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Le voyage du pape Léon XIV en Espagne en 10 chiffres

Quelques heures seulement avant l'arrivée du pape Léon en Espagne, son premier grand voyage dans un pays catholique européen, cet événement suscite beaucoup d'intérêt.

Rédaction Omnes-5 juin 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Sur le demi-million de personnes qui se sont inscrites pour les trois langues que le pape utilisera lors de son voyage, les chiffres concernant la visite du pape Léon XIV en Espagne reflètent l'ampleur de ce voyage historique, qui aura lieu dans quelques heures seulement et qui a mobilisé des centaines de milliers de personnes à travers l'Espagne. 

600 000 participants inscrits 

Plus d'un demi-million de personnes se sont inscrites pour participer aux différents événements organisés à l'occasion de la visite historique du pape Léon XIV en Espagne, via les différents sites web (l'un pour Madrid et les îles Canaries, l'autre pour Barcelone). Les organisateurs s'attendent néanmoins à une affluence encore plus importante pour les événements principaux.

30 000 œillets

Plus de 30 000 œillets orneront le parcours du pape Léon XIII, portant le Saint-Sacrement, de la place de Cibeles jusqu’au début de la Gran Vía et retour. Ce tronçon de 500 mètres sera décoré de 16 grands tapis floraux réalisés par l’Association des fabricants de tapis Corpus Christi de Ponteareas. 

30 000 décennies

Cinq monastères ont confectionné des dizaines de milliers de Decenarios (chapelets à dix grains), l'un des souvenirs les plus prisés et recherchés de cette visite papale. Les moniales augustines de la Conversion à Sotillo de la Adrada, les Comendadoras del Espíritu Santo à El Puerto de Santa María, les dominicaines d'Olmedo, les cisterciennes de Casarrubios del Monte, ainsi que trois autres couvents de carmélites déchaussées répartis dans différentes régions d'Espagne, fabriquent ces objets de prière depuis des semaines, s'unissant spirituellement aux fruits de cette visite. 

24 000 bénévoles

Plus de 24 000 bénévoles répartis sur trois sites (Madrid, les îles Canaries et Barcelone) participeront aux différents événements auxquels León XIV prend part. Parmi eux, des personnes de tous âges, et notamment des bénévoles dédiés aux personnes en situation de handicap ou travaillant dans le secteur de la santé. 

20 000 agents de sécurité

Opération “ Grâce ”. C’est le nom donné au dispositif de sécurité mis en place par les forces de l’ordre pour la visite du pape François en Espagne. 11 000 policiers nationaux, 2 200 gardes civils, 4 000 policiers municipaux de Madrid, 5 600 Mossos d’Esquadra (police catalane), environ 500 gardes urbains catalans et 200 policiers des îles Canaries participent à ce déploiement de sécurité sans précédent. 

4500 journalistes accrédités 

L'intérêt de la presse pour le premier voyage du pape Léon XIV en Espagne a dépassé toutes les attentes des organisateurs. On estime à 4 500 le nombre de personnes ayant demandé une accréditation de presse pour couvrir les événements, notamment les grandes messes que le pape célébrera dans chacune des villes étapes de son voyage. 

35 personnes dans l'entourage papal

Une trentaine de personnes composent ce que l'on appelle “ l'entourage papal ”, qui accompagne le pape tout au long de son voyage. Parmi les membres de cet entourage, représentant le Vatican, figurent le cardinal Ángel Fernández Artime, SDB, pro-préfet du Dicastère pour les Instituts de Vie Consacrée ; Mgr Luis Marín de San Martín, OSA, préfet du Dicastère pour le Service de la Charité ; et Mgr Filippo Iannone, préfet du Dicastère pour les Évêques. Mgr Luis Argüello, président de la Conférence épiscopale espagnole, fait également partie de cet entourage, qui comprend des membres du service de sécurité du Vatican. 

22 interventions du pape

Durant son voyage de cinq jours, le pape prononcera 22 allocutions, comprenant des salutations, des homélies, des discours et des messages de gratitude. Ces interventions seront disponibles sur le site officiel du Saint-Siège. 

5 véhicules pour le Pape 

Le pape Léon XIV utilisera cinq véhicules lors de ce voyage. Deux papamobiles seront utilisées pour les grands événements publics à Madrid, Barcelone, aux îles Canaries et à Tenerife. Outre les papamobiles, le pape utilisera également trois voiturettes électriques pour les événements plus modestes.

3 langues : espagnol, français et catalan

La plupart des discours du Saint-Père seront prononcés en espagnol, comme l'a confirmé le Saint-Siège. Par ailleurs, il devrait s'exprimer en français lors de ses rencontres avec les migrants au centre de Las Raíces, la plupart des personnes hébergées étant originaires de régions francophones d'Afrique. Le Pape parlera également en catalan lors de ses visites à Barcelone et à Montserrat.  

Prêtre SOS

Pèlerins avec le Pape

La vie d'un prêtre se complique considérablement lorsqu'il organise un voyage avec ses paroissiens pour rencontrer le pape. Cependant, ses efforts ne seront jamais vains et porteront des fruits inattendus.

Manuel Blanco-5 juin 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Lorsque la visite du Pape en Espagne a été officiellement annoncée, je me suis souvenu du Père Manuel Pérez Lado (que son âme repose en paix). Prêtre et hôte des pèlerins au Petit Séminaire de Saint-Jacques-de-Compostelle, il avait été témoin des trois dernières rencontres du Souverain Pontife. Il était enthousiaste, mais aussi épuisé par l'organisation. Il s'était investi corps et âme pour offrir un accueil chaleureux et faciliter un séjour enrichissant. Il y avait pris plaisir, et il savait même en rire pour se détendre. “Si j'attrape l'Apôtre, il aura de mes nouvelles !”.

Si nos aînés se sont investis corps et âme dans les visites papales, nous, les plus jeunes, ne pouvons pas faire mieux. Les bus de la pastorale des jeunes sont un choix privilégié pour les catéchistes : simples, abordables et pratiques. Ils offrent depuis des années un service équilibré. cocktail Entre festivités et spiritualité, les curés, faute de remplaçants et de personnel pastoral, éprouvent davantage de difficultés à y assister. Un tel déplacement se transforme alors en pèlerinage et en une occasion d'échanges profonds. 

Le voyage

Vous pouvez prier. L’organisation et la “ frénésie ” permettent de consacrer du temps dans les bus, les trains ou les avions à la Liturgie des Heures, à la méditation, à la lecture, au chapelet, etc. Les plus extravertis profitent avec enthousiasme des chants de louange (un simple Matinée joyeuse (a “ aiguisé ” plus d'un conducteur). À l'époque “ paléolithique ”, la vidéo et le DVD offraient une ambiance ou un moment de détente en route (je me souviens d'un fan légendaire du carnaval de Cadix qui mettait notre “ oreille ” à l'épreuve avec le langage des chirigotas...). 

Si le transport n'est pas bondé et que les oreilles des autres passagers sont loin, les sièges se prêtent aux confidences. Ces conversations profondes qui peuvent marquer un tournant dans une vie. Nul besoin d'être un expert ; il suffit de partager et d'écouter. Poser des questions ? Bien sûr, si besoin est. Dans votre bagage cabine, emportez une petite bouteille de patience, car le groupe est hétéroclite. Madame “ Râleuse ” et Monsieur “ Critique ” sont aussi de la partie. Il est temps de coexister avec bienveillance et générosité. Le confort sera peut-être limité, mais le plaisir sera au rendez-vous. 

La présence de “ serviteurs ” d’Emmaüs ou de l’Hospitalité de Lourdes (par exemple) facilite les voyages. Quelle expérience et quel aperçu du christianisme primitif ! Se lever tôt ? Toujours. “Vous traitent-ils bien, Monsieur Emilio ?”, Ils ont interrogé un curé. Il a répondu, sachant qu'il était un peu un “ VIP ” : “ Tu ne m’as jamais abandonné sous un pont. Que Dieu te bénisse. ”. De retour de mon séjour à Rome, j'ai aidé un collègue avec ses bagages. La télévision de sa chambre diffusait des images de la place Saint-Pierre prises par une webcam. “ J’ai pu prier pour le Pape et l’Église tout ce temps ! ”, a-t-il commenté. 

Un rassemblement de bénévoles paroissiaux et de prêtres lors d'un tel événement est inoubliable. Il unit, encourage, divertit et apporte son aide. “ Aimez-vous ce pape ? ” “ Comment pouvez-vous demander cela ? Le pape est le pape. ”. Voici comment un prêtre a écarté l'idée d'un voyage au “ pays des murmures ” lors d'une conversation avec un collègue. Les appels vidéo facilitent les échanges avec les paroissiens qui ne peuvent se déplacer. Depuis les salles paroissiales, on peut suivre en direct la veillée de prière avec le Saint-Père. Deux prêtres ont raconté comment, un jour, ils avaient passé toute la nuit à marcher parce qu'ils étaient arrivés en retard à leur logement. “ C'était comme ces soi-disant missions de garde "imaginaires" dans l'armée. ‘.   

Le vrai fruit

Dans la paroisse, on travaille sur les slogans et les refrains pour la rencontre. Certains sont déjà envoyés à l'imprimeur (la distribution d'images pieuses est une tradition locale). Les paroles du Pape sont riches de sens et devront être approfondies lors des méditations, des homélies, etc. Nombreux sont ceux qui prient pour s'engager, surtout à suivre Jésus-Christ. Si des catéchistes, des bénévoles de Caritas, des couples, des prêtres ou des religieuses se manifestent… quelle grâce ! Les médias apprécient la sincérité et la simplicité du langage employé pour couvrir cet événement.

Une dernière “ démystification ” : “ Ce n’est pas grave si les choses ne fonctionnent pas. ”. Parfois, c'est un fait ; d'autres fois, ce n'est qu'une apparence. Lorsqu'une équipe de football travaille avec son centre de formation, elle prend un risque : cela peut sembler un effort vain, sans victoires immédiates. Mais le chemin parcouru est important. Les résultats ne se mesurent pas uniquement aux victoires. Notre psychisme peut se briser lorsque nous poursuivons une “ performance commerciale ” illusoire ou délibérée. Lorsque l'on se moque de nous pour avoir publiquement affiché notre foi aux côtés du Pape, considérons comme un honneur de nous associer au Crucifié. 

Lors des dernières Journées Mondiales de la Jeunesse à Lisbonne, le chanteur Carminho a, aux côtés du Pape, enveloppé à jamais le don de notre foi dans le “ papier ” du fado : “ Tu es une étoile et tu es un pèlerin ” (Tu es l'étoile et je suis le pèlerin).

Le pape missionnaire nous rend visite.

Je ne suis pas assez naïf pour penser que, pour ceux d'entre nous qui font partie des Œuvres pontificales missionnaires, la joie de cette visite est plus grande, mais je crois fermement que nous ne pouvons manquer d'éprouver de la fierté à collaborer avec le Pape qui vient dans le cadre de son engagement missionnaire.

5 juin 2026-Temps de lecture : 2 minutes

Le site Sociétés missionnaires pontificales Il s'agit d'un réseau mondial qui, au nom du Pape, soutient la mission et les jeunes Églises par la prière et la charité. C'est la définition que nous utilisons généralement pour expliquer ce que sont les Œuvres pontificales missionnaires.

Les quatre œuvres missionnaires sont l’instrument dont dispose le Saint-Père pour s’occuper des jeunes Églises, promouvoir la vocation missionnaire, prier pour les lieux où l’Église est moins présente et aider les baptisés à ressentir la responsabilité d’aider le Pape, Pasteur de tous les croyants, à maintenir le travail pastoral ordinaire dans ces lieux, les temples, les œuvres sociales qu’il dirige, etc.

Par conséquent, ce mois de juin sera un mois particulier pour les Œuvres pontificales missionnaires d’Espagne et pour nous tous qui travaillons et collaborons à cette œuvre missionnaire : le Pape vient nous rendre visite et, avec toute l’Église d’Espagne, nous allons rendre grâce à Dieu pour son enseignement, pour sa présence parmi nous, pour son encouragement dans la tâche d’évangélisation que nous accomplissons parmi nous et, de là, dans tant de parties du monde.

Oui, de 6-12 juin, Nous, chrétiens espagnols, allons vivre une grande fête, qui devrait servir à réaffirmer notre fidélité au Pape et à l'Église, qui devrait nous aider à ressentir la proximité du doux Christ sur Terre (comme sainte Catherine de Sienne appelait le Pape), qui devrait nous inciter à prier pour l'Église, pour ses pasteurs, pour son œuvre d'évangélisation dans le monde entier.

C’est une précieuse occasion de nous sentir et de nous connaître comme Église, une famille de baptisés, tous responsables de la poursuite de l’immense œuvre que nos frères missionnaires accomplissent à travers le monde…

Je ne suis pas assez naïf pour penser que, pour ceux d'entre nous qui font partie des Œuvres pontificales missionnaires, la joie de cette visite est plus grande, mais oui, je crois fermement que nous ne pouvons manquer de ressentir la joie et la fierté de collaborer avec le Saint-Père qui vient dans le cadre de son engagement missionnaire.

L'auteurJosé María Calderón

Directeur des Œuvres Pontificales Missionnaires en Espagne.

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La doctrine sociale comme théologie de la communion

Magnifique humanité Elle offre au CSI une clé qui mûrissait depuis des décennies et qui porte désormais un nom propre : la théologie de la communion.

4 juin 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Magnifique humanité, La première encyclique sociale de Léon XIV est bien plus qu'un document sur l'intelligence artificielle. On y perçoit, presque imperceptiblement, un changement profond : la doctrine sociale de l'Église y est décrite comme « une théologie de la communion dans l'histoire » (n° 27). Cette formule est éclairante et, à mon sens, résume l'évolution la plus significative de tout le texte.

De la théologie morale à la théologie de la communion

Saint Jean-Paul II, en Sollicitudo rei socialis En 1987, l’Église avait situé la doctrine sociale de l’Église « dans le domaine de la théologie, et plus particulièrement de la théologie morale » (n° 41). Cette affirmation, à la fois prudente et nécessaire, défendait la doctrine contre ceux qui la réduisaient à une idéologie ou à un simple programme politique du Vatican. Au fil des ans, cependant, cette formulation a eu tendance à être interprétée de manière restrictive, comme si la doctrine sociale de l’Église n’était rien de plus que la partie du manuel de théologie morale consacrée aux questions sociales découlant de… Rerum novarum (1891). En réalité, comme l’explique le Pape, son héritage est bien plus vaste : il puise ses racines dans l’Écriture sainte, les Pères de l’Église, la théologie et le droit médiévaux et modernes. Prenons l’exemple de l’École de Salamanque.

La théologie morale accompagne DSI Et cela continuera. Mais plus comme son unique objectif. Non pas que cela perde de son importance, mais plutôt que celle-ci s'intègre à un horizon plus large : celui de la théologie de la communion. À la question « Que faire ? », elle en ajoute une autre, plus fondamentale : « Comment pouvons-nous rester unis, et qu'est-ce qui favorise ou, au contraire, fragilise notre unité ? » L'une s'intéresse aux actions ; l'autre, aux liens qui les soutiennent. Les deux sont nécessaires, mais aujourd'hui, le cœur de la doctrine sociale de l'Église catholique bat au rythme de ces derniers.

Ce changement ne surgit pas du néant. Au XXe siècle, deux tournants majeurs l'ont préparé : le passage à une approche relationnelle de la théologie trinitaire (Rahner, von Balthasar) et l'évolution de l'ecclésiologie conciliaire vers… communio. La doctrine sociale elle-même a mûri dans cette direction. Le Document d'Aparecida (2007), largement rédigé par le cardinal Bergoglio, adoptait déjà avec force le langage de la communion appliqué à la transformation sociale. Benoît XVI, dans Caritas in veritate (2009), situant la charité — une relation constitutive — comme la « voie principale de la doctrine sociale » (n° 2). François, dans Fratelli tutti (2020), a développé l'idée de fraternité comme principe social. Magnifique humanité Elle nomme clairement ce qui était déjà à l'œuvre dans cette tradition sans nom : la théologie de la communion.

Dimensions de la communion

Dans l’encyclique, la « communion » est une catégorie théologique précise, articulée sur quatre niveaux. Le premier est trinitaire. Le Dieu chrétien est une communion de Personnes. Léon XIV le formule au paragraphe 48 : « le mystère du Dieu vivant, révélé en Jésus-Christ comme une communion de personnes : Père, Fils et Saint-Esprit : l’amour en relation, qui se donne réciproquement et se communique au monde. » La communion, avant d’être humaine, est divine ; avant d’être une qualité éthique, elle est une réalité ontologique fondamentale.

La seconde est ecclésiologique. L’Église, fidèle à Vatican II, se conçoit comme communio. Il s'agit d'un des grands fruits du Concile, qui continue de mûrir dans les différentes disciplines théologiques. Dans ce document, la doctrine sociale de l'Église catholique acquiert pleinement le statut qui lui revient de droit.

La troisième, anthropologique, affirme que l'homme, créé à l'image du Dieu trinitaire, est un être de communion. Gaudium et spes Comme il l'affirme dans le Livre 24 : l'homme « ne peut trouver son propre accomplissement que dans le don sincère de lui-même ». Léon XIV le cite expressément.

Le quatrième aspect est social. Les relations entre les personnes, les communautés et les institutions sont déjà, ou sont destinées à être, une manifestation historique de cette communion ultime. C’est là que réside véritablement l’objet de la doctrine sociale de l’Église catholique.

Conséquences

Comprendre la CSI comme une théologie de la communion cristallise ce qui était déjà en train de mûrir et entraîne trois conséquences décisives.

Premièrement, une multidisciplinarité structurelle. La communion humaine ne peut être appréhendée d'un seul point de vue : elle exige un dialogue avec l'anthropologie, le droit, l'économie, l'écologie et les autres sciences humaines et expérimentales. Il ne s'agit pas d'une concession de la théologie aux autres disciplines, mais d'une exigence intrinsèque de l'objet même. Son fondement, à mon sens, réside dans l'unité du réel. C'est une idée profondément chrétienne et, simultanément, partageable avec d'autres traditions spirituelles et philosophiques : si Dieu, la réalité fondatrice, est un et est Amour, alors toute la réalité doit l'être.

Deuxièmement, une reconnaissance renouvelée de l'autonomie du temporel. Comprise ainsi, la doctrine sociale de l'Église catholique offre des critères de discernement des relations, et non des prescriptions techniques dans des domaines où d'autres formes de connaissance sont compétentes. Ici, l'ancienne objection laïque, un lointain écho de… théologie de la silete Par Alberico Gentili. La doctrine sociale de l'Église n'a pas pour vocation de se substituer aux compétences du droit, de l'économie ou des sciences politiques.

Troisièmement, un sujet communautaire. La doctrine sociale de l’Église catholique n’est pas l’œuvre exclusive des théologiens moralistes ni lue uniquement par la hiérarchie. Léon XIV le souligne dans Dilexi TeElle possède « des racines populaires qu’il ne faut pas oublier ; sa réinterprétation dans le contexte social, social, économique et culturel moderne serait inconcevable sans la participation des laïcs chrétiens aux défis de leur époque » (n° 82). Cette idée n’est pas nouvelle, mais il était nécessaire de la rappeler. Pendant des années, une présentation trop cléricale a dissuadé de nombreux laïcs d’exercer leur propre responsabilité dans ce domaine.

applications pratiques

Le changement de perspective est immédiatement perceptible dès que la doctrine est appliquée à des questions concrètes. Prenons l'intelligence artificielle, thème central de l'encyclique. Outre les questions récurrentes sur la pertinence de son utilisation – légitimes et urgentes –, la théologie de la communion en introduit une autre, d'égale, voire plus importante encore : cette technologie renforce-t-elle ou affaiblit-elle les liens humains ? Les liens entre les personnes, entre les individus et leur travail, entre les générations, entre les peuples et les cultures. Plus la question s'approfondit, plus la réponse s'enrichit également.

Dans le domaine économique, une perspective relationnelle enrichit notre compréhension des structures : lesquelles permettent une vie humaine où travail, famille et respect de la création occupent toute leur place ? Et, dans le débat sur les migrations, le concept de communion insuffle une nouvelle vie au jugement moral essentiel, en le replaçant dans son véritable horizon : l’unité de la famille humaine, toujours fragile et nécessitant d’être reconstruite.

Conclusion

Magnifique humanité Elle offre à la doctrine sociale de l’Église catholique une clé mûrie depuis des décennies et qui porte désormais un nom propre : la théologie de la communion. Il s’agit d’une étape fondamentale, car elle enrichit la théologie morale – sans la remplacer – d’une perspective relationnelle capable d’embrasser la complexité humaine dans toutes ses dimensions. C’est aussi une étape fidèle : elle prolonge le chemin ouvert par Benoît XVI et poursuivi par François, enraciné dans Vatican II.

Cette clarté redonne à la doctrine sociale de l’Église catholique une valeur inestimable : elle lui permet de s’exprimer pleinement dans le débat public. Non pas comme un code moral imposé de l’extérieur, mais comme une sagesse sur les liens qui unissent l’humanité. Une fois encore, Léon XIV se révèle à nous comme le pape de l’unité.

L'auteurRafael Domingo Oslé

Professeur de droit à l'université de Navarre

Initiatives

L'esprit augustinien dans “ Cor Unum ”, le dessert créé par les pâtissiers madrilènes pour la visite du pape

Ce dessert, aromatisé au citron et à la fraise, sera vendu dans les pâtisseries et distribué gratuitement à l'office de tourisme.

José María Navalpotro-4 juin 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Un écusson du Vatican au centre et les couleurs blanche et jaune du drapeau du Saint-Siège prédominent dans l'apparence du dessert créé par l'Association des entrepreneurs artisans du secteur de la pâtisserie de Madrid (ASEMPAS), à la demande de la Communauté de Madrid, pour commémorer le visite de Léon XIV vers la capitale.

Ce dessert a été baptisé “ Cor Unum ”, une expression latine signifiant “ un seul cœur ”, ancrée dans une longue tradition catholique et évoquant l’esprit de fraternité et d’unité propre à la tradition augustinienne. L’intention est que Léon XIV lui-même puisse le déguster durant son séjour dans la capitale. De fait, il a déjà été livré au nonce apostolique, qui accueillera le pape ces jours-ci.

Un dessert aux racines traditionnelles

Pablo et Jacobo Moreno, les créateurs de la pâtisserie, ont expliqué à Omnes que lors de sa conception, ils souhaitaient avant tout un produit de saison. Autrement dit, quelque chose de rafraîchissant, d'où la présence de citron et de fraise. Ