophismes et tromperies. Prenons donc cet ouvrage. Recherche sur la compréhension humaine Par David Hume. Est-ce une question de chiffres ? Non, aucune formule à trouver. Est-ce une question de faits expérimentaux ? Non, pas un seul graphique à l'horizon. Jetons-le donc au feu, car il ne peut contenir que sophismes et tromperies.

Mais nous avons considéré qu'il contenait les pensées d'une personne et qu'à ce titre, il méritait notre respect et nos commentaires.

L'auteurIgnacio Sols

Université Complutense de Madrid. SCS-Espagne.

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Vocations

Révérend Andrea Bozzolo : “ L’amour a trait à qui nous sommes, et pas seulement à ce que nous ressentons. ”

Dans cet entretien avec Omnes, Andrea Bozzolo, recteur de l'Université pontificale salésienne, explique que lorsqu'on parle de mariage aux jeunes, il est essentiel " de montrer la beauté de l'amour fidèle, afin que l'engagement ne soit pas perçu comme une restriction, mais comme un chemin vers l'épanouissement ".

Paloma López Campos-2 mai 2026-Temps de lecture : 5 minutes

Andrea Bozzolo est le recteur de Université pontificale salésienne. Docteur en littérature classique et en théologie systématique, il participa aux côtés du prêtre Fabio Rosini et le cardinal Kevin Farrell, préfet du dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, dans un journée d'étude sur “ le sacrement du mariage, la foi et le monde de l’enseignement ”.

Au cours de son discours, le père Bozzolo a souligné l'importance de s'éloigner d'une perspective qui présente le sacrement de mariage comme un simple contrat, encourageant chacun à approfondir la beauté de cette vocation et à partager avec les jeunes des histoires qui les aident à comprendre ce “ chemin vers l’épanouissement ”.

Après cette journée d'étude, le recteur de l'université a accordé une interview à Omnes dans laquelle il a évoqué la manière de présenter le sacrement du mariage aux jeunes et le rôle des prêtres pour accompagner ceux qui s'engagent sur cette voie.

Comment l'Église peut-elle présenter le mariage comme quelque chose de «décisif» à des jeunes qui considèrent la vérification empirique, la vie commune avant le mariage, comme la seule étape raisonnable avant l'engagement ?

L’Église peut aborder cette question en interprétant ce qu’exprime la cohabitation : le désir de mettre l’amour à l’épreuve. L’essentiel est de montrer que l’amour devient permanent non pas par une épreuve prolongée, mais par une promesse fondée sur une vérité qui dépasse le couple lui-même.

Le mariage est définitif car il reconnaît que l'amour ne se suffit pas à lui-même. Sans cette compréhension, la vie commune risque de rester une expérience temporaire. Il s'agit de révéler que le sacrement n'est pas une étape finale vers la certitude, mais bien l'acte qui rend possible un amour durable.

Comment réhabiliter l'idée que l'amour possède une structure ontologique et n'est pas simplement un contrat émotionnel privé ?

Il est nécessaire de démontrer que l'amour ne se limite pas à ce que l'on ressent, mais qu'il révèle le sens de l'existence. Aimer autrui, c'est non seulement éprouver des émotions, mais aussi répondre à un appel à se donner et à se recevoir de nouveau. Cela renvoie à une structure ontologique : l'amour concerne notre être profond, et non seulement nos sentiments. Pour réaffirmer cette idée, il faut un langage qui relie l'expérience et la vérité, montrant que l'amour implique toujours une promesse, un destin et un mode de vie qui ne sauraient se réduire à un simple accord privé.

Comment expliquer à un couple amoureux qu'aimer Dieu « par-dessus tout » est précisément ce qui protégera leur amour mutuel de l'échec ?

– Aimer Dieu par-dessus tout ne diminue pas le amour Humain ; cela libère des attentes impossibles. Lorsque l’être aimé devient absolu, l’amour s’effondre sous le poids de ce qu’aucun être humain ne peut donner.

Reconnaître Dieu comme la source ultime et la plénitude de l'amour permet d'accueillir chaque époux comme un don, et non comme une garantie de bonheur. Ainsi, la foi préserve l'amour de l'illusion et du ressentiment, l'enracinant dans une promesse qui transcende les deux époux et les soutient.

Dans votre analyse de la Genèse, vous affirmez que l'homme ne découvre son « soi » qu'en relation avec le « tu » de la femme. Dans quelle mesure cette perspective contribue-t-elle à lutter contre la « psychologisation des émotions » qui enferme l'individu dans son propre bien-être psychologique ?

Cette perspective montre que le soi n'est pas une construction intérieure, mais qu'il émerge plutôt de la rencontre. Le “ je ” surgit en relation avec un “ tu ” qui ne peut être réduit à ses propres besoins ou projections.

Cela remet en question la psychologisation des émotions, qui réduit l'amour au seul bien-être subjectif. L'amour devient alors un événement relationnel qui transporte la personne au-delà d'elle-même.

L'identité se découvre, elle ne se construit pas, et cela ouvre la voie à une intégration des émotions dans un horizon plus large de sens et de responsabilité.

Comment présenter la vision chrétienne du mariage sans donner l'impression que l'Église tente de « coloniser » ou de s'approprier l'expérience humaine universelle de l'amour ?

Le point de départ est l’universalité de l’amour humain, reconnu comme intrinsèquement porteur de sens et se dépassant lui-même. L’Église n’impose pas d’interprétation extérieure, mais révèle ce qui est implicite dans l’expérience : son ouverture à une origine et une destinée supérieures. En ce sens, la vision chrétienne ne colonise pas l’amour, mais le sert, l’aidant à reconnaître sa pleine vérité. Le sacrement n’est pas un ajout, mais la reconnaissance explicite d’une présence déjà à l’œuvre dans la relation.

Comment l’accompagnement pastoral peut-il aider les couples mariés à percevoir la mort non comme la fin de leur amour, mais comme l’horizon où leur alliance trouve son sens ultime ?

L’accompagnement pastoral peut aider les couples à comprendre que l’amour porte en lui une promesse qui transcende la mort. L’expérience même d’aimer soulève la question de savoir si ce bien est destiné à durer ou à disparaître. La foi répond que cette promesse n’est pas une illusion, mais qu’elle trouve son accomplissement en Dieu.

L’accompagnement aide les couples à interpréter leur amour dans cet horizon, de sorte que la mort ne soit pas perçue comme sa négation, mais comme l’étape par laquelle leur vérité la plus profonde – la communion fondée sur Dieu – atteint sa plénitude.

Vous affirmez que « l’amour n’est pas simplement un sentiment », mais une plénitude de l’être. Dans une culture qui idolâtre les émotions fugaces, quels outils pédagogiques proposez-vous pour éduquer la volonté sans tomber dans un légalisme rigide ?

L’éducation devrait viser à cultiver le désir, et non à le réprimer. Cela implique d’aider les jeunes à comprendre que la véritable liberté ne réside pas dans l’accumulation d’expériences, mais dans la capacité de choisir un bien qui perdure.

Les récits, les témoignages et les réflexions partagées sur l'expérience vécue sont plus efficaces que les règles abstraites. La volonté se renforce lorsqu'elle est attirée par un mode de vie porteur de sens.

Pour éviter le légalisme, il est nécessaire de montrer la beauté de l'amour fidèle, afin que l'engagement ne soit pas perçu comme une contrainte, mais comme un chemin vers l'épanouissement.

Il constate que la théologie s'est concentrée presque exclusivement sur le « moment du consentement légal » au mariage. Si l'on déplace l'attention vers le « cheminement affectif » qui précède et suit le mariage, comment le rôle du prêtre se redéfinit-il ? Devrait-il cesser d'être un simple « officiant d'un contrat » et devenir un « accompagnateur dans le discernement » d'une histoire déjà habitée par Dieu ?

Si le cheminement émotionnel et relationnel est pris au sérieux, le rôle du prêtre s'élargit. Il n'est plus seulement l'officiant d'un acte légal, mais un guide qui aide à discerner la présence de Dieu, déjà à l'œuvre dans l'histoire du couple. Cela ne diminue en rien l'importance du consentement, mais l'inscrit plutôt dans une démarche de foi plus vaste.

Le prêtre accompagne, interprète et soutient ce cheminement, aidant le couple à reconnaître que leur amour est destiné à devenir une réponse consciente et durable à l'initiative de Dieu.

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Idées

Un philosophe théiste et ‘ le chat ’ discutent des “ preuves scientifiques ” concernant Dieu

Enric F. Gel, alias ‘ Accros à la philosophie ’ sur YouTube, a rencontré Rocío Vidal (‘ Le Chat de Schrödinger ’) à “ Il n’existe pas de méthode inexorable pour parvenir à la conclusion de l’existence de Dieu par un raisonnement proprement scientifique, dans le domaine de la philosophie. ” Tous deux évoquent l’ouvrage de González Hurtado intitulé ‘ Preuves scientifiques ’.

Francisco Otamendi-2 mai 2026-Temps de lecture : 9 minutes

Le livre de José Carlos González Hurtado, ‘ Preuves scientifiques de l'existence de Dieu ’, ainsi que d'autres ouvrages récemment publiés, suscitent des débats dans les médias. 

L'un des débats les plus récents a eu lieu sur les réseaux sociaux, dans une vidéo de ‘ Addicts to Philosophy ’ intitulée ‘ Un philosophe théiste réagit au chat de Schrödinger. Le livre qui prouve l'existence de Dieu ? ’ La question finale est assez révélatrice.

À titre d'exemple, nous incluons une note tirée des conclusions formulées par Rocío Vidal (le chat de Schrödinger) : “ S'ensuit-il inexorablement, comme soutenu au début de la livre (Selon González Hurtado), existe-t-il un Dieu créateur, conscient, omniprésent et fondamentalement bon ? La conclusion est non. Ma conclusion de la première partie est que Dieu demeure avant tout un domaine de la philosophie, et non des sciences.

Le philosophe partage sa thèse

On pourrait croire qu'Enric G. Gel, le philosophe théiste autoproclamé de YouTube, “ réagit ” aux arguments du chat, mais il n'en est rien. L'auteur de ‘ Y a-t-il de la philosophie dans le frigo ? ’ partage l'avis de Rocío Vidal selon lequel “ il n'existe aucun raisonnement inéluctable menant à l'existence de Dieu, aucune démonstration scientifique rigoureuse de son existence ”.

“ Nous sommes dans le domaine de la philosophie, et ici, je plains ceux qui recherchent la certitude cartésienne. Mais nous n'avons aucune preuve irréfutable, ni de cela ni de quoi que ce soit d'autre, sur aucun sujet ”, ajoute-t-il.

Il semble que le philosophe Enric, dans cette vidéo de 26 minutes et 57 secondes, pose des limites aux arguments théistes et au passage de ’ il existe une cause à l'univers ” à “ cette cause est Dieu ”. “ Toute raison que l'on pourrait donner en faveur de cette étape serait philosophique, et en philosophie, nous sommes loin du domaine de la preuve irréfutable ”, dit-il à la fin.

Le théisme est généralement compris comme la croyance qui affirme l'existence d'un être suprême, un être qui a créé l'univers.

Deux prémisses : le respect des personnes

Avant de rassembler certains arguments, il convient de noter qu'Enric révèle dans la vidéo qu'il croit en Dieu, contrairement à Rocío, le chat de Schrödinger. 

Le deuxième point concerne le respect. “ Évitons tout commentaire insultant ou offensant envers qui que ce soit, et en particulier envers Rocío. Personnellement, je ne lui en veux pas ; bien au contraire ”, déclare Enric F. Gel.

“ Démontrons cette conviction que je m'efforce tant de promouvoir sur cette chaîne ”, ajoute-t-il. « En philosophie, des personnes tout aussi intelligentes, raisonnables, honnêtes et informées peuvent être en désaccord sur presque tous les sujets, et c'est parfaitement normal. ». 

“ La question de l’existence de Dieu est débattue par les philosophes depuis des siècles : elle n’est ni close ni ne le sera dans un avenir proche. Par conséquent, le fait que quelqu’un pense différemment de vous ne signifie pas qu’il est incapable de penser. ”.

Un aspect très positif de la vidéo de Rocío, note Enric, est qu'“ elle encadre correctement la discussion dans la sphère philosophique, s'éloignant de ce scientisme qui exige que tout, sans exception, passe par le tamis de la méthode scientifique.

Rocío le confirme : “ J’ai toujours été très critique envers le scientisme, qui considère que la méthode scientifique est le seul moyen de connaître la réalité. C’est pourquoi j’étudie la philosophie. ”.

“ Il existe de nombreux types différents de théisme et d'athéisme. ” 

L’analyse, dont seuls certains aspects sont présentés, part de “ deux points de désaccord mineurs, très mineurs. Premièrement, l’athéisme comme absence de croyance en Dieu ”, explique Enric.

Rocío critique les arguments de González Hurtado : “ Premièrement, il qualifie constamment l’athéisme d’idéologie ou de foi. C’est un point essentiel à souligner, car l’athéisme n’est ni un mouvement, ni une idéologie, ni un militantisme. En réalité, l’idée même d’athéisme comme foi est un oxymore, puisque l’athéisme serait, au contraire, une absence de croyance. Or, l’absence de croyance ne peut être la foi ; elle est l’absence de foi. ».

Enric partage cet avis : “ Rocío a raison de dire que parler de l’athéisme comme d’un mouvement unifié est complexe, et il en va de même pour le théisme. Nous pouvons le faire pour nous comprendre, mais sans perdre de vue qu’il existe de nombreuses formes différentes de théisme et d’athéisme. ”. 

Athéisme : absence de croyance en Dieu ou déni de l’existence de Dieu ?

Cependant, Enric souligne que “ le point que je remettrais en question est de traiter l’athéisme comme un manque de croyance en Dieu, comme le dit Rocío.

Il est vrai que dans certains milieux, l'athéisme a tendance à être défini ainsi, mais je préfère personnellement le considérer simplement comme le refus de l'existence de Dieu. De manière générale, malgré quelques exceptions, la philosophie a eu tendance à appréhender l'athéisme comme la position qui nie l'existence de Dieu. 

Deuxièmement, définir l'athéisme comme l'absence de croyance en Dieu, à mon avis, conduit facilement à la confusion en regroupant deux attitudes très différentes sous une même bannière. 

Trois réponses possibles à la question « Dieu existe-t-il ? » : oui, non et je ne sais pas.

Ceux qui nient catégoriquement l'existence de Dieu et ceux qui haussent les épaules et disent ne pas savoir s'il existe, tous deux sont dépourvus de croyance en Dieu. Pour ceux qui haussent les épaules, nous disposons déjà d'un terme assez répandu : agnostique.

Il semble donc préférable et plus utile de réserver le terme “ athée ” au premier, à celui qui nie directement l'existence de Dieu.

En fait, cela semble aussi être l'usage le plus naturel, car, puisqu'il y a trois réponses possibles à la question “ Dieu existe-t-il ? ” (oui, non et je ne sais pas), la triade théiste, athée et agnostique paraît la plus juste. Mais, comme je l'ai dit, c'est un détail mineur qui se résume à une simple divergence dans l'utilisation des mots. Si quelqu'un préfère une autre définition de l'athéisme, ce n'est pas un problème majeur. 

L'argument cosmologique de Kalam

La version Kalam de l'argument cosmologique est analysée dans la vidéo ‘ Accros à la philosophie ’.

Rocío : “ Nous allons fonder notre argumentation sur le plan cosmologique. » Kalam, qui est actuellement, je crois, la plus répandue, et dont les prémisses sont les suivantes : tout ce qui commence à exister a une cause. L’univers a commencé à exister, donc l’univers a une cause et cette cause ne peut être que Dieu.

Enric : “ Au fait, excusez-moi pour cette digression, une critique très courante que Rocío ne formule pas est de demander : ‘ Eh bien, si tout a une cause, quelle est la cause de Dieu ? ’.

Mais remarquez que cette objection tombe dans le piège de l'homme de paille, car l'argument n'affirme jamais que tout a nécessairement une cause. Il affirme simplement que tout ce qui commence à exister a une cause. Puisque Dieu, par hypothèse, ne commence pas à exister, ce principe causal ne s'applique pas à lui. 

Dieu est-il la cause première ? 

Rosée: "Cet argument logique est très intéressant, mais il nécessite l'analyse des prémisses et de la conclusion. Nous analyserons la prémisse selon laquelle l'univers a commencé à exister — c'est-à-dire qu'il y a eu une création — dans la section suivante.  

Mais même dans ce cas, nous parlons ici du fait qu'il doit y avoir une cause première et une cause incausée.  

“ Quelque chose ou quelqu’un a forcément créé l’univers, puisque tout ce qui commence à exister a besoin d’une cause et qu’il faut bien désigner quelque part, et ce lieu ne peut être qu’une entité éternelle, nécessaire et créatrice, donc Dieu. ». 

Comme je l'ai déjà dit, c'est un débat philosophique fascinant, n'est-ce pas ? Car tout a une cause, sauf Dieu. Mais nous devons aussi, en réalité, atteindre Dieu. 

Position athée sur ce que pourrait être la cause incausée de l'univers

“ Ce que défend la position athée, pour ainsi dire, c’est : pourquoi ne pas arrêter l’univers ? Pourquoi ne pas laisser l’univers être cette cause incausée ? ” demande Rocío.

“ Le passage logique à l’idée d’un Dieu créateur – éternel, personnel et bon – est un passage qui ne peut être prouvé scientifiquement. Il est inconnaissable, fascinant à débattre, mais ne constitue pas une preuve irréfutable. Nous avons encore beaucoup à apprendre sur les lois de la physique, notamment celles de la mécanique quantique. ». 

Par conséquent, cette cause inexpliquée de l'univers pourrait être une loi physique, un état quantique, quelque chose que nous ignorons, Dieu… Toutes les hypothèses sont envisageables et nous ne pouvons que nous placer dans le domaine du doute.

Le passage de “ Il existe une cause à l’univers ” à “ Cette cause est Dieu ”

On pourrait penser que le philosophe théiste pourrait nuancer cet argument. Mais Enric déclare : ” Encore une fois, je suis entièrement d’accord avec beaucoup de choses ici. Le passage de “Il existe une cause à l’univers“ à ”Cette cause est Dieu“ est connu dans la littérature comme le ”problème du hiatus‘. Et c’est une question très débattue qui, bien sûr, ne peut être prouvée scientifiquement. ’. 

“ Toute raison invoquée en faveur de cette mesure serait d'ordre philosophique, et en philosophie, nous sommes loin d'atteindre le domaine de la preuve irréfutable. À mon avis, les hypothèses naturalistes de la cause première ont leur place, et chacun doit juger de leur caractère convaincant par son propre esprit critique. ”.

Position théiste : la cause première possède également des attributs personnels

Ce qui est courant ici, du côté théiste, c'est de combiner l'argument cosmologique, qui ne mènerait qu'à une première cause incausée et nécessaire, avec d'autres arguments tels que l'argument du réglage fin ou l'argument moral qui permettraient de rendre raisonnable l'hypothèse selon laquelle cette première cause possède également des attributs personnels tels que l'intelligence ou la bonté. 

” Encore une fois, des preuves irréfutables ? Aucune, mais ils ne prétendent pas en avoir, du moins pas au niveau académique », ajoute Enric.

José Carlos Gonzalez-Hurtado, auteur de « Nouvelles preuves scientifiques de l'existence de Dieu ».

González Hurtado : ‘ Le Big Bang fut le moment de la création de l'univers. ’

Pour mieux comprendre les réflexions du philosophe et du chat sur le Big Bang, il sera utile de connaître les propos de José Carlos González Hurtado dans son ouvrage ‘ Preuves scientifiques de l'existence de Dieu ’. En bref, plus nous en savons sur le Big Bang, plus nous comprenons mieux les implications de cette théorie. Big Bang (Big Bang), plus les gens croient en Dieu, écrit-il.

En effet, González Hurtado déclare :

“ Le Big Bang fut le moment de la création de l'univers, qui s'est produit, avec une certitude absolue, il y a 13,7 milliards d'années. (...) “ L'univers a donc lui aussi eu un commencement – le Big Bang – et cela place les scientifiques athées et les non-scientifiques dans une situation délicate. ”.

“ Car s’il y a un commencement, il doit aussi y avoir un Commencement. S’il y a eu création, un Créateur est également nécessaire ”, poursuit l’auteur de ‘ Preuves scientifiques ’. “ Nous devons considérer que non seulement toute la matière de l’univers a été créée à ce moment-là, mais que le temps lui-même a commencé avec le Big Bang. », Autrement dit, il n'y avait pas d'“ avant ” le Big Bang. Ceci nous amène à concevoir un être intemporel, omnipotent, immatériel et intelligent, tel que le créateur du Big Bang. C'est ce que nous appelons Dieu. 

Rocío : “ Nous ne pouvons pas l’accepter comme preuve scientifique ”

« Mais il y a un autre problème important qui nous amène au deuxième argument central, je crois, du livre, n'est-ce pas ? ” (de González Hurtado), cite Rocio dans la vidéo d'Enric.

“ Le Big Bang est une preuve scientifique, et il prouve qu'il y a eu un moment de création. ”.  

Le livre (de GH) développe longuement l'histoire de Georges Lemaître, qui était finalement un prêtre catholique et qui fut donc le principal concepteur de la théorie du Big Bang, laquelle, selon les arguments de l'auteur, démontrerait, comme je le disais, ce moment de la création. 

” Ce postulat logique n'est pas entièrement prouvé ; c'est l'une des hypothèses utilisées en science », explique Rocío. 

En réalité, les preuves concernant le Big Bang montrent que l'univers a traversé une période de forte densité de matière, mais pas une création à proprement parler. Nous savons qu'il y a eu une expansion considérable après un moment primordial. Avec les outils dont nous disposons actuellement, nous ne pouvons pas savoir ce qui existait avant cette grande expansion. Ceci nous amène à plusieurs hypothèses. L'une d'elles est celle de la création absolue, et c'est là qu'intervient l'argument de l'auteur concernant l'existence d'un créateur. 

Enric : “ Le Big Bang ne conduit pas nécessairement à un commencement absolu dans le temps. ”

“ Vous allez me dire que je suis toujours d’accord avec elle, mais non, ne vous inquiétez pas, nous avons rapidement atteint un point de désaccord (…). Mais sur ce point, j’ai toujours dit que le Big Bang ne me semble pas nécessairement conduire à un commencement absolu dans le temps ”, dit Enric.

“ Je pense que c’est compatible avec différents modèles d’un univers éternel. Et je tiens à être prudent car, eh bien, je suis conscient qu’il y a beaucoup de discussions à ce sujet et, au final, je n’ai pas les compétences pour faire autorité sur ce qui suit ou ne suit pas le Big Bang, mais d’après ce que j’ai pu lire, entendre, etc., c’est l’impression que j’ai : il n’y a pas d’étape aussi évidente, automatique et nécessaire entre le Big Bang et le commencement absolu du temps. ”. 

“ Je pense que c’est une erreur de considérer le Big Bang comme le commencement absolu de l’univers. (…) Je crois, bien sûr, que le Big Bang est compatible avec l’idée qu’il représente un commencement temporel absolu, mais je ne pense pas qu’il faille nécessairement l’interpréter ainsi. ». 

Certains auteurs

Dans son analyse, Enric cite quelques auteurs qu'il peut être utile de consulter. Par exemple, David Oderberg. 

Quoi qu'il en soit, ajoute-t-il, “ si vous souhaitez approfondir une argumentation cosmologique différente de celle de Kalam et qui est également très intéressante, je vous recommande ce livre intitulé « Comment la raison peut mener à Dieu » de Joshua Rasmusen, traduit par lui-même.

Pour information, l'IA rappelle que l'Église affirme explicitement que les êtres humains peuvent connaître l'existence de Dieu par la raison naturelle, fondée sur les choses créées. Elle précise également que, selon Benoît XVI, la raison peut s'ouvrir à Dieu, mais qu'elle doit être élargie (et non réduite à la méthode scientifique). Ce sujet est abordé dans la vidéo.

L'auteurFrancisco Otamendi

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Actualités

L'Opus Dei se concentre sur son centenaire : « Ce ne sera pas une simple célébration de plus. »

En octobre prochain, l’institution fondée par saint Josémaria Escrivá entamera, avec une plus grande intensité, la préparation de son premier centenaire, en mettant l’accent sur le fait d’être « contemplatifs au milieu du monde ».

Maria José Atienza-1er mai 2026-Temps de lecture : 3 minutes

L'Opus Dei a lancé un courte vidéo “ nous tourner vers le prochain centenaire de l’Opus Dei, qui fêtera ses 100 premiers ans le 2 octobre 2028. ”.

“ Nous voulons renouveler notre désir de servir Dieu, l’Église et la société pendant les 500 jours allant du 2 octobre 2028 au 14 février 2030 ”, souligne cette vidéo, car, bien que le fondateur de l’Opus Dei ait “ vu ” l’Œuvre sur 2 octobre 1928, Selon certaines études spirituelles, le début du travail avec les femmes remonte au 14 février 1930. 

Trois principes directeurs : la contemplation, l’amitié et le travail

Comme l'avait précédemment déclaré le prélat de l'Opus Dei, Monseigneur. Fernando Ocárizdans son lettre du 19 mars 2026, Durant les années 2027, 2028 et la première année du centenaire, les fidèles de l’Opus Dei se concentreront sur trois aspects essentiels de leur vocation : la contemplation au cœur du monde, l’apostolat de l’amitié et le travail comme moyen de sanctification. “ Trois enseignements fondamentaux de saint Josémaria, animés par le désir de mieux servir notre prochain, l’Église et la société tout entière ”, a souligné Ocáriz dans son message.

Ainsi, en octobre prochain, la contemplation au sein du monde sera au centre des prières, du travail et de l'examen de conscience, aussi bien pour tous ceux qui forment l'Opus Dei que pour ceux qui participent à son œuvre apostolique.

“ Nous entamons ce mois d’octobre en cultivant la contemplation au cœur du monde, afin de découvrir le divin caché dans les réalités les plus communes du travail, de la famille et de la vie civique. L’année prochaine, nous poursuivrons notre réflexion sur la valeur de l’amitié, en nous efforçant d’être le Christ qui passe et de découvrir le Christ en autrui, car c’est dans ces liens que nous partageons l’Évangile de cœur à cœur. Et durant le centenaire, nous réfléchirons au travail comme lieu où, unis à Dieu, nous inspirons la transformation du monde selon le cœur de Jésus. Un travail sanctifiant, nous sanctifiant nous-mêmes par le travail, sanctifiant les autres par le travail. ”.

Ces thèmes ont émergé comme une synthèse de tous les messages reçus à la suite de Assemblées régionales qui, pendant un an, a réuni plusieurs milliers de personnes dans près de 70 pays pour préparer ce centenaire. 

Gratitude, excuses et unité

“ Outre l’approfondissement de notre compréhension et la réflexion, nous célébrerons tous ceux qui nous ont amenés jusqu’ici et tous ceux qui viendront après nous, en rendant grâce à Dieu pour les dons reçus et pour tout ce que nous continuons d’apprendre ”, souligne l’Opus Dei dans cette vidéo. 

Nous vous remercions et nous vous présentons nos excuses pour “ ne pas avoir pu prévoir et résoudre chaque détail, mais nous continuons à travailler et à être ensemble ”. 

L’appel à l’unité des membres de l’Opus Dei et de l’Opus Dei avec l’Église et le Pontife romain a été une constante au cours de ces années. 

Les nouveaux statuts, encore non confirmés

Depuis l'entrée en vigueur du Motu Proprio Ad charisma tuendum (2022) et la réforme du droit canonique de 2023, l’Opus Dei se trouve dans une période d’adaptation et de redéfinition de son “ adéquation juridique ”. 

Actuellement, le statuts Les détails finaux sont encore à l'étude et à l'évaluation par le Saint-Siège à la suite du Congrès général de 2025 qui a donné lieu à la proposition de la prélature.

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Éducation

Les notes d'une véritable éducation dans la foi 

En octobre 1969, le numéro 50 de la revue Palabra publiait un long article de Dietrich Von Hildebrand sur l'éducation. Nous reproduisons ici ce texte, dont certaines propositions restent pertinentes aujourd'hui.

Dietrich von Hildebrand-1er mai 2026-Temps de lecture : 16 minutes

Si nous voulons révéler la véritable nature de l'enseignement religieux, il est essentiel de dénoncer les erreurs qui y règnent. Nous devons réfuter les slogans qui sèment la confusion chez nombre de fidèles et de dévots, car ils ne saisissent pas leur caractère hérétique ni leur incompatibilité avec la véritable foi chrétienne. Quatre erreurs gagnent du terrain dans la prétendue “ réforme ” de l'enseignement religieux. Examinons-les brièvement.

I. LE MYTHE DE “ L’HOMME MODERNE ”

La première erreur est le mythe de “ l’homme moderne ”, qui proclame un changement radical de la nature humaine à notre époque. On prétend que l’homme a changé si radicalement qu’on ne peut plus s’attendre à ce qu’il aborde l’Église de la même manière qu’il y a deux mille ans. Parce qu’il vit désormais dans un monde industrialisé, on croit qu’il a subi une transformation totale ; il est de plus en plus capable de dominer le monde grâce au progrès technologique. Et cela, soi-disant, fait de lui un être différent.

Le mythe de “ l'homme moderne ” a été inventé par quelques sociologues, mais malheureusement, beaucoup l'ont accepté comme une vérité simple et indéniable. Certes, la vie extérieure a beaucoup changé, mais l'homme lui-même est resté le même. Les principes du bonheur sont les mêmes qu'auparavant : l'amour, le mariage, la famille, l'amitié, la beauté, la vérité et, par-dessus tout, la paix intérieure, une bonne conscience. Ses ennemis moraux sont les mêmes qu'autrefois : l'orgueil, la luxure et ses fruits, les passions viles, l'ambition démesurée, l'envie, la soif aveugle de pouvoir, l'avarice, la cupidité, etc. On peut en dire autant des vertus morales, dont il est tenu de pratiquer : la justice, l'intégrité, la pureté, la générosité, l'humilité, la charité. L'homme a aujourd'hui la même condition qu'hier, les mêmes capacités d'intelligence, de connaissance et de libre arbitre, le même cœur capable de joie et de souffrance, le même destin. Son besoin de rédemption est toujours aussi vif. Les paroles de saint Augustin s'appliquent à lui tout autant qu'auparavant : “ Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il n'a pas trouvé en toi le repos. ”.

En réalité, sur quelles sources les sociologues s'appuient-ils pour affirmer que l'homme moderne a radicalement changé ? Sur quoi fondent-ils l'existence de cet “ homme moderne ” ? Ont-ils mené des tests, des enquêtes, et demandé à chaque homme s'il était un “ homme moderne ”, avec des besoins entièrement différents, auquel les mêmes normes morales ne s'appliquent plus ? Et comment ceux qui proclament simultanément que toute connaissance est limitée par le temps peuvent-ils supposer que leurs thèses sur “ l'homme moderne ” ne seront pas tournées en ridicule dans cinquante ans ?

a) La nature de l'homme ne change pas

En réalité, la nature humaine n'a pas changé au cours de l'histoire. Il suffit de lire les dialogues de Platon ou d'Hérodote pour constater que l'humanité demeure la même dans sa structure fondamentale. Un seul changement radical a marqué l'histoire : la venue du Christ, la Rédemption de l'humanité par sa mort sur la croix et le don de la vie de grâce par le baptême. Ainsi, par leur vocation à la sainteté, chaque personne est appelée à opérer en elle cette transformation.

Malgré l'identité fondamentale de la nature humaine à travers l'histoire, il existe bien sûr des différences significatives entre les individus quant à leur mentalité, leur sens moral et leurs exigences intellectuelles. Mais ces différences existent à toutes les époques. L'idée d'une transformation complète de l'humanité est donc un mythe, non seulement parce que la nature humaine n'a pas fondamentalement changé, mais aussi parce que le concept même d'“ homme moderne ” est un mythe – comme si tous les êtres humains, à une époque donnée, partageaient la même mentalité et la même structure ! C'est une affirmation totalement arbitraire, sans aucun fondement scientifique. En réalité, les différences de mentalité au sein d'une même époque sont encore plus marquées que les contrastes entre différentes époques.

b) Une influence fatale

Ce mythe de “ l'homme moderne ” a une influence néfaste sur l'éducation, et notamment sur l'éducation religieuse. Trop d'éducateurs religieux pensent qu'il faut dispenser à l'enfant d'aujourd'hui une éducation religieuse radicalement différente. Ils présument que l'éducation religieuse d'autrefois ne peut être bénéfique aujourd'hui, non pas parce qu'elle comportait des lacunes, mais parce qu'elle s'adressait à un “ jeune qui n'existe plus ”. Ils supposent que les méthodes pédagogiques, voire le contenu même de l'enseignement, doivent être adaptés à cet être mythique, à “ l'homme moderne ”. Ils oublient de reconnaître l'égalité fondamentale de la nature humaine à travers tous les âges, y compris l'identité de la jeunesse. Les êtres humains ont toujours éprouvé les mêmes besoins spirituels, les mêmes dangers du cœur ou de l'illusion, la même immaturité à la puberté, les mêmes désirs charnels et la même soif de Dieu au sein de l'âme chrétienne. La nature humaine est toujours encline à la même rébellion contre l'autorité, d'une part, et toujours aussi vulnérable aux faux maîtres, d'autre part. Au plus profond de son âme, l'homme nourrit toujours le même besoin et la même soif d'être guidé par une autorité véritable. Au lieu de voir cela, ces éducateurs succombent à l'illusion d'une “ jeunesse moderne ” qu'on ne pourrait atteindre, semble-t-il, que par une éducation religieuse d'un genre entièrement nouveau. Mais le pire, c'est que ce mythe les amène à croire qu'il faut changer non seulement les méthodes, mais aussi le contenu même de l'éducation religieuse… Autrement dit, la vérité religieuse elle-même doit être adaptée à cette mentalité moderne. Une telle attitude conduit inévitablement au vide de la foi, à la destruction de la vérité révélée et de la doctrine de l'Église, et à la substitution du prétendu esprit du temps, ce qui est une contradiction.

II. EXPÉRIMENTATION

La seconde erreur fondamentale réside dans la croyance que le moyen le plus efficace de guider les jeunes vers une vie religieuse vivante, et non formaliste, passe par l'expérimentation. Derrière cette notion d'expérimentation, ou de “ bienfait des sciences naturelles ”, se cache la croyance naïve que la seule méthode permettant d'atteindre la certitude dans la connaissance est le laboratoire ; que la “ perspective expérimentale ” ne peut donner de résultats que dans certains domaines, et que son utilisation dans d'autres est l'incarnation même de la méthode non scientifique. Il est absurde – et absolument impossible – d'utiliser la méthode expérimentale dans les domaines spirituels tels que la morale, la religion, le mariage et l'amour ; et dans les matières intellectuelles telles que la logique, l'ontologie et les mathématiques. Dans tous ces domaines, la seule façon d'obtenir une connaissance certaine est par une méthode complètement différente. Ce sont là des sujets où il faut acquérir une connaissance intuitive, des preuves authentiques. Pour tous ces sujets, les expériences sont inutiles. Personne ne dirait : « Nous devons faire des expériences pour découvrir que 2 et 2 font 4 », ou pour découvrir le principe de contradiction.

Mais l'expérimentation dans certains de ces domaines ne saurait être écartée simplement parce qu'elle est inutile, inapplicable et stérile – autrement dit, pour des raisons épistémologiques dans certains cas. Elle doit également être rejetée parce qu'elle est immorale, incompatible avec le respect que certaines choses exigent, ou avec la nature même de l'être. L'expérimentation suppose la possibilité de contrôler et de répéter un événement dans les mêmes circonstances. Or, il existe de nombreux domaines où les mêmes circonstances ne peuvent être reproduites lors de tentatives successives, et où soumettre quelque chose à l'épreuve contredit sa nature même. Imaginons qu'un homme dise : “ Menons des expériences sur la contrition : vous devez d'abord commettre un vol, puis un adultère, et nous observerons ensuite si votre contrition présente les mêmes caractéristiques dans les deux cas. “ L'immoralité d'une telle proposition devrait être évidente pour quiconque de sensé. Non seulement la gravité de tout péché interdit toute investigation expérimentale, mais il est également impossible de faire du péché un objet d'expérimentation. Ni l'observation par autrui ni l'auto-observation ne sauraient aboutir à un résultat digne d'intérêt, car la véritable contrition est dirigée vers Dieu et repose sur la reconnaissance de notre offense. Dès lors que j'en fais une ” expérience » ou que je cesse de l'envisager avec une attitude neutre, presque de laboratoire, elle cesse d'être de la contrition.

Ce genre d’expérimentation, terrible et vide de sens, n’est rien d’autre qu’une manœuvre trompeuse du type de celles que l’on trouve dans les travaux de Masters et Johnson, où les rapports sexuels deviennent l’objet d’une étude en laboratoire.

Nous connaissons tous l'enthousiasme avec lequel beaucoup défendent l'expérimentation dans les domaines de la liturgie et de l'enseignement religieux. L'expérimentation est perçue comme un remède au conventionnalisme éducatif qui s'est indéniablement répandu ces derniers temps. Elle est présentée comme une méthode réaliste : elle nous met en contact direct avec la réalité, substitue les faits aux théories et nous permet d'appréhender la réalité dans toute sa plénitude et sa diversité. Mais cette tendance même à croire que l'expérimentation est le seul moyen d'entrer en contact direct avec la réalité relève de la pure théorie, et de surcroît, de l'erreur. Elle transforme la vie, la plénitude de l'être, avec toute sa saveur, sa richesse et sa beauté, en un simple laboratoire.

Pour connaître la meilleure méthode d'éducation religieuse, il est indispensable de se pencher sur la réalité. Mais cette attention s'oppose non seulement aux théories abstraites, mais aussi, au même titre, à l'expérimentation. Se pencher sur la réalité, dans ce contexte, signifie, d'une part, une analyse approfondie de la nature de la religion et, d'autre part, une analyse de la manière appropriée de transmettre la vérité religieuse aux âmes. Cette seconde tâche exige une analyse de l'âme humaine en général et de la nature de chaque jeune en particulier. L'essentiel ici est une attitude de respect, une vénération qui est le fondement de la véritable philosophie. Cela présuppose cette attitude ainsi que le désir de comprendre les éléments intelligibles de l'être. Sans un véritable respect, nous ne pouvons atteindre une compréhension plus profonde des vérités ni découvrir les causes des échecs passés. De telles vérités ne peuvent être saisies que par cette attitude de respect et de compréhension, et jamais par cette approche neutre et mécanique.

Il est fondamentalement immoral de faire de l'âme des enfants un objet d'expérimentation concernant la seule chose nécessaire, la question fondamentale de la foi : l'union avec le Christ. Cette approche compromet ab ovo Toute véritable éducation religieuse est une sorte de vivisection spirituelle, une abomination aux yeux de Dieu.

III. HÉBERGEMENT

La troisième erreur fondamentale réside dans le concept erroné de “ revitalisation ”. Les nouveaux pédagogues affirment que la religion ne devrait pas être une notion abstraite pour les jeunes, détachée de leur quotidien, un sujet qu'ils abordent à l'église mais oublient aussitôt après ; quelque chose de si étrange, de si éthéré, qu'ils ne s'y sentent jamais à l'aise, qu'ils ne parviennent jamais à apprivoiser. Mais cela ne signifie pas pour autant que nous devions nous prendre pour des réformateurs. Nous devons présenter la religion d'une manière qui s'intègre au quotidien des jeunes, qui en fasse partie intégrante du monde dans lequel ils évoluent. Nous devons adapter le contenu religieux à notre époque, à la mentalité de notre temps, afin que les jeunes puissent l'accepter facilement. Les enseignements religieux doivent être associés à des activités divertissantes et stimulantes.

De même, affirment-ils, le culte doit être adapté. La messe devrait être célébrée au son du jazz et du rock and roll afin que les jeunes s'y sentent à l'aise. Ils percevront alors le culte non comme une simple obligation ennuyeuse, mais comme une expérience joyeuse et vivante. Comme je l'ai souligné dans mon livre, *Le Cheval de Troie dans l'Église*, cette idée d'une “ religion vivante ” révèle une ignorance totale de la nature de la religion et de la révélation chrétienne. Elle n'entraîne pas la revitalisation, mais l'enterrement de la religion. La véritable revitalisation de la religion consiste précisément en son contraire.

Sans aucun doute, le problème d'une religion simplement “ conventionnelle ” était répandu durant les cinquante années précédant le concile Vatican II. Par religion conventionnelle, j'entends celle où l'on considère sa relation avec le Christ et l'Église comme une simple obligation légale, au même titre que l'État dont on est citoyen. On est catholique parce qu'on est né catholique et qu'on appartient à l'Église, comme on appartient à sa famille et à son pays. On remplit les obligations qui en découlent : on va à l'église régulièrement, comme si c'était un devoir ; on assiste à la messe le dimanche et, au moins une fois par an, on se confesse et on communie. On se marie à l'église et, en cas de séparation, on ne se remarie pas.

Cette forme de religion est considérée comme une composante normale de la vie conventionnelle, une chose qui s'intègre à son mode de vie. Ces personnes n'éprouvent aucun désir d'intérioriser la religion dans laquelle elles sont nées. Elles ne rencontrent jamais véritablement le Christ. Elles ne prennent jamais conscience du besoin de rédemption de l'humanité ; elles ne comprennent jamais que le Christ nous a rachetés. Elles ne font jamais l'expérience du monde de Dieu, un monde absolu, nouveau et sacré. Elles sont dépourvues du regard spirituel nécessaire pour percevoir la réalité surnaturelle qui nous est révélée dans la sainte humanité du Christ. Cette personne religieuse conventionnelle n'a pas saisi un aspect fondamental de l'Église : elle a engendré d'innombrables saints, chacun étant une preuve incontestable de la rédemption du monde par le Christ. Elles n'ont jamais vu dans le saint un exemple éclatant du but même de nos vies, de la raison même de notre existence : glorifier Dieu par notre transformation en Christ, devenir une nouvelle créature en Christ.

Dès que nous saisissons la véritable nature de la religion vivante et existentielle – véritable antithèse d'une religion simplement conventionnelle –, nous comprenons aisément que tenter d'obscurcir la différence entre le naturel et le surnaturel revient précisément à dépouiller la religion de son essence et à compromettre toute possibilité d'épanouissement intérieur authentique. Les erreurs du passé tenaient à une présentation abstraite et conceptuelle des vérités religieuses. La réalité saisissante du surnaturel et sa différence radicale avec le naturel n'ont jamais été présentées de manière à offrir à l'étudiant une conscience vivante et intuitive des réalités profondes qui se présentaient à lui.

La foi est donc devenue conventionnelle parce que personne ne préparait suffisamment l'âme des enfants à la rencontre avec la beauté et la gloire infinies de la Révélation du Christ ; personne ne développait suffisamment leur sens du sacré, la beauté intrinsèque de la sainteté, pour qu'ils perçoivent le gouffre qui sépare la sainteté de la simple efficacité ; personne ne leur révélait suffisamment la différence entre tout bonheur humain et le bonheur que seul Dieu peut répandre dans l'âme de tous ceux qui croient en Lui et L'aiment, un bonheur qui peut être présent et goûté même dans cette vie terrestre.

Une ironie amère

Et quelle ironie amère nous constatons aujourd'hui : ce qui était autrefois négligé, considéré comme une forme de léthargie bureaucratique, est précisément ce que certains recherchent aujourd'hui de manière systématique, explicite et consciente : l'obscurcissement de la distinction entre le sacré et le profane, la suppression du sens du surnaturel. Et cela se fait sous couvert de déconventionnaliser la foi et de la rendre vivante. C'est un remède étrange qui tente de combattre le mal en engendrant une plus grande abondance. Il ne s'agit là que d'une immunisation par inoculation. Le “ remède ” de la laïcité est prescrit par ces éducateurs qui ont perdu la vraie foi. Ils ne comprennent plus le surnaturel ni l'âme de l'homme : celle vers laquelle Dieu appelle et vers laquelle l'homme est irrésistiblement attiré, et celle vers laquelle les plaisirs terrestres attirent, l'esprit du monde. Ce sont là les antithèses auxquelles les modernes opposent l'enseignement religieux. Ils ne se demandent jamais pourquoi les jeunes sont attirés : sont-ils attirés par le monde authentique du Christ ? Ou bien est-ce que ce qui leur est offert a été adapté à l'environnement et à l'esprit qui les entourent, dans un monde dénaturé et déshumanisé qui, naturellement, a son propre attrait, au point que le contenu de la religion est complètement falsifié ?

IV. UN CROQUIS LAÏQUE

Ceci nous amène à une quatrième erreur. Dans leur empressement à faire de l’enseignement religieux une réussite, les “ nouveaux éducateurs ” oublient la véritable nature du succès, qui est pourtant la seule chose qui compte. Ils se contentent de l’efficacité des moyens employés, même s’ils sont en totale contradiction avec la fin véritable. Ils pervertissent le sens et la finalité authentiques de l’enseignement religieux, qui consistent uniquement à transmettre les enseignements de l’Église, à semer en chacun une foi profonde et inébranlable, et à faire naître en soi l’amour du Christ, un profond désir de le suivre et la volonté de vivre selon les commandements de Dieu.

Ces éducateurs se félicitent du succès éclatant de leur “ nouvelle approche ” de l’instruction religieuse ; ils ne semblent pas comprendre que l’attrait de leur méthode repose sur le rejet, de leur part, des vérités et réalités surnaturelles mêmes qu’ils prétendaient transmettre. Leur “ succès ” est alors comparable à celui du chirurgien qui se vante : “ L’opération a été un succès éclatant, mais le patient est mort. ” Ainsi, la fin qu’ils visaient, le but même de l’opération, est sacrifié à la gloire de l’intervention. La foi de tout jeune ayant subi ce traitement malheureux n’est plus la véritable foi chrétienne. Un credo sécularisé et humaniste, dépourvu des caractéristiques fondamentales de la Révélation du Christ, a été inculqué dans leur esprit. Ils ne croient plus au péché originel, à la nécessité de la rédemption, au fait que nous avons été rachetés par la mort du Christ sur la Croix. Ils ne croient plus à l’essentiel : notre transformation en Christ, notre relation personnelle d’amour avec lui. Ils ignorent tout de la véritable charité qui ne peut naître que dans le cœur de celui qui aime Dieu par-dessus tout, Dieu tel qu'il s'est révélé en Christ. Leur compréhension de la foi exclut la contrition, l'horreur du péché et la glorieuse union surnaturelle de tous les membres du Corps mystique du Christ.

À quoi sert l'instruction religieuse, quelle légitimité a-t-elle à exister si elle conduit à une doctrine plus proche du New York Times que de l'Évangile et du dépôt de la foi ? Qu'importe, dès lors, que tant de jeunes soient attirés par cet enseignement religieux ? Pourquoi sont-ils séduits par ce pseudo-enseignement religieux ? Qu'y a-t-il de si particulier dans ce pseudo-catholicisme pour qu'il soit si facilement et si joyeusement accepté par les jeunes, au point qu'ils “ coopèrent ” sans difficulté avec le professeur ? Ce succès est, en réalité, un succès illusoire. Il peut certes satisfaire la vanité du professeur, mais il s'agit de l'enterrement de la vraie foi et de la trahison de sa véritable vocation. Cette opération d'enseignement a véritablement été un “ succès ” : la foi des élèves est morte !

Nous devons présenter la foi authentique

La véritable antithèse du christianisme conventionnel réside dans la vitalité enracinée dans la foi catholique authentique, la foi inébranlable dans le Credo que notre Saint-Père, le pape Paul VI, a solennellement proclamé à la fin de l’Année de la Foi. C’est l’amour profond du Christ, la décision de le suivre, le désir ardent de lui, l’amour de son Église, la contemplation et la possession de sa beauté et de sa splendeur, et la profonde gratitude envers Dieu pour tous ses dons.

Si nous comprenons ce qui précède, nous pouvons définir plus clairement les caractéristiques d'une véritable éducation religieuse. Premièrement, elle doit être authentiquement féconde. Le contenu de notre foi ne peut être présenté comme une simple matière d'étude, au même titre que l'histoire ou les mathématiques. Il doit être présenté dans son unicité absolue, dans l'esprit de la messe du samedi pascal : « Annuntio vobis gaudium magnum », je vous annonce une grande joie. Les vérités fondamentales doivent être présentées aux jeunes auditeurs de telle sorte qu'ils soient imprégnés de l'atmosphère ineffablement sainte de la révélation. Une aura surnaturelle doit entourer ces vérités : la création du monde et de l'homme, la chute d'Adam, le péché originel, la Révélation de l'Ancien Testament, Dieu qui parle à Abraham et à Moïse, la formidable Révélation du Décalogue et la voix solennelle et puissante de tous les prophètes, en particulier Jérémie et Isaïe, puis l'ineffable mystère de l'Incarnation, l'Épiphanie de Dieu en Christ, la révélation de Dieu lui-même dans la sainte humanité du Christ, les miracles du Christ, ses paroles éternelles, sa mort sur la croix, sa glorieuse Résurrection et son Ascension, et la Pentecôte, la naissance de la Sainte Église.

V. L'ENSEIGNANT

Tout cela exige une foi profonde de la part de l'enseignant. On ne saurait surestimer l'importance de sa personnalité rayonnante, de son approche empreinte de respect face à ces mystères et de son souci constant d'éviter toute impression de négligence, de suffisance ou de vulgarité dans son style. Il doit non seulement être profondément enraciné dans le christianisme – dans son amour et sa fidélité à l'Église – mais cela doit aussi transparaître dans sa manière d'enseigner, dans son dialogue avec les élèves. Son profond sens du surnaturel et son amour du Christ doivent imprégner son enseignement. Et à ce moment-là, l'élève ne doit pas être perçu comme un enfant allant à l'école, un élève ordinaire comme dans les autres matières, mais comme une âme infiniment aimée du Christ.

L'enseignant de religion qui souhaite véritablement réussir doit éviter une erreur fréquente du passé : l'abus d'autorité. Une autorité dure, pédante et bureaucratique imposée aux enfants et aux jeunes est, en soi, contre nature, et cela est particulièrement vrai dans le contexte de l'enseignement religieux. Cependant, il faut souligner avec force qu'une absence totale d'autorité est bien pire : une soumission passive aux caprices des jeunes, une familiarité affectée, un ton condescendant, ou, pour reprendre une expression française, une attitude « de grand frère et de petit cochon ».

S'adressant au garçon avec discrétion, dans une attitude où une noble réserve se mêle à un profond amour, l'enseignant doit agir avec une autorité authentique. Il doit aussi s'efforcer de montrer aux jeunes la beauté et la dignité de la véritable autorité, et sa différence avec la pseudo-autorité qui s'empare si facilement de la jeunesse. Je fais référence à la pseudo-autorité de ceux qui savent impressionner les jeunes par des slogans, une prétendue indépendance, et en se présentant comme les pionniers de l'avenir, comme des idoles modernes et à la mode. Une tâche importante, surtout aujourd'hui, est d'aider les jeunes à adopter une attitude sceptique envers ces faux prophètes. Ces “ prophètes ” doivent être démasqués et reconnus pour ce qu'ils sont : des hommes contradictoires. Leurs théories, pour la plupart, doivent être exposées. Et eux-mêmes doivent être stigmatisés, compte tenu de leur nature éphémère, tels des mouches passagères.

Liberté ou esclavage

Rien de ce que fera l'enseignant ne suffira jamais à démontrer que se laisser séduire par la prétendue autorité de faux prophètes constitue la forme la plus extrême d'asservissement intellectuel et un renoncement à sa propre liberté. Au contraire, se soumettre à l'autorité sacrée de Dieu et de sa Sainte Église nous libère. Cela nous permet de comprendre la véritable hiérarchie des biens, de découvrir nos instincts égocentriques et, surtout, de reconnaître notre asservissement à notre propre orgueil.

Dans ce contexte, il convient de mentionner une grande réussite de l'éducation religieuse du passé : la mission de démontrer la beauté et la profondeur des biens naturels nobles tels que l'amour humain, l'amitié, le mariage et la beauté de la nature et de l'art. Ce fut une grave erreur. Lorsque le maître éveille chez le jeune homme l'appréciation des biens naturels nobles et lui montre la différence entre ceux-ci et les biens éphémères ou terrestres, il prépare son âme à l'ascension vers des biens incomparablement supérieurs, vers les biens surnaturels. Ces biens naturels nobles sont le reflet de la gloire infinie de Dieu, un don précieux de sa bonté. Ils ont le pouvoir de susciter un désir ardent de l'Absolu, qu'ils reflètent naturellement. Saint Augustin le souligne admirablement dans ses Confessions.

Certes, les biens créés peuvent nous éloigner de Dieu si nous nous y attachons trop, si nous les érigeons en idoles. Mais, d'un autre côté, ils ont aussi cette grande mission positive : élever nos esprits et préparer nos âmes au message surnaturel de Dieu. Et lorsque nous avons rencontré le Christ, lorsque nos cœurs ont été touchés par la bonté surnaturelle, lorsque nous comprenons la supériorité incomparable du surnaturel sur le naturel, alors les véritables biens naturels ne sont pas rejetés. Au contraire, ils sont transfigurés par le Christ, et nous sommes même capables d'en comprendre plus profondément la valeur : “ Dans la lumière, nous voyons la lumière ”, dit le psalmiste.

L'une des tâches les plus urgentes de l'éducation religieuse aujourd'hui est de développer le sens moral des élèves, d'éveiller en eux la beauté et la splendeur des valeurs morales et une profonde horreur du péché. L'amoralisme est aujourd'hui l'un des symptômes les plus catastrophiques du déclin spirituel et une menace singulière pour une véritable relation avec le Christ. Et là encore, il faut dire que le monde de la morale a souvent été présenté de manière trop abstraite, trop négative. Les affirmations sur le bien et le mal des actions se sont fondées sur des arguments fragiles. Il faut y remédier. L'importance fondamentale des catégories du bien et du mal moral doit être expliquée. La primauté des valeurs morales sur toutes les autres valeurs doit être soulignée. Seules les valeurs morales ont une signification éternelle. Socrate avait déjà perçu cette primauté de façon magnifique lorsqu'il disait : “ Il vaut mieux subir l'injustice que de la commettre. ”.

Une lourde responsabilité

La responsabilité des éducateurs religieux est aujourd'hui immense. Face à la vague d'apostasie qui déferle sur les catholiques, face à la désintégration déplorable qui s'opère au sein de l'Église, c'est une tâche ardue mais ô combien belle que de nager à contre-courant et d'aider à enraciner une foi catholique ferme et inébranlable dans le cœur des jeunes. C'est une mission magnifique que d'éveiller chez eux un véritable amour du Christ, un désir ardent d'une union plus profonde avec Lui, une ferme résolution à suivre les commandements de Dieu et le désir d'aborder tous les biens nobles de la nature à la lumière du Christ et avec une profonde gratitude envers Dieu.

Pour accomplir consciencieusement cette mission, l'éducateur religieux devra affronter de nombreuses persécutions, non seulement de la part du monde, mais aussi et surtout de la part des faux frères. Cependant, ces persécutions ne doivent jamais être si intenses qu'elles le conduisent au compromis. Les paroles de Notre Seigneur doivent toujours être présentes à l'esprit de l'enseignant : “ Quiconque fait trébucher un seul de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attache une meule de moulin autour du cou et qu'on le jette au fond de la mer. ”.

Comme pour toute tâche difficile, nous pouvons trouver un grand réconfort dans les paroles de saint Paul : “ Rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ. ” Puisse le fidèle enseignant de la religion accomplir sa grande et noble mission avec espérance et un zèle fervent. Qu’il se souvienne que Notre Seigneur a dit : “ Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. ”.

L'auteurDietrich von Hildebrand

Philosophe et théologien allemand. Converti au catholicisme en 1914, il dut fuir l'Allemagne en raison de sa ferme opposition intellectuelle au national-socialisme.

Les jeunes ne veulent pas travailler

Si le travail passe du statut de don sacré à celui d'idole, il ne tarde pas à révéler ses failles. Les jeunes, qui ne sont pas dupes et qui découvrent combien de promesses sont illusoires, l'ont bien compris.

1er mai 2026-Temps de lecture : 4 minutes

“ Les jeunes d’aujourd’hui sont paresseux ”, dit-on, « ils ne veulent pas travailler. En entretien d’embauche, la première chose qu’ils demandent, c’est combien de jours de congés ils auront et si leurs heures de travail seront réduites. » Est-ce vrai qu’ils manquent d’énergie, ou sont-ils simplement intelligents ?

Certes, il y a toujours eu des professionnels pour se dérober à leurs responsabilités, des escrocs qui se spécialisent dans le fait de vivre aux dépens des autres, et des fainéants qui préfèrent la soupe au dur labeur ; mais la vérité est que je connais beaucoup de jeunes dont la capacité de travail est absolument extraordinaire.

L'effort des jeunes


Je parle d'Anita, qui se lève tôt tous les matins pour laver les personnes âgées, car elle travaille comme auxiliaire de vie sociale au sein du service municipal d'aide à la personne. C'est un travail physiquement éprouvant et pas toujours agréable. Sur le plan émotionnel, c'est également très difficile, car elle s'attache à des personnes dont la situation implique inévitablement des séparations parfois très douloureuses. Elle travaille par roulement du lundi au dimanche et, le soir, il lui arrive de rester bien après 22 heures. Elle consacre ses jours de congé et son temps libre à ses études. Elle travaille sans relâche pour obtenir son diplôme d'auxiliaire de vie sociale.

J'aimerais aussi vous parler de Joaquín, qui a obtenu simultanément deux diplômes, avec les félicitations du jury. Issu d'une famille nombreuse, Joaquín travaille sans relâche à la maison. Il s'occupe de ses jeunes frères et sœurs quand c'est nécessaire, gère les tâches ménagères courantes et est toujours disponible. Il trouve également le temps de donner des cours particuliers, ce qui lui permet de gagner un peu d'argent et de ne pas être à la charge de sa famille.

Ou je leur parle, par exemple, de Monica, Elle prépare des concours, ce qui l'a pratiquement contrainte à sacrifier sa vie sociale. Certes, elle est très organisée et parvient à dégager quelques heures pour ses rares et courtes sorties et son bénévolat dans une paroisse où elle aide d'autres jeunes comme elle. Quand ses amis organisent un voyage ou une rencontre improvisée, ils ne l'invitent pas car ils savent déjà ce qu'elle répondra : « Désolée, je ne peux pas. ».

La génération cristalline

Anita, Joaquín et Mónica ne sont pas paresseux, bien qu'ils appartiennent à la génération dite « flocon de neige » (nés à la fin des années 1990 ou au début des années 2000). Selon cette étiquette, ils devraient être les jeunes Avec une faible tolérance à la frustration et une grande sensibilité émotionnelle – autrement dit, une fragilité extrême –, la surprotection dont ils ont été victimes depuis l'enfance est censée les avoir rendus incapables de fournir le moindre effort ou de recevoir des ordres de quiconque autre que leur mère. Et pourtant, les voilà, infatigables, fiers de leur travail, conscients de son importance dans la vie et pleins d'espoir de réussir sur le marché du travail et d'accéder à l'âge adulte.

Mais aucun des trois ne croit à l'excuse selon laquelle le travail acharné et la persévérance mènent au succès ; ils la considèrent comme un slogan idéaliste, car ils savent que le contrat social est rompu. Rares sont les entreprises où les employés sont considérés comme plus qu'un simple numéro, où l'effort et le dévouement sont récompensés, et où leur bien-être en dehors des heures de travail est pris en compte.

Ils ont vu leurs parents licenciés après avoir sacrifié les meilleures années de leur vie au détriment de leur propre santé physique, mentale ou familiale. Ils connaissent des gens qui ont réussi, certes, mais non pas en travaillant plus dur ou mieux, mais en étant amis ou membres de la famille de… ou en n'ayant aucun scrupule à écraser leurs collègues.

Ils ont constaté que des personnes peu talentueuses, mais capables de s'adapter aux courants idéologiques dominants, trouvaient du travail beaucoup plus facilement que celles qui professaient des idées plus à contre-courant.

Ils ont vu des hommes et des femmes dépendants à travail, Incapables de se déconnecter et de construire une vie en dehors de leur profession, ils ont vu des couples vieillir seuls dans une maison de retraite parce qu'ils avaient abandonné l'idée d'avoir des enfants pour consacrer tout leur potentiel à une entreprise qui n'existe plus.

Ils ont vu des gens qui travaillent renoncer à une sortie entre amis ou à un court voyage pour financer les études universitaires de leur fils, un fils qui travaille désormais comme livreur pour des entreprises de vente en ligne, car 100 000 autres personnes possèdent le même diplôme et le marché du travail ne peut absorber autant de diplômés. De plus, ils ont grandi en voyant des jeunes sans diplôme devenir millionnaires en faisant quelque chose d'aussi simple que de partager leur vie privée ou de filmer leurs frasques sans quitter leur domicile.

Travaillez comme un cadeau

Le fait que de nombreux jeunes choisissent donc de travailler pour vivre plutôt que de vivre pour travailler correspond, à ce moment de l'histoire, à la logique la plus élémentaire, et peut-être peuvent-ils nous aider à ramener la raison à l'absurdité dans laquelle nous avons plongé un marché du travail qui ne place pas l'être humain, la famille, au centre, mais seulement le profit économique.

En cette fête de saint Joseph Artisan, il convient de méditer sur ce point. Si le travail, de don sacré, devient une idole, il ne tarde pas à révéler ses failles, et les jeunes, qui ne sont pas dupes et découvrent combien les promesses que la société leur a faites sont souvent illusoires, l'ont bien compris. En effet, selon le Fondation SM, Le pourcentage de jeunes se déclarant catholiques est passé de 31 à 45 % en cinq ans. Comme je l'ai dit, ils sont malins et ils nous ont pris au dépourvu.

L'auteurAntonio Moreno

Journaliste. Diplômé en sciences de la communication et licencié en sciences religieuses. Il travaille dans la délégation diocésaine des médias à Malaga. Ses nombreux "fils" sur Twitter sur la foi et la vie quotidienne sont très populaires.

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Vatican

Neuf idées du pape Léon XIII sur la dignité du travail

Durant sa première année de pontificat, Léon XIV a fait de nombreuses allusions à l'importance du travail pour les chrétiens.

Agence de presse OSV-1er mai 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Tout au long de la première année de son pontificat, Pape Léon XIV Il a abordé à maintes reprises les questions du travail, de l'économie et de la dignité du travail. À l'occasion de la célébration de Saint Joseph Artisan, Le 1er mai, saint patron de tous les travailleurs, voici neuf citations du pape Léon XIV pour la réflexion :

  1. “ Parfois, cependant, on recourt à des critères pseudo-scientifiques pour affirmer que le libre marché apportera spontanément la solution au problème de la pauvreté. On choisit aussi une approche pastorale centrée sur les soi-disant élites, en arguant qu’au lieu de perdre du temps avec les pauvres, il vaut mieux s’occuper des riches, des puissants et des professionnels, afin que, par leur intermédiaire, des solutions plus efficaces puissent être trouvées. Il est facile de percevoir la matérialité qui sous-tend ces opinions ; elles nous conduisent à observer la réalité selon des critères superficiels, dépourvus de toute lumière surnaturelle, en privilégiant les cercles sociaux rassurants ou en recherchant les privilèges qui nous mettent à l’aise ” (Exhortation apostolique).“Dilexi Te” », 4 octobre 2025).
  2. “ Je confirme que l’aide la plus importante à apporter à une personne pauvre est de l’encourager à trouver un bon emploi, afin qu’elle puisse gagner sa vie plus dignement, en développant ses capacités et en y apportant son effort personnel ” (Exhortation apostolique “ Dilexi Te ”, 4 octobre 2025).
  3. “ Tout en reconnaissant la nécessité de politiques appropriées pour assurer la sécurité des communautés, je vous encourage à continuer de plaider pour que la société respecte la dignité humaine des plus vulnérables. Ce faisant, vous mettez en pratique l’appel de mon prédécesseur bien-aimé, le pape François, qui exhortait chaque communauté à renaître chaque jour en périphérie. ”Je salue les dirigeants syndicaux de Chicago, 9 octobre 2025).
  4. “ Le travail devrait être une source de espoir et de la vie, qui permet l’expression de la créativité individuelle et la capacité de faire le bien ” (Salutations adressées aux italophones pendant la public du jubilé, le 8 novembre 2025).
  5. “ Les êtres humains sont appelés à collaborer à l’œuvre de création, et non à être de simples consommateurs passifs de contenus générés par la technologie artificielle. Notre dignité réside dans notre capacité à réfléchir, à choisir librement, à aimer inconditionnellement et à établir des relations authentiques avec autrui. ”Discours adressé aux participants à la conférence “ Intelligence artificielle et préservation de notre maison commune », le 5 décembre 2025).
  6. “ Au centre de toute dynamique de travail ne devrait se trouver ni le capital, ni les lois du marché, ni le profit, mais la personne, la famille et leur bien-être, par rapport auxquels tout le reste est fonctionnel ” (Discours aux représentants du collège des conseillers du travail, le 18 décembre 2025).
  7. “ Parfois, nous sommes tellement occupés que nous ne pensons pas au Seigneur ni à l’Église, mais le simple fait de travailler avec diligence, d’essayer de donner le meilleur de nous-mêmes, et aussi — pour vous, les laïcs — avec amour pour votre famille, pour vos enfants, glorifie le Seigneur. ”Félicitations aux employés de la Curie romaine, du Gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican et du Vicariat de Rome, le 22 décembre 2025).
  8. “ Chacun de nous accomplit sa tâche et nous louons Dieu précisément en la faisant bien, avec dévouement ” (Félicitations aux employés de la Curie romaine, du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican et du Vicariat de Rome, 22 décembre 2025).
  9. “ Soyez une présence vivante de l’Église là où vous agissez. Dans les institutions internationales, dans les diplomatie, Dans les organisations, dans le monde du travail, soyez ceux et celles qui bâtissent des ponts, tandis que d'autres érigent des murs. Soyez crédibles par le silence de vos actes, plutôt que par vos paroles. Soyez un signe, pas seulement une présence.Message à l’occasion de la réunion de l’Association des jeunes professionnels de Toniolo“, le 18 avril 2026).
L'auteurAgence de presse OSV

Vatican

Rapport annuel de l'ASIF : Réduction des risques de blanchiment d'argent et amélioration de la supervision des IOR

Le Saint-Siège a publié aujourd'hui le rapport annuel 2025 de l'Autorité de surveillance et d'information financière (ASIF), l'organisme qui supervise les finances du Vatican.

Rédaction Omnes-30 avril 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Le Saint-Siège a publié aujourd'hui le rapport annuel 2025 de l'Autorité de surveillance et d'information financière (ASIF), une agence créée par Benoît XVI en 2010, restructurée par le pape François en 2020, et qui opère en toute autonomie et indépendance pour réglementer et superviser l'activité financière du Vatican.

Détection et blocage des activités suspectes

Dans le rapport relatif à l'année 2025, l'ASIF souligne l'augmentation des déclarations d'activités suspectes (DAS) qui sont passées de 43 à 78 en un an, ce qu'elle explique par une plus grande efficacité des systèmes de contrôle interne de l'Institut pour les œuvres de religion (IOR) et par un suivi constant des services aux usagers. 

Le rapport souligne comment les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que les crises humanitaires au Tibet, au Myanmar, en Afghanistan et aux Philippines, ont influencé les transactions et l'activité financière du Vatican. À cet égard, le rapport note, par exemple, une augmentation des transactions et des mouvements liés au Myanmar (73) “ effectués par des entités juridiques étroitement liées à l'Église catholique et des comptes détenus à l'IOR ”, ce que l'ASIF justifie par “ l'aggravation de la crise humanitaire dans le pays en 2025, exacerbée par la forte activité sismique enregistrée dans la région au cours des premiers mois de l'année ”. 

16 signalements de transactions suspectes

Par ailleurs, durant cette période, des soupçons de blanchiment d’argent ont conduit cette Autorité à bloquer trois transactions d’un montant total de 522 000 €, et 16 signalements ont été transmis au Promoteur de la justice en vue d’éventuelles enquêtes judiciaires. Selon le rapport annuel, ces 16 signalements étaient fondés sur le fait que les transactions analysées présentaient des ” motifs raisonnables de soupçonner un blanchiment d’argent, un financement du terrorisme ou un financement de la prolifération des armes de destruction massive ”. 

Plus de mouvements, mais moins

En 2025, l'ASIF a enregistré 196 déclarations de recettes, pour un montant total de 13 627 157 €. Sur la même période, 328 déclarations de recettes ont été enregistrées, pour un montant total de 5 143 625 €. Le rapport souligne que “ la comparaison avec les années précédentes montre, concernant les recettes, une augmentation du nombre de déclarations et une diminution du montant total déclaré. L'année 2025 confirme également que la majorité des recettes sont imputables aux opérations des administrations publiques de l'État. ”.

Amélioration de la lutte contre le blanchiment d'argent

L'une des conclusions les plus notables de ce rapport est le degré de risque que présente le système financier du Vatican en matière de blanchiment d'argent, qui est considéré comme moyen/faible, tandis que le risque de financement du terrorisme est faible pour l'ASIF.

L'état de l'IOR

Dans le cadre de son contrôle prudentiel, l’ASIF a examiné la liquidité, les exigences de fonds propres et la viabilité de l’IOR, notamment par le biais d’analyses thématiques de sa division financière et de sa conformité à l’accord FATCA. Le rapport souligne que “ les aspects opérationnels analysés étaient nombreux et couvraient des domaines pertinents pour évaluer la gestion saine et prudente de l’IOR ». 

Dans le cadre de cet exercice, l’ASIF a également effectué deux inspections sur place à l’IOR, afin d’évaluer sa gestion de la clientèle et les risques de financement du terrorisme liés aux juridictions à haut risque.

Renforcement de la coopération avec les partenaires internationaux et mise à jour des formations

Enfin, le rapport annuel souligne un renforcement de la coopération de l'ASIF avec les entités locales et internationales. À cet égard, il note une augmentation du volume des communications “ avec ses principaux partenaires nationaux, notamment concernant les demandes de coopération reçues. En effet, 43 communications entrantes ont été enregistrées, contre 26 l'année précédente, et 51 communications sortantes, soit une hausse par rapport aux 39 enregistrées en 2024. ”.

En outre, l’ASIF a reçu 15 communications de ses homologues étrangers, confirmant “ l’importance opérationnelle d’intensifier la coopération avec les homologues étrangers ”. 

En interne, 94 communications ont été enregistrées avec des partenaires internes, notamment avec le Corps de gendarmerie et le Secrétariat à l'Économie, ce dernier en relation avec l'autorisation d'actes administratifs extraordinaires.

La formation a également été un facteur clé dans cet exercice, dans lequel, selon le rapport, une formation spécialisée a été offerte au personnel de l'IOR et du Bureau de l'Auditeur général, couvrant le Code pénal du Vatican et les nouvelles normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment d'argent.

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Monde

Contexte de la situation du Concordat en République tchèque

Les Tchèques sont tolérants envers les croyances, mais extrêmement méfiants à l'égard des religions organisées.

Jakub Kříž-30 avril 2026-Temps de lecture : 9 minutes

Les experts ont souvent l'impression que plus rien ne les surprend dans leur domaine. La Cour constitutionnelle de la République tchèque a récemment statué que le concordat déjà signé entre ce pays d'Europe centrale et le Saint-Siège est contraire à son ordre constitutionnel. Et après, ils prétendent que le droit est une discipline ennuyeuse ! Cette décision est-elle vraiment surprenante ? N'est-elle pas simplement l'une des nombreuses manifestations de la méfiance nationale envers les institutions religieuses ?

Cent ans avant Luther

La République tchèque s'enorgueillit d'être l'un des pays les plus athées au monde. Certes, elle possède de profondes racines chrétiennes et a donné au monde de nombreux saints, tels que le prince saint Venceslas et le vicaire général de Prague, saint Jean Népomucène. Mais cela appartient au passé. Aujourd'hui, environ 2 à 3 % de la population assiste à la messe catholique du dimanche, bien que l'Église catholique soit la confession majoritaire du pays.

Nombre de Tchèques s'enorgueillissent de leur méfiance envers la religion organisée. C'est précisément dans le royaume de Bohême que, un siècle avant Luther, la première grande révolution réformiste européenne a vu le jour. Le mouvement hussite tire son nom du prédicateur controversé Jan Hus (mort en 1415). Il exigeait des réformes radicales de la doctrine et des pratiques de l'Église et plongea le pays dans une guerre civile qui dura dix-sept ans. Les nations européennes intervinrent en lançant quatre croisades en soutien aux catholiques. Cependant, celles-ci se soldèrent par un échec.

Une fois les guerres terminées, le pays devint, pour l'époque médiévale, un espace d'une pluralité religieuse exceptionnelle : catholicisme et calvinisme y coexistaient, ce dernier se transformant plus tard en mouvement de Réforme. Ce changement survint avec la guerre de Trente Ans, dont la bataille de Bila Hora, ou Montagne Blanche (1620), reste gravée dans la mémoire collective, alimentant le mythe des ennemis catholiques étrangers. Aujourd'hui encore, beaucoup l'interprètent comme une défaite de…

Les Tchèques protestants, aux idées libérales, auraient été soumis par les catholiques germanophones, bien que cette interprétation soit historiquement inexacte. Ce qui est certain, c'est que l'intégration des territoires tchèques à la monarchie autrichienne a également entraîné leur reconversion au catholicisme. Cette reconversion semble avoir été relativement réussie, et la population s'est convertie à la foi catholique.

Loin de Rome

Le sentiment anti-catholique resurgit après la création de la Tchécoslovaquie indépendante en 1918, qui prit consciemment ses distances avec l'alliance autrichienne entre la couronne et l'autel. L'un des slogans du mouvement d'indépendance était « Loin de Rome », et cela se traduisit par des conversions massives aux Églises protestantes et la fondation de l'Église nationale tchécoslovaque. Bien que les catholiques constituassent encore la majorité de la population, les relations entre la nouvelle république et l'Église catholique étaient, au mieux, tendues.

Durant toute la période de la Première République tchécoslovaque (1918-1938), aucun concordat avec le Saint-Siège ne fut signé. Le plus proche d'un tel accord fut le Modus Vivendi de 1928, établi par un échange de notes diplomatiques et portant notamment sur la nomination des évêques et l'harmonisation des limites diocésaines avec celles du nouvel État. Avec l'arrivée au pouvoir des nazis, le Modus Vivendi cessa d'être appliqué.

l'oppression communiste

Lors du coup d'État communiste de 1948, les forces en place ont initié, notamment en Bohême, un processus de démantèlement systématique de l'Église catholique. Parmi les symboles de ce démantèlement figurent de nombreuses exécutions (les prêtres Jan Bula et Václav Drbola seront béatifiés en juin), la suppression de tous les monastères et l'emprisonnement des religieux, la création d'organisations sacerdotales collaborationnistes, la vacance prolongée des sièges épiscopaux, ainsi que la persécution des laïcs, qui s'est poursuivie jusqu'à la chute du régime.

Les catholiques tchèques apprirent qu'il n'était pas toujours nécessaire d'afficher sa foi, car cela pouvait entraîner la perte de leur emploi ou l'exclusion scolaire de leurs enfants. La foi, conformément à la doctrine marxiste, devint une affaire privée, reléguée à l'intimité des églises et des foyers.

Bien que la plupart des catholiques aient agi ouvertement et que les structures ecclésiastiques officielles aient tenté de composer d'une manière ou d'une autre avec le régime communiste, une partie de l'Église est entrée dans la clandestinité et a créé une structure parallèle par le biais d'ordinations épiscopales et sacerdotales secrètes, dont la légitimité découlait des pouvoirs conférés par le pape Pie XII.

Relations nouvellement rétablies

L'année 1989 a marqué la chute du communisme et le retour de la liberté religieuse. Les églises de toutes confessions ont été autorisées à reprendre leurs activités, les personnalités religieuses sont sorties de la clandestinité et les bâtiments monastiques leur ont été restitués.

Les Églises devinrent progressivement des partenaires de l'État dans de nombreux domaines : elles commencèrent à exercer leur ministère pastoral dans les prisons, l'armée et le système de santé ; un vaste réseau d'œuvres caritatives gérées par les Églises se développa et l'enseignement religieux volontaire dans les écoles fut autorisé. Bien que l'Église ait joui un temps d'un certain prestige – en tant que symbole de ceux qui n'avaient pas cédé sous le régime communiste –, cette position fut éphémère.

La Tchécoslovaquie cessa d'exister fin 1992 et ses États successeurs se séparèrent. La Slovaquie régla ses relations avec l'Église très rapidement et sans heurts, à la satisfaction des deux parties. Elle restitua à l'Église les biens spoliés sous le régime communiste et signa un traité international avec le Saint-Siège. En revanche, la République tchèque raviva sa méfiance historique envers l'Église catholique.

Concernant les actifs

L'Église catholique elle-même considère la période postérieure à 1993 comme une ère de liberté sans précédent et de relations positives avec l'État. Cependant, une lutte culturelle, de faible ampleur, s'est déroulée au sein de l'Église pendant presque toute cette période. Elle s'est manifestée principalement sur les questions de restitution, de cathédrales et du concordat.

Étant donné que le régime communiste avait dépouillé l'Église de tous ses biens, la restitution de son patrimoine historique s'imposait logiquement. Un processus de restitution similaire a également été appliqué à des particuliers et à certaines autres organisations.

Cependant, en raison de l'opposition d'une partie importante de la classe politique à la restitution des biens aux églises, la loi de restitution n'a été adoptée qu'en 2012. Aux termes de cette loi, certains biens historiques ont été restitués à leurs propriétaires d'origine (généralement des champs et des forêts), tandis que d'autres ont été compensés par une indemnisation financière forfaitaire de 2,3 milliards d'euros versée à l'ensemble des églises. Ces versements sont échelonnés sur 30 ans.

Parallèlement, l'État cessa de financer les activités de l'Église. Les Tchèques optèrent alors pour un système de séparation complète des biens, inhabituel en Europe, suivant le modèle américain.

Cependant, le processus de restitution n'a pas concerné les cathédrales de Prague. La cathédrale Saint-Guy, Saint-Venceslas et Saint-Adalbert, située dans le château de Prague, est considérée par le public et les responsables politiques comme un symbole de l'identité nationale tchèque.

Pendant un certain temps, une bataille juridique a opposé l'Église et l'État quant à la propriété de la cathédrale. L'Église a finalement renoncé au litige, laissant la question aux générations futures. Ainsi, aujourd'hui, la cathédrale appartient à la Présidence de la République, pour qui elle représente une source de revenus importante grâce à la billetterie ; l'Église n'est autorisée à l'utiliser que pour la messe.

Relations diplomatiques oui, concordat non

Lorsque les relations diplomatiques avec le Saint-Siège furent rétablies après la chute du communisme, la signature d'un concordat semblait la suite logique.

Le traité a même été négocié par un gouvernement de gauche, en conflit avec l'Église sur de nombreux points au niveau national. Cependant, lors des négociations, les diplomates sont parvenus à surmonter les points litigieux et le traité a été signé en 2002.

Or, la Constitution tchèque exige que de tels traités soient approuvés par le Parlement. À la surprise générale, le Parlement a rejeté le traité.

Deuxième tentative

Après vingt ans d'impasse, les travaux d'un nouveau traité ont commencé, et de nombreux éléments laissaient penser que cette seconde tentative aboutirait. Le principal point de blocage – la restitution des biens historiques de l'Église – avait déjà été réglé au niveau national.

Dès le départ, il était clair que le traité aurait une portée essentiellement symbolique. Le gouvernement tchèque a informé le Saint-Siège, dès l'ouverture des négociations, qu'il n'était pas disposé à aller au-delà de la législation nationale en vigueur. Le traité devait tout au plus servir de garantie du statut juridique déjà acquis, et non d'instrument de résolution des différends en suspens entre les parties contractantes.

La partie catholique a insisté sur la nécessité de privilégier une approche anthropocentrique. Le traité devrait, par exemple, garantir aux détenus le droit de recevoir la visite d'un prêtre, et non autoriser l'Église à intervenir au sein du système carcéral. L'objectif était de souligner que le traité est un instrument de protection des droits individuels, et non un moyen de consolider le pouvoir des institutions ecclésiastiques.

Sujets controversés et critiques qui leur sont adressées

Bien que les négociations se soient déroulées dans une atmosphère cordiale, il est vite apparu que même une approche minimaliste du contenu du traité ne garantirait pas un consensus.

En raison de ces positions très divergentes, la question de l'éducation a été totalement exclue de l'accord. Pour la partie tchèque, il était inacceptable de garantir aux écoles ecclésiastiques le droit d'enseigner conformément à la morale catholique, d'autoriser le Saint-Siège à approuver les doyens des facultés de théologie ou à nommer les membres de la mission canonique.

Finalement, un seul point litigieux subsistait : le secret de la confession et la confidentialité des agents pastoraux. La partie tchèque a exigé à plusieurs reprises que l’accord comprenne une clause stipulant que le secret de la confession serait régi par le droit tchèque, ce qui était, naturellement, inacceptable pour le Saint-Siège.

Le compromis trouvé a consisté à scinder l'article sur la confidentialité en deux paragraphes. Le premier stipulait simplement : « La République tchèque reconnaît le secret de la confession. » Le second mentionnait d'autres agents pastoraux dont le secret professionnel était limité par la législation nationale. Cette disposition concernerait, en pratique, par exemple, les aumôniers laïcs en prison ou à l'hôpital, les employés des tribunaux ecclésiastiques ou les assistants pastoraux en paroisse.

Immédiatement après la signature du traité par le cardinal Pietro Parolin et le Premier ministre tchèque Petr Fiala le 24 octobre 2024, l'opinion publique s'est enflammée de voix d'opposition. Celles-ci affirmaient que la ratification de l'accord violerait la souveraineté des États, privilégierait le droit canonique (et, à terme, le droit islamique) et permettrait d'étouffer les scandales sexuels.

Les forces progressistes et nationalistes, qui n'ont par ailleurs pratiquement rien en commun, s'accordaient à dire que le traité était mauvais.

Malgré les critiques des médias, les deux chambres du Parlement ont finalement approuvé l'accord. Il ne restait plus qu'une dernière étape : la signature du président de la République.

Le traité devant la Cour constitutionnelle

Immédiatement après le vote parlementaire, un groupe de sénateurs a saisi la Cour constitutionnelle d'une proposition visant à examiner la constitutionnalité du concordat. La Conférence épiscopale tchèque a même salué cette initiative, y voyant une occasion de convaincre les détracteurs que l'accord ne portait pas atteinte à la souveraineté de l'État et n'avait pas été négocié dans des intentions malhonnêtes.

Les sénateurs ont notamment contesté la disposition relative au secret professionnel des agents pastoraux ; ils craignaient une réduction du pluralisme des opinions au sein de l’Église et critiquaient l’absence d’obligations imposées à celle-ci. Selon eux, en échange de la reconnaissance des mariages religieux, l’État aurait dû exiger de l’Église qu’elle s’engage à reconnaître les divorces civils.

La proposition des sénateurs fut jugée trop faible et vouée à l'échec. C'est alors que le président de la République intervint. Dans sa déclaration, il qualifia l'accord de contraire au caractère républicain et laïque de l'État tchèque, lequel, selon lui, repose sur une opposition délibérée à la position privilégiée de certaines Églises.

Il a également soulevé une autre question que le groupe de sénateurs n'avait pas abordée : le secret de la confession. Selon lui, ce secret est incompatible avec le droit des victimes de crimes, notamment de crimes sexuels, à une enquête efficace.

Bien que l'Église considère le secret de la confession comme absolument inviolable, la loi tchèque est moins stricte. Un confesseur n'est pas tenu de signaler à l'État les crimes appris lors de la confession, mais si le pénitent révèle des projets criminels futurs, le confesseur a l'obligation de les déjouer, par exemple en les signalant à la police. Le président a déclaré que le concordat accorderait également au clergé l'immunité face à cette obligation de prévention des crimes futurs.

Traitement inégal des églises par l'État

Le mercredi 1er avril, jour traditionnellement consacré aux farces en République tchèque, la Cour constitutionnelle a jugé que le concordat était contraire à l'ordre constitutionnel tchèque. Non pas dans son intégralité, mais en deux points précis.

La première de ces dispositions est précisément la garantie du secret de la confession. Selon la Cour constitutionnelle, cette disposition est discriminatoire envers les autres Églises qui ne peuvent conclure de traité international et dont la confidentialité serait donc régie uniquement par le droit national, c'est-à-dire par une norme de rang inférieur. À la surprise générale, l'obligation pour l'Église de rendre son patrimoine culturel accessible a également été jugée inconstitutionnelle.

La Cour constitutionnelle a interprété la disposition en question d'une manière diamétralement opposée à celle voulue par les parties contractantes. Elle n'y a pas vu une volonté de l'Église de rendre ses monuments culturels accessibles aux chercheurs, mais a souligné qu'elle pourrait restreindre l'accès aux archives ecclésiastiques (qui, toutefois, ne sont pas publiques en République tchèque), ce qui, selon la Cour, porterait atteinte à la liberté de la recherche scientifique et au droit d'accès au patrimoine culturel.

Quatre juges ont émis une opinion dissidente. Le juge Tomáš Langášek a qualifié la décision de curiosité historique, notamment parce qu'elle a été adoptée par la Cour constitutionnelle d'un pays qui a donné au monde saint Jean Népomucène, vénéré comme martyr du secret de la confession.

La décision de la Cour constitutionnelle marque la fin définitive du processus d'accord. Les Hussites tchèques ont une fois de plus vaincu les forces catholiques étrangères. En un quart de siècle, il s'agit du deuxième concordat négocié et signé, puis rejeté juste avant la fin du processus de ratification.

Le politologue Petr Fiala a un jour décrit la République tchèque comme un « laboratoire de sécularisation ». En tant que Premier ministre, il y a mené une expérience plutôt amusante, qui s'est finalement soldée par un échec. Peut-être le caractère national tchèque a-t-il refait surface. Les Tchèques sont tolérants envers les croyances, mais extrêmement méfiants à l'égard des religions organisées.

L'auteurJakub Kříž

Avocat et professeur de droit à l'université Charles, il a agi comme expert local pour le Saint-Siège lors des négociations du concordat.

Monde

Stella Maris appelle à prier pour les milliers de marins piégés dans le port d'Hormuz.

Alors que les États-Unis et l'Iran s'affrontent au sujet du détroit d'Ormuz, les responsables du ministère maritime catholique (Stella Maris) appellent à la prière et au soutien pour les milliers de marins pris au piège en mer au milieu du conflit.

OSV / Omnes-30 avril 2026-Temps de lecture : 6 minutes

– Gina Christian, OSV News

Selon les dernières données disponibles au moment de la rédaction, environ 20 000 marins appartenant à des centaines de navires, dont des pétroliers, des méthaniers et des cargos, sont bloqués dans le golfe Persique, incapables de traverser le détroit d'Ormuz.  

“ Nous avons organisé des prières d’intercession, et plusieurs de nos aumôniers essaient de prendre contact pour voir comment nous pouvons intercéder ”, a déclaré sœur Joanna Okerke, directrice nationale aux États-Unis. Stella Maris, l’apostolat maritime de l’Église catholique, dont le nom évoque le titre marial de “ Notre-Dame, Étoile de la Mer ”.

Ses origines remontent à l'Écosse des années 1920.

Parfois appelé le Apostolat de la Mer, Cette initiative, née en Écosse dans les années 1920, a été soutenue par de nombreux papes, dont saint Jean-Paul II – qui a actualisé les normes de cette œuvre en 1997 – et, plus récemment, le pape Léon XIV. L’apostolat est placé sous la tutelle du Dicastère pour le service du développement humain intégral du Vatican.

Aux États-Unis, l'évêque auxiliaire Frank Schuster de Seattle est le promoteur épiscopal de Stella Maris. Selon l'Organisation maritime internationale (OMI), l'agence des Nations Unies chargée de la sécurité maritime, de la sûreté et de la protection de l'environnement, environ 20 000 marins sont actuellement bloqués dans le golfe Persique.

La situation des marins est “ terrible ”.”

Le secrétaire général de l'OMI, Arsenio Dominguez, a communiqué ce chiffre lors d'une interview accordée à CNN le 16 avril, qualifiant la situation des marins de “ terrible ”.

“ Il s'agit de santé mentale, de l'épuisement dont souffrent ces marins innocents ”, a-t-il déclaré à Richard Quest, animateur de CNN.

Dominguez a déclaré qu'il était « très reconnaissant envers les pays de la région, car ils continuent de fournir des produits essentiels, malgré les difficultés existantes ! ».

Mais il a averti que “ plus ce conflit se prolonge ”, plus la situation en mer s'aggravera, se transformant en crise.

Le détroit d'Ormuz, officiellement fermé

L'Iran a officiellement fermé le détroit d'Ormuz, un point maritime stratégique reliant le golfe Persique au golfe d'Oman, le 4 mars, quelques jours après les attaques conjointes lancées par les États-Unis et Israël le 28 février, qui ont tué plusieurs hauts responsables iraniens, dont le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

Durant la guerre, l'Iran et les États-Unis ont imposé un blocus du détroit et continuent de le faire malgré le cessez-le-feu et une brève accalmie dans le blocus du trafic maritime. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré lors d'une conférence de presse le 24 avril que le blocus serait maintenu “ aussi longtemps que nécessaire ”.

Au moins sept marins sont morts en mars lors d'attaques contre leurs navires, et Dominguez a publié une déclaration le 6 mars qualifiant le blocus d'“ inacceptable et intenable ».

L’évêque auxiliaire Frank Schuster de Seattle, promoteur de l’apostolat maritime Stella Maris aux États-Unis, et sœur Joanna Okerke, religieuse de la Congrégation du Saint Enfant et directrice nationale de Stella Maris aux États-Unis, lors d’une visite pastorale à SLV Honduras le 8 avril 2026, à Port Everglades, en Floride. (Photo : OSV News/Sœur Joanna Okerke).

Stella Maris au Royaume-Uni

Au début de la guerre, Mgr Luis Quinteiro Fiuza, président L'Apostolat de la Mer a écrit aux évêques pour promouvoir Stella Maris dans le monde entier ; son texte a été résumé dans une publication Facebook le 17 avril par Stella Maris au Royaume-Uni.

“ L’évêque Louis a exprimé sa profonde inquiétude face aux opérations militaires en cours et à la montée des tensions dans le détroit d’Ormuz, ainsi qu’à leurs conséquences directes sur les marins ”, a déclaré Stella Maris UK dans un communiqué. 

“ Ce sont des civils, hommes et femmes, étrangers au conflit, qui, par leur travail quotidien, font vivre leurs familles, soutiennent le commerce mondial et contribuent au bien commun. Malgré cela, beaucoup se retrouvent aujourd’hui à travailler dans des conditions extrêmement stressantes, confrontés à la peur, à l’incertitude et à un danger réel. ”.

Le Saint-Siège, par l'intermédiaire du Dicastère pour le développement humain intégral, a nommé le 19 décembre 2025 Mgr Luis Quinteiro Fiuza, évêque émérite de Tui-Vigo, photographié ici, comme président de l'Apostolat de la Mer, et le père Ritchille Salinas SVD, philippin, comme secrétaire général (@Diocèse de Tui-Vigo).

Mgr Luis Quinteiro : invitation à la prière 

La publication citait la lettre de l'évêque, qui disait : “ Nous invitons toute la famille de l'Apostolat de la Mer à prier pour ceux qui se trouvent dans les zones à haut risque, pour leur sécurité et leur protection contre tout mal, et pour les familles qui attendent avec inquiétude à la maison. ”.

Le 19 décembre 2025, le Saint-Siège, par l'intermédiaire du Dicastère pour le service du développement humain intégral, a nommé Mgr Luis Quinteiro Fiuza (évêque émérite de Tui-Vigo) comme président de l'Apostolat de la Mer, et le père Ritchille Salinas SVD, philippin, comme secrétaire général. 

Un métier dangereux, désormais encore plus mortel

« Le blocus a rendu une profession déjà difficile et dangereuse encore plus meurtrière », a déclaré sœur Joanna, membre de l’Ordre des Servantes du Saint Enfant Jésus.

“ Ce problème touche beaucoup de monde ”, a-t-il déclaré. “ Nombreux sont ceux qui sont encore en mer, et leurs familles sont très inquiètes. Cela déchire des familles. ”.

Doreen Badeaux, secrétaire générale de l'organisation à but non lucratif Apostleship of the Sea aux États-Unis, a déclaré à OSV News que les préoccupations concernant les marins bloqués avaient été abordées lors de la conférence du groupe début avril.

“ C’est le stress énorme qu’ils subissent ”, a déclaré Badeaux, dont l’organisation fait office d’association professionnelle et éducative pour les ministres maritimes catholiques, les aumôniers de navires de croisière, les marins et autres personnes qui soutiennent le ministère maritime.

Le père Paul Makar, prêtre de l'archidiocèse catholique ukrainien de Philadelphie, dans la salle paroissiale de la cathédrale catholique ukrainienne de l'Immaculée Conception à Philadelphie le 22 avril 2026. Le père Makar, ancien officier de la marine américaine, se forme pour devenir aumônier de Stella Maris (Photo par OSV News/Gina Christian).

Marins naufragés ayant besoin d'aide

Le père Paul Makar, un prêtre catholique ukrainien de Archidiocèse de Philadelphie Un homme en formation pour le ministère à Stella Maris a déclaré à OSV News qu'il est crucial de fournir aux marins naufragés “ au moins une forme d'aide ”.

Le prêtre, ancien officier de marine et ingénieur naval qualifié, a déclaré que les équipages pris au piège par le blocus sont confrontés à de nombreux facteurs de stress exacerbés par le conflit.

Étant donné que plus de 80 % des marchandises mondiales sont transportées par voie maritime, le père Makar a expliqué que ce travail implique de longs mois en mer et des horaires de chargement exigeants dans les ports.

Il a expliqué que parfois les équipes travaillent “ entre 24 et 36 heures d'affilée juste pour respecter les délais de chargement et de déchargement ”.

Tempêtes, piraterie, sécurité dans un contexte d'inquiétudes

Parmi les autres sujets de préoccupation qu'il a évoqués figuraient les tempêtes, la piraterie, les problèmes de sécurité et l'abandon des navires, une situation dans laquelle les armateurs retirent leur soutien aux navires, laissant les marins bloqués et sans compensation loin de chez eux. 

Les données de la Fédération internationale des travailleurs des transports montrent que les désertions ont atteint des niveaux records en 2025, avec plus de 6 000 marins touchés cette année-là seulement, soit la sixième année consécutive de ces augmentations.

D'après le père Makar, les marins touchés par le blocus s'inquiètent désormais de leur prochain repas et se demandent s'ils auront la climatisation et suffisamment de carburant. Certains navires n'ont pas pu être ravitaillés.

Il a demandé des prières pour toutes les personnes touchées.

“ C’est un métier très dangereux, et ce depuis toujours ”, a déclaré le père Makar, ajoutant que Stella Maris et d’autres ministères maritimes “ s’efforcent toujours ” de faire savoir aux marins qu“” ils ne sont pas seuls ».

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Gina Christian est journaliste multimédia pour OSV News. Suivez-la sur X : @GinaJesseReina

L'auteurOSV / Omnes

Le vide comme ouverture

Marcher avec le Christ dans sa Passion et sa Résurrection exige une ouverture d'esprit. Cela demande d'apprendre à voir, à écouter, à toucher autrement. Il ne s'agit pas d'abandonner la raison, mais de ne pas la laisser être le seul critère de notre perception.

30 avril 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Heureux ceux qui croient sans avoir vu.

Voir ne signifie pas reconnaître. Toucher et sentir sont deux choses différentes. Entendre et écouter ne sont pas synonymes non plus. Nous percevons le monde par nos sens, et la vue est notre sens principal. Notre perception sensorielle n'est pas neutre. Elle est orientée, façonnée par l'attention, par ce que nous cherchons, par ce que nous nous attendons à trouver. Nous ne nous contentons pas de recevoir ce qui est là ; nous l'interprétons à partir d'un horizon de signification préexistant. Lorsque nous voyons, nous le faisons en fonction de nos attentes, de nos connaissances et de ce que nous sommes prêts à accepter. C'est pourquoi l'évidence ne prévaut pas toujours.

Nous construisons notre connaissance à partir de nos sens. Nous nommons, classons et abstrayons. Ces concepts, que nous stockons en mémoire, ordonnent la réalité et, simultanément, la définissent. Ils sélectionnent ce qui est considéré comme une donnée et ce qui est exclu. La perception requiert la présence, tandis que l'interprétation en détermine le sens.

Reconnaître ce que nous voyons

Dans le Évangile selon Jean, Marie-Madeleine arrive au tombeau avec l'espoir précis d'y trouver un corps. L'absence de ce dernier déconcerte. Elle voit les signes – la pierre roulée, les linges – mais elle ne parvient pas à les comprendre. Même lorsque le Christ se tient devant elle, elle est troublée. Ce n'est pas l'information qui lui manque, mais la capacité de reconnaître ce qui dépasse ses attentes. C'est là que réside la limite de l'interprétation des perceptions sensorielles.

Quelque chose de similaire se produit sur la route de Emmaüs. Les disciples entendent, mais ils ne comprennent pas. Le contenu est accessible, mais ils ne possèdent pas encore la clé qui lui donne sens. Leur attention est focalisée sur leur propre souffrance et leur déception. Ils sont incapables de trouver la manifestation de l'amour de Dieu dans le douleur. Jusqu'à ce qu'ils tournent leur attention vers le Christ qui rompt le pain, vers leur propre cœur ardent.

Le tombeau vide n'est pas un simple vide physique. C'est un tournant. Il nous oblige à repenser le cadre d'interprétation de la réalité. La foi ne remplace pas la perception ; elle introduit un nouveau critère d'interprétation qui transcende la raison. Elle n'ajoute pas un objet supplémentaire ; elle transforme notre compréhension de ce qui est donné.

En ce sens, le vide et la plénitude cessent d'être des termes mutuellement exclusifs. Le vide peut constituer une condition de l'apparition.

Possibilité dans le vide

Dans la sculpture de Jorge Oteiza, Le vide n'est pas l'absence de travail, mais plutôt son résultat. Le vide, que l'on pourrait considérer comme un vestige, devient espace activé. La matière se retire pour rendre possible une autre forme de présence. Ce qui est perçu dépasse le simple volume ; c'est la tension entre ce qui est et ce qui est libéré. Là, le vide, qui pourrait suggérer le manque, est possibilité.

Dans l'expérience symbolique également, la matière ne s'épuise pas en elle-même. Elle fonctionne comme une médiation. Elle rend le sens accessible, elle ne le cache pas.

L'essentiel est de reconnaître la portée de la raison sans pour autant l'abandonner. Tout le réel ne peut être stabilisé par des concepts. Il existe un type de connaissance, une forme de reconnaissance, qui exige un engagement, du temps et une attention dépassant la simple identification. Elle exige un abandon.

Dans ce contexte, se vider de soi ne signifie pas nier ; cela signifie plutôt suspendre librement et volontairement toute tentative de contrôler ce qui apparaît. Cela signifie prendre de la distance par rapport à ses propres attentes afin que la réalité ne s'y réduise pas.

Éduquer le regard

Dans notre monde sensoriel, ce que nous touchons, voyons, entendons, sentons et goûtons peut se transformer en symboles. Les êtres humains se connectent à ce qui les transcende par le biais des symboles, qui leur permettent d'interpréter l'expérience sans se laisser enfermer dans des catégories rigides. Dans cette perspective, le matériel ne s'oppose pas au spirituel ; au contraire, il s'ouvre à un processus.

Marcher avec le Christ dans sa Passion et sa Résurrection exige cette ouverture. Cela signifie apprendre à voir, à écouter, à toucher autrement. Il ne s'agit pas d'abandonner la raison, mais de ne pas la laisser être le seul critère de notre perception.

La foi façonne notre regard. Elle élargit notre capacité à reconnaître sans rien ajouter d'extérieur. Elle rend visible ce qui était là, mais que nous ne savions pas voir.

Et, comme dans une œuvre d'art, cette transformation ne reste pas confinée à soi-même. Ceux qui apprennent à voir deviennent aussi des médiateurs pour les autres. Un lieu où l'on peut voir, un lieu qui ne se replie pas sur lui-même, mais qui ouvre l'espace.

Cette transformation influence la manière dont on se positionne par rapport à ce qui se trouve devant soi. Et, parfois, elle permet aussi aux autres de voir. Non pas comme une conclusion, mais comme une ouverture.

L'auteurPeca Macher

Peca Macher est architecte et commissaire d'exposition, fondatrice de Präsenz, un projet qui intègre l'art, l'éducation et le leadership conscient par le biais de la pause, de l'observation et de l'écoute. Forte de plus de 25 ans d'expérience en gestion culturelle et en réflexion, elle écrit et mène des recherches sur la mémoire, l'expérience esthétique et l'art comme outil de transformation personnelle et sociale. Elle est l'auteure de l'ouvrage Présentation. L'art comme outil de transformation humaine et éducative.

Évangélisation

‘ Lupa ’ : du désir du cœur à la chute du cheval

Lucía Pastor (Lupa), une professionnelle de la beauté, raconte à Omnes sa conversion grâce à Effetá, sa formation ultérieure au Soul College (Hakuna) et sa quête spirituelle.

Francisco Otamendi-30 avril 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Certaines conversions s'opèrent sur plusieurs années ou à différentes étapes de la vie. Cependant, Lucía Pastor, dans son ouvrage Lupa (Madrid, 1999), parvient à en préciser la date et l'heure. “ Ma rencontre avec Dieu. Dans la nuit du 16 octobre 2021, par l’imposition des mains, j’ai reçu la plénitude du sentiment d’être aimé. ”, assure Omnes.

Sa conversion est bien connue dans les cercles d'Effetá. Interrogée sur Lupa, la conversation s'est déroulée avec aisance un vendredi après-midi. La jeune femme a analysé ses perceptions avec une précision encore plus grande que celle de saint Luc relatant la conversion de saint Paul. Actes des Apôtres.

“ Fille bien-aimée de Dieu ” 

Lupa déclare : “ C’était comme si un fil de lumière illuminait tout mon être, de la tête aux pieds, accompagné d’une sensation de brûlure dans la poitrine. C’était comme si quelqu’un pénétrait en moi et me vidait de toute douleur, peur, angoisse, vertige et tristesse. Et, à la place, me remplissait d’espoir, de pardon, de lumière, de paix et d’un amour infini. Une transformation à la fois intérieure et physique, au cours de laquelle je pouvais ressentir, même spirituellement, comment le Seigneur me transformait. ”.

“ Il est impossible de mettre des mots sur ce que j’ai ressenti à ce moment-là. ”, Lucía Pastor ajoute. “ Je l’ai reconnu comme mon Père, et pour la première fois, je me suis sentie comme une fille bien-aimée de Dieu. Ce fut sans aucun doute le plus beau jour de ma vie. ”.

“ J’avais un profond désir dans mon cœur, mais je ne savais pas comment réciter le Notre Père. ”

Juste après sa conversion, Lupa est allée vivre à Rome.“Ce fut une expérience merveilleuse. J'ai toujours dit que le Seigneur m'avait abandonné et éloigné de toute ma famille, mais en réalité, il m'avait envoyé dans la ville où l'on trouve le plus d'églises au mètre carré. Celui d'en haut savait ce qu'il faisait.”assure-t-il.

Nous en revenons à la conversion, sujet de notre conversation. Y a-t-il eu un processus préliminaire, ou a-t-elle été soudaine ? “ Eh bien, c’était comme tomber de cheval. J’ai toujours eu une soif immense de ce que je voyais chez certaines personnes : le bonheur absolu. ”. 

“ Il est vrai que j’étais en quête de bonheur, de joie, d’amour absolu, mais j’ignorais que cela venait de Dieu, et que j’en avais besoin. C’était simplement un désir profond du cœur. ”, Il ajoute : « Comme saint Augustin ? » “ Oui, exactement. Ma conversion a eu lieu à Éphphatha. Il est vrai que là-bas, j’ai mis des mots sur ce que je cherchais peut-être, car c’est peut-être la foi que je désirais. Mais ce n’était pas intentionnel, ni quelque chose que j’avais recherché ; c’était une chute, tout simplement. »".

"Pour vous donner une idée, je ne connaissais pas le Notre Père. Certes, ma mère avait l'habitude de prier l'Enfant Jésus avant de nous endormir, et j'avais une statuette de la Vierge Marie dans ma chambre, mais à part ça, je ne me souviens de rien. Dieu n'était pas présent dans ma vie. Ou plutôt, il l'était, mais je ne le voyais pas.”.

Du ressenti à l'entraînement

“ Et il est vrai qu’à la suite de ma conversion, j’ai trouvé ma place à Hakuna, car, n’ayant aucune base théologique, c’est par le sentiment que j’ai appris à connaître Dieu. ”, Lupa reconnaît.“Puis j'ai trouvé cette continuité à Hakuna, et c'est là que ma formation théologique a commencé, en apprenant à connaître la Bible, la vie de Dieu… ”.

“ Aujourd’hui, ma foi est bien plus équilibrée ; elle repose moins sur les sentiments et les émotions que sur une connaissance et une formation approfondies. Je réfléchis beaucoup au service et à la façon dont je traite les autres. Aujourd’hui, il s’agit de poursuivre mon cheminement. Et de ne pas oublier ce qui donne sens à ma vie. Je dis toujours trois choses : premièrement, glorifier Dieu ; deuxièmement, accorder de l’importance à ce qui compte vraiment ; et troisièmement, vivre dans la vérité. Et je crois que ces trois points sont synonymes. ”.

“ Au niveau communautaire, je cherche encore ma place, et c’est normal. ”, Lupa reconnaît. “ Je participe à des ateliers à Schoenstatt, je lis beaucoup sur les Jésuites, j’ai eu de nombreux contacts avec des membres de l’Opus Dei, j’apprends de partout, et le Seigneur me conduira là où il devra me conduire. ”.

L'auteurFrancisco Otamendi

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Évangile

Comment connaître le chemin ? Cinquième dimanche de Pâques (Année A) 

Vitus Ntube commente les lectures du cinquième dimanche de Pâques (A) correspondant au 3 mai 2026.

Vitus Ntube-30 avril 2026-Temps de lecture : 2 minutes

À mesure que nous avançons dans le temps pascal, les lectures de l'Évangile orientent notre attention vers les fêtes de l'Ascension et de la Pentecôte. Nous voyons le Christ préparer ses disciples à son départ et leur promettre la présence constante de l'Esprit Saint qui guidera l'Église.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus vient de parler de son départ. Il perçoit l’inquiétude de ses disciples et leur dit :“Que votre cœur ne se trouble point ; croyez en Dieu, croyez aussi en moi.” Il parle de partir et de revenir, précisément pour être avec eux définitivement :“Je reviendrai et je vous emmènerai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi.” Jésus veut que nous soyons là où il est. C’est le sens profond du salut : la communion avec lui et, par lui, avec le Père. Il nous précède pour nous préparer une place. Mais c’est Thomas qui exprime un cœur inquiet :“Seigneur, nous ne savons pas où tu vas, comment pouvons-nous connaître le chemin ?".

En ce temps de départ et de retour, il nous est rappelé où le Christ demeure auprès de son Père. Ce mystère se concrétise dans la vie de l'Église. Le Christ demeure présent dans son Église. Dans l'Église, nous trouvons le Christ, qui est “le chemin, la vérité et la vie” qui nous conduit au Père, source et sommet de notre existence et chemin de la vie. ».

La deuxième lecture, tirée de la première lettre de Pierre, décrit l'Église comme un temple vivant bâti sur le Christ, le “pierre vivante”Il est la pierre angulaire, celui qui maintient l'ensemble. Mais il est aussi la pierre que certains rejettent, celle sur laquelle certains trébuchent. L'Église, bâtie sur lui et formée par lui“pierres vivantes”, partage ce même mystère.

La première lecture, de Actes des Apôtres, Cela illustre cette réalité. La première communauté chrétienne a connu des tensions : les Grecs se plaignaient des Hébraïsants, car leurs veuves étaient négligées dans le service quotidien. La diversité culturelle a engendré des malentendus et des divisions. Cependant, l’Église étant fondée sur le Christ, une solution a été trouvée. Les Apôtres ont discerné les problèmes, délégué les responsabilités et préservé ainsi l’unité de l’Église. La faiblesse humaine n’a pas détruit l’Église. 

Voici l’Église à laquelle nous appartenons : une réalité diverse, unie dans le Christ, dans laquelle chacun de nous est un “pierre vivante”En tant que membres vivants de l'Église, l'apôtre Pierre nous appelle “ une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple appartenant à Dieu. ”. C’est là notre dignité et un don précieux. Parallèlement, nous avons la mission d’annoncer les merveilles du Christ. Nous sommes appelés à être fidèles à ce don que Dieu a fait à l’Église et à ne plus laisser nos limites humaines le détruire.

La question de Thomas devient donc aussi la nôtre : « Comment pouvons-nous connaître le chemin ? » Nous connaissons le chemin en demeurant en Christ. Nous demeurons en Christ en demeurant dans son Église comme des pierres vivantes. Le chemin vers le Père n'est pas une carte, mais une personne vivante, une réalité vivante.

Vatican

Le pape exprime sa gratitude pour les richesses reçues de l'Afrique et espère un avenir de dignité.

Le pape Léon XIV considérait sa visite dans quatre pays africains, en tant que messager de paix, comme un don inestimable pour son cœur et son ministère. De plus, il put consolider des liens importants avec les Pères de l'Église, le monde islamique et le continent africain.

Rédaction Omnes-29 avril 2026-Temps de lecture : 3 minutes

“ La visite du Pape a été l’occasion pour le peuple africain de faire entendre sa voix, d’exprimer la joie d’être le peuple de Dieu et l’espoir d’un avenir meilleur et digne pour chacun. ” C’est ce qu’a déclaré Léon XIV lors de l’audience du mercredi 29 avril, fête de sainte Catherine de Sienne, à laquelle le Pontife a fait référence à la fin de sa catéchèse.

Le Saint-Père a exprimé sa gratitude pour la visite et a rendu grâce au Seigneur pour ce qu'ils lui ont apporté : une richesse inestimable pour mon cœur et mon ministère.

De plus, lorsqu'il évoque l'Algérie, pays à forte majorité musulmane (le Cameroun, l'Angola et la Guinée équatoriale sont majoritairement chrétiens), il fait référence à Saint Augustin et la consolidation des ponts pour le monde et pour l'Église.

Saint Augustin : les racines et les “ ponts très importants ”

Ce sont ses mots dans le Audience:

“ La Providence a voulu que la première étape se déroule précisément dans le pays où se trouvent les lieux saints de saint Augustin, à savoir l’Algérie. Ainsi, d’une part, j’ai pu renouer avec les racines de mon identité spirituelle. Et d’autre part, il m’a été possible de franchir et de consolider des ponts essentiels pour le monde et l’Église d’aujourd’hui : le pont avec l’époque féconde des Pères de l’Église ; le pont avec le monde islamique ; le pont avec le continent africain. ”.

Au sujet du saint évêque d’Hippone, il a fait remarquer que le voyage “ a été une occasion propice pour entrer dans l’école de saint Augustin. Par son expérience de vie, ses écrits et sa spiritualité, il est un maître dans la recherche de Dieu et de la vérité. Son témoignage est d’une grande importance aujourd’hui pour les chrétiens et pour tous. ”.

« En Algérie, j’ai reçu un accueil non seulement respectueux, mais aussi chaleureux. Nous avons pu constater par nous-mêmes et montrer au monde qu’il est possible de vivre ensemble comme des frères et sœurs, même de religions différentes, lorsque nous nous reconnaissons comme enfants d’un même Père miséricordieux ”, a déclaré le Pape.

Cameroun, Angola, Guinée équatoriale

Quant aux “ trois pays suivants que j’ai visités ”, la population, en revanche, était “ majoritairement chrétienne. J’ai donc été plongé dans une atmosphère de célébration de la foi, d’accueil chaleureux, caractéristique du caractère typique des Africains. ”.

Le Vicaire du Christ a révélé que, “ comme mes prédécesseurs, j’ai moi aussi vécu un peu de ce qui est arrivé à Jésus avec les foules de Galilée. Il les a vus assoiffés et affamés de justice, et il leur a proclamé : “Heureux les pauvres en esprit, heureux les doux, heureux ceux qui procurent la paix…” ».

Selon les propres mots du Pape : “ Au Cameroun, j’ai renouvelé l’appel à la réconciliation, à la justice et au développement intégral face à des défis tels que l’inégalité et la violence. En Angola, j’ai été témoin d’une Église vivante, purifiée par l’histoire, engagée pour la paix et le développement humain. Enfin, en Guinée équatoriale, j’ai été témoin d’une foi pleine d’espérance, en particulier parmi les jeunes et les plus démunis. ”.

Colombie : rejet de toute forme de violence

Dans ses paroles aux pèlerins hispanophones, le Saint-Père a révélé qu“” avec tristesse et inquiétude, j’ai appris la situation tragique de violence qui frappe le sud-ouest de la Colombie et qui a causé de lourdes pertes en vies humaines ».

“ J’exprime ma profonde sympathie, par la prière, aux victimes et à leurs familles ”, a-t-il ajouté, « et j’exhorte chacun à rejeter toute forme de violence et à choisir résolument la voie de la paix. ».

“ Tombez amoureux du Christ, comme Catherine. ”

En conclusion, après un salut particulier “ aux familles du Mouvement des Focolari, aux collaborateurs de 'Regnum Christi', et à certaines paroisses et institutions de pèlerinage ‘, le Pape a rappelé que ’ la liturgie est célébrée aujourd'hui Sainte Catherine de Sienne, ” Vierge dominicaine et Docteur de l’Église. ».

“ Chers jeunes, tombez amoureux du Christ, comme Catherine, pour le suivre avec enthousiasme et fidélité. Vous, chers malades, plongez vos souffrances dans le mystère de l’amour du Sang du Rédempteur, contemplé avec une dévotion particulière par la sainte de Sienne. ”.

“ Et vous, chers jeunes mariés, soyez, par votre amour mutuel, un signe de l’amour du Christ pour l’Église. ».

Polonais : libération de Dachau, martyre du clergé. Français : ‘ Joyeux mois de Marie ’.’

Aux pèlerins polonophones, le pape a rappelé l'anniversaire de la libération du camp nazi allemand de Dachau, date à laquelle ” vous célébrez la Journée du martyre du clergé polonais pendant la Seconde Guerre mondiale et invoquez la protection des évêques, des prêtres et des séminaristes, martyrs des totalitarismes du XXe siècle. “. 

“ Qu’ils intercèdent tout particulièrement pour les jeunes, afin qu’ils répondent avec courage à l’appel de Dieu ”, les a-t-il encouragés. 

Enfin, s'adressant aux francophones, il a évoqué la Vierge Marie : “ Je vous bénis et vous souhaite un joyeux mois de Marie ! ”.

L'auteurRédaction Omnes

Évangélisation

Marcos Pou, le jeune homme de Communion et Libération réputé pour sa sainteté

Alfonso Calavia vient de publier un nouvelle biographie -documenté et exhaustif- sur la vie de Marcos Pou.

Javier García Herrería-29 avril 2026-Temps de lecture : 3 minutes

J'ai entendu parler pour la première fois de Marcos Pou par un couple marié que je connaissais. L'épouse m'a raconté que, dans leur jeunesse, elle et son mari avaient un ami très spécial. Un jour, alors qu'ils discutaient avec lui de leurs fiançailles, il leur avait dit que leur relation était comme une belle rose. Elle reposait entre leurs deux mains, mais s'ils essayaient de la posséder, il se produirait la même chose que s'ils essayaient tous deux de retenir la fleur : ils finiraient par la détruire.

De cette manière, il les encourageait à vivre chastement pendant leurs fiançailles, sous-entendant qu'ils pouvaient profiter de la beauté de leur relation sans la gaspiller précipitamment. 

La vie de Marcos fut courte mais intense. Il mourut à l'âge de 23 ans dans un accident de voiture en février 2015, dix jours seulement après son entrée au séminaire de Barcelone. Né dans cette même ville en 1991, il y grandit au sein d'une famille catholique de six enfants. Il passa une partie de son enfance à Los Angeles avant de revenir à Barcelone.

Depuis sa disparition, de nombreux jeunes qui ne le connaissaient pas s'intéressent à sa vie et à son cheminement spirituel. Il est un modèle accessible : un athlète, un étudiant, avec des amis, une petite amie et, surtout, en proie aux doutes et aux incertitudes propres à la jeunesse du XXIe siècle. 

Un jeune homme à la recherche intense

Sa vocation sacerdotale s'est affirmée progressivement à partir de 2011, au cours d'un cheminement de discernement guidé par son directeur spirituel. Il ne s'agissait pas d'une rupture brutale avec sa vie antérieure, mais plutôt d'une rencontre graduelle avec le Christ. 

Il a d'abord étudié à l'école de Montserrat, puis à Abat Oliba Loreto, où il a rencontré des professeurs et des amis liés à Communion et libération, Cette expérience a profondément marqué sa foi. Il y a découvert une manière de vivre le christianisme alliant amitié, étude et une vision élargie de la vie, une combinaison qui l'a accompagné pendant des années.

Peu avant son entrée au séminaire, le directeur spirituel de Marcos lui demanda de raconter son histoire et comment le Seigneur l'avait progressivement transformé. Il en résulta un livre autoédité de 65 pages, un témoignage authentique et captivant qui permet de mieux connaître Marcos. Il y affirme que ce qui importait dans sa vie, ce n'était pas lui-même, mais “ ce que le Christ a accompli dans ma vie ”, une phrase que beaucoup ont interprétée comme son testament spirituel. 

Dans ces pages, il ne cache pas ses souffrances et ses crises, à commencer par son comportement déplacé envers les filles durant son adolescence, ce qui l'a conduit à une vie tiède, loin de la foi. Naturellement, il nourrissait aussi de nombreux doutes quant à sa vocation, d'autant plus qu'il avait une petite amie qui, soit dit en passant, l'a beaucoup soutenu dans sa démarche de discernement. 

De l'université au séminaire

Elle a étudié la physique à l'Université de Barcelone et a obtenu son diplôme en 2015, peu avant son décès. Pendant trois ans, elle a coordonné un groupe d'étudiants de l'association Communion et Libération, organisé des conférences et mené une vie très active, mêlant études, amitiés, sport et engagement religieux. 

Elle a également été bénévole auprès des Missionnaires de la Charité à Calcutta et a participé aux Journées mondiales de la jeunesse à Madrid en 2011.

Le 11 février 2015, jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes, il entra au séminaire conciliaire de Barcelone. Son séjour y fut bref : il mourut le 21 février, dix jours plus tard, dans un accident de moto. La nouvelle bouleversa sa famille, ses amis et la communauté ecclésiale de Barcelone, où une foule immense se rassembla à ses obsèques, débordant de la chapelle du séminaire.

La mort et son impact

La mort de Marcos fut soudaine et tragique, mais son impact ne se limitait pas aux circonstances de l'accident. Déjà largement reconnu pour son authenticité, son dévouement et sa joie communicative, son décès fut d'autant plus poignant qu'il fut la perte d'une personne véritablement unique. Amis et connaissances venus de différentes villes et pays lui ont rendu un dernier hommage, témoignant de l'étendue des liens qu'il avait tissés en quelques années seulement.

Son père spirituel et ses proches ont souligné que Marcos ne parlait pas de la foi comme d'une idée abstraite, mais comme d'une expérience concrète et raisonnée qui imprégnait sa manière d'étudier, de travailler et d'interagir avec autrui. Cette cohérence personnelle explique en partie pourquoi son histoire continue de circuler pendant des années, notamment auprès des jeunes qui recherchent des modèles proches de leur vécu plutôt que des figures distantes ou idéalisées.

Marcos n'était pas parfait, mais son parcours de vie comprenait tous les ingrédients classiques qui jalonnent un chemin : les études, les amitiés, l'amour, le service aux autres, les doutes, les choix et une décision radicale prise lorsqu'il a cru avoir trouvé sa voie. Sa vie fut courte mais incroyablement intense, et c'est ce qui explique la résonance de son histoire auprès d'une génération habituée à s'interroger sur ce qui a vraiment de la valeur.

11 ans après sa mort, Association des Amis de Marcos Pou, promeut la connaissance de sa vie et diverses initiatives d'évangélisation.


Il n'y a pas de plus grand amour.

Auteur: Alfonso Calavia Arespacochaga
Editorial: Rencontre
Année: 2026
Nombre de pages: 366
CollaborateursÁlvaro Presno

On retrouve même la trace du créateur chez les insectes.

Saint Bonaventure considérait que la création n'apparaît pas comme un ensemble d'entités autosuffisantes, mais comme un réseau de vestige: des empreintes qui renvoient aux empreintes de leur Créateur.

29 avril 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Depuis mon enfance, la forme biomécanique unique des insectes me fascine autant qu'elle me perturbe. Le funicule des antennes, l'insertion des coxas, la transition entre le pronotum et les élytres, leur texture et leurs pointillés si particuliers… autant de choses familières et étrangères à la fois. C'est peut-être pour cela qu'illustrer des insectes est si efficace pour canaliser mon tempérament impatient et souvent distrait. Je n'appellerais pas cela un passe-temps, ni une inclination spontanée. C'est plutôt une forme d'autodiscipline.

Des heures d'exploration physionomique, d'archétypes et de graphite. Avec le temps, on apprend à regarder – même si dessiner reste un défi. Et comme tout amateur de portrait le sait, bien regarder est la base d'une bonne vision. Une attention soutenue suffit pour que la forme cesse d'être simplement résolue et que l'apparence se densifie. On commence à découvrir des détails, des secrets, à se poser des questions : qu'est-ce qui fait qu'une telle chose existe ? Non pas au sens trivial de sa fonction (qui est étudiée en profondeur par l'entomologie), mais au sens plus exigeant : qu'est-ce qui fait véritablement exister une telle chose…

L'architecture complexe du système circulatoire des ailes des odonates (une libellule, par exemple) est-elle le fruit d'un caprice ontologique autant que d'un caprice évolutif ? Ses bifurcations recèlent-elles le secret de la parole divine, à l'instar des taches du tigre qui terrifiaient le prisonnier ? L'Aleph?

Je ne fais pas référence à une image suggestive, ni à une métaphore pieuse, mais à une structure précise : « une phrase dont la lecture – si elle était possible – suffirait à libérer ou à détruire ». Borges a sagement choisi de ne pas s’étendre davantage sur le sujet.

Oui.

Oui, et dix fois oui.

La tradition occidentale classique n'a jamais conçu le monde comme une simple collection d'éléments donnés. Elle l'a plutôt appréhendé comme une structure de référence. Non pas parce que chaque créature recèle un sens caché, mais parce qu'aucune n'est épuisée par ce qu'elle révèle. Dans la mesure où elle existe, par son être même, elle renvoie… à quoi ? À son Créateur, si je puis dire…

Buenaventura considérait que la création n'apparaît pas comme un ensemble d'entités autosuffisantes, mais comme un réseau de vestigeDes traces qui pointent au-delà de ce qu'elles montrent. Non pas une présence nue de leur Créateur, certes, mais une trace de Lui. Tout ne pointe pas avec la même clarté, et toute créature ne peut être interprétée de la même manière ; mais rien ne demeure totalement hors de cette grammaire.

La diversité des choses créées — nous dit le thomisme — n'est ni un accident ni un excès toléré : elle est une condition de la perfection du tout. La plénitude n'est pas concentrée au sommet et diluée vers le bas ; elle est répartie. « La perfection de l'univers exige qu'il y ait des inégalités entre les choses, afin que toutes les perfections possibles soient représentées. » (Somme théologique q. 47).

Pourquoi y a-t-il une forme là où il n'y en aurait peut-être pas ? Pourquoi une détermination là où l'indétermination suffirait ? Dès lors, la question n'est pas de savoir si les choses “ signifient ” quelque chose, comme si elles portaient un message codé, mais si leur cohérence ontologique même constitue déjà une manière de parler. Elles n'ajoutent pas de sens ; elles sont le sens en acte. La Création ne parle pas de Dieu : elle parle de Lui. « Interrogez le monde, interrogez la beauté de la terre, interrogez toutes choses : elles vous répondront : nous ne sommes pas Dieu, mais Il nous a créés. » (Sermon 241). Les choses ne disent pas ce qu'elles sont ; elles disent de qui elles viennent, comme dirait saint Augustin.

Ce qui est créé, dans la mesure où il est créé, est déjà un lieu d'accès. Mutatis mutandis, On découvre autant de secrets précieux en contemplant l'ordre des sphères célestes qu'en observant attentivement l'architecture d'un insecte commun. Aucune accumulation de grandeur ne nous rapproche plus de l'origine que la plus humble des formes, car ce qui importe n'est pas la quantité de l'être, mais sa nature reçue ; toutes deux sont, à proprement parler, également disproportionnées à leur origine, et toutes deux nous parlent de leur Créateur. Et il existe, en effet, des paroles puissantes – à commencer par le pouvoir de transformer le dessin en prière.

L'auteurÁlvaro Presno

Il est titulaire d'un doctorat en ingénierie et d'un doctorat en mathématiques. Il est membre du groupe de travail sur l'intelligence artificielle de la Société des scientifiques catholiques d'Espagne.

Vatican

Le pape s'adresse au chef anglican Mullally : “ Surmontons nos différences. ”

Bien que le chemin vers la pleine communion soit devenu “ plus difficile à discerner ”, catholiques et anglicans doivent poursuivre le dialogue et “ proclamer le Christ au monde ”, a déclaré le pape Léon XIV lors de sa première rencontre avec l’archevêque anglicane de Canterbury, Sarah Mullally.  

OSV / Omnes-29 avril 2026-Temps de lecture : 4 minutes

– Junno Arocho Esteves (OSV Actualités)

Dans son discours à l’archevêque Mullally lors de sa visite au Vatican le 27 avril, le pape a reconnu que, malgré les progrès considérables accomplis sur les “ questions historiquement clivantes, de nouveaux problèmes sont apparus ces dernières décennies ” qui ont rendu le “ chemin œcuménique ” plus difficile. 

Il a toutefois ajouté : “ Ce serait un scandale si nous ne continuions pas à œuvrer pour surmonter nos différends, aussi irréconciliables puissent-ils paraître. ”.

Chapelle d'Urbain VIII, XVIIe siècle

Selon un communiqué de son bureau, l'archevêque Mullally s'est joint au pape pour la prière de midi dans la chapelle Urbain VIII, datant du XVIIe siècle et située dans le palais apostolique.

En accueillant l’archevêque au Vatican, le pape Léon XIII a fait remarquer que, tandis que “ notre monde souffrant a désespérément besoin de la paix du Christ, les divisions entre chrétiens affaiblissent notre capacité à être des porteurs efficaces de cette paix ”.  

“ Si le monde veut accueillir notre prédication avec sincérité, nous devons donc être constants dans nos prières et nos efforts pour lever tout obstacle qui entrave la proclamation de l’Évangile ”, a déclaré le Pape. 

“ Cette insistance sur la nécessité de l’unité pour une évangélisation plus fructueuse a été un thème récurrent dans mon ministère ; en fait, elle se reflète dans la devise que j’ai choisie lors de mon ordination comme évêque : ‘ In Illo uno unum ’, ‘ En celui qui est le Christ, nous sommes un ». ».

Le pape Léon XIV prie avec l'archevêque anglicane Sarah Mullally de Canterbury dans la chapelle d'Urbain VIII au Palais apostolique du Vatican lors de leur rencontre le 27 avril 2026 (Photo OSV News/Simone Risoluti, Vatican Media).

‘Embarquons ensemble pour un voyage d'amitié et de dialogue.’

Bien que le chemin œcuménique vers la communion soit complexe, le pape Léon XIV a affirmé que l’Église catholique et l’Église d’Angleterre continuent de “ cheminer ensemble sur la voie de l’amitié et du dialogue ”.

Il a également prié pour que le Saint-Esprit, “ que le Seigneur a répandu sur les disciples la nuit suivant sa résurrection, guide nos pas tandis que nous recherchons, dans la prière et l’humilité, l’unité qui est la volonté du Seigneur pour tous ses disciples. ”.

“ Votre Grâce, en vous remerciant de votre visite aujourd’hui, je prie pour que le même Esprit Saint demeure toujours avec vous, vous rendant fécond dans le service auquel vous avez été appelé ”, a déclaré le Pape.

Dans son message au pape Léon XIII, publié par son bureau, l'archevêque Mullally a exprimé sa gratitude pour avoir dénoncé “ les nombreuses injustices de notre monde ”, notamment lors de son récent voyage apostolique en Afrique.

Mullally : ‘ Cette vision du bien commun »

“ Le monde avait besoin de ce message en ce moment ; merci ”, a-t-il déclaré. “ Il nous a rappelé que, malgré nos souffrances, les gens aspirent à une vie pleine et entière, et que tant de personnes œuvrent chaque jour pour cette vision du bien commun. ”.

L’archevêque de Canterbury a souligné que, dans le cheminement œcuménique entrepris par les catholiques et les anglicans, l’Esprit Saint nous invite à une pratique plus profonde de l’hospitalité, non pas simplement comme un accueil, mais comme une forme de ministère.

Il s’agit de “ la volonté de se laisser mutuellement l’espace nécessaire, en tant qu’êtres créés à l’image de Dieu et appelés à grandir pleinement à sa ressemblance ”, a-t-il déclaré. “ Nous recevons déjà les uns des autres des dons que nous ne pouvons pas produire par nous-mêmes : la profondeur de la prière, le courage du témoignage, la persévérance dans l’épreuve et la fidélité au service. En cela, notre témoignage commun se trouve fortifié. ”.

Le pape Léon XIV prie avec le roi et la reine d'Angleterre lors de leur visite au Vatican le 23 octobre 2025 (@CNS photo/Vatican Media).

En souvenir de la visite du roi Charles et de la reine Camilla au Vatican

En souvenir de la visite du roi Charles III et de la reine Camilla au Vatican En octobre, le chef anglican Mullally a déclaré que le monarque britannique “ avait apprécié sa récente visite ” et a assuré le pape Léon “ d'un accueil chaleureux de la part de l'Église d'Angleterre s'il venait à honorer le Royaume-Uni d'une visite ”.

Nommée archevêque de Canterbury par le roi Charles en octobre, Sarah Mullally est la première femme à diriger l'Église d'Angleterre “ en 1 400 ans d'histoire ”, selon l'Église d'Angleterre. Diocèse de Canterbury .

Les anglicans revendiquent 1 400 ans d'histoire car ils considèrent l'Église d'Angleterre non pas comme une nouvelle entité créée lors de la Réforme du XVIe siècle, mais comme la continuation de l'Église établie en Angleterre par un saint catholique., Saint Augustin de Canterbury, en l'an 597 après J.-C.

La rencontre de l'archevêque Mullally avec le pape Léon XIII s'inscrivait dans le cadre d'un pèlerinage de quatre jours à Rome qui, selon son bureau, vise à “ renforcer les relations anglicanes-catholiques romaines par la prière, la rencontre personnelle et le dialogue théologique formel ”.

Dans le contexte de la réunion historique de 1966

“ La visite de l’archevêque de Canterbury s’inscrit dans le cadre des relations œcuméniques de longue date entre la Communion anglicane et l’Église catholique romaine, qui trouvent leurs racines dans la rencontre historique de 1966 entre l’archevêque Michael Ramsey et le pape Paul VI ”, a rapporté le service de presse de la Communion anglicane. 

Le pèlerinage a débuté le 26 avril par une visite à la basilique Saint-Pierre et à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome, afin de se recueillir sur les tombeaux des apôtres. Dans un tweet publié sur X, l'archevêque Mullally a demandé des prières “ pour l'unité de ses disciples et de tout le peuple de Dieu ”.

“ Notre monde est profondément blessé par la guerre, la division et la peur, et aspire à la paix, à la justice, à la réconciliation et à l’espérance que l’on ne trouve qu’en Jésus-Christ. Nous sommes appelés à proclamer et à vivre cet Évangile ensemble, pour le bien du monde que Dieu aime tant ”, a-t-il écrit. 

Dans l'après-midi, après sa rencontre avec le pape Léon XIV, l'archevêque Mullally présidera les vêpres à l'église Saint-Ignace-de-Loyola, avec le cardinal Luis Antonio Tagle, pro-préfet du dicastère pour l'évangélisation, comme prédicateur.

Selon le bureau de l'archevêque, l'archevêque Mullally nommera l'évêque anglican Anthony Ball, directeur du Centre anglican de Rome, comme son représentant auprès du Saint-Siège.

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Junno Arocho Esteves est correspondant international pour OSV News. Suivez-le sur X : @jae_journalist.

L'auteurOSV / Omnes

Culture

Quatre femmes docteurs de l'Église sont à l'affiche d'un programme de ‘ Documentos RNE ’.’

Sainte Catherine de Sienne, fêtée le 29 avril, Thérèse d'Avila, Thérèse de Lisieux et Hildegarde de Bingen sont les quatre seules femmes docteurs de l'Église parmi les 38 docteurs reconnus. La RNE (Radio nationale espagnole) leur a consacré une émission audio, avec la participation de plusieurs spécialistes.

Francisco Otamendi-29 avril 2026-Temps de lecture : 4 minutes

‘ Docteurs de l’Église : mystiques, visionnaires et théologiens ’ est le titre du programme « Documents » de RNE consacré aux quatre seuls Docteurs de l’Église nommés à ce jour : sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse d’Avila et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (Lisieux), les Carmélites déchaussées et l’abbesse bénédictine Hildegarde de Bingen.

Avec un scénario d'Ana Vega Toscano et une conception sonore de Samuel Alarcón, ce documentaire peut être écouté ici Le programme aborde le parcours des quatre femmes médecins en suivant la chronologie de leurs nominations. Des enregistrements historiques des archives de la RTVE, illustrant chaque proclamation, sont également présentés dans le programme (47' 45").

Experts

Le programme met en vedette, entre autres experts, Silvia Mas, professeur au département d'histoire de l'Église à l'Université pontificale de la Sainte-Croix et éditeur du livre ‘ Docteurs de l'Église et patrons de l'Europe ’. Josémi Lorenzo Arribas, Docteure en histoire médiévale et spécialiste du monachisme féminin. José Carlos Martín de la Hoz, Il est titulaire d'un doctorat en histoire de la théologie, membre de l'Académie d'histoire ecclésiastique et professeur au programme de maîtrise du Dicastère pour les causes des saints. Victoria Cirlot, Professeur de philologie romane à l'université Pompeu Fabra, éditrice d'Hildegarde de Bingen en espagnol et auteure de ‘ Le regard intérieur : le mysticisme féminin au Moyen Âge ’.

Quatre docteurs, et d'autres en cours d'études

Le titre de Docteur de l'Église a été institué à la fin du XIIIe siècle, mais aucune femme n'a été reconnue avant 1970, année où Sainte Paul VI nomme le saint d'Ávila médecin Sainte Thérèse de Jésus déjà sacré Catherine de Sienne, tertiaire dominicain du XIVe siècle. 

Près de trois décennies plus tard, en 1997, Saint Jean Paul II y compris le saint français Thérèse de Lisieux, une jeune carmélite déchaussée décédée en 1897. Enfin, en 2012, Benoît XVI a promu le doctorat de la femme allemande Hildegard de Bingen, une abbesse bénédictine aux multiples facettes qui vécut au XIIe siècle.

D'autres figures religieuses font actuellement l'objet d'études en vue d'une éventuelle reconnaissance ; parmi elles, le carme déchaux et philosophe Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, Juif converti né Edith Stein, et est mort à Auschwitz.

Quelques coups de pinceau. Sainte Thérèse d'Avila

“ Un Docteur de l’Église est une figure qui incarne la sainteté de vie, une pensée conforme à l’Évangile, à la transmission de la vie de l’Église et à une doctrine cohérente. Mais avant tout, ce qu’il faut à un Docteur de l’Église, c’est une érudition éminente, moins en étendue qu’en profondeur ”, explique la professeure Silvia Mas.

L'enregistrement audio contient la voix de saint Paul VI en espagnol correct en 1970, lorsqu'il a déclaré sainte Thérèse de Jésus (1515-1582) Docteur de l'Église, lors d'une cérémonie sans précédent dans l'Église à cette époque, au cours de laquelle il fait deux observations “ qui nous semblent importantes ”, dit le Pape (5' 53").

“ La mission sublime des femmes au sein du Peuple de Dieu ”

Tout d’abord, “ sainte Thérèse d’Avila est la première femme à qui l’Église a conféré le titre de docteur ”. Ensuite, il y a le souvenir de la phrase “ sévère ” de saint Paul : ‘ Les femmes doivent rester silencieuses dans les églises ’. Cependant, saint Paul VI affirme que cela n’implique ni violation du précepte apostolique ni ” mépris pour la sublime mission des femmes au sein du Peuple de Dieu “.

“ Thérèse d’Avila est unanimement reconnue par tous les mouvements féministes comme une penseuse et une femme d’une énergie immense, qui a élargi les horizons et ébranlé les fondements patriarcaux ”, déclare le Dr Josemi Lorenzo Arribas. “ Dans la culture de la péninsule Ibérique, il n’y a peut-être pas eu d’autre femme d’une telle importance historique. ”.

Sainte Catherine de Sienne, 29 avril

Le 4 octobre 1970, quelques jours après sainte Thérèse, une autre femme fut proclamée Docteur de l'Église, sainte Catherine de Sienne, également par saint Paul VI. Le document de la RNE propose le témoignage audio en espagnol (14' 20").

Catherine de Sienne (1347-1380), décédée à l'âge de 33 ans, était reconnue comme mystique, prédicatrice et écrivaine, notamment pour son ouvrage ‘ Le Dialogue avec la Divine Providence ’, en plus de son rôle décisif dans la résolution de la soi-disant papauté d'Avignon (France) par sept papes entre 1309 et 1377, indique l'enregistrement audio.

Le pape était à Avignon ; il n'avait aucune indépendance.

“ Sainte Catherine de Sienne est la femme clé de la réforme de l’Église. La première grande réforme de l’Église devait commencer par le retour du pape à Rome. Le pape était à Avignon, dominé par le pouvoir français, il n’avait aucune indépendance ”, explique l’historien José Carlos Martín de la Hoz (17' 25").

“ Il était important que le Pape revienne et relance la Curie romaine, qu'elle devienne indépendante et universelle, afin qu'elle puisse retrouver le grand sens de l'Église. ”.

“Ella fue la primera persona que llamó al Papa el ViceCristo, y procuraba tener diálogo con el Papa, para tener diálogo con Dios”.

Carta al Papa Gregorio XI para que vuelva a Roma

El documento recoge la carta de Santa Catalina de Siena al Papa Gregorio XI para que vuelva a Roma. Santa Catalina mantuvo un abundante epistolario con personajes de la época.

“Ella tenía que preparar el terreno de Roma. No sólo fue al Papa y le dijo: Ven. Ella tuvo que ir y recuperar los Estados Pontificios, para que el Papa pudiera venir y tuviera a Gil de Albornoz, el hombre fuerte de aquella época, que se alía con Catalina de Siena, para empezar a poner orden en los Estados Pontificios”, añade el académico Martín de la Hoz.

Santa Teresa Benedicta de la Cruz, en estudio

El documento recoge también el testimonio sonoro (22’ 07”) de la declaración de San Juan Pablo II otorgando el título de Doctora de la Iglesia a santa Teresa del Niño Jesús. Y también el de Benedicto XVI (27’ 11”) sobre santa Hildegarda de Bingen, mujer sobre la que se explayan los expertos, como la catedrática Victoria Cirlot.

Sobre Santa Teresa Benedicta de la Cruz (Edith Stein), dice Silvia Mas: “Se está revisando toda su producción escrita, era filósofa, alumna de Husserl, padre de la fenomenología, y escribió ‘Ser finito y ser eterno’. Fue una de las mujeres que luchó por el derecho al voto femenino, en los años veinte del siglo pasado”.

L'auteurFrancisco Otamendi

Vatican

Des missionnaires expliquent le véritable but du voyage du pape en Afrique.

El propio León XIV señaló a los periodistas en uno de los vuelos que realizó, que hubo muchas interpretaciones del viaje alejadas de lo que realmente ocurría.

OSV / Omnes-28 de avril de 2026-Temps de lecture : 7 minutes

Inés San Martin, OSV News

Mientras el Papa León XIV respondía a lo que ha descrito como una narrativa inexacta en torno a su primer viaje a África, misioneros que trabajan en todo el continente aseguran que la visita refleja algo mucho más fundamental que un debate político.

«Ha habido una cierta narrativa que no ha sido del todo exacta en todos sus aspectos», dijo el Pontífice a los periodistas el 18 de abril, mientras viajaba entre Camerún y Angola, señalando que gran parte de la cobertura se había convertido en «comentario sobre comentarios».

Sin embargo, sobre el terreno, quienes viven la realidad cotidiana de la Iglesia en África describen una visita centrada en temas que conocen bien: fraternidad, paz, sanación y esperanza. Y todo ello, arraigado en Cristo.

Un deseo que viene de lejos

En muchos sentidos, el viaje también representa el cumplimiento de un deseo personal de hace mucho tiempo. Días después de su elección en mayo de 2025, León XIV ya había señalado su intención de viajar a África, comenzando por Argelia, la tierra de San Agustín de Hipona, cuyo pensamiento y espiritualidad han marcado su propia vocación como agustino.

Es también un continente que conoce de primera mano. Incluso como obispo de Chiclayo, Perú, el futuro Papa realizó repetidos viajes a África, especialmente a Nigeria, manteniendo estrechos vínculos con comunidades misioneras y desarrollando una visión pastoral marcada por esos encuentros.

Ese trasfondo ayuda a explicar por qué, como dijo a los periodistas durante el vuelo, ve el viaje en términos simples: «Vengo principalmente a África como pastor… para estar, celebrar, animar y acompañar a todos los católicos de África».

Argelia

En Argelia, donde los cristianos constituyen una minoría diminuta en un país predominantemente musulmán, la misionera española Mercè Gassiot afirmó que esa presencia -discreta, humilde y relacional- define la misión de la Iglesia.

«Nuestra Iglesia es pobre, muy pequeña, pero llena de diversidad», dijo Gassiot, quien vive en el país desde 1969. «La fraternidad se construye día a día, viviendo juntos, trabajando juntos, compartiendo tanto las dificultades como las alegrías de la vida cotidiana».

Para ella, el énfasis del Papa en el diálogo y la convivencia refleja lo que los católicos en Argelia ya buscan vivir.

Hablando en la Gran Mezquita de Argel, el Papa León XIV subrayó esa visión, insistiendo en que «buscar a Dios es también reconocer la imagen de Dios en cada criatura», y que esto conduce a aprender «a vivir juntos con respeto por la dignidad de cada persona humana».

Volvió a la figura de Saint-Augustin como puente entre pasado y presente, diciendo a los periodistas al dejar el país que la invitación del santo a buscar a Dios y la verdad es algo muy necesario para todos hoy.

Con mulsulmanes

Ese mismo espíritu se vio en Annaba, donde la hermana Carmen María de Justín, de las Hermanitas de los Pobres, recibió al Papa en un hogar para ancianos, donde casi todos los residentes son musulmanes.

«Fue maravilloso, se emocionó al verlos», dijo, describiendo cómo el Papa saludó a los residentes durante su visita. Para las hermanas, que desde hace tiempo sirven en un entorno mayoritariamente musulmán, la visita fue tanto una confirmación como un aliento. «Ha sido una gran recompensa a nuestro trabajo… nos ha dado fuerza para continuar», dijo a OSV News.

El encuentro también reflejó la respuesta más amplia de la población local. «La casa estaba llena de musulmanes», dijo, señalando que los vecinos ayudaron a preparar el lugar para recibir al Papa.

El hogar incluso cuenta con una pequeña mezquita para los residentes, «para que puedan rezar como nosotros lo hacemos en nuestra capilla», dijo, una expresión cotidiana de la convivencia que el Papa ha destacado durante toda la visita.

«Pienso que el Señor, desde el cielo, viendo una casa como esta, donde se busca vivir juntos en fraternidad, puede pensar: ¡pues hay esperanza!’», dijo el Papa en sus breves palabras en el hogar «Ma Maison», donde dedicó más tiempo a saludar personalmente que a hablar.

«El corazón de Dios está desgarrado por las guerras, la violencia, las injusticias y las mentiras. Pero el corazón de nuestro Padre no está con los malvados, con los prepotentes, con los soberbios; el corazón de Dios está con los pequeños, con los humildes», dijo el Papa.

Amitié

Para misioneros como Gassiot y la hermana Carmen María, ese mensaje de evangelización a través de la amistad resuena profundamente en un contexto donde la vida diaria se desarrolla casi por completo en un entorno musulmán. Y es una vida de fe cimentada en el testimonio de los mártires, a quienes el Papa también honró durante su visita.

En el Centro de Acogida y Amistad dirigido por las Hermanas Agustinas Misioneras en el barrio Bab El Oued de Argel, el Papa se reunió con religiosas y conoció su labor, que incluye apoyo educativo, clases de idiomas y programas para mujeres.

Martyrs

Reflexionando sobre el legado de las hermanas Caridad Álvarez Martín y Esther Paniagua Alonso -asesinadas el 23 de octubre de 1994, en el Domingo Mundial de las Misiones, cuando se dirigían a Misa-, el Papa León XIV enmarcó sus muertes dentro de un llamado más amplio al testimonio.

«Tal vez lo que ustedes hacen aquí va mucho más al corazón de lo que debe ser la vida agustiniana -la vida consagrada en la Iglesia- en un mundo donde el martirio es realmente necesario, pero el martirio en el sentido de la palabra: testimonio», dijo.

Las dos hermanas forman parte de los 19 mártires de Argelia beatificados en 2018, reconocidos por permanecer junto al pueblo argelino pese al aumento de la violencia durante la guerra civil que comenzó en 1992.

Esa decisión de quedarse no fue automática. «La pregunta fundamental era: ¿qué voy a hacer personalmente, quedarme o irme temporalmente?», recordó la hermana María Jesús Rodríguez, entonces superiora provincial de las Hermanas Agustinas Misioneras, quien se encontraba en Argelia en ese momento.

A medida que aumentaban las amenazas contra extranjeros y cristianos, los obispos del país pidieron a los religiosos discernir libremente su camino. «Ambas opciones eran legítimas y muy buenas», dijo la hermana Rodríguez, señalando el «triple» riesgo que enfrentaban: «por ser extranjeros, por ser cristianos y simplemente por estar allí».

Cameroun

En Camerún, el mensaje del Papa adquirió un tono más urgente. En Bamenda, una región marcada por un conflicto separatista que ha cobrado miles de vidas y alterado la vida cotidiana durante años, la hermana María José de la Plata afirmó que la decisión del Papa de ir ya era significativa.

«Es un signo de cercanía -está con el pueblo», dijo. «Está dispuesto a correr el riesgo para decirle a un pueblo que ha sufrido durante años que no está olvidado».

Describió una realidad en la que la inseguridad se ha vuelto rutina. «Nos hemos acostumbrado a los ‘lunes fantasma’, sin mercado, sin escuela, sin transporte», dijo, refiriéndose a los cierres semanales impuestos en medio del conflicto.

Sin embargo, incluso en ese contexto, la misión continúa. «Cada día que abrimos la escuela o el centro, a pesar de los riesgos, ofrecemos esperanza y la presencia de Dios en este rincón del mundo».

Al dirigirse a la comunidad, el Papa reconoció el sufrimiento mientras destacaba su resiliencia, llamando a la región una «tierra ensangrentada, pero fértil». «No hay que inventar la paz», dijo durante el encuentro por la paz el 16 de abril. «Hay que acogerla, asumiendo al prójimo como nuestro hermano y como nuestra hermana».

Para la hermana de la Plata, la visita en sí misma transmite un mensaje: que el conflicto no ha sido ignorado y que la Iglesia sigue presente.

Angola

En Angola, los misioneros afirman que el enfoque del Papa en la sanación y la justicia habla directamente al pasado y presente del país. Tras una guerra civil de 27 años que terminó en 2002, muchas heridas permanecen: desigualdad económica, infraestructura frágil y comunidades que aún se recuperan de décadas de violencia.

La hermana María José Valero, de las Hijas de la Caridad, describió una misión que abarca escuelas, centros de salud, pastoral penitenciaria y acompañamiento pastoral. «Nuestra misión aquí incluye educación, atención médica y acompañar a las personas en todos los aspectos de la vida», dijo, señalando las múltiples necesidades de la población.

León XIV reflejó esa realidad en su discurso a las autoridades civiles en Luanda el 18 de abril, advirtiendo contra sistemas económicos que reducen a las personas a mercancías y llamando a un modelo de desarrollo basado en la dignidad humana. «Es necesario romper este ciclo de intereses que reduce la realidad, e incluso la vida misma, a simples mercancías», dijo.

En el santuario mariano de Mama Muxima -un lugar de profunda significación espiritual, pero también ligado a la historia del comercio transatlántico de esclavos-, el Papa conectó la fe con la responsabilidad concreta.

«Rezar el Rosario nos compromete a amar a cada persona … y a dedicarnos al bien de los demás, especialmente de los más pobres», dijo. Para los misioneros, esa conexión entre oración y acción refleja el trabajo cotidiano de la Iglesia.

Guinea Ecuatorial

En Guinea Ecuatorial, aunque la acogida de quienes pudieron asistir fue sumamente entusiasta, en zonas remotas lejos de la capital muchos católicos no pudieron participar en los eventos ni siquiera seguirlos a través de los medios locales.

Cinco décadas de un gobierno autoritario de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, quien tomó el poder en 1979, han dejado al país con infraestructura limitada, incluido el acceso a televisión o servicios de transmisión.

La hermana Concepción González, que trabaja en una comunidad rural, describió la visita como algo vivido «a distancia –una distancia física, y también de otros tipos».

«Muchas personas aquí ni siquiera podrán verlo», dijo. Sin embargo, la necesidad de esperanza no es menor. «Si la esperanza es lo último que se pierde, entonces tal vez es donde más se necesita: en el ámbito de la salud, donde muchos llegan demasiado tarde», dijo. «Los niños son felices, pero a veces se puede ver en sus ojos una sombra, algo que habla de una vida diferente y mejor».

Aun así, espera que el Papa lleve consigo esa realidad más allá de los breves días de la visita. «Le pediría que se lleve un pedazo de lo que ve aquí… y que lo presente al Señor», dijo.

El Papa afirmó en Mongomo, en la Basílica de la Inmaculada Concepción, que el lema elegido para su visita: «Cristo, Luz de Guinea Ecuatorial, hacia un futuro de esperanza», apunta a «quizás… el hambre mayor» en el país.

«Hay hambre de futuro, pero de un futuro habitado por la esperanza, que pueda generar una nueva justicia, que pueda dar frutos de paz y fraternidad».

Para los misioneros que viven en África, la visita del Papa no introdujo una agenda nueva, sino que reafirmó que su pastor está con ellos, comprende sus luchas y fortalece sus esperanzas.

L'auteurOSV / Omnes

Actualités

Su Beatitud Sviatoslav Shevchuk presenta en España su libro libro «Crónica de una guerra sacrílega»

El Arzobispo Mayor de Kyiv-Halyć y primado de la Iglesia greco-católica ucraniana presentará su obra el próximo 25 de mayo a las 19:00 en la sede de la Universidad CEU San Pablo de Madrid.

Maria José Atienza-28 de avril de 2026-Temps de lecture : < 1 minute

Su Beatitud Sviatoslav Shevchuk, jefe de la Iglesia greco-católica ucraniana y una de las voces internacionalmente reconocidas sobre el derecho a la paz y al respeto de la nación ucraniana presentará su libro «Crónica de una guerra sacrílega» en Espagne. 

Una oportunidad única de conocer el testimonio de Sa Béatitude Sviatoslav Shevchuk y cómo siguen afrontando, cada día, la dureza de una guerre que, a pesar de no ocupar grandes titulares, continúa desangrando la nación ucraniana.

Este volumen recoge las homilías y llamados del Arzobispo Mayor de Kyiv-Halyć durante el primer año de la invasión rusa a gran escala en Ucrania.

De sus páginas se desprende el testimonio espiritual del primer año de guerra, unos duros momentos en los que Shevchuk busca acompañar a su pueblo, ofreciendo consuelo, compasión y fortaleza frente a la barbarie. También se muestra la cercanía del Papa Francisco, quien, en sus continuas llamadas telefónicas con el jefe de la Iglesia greco-católica ucraniana, le traslada su unidad espiritual y la ayuda material que le es posible.

En esta obra fundamental, Su Beatitud ofrece un testimonio de primera mano y una reflexión profunda sobre la realidad del conflicto en Ucrania, analizando el impacto humano y espiritual de la guerra desde una perspectiva de fe. 

INSCRÍBETE AQUÍ o en el formulario que encontrarás al final de la noticia

La presentación, que tendrá lugar el próximo 25 de mayo a las 19:00 horasdans le Salón de Grados de la Université CEU San Pablo de Madrid (Julián Romea 23, Madrid), está organizada conjuntamente por Omnes y Su Beatitud Sviatoslav Shevchuk, y cuenta con el patrocinio de la Fondation CARF y Banco Sabadell, además de la colaboración de la Asociación Cultural Ángel Herrera Oria. 

Cinéma

« David », le film qui a connu un succès retentissant aux États-Unis, est présenté en avant-première.

Este jueves, día 30 de abril, llega a los cines españoles el estreno de "David", una película de animación de gran altura técnica.

Rédaction Omnes-28 de avril de 2026-Temps de lecture : 2 minutes

La apuesta cinematográfica de Angel Studios vuelve a ser muy ambiciosa. Su nueva producción animada, David (2025), ha debutado recaudando 22 millones de dólares en Estados Unidos, marcando un hito como el estreno animado de temática religiosa más taquillero hasta la fecha, superando incluso a El príncipe de Egipto. Firma además el mejor arranque de tres días en la historia del estudio, por encima incluso del fenómeno que supuso Le son de la liberté.

Este éxito confirma el músculo de una productora, que ya había conquistado al público con la serie Les élus, y que ahora traslada su enfoque accesible y emocional al terreno de la animación familiar. David adopta una estética claramente inspirada en el modelo clásico de Disney: narrativa directa, tono didáctico y un equilibrio constante entre aventura, humor ligero y números musicales que dinamizan el relato.

La trama

La película se centra en la figura de David, uno de los personajes más icónicos del Antiguo Testamento. Pastor en su juventud y posteriormente rey de Israel, su historia combina episodios de fe, valentía —como el célebre enfrentamiento con Goliat— y una gran dimensión espiritual reflejada en los salmos. El filme opta por una aproximación adaptada para los más pequeños: se detiene en su ascenso y en el conflicto con el rey Saúl, dejando fuera episodios más controvertidos o complejos de su vida, como el adulterio.

Esa decisión narrativa se traduce en un tono más amable. Los pasajes más duros del relato bíblico son suavizados —sin perder su esencia— para adaptarse a un público amplio, especialmente infantil. Así, la violencia queda sugerida y no explícita, y la historia se convierte en una puerta de entrada accesible al personaje.

En el apartado vocal, la versión original cuenta con nombres como Phil Wickham, Brandon Engman, Asim Chaudhry, Mick Wingert, Will de Renzy-Martin y Lauren Daigle. Las canciones, también bien adaptadas al español, aportan ritmo y refuerzan la película funcione con un ritmo convincente.

Dirigida por Phil Cunningham y Brent Dawes, con guion de Kyle Portbury, Sam Wilson y el propio Dawes, David hacer que la historia milenaria resulte cercana, entretenida para nuevas generaciones.

La fe vuelve a la órbita: Dios en la era de Artemis II

Durante años se planteó un conflicto artificial entre ciencia y fe, como si avanzar en una implicara abandonar la otra. Sin embargo, la experiencia concreta de quienes están en la frontera del conocimiento apunta en otra dirección.

28 de avril de 2026-Temps de lecture : 3 minutes

En 1968, durante la misión Apollo 8, tres astronautas leyeron el inicio del Génesis mientras orbitaban la Luna. Fue un gesto tan natural como sobrecogedor: en el momento de mayor avance científico de su tiempo, el ser humano miró al cielo, y pronunció el nombre de Dios. Aquel episodio quedó como símbolo de una intuición profunda: cuanto más lejos llega la ciencia, más se abre el hombre a Dios.

Décadas después, la misión Artemis II ha vuelto a situar a la humanidad en ese mismo umbral: entre la inmensidad del cosmos y el misterio de su origen. El gran protagonista ha sido Víctor Glover, piloto de la misión y primer afrodescendiente en viajar a la Luna, quien ha puesto de manifiesto su fe sin miedo y sin polémica.

El 6 de abril, momentos antes de que la cápsula Orión desapareciera tras la cara oculta de la Luna —ese instante siempre cargado de tensión y silencio—, Glover dirigió unas palabras a la Tierra. No habló de tecnología, ni de récords, ni siquiera de ciencia. Habló del amor. Recordó: “Cristo dijo, en respuesta a cuál era el mandamiento más grande, que era amar a Dios con todo lo que eres; y Él también, siendo un gran maestro, dijo que el segundo es igual a este: amar a tu prójimo como a ti mismo”, y concluyó con una frase que, en su sencillez, resume toda una cosmovisión: «los amamos desde la luna».

No es un discurso impuesto ni calculado. Es la expresión espontánea de alguien que, al contemplar el universo desde fuera, reconoce que la clave última no está en los sistemas, sino en el amor.

En otra intervención, durante la Pascua, Glover ofreció una imagen tan poderosa como accesible: la Tierra como una nave espacial. Una “nave” diseñada para albergar la vida en medio del vacío. Desde esa perspectiva, el asombro científico no conduce al vacío existencial, sino a la gratitud: si todo esto existe, si este oasis es real, entonces no puede ser fruto del azar ciego. Hay una intención, un sentido, una fuente.

Y, quizá, la frase que más ha resonado —por su claridad sin adornos— fue esta: «Necesitamos a Jesús, ya sea en la tierra o desde la luna». En otro tiempo, una afirmación así habría generado controversia inmediata. Hoy, en cambio, ha circulado con naturalidad, como quien enuncia una evidencia personal que no necesita imponerse.

Pero no solo Glover ha dado testimonio. El comandante de la misión, Reid Wiseman, reconocía tras el regreso a tierra, algo igualmente revelador. Haciendo la aclaración de no ser una persona religiosa, confesó que la experiencia vivida desbordaba cualquier categoría técnica o científica. Ante la grandeza de lo contemplado —un eclipse solar visto desde la cercanía lunar—, buscó espontáneamente una referencia espiritual. No como respuesta aprendida, sino como necesidad humana ante lo incomprensible, a su regreso a tierra: «Llamé al capellán del barco de la Armada para que viniera a visitarnos un momento y, al ver la cruz que colgaba de su cuello, rompí a llorar. Es muy difícil comprender por completo lo que acabamos de pasar».

Durante años se planteó un conflicto artificial entre ciencia y fe, como si avanzar en una implicara abandonar la otra. Sin embargo, la experiencia concreta de quienes están en la frontera del conocimiento apunta en otra dirección.

Los astronautas de Artemis II no son ajenos a la tecnología; son su máxima expresión. Han sido formados durante años, manejan sistemas de una complejidad extraordinaria y participan en uno de los proyectos científicos más ambiciosos de la historia. Y, sin embargo, cuando miran la realidad desde su punto más extremo, no hablan solo de datos: hablan de Dios.

Esto no debería sorprender. La ciencia, en su esencia, busca comprender los patrones del universo. Pero esos patrones —su orden, su belleza, su inteligibilidad— remiten inevitablemente a una pregunta más profunda: ¿por qué hay algo en lugar de nada? ¿Por qué este cosmos es comprensible? ¿Por qué existe la vida y, más aún, la conciencia capaz de contemplarla?

La misión Artemis II, al igual que en su día lo fue Apollo 13 o la propia Apollo 8, marca un hito técnico: mayor distancia alcanzada por el ser humano, nuevas observaciones del lado oculto de la Luna y un eclipse solar visto desde una perspectiva única. Pero, más allá de los logros cuantificables, deja una huella cualitativa: la recuperación de una mirada que integra.

Hoy, en pleno siglo XXI, en el corazón mismo de la exploración espacial, Dios vuelve a aparecer con naturalidad. Y ahí, en ese silencio entre la tierra y la luna —cuando la comunicación se interrumpe y solo queda la contemplación—, resuena de nuevo la intuición que acompañó a los primeros astronautas: que el mayor logro científico no eclipsa a Dios, sino que, de algún modo, lo señala.

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Écologie intégrale

Nous allons avoir un… fœtus ?

Un breve video de 1 minuto titulado ‘It’s a baby,’ (Es un bebé), sobre la noticia de quedarse embarazada, y el modo de llamar al bebé todavía no nacido se está haciendo de nuevo viral.

Francisco Otamendi-28 de avril de 2026-Temps de lecture : 2 minutes

El vídeo es de «Focus on the Family», y al comenzar se ve a una mujer que le dice a su pareja: ¡Es positivo! Está embarazada. La siguiente escena es una mujer negra embarazada viendo una ecografía de su bebé, y escuchando sus latidos.

Esto es un spoiler en toda regla, así que si quiere no lea más y vea el video ya. Pero yo voy a seguir, porque el video dura sólo 1 minuto y 1 segundo. Un suspiro.

Salen dos hombres haciendo footing, una mujer con una camiseta que dice ‘fetus on board’, un ginecólogo diciendo a una parturienta: sigue empujando, “tu feto está haciendo un maravilloso trabajo”…

Una abuela abre un sobre que dice ‘we’re having a fetus’ (estamos teniendo un feto), mientras una voz en off dice: «Llámalo como quieras, pero la verdad no cambia…», y sigue un poco más, cuando una niña dice a su madre embarazada: «Es un bebé», y ella le completa: «Todavía es un bebé».

En efecto, a los autores les da lo mismo cómo se llama al pequeño ser humano ya concebido en el seno de la madre. “Llámalo como quieras”, dicen, es un baby, un bebé.

Lo que dicen en Focus on the family

Sin embargo, en la web editora del video se escribe que “feto es una palabra tan científica. Es algo lejano (…) Hay quienes intentan restarle valor a la vida cambiando la forma en que hablamos de ella”.

Pero “en Focus on the Family nos encanta la palabra bebé, escriben, porque es algo personal. Evoca la alegría de la vida que está por venir, y todo lo que hace que los bebés sean humanos. Y todo comienza desde la concepción”.

En el sitio web de Focus parece que unen ‘interrumpir el embarazo’ con la palabra feto, y una insensibilización de la mujer que puede llevarle a frenar un embarazo no deseado.

En el video, sin embargo, se dice, como hemos visto: “Llámalo  como quieras”, es un baby, un bebé. 

Aquí tienen el video que, por cierto, lleva un subtítulo fuera, que dice así: “Llámalo como quieras, pero la verdad no cambia”.

L'auteurFrancisco Otamendi

Monde

Cardinal Schönborn : “ Jean-Claude était amoureux de Jésus ”

El Cardenal Schönborn presidió el funeral de Jean-Claude Chupin OFM, cofundador de la Comunidad del Cordero, que murió en la casa madre de esta comunidad, a los 95 años, el 5 de abril de 2026.

Rédaction Omnes-27 de avril de 2026-Temps de lecture : 2 minutes

El pasado 5 de abril murió, en Saint-Pierre, Jean-Claude Chupin OFM, franciscano de  95 años y cofundador de la Comunidad del Cordero, una una asociación pública de fieles de la Iglesia que Jean-Claude impulsó junto a Marie-Thierry Coqueray, religiosa dominica. 

Durante su funeral, el cardenal Christoph Schönborn recordó la vocación franciscana de este bretón que, a pesar de iniciar esta nueva fundación, fue fiel a su llamada según el espíritu de san Francisco de Asís: “Hasta el final ha sido fiel discípulo de San Francisco. De este San Francisco que tanto amó a Jesús que este amor transformó su vida por completo, orientó su camino de tal manera que eligió seguir a Jesús en la pobreza y la abyección”, destacó el cardenal.

Encuentro entre San Francisco y santo Domingo

Schönborn, obispo responsable de la Comunidad durante muchos años, quiso señalar, además, el encuentro entre los carismas franciscano y dominico que se hizo realidad en la Comunidad del Cordero: “San Francisco y santo Domingo se encontraron. Y se encontraron en personas concretas. Había tres hermanas dominicas que yo conocía porque estudiaba en París y conocía la rue de Condé, el albergue de estudiantes donde vivían estas hermanas. Y durante las turbaciones del 68 y los años posteriores, sintieron una vocación, una llamada a una vida dominica más radical, como al principio, cuando santo Domingo vivió aquí en la región durante diez años, en la mendicidad y el anuncio del Evangelio. Entre estas tres hermanas y el hermano Jean-Claude, se forjó una amistad. (…) Fue el mismo amor hacia Jesús, el Evangelio y los pobres, lo que les hizo encontrarse y caminar en paralelo por caminos similares”. 

En este sentido, el cardenal apuntó que “lo importante es que el carisma permanezca en la Iglesia. Porque un carisma es un don de Dios para la Iglesia. No es el mérito de algunas personas. La cuestión es si aceptamos el carisma, el don de Dios, la gracia que se le da a la Iglesia”.

Los tres votos

Asimismo, ante los restos mortales del “hermanito Jean-Claude”, el cardenal quiso resaltar la vivencia fiel de los votos de obediencia, castidad y pobreza que vivió el cofundador de la Comunidad del Cordero, recordando además como “el hermano Jean-Claude, que practicaba mucho la confesión, ha practicado mucho la misericordia y ha ayudado mucho a no desanimarse en la búsqueda de esta cultura (de la castidad), de esta gracia, de este don de la castidad en nuestras relaciones, en nuestras vidas personales”.

La Comunidad del Cordero

La Comunidad del Cordero, que vió la luz de manera definitiva en 1981, está hoy extendida por Francia, Argentina, Austria, Chile, España, Estados-Unidos, Italia y Polonia y  la Comunidad reúne a ciento sesenta hermanitas y a unos treinta hermanitos de diferentes países que viven un carisma, de raíz dominica, basado en la pobreza mendicante, la itinerancia y la contemplación.

Évangélisation

Le témoignage chrétien de Fernando Mendoza, premier choix de la draft NFL.

Fernando Mendoza, número 1 del draft de la NFL, señala que quiere "dar toda la gloria y las gracias a Dios".

Rédaction Omnes-27 de avril de 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Por John Knebels, OSV News

Fernando Mendoza suele hablar de la importancia de tener claras sus prioridades. En la noche más importante de su carrera futbolística, lo demostró.

Mendoza, católico practicante , ganador del Trofeo Heisman en 2026 y mariscal de campo que llevó a la Universidad de Indiana a su primer campeonato nacional de la División I de la NCAA, se convirtió en la primera selección general del draft de la NFL el 23 de abril, elegido por los Las Vegas Raiders.

Pero mientras el mundo del fútbol americano se reunía en Pittsburgh, la ciudad anfitriona del draft, Mendoza optó por no asistir. En cambio, se quedó en su casa en Miami, rodeado de su familia y cerca de la persona que más lo ha influenciado: su madre.

Tras el anuncio del comisionado de la NFL, Roger Goodell, Mendoza no estuvo disponible para entrevistas. Su ausencia lo decía todo.

Agradecimiento a su madre

«Quería quedarme y crear recuerdos con todos los que contribuyeron a mi trayectoria futbolística», dijo Mendoza en «The Rich Eisen Show» el 20 de abril. «Mentores, entrenadores, familia, amigos. Poder compartir ese recuerdo con todos ellos será el mejor recuerdo que pueda crear, en lugar de limitarlo a 10 o 12 personas en Pittsburgh».

En el centro de esa decisión estaba su madre, Elsa, quien lleva mucho tiempo luchando contra la esclerosis múltiple, una enfermedad autoinmune que afecta al sistema nervioso central y la ha confinado a una silla de ruedas. El esfuerzo físico y las dificultades logísticas del viaje hicieron que la opción fuera práctica.

«Para nosotros es mucho más fácil debido a la situación familiar», dijo. Pero el razonamiento es más profundo. «La veo luchar todos los días, y siempre con una sonrisa», le dijo Mendoza a Eisen. «Así que no tengo excusa para tener un mal día, una mala jugada o un mal partido. Siempre intento ser optimista, dar lo mejor de mí y servir a mis compañeras».

Esa perspectiva —forjada no por los mejores momentos, sino por el testimonio cotidiano— constituye el fundamento de su vida. Es inseparable de su fe católica , que practica abierta y consistentemente.

Su mejor tanto

Entre las anécdotas que definen a Mendoza en el campo, el 19 de enero en el Hard Rock Stadium de Miami Gardens, Mendoza protagonizó uno de los momentos más memorables de la historia reciente del fútbol americano universitario. En el momento más crítico del partido por el campeonato, cuando a su equipo solo le quedaba una última oportunidad para avanzar, Mendoza se enfrentó a un grupo de defensores que intentaron frenarlo; a pesar de recibir varios golpes, logró arrastrarse hasta la zona de meta para marcar el punto decisivo, asegurando así la victoria por 27-21 y coronando una temporada perfecta sin conocer la derrota.

Instantes después, en medio de la celebración, volvió a centrar la atención en él. «Este momento es más importante que yo», dijo. «Primero, quiero darle gracias a Dios». No fue un sentimiento pasajero.

En la ceremonia de entrega del Trofeo Heisman, celebrada el 13 de diciembre en la ciudad de Nueva York, Mendoza volvió a poner la fe en primer plano. «En primer lugar, quiero agradecer a Dios por darme la oportunidad de perseguir un sueño que antes parecía estar a años luz», dijo con la voz quebrada.

Luego se volvió hacia su madre. «Mami, este trofeo es tanto tuyo como mío», dijo. «Siempre has sido mi mayor admiradora. Eres mi luz. Eres mi razón de ser. Eres mi mayor apoyo. Tu sacrificio, tu valentía, tu amor… esos han sido mi primer libro de reglas, y el libro de reglas que llevaré conmigo toda la vida.»

«Me enseñaste que la fortaleza no tiene por qué ser ruidosa. Puede ser silenciosa y fuerte. Es elegir la esperanza. Es creer en uno mismo cuando el mundo no te da muchas razones para hacerlo.»

Formado en los Maristas

Esas palabras reflejan una trayectoria marcada por la paciencia y la resiliencia. Mendoza fue un jugador prometedor de dos estrellas proveniente de la escuela secundaria Christopher Columbus en Miami, una escuela católica dirigida por los Hermanos Maristas.

Tras comenzar su carrera universitaria en la Universidad de California, Berkeley, Mendoza se trasladó a Indiana, donde se convirtió en la pieza clave de una remontada espectacular. Tan solo dos años después de una temporada con un balance de 3 victorias y 9 derrotas, los Hoosiers se alzaron con el campeonato nacional con Mendoza como figura principal.

Su llegada a la NFL genera expectativas similares. Los Raiders han tenido problemas para encontrar estabilidad en la posición de mariscal de campo. Mendoza llega a ese panorama incierto como una pieza clave: un jugador del que se espera que devuelva el rumbo a una franquicia que lo busca desesperadamente.

Identidad cristiana clara

A pesar de toda la presión que conlleva ser la primera opción, la identidad de Mendoza permanece inalterada.

Quienes lo conocen bien lo describen como una persona de fe firme y vivida. Según se cuenta, reza el rosario todos los viernes, escucha la misa antes de los partidos y evita la música que lo anima para mantenerse concentrado. Asiste a misa con regularidad y considera los sacramentos no como una rutina, sino como un fundamento sólido.

El padre dominico Patrick Hyde, párroco del Centro Católico de San Pablo en la Universidad de Indiana, ha podido comprobar esa constancia de primera mano. «Fernando respalda sus palabras en televisión dando gloria a Dios en la misa dominical», escribió el padre Hyde en X. «Asiste por amor a Dios, no por alabanza humana».

En Nochebuena, Mendoza llevó su Trofeo Heisman al Centro Católico de San Pablo, no para exhibirlo, sino como un acto de gratitud.

Semanas después, tras el campeonato nacional, volvió a pisar el campo —con la lluvia de confeti y la historia ya escrita— y abrazó a su madre. Ambos lloraban. «Quiero dar toda la gloria y las gracias a Dios», dijo.

En una era definida por el espectáculo y la autopromoción, la elección de Mendoza en la noche del draft representó un discreto contraste.

Sin escenario. Sin focos.

Simplemente en casa.

Vocations

Dieu m'a appelé à servir : ma vocation dans les Andes péruviennes

En el contexto de un Perú rural, una vocación sacerdotal como la de Christian Anthony Burgos, adquiere matices propios.

Espace sponsorisé-27 de avril de 2026-Temps de lecture : < 1 minute


En el contexto de un Perú rural, una vocation sacerdotal como la de Christian Anthony Burgos, adquiere matices propios. Grandes distancias, escasez de recursos y una fuerte identidad cultural de los pueblos andinos que hacen que el ministerio del sacerdote deba vivirse desde la incomodidad y sin esquemas urbanos.

En este ámbito, el presbítero es una presencia esperada y necesaria, muchas veces, la única referencia estable de la Iglesia en territorios extensos y difíciles de recorrer.

👉🏻 Lee el testimonio completo en el blog de Fundación CARF

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Vatican

“ Les chrétiens engagés en politique ” : 6 défis lancés par le pape au PPE

León XIV ha instado al Partido Popular Europeo (PPE) a recuperar el espíritu de los fundadores de la Unión Europea, volver a poner al pueblo en el centro, y redescubrir la herencia cristiana sin caer en el confesionalismo, afrontando 6 retos.

Francisco Otamendi-27 de avril de 2026-Temps de lecture : 4 minutes

En un discurso en el que el Papa recordó a los padres fundadores de la Unión Europea, como Adenauer, De Gasperi y Schuman, considerados padres fundadores de la Europa moderna, el Santo Padre alentó a los dirigentes y parlamentarios del PPE a “descubrir la herencia cristiana sin caer en el confesionalismo”.

Es decir, “manteniendo la distinción entre la misión profética propia de la Iglesia y la acción política concreta”, añadió el Pontífice. “Ser cristiano en política -explicó- no significa imponer una religión, sino permitir que el Evangelio ilumine decisiones difíciles, incluso cuando no generen aplauso inmediato». En ese marco, defendió «que no se pierda el vínculo entre ley natural y ley positiva, y entre raíces cristianas y acción pública”.

El Papa saludó de modo especial al presidente del PPE, el alemán Manfred Weber, y a la irlandesa Mairead McGuinness, enviada especial de la Unión Europea para la promoción de la libertad religiosa fuera de la UE.

En la estela de los últimos Papas

El encuentro se celebra “en la estela de los que tuvieron lugar con mis predecesores, San Juan Psblo II y Papa Benedicto XVI, así como el mensaje que el Papa Francisco les envió en junio de 2023, cuando no pudo recibirlos personalmente por su hospitalización. Por ello, me complace continuar este diálogo con el Partido Popular Europeo, que toma su inspiración política de figuras como Adenauer, De Gasperi y Schuman, ampliamente considerados los padres fundadores de la Europa moderna”, dijo el Papa.

“Como Benedicto XVI hace veinte años, yo también aprecio el reconocimiento que hace vuestro Grupo de la herencia cristiana de Europa”.

El proyecto europeo, que surgió de las cenizas de la Segunda Guerra Mundial, “nació sin duda de la necesidad práctica de evitar que tal conflicto volviera a ocurrir”, añadió León XIV.  “Sin embargo, está igualmente impregnado de una visión ideal, es decir, el deseo de fomentar una cooperación que supere siglos de división y permita a los pueblos del continente redescubrir el patrimonio humano, cultural y religioso que comparten”, prosiguió el Santo Padre. 

Los principios cristianos, elemento común y unificador

Los padres fundadores se inspiraron en su fe personal y consideraban los principios cristianos como un elemento común y unificador que podía ayudar a poner fin al espíritu de venganza y conflictivo que había conducido a la Segunda Guerra Mundial. El Pape François acuñó una expresión hermosa y sencilla que resume esta idea: “la unidad es superior al conflicto”.

Persona humana en el centro, y no dejar al pueblo de lado

De Gasperi señaló que perseguir un ideal significa situar a la persona humana en el centro, recordó el Papa, “con su espíritu de fraternidad evangélica, con su reverencia por la ley heredada de la antigüedad, con su aprecio por la belleza refinada a lo largo de los siglos y con su compromiso con la verdad y la justicia, agudizado por milenios de experiencia”.

Este es el marco dentro del cual la política aún puede practicarse hoy y al que es necesario reconducir la actividad política. “Su partido se llama Partido Popular Europeo. El pueblo está en el corazón de su compromiso, y no puede dejarlo de lado. No son meros receptores pasivos de propuestas y decisiones políticas; están, sobre todo, llamados a ser participantes activos que compartan la responsabilidad de cada acción política”, dijo ayer León XIV con claridad.

El mejor antídoto contra el populismo

Según el Papa León, “estar presentes entre el pueblo e involucrarlos en el proceso político es el mejor antídoto contra el populismo, que solo busca una aprobación fácil, y contra el elitismo, que tiende a actuar sin consenso. Ambas son tendencias generalizadas en el panorama político actual. Una política auténticamente “popular” requiere tiempo, proyectos compartidos y amor por la verdad”.

Es necesario recrear un sentido genuino de ‘pueblo’, que implique “contacto personal entre ciudadanos y sus representantes, para responder eficazmente a los problemas concretos del pueblo a la luz de una visión ideal”, añadió el Papa.

Podríamos decir metafóricamente que en la era del ‘triunfo digital’, “la acción política verdaderamente orientada al bien común requiere un retorno al ‘analógico’”.

Además, para superar cierta desafección con la política, es necesario “recuperar a las personas acercándolas personalmente y reconstruyendo una red de relaciones en las zonas donde viven, para que todos puedan sentir que pertenecen a una comunidad y compartir su futuro”.

6 retos: qué significa ser cristianos comprometidos

Finalmente, el Papa concretó algunos puntos de lo que significa “ser cristianos comprometidos en la política: una perspectiva realista que empiece con las preocupaciones concretas de las personas”. Las frases son textuales, aunque sintetizadas. Pueden consultarlas ici.

1 – Fomentar condiciones laborales dignas que fomenten el ingenio y la creatividad de las personas frente a un mercado cada vez más deshumanizante e insatisfactorio. 

2 – Permitir a las personas superar el miedo a formar una familia, de tener hijos, un miedo que parece ser especialmente prevalente en Europa. 

3 – Abordar las causas profundas de la migración, cuidar a quienes sufren, teniendo en cuenta las verdaderas capacidades para acoger e integrar a los migrantes en la sociedad. 

4 – Afrontar de manera no ideológica los grandes retos de nuestro tiempo, como el cuidado de la creación y la inteligencia artificial. Esta última ofrece grandes oportunidades, pero también está llena de peligros.

5 – Invertir en la libertad –no una libertad trivializada reducida a meras preferencias personales-, sino una basada en la verdad, que salvaguarda la libertad religiosa así como la libertad de pensamiento y de conciencia en todos los lugares y circunstancias. 

6 – Evitar el fomento de un “cortocircuito” de los derechos humanos, porque se acaba cediendo ante la fuerza y la opresión.

Concluyó el Papa “con la esperanza de que puedan constituir un punto de partida para su compromiso”.

L'auteurFrancisco Otamendi

Monde

Le pape met en garde contre les « voleurs » de joie

Con motivo del Domingo del Buen Pastor, el Papa ha llamado la atención sobre varias clases de “ladrones” que nos pueden robar la alegría. En las ordenaciones romanas de ayer, ha ofrecido tres secretos para los nuevos sacerdotes.  

Rédaction Omnes-27 de avril de 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Al continuar nuestro camino por el tiempo pascual, el Evangelio de hoy presenta las palabras de Jesús, que se compara con un pastor y luego con la puerta del redil (cf. Jn 10,1-10), ha comenzado el Papa su breve alocución antes del Regina coeli. Es el Domingo del Le bon berger.

Jesús contrasta al pastor con el ladrón. De hecho, afirma: “Les aseguro que el que no entra por la puerta en el corral de las ovejas, sino que salta por otro lado, es un ladrón y un asaltante”. Y más adelante, de modo aún más claro: “El ladrón no viene sino para robar, matar y destruir. Pero yo he venido para que las ovejas tengan Vida, y la tengan en abundancia”. 

Los “ladrones” pueden adoptar muchos rostros

Estamos invitados a reflexionar y, sobre todo, “a vigilar nuestros corazones y nuestras vidas”, ha dicho el Vicario de Cristo, “porque quienes entran en ellos pueden multiplicar la alegría o, como un ladrón, pueden robárnosla”, ha manifestado el Papa. 

Y los ladrones pueden adoptar muchos rostros:

– “son aquellos que, a pesar de las apariencias, coartan nuestra libertad o no respetan nuestra dignidad; 

– son creencias y prejuicios que nos impiden tener una visión clara de los demás y de la vida; 

– son ideas erróneas que pueden llevarnos a tomar decisiones negativas; 

– son estilos de vida superficiales o consumistas que nos vacían interiormente y nos impulsan a vivir siempre fuera de nosotros mismos. 

– no olvidemos tampoco a esos “ladrones” que, saqueando los recursos de la tierra, librando guerras sangrientas o alimentando el mal en cualquiera de sus formas, no hacen más que arrebatarnos a todos la posibilidad de un futuro de paz y serenidad”.

“¿Quién queremos que guíe nuestras vidas?

Al concluir, el Sucesor de Pedro ha sugerido que nos podemos preguntar: “¿quién queremos que guíe nuestras vidas? ¿Quiénes son los “ladrones” que han intentado entrar en nuestro interior? ¿Lo han logrado, o hemos podido rechazarlos?

“Hoy el Evangelio nos invita a confiar en el Señor: Él no viene a robarnos nada; al contrario, es el Buen Pastor, que multiplica la vida y nos la ofrece en abundancia”, ha concluido. Que la Virgen María nos acompañe siempre en nuestro camino e interceda por nosotros y por el mundo entero.

Antes de dar la bendición, el Pontífice ha recordado el 40 aniversario del trágico accidente de Chernóbil, y ha instado a que en todos los niveles de toma de decisiones, “prevalezcan siempre el discernimiento y la responsabilidad, para que todo uso de la energía atómica esté al servicio de la vida y la paz”.

El Papa León XIV saluda al llegar para celebrar la Misa final de su viaje apostólico a África en el Estadio de Malabo, en Guinea Ecuatorial, el 23 de abril de 2026. (Foto OSV News/Simone Risoluti, Vatican Media).

“Tres secretos” del Papa a los ordenandos

En las ordenaciones presbiterales de seminaristas romanos, el Papa León XIV ha dicho que “en la disponibilidad de los jóvenes que la Iglesia hoy pide que sean ordenados presbíteros constatamos mucha generosidad y entusiasmo”.

Sur l'homélie, ha ofrecido “tres secretos” para su consideración.

1) “Este es un primer secreto en la vida del sacerdote.

Cuanto más profunda es su unión con Cristo, más radical es su pertenencia a la común humanidad. No hay contraposición, ni competición entre el cielo y la tierra; en Jesús se unen para siempre”. 

Como el amor de los esposos, ha continuado, “también el amor que inspira el celibato por el Reino de Dios debe cuidarse y renovarse siempre, porque todo afecto verdadero madura y se vuelve fecundo con el tiempo. Están llamados a un modo de amar específico, delicado y difícil y, aún más, a un modo de dejarse amar en la libertad”.

2) Un segundo secreto del sacerdote: la realidad no debe darnos miedo.

El que nos llama es el Señor de la vida. Que el ministerio que se les confía, queridos hermanos, comunique la paz del que, aun en medio de peligros, sabe por qué se siente seguro.

En el Evangelio que acabamos de proclamar (Jn 10,1-10) sorprende la referencia de Jesús a figuras y a gestos de agresión: entre él y aquellos que ama irrumpen extraños, ladrones y asaltantes que exceden los límites; no vienen, dice Jesús, ‘sino para robar, matar y destruir’ y, sobre todo, tienen una voz diferente a la suya, irreconocible, ha subrayado el Pontífice.

“Lo que anuncian y celebran los protegerá”

“Hoy la necesidad de seguridad vuelve los ánimos agresivos, encierra a las comunidades en sí mismas, instiga a buscar enemigos y chivos expiatorios. (..) Lo que anuncian y celebran los protegerá también en situaciones y en tiempos difíciles”.

“Las comunidades a las que serán enviados son lugares donde el Resucitado ya está presente, donde muchos ya lo han seguido de manera ejemplar”, dice el Papa.

3) Tercer secreto. “Al iniciar a otros en la fe, reavivarán la propia fe”.

El Pastor de la Iglesia universal ha reflexionado también sobre lo que les falta a las personas, “un lugar donde experimentar que juntos es mejor, que juntos es hermoso, que es posible vivir juntos. Facilitar el encuentro, ayudar a reunirse con quienes de otro modo no se conocerían nunca y acercar a los contrarios está íntimamente unido a la celebración de la Eucaristía y la Reconciliación. ‘Yo soy la puerta’”, dice Jesús. 

“Queridos ordenandos, siéntanse parte de esta humanidad que sufre y que espera la vida en abundancia. Al iniciar a otros en la fe, reavivarán la propia fe. Salgan y encuéntrense con la cultura, con la gente, con la vida”. “A veces les parecerá que no tienen los mapas; pero los posee el Buen Pastor, del que tienen que escuchar su voz, tan familiar”, ha concluido el Papa.

L'auteurRédaction Omnes

Culture

Científicos católicos: Vicente Mut

Vicente Mut fue militar, ingeniero, abogado y cronista. Se doctoró en Derecho y alcanzó el grado de sargento mayor de Palma.

Ignacio del Villar-27 de avril de 2026-Temps de lecture : 2 minutes

Vicente Mut (25 de octubre de 1614 – 27 de abril de 1687), nacido y fallecido en Palma de Mallorca, fue hijo de un capitán del cuerpo de caballería al servicio del rey Felipe III. Cursó estudios con los jesuitas e ingresó en la Compañía de Jesús, pero no continuó en ella. Después siguió estudiando y llegó a alcanzar el doctorado en Derecho. En el terreno militar, logró el grado de sargento mayor de Palma, donde fue administrador e ingeniero militar. También ejerció como abogado, jurado y cronista general del Reino de Mallorca.

Mut publicó diversas obras sobre política, historia, hagiografía, táctica militar y cartografía. De ellas podemos destacar Historia del Reino de Mallorca y El príncipe de la guerra y la paz, donde defiende, de acuerdo con la Contrarreforma católica, que el príncipe supedite la política a los valores morales y el Estado a la religión. Otra prueba de su catolicidad la encontramos en su Tratado de Arquitectura Militar, un trabajo ingenieril donde declara sobre una fortificación: “será más fuerte, que en la Paz tuviese por muralla las Leyes y en la Guerra la defensa de la Razón, de la Justicia y de la Fe Católica”.

Pero es en astronomía donde brilló más, publicando tres obras astronómicas: De Sole Alfonsino restituto (1649), donde defendió la vigencia de las Tablas Alfonsíes y estudió la excentricidad solar mediante mediciones del diámetro aparente del Sol; Observationes motuum caelestium (1666), con más de veinte años de observaciones de eclipses, movimientos planetarios y paralajes, aplicando instrumentos como telescopios y micrómetros; y Cometarum anni MDCLXV (1666), en la que estudió los cometas de 1664 y 1665. Para explicar la trayectoria del cometa de 1664, Mut aplicó analogías con la balística galileana, sugiriendo una trayectoria parabólica similar a la de un proyectil.

También mantuvo correspondencia con numerosos astrónomos, entre ellos los jesuitas Athanasius Kircher y Giovanni Battista Riccioli, que integraron algunas de sus observaciones en su obra Almagestum Novum.

Aunque respetaba las elipses de Kepler, Mut no comprendió completamente su física y prefería modelos geométricos circulares para los planetas. Con todo, sus métodos rigurosos de observación contribuyeron al perfeccionamiento de las medidas, especialmente la determinación del diámetro solar y el análisis de la paralaje.

L'auteurIgnacio del Villar

Université publique de Navarre.

Société des scientifiques catholiques d'Espagne

Évangélisation

Nous ne sommes pas faits pour être seuls

La Teología del Cuerpo arroja muchas luces sobre el sentimiento de “soledad”, entendido como un espacio de autodescubrimiento que revela nuestra vocación de amar mediante la comunión y el don sincero de uno mismo.

Hugo Elvira-27 de avril de 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Continuamos nuestra serie de artículos inspirados en la Teología del Cuerpo de Saint Jean Paul II. En el artículo anterior reflexionábamos sobre una verdad fundamental que devuelve al cuerpo su verdadero lugar: el cuerpo es creación de Dios, es bueno y nos permite hacer visible el amor cuando le dejamos hablar su propio lenguaje. Gracias a él podemos vivir la comunión, la mutua donación y el servicio.

Sin embargo, surge una pregunta inevitable. Si estamos llamados a relaciones tan ricas, —filiación, fraternidad, amistad, noviazgo, matrimonio—, ¿por qué seguimos experimentando la soledad? Esta es la pregunta que nos acompañará en este segundo artículo.

Un fenómeno curioso

Muchos de nosotros hemos vivido esta experiencia. Termina una fiesta. Se apagan las luces. El teléfono deja de recibir notificaciones. Y aparece el silencio. No importa si tienes muchos seguidores en redes sociales, muchos contactos, o estás en varios grupos de WhatsApp. En algún momento todos experimentamos esa sensación interior que nos hace pensar: “estoy solo”.

A veces ese silencio es bueno. Puede ser un momento de paz para descansar o para concentrarnos. Pero, cuando la soledad se prolonga demasiado, puede convertirse en tristeza, desánimo o incluso llevarnos a buscar consuelos equivocados. Entonces surge una pregunta importante: ¿Por qué parece que existe una soledad “buena” y otra que nos pesa en el corazón? ¿Podría esconder esta experiencia una verdad más profunda sobre el ser humano?

Antes del primer abrazo

El libro del Génesis contiene una frase que ilumina mucho esta reflexión: “No es bueno que el hombre esté solo…” (Génesis 2, 18). Lo interesante es que estas palabras aparecen antes del pecado original, antes del sufrimiento humano. Esto significa que la experiencia de la soledad no nace simplemente como consecuencia del pecado. Por ello, san Juan Pablo II llamó a esta experiencia: “soledad originaria”. Un estado primigenio en que fue creado Adán. 

Pero entonces surge otra pregunta: si la soledad puede ser dolorosa, ¿por qué Dios permitió que el hombre la experimentara? San Juan Pablo II explica que esta soledad no era ni puede pensarse como un castigo, sino como un momento de descubrimiento. Gracias a este estado primigenio, el hombre comprende quién es delante de Dios y del resto de la creación. Adán da nombre a los animales y se da cuenta de algo sorprendente: ninguno es como él. Ninguno dialoga con Dios. Ninguno puede decidir libremente. Ninguno ha recibido la responsabilidad de custodiar la creación. En esa experiencia, Adán descubre su propia dignidad. Comprende que no es una cosa ni un simple animal, sino una persona…

El descubrimiento de la comunión

Si continuamos la lectura del Génesis, encontramos lo siguiente: “Adán puso nombre a todos los ganados, a los pájaros del cielo y a las bestias del campo; pero no encontró ninguno como él” (Génesis 2, 20). Y entonces sucede algo decisivo. Dios forma a la mujer y la presenta al hombre. Y Adán exclama con alegría: “¡Esta sí que es hueso de mis huesos y carne de mi carne!” (Génesis 2, 23). Muchos teólogos ven en estas palabras de alegría la primera celebración matrimonial. Adán reconoce delante de sí a alguien igual en dignidad y, al mismo tiempo, distinto y complementario. Y es con este maravilloso evento, que el hombre descubre que su vocación no es la soledad, sino la comunión. Antes de ese encuentro Adán podía estar satisfecho con la creación…, pero aún no experimentaba plenamente la alegría de la comunión interpersonal.

El primer abrazo humano, por tanto, revela algo fundamental: hemos sido creados para el encuentro.

El remedio para la soledad

La experiencia de Adán sigue siendo reveladora para nosotros hoy. Cuando nos sentimos solos, generalmente solemos buscar algún tipo de relación. A veces llamamos a un amigo, chateamos con alguien. Otras veces intentamos llenar el vacío con distracciones: fiestas, redes sociales, entretenimiento… Pero muchas veces el sentimiento de soledad regresa.

Pourquoi ?

Tal vez porque la soledad no se cura simplemente con interacción, sino con comunión auténtica: con la familia y los amigos cuando dedicamos tiempo y ofrecemos un cariño verdadero. En el matrimonio cuando vivimos la fidelidad, el cuidado mutuo y la entrega. En definitiva: en cualquier relación donde la persona se convierte en un don sincero de sí misma, como explica tantas veces san Juan Pablo II.

Por tanto, cuando nuestras relaciones se quedan en la superficie pueden distraernos por un momento, pero el corazón siempre seguirá buscando algo más profundo.

¿Cómo se ve la comunión real?

Podríamos poner muchos ejemplos. Todas las relaciones humanas tienen su modo auténtico de vivirse. Pero el Génesis nos ofrece una imagen muy clara en el encuentro entre Adán y Eva. El texto dice que “Los dos estaban desnudos, Adán y su mujer, pero no sentían vergüenza uno de otro” (Génesis 2, 25). Esto significa que sus cuerpos expresaban la verdad de su amor. No había dominio, ni utilización, sino reconocimiento mutuo y entrega. Adán veía en Eva a alguien distinto, pero igual en dignidad. Alguien a quien amar, no a quien poseer. Alguien con quien compartir la vida, no a quien dominar. Sus cuerpos hablaban el lenguaje para el cual habían sido creados: el lenguaje del don de sí.

¿Qué nos dice esto hoy? Que cuando experimentamos la soledad, el corazón no está pidiendo simplemente distracción, escapes. Está pidiendo comunión real. Se puede decir, entonces, que la soledad más que algo negativo como tal, puede convertirse en una señal que nos recuerda nuestra vocación más profunda: amar a Dios y al prójimo como a nosotros mismos.

Por eso, cuando te sientas solo, quizá valga la pena detenerse un momento y preguntarse: ¿Estoy viviendo solo para mí mismo? ¿Mis relaciones se han vuelto superficiales? ¿Estoy dejando espacio a Dios en mi vida?

Y después de esa reflexión, lo mejor es pasar a la acción: llamar a alguien para saludarlo. Pedir perdón a quien aún guardamos resentimiento. Escuchar con paciencia a quien necesita ser escuchado. O simplemente hacer oración, en silencio. Todos estos pequeños gestos de amor pueden transformar la experiencia de la soledad. Porque cuando el amor se vuelve concreto, el corazón, el cuerpo y el alma, experimentan su alegría más profunda: la de haber sido creados y dados a la persona por Dios, no para la soledad, sino para la auténtica comunión.

Idées

Bioéthique du cerveau : réflexions d’un neurochirurgien catholique

¿Cómo considerar los rápidos avances en tecnología médica, y el auge del transhumanismo dentro de un marco católico? Las interfaces cerebro-ordenador pueden restaurar, en uso médico, la autonomía de pacientes con graves daños neurovegetativos, y mejorar su calidad de vida en lo que antes era intratable.

OSV / Omnes-26 de avril de 2026-Temps de lecture : 5 minutes

– Charlie Camosy, OSV News

Un área de estudio e investigación importante se sitúa ahora en el ámbito de la neurotecnología, estrechamente relacionado con la neurocirugía. Las interfaces cerebro-máquina tienen el potencial de ayudar a pacientes con situaciones debilitantes, como la cuadriplejia total, a recuperar una autonomía significativa.

La idea es que el cerebro está sano en este grupo de pacientes. La patología que sufren afecta a las conexiones del cerebro con el resto del cuerpo. 

Hablamos de ello con Gabriel LeBeau, residente de segundo año en neurocirugía en el University of Kansas Medical Center, quien lleva tiempo pensando en la bioética del cerebro, y está interesado en las interfaces cerebro-máquina, la neurotecnología y la neurocirugía cerebrovascular.

Charlie Camosy: ¿Puedes contarnos un poco sobre tu camino católico y cómo te llevó a hacer una residencia en neurocirugía?

– Gabriel LeBeau: Nací y crecí católico, especialmente en el movimiento carismático católico. Mi familia era devota y estoy profundamente agradecido a mis padres por fomentar el don de la fe.

Crecí en Arizona, pero decidí estudiar la universidad en Benedictine College en Atchison, Kansas. Esta experiencia universitaria consolidó profundamente mi identidad católica y unió mi deseo de excelencia con la tradición intelectual y moral católica. Estudié filosofía, también estudié medicina y siempre me había sentido atraído por la ética biomédica.

A medida que avanzaba en mis estudios de filosofía, la psicología filosófica, las cuestiones del libre albedrío, la diferencia entre cerebro, mente y alma, dualidad mente-cuerpo, etc., fueron las que más me atraparon. Tuve la suerte de ser aceptado en la Facultad de Medicina de la Universidad de Kansas, y fueron estos intereses filosóficos los que me impulsaron a interesarme por especialidades relacionadas con el cerebro.

Mientras estudiaba medicina, tuve la suerte de ser mentorizado por un neurocirujano profundamente católico, el Dr. Paul Camarata. Me ayudó a fomentar y apoyar mis intereses en neurocirugía, así como mi identidad católica en ese ámbito. Su atención a los pacientes, su compromiso con la fe y la excelencia operativa me dieron la confianza para dedicarme a la neurocirugía como especialidad preferida.

¿Cómo defines la neurocirugía?

– La neurocirugía es una especialidad quirúrgica que se ocupa de patologías y emergencias que afectan al sistema nervioso central y periférico, es decir, el cerebro, la columna y los nervios. Los pacientes presentan síntomas que afectan su sentido de identidad, autonomía y muchos otros factores centrales en la condición humana. A menudo, estas patologías aparecen sin previo aviso y en el contexto de una emergencia, y pueden ser fatales o cambiar la vida sin intervención.

Creo que la tradición moral católica, guiada por las obras espirituales y corporales de misericordia, es esencial para mi formación y práctica futura como neurocirujano en el cuidado de estos pacientes y familias.

Las interfaces cerebro-ordenador, potencial de ayuda a pacientes

Gracias por unirte a nuestro equipo del Instituto de Estudios Católicos Avanzados de la Universidad del Sur de California. ¿Puedes compartir una idea relacionada con el cerebro que hayas tenido de nuestro tiempo juntos?

– Es difícil compartir solo una idea relacionada con el cerebro, porque ha habido muchas. Una que me viene a la mente está especialmente relacionada con las interfaces cerebro-ordenador. El grupo en cuestión está estudiando la filosofía (o movimiento) del transhumanismo y su impacto en múltiples ámbitos.

Un área de impacto sería en el ámbito de la neurotecnología, que está estrechamente relacionado con la neurocirugía. Las interfaces cerebro-máquina tienen el potencial de ayudar a pacientes a recuperar autonomía.

A través de una interfaz cerebro-máquina, un dispositivo puede implantarse en el cerebro, que a su vez recogería y sintetizaría datos neuronales en un ordenador para producir una salida accionable, como mover un brazo robótico o tener autonomía sobre las acciones de un ordenador u otro dispositivo.

Existen muchos modelos de esto con éxito temprano, como pacientes que recuperan la propiedad de sus negocios, operan prótesis y muchos otros desarrollos emocionantes. 

Una situación que antes era intratable ahora entra en el ámbito de la intervención neuroquirúrgica. Industrias destacadas que se dedican a este sector son Neiuralink y Synchron.

Estas innovaciones pueden utilizarse para muchos objetivos.

– Como ocurre con muchas tecnologías, esta innovación puede utilizarse para muchos fines. En los modelos actuales, las interfaces cerebro-ordenador están destinadas a restaurar la autonomía del paciente y a mejorar la calidad de vida en lo que antes se consideraba una condición intratable.

Sin embargo, estos mismos dispositivos, con la misma tecnología, podrían usarse con una mentalidad ‘transhumanista’, con el fin de implantar estos dispositivos en un paciente sano con la intención de mejorarlos. 

Este equipo ha examinado las implicaciones filosóficas y éticas de dicho uso y, lo que es importante, ha colaborado tanto con líderes académicos como industriales del mundo de la neurocirugía, logrando un diálogo interdisciplinar exitoso. El ámbito neuroquirúrgico está tomando conciencia de las implicaciones éticas de estos dispositivos gracias al trabajo de este grupo.

Como sabes, me han preguntado sobre la relación del cerebro con la autoconciencia y, en última instancia, con la vida y la muerte humanas mismas. ¿Crees que hay preguntas que merezcan la pena hacerse aquí?

– Sí, desde luego. Parece haber en la comunidad científica y médica un sesgo de que el cerebro y la mente son sinónimos. Dada esta suposición, el valor percibido de una persona suele recaer en la funcionalidad de su cerebro.

Filosóficamente, hay preguntas importantes que plantear aquí, a saber, si es cierto que el cerebro y la mente son sinónimos, y cuál es la mejor manera de caracterizar esa relación.

Se han escrito muchos libros abordando esta misma cuestión, pero sí puedo comentar que en las operaciones en las que colaboro como residente (cirugías de tumores cerebrales despiertos, resecciones de convulsiones), se pueden extraer partes grandes e importantes del cerebro, y la mente parece permanecer intacta tras la operación.

Sin embargo, en la práctica, veo las implicaciones de la idea de que el cerebro, la mente y el valor de una persona son sinónimos de forma más conmovedora en la delimitación de la ‘muerte cerebral’ y en la razón de ser de esa clasificación en primer lugar.

A veces se desea manipular respuestas

Un tema relacionado me preocupa: que nos hayamos vuelto perezosos e imprecisos al pensar sobre la pregunta ‘¿Qué es la muerte?’, en parte porque queremos manipular la respuesta para conseguir más órganos para trasplantes…

— Desde el principio, diría que la “muerte cerebral”, o “muerte por criterios neurológicos”, en nuestra experiencia no tiene una utilidad clínica real más allá de la adquisición de órganos.

En el campo de la neurocirugía nos encontramos con muchos pacientes y sus familias tras lesiones neurológicamente devastadoras. Una vez presentadas todas las opciones a la familia, si se operan o no, se toman decisiones sin “muerte cerebral” de retirar cuidados extraordinarios y permitir que su ser querido sucumba al proceso natural. Las pruebas de muerte cerebral no ayudan en absoluto en este proceso en nuestro hospital, en casi todos los casos.

Ahora entra la conversación sobre la muerte cerebral. En cada hospital de la región, por cada paciente que cumple ciertos criterios de presentación neurológico —creo que en nuestro hospital es la Escala de Coma de Glasgow de cinco o menos—, la red local de trasplantes de órganos recibe notificaciones automáticas.

Suponemos que la industria de donación de órganos también le preocupa a usted.

— En ocasiones, aunque es raro, el representante de obtención de órganos habla con la familia antes de que el médico tenga oportunidad de hacerlo. He escuchado un discurso de un representante en una situación en la que un joven intentó quitarse la vida con un arma de fuego en la cabeza, en el que se dijo: “la muerte de su hijo puede significar algo”. Esto no está impulsado por médicos, ni muchos médicos de todas las creencias aprecian el entusiasmo de la industria de la obtención de órganos.

Otras preocupaciones que tengo se tratan en la literatura médica, incluyendo trabajos publicados en The Annals of Thoracic Surgery y Thje American Journal of Transplantation.

Algún comentario sobre la certeza moral de la muerte.

— Es importante señalar que existen esfuerzos activos para “mantener el principio de permanencia de la muerte” en la donación tras la muerte circulatoria (Nota: en medicina este principio coincide con la exigencia católica de irreversibilidad y certeza moral de la muerte antes de proceder a la donación). 

En este caso, el paciente muere de paro cardíaco y es declarado muerto. Al reanimarlo para la extracción quirúrgica, se pinzan arterias cerebrales importantes, con la idea de que la persona mantendrá la permanencia de la muerte al impedir el flujo sanguíneo al cerebro.

Hay aspectos de la industria de la donación de órganos y del transhumanisme que son controvertidos y deben analizarse detenidamente.

(Pueden consultar el Catéchisme de la Iglesia católica, nn. 2292-2296, relativos a ‘El respeto de la persona y la investigación científica’).

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– Charles Camosy imparte clases de teología moral y bioética en la Universidad Católica de América en Washington.

L'auteurOSV / Omnes

Espagne

Les évêques espèrent que la visite du pape permettra de réduire la polarisation en Espagne.

El secretario general de la Conferencia Episcopal, Mons. Francisco César García Magán, espera que la visita del Papa en junio rebaje “el tono de polarización” en España. A su juicio, ”sería bueno” un encuentro del Papa con víctimas de abusos a menores, que han reducido sus denuncias el año pasado.

Rédaction Omnes-25 de avril de 2026-Temps de lecture : 4 minutes

La disminución de denuncias de abusos a menores el año pasado, y el deseo de que la visita del Papa León XIV reduzca “el tono de polarización en la vida sociopolítica española” y provoque “la conversión de los corazones al Señor”, han sido dos de los asuntos tratados en la rueda de prensa final de la Plenaria de la Conferencia Episcopal.

Junto a ellos, ha persistido la inconcreción de actos confirmados en la visita del Papa León XIV a España, salvo “Cibeles”, donde tendrá lugar la Santa Misa el domingo, festividad del Corpus Christi, y una gran Vigilia de oración y Adoración eucarística con jóvenes en la Plaza de Lima de Madrid, el mismo sábado, día de llegada del Papa. Además, se han abordado asuntos de política nacional, como las migraciones.

“Ojalá que el viaje del Papa aumente el amor al prójimo, la vida de caridad, que aumenten las vocaciones al amor en toda su extensión, y que se produzca una conversión de los corazones al Señor. No esperamos un éxito de número de gente sin más, que lo habrá. No medimos ni cuantificamos por eso ni por el tema económico; es lo que el mensaje del Papa, su magisterio pueda aportar no solamente a los católicos sino a toda la sociedad española, a hombres y mujeres de buena voluntad aunque no sean cristianos”, ha subrayado Garcia Magán.

En la Asamblea han intervenido el coordinador general, Yago de la Cierva, y el coordinador general adjunto, Fernando Giménez Barriocanal, para informar sobre los trabajos que se llevan a cabo en coordinación con las diócesis de Madrid, Barcelona, Canarias, San Cristóbal de la Laguna y Sant Feliu de Llobregat.

“La Iglesia no se mueve con eslóganes”

Uno de los temas que ha surgido en la rueda con periodistas ha sido la ‘prioridad nacional`’ que propone Vox, junto a la situación de los migrantes.

«Estamos en una época donde la política se mueve con eslóganes y reclamos publicitarios que buscan una polarización y sirven para criticar a otros partidos. La Iglesia no se mueve a nivel de eslogan ni de éste ni de ninguno. La realidad de la Iglesia es más amplia, más rica y menos cuando de un lado se quiere eliminar al otro”.

“Nuestra prioridad es el Evangelio, y parte en dos principios: la dignidad de la persona humana que es intocable, irrenunciable y no se puede reducir. Y el bien común de toda la sociedad. (…) El criterio evangélico está por encima de cualquier consideración y la Iglesia tiene el compromiso de estar cerca de unos y de otros», ha dicho el obispo.

Preguntado por las críticas del presidente de Vox, Santiago Abascal, al obispo de Canarias por la inmigración ilegal, ha dicho que “no se basan en la verdad, sino en la falsedad, incluso en un ámbito de injurias».

Viajar en cayuco

En cuanto a los migrantes, el secretario general ha apoyado las declaraciones del obispo José Mazuelos. “La Iglesia de Canarias toca cada día el drama de personas que tienen que viajar en cayuco. Sería un buen reportaje periodístico o podcast de radio y podrían hacerlo para comprender esto y ver si las palabras de Mazuelos tienen veracidad o no”, ha sugerido.

Abusos, menos testimonios/denuncias el año pasado

Las 262 Oficinas para la Protección de Menores dependientes de las diócesis y congregaciones españolas en España han recibido el año pasado 93 testimonios o denuncias sobre abusos sexuales, una cifra inferior a los 146 casos que se presentaron en año anterior. Con estas 93 denuncias, el número total asciende a 1.131 en cinco años.

Por otra parte, la CEE ha preparado un borrador de decreto, adaptado a la reforma del libro VI del Código de Derecho Canónico, que ha de ser revisado en el Vaticano, y que contempla multas pecuniarias, pero no sólo en relación a abusos, ni tampoco sólo a clérigos, sino también a laicos.

Entre otras cifras, los obispos informan que durante 2025, han recibido formación para la prevención de abusos y protección de menores 465.465 personas (entre ellos 363.060 menores; 34.175 profesores; 32.310 padres; 19.265 agentes de pastoral, monitores de tiempo libre y catequistas; 7.712 sacerdotes y religiosos; y 1.388 seminaristas y religiosos en formación). La cifra total, cercana al medio millón, va en aumento.

El Defensor del Pueblo rinde cuentas al Parlamento

En torno a este tema de los abusos a menores y las declaraciones del ministro Félix Bolaños -‘el Estado decide la indemnización y la Iglesia paga’- el obispo y secretario general García Magán ha querido extenderse. “En esas declaraciones hay una serie de imprecisiones que no son exactamente como se afirmó”.

“Se decía que la Iglesia empezaba ahora a pagar, lo cual no es cierto porque lleva años pagando por vía judicial; las diócesis y congregaciones han pagado incluso en acuerdos fuera del ámbito judicial, existían estructuras antes de este acuerdo con el Gobierno, estaban las 220 oficinas de reparación, el PRIVA está trabajando y sigue trabajando sin problema y ha dado esa reparación”.

La Iglesia trabaja “en un concepto de reparación integral, salir al encuentro de lo que cada víctima desee, no solo a nivel económico” “La indemnización la paga la Iglesia si no hay recorrido judicial como imposición que se ha impuesto la Iglesia. El acuerdo dice que si no hay acuerdo en las dos primeras instancias, decide el Defensor del Pueblo, que es una institución libre que no trabaja para el Gobierno, da cuentas al Parlamento”. 

En este punto, reiterando la independencia del actual Defensor del Pueblo, Ángel Gabilondo, ha insistido en varias ocasiones. 

Autres questions 

Entre otros temas, García Magán ha sido preguntado también por el proceso de resignificación del Valle de los Caídos, y su respuesta ha sido la misma en varios momentos: “No es un tema de la competencia de esta Conferencia”.

Sobre el avance en la iniciación cristiana, o la propuesta de un ministerio de la caridad (además de los de lector, acólito y catequista), pueden ver la nota final de la Asamblea Plenaria. La próxima reunión episcopal tendrá lugar a finales de junio, después de la visita del Papa León XIV a España.

L'auteurRédaction Omnes

Évangélisation

“La felicidad es como las placas solares, no se puede almacenar para uno solo”

Jaime Sanz recoge en un libro divulgativo sobre el camino de las Bienaventuranzas una ruta para ser feliz que parte de la entrega de uno mismo.

José María Navalpotro-25 de avril de 2026-Temps de lecture : 6 minutes

“Quiero que la gente descubra que un cristiano no es un ‘pringao’. Es ser feliz”. Con esta idea, Jaime Sanz (Palencia, 1962) acaba de publicar en Palabra “No busques ser feliz, ¡consíguelo!”. Monseñor Jesús Sanz, en el prólogo, asegura que “el secreto de la felicidad más dichosa es el que se explicó en aquel Sermón de la Montaña”. Las Bienaventuranzas, como camino para ser feliz… también en lo humano.

Jaime Sanz, de igual apellido que su obispo, aunque sin parentesco, ejerce ahora su labor en la parroquia de la Sagrada Familia de Oviedo y como capellán del hospital. Doctor en Derecho, antes ha sido capellán universitario, en la Universidad de Navarra en Madrid, en la Escuela Deportiva Brafa y en centros de enseñanza. Ha publicado más de media docena de libros sobre matrimonio, vocación, escucha.

Ahora saca “No busques ser feliz, ¡consíguelo!”. El título suena un poco a libro de autoayuda, de vendehumo… 

-Sí, suena, suena, pero por eso tiene un subtítulo: “El camino de las Bienaventuranzas”. 

La idea es explicar a la gente que ser cristiano es ser feliz, o sea, que no es dejar de serlo, sino que realmente es buscar ser feliz.

Porque a veces existe la idea de que ser cristiano es apuntarte por si acaso existe algo, o un decir “mira, esto es lo que hay, pues resignación”. Pues no, ser cristiano es ser feliz a tope y disfrutar de la felicidad. Esta es la clave. Si uno no entiende esto, uno no entiende el mensaje cristiano de las bienaventuranzas.

¿Qué es el cielo? Pues la vida en la tierra llevada a su máxima expresión. No quiere decir que no haya cruz y contradicción, que las habrá, pero quiere decir que uno en la cruz encuentra al Señor y encuentra el motivo del dolor. Uno en la contradicción encuentra muchas veces que está como la Virgen al pie de la cruz, acompañando al Señor, con un dolor tremendo, pero con una serenidad que no es triste, sino que es alegría, como estaría la Virgen. 

Pero ¿dónde queda aquello que dijo Santa Teresa de Jesús de que la vida es una mala noche en una mala posada? 

-Ella lo dice refiriéndose, precisamente, a la tierra. Es decir, el cielo es muchísimo más. No porque esto sea un desastre. Es cierto que el mundo es muy complicado, estamos en una guerra, estamos con gente muy necesitada, la gente está desorientada. Es una mala noche en una mala posada, pero aun así es una maravilla. O sea, que si esto es una mala noche, ¿qué será el cielo? Nosotros vivimos con los pies en la tierra, pero la cabeza en el cielo.

Usted ha estado con universitarios, ahora en una parroquia y en un hospital. ¿Tiene experiencias directas de personas que experimentasen la felicidad precisamente por su fe? 

-Tienes la experiencia de los santos, la experiencia de Jesucristo. Hay un capítulo del libro que dice que Jesucristo fue el hombre más feliz del mundo. ¿Por qué? Porque cumplió la misión que el Padre le había encomendado. Esa misión es hacer la Redención. Y no fue fácil. Muere en la cruz, le condenan con un juicio injusto, y además le infligen una pena, como es la flagelación, que es de muerte. Una injusticia bestial. Pues el Señor muere absolutamente feliz.

Todo se ha cumplido, dice al final. Creo que es muy importante que entendamos esto, porque si no, no entendemos la vida cristiana. O sea, la vida cristiana es felicidad.

Algunos no creyentes acusan a los católicos de estar amargados por estar siempre pensando en la cruz. Y les parece que el mensaje de Jesús y su vida son historia de hace siglos. ¿Qué decir a los jóvenes que piensan eso? 

-Esa es la idea del libro. Hacer ver, primero, que la felicidad no está en tenerlo todo, o en darse todo tipo de placeres, o en el egoísmo de conseguir todo y vivir yo feliz y a los demás que los zurzan, sino que uno tiene la experiencia de que cuando ha sido más feliz, es cuando se ha entregado. La felicidad está en la entrega. 

La felicidad no se puede acumular. Aquí, encima de la parroquia [San Manuel González, en Madrid, donde se realiza la entrevista], tenemos unas placas solares, que sirven para autoconsumo. Cuando sobra la electricidad del sol que se ha generado, se manda a la red. No se puede acumular. Pues esto es lo mismo. La felicidad no la puedes acumular y guardarla para ti. Tienes que darla. En la medida en que tengas una entrega mayor, en esa medida tú haces felices a los demás y a tu alrededor hay más felicidad. 

Las bienaventuranzas son una especie de guía de la felicidad. 

¿También incluso a nivel humano?

-Sí. Tocan casi todos los palos. Tocan la pobreza, el hambre y la sed de justicia, la misericordia, la persecución, la limpieza de corazón, el dolor… Todas las situaciones tremendas por las que pasa el hombre se incluyen en las bienaventuranzas. Pero son oxímoron, porque son una contradicción.

Porque dicen cosas como “bienaventurados los pobres…” y eso no se entiende. Las bienaventuranzas no son un discurso teórico, sino que son un discurso de lo que el Señor ha vivido y que nosotros lo aprendemos de Él. Jesucristo no predica un evangelio teórico, sino que predica el evangelio que ha vivido y que han compartido los que han estado con Él. Son las bienaventuranzas en cierta manera el esquema de la vida del Señor.

Si uno las sigue, es cuando realmente es feliz. 

De todas las bienaventuranzas, ¿cuál es la más difícil de vivir?

-Quizá la de la mansedumbre, la de los mansos de corazón. Porque depende mucho del carácter. Y la mansedumbre se adquiere con el tiempo y la experiencia.

Es difícil ser manso cuando a uno le pisan un callo. La mansedumbre está en aceptar al otro como es, en querer a la gente, en saber comprender a los demás. Creo que es de las virtudes más difíciles, que requieren más tiempo.

En general la gente mayor suele ser más mansa. Yo tuve un caso en el hospital de un médico, que era un cardiólogo muy conocido. Tenía el corazón destrozado y estaba muy mal. Pasó meses en el hospital. Cuando ibas a verle, te contaba todas las novelas de Santiago Posteguillo que había leído, te hacía pasar un rato agradable con él. Impresionante. ¿Por qué? Porque vivía entregado incluso en esa situación de dificultad tan grande. Por ejemplo, pidió que no le dieran analgésicos y que no le pusieran morfina al final, porque quería ofrecer los dolores al Señor.

Fue un ejemplo en el hospital. Todas las enfermeras, los médicos de la planta, los sacerdotes que le íbamos a ver, estábamos realmente emocionados. 

¿No corremos el peligro de que estas bienaventuranzas parezcan un poco utópicas? Es decir, un ideal, pero inalcanzable. 

-Ese peligro lo corres si no las vives.

Si tú procuras de verdad ser pobre, la pobreza de espíritu, desprenderte de las cosas, abrazarte a los valores que realmente merecen la pena. O si tú procuras ser misericordioso, sabiendo perdonar siempre y olvidar, y perdonar enseguida, bueno, pues entonces no es nada teórico, es una realidad práctica. 

Monseñor Jesús Sanz, mi obispo, el de Oviedo, en el prólogo, dice que las bienaventuranzas son como un balcón al que uno se asoma para ver lo que tiene que vivir de la vida de Cristo, y entonces luego aplicárselo. O sea, es contrastar la vida de Cristo con nuestra vida, como dice Catecismo.

En el libro habla mucho de felicidad. ¿Cuál es el mayor enemigo de la felicidad?

-El egoísmo, sin duda alguna.

¿Qué aporta este libro? Porque hay un millón de libros sobre las bienaventuranzas.

-Lo que aporta es, en primer lugar, una visión moderna, actual, en lenguaje divulgativo, de las bienaventuranzas.

Yo intento divulgar las cosas más elevadas de manera sencilla a la gente de hoy. Estoy en contacto con mucha gente, estoy en la pomada, porque estoy con universitarios, en el hospital con los que sufren, en una parroquia más pobre que Vallecas, en Oviedo, en el barrio de Ventanilles, que es lo más pobre de entre los pobres. 

Cuando venía para acá, me ha llamado una señora. Me dice que quiere hablar conmigo porque tiene tres hijos, le han echado del piso, no tiene vivienda, no tiene dónde dormir, no sabe qué hacer. Le he dado unas soluciones provisionales, y ya hablaremos la semana que viene. Eso es la bienaventuranza real, eso es lo que uno tiene que aprender a vivir. 

Es darse cuenta de que es posible vivir así, que es posible llevar una vida cristiana hoy, tal y como están las cosas, y en el ambiente en el que uno se mueve. No hace falta irse a Sudán del Sur, sino que en tu ambiente puedes vivir en plenitud las bienaventuranzas. Pero sin quedarse a medias. Quedarse a medias es una apuesta por la infelicidad. Es un quiero y no puedo. Es como decir que podrías haber comprado el billete de lotería al que ha tocado el Gordo, pero no lo compraste porque eras un rata. 

Écologie intégrale

doctrine sociale catholique, impôts et générosité

El Papa Benedicto XVI también escribió sobre cómo la caridad era conocida, admirada y crucial para acercar a la gente a la fe en la Iglesia primitiva.

Philip Booth-25 de avril de 2026-Temps de lecture : 5 minutes

La Conferencia Episcopal Católica de Inglaterra y Gales publicó recientemente un documento sobre impuestos titulado  «Dad al César lo que es del César». La doctrina católica sobre impuestos es relativamente escasa. Los católicos aplican principios como el destino universal de los bienes, el derecho a la propiedad y la primacía de la familia para intentar desarrollar enfoques prácticos sobre la tributación en la amplia variedad de circunstancias específicas en las que se encuentran. Como era de esperar, discrepan entre sí.

Discrepan sobre cómo aplicar los principios en circunstancias particulares. Un político de un partido, por ejemplo, podría pensar que deberíamos tener un estado de bienestar más pequeño y eficaz, que destine más recursos a la acción local y menos a las familias. Un político de otro partido podría creer en una acción más decisiva a nivel del gobierno central, que implicaría mayores impuestos y gasto directo para reducir la pobreza.

Las cuestiones empíricas también importan. Podría pensarse que son irrelevantes para un cuerpo de enseñanza que tiene los principios morales como base. Sin embargo, el Papa Benedicto (cuando era Cardenal Ratizinger) escribió lo siguiente:

Una moralidad que se cree capaz de prescindir del conocimiento técnico de las leyes económicas no es moralidad, sino moralismo. Como tal, es la antítesis de la moralidad… Hoy necesitamos un máximo de conocimiento económico especializado, pero también un máximo de ética para que dicho conocimiento se ponga al servicio de los objetivos correctos.

Nuevamente, las opiniones pueden diferir. Quienes comparten una postura política podrían considerar que una mayor tributación perjudica la vida familiar, el trabajo y la iniciativa empresarial, agravando así el problema que el gobierno intenta resolver. Otros, en cambio, podrían analizar las pruebas y llegar a una conclusión distinta. Es la prudencia la que vincula lo empírico con las cuestiones morales.Si una persona reduce sus ingresos disponibles al hacer donaciones a organizaciones benéficas, es justo que se le graven esos ingresos disponibles reducidos.

En «Dad al César lo que es del César» se reflejaron diferentes perspectivas, pero dos mensajes destacaron con bastante fuerza.

El primer punto era la importancia de recaudar impuestos con moderación y en proporción a la capacidad de pago. En lo que respecta a la beneficencia, este principio implica dos cosas: primero, que las personas dispongan de suficiente dinero después de impuestos para cumplir con sus obligaciones benéficas; y segundo, que se calculen los ingresos fiscales tras deducir las donaciones benéficas realizadas. De hecho, el sistema Gift Aid funciona bastante bien en nuestro país.

Sur  «Dad al César lo que es del César» , André Alves escribió: «Los impuestos deben ser moderados, ya que reducen la capacidad de una familia para cumplir con sus responsabilidades, incluidas las obligaciones caritativas». Y, en su contribución, Ruth Kelly (exministra del Tesoro y actualmente miembro del Consejo Vaticano para la Economía) escribió: «Si una persona reduce su renta disponible al donar a la caridad, es justo que se le grave con impuestos esa renta disponible reducida».

Hay muchas razones por las que el Estado debe asegurarse de dejar suficiente espacio para la labor caritativa. Quizás el Papa Benedicto XVI lo expresó mejor en su encíclica  Deus caritas est :

El Estado que lo proveería todo, absorbiéndolo todo, se convertiría en última instancia en una mera burocracia incapaz de garantizar aquello que la persona que sufre —toda persona— necesita: a saber, una atención personal y amorosa… En definitiva, la afirmación de que las estructuras sociales justas harían superfluas las obras de caridad enmascara una concepción materialista del hombre: la idea errónea de que el hombre puede vivir “solo de pan” ( Mt  4:4; cf.  Dt  8:3), una convicción que degrada al hombre y, en última instancia, ignora todo lo que es específicamente humano.

En la misma encíclica, el Papa Benedicto XVI explicó las tres funciones de la Iglesia, una de las cuales es la caridad. Escribió: «La naturaleza más profunda de la Iglesia se expresa en su triple responsabilidad: proclamar la palabra de Dios, celebrar los sacramentos y ejercer el ministerio de la caridad. Estos deberes se presuponen mutuamente y son inseparables».

Y esta función no es algo que se pueda delegar.

El Papa Benedicto XVI también escribió sobre cómo la caridad era conocida, admirada y crucial para acercar a la gente a la fe en la Iglesia primitiva. Esta práctica influyó radicalmente en el desarrollo de las estructuras institucionales de la Iglesia, que lamentablemente fueron destruidas durante la Reforma. Si bien, hoy en día, esas estructuras caritativas existen, por supuesto, bajo otras formas.

El Papa Benedicto XVI finaliza esta sección de  Deus caritas est  señalando: “Para la Iglesia, la caridad no es una especie de actividad asistencial que podría dejarse igualmente en manos de otros, sino que forma parte de su naturaleza, una expresión indispensable de su propio ser”.

En la primera lectura del Domingo de la Divina Misericordia, leemos sobre cómo la Iglesia primitiva compartía sus bienes de una manera radical. No se trataba de una actividad delegada al orden político (lo cual era lógico dada la situación política de la época). Era un acto de amor que, en lugar de realizarse a gran escala, alcanzó esa magnitud al replicarse a pequeña escala. Esta distinción es importante para organizar la labor caritativa de la Iglesia.Uno de los problemas del estado de bienestar moderno, quizás, es que puede llevarnos a considerar la caridad como una obligación marginal.

Uno de los problemas del Estado de bienestar moderno, quizás, es que puede llevarnos a considerar la caridad como una obligación marginal. De hecho, resulta paradójico que el Estado de bienestar se desarrollara para llenar los vacíos dejados por la iniciativa voluntaria y las sociedades de asistencia social, y que ahora pensemos en la caridad como un mero complemento a esos vacíos.

Pero el llamado a la caridad en la Iglesia siempre ha sido exigente. El Papa Pío XI enfatizó, sin lugar a dudas, la responsabilidad de los ricos de apoyar a los menos afortunados mediante la caridad. En primer lugar, señaló que la obligación de los ricos de usar su propiedad en beneficio de los demás iba mucho más allá de sus obligaciones legales. En segundo lugar, recalcó que estas obligaciones eran serias, al afirmar: «Las Sagradas Escrituras y los Padres de la Iglesia declaran constantemente, con el lenguaje más explícito, que los ricos están obligados por un precepto muy grave a practicar la limosna, la beneficencia y la munificencia».

Los ricos, cabe decir, pueden cumplir con este cometido de diversas maneras, incluso a través del emprendimiento empresarial; la cuestión es que el dinero no debe permanecer ocioso y acumularse por el mero hecho de acumularse: debe darse un buen uso.

Las encíclicas más antiguas tendían a recurrir al lenguaje del juicio en mayor medida que las encíclicas modernas. Esto se observa especialmente en lo que respecta a las obligaciones de los ricos hacia los pobres. Esto, por ejemplo, se aprecia en la  encíclica Rerum Novarum del Papa León XIII:

Por lo tanto, se advierte a aquellos a quienes la fortuna favorece que las riquezas no traen libertad del dolor ni sirven para la felicidad eterna, sino que son obstáculos; que los ricos deben temblar ante las amenazas de Jesucristo… y que se debe rendir cuentas con suma severidad al Juez Supremo por todo lo que poseemos…

Continuó diciendo que la propiedad privada de los bienes es un derecho natural del hombre. Pero luego afirmó que, si se plantea la pregunta «¿Cómo se deben usar las posesiones de uno?», la respuesta es que es un deber dar a los demás lo que no necesitamos; un deber que no debe ser exigido por la ley humana (salvo en casos extremos), sino un deber de caridad cristiana.

En conclusión, la importancia que se le da a la caridad en las lecturas de Pascua; el hecho de que la caridad sea uno de los tres pilares de la Iglesia descritos por el Papa Benedicto XVI; y la seriedad con la que el Papa Pío XI y el último Papa León XIII abordaron el tema de la caridad, todo ello apunta a la profunda naturaleza de nuestras obligaciones para con los necesitados.

Todavía hoy nos beneficiamos de la caridad radical de generaciones anteriores, ya que celebramos la misa en los edificios que financiaron o enviamos a nuestros hijos a estudiar a esos edificios escolares.

Y, para terminar con la nota más positiva imaginable, cuando lleguemos al momento del juicio, como escribió el Papa León XIV inmediatamente después de sus advertencias a los ricos, Dios considerará una bondad hecha a los pobres como si se la hubiéramos hecho a Él mismo.


Este artículo se publicó originalmente en el sitio web de Pensamiento Social Católico de la Universidad de St Mary. Se reproduce aquí con permiso del editor.

L'auteurPhilip Booth

Profesor de Pensamiento Social Católico y Políticas Públicas en la Universidad de St. Mary's Twickenham y Director de Políticas e Investigación en la Conferencia de Obispos Católicos de Inglaterra y Gales.

Espagne

L'Église encourage l'engagement vocationnel lors de sa journée annuelle du 26 avril.

La Conferencia Episcopal Española celebra el 26 de abril la Jornada Mundial de Oración por las Vocaciones y la Jornada de Vocaciones Nativas, una iniciativa que busca visibilizar la llamada vocacional y promover la implicación de los fieles mediante la oración y la colaboración económica.

Rédaction Omnes-24 de avril de 2026-Temps de lecture : < 1 minute

La Conferencia Episcopal Española convoca el 26 de abril, coincidiendo con el IV Domingo de Pâquesle site Journée mondiale de prière pour les vocations junto con la Jornada de Vocaciones Nativas, dos celebraciones que se unen desde 2015 en una misma fecha.

El objetivo de ambas jornadas es “visibilizar la llamada vocacional” y sensibilizar a la sociedad sobre la importancia de apoyar todas las vocaciones mediante la oración y la ayuda económica.

Materiales de la Jornada

Para su celebración, se han preparado diversos materiales dirigidos a distintos públicos —adultos, jóvenes y niños—, así como textos para la Semana de Oración, subsidios litúrgicos y propuestas para vigilias. Entre las novedades se incluye un subsidio que invita a la bendición del agua o a la renovación de las promesas bautismales durante la Vigilia Pascual o los domingos de Pascua, con el fin de subrayar la vocación bautismal.

Además, la jornada cuenta con un himno titulado «Todos llamados» y materiales específicos para la reflexión y la oración comunitaria, con el propósito de fomentar la participación de toda la Iglesia.

Promover las vocaciones

En el caso de la Jornada de Vocaciones Nativas, la iniciativa pone el foco en apoyar a quienes son llamados al sacerdocio o a la vida consagrada en los territorios de misión, especialmente ante las dificultades económicas que pueden encontrar en su formación.

Con estas jornadas, la Iglesia invita a los fieles a implicarse activamente en la promoción de las vocaciones y a colaborar en su sostenimiento, reforzando así la dimensión universal de la misión eclesial.

Vatican

Léon XIV fait clairement part aux évêques allemands de son désaccord avec la bénédiction des couples homosexuels.

El Papa estableció una distinción entre las bendiciones formales que proponen en Alemania y las bendiciones generales "permitidas por el Papa Francisco al decir: 'Todas las personas reciben bendiciones'".

OSV / Omnes-24 de avril de 2026-Temps de lecture : 5 minutes

Le pape Léon XIV a déclaré le 23 avril, à bord de l'avion papal, que le Saint-Siège n'approuve pas les bénédictions officielles des couples de même sexe, tout en soulignant que l'unité de l'Église « ne doit pas tourner autour des questions sexuelles » et que toutes les personnes sont les bienvenues dans l'Église catholique.

Le pape a tenu ces propos lors d'une longue conférence de presse à bord de son avion de retour de Malabo (Guinée équatoriale) à Rome, où il a atterri après 19h15, heure locale. S'exprimant en anglais, en espagnol et en italien, le pape a répondu à cinq questions de journalistes portant sur des sujets aussi variés que le changement de régime en Iran et la dignité des migrants. Léon XIV a réaffirmé le droit des pays à faire respecter leurs lois frontalières, tout en soulignant que les migrants sont des êtres humains qui ne doivent pas être traités comme des animaux.

La conférence de presse a mis un terme à un voyage apostolique de 11 jours et 18 vols, couvrant plus de 11 000 miles à travers l'Algérie, le Cameroun, l'Angola et la Guinée équatoriale, de loin le plus long voyage de son pontificat.

L'unité de l'Église « ne devrait pas tourner autour des questions sexuelles ».»

Le pape Léon XIV a été interrogé sur la décision prise la veille par le cardinal allemand Reinhard Marx, archevêque de Munich et de Freising, d'autoriser la bénédiction des couples de même sexe dans son archidiocèse, et sur la manière dont le pape comptait préserver l'unité de l'Église universelle à la lumière de cette décision.

« Avant toute chose, je pense qu’il est essentiel de comprendre que l’unité ou la division de l’Église ne doit pas tourner autour des questions sexuelles », a déclaré le pape Léon XIV. « On a tendance à croire que lorsque l’Église parle de morale, la seule question morale qui compte est la sexualité, alors qu’en réalité, je pense qu’il existe des questions bien plus importantes, comme la justice, l’égalité, la liberté des hommes et des femmes et la liberté religieuse, qui doivent primer sur cette question particulière. ».

Le pape a déclaré que le Saint-Siège avait déjà communiqué sa position aux évêques allemands. “ Le Saint-Siège a clairement indiqué qu’il n’approuve pas la bénédiction formelle des couples, en l’occurrence des couples homosexuels, comme vous le demandez, ni des couples en situation irrégulière ”, a-t-il affirmé.

Le pape a établi une distinction entre ces bénédictions formalisées et les bénédictions générales « autorisées par le pape François en disant : ‘Tous reçoivent des bénédictions' ».

“ Lorsqu’un prêtre donne sa bénédiction à la fin de la messe, lorsque le pape donne sa bénédiction à la fin d’une grande célébration, comme celle que nous avons eue aujourd’hui, il y a des bénédictions pour tous ”, a-t-il expliqué, en faisant référence à la messe célébrée ce matin-là en Guinée équatoriale.

Le pape Léon a poursuivi en disant que la célèbre expression du pape François, “ Tutti, tutti, tutti ‘ — qui signifie ’ tout le monde, tout le monde, tout le monde ” — est “ l’expression de la conviction de l’Église que tout le monde est le bienvenu, tout le monde est invité ”.

« Chacun est invité à suivre Jésus et à rechercher la conversion dans sa vie », a déclaré le pape Léon XIV. « Cependant, je crois que cette question peut engendrer plus de division que d’unité, et que nous devons chercher des moyens de fonder notre unité sur Jésus-Christ et ses enseignements. ».

Les pays ne devraient pas traiter les migrants plus mal que des « animaux ».»

Le pape s'est également exprimé avec fermeté sur la question migratoire, affirmant que les États ont le droit de contrôler leurs frontières, tout en insistant sur le fait que la dignité des migrants doit être respectée.

« Personnellement, je crois qu’un État a le droit de fixer des règles pour ses frontières », a-t-il déclaré. « Je ne dis pas qu’il faille autoriser l’entrée sans discernement à tous, ce qui crée parfois des situations encore plus injustes dans les pays de destination que dans les pays d’origine. ».

Il a ensuite souligné que les migrants “ sont des êtres humains et que nous devons les traiter avec humanité, et non pas les traiter plus mal que des animaux de compagnie ou des animaux domestiques ”.

Le pape répondait à une question sur la migration africaine vers l'Espagne, un sujet qu'il devrait aborder lors de sa visite dans le pays, prévue du 6 au 12 juin. Ce voyage s'achèvera aux îles Canaries, archipel espagnol qui constitue le principal point d'entrée atlantique pour les migrants traversant la Manche depuis l'Afrique de l'Ouest.

Le pape Léon XIV a exhorté les nations les plus riches à s'attaquer aux causes profondes des migrations plutôt que de se concentrer uniquement sur le contrôle des frontières. 

“ Que fait le Nord pour aider le Sud et les pays où les jeunes d'aujourd'hui ne trouvent pas d'avenir ? ” a-t-il demandé. “ Pour beaucoup, l'Afrique est perçue comme un lieu où extraire des minéraux et exploiter ses ressources au profit d'autres pays ”, a-t-il ajouté.

“ Peut-être devrions-nous, au niveau mondial, redoubler d’efforts pour promouvoir une plus grande justice et une plus grande égalité dans le développement de ces pays africains, afin qu’il ne soit plus nécessaire d’émigrer en Espagne, etc. ”, a-t-il souligné.

La guerre en Iran et la nécessité de protéger les civils

Concernant la guerre en Iran, Léon XIV a appelé à la poursuite du dialogue et à la protection des civils innocents, partageant une anecdote personnelle pour souligner le coût humain du conflit. “ Je garde en mémoire la photo d'un enfant musulman qui, lors de ma visite au Liban, m'attendait avec une pancarte où l'on pouvait lire "Bienvenue, Pape Léon" ; il est mort dans cette dernière phase de la guerre ‘, a-t-il déclaré.

“ La question iranienne est manifestement très complexe ”, a déclaré le pape Léon XIV. “ Dans les négociations qu’ils tentent de mener, un jour l’Iran dit oui, les États-Unis disent non, et vice versa, et nous ne savons pas où cela nous mènera. ”.

“ Cela a créé une situation chaotique et critique pour l'économie mondiale, et il y a ensuite toute la population iranienne, des innocents qui souffrent à cause de cette guerre ”, a-t-il ajouté.

Un journaliste a également exhorté le pape à condamner les exécutions en cours d'opposants politiques en Iran. Selon l'Associated Press, l'Iran a exécuté ce matin un autre membre du groupe d'opposition en exil des Moudjahidines du peuple (Moujaheden-e-Khalq), la neuvième exécution de ce type depuis le début des combats. 

Selon le Centre Abdorrahman Boroumand pour les droits de l'homme en Iran, les autorités iraniennes ont exécuté plus de 2 000 personnes en 2025, soit le chiffre annuel le plus élevé depuis la fin des années 1980.

« Je condamne tous les actes injustes. Je condamne le meurtre. Je condamne la peine de mort », a déclaré le pape, ajoutant que la vie doit être protégée de la conception à la mort naturelle. « Lorsqu'un régime, lorsqu'un pays, prend des décisions qui ôtent injustement la vie à autrui, il est évident que cela doit être condamné. ».

La diplomatie du Vatican avec les régimes autoritaires

Léon XIV a également défendu la pratique du Saint-Siège consistant à entretenir des relations diplomatiques avec les gouvernements autoritaires, affirmant qu'un travail de coulisses est mené pour promouvoir la justice et les actions humanitaires.

La question a surgi dans le contexte de ses rencontres, lors de ce voyage, avec le président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo de Guinée équatoriale, qui dirige le pays depuis sa prise de pouvoir par un coup d'État en 1979, et avec le président Paul Biya du Cameroun, âgé de 93 ans, qui règne depuis plus de quatre décennies.

“ Nous ne faisons pas toujours de grandes déclarations, à critiquer, juger ou condamner. Mais un travail considérable est accompli en coulisses pour promouvoir la justice, les causes humanitaires, et parfois même pour rechercher les situations où il peut y avoir des prisonniers politiques et trouver des moyens de les libérer ”, a déclaré le pape Léon XIII. 

“ Le Saint-Siège, en maintenant pour ainsi dire une neutralité… (cherche en réalité à trouver des moyens d’appliquer l’Évangile à des situations concrètes, afin que la vie des gens puisse s’améliorer ”, a-t-il déclaré.

Quitter l'Afrique avec un « immense trésor » d'histoires et de visages

Avant de répondre aux questions, le pape a évoqué le voyage lui-même, soulignant que si l'intérêt suscité par ce déplacement tend à se concentrer sur les questions politiques, le but principal d'un voyage apostolique est d'être proche du peuple de Dieu.

“ Ce voyage doit être interprété avant tout comme l’expression du désir de proclamer l’Évangile, de proclamer le message de Jésus-Christ, et c’est une manière d’aller à la rencontre des gens dans leur joie, dans la profondeur de leur foi, mais aussi dans leur souffrance ”, a-t-il déclaré.

À la fin de sa dernière messe sur le continent, célébrée le même jour, le Pape a offert une ultime réflexion sur ce que l'Afrique lui avait apporté. “ Je quitte l'Afrique avec un trésor inestimable de foi, d'espérance et de charité : un immense trésor composé d'histoires, de visages et de témoignages, joyeux et douloureux, qui enrichiront profondément ma vie et mon ministère de Successeur de Pierre ”, a-t-il déclaré. 

“ Comme aux premiers siècles de l’Église, l’Afrique est aujourd’hui appelée à apporter une contribution décisive à la sainteté et au caractère missionnaire du peuple chrétien. ”

L'auteurOSV / Omnes

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Monde

Cardenal Bychok: “Estar en comunión con Roma es algo completamente natural”

Desde su sede en la Eparquía de los Santos Pedro y Pablo de Melbourne, el cardenal Bychok atiende a Omnes en esta entrevista para ayudarnos a conocer mejor el mundo de las Iglesias orientales.

Javier García Herrería-24 de avril de 2026-Temps de lecture : 8 minutes

En el colegio cardenalicio la veteranía suele ser la norma, pero el redentorista ucraniano Mykola Bychok rompió todos los esquemas al ser creado cardenal por el Papa Francisco. Actualmente tiene 46 años, sigue siendo el purpurado más joven del mundo y continúa pastoreando desde Melbourne a los católicos de Rito bizantino en el corazón de Australia.

Para comprender su misión es necesario mirar hacia la Iglesia greco-católica ucraniana, la más numerosa de las 23 Iglesias orientales en comunión con la Santa Sede. Esta institución, definida jurídicamente como una Iglesia sui iuris, posee una jerarquía autónoma encabezada por el arzobispo Mayor Sviatoslav Shevchuk. 

En un mundo marcado por la prisa y el ruido, ¿qué puede aprender la Iglesia latina de la espiritualidad del silencio, la repetición y la profundidad teológica características de los ritos orientales?

—Como saben, el año pasado toda la Iglesia católica celebró el Año Jubilar de la Esperanza. Como parte de estas celebraciones, en mayo de 2025 tuvo lugar en Roma el Jubileo de las Iglesias católicas orientales. En su discurso a los participantes en este Jubileo, el Papa León XIV se hizo eco de las palabras de su predecesor, el Papa Francisco, quien destacó que las Iglesias católicas orientales conservan tradiciones únicas de espiritualidad y sabiduría y pueden enseñarnos mucho sobre la vida cristiana, la sinodalidad y la liturgia. Al mismo tiempo, Su Santidad también recordó al Papa León XIII, quien fue el primero en dedicar un documento específico a la dignidad de las Iglesias orientales dentro de la Iglesia católica.

El Papa destacó la inestimable contribución de la espiritualidad oriental a la Iglesia universal. En particular, dijo: “Tenemos una gran necesidad de recuperar el sentido del misterio que permanece vivo en vuestras liturgias, liturgias que involucran a la persona humana en su totalidad, que cantan la belleza de la salvación y evocan un sentido de asombro ante cómo la majestad de Dios abraza nuestra fragilidad humana. Es igualmente importante redescubrir, especialmente en el Occidente cristiano, el sentido de la primacía de Dios, la importancia de la mistagogia y los valores tan típicos de la espiritualidad oriental”. Hizo un llamamiento a la preservación de estas tradiciones.

Creo que la Iglesia latina y las Iglesias orientales se enriquecen mutuamente precisamente a través de estos énfasis complementarios. Tanto Oriente como Occidente comparten la misma misión: llevar a las personas a Cristo. Y en un mundo inquieto, todo camino auténtico que ayude al corazón humano a redescubrir a Dios es un regalo para toda la Iglesia.

Según su experiencia pastoral, ¿cómo viven los fieles católicos orientales en comunión con Roma, manteniendo al mismo tiempo su identidad litúrgica y cultural?

—Para los fieles de nuestra Iglesia, estar en comunión con Roma es algo completamente natural. De hecho, hace solo unas décadas, muchos de nuestros fieles sufrieron persecución y fueron enviados a trabajos forzados en Siberia precisamente por su compromiso con esta comunión. En muchos de los juicios de aquella época, una de las acusaciones era que “escuchaban la radio del Vaticano”. Nuestra Iglesia sufrió mucho por esta unidad, y sigue valorándola y defendiéndola hasta el día de hoy.

Recientemente, el jefe de la Iglesia greco-católica ucraniana, Su Beatitud Sviatoslav Shevchuk, junto con los obispos del Sínodo Permanente, visitó Brasil. El Sínodo Permanente se reúne cuatro veces al año, y estas reuniones se celebran cada vez en diferentes partes del mundo, dondequiera que residan nuestros fieles. Por ejemplo, en diciembre, el patriarca y el sínodo estuvieron en Australia.

En Brasil, nuestra Iglesia tiene una estructura metropolitana, que incluye dos eparquías. Los ucranianos llegaron allí por primera vez hace más de 140 años y, hasta el día de hoy, sus descendientes —más de 150 000 fieles—, aunque algunos ya no hablan ucraniano y solo hablan portugués, siguen sintiendo un fuerte sentido de pertenencia al pueblo ucraniano y a la Iglesia ucraniana. Hacen importantes esfuerzos por cultivar las tradiciones ucranianas, aprender la lengua ucraniana y preservar una cultura ucraniana. Es precisamente gracias a su dedicación y fidelidad que nuestra Iglesia sigue prosperando en Brasil.

Muchas Iglesias orientales han sufrido persecuciones, guerras o diásporas. ¿Cómo ha marcado esta experiencia de sufrimiento su teología, liturgia y testimonio cristiano?

-Sí, tiene razón. Muchas Iglesias orientales han sufrido guerras y persecuciones a lo largo de su historia. Nuestra Iglesia en Ucrania ha vivido lo mismo, bajo condiciones de guerra durante más de doce años desde 2014 y, desde 2022, en medio de una guerra a gran escala. Nuestras iglesias en la parte oriental de Ucrania han sido destruidas, y dos de mis compañeros sacerdotes redentoristas estuvieron cautivos en Rusia durante más de un año. Cada día, nuestro pueblo se enfrenta a pruebas extraordinarias. El invierno pasado fue especialmente duro, ya que el enemigo atacó deliberadamente la infraestructura energética, intentando, literalmente, dejar a nuestro pueblo en el frío.

Sin embargo, Ucrania se mantiene en pie, Ucrania lucha y Ucrania reza. Nuestro clero permanece con nuestros fieles en estas difíciles circunstancias. Los capellanes apoyan a nuestros soldados en el frente, mientras que los sacerdotes en la retaguardia proporcionan atención espiritual durante la rehabilitación y asistencia humanitaria a los necesitados. Buscamos constantemente formas de curar las heridas de la guerra, no solo las físicas, sino también las espirituales y psicológicas.

Creo que, a pesar de todas las dificultades y la opresión, nuestras Iglesias son un brillante ejemplo de fe viva en Dios Todopoderoso, demostrando que es posible preservar la fe y las tradiciones incluso en circunstancias extremadamente difíciles. Como dice la Escritura: “Para los hombres es imposible, pero no para Dios, porque todo es posible para Dios”.

¿Qué otros ejemplos históricos podrían citarse?

—Por ejemplo, en la Iglesia greco-católica ucraniana, tras el pseudo-sobor de Lviv en 1946, hace 80 años, cuando nuestros obispos, sacerdotes y fieles fueron arrestados y deportados a Siberia, y cuando la Iglesia en Ucrania fue estrictamente prohibida y efectivamente obligada a operar en la clandestinidad, nuestro clero y nuestros fieles que se encontraban en diversas partes del mundo después de la Segunda Guerra Mundial hicieron todo lo posible por preservar y desarrollar la Iglesia en sus nuevos lugares de residencia.

En Australia, por ejemplo, los primeros ucranianos comenzaron a emigrar en 1948 e inmediatamente se esforzaron por mantener su vida espiritual. Oficialmente, el 13 de agosto de 1949 se considera la fecha en que el padre Pavlo Smal celebró por primera vez la Santa Liturgia en Australia, en una capilla cerca de la catedral de San Patricio en Melbourne. En 1950, el padre Ivan Prasko se ofreció voluntario para ir a Australia. Como sacerdote, sirvió a los fieles ucranianos en Melbourne, Victoria y Tasmania durante ocho años, durante los cuales fundó numerosas comunidades eclesiásticas, contribuyó a la construcción de iglesias, organizó escuelas ucranianas los sábados y estableció varias asociaciones eclesiásticas y comunitarias. El 19 de octubre de 1958, el padre Ivan Prasko fue ordenado obispo por el metropolitano Maksym Hermaniuk, el arzobispo Ivan Buchko y el obispo Isidore Boretsky. Inmediatamente después, se convirtió en el jefe del Exarcado Apostólico para los ucranianos en Australia, Nueva Zelanda y Oceanía, establecido el 10 de mayo de 1958 por el Papa Pío XII.

La misma dedicación se observó en otros países donde se establecieron nuestros fieles. En consecuencia, después de que la Iglesia saliera de la clandestinidad en Ucrania, las estructuras y la experiencia de la diáspora contribuyeron en gran medida a la restauración de la Iglesia en Ucrania. Por lo tanto, creo que, con la ayuda de Dios, las Iglesias católicas orientales soportarán estos trastornos y, a través de ellos, se fortalecerá la fe de nuestro pueblo.

¿Cómo animaría a los católicos de Rito latino a aprender sobre los ritos orientales?

—Puedo compartir cómo es la situación en Australia, por ejemplo. Australia es un país formado por muchos inmigrantes que constituyen la columna vertebral de la Iglesia católica en el país. Hay cinco Iglesias orientales en Australia: la ucraniana, la siro-malabar, la melquita, la maronita y la caldea, que aportan su profunda cultura y su fuerte fe en Cristo. Todos somos miembros de la Conferencia Episcopal Católica Australiana, que reúne a todos los obispos católicos de Australia dos veces al año. 

Nuestra Iglesia y, en especial, nuestra liturgia son muy emocionantes para los jóvenes australianos. Por poner un ejemplo, en Sídney se ha formado en nuestra iglesia un coro de católicos australianos de habla inglesa para cantar las vísperas el sábado y la Divina Liturgia el domingo, lo que es un ejemplo vivo de nuestro enriquecimiento mutuo. Con una fe ferviente y un culto divino, como Iglesia católica ucraniana aquí en Australia, podemos desafiar verdaderamente la secularización y ser un signo claro de la presencia del Señor.

Ahora también hay muchos ucranianos en España, fieles católicos orientales, que han venido aquí en gran número, especialmente en busca de refugio tras el inicio de la guerra a gran escala de Rusia contra Ucrania. Nuestra Iglesia siempre se esfuerza por estar presente dondequiera que se encuentren sus fieles, con el fin de proporcionarles el apoyo espiritual adecuado. Esto les brinda una maravillosa oportunidad de experimentar nuestra espiritualidad. Son bienvenidos a asistir a la Divina Liturgia o a cualquier otro servicio religioso. Creo que para todos nosotros, tener la oportunidad de conocer las tradiciones de los demás y rezar juntos es un gran regalo.

En el diálogo ecuménico, especialmente con las Iglesias ortodoxas, ¿qué papel desempeñan los Ritos católicos orientales como puente para el encuentro y el entendimiento mutuo?

—Las Iglesias católicas orientales se encuentran a menudo en una posición única y, a veces, delicada. Compartimos la misma herencia litúrgica, teológica y espiritual con las Iglesias ortodoxas y, al mismo tiempo, estamos en plena comunión con el obispo de Roma. Por ello, comprendemos tanto las sensibilidades como las esperanzas que existen en el diálogo ecuménico.

Nuestro papel no es crear tensión, sino dar testimonio de que la comunión con Roma no requiere abandonar la identidad, la espiritualidad o la tradición orientales. Nuestra propia existencia atestigua que la unidad y la fidelidad al propio patrimonio no son realidades contradictorias.

El diálogo ecuménico no se limita a las comisiones teológicas y los documentos oficiales. También se trata de encuentros, oración y relaciones personales. Cuando compartimos el mismo lenguaje litúrgico, una espiritualidad similar y, a menudo, una historia común de sufrimiento, ya existe una base para un entendimiento más profundo.

Creo que las Iglesias católicas orientales pueden servir de puente promoviendo el respeto, la paciencia y la humildad. Llevamos heridas históricas, pero también llevamos esperanza. Al permanecer fieles a nuestra tradición y vivir en comunión con Roma, podemos ayudar a demostrar que la unidad por la que Cristo rezó no es uniformidad, sino comunión en la verdad y el amor.

Actualmente hay cinco cardenales electores de Rito oriental. ¿Cuál es su percepción como el cardenal más joven del mundo y qué le sorprendió del cónclave? 

—Actualmente hay 245 cardenales en el mundo, de los cuales 122 son electores y 123 no electores. Entre ellos hay siete cardenales católicos orientales, de los cuales cinco son electores y dos no electores. Esto significa que, en términos de número total, los cardenales católicos orientales representan solo un pequeño grupo dentro del Colegio Cardenalicio.

De hecho, ser el más joven entre los cardenales fue una experiencia que difícilmente podría haber imaginado hace dos años. Esta experiencia es importante no solo para mí personalmente, sino, creo, para toda la Iglesia. 

En el cónclave sentí verdaderamente un fuerte sentido de hermandad. Formar parte de este proceso conlleva una gran responsabilidad, no solo en la elección del próximo Papa, sino también en ayudar a configurar el futuro de la Iglesia católica, que hoy cuenta con 1400 millones de fieles. Esta decisión afecta no solo a los obispos y sacerdotes, sino a todo el Pueblo de Dios. 

Durante el cónclave, hubo muchas emociones, y en dos ocasiones sentí lo que la gente llama “piel de gallina”. La primera vez fue en la Capilla de San Pablo, desde donde nos dirigimos en procesión a la Capilla Sixtina. Cuando el coro comenzó a cantar y la procesión se puso en marcha, sentí esa piel de gallina. Y pensé para mí mismo: ¿qué va a pasar en unos minutos? Estamos a punto de entrar en la Capilla Sixtina, de situarnos bajo la escena del Juicio Final pintada por el famoso Miguel Ángel, se cerrarán las puertas y elegiremos al sucesor del apóstol Pedro. Ese fue el primer momento profundamente emotivo para mí. La segunda vez fue después de que ya se hubiera celebrado la elección. Estábamos esperando antes de salir al balcón, y entonces llegó el momento del anuncio del nuevo Santo Padre y del nombre que había elegido: León XIV. Fue algo realmente increíble. 

¿Qué aporta la tradición de los ritos católicos orientales a la vida espiritual de la Iglesia universal que quizá no siempre se comprenda en Occidente? 

—Creo que la mejor respuesta a esta pregunta son las palabras del Papa en la reunión con los representantes de la Reunión de Organizaciones de Ayuda a las Iglesias Orientales (ROACO), que tuvo lugar el 26 de junio de 2025 en el Vaticano. El Papa destacó que hoy en día los católicos orientales ya no son “parientes lejanos”, sino que, debido a la migración forzosa, viven muy cerca de los católicos occidentales. Hizo un llamamiento a los representantes del Consejo para que descubran la belleza del pueblo de Dios en la tradición oriental, que muestra resistencia en medio de los muchos sufrimientos causados por la guerra, y para que miren a aquellos que “se unen a las grandes filas de mártires y santos del Oriente cristiano”, convirtiéndose así en testigos de “la luz de Oriente en la noche del conflicto”.

El Papa señaló que todavía existe una gran ignorancia y desconocimiento sobre las Iglesias católicas orientales y que el deseo de san Juan Pablo II —que dijo que la Iglesia debe aprender a respirar de nuevo con dos pulmones, el oriental y el occidental— aún no se ha cumplido. También habló de medidas concretas para remediar esta situación, como empezar a organizar cursos básicos sobre las Iglesias orientales en seminarios, facultades de teología y centros universitarios católicos, y organizar encuentros conjuntos y eventos pastorales. Para mí, estas palabras son una señal de que la Iglesia, como ninguna otra, se esfuerza por profundizar en esta unidad y que, por iniciativa del Papa León XIV, esto se logrará.

Culture

Indran Amirthanayagam, un poète cosmopolite de son époque

Perteneciente a esa estirpe de quienes llevan la poesía de un lugar a otro y la hacen vibrar en festivales cosmopoéticos, el poeta Indran Amirthanayagam es reconocido por su escritura plurilingüe desde la cual asume miradas culturales de muy diversa índole, y condensa, en su música verbal, el eco plural del mundo.

Carmelo Guillén-24 de avril de 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Aunque en muchos aspectos se sitúen en coordenadas distintas, la lectura de la poesía de Indran Amirthanayagam conduce, casi de manera natural, a evocar a Rubén Darío como una de las figuras que inauguraron el espíritu cosmopolita en la tradición hispánica. Desde luego, no se trata de una herencia directa, sino de una mera resonancia que permite situar la obra de este autor en un cruce cultural permanente y en una clara apertura a múltiples tradiciones poéticas, asimiladas y reelaboradas desde su propia voz.

En Amirthanayagam, la experiencia de su condición itinerante -geográfica, lingüística y cultural- constituye mucho más que un dato biográfico: forma parte de su identidad y de su manera de pensar, de mirar y de escribir el mundo desde lenguas diversas como las que él habla: inglés, francés, portugués y criollo haitiano. Así, el hecho de su errancia no aparece como una limitación sino como un modo de pertenecer a un espacio más amplio y diverso que el delimitado por un territorio geográfico concreto. 

Ese universo vital centra, sin lugar a dudas, sus versos. La tensión que los recorre da cuenta de ello: una sintaxis a veces quebrada, unos signos de puntuación cargados de emoción y cierres abruptos en muchos poemas, recursos capaces de captar las fracturas, contradicciones y fragilidades del mundo globalizado en el que se mueve. Con todo, su poesía no se limita a esa dimensión. También late con el ritmo de la vida y con la variedad de voces que la generan.

La herencia del poeta Allen Ginsberg

Entre otras, sobresale principalmente la del poeta de la generación beat Allen Ginsberg, decisiva tanto en el plano formal como en el conceptual. De hecho, la centralidad del ritmo y de la oralidad establece un vínculo directo con su legado poético. De él hereda, en primer lugar, la confianza en el verso largo como unidad respiratoria antes que métrica: un verso que se expande siguiendo el flujo del pensamiento y del aliento, que se resiste a la clausura y que concibe la creación poética como una vivencia corporal. Así, el poema se convierte en registro de una experiencia vivida en tiempo real, donde cuerpo, voz y conciencia se articulan en un mismo gesto creativo.

Pero esta influencia no se limita a los aspectos formales de su escritura. Se extiende también a una dimensión ética y espiritual, que concibe la poesía como un ejercicio de atención profunda hacia el mundo y de apertura de la conciencia. Al igual que Ginsberg, Amirthanayagam busca descubrir lo sagrado en lo cotidiano y lo revelador en aquello que suele permanecer al margen, transformando su circunstancia personal en una voz con capacidad de resonancia colectiva. De este modo, el yo poético deja de ser un ámbito cerrado y se transforma en un espacio de encuentro entre lo íntimo y lo histórico, entre la subjetividad y la comunidad.

Cosmopolitismo y música

Desde esta perspectiva se comprende mejor su cosmopolitismo, que no responde a una suma de influencias, sino que se revela como una manera de ser y estar en el mundo, de vincularse, como digo, con otras culturas y de concebir la actividad lírica como un espacio de comunión con la música, verdadero motor de su obra lírica. Su atención al ritmo, a la cadencia, a la respiración y al sonido remite tanto a la tradición oral como al blues  o a cantautores como Bob Dylan o Leonard Cohen. La palabra -según ha referido en alguna ocasión- no sólo comunica significados:vibra, se percibe y se experimenta, alcanzando su máxima intensidad en la lectura en voz alta, algo muy frecuente en muchos poetas de todos los tiempos pero que en él es asunto prioritario. 

Sin excusas: encarnación de su poética

Todo esto se manifiesta con fuerza en el poema Sin excusas que traemos a estas páginas. Se trata de un texto construido sobre el vaivén de lo que se deja atrás y lo que se abraza, entre la renuncia y el impulso vital  En él se hallan rasgos esenciales de su escritura: ritmo intenso, repeticiones que funcionan como latidos del corazón, y un lenguaje que alterna idiomas, como el francés “désespoir”. Este cambio lingüístico no es ornamental, sino expresión de una identidad que se desplaza naturalmente entre idiomas, aportando matices distintos a la experiencia emocional que transmite.

Por otra parte, el protagonismo del presente resulta decisivo. La insistencia en el “ahora” y en el “contigo” sitúa la experiencia poética en el instante compartido. No hay nostalgia ni anticipación: lo importante es la presencia. Ese “contigo” no se limita a un destinatario amoroso; abre el poema a una dimensión comunitaria, donde el otro puede ser también el lector, la colectividad, la vida misma.

El cierre, con su llamada al viaje y al movimiento -“vamos”, “vámonos”, “lleguemos”- recupera la idea del tránsito como condición esencial. Viajar no es sólo desplazarse: es existir en constante transformación. Finalmente, la imagen del cerezo en flor aporta, además, una nota de renovación y esperanza. Incluso en un mundo marcado por la fragilidad, la vida conserva su capacidad de abrirse y de recomenzar.

Sin excusas no funciona únicamente como ejemplo de la poética de Amirthanayagam: la sintetiza, pues en él confluyen su visión cosmopolita, su relación orgánica con la música, su concepción del poema como experiencia corporal y su apuesta por una escritura que no se limita a describir la vida, sino que la acompaña y la celebra en el instante mismo en que sucede. Vale la pena acercarse a ella.

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Culture

L'écoute des Confessions de saint Augustin est désormais possible.

La familia Agustiniana se ha unido en la producción única de un audiolibro con el texto íntegro de las "Confesiones" de san Agustín, que ya puede escucharse en plataformas como Spotify, Apple Podcast y Youtube.

Rédaction Omnes-23 de avril de 2026-Temps de lecture : 2 minutes

La Orden de San Agustín (OSA) y la Orden de Agustinos Recoletos (OAR) se han unido para producir un audiolibro con las “Confesiones” de san Agustín íntegras. Para presentarlo, ambas órdenes convocaron una conférence de presse conjunta el 23 de abril de 2026, día del estreno del audiolibro.

Durante la presentación, miembros de las dos órdenes resaltaron que esta producción “no es solo un producto cultural, es un gesto concreto de comunión”. Definieron el audiolibro como un “gesto sencillo pero claro de que es posible trabajar juntos y construir en común”.

Por otro lado, la producción tiene un triple propósito:

  • Cultural: Haciendo llegar las “Confesiones” a muchas más personas en un formato accesible;
  • Espiritual: Ofreciendo una oportunidad de orar con esta obra maestra de la literatura cristiana;
  • Caritativo: Los beneficios se destinarán a la Limosnería Apostólica de la Santa Sede.

La actualidad de las «Confesiones»

El texto del audiolibro es la traducción realizada por la Federación Agustiniana Española, que coordina las diferentes ramas de la familia agustiniana en España. Esta Federación dice, respecto al texto de las “Confesiones” que han “custodiado este texto durante generaciones. Verlo salir ahora al aire, a la escucha de cualquiera con un móvil, es la mejor confirmación de que la tradición no es un museo, sino una corriente viva”.

Por otro lado, el Prior General de la Orden de San Agustín dice que “Las ‘Confesiones’ no son un libro antiguo: son una conversación que san Agustín sigue teniendo con cada lector”. Y, finalmente, el Prior General de la Orden de Agustinos Recoletos afirma que esta producción conjunta “es una alegría de familia”.

En un mensaje conjunto firmado por los dos priores, destacan también que “las ‘Confesiones’ no fueron escritas únicamente para ser leídas, sino para ser oradas, escuchadas y acogidas. En ellas, san Agustín se dirige a Dios, pero al mismo tiempo ilumina la experiencia de cada ser humano: nuestras búsquedas, nuestras fragilidades, nuestros deseos más hondos y nuestra sed de sentido”.

La production

El audiolibro, que al ser el texto íntegro contiene 13 capítulos, puede escucharse en todas las plataformas de audiolibro y en plataformas populares como Podcast Apple, YouTube y Spotify.

La producción ha estado a cargo de Blanca Serrano. Cada episodio está narrado por una voz distinta, todas ellas pertenecientes a miembros de la familia agustiniana. Entre los narradores están monseñor Luis Marín de san Martín, limosnero de Su Santidad; Fray Luciano Audisio, Secretario General de la Orden de Agustinos Recoletos; Amparo Latre, directora de Comunicación de la Orden de San Agustín; y Fray Miguel Ángel Hernández, Prior General de la Orden de Agustinos Recoletos.

Actualités

« Living Hope », le documentaire positif présenté en avant-première dans les cinémas espagnols

Esperanza Viva llega como una propuesta documental que pone el foco en la resiliencia humana y el poder transformador de la esperanza.

Rédaction Omnes-23 de avril de 2026-Temps de lecture : < 1 minute

Esperanza Viva llega como una propuesta documental que pone el foco en la resiliencia humana y el poder transformador de la esperanza.

A través de ocho historias reales, el documental recorre distintas experiencias marcadas por la adversidad: desde la labor solidaria con los más desfavorecidos en Madrid hasta jóvenes que redescubren el sentido de la fe, pasando por una artista que transmite mensajes espirituales a través de su música, un sacerdote que encuentra luz tras momentos difíciles y un hombre que reconstruye su vida después de perderlo todo.

Lejos de ser solo un relato testimonial, la película se adentra en vivencias límite —dolor, pérdida e incertidumbre— para mostrar cómo sus protagonistas lograron encontrar una salida inesperada. En cada caso, la dimensión espiritual aparece como un elemento clave, no como una idea abstracta, sino como una experiencia concreta que influye directamente en sus decisiones y en el rumbo de sus vidas.

Esperanza Viva no elude las dificultades del mundo actual, pero propone una mirada alternativa: la existencia de actos de bondad, cambios profundos y motivos para seguir creyendo en nuevas oportunidades. Una obra que busca, en última instancia, recordar que incluso en los contextos más complejos, la esperanza puede abrirse camino.

Consulta los horarios y entradas para ver el documental en cines. El largometraje documental tiene una duración de 74 minutos y se distribuye en salas de cine por European Dreams Factory.

Monde

Le pape quitte l'Afrique en lançant un appel à la sainteté et au caractère missionnaire.

En un ambiente eléctrico, por la lluvia torrencial caída y la vitalidad de la multitud, el Papa se ha despedido en el estadio de Malabo de Guinea Ecuatorial y de África. Su llamamiento ha sido “contribuir significativamente a la santidad y al carácter misionero del pueblo cristiano, como en los primeros siglos de la Iglesia”.

OSV / Omnes-23 de avril de 2026-Temps de lecture : 3 minutes

El ambiente en Guinea Ecuatorial fue absolutamente eléctrico ayer en Bata, mientras la multitud corría y bailaba, emocionada por la llegada del Papa León XIV, último acto de su viaje a África.

Así ha sido también temprano en Malabo, aunque luego dejó de llover. En la Misa en la capital, el Pontífice ha animado a la “Iglesia que peregrina en Guinea Ecuatorial, a continuar con alegría la misión de los primeros discípulos de Jesús”. 

Leyendo juntos el Evangelio, “que seáis anunciadores apasionados, como lo fue el diácono Felipe. Celebrando juntos la Eucaristía, que deis testimonio con vuestra vidas de la fe que salva, para que la Palabra de Dios se convierta en pan bueno para todos”. Es precisamente el amor del Señor el que sostiene nuestro compromiso, especialmente al servicio de la justicia y de la solidaridad, ha subrayado.

Pésame por el fallecimiento del vicario general

El Papa ha expresado en la homélie su sentido pésame por el fallecimiento, hace algunos días, del vicario general de la diócesis, Monseñor Fortunato Nsue Esono, al que ha recordado en la Eucaristía.

“Invito a vivir con espíritu de fe este momento de dolor y confío en que, sin dejarse llevar por comentarios o conclusiones apresuradas, se haga plena luz sobre las circunstancias de su muerte”.

Despedida: “Me llevo un tesoro inestimable de fe, de esperanza y de caridad”

Al final de la Misa en Malabo, tras el agradecimiento del arzobispo, y antes de dar la bendición final, León XIV ha transmitido su legado, en el 170 aniversario de la evangelización del país.

Cada una de las frases ha sido coreada y aplaudida por la multitud.

"Ha llegado el momento de la despedida después de este viaje de 10 días a África. Agradezco al señor arzobispo, a los demás obispos, a los sacerdotes y a todos vosotros, Pueblo de Dios que peregrina en estas tierras”. 

“Vosotros sois sal de la tierra y luz del mundo”

“Cristo es la Luz de Guinea Ecuatorial, y vosotros sois sal de la tierra y luz del mundo. Mi gratitud se dirige a las autoridades civiles del país, y a cuantos de distintas maneras han contribuido al éxito de mi visita”.

“Me voy de África llevando conmigo un tesoro inestimable de fe, de esperanza y de caridad. Es un tesoro grande, hecho de historias, de rostros, de testimonios, alegres y sufridos, que enriquecen abundantemente mi vida y mi ministerio como Sucesor de Pedro”.

“Como en los primeros siglos de la Iglesia”

“Como en los primeros siglos de la Iglesia”, ha subrayado el Papa León, hoy Africa está llamada a contribuir significativamente a la santidad y al carácter misionero del pueblo cristiano”. 

“Confío esta intención a la intercesión de la Virgen Maria, a quien os encomiendo de corazón, así como a vuestras familias, a vuestras comunidades, a vuestra nación, y a todos los pueblos africanos”.

Tras la bendición final, el Santo Padre ha partido hacia el aeropuerto. Flotaba en el ambiente la calurosa acogida del pueblo ecuatoguineano. Y los vítores al Papa, que ha lanzado el guante de continuar con alegría la misión de los primeros discípulos de Jesús.

También en Malabo ha aflorado su mensaje netamente cristocéntrico, en esta ocasión apoyado en San Ambrosio, el obispo de Milán que bautizó a san Agustín.

“Cristo lo es todo para nosotros!. En Él encontramos plenitud de vida y de sentido. ‘Si estás oprimido por la injusticia, Él es la justicia; si tienes necesidad de ayuda, Él es la fuerza; si tienes miedo de la muerte, Él es la vida. Si deseas el cielo, Él es el camino; si estás en las tinieblas, Él es la luz» (S. Ambrosio, De Virginitate, 16,99). 

Con la compañía del Señor, ha remarcado el Papa León, “nuestros problemas no desaparecen, pero son iluminados. Así como toda cruz encuentra redención en Jesús, así en el Evangelio la historia de nuestra vida encuentra sentido”.

El papa León XIV saluda a su llegada para celebrar la Misa final de su viaje apostólico a África en el estadio de Malabo, en Guinea Ecuatorial, el 23 de abril de 2026. (Foto de OSV News/Simone Risoluti, Vatican Media).

Tras seis horas de vuelo desde Malabo, el Papa llega a Roma al anochecer de este día 23 de abril.

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Esta crónica se ha realizado con información de Courtney Mares, editora de OSV News especializada en el Vaticano, desde Bata y Malabo, Guinea Ecuatorial.

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L'auteurOSV / Omnes

Monde

Léon XIV met en lumière à Bata la “ mission passionnante d’être maris et pères ”.”

El segundo día de su visita a Guinea Ecuatorial, León XIV ha dicho a los católicos que “el futuro de Guinea Ecuatorial depende de sus decisiones”. Y ha destacado “la importancia de proteger y cuidar a la familia y los valores aprendidos en ella”, y la “misión apasionante de ser esposos y padres”.

OSV / Omnes-23 de avril de 2026-Temps de lecture : 8 minutes

– Courtney Mares, OSV News, Mongomo, Guinea Ecuatorial (OSV News) / F. Otamendi

El Papa León XIV ha celebrado el miércoles la Santa Misa en la segunda iglesia católica más grande de África diciéndoles a los fieles que “el futuro de Guinea Ecuatorial depende de sus decisiones”.

“Hermanos y hermanas, es necesario que los cristianos tomen en sus propias manos el destino de Guinea Ecuatorial”, les alentó en su homilía matutina. “Por ello, quisiera animaros: no tengáis miedo de proclamar el Evangelio y de dar testimonio de él con vuestras vidas”.

La Misa tuvo lugar en la Basílica de la Inmaculada Concepción, en la ciudad oriental de Mongomo, cerca de la frontera de Guinea Ecuatorial con Gabón. La basílica es actualmente la iglesia más grande de África Central y la segunda iglesia católica más grande de todo el continente, después de la Basílica de Nuestra Señora de la Paz en Costa de Marfil.

Priorizar el bien común frente a intereses privados

En su homilía, pronunciada en español, el Papa León XIII hizo un llamamiento a los líderes y ciudadanos del país, como en Angola, para que prioricen el bien común.

“El Creador os ha dotado de una gran riqueza natural: os exhorto a trabajar juntos para que sea una bendición para todos”, dijo.

“Que el Señor os ayude a convertiros en una sociedad en la que todos, según sus respectivas responsabilidades, trabajen cada vez más plenamente para servir al bien común en lugar de a los intereses privados, tendiendo puentes entre los privilegiados y los desfavorecidos”.

«Que haya mayor espacio para la libertad y que la dignidad de la persona humana esté siempre salvaguardada”, añadió.

El Papa León XIV llega para celebrar Misa en la Basílica de la Inmaculada Concepción en Mongomo, Guinea Ecuatorial, el 22 de abril de 2026. (Foto de OSV News/Simone Risoluti, Vatican Media).

Basílica consagrada por el cardenal Arinze, en nombre de Benedicto XVI

Miles de personas asistieron a la Misa. Muchas se congregaron en la plaza que rodea la columnata de la basílica. Antes de la liturgia, el Papa saludó a la multitud desde el papamóvil mientras se iluminaban los cielos con coloridos fuegos artificiales y se lanzaba al aire un rosario gigante hecho de globos.

Mongomo es la ciudad natal del presidente Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, quien ha gobernado el país desde 1979 y que asistió a la misa con su esposa.

La basílica, inspirada en la Basílica de San Pedro en la Ciudad del Vaticano, se inició en 2006 y fue financiada por el Estado. Fue consagrada el 7 de diciembre de 2011 por el cardenal nigeriano Francis Arinze en nombre del Papa Benedicto XVI.

“La Eucaristía, el Pan vivo que nos alimenta”

“Nos hemos reunido en esta magnífica catedral basílica, dedicada a la Inmaculada Concepción, Madre del Verbo Encarnado y Patrona de Guinea Ecuatorial, para escuchar la palabra del Señor y celebrar el memorial que nos ha dejado como fuente y cumbre de la vida y la misión de la Iglesia”, dijo el Papa León XIII.

“La Eucaristía contiene verdaderamente todo el bien espiritual de la Iglesia: es Cristo, nuestra Pascua, quien se nos entrega; él es el Pan vivo que nos alimenta”, continuó. “Su presencia en la Eucaristía revela el amor infinito de Dios por toda la humanidad y la manera en que se encuentra con cada mujer y cada hombre, incluso hoy”.

La gente aclama al Papa León XIV a su llegada al estadio de Bata, en Guinea Ecuatorial, el 22 de abril de 2026, para un encuentro con jóvenes y familias. (Foto de OSV News/Kevin Thoma, Reuters).

“¿Qué hambre sentimos? ¿Y qué anhela esta nación hoy? El lema elegido para mi visita es ‘Cristo, Luz de Guinea Ecuatorial, Hacia un Futuro de Esperanza’. Quizás esta sea precisamente la mayor hambre que sentimos hoy”, dijo el Papa León XIII.

Gratitud a los misioneros, sacerdotes y laicos, en el 170 aniversario de la evangelización

El Papa expresó su gratitud a los misioneros, sacerdotes y laicos que ayudaron a difundir la fe en el país, conmemorando el 170 aniversario de su evangelización. Asimismo, citó a San Pablo VI, refiriéndose a su visita a África en 1969: “Africanos, de ahora en adelante, son misioneros de ustedes mismos. La Iglesia de Cristo está firmemente arraigada en esta tierra bendita”.

Hna. Kebam Fien Blenderline, misionera camerunesa 

La hermana Kebam Fien Blenderline, misionera camerunesa de las Hijas del Divino Pastor, lleva casi dos años sirviendo en Guinea Ecuatorial. En declaraciones a OSV News, explicó que su misión se centra en la evangelización, la educación y la promoción de la dignidad de la mujer.

“Durante los años que llevo aquí trabajando con los jóvenes, creo que lo que necesitan saber es que es bueno servir al Señor, es bueno conocer al Señor, es bueno practicar los valores cristianos y amar a Dios”, dijo.

“Esta basílica nos recuerda al Vaticano”, añadió. “Es una oportunidad para que el pueblo de Guinea valore verdaderamente la presencia de Dios en sus vidas a través de esta basílica, a través de las imágenes. Allí se encuentra el Santísimo Sacramento y es un lugar de retiro espiritual”.

Durante la misa, las oraciones de la liturgia se ofrecieron en español y en otros idiomas locales, como el fang, el bisio y el kombe.

“Fieles al Evangelio, llamados a proclamarlo”

“Hermanos y hermanas, incluso cuando nos enfrentamos a situaciones personales, familiares y sociales que no siempre son favorables, podemos confiar en que el Señor está obrando, haciendo crecer la buena semilla de su reino de maneras que desconocemos, incluso cuando todo a nuestro alrededor parece estéril, e incluso en momentos de oscuridad”, dijo el Papa .

“Con esa confianza, arraigada en el poder de su amor más que en nuestros propios méritos, estamos llamados a permanecer fieles al Evangelio, a proclamarlo, a vivirlo plenamente y a dar testimonio de él con alegría”, dijo.

El Papa León XIV bendice la piedra angular de la iglesia en Ciudad de la Paz con el escudo papal antes de celebrar la Misa en la Basílica de la Inmaculada Concepción en Mongomo, Guinea Ecuatorial, el 22 de abril de 2026. (Foto de OSV News/Simone Risoluti, Vatican Media).

Primera piedra de una nueva catedral en la Ciudad de la Paz

Durante su visita a la basílica, el Papa también bendijo la primera piedra de una nueva catedral en Ciudad de la Paz, nueva capital de Guinea Ecuatorial, donde aproximadamente el 75% de sus 1,67 millones de habitantes son católicos.

Tras la Misa, León XIV visitó la escuela de tecnología Papa Francisco, antes de dirigirse a Bata, la ciudad costera más grande del país, donde oró en un monumento en honor a las víctimas de la explosión de 2021 que causó la muerte de más de 100 personas.

A los jóvenes: “¡la Iglesia necesita vuestro entusiasmo!”

En medio de una negra tormenta que no afectó a la alegría de miles de jóvenes y familias, reunidos en el estadio de Bata, que acogió la Copa de África de 2012, el Papa León alentó preguntando “¿quién le teme a la lluvia?, “¡la Iglesia necesita vuestro entusiasmo!”.

“Queridos hermanos y hermanas, los saludo con gran alegría y agradezco al obispo sus amables palabras. Les agradezco a todos su cálida bienvenida y su entusiasmo, que manifiesta la alegría de su fe”, dijo el Vicario de Cristo al comenzar su discurso, que contestó a los testimonios que se escucharon.

El papa León XIV observa a un grupo de bailarines en un encuentro con jóvenes y familias en el estadio Bata, en Guinea Ecuatorial, el 22 de abril de 2026. (Foto de OSV News/Guglielmo Mangiapane, Reuters).

Sus valores: servicio, unidad, hospitalidad, confianza…

El Papa se refirió en primer lugar a los valores antiguos y nobles que animan la vida de los jóvenes ecuatoguineanos: “el servicio, la unidad, la hospitalidad, la confianza y la celebración. Este es el legado luminoso y desafiante del que vosotros, queridos jóvenes, estáis llamados a ser, con fe, el fundamento de vuestro futuro y el de esta tierra. ¡El futuro es vuestro!”.

Alicia habló de la importancia de “ser fiel a los deberes y contribuir, mediante el trabajo diario, al bien de la familia y la sociedad”. Francisco Martín dio testimonio refiriéndose al llamamiento al sacerdocio, y “nos abrió una ventana a la hermosa realidad de tantos jóvenes que se entregan totalmente a Dios por la salvación de sus hermanos y hermanas”, citó el Papa.

El Pontífice dijo: “si sientes que Cristo te llama a seguirlo por un camino de consagración especial —como sacerdotes, religiosos y religiosas, catequistas— no temas seguir sus pasos: como él mismo aseguró —y yo también quiero decírtelo con firmeza hoy aquí— recibirás “cien veces más y […] la vida eterna” ( Mt 19:29)”.

Vocación al matrimonio, “camino de santidad”

Luego al hilo de las palabras de Purificación y Jaime Antonio, animó a “encomendarse a Él para que sus familias crezcan en unidad, abracen la vida como un don que debemos atesorar y las eduquen para que encuentren al Señor, el Señor que es el Camino, la Verdad y la Vida”.

León XIV se refirió entonces en su discours a la “misión apasionante de ser esposos y padres, una alianza que hay que vivir día a día, en la que se redescubren siempre nuevos el uno para el otro, promotores, junto con Dios, del milagro de la vida y constructores de felicidad, para ustedes y para sus hijos”.

“Prepárense para vivir esta vocación como un camino de amor verdadero, que crece en libertad, un camino de esperanza que nace del conocimiento de que Dios no te abandonará, un camino de santidad que siempre busca el bien y la felicidad de los demás”, añadió el Santo Padre.

Proteger y cuidar la familia y sus valores

Víctor Antonio nos recordó que acoger la vida requiere amor, compromiso y cuidado, y estas palabras, de sus labios adolescentes, deben hacernos reflexionar seriamente sobre la importancia de proteger y cuidar a la familia y los valores aprendidos en ella. Cultivémoslos, vivámoslos y demos testimonio de ellos, incluso cuando hacerlo requiera sacrificio, o cuando, como dijeron Jaime Antonio y Purificación, los juicios, prejuicios y estereotipos intenten menoscabar su valor”. 

Finalmente, el Papa pidió dejarnos inspirar “por la belleza del amor”, y dar “testimonio cada día de que amar es hermoso, que las mayores alegrías, en cualquier circunstancia, provienen de saber dar y de entregarnos a los demás, especialmente cuando ayudamos a los más necesitados. La luz de la caridad, cultivada en los hogares y vivida con fe, puede transformar verdaderamente el mundo”.

El papa León XIV sostiene una cruz durante una visita a la prisión de Bata en Guinea Ecuatorial, el 22 de abril de 2026. (Foto de OSV News/Simone Risoluti, Vatican Media).

A los reclusos en Bata: “Dios nunca os abandona”

Un par de horas antes, en la prisión de Bata, en Guinea Ecuatorial, el Papa León escuchó una emotiva actuación de los reclusos, a quienes se dirigió al principio de forma espontánea: “¡Dios nunca os abandona!”, según ha informado en la red X Paulina Guzik, @Guzik_Paulina, editora de internacional de OSV News.

Uno de los reclusos, en nombre de la comunidad, dijo: “Su apoyo y su bendición nos darán fuerzas para seguir adelante. Queremos ser ciudadanos responsables y contribuir al bienestar de nuestra comunidad”. 

“Cada uno de nosotros, con nuestras historias únicas, nuestros errores y nuestros sufrimientos, seguimos siendo preciosos a los ojos del Señor. Podemos afirmarlo con certeza, porque Jesús nos lo reveló en cada encuentro, en cada gesto y en cada palabra. Incluso cuando fue arrestado, condenado y ejecutado sin haber cometido ningún delito, nos amó hasta el final”, señaló el Papa.

“Al hacerlo, nos demostró que creía en el poder del amor para cambiar incluso los corazones más duros”. “Una auténtica justicia no busca castigar sino ayudar”, dijo en otro momento el Sucesor de Pedro, en un acto en el que los reclusos bailaron y cantaron, mientras les hablaba de esperanza, de cambio y de que “siempre es posible volver a levantarse, aprender y convertirse en una persona nueva”.

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– Courtney Mares es editora del Vaticano para OSV News. Síguela en X @catholicourtney.

L'auteurOSV / Omnes

Vocations

Dix conclusions concernant les 400 séminaristes qui seront ordonnés prêtres cette année aux États-Unis.

Vocaciones planteadas en la adolescencia, participación como monaguillos, procedencia de familias cristianas, el perfil de los sacerdotes estadounidenses de 2026.

OSV / Omnes-23 de avril de 2026-Temps de lecture : 6 minutes

Ce printemps, plus de 400 hommes, diocésains et religieux, seront ordonnés prêtres aux États-Unis. À quoi ressemble cette nouvelle génération de prêtres américains, et quels facteurs ont influencé leur vocation ?

Pour le savoir, OSV News a analysé les données de l'étude de 2026 sur la promotion des ordinations, menée par le Centre de recherche appliquée à l'apostolat de l'Université de Georgetown. Ce rapport annuel, supervisé par CARA depuis 2006, est commandé par le Comité sur le clergé, la vie consacrée et les vocations de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis.

Sur les 428 citoyens qui ont été invités à participer à l'enquête menée entre le 12 février et le 20 mars, 334 (78%) ont répondu à CARA.

Comme les années précédentes, les dernières conclusions – annoncées par la Conférence des évêques catholiques des États-Unis (USCCB) dans un communiqué de presse du 21 avril – sont publiées avant la Journée mondiale de prière pour les vocations, célébrée le quatrième dimanche de Pâques (26 avril), également appelé dimanche du Bon Pasteur dans l'Église latine. Le passage de l'Évangile (Jean 10, 1-10) utilisé lors de la messe met en lumière le rôle de Jésus comme Bon Pasteur.

Voici les 10 principales conclusions du rapport CARA :

1. Seize ans est l'âge moyen auquel on commence à envisager une vocation sacerdotale.

Environ la moitié des personnes interrogées ont déclaré avoir eu entre 3 et 16 ans lorsqu'elles ont envisagé pour la première fois la prêtrise, tandis que l'autre moitié avait entre 16 et 51 ans, avec un âge moyen de 16 ans.

Mais cet âge était légèrement plus élevé pour ceux qui allaient être ordonnés prêtres dans les ordres religieux, qui avaient généralement 18 ans lorsqu'ils envisageaient pour la première fois cette vocation. La moitié de ce groupe avait entre 3 et 19 ans, et l'autre moitié entre 19 et 39 ans.

Plus d'un tiers (39%) des candidats à la prêtrise ont envisagé pour la première fois la possibilité de devenir prêtres lorsqu'ils étaient encore à l'école primaire, entre 6 et 13 ans.

2. Les plus jeunes prêtres auront pour la plupart un peu plus de 30 ans au moment de leur ordination.

La promotion actuelle de candidats à la prêtrise aura, en moyenne, 33 ans au moment de leur ordination, la moitié d'entre eux ayant entre 26 et 31 ans, et l'autre moitié entre 31 et 75 ans.

Près de la moitié (49%) des personnes ordonnées cette année ont 30 ans ou moins, et 38% ont entre 31 et 40 ans. Ce dernier groupe d'âge représente 59% des personnes ordonnées dans des instituts religieux, contre 33% pour leurs homologues diocésains – une différence que CARA a qualifiée de « statistiquement significative ».

La majorité des répondants (62%) se sont identifiés comme blancs, 17% comme hispaniques ou latinos, 11% comme asiatiques ou originaires des îles du Pacifique, 5% comme noirs ou afro-américains et 2% ont indiqué une autre ethnie.

3. Plus de 251 % des diplômés de cette année sont nés hors des États-Unis.

Plus d'un quart des nouveaux ordonnés de cette année sont nés hors des États-Unis. Parmi les participants à l'enquête, 261 ont déclaré être nés hors des États-Unis, les pays les plus représentés étant le Vietnam (51), le Mexique (31) et la Colombie (21). CARA a noté que la promotion 2026 était composée de personnes originaires de 30 pays différents.

4. L’adoration eucharistique, le rosaire et les groupes de prière/d’étude biblique figurent en tête de liste des pratiques de prière avant le séminaire.

La majorité des répondants (811 au total) ont déclaré consacrer du temps à la prière devant le Saint-Sacrement. Les séminaristes diocésains étaient légèrement plus nombreux à mentionner l'adoration eucharistique (831) que leurs homologues religieux (75), mais cette pratique était répandue dans les deux groupes.

Le chapelet était très proche de l'adoration, avec un total de 79%, dont 81% provenant de répondants diocésains et 70% provenant de ceux des ordres religieux qui ont mentionné cette dévotion.

Un peu plus de la moitié (52%) des personnes interrogées ont mentionné les groupes de prière et les études bibliques, les membres des ordres religieux (59%) étant plus susceptibles que les ordonnés diocésains (50%) de mentionner de telles pratiques.

En général, la lectio divina (48%), les retraites au lycée (44%) et les retraites universitaires (29%) se sont également révélées formatrices.

5. La plupart des élèves de cette année étaient enfants de chœur avant d'entrer au séminaire.

La majorité des répondants (79%) ont déclaré avoir été enfants de chœur avant d'entrer au séminaire, et 81% des participants diocésains et 72% des membres d'ordres religieux ont mentionné ce ministère.

Les membres de la classe d'ordination ont également servi comme lecteurs (49%), ministres extraordinaires de la Sainte Communion (35%), ministres pastoraux universitaires ou de jeunesse (34%) et catéchistes (32%).

6. Au moins une personne les a encouragés à envisager de devenir prêtres, et il s'agissait généralement d'un curé de paroisse.

La quasi-totalité (921) des personnes ordonnées cette année ont déclaré avoir reçu des encouragements d'au moins une personne à envisager la prêtrise. Au total, 701 répondants ont indiqué que cette personne était un curé, suivis d'un ami (491), de leur mère (461), d'un paroissien (441) et de leur père (371).

Moins de la moitié (41%) ont été dissuadés d’entrer au séminaire par un autre membre de la famille (22%), des amis ou des camarades de classe (17%), ou une mère ou un père (12% chacun).

7. La plupart des nouveaux prêtres viennent de familles catholiques où les deux parents sont présents et où il y a plusieurs frères et sœurs, et ont été baptisés catholiques dans leur enfance.

Au total, 931 % des personnes interrogées ont déclaré avoir été baptisées catholiques dans leur enfance, un chiffre qui inclut 941 % des prêtres diocésains et 891 % des religieux. Ces derniers ont présenté un taux plus élevé (111 %) de conversion au catholicisme à l'âge adulte.

La majorité (86%) des personnes de la cohorte de 2026 ont déclaré que leurs deux parents étaient catholiques : 88% dans le groupe diocésain et 81% dans le groupe des candidats à l’ordination religieuse. CARA prévoit que, si la tendance actuelle se maintient, ce chiffre devrait atteindre 88% d’ici 2031.

La quasi-totalité des élèves de la promotion 2026 (97%) ont déclaré avoir été élevés par au moins un de leurs parents biologiques, dont 88% ont indiqué avoir été élevés par un couple marié vivant ensemble. 5% ont vécu avec un parent séparé ou divorcé, et 2% avec un parent veuf ou veuve durant leurs années de formation.

21 autres enfants de 3 ans ont été élevés par un couple non marié vivant ensemble ; ceux élevés par un couple non marié ou marié vivant séparément, un parent célibataire non marié ou une autre personne totalisaient environ 11 enfants de 3 ans chacun.

Les plus jeunes prêtres avaient généralement trois frères, et la majorité (37%) se situaient quelque part au milieu en termes d'ordre de naissance, tandis que seul 5% s'est déclaré enfant unique.

8. Tous les élèves de la classe ne fréquentaient pas une école catholique, mais plus de 60% participaient à un programme d'éducation religieuse paroissiale.

Au total, 451 % des candidats à l'ordination ont fréquenté une école primaire catholique, tandis qu'un pourcentage plus faible a fréquenté une école secondaire catholique (381 %) ou une université (341 %). 111 % ont déclaré avoir reçu une instruction à domicile.

La majorité des répondants (63%) ont déclaré avoir participé à un programme d'éducation religieuse paroissiale. Les séminaristes diocésains (66%) étaient plus susceptibles de l'avoir fait que leurs homologues des ordres religieux (51%).

9. Plus de la moitié avaient obtenu un diplôme universitaire et travaillaient à temps plein avant d'entrer au séminaire.

Trois répondants sur cinq (61%) ont déclaré avoir obtenu un diplôme de premier ou de deuxième cycle avant d'entrer au séminaire. La philosophie, la théologie, l'ingénierie, la gestion, les sciences et les mathématiques étaient les domaines d'études les plus courants.

L’étude CARA a révélé que 641 % des séminaristes avaient une expérience professionnelle à temps plein, même partielle, avant leur entrée au séminaire. Les domaines les plus fréquemment cités étaient la pastorale (181 %), l’enseignement (171 %), le commerce (151 %) et la vente et le service à la clientèle (121 %). Un tiers (331 %) des religieux ayant travaillé à temps plein ont indiqué l’enseignement comme domaine d’activité.

10. Bien que la dette étudiante ait été importante pour certains, elle ne représentait pas un problème pour la plupart lorsqu'ils entraient au séminaire.

La majorité des répondants (79%) ont déclaré n'avoir aucune dette étudiante à leur entrée au séminaire. Ceux qui avaient une dette s'élevait en moyenne à un peu plus de $33 000, la moitié d'entre eux ayant une dette comprise entre $2 000 et $25 000, et l'autre moitié entre $25 000 et $150 000.

Au moment de leur ordination, ceux qui avaient une dette étudiante avaient des soldes moyens légèrement supérieurs à 22 000 $, la moitié déclarant entre 800 $ et 11 500 $ et l'autre moitié entre 11 500 $ et 150 000 $. Les membres de la famille (65%) ont fourni la plus grande aide pour rembourser la dette étudiante, suivis des communautés religieuses (29%), de la Société Labouré (19%), des Chevaliers de Colomb (16%), des paroisses (10%) et des amis ou collègues (10%).

L'auteurOSV / Omnes

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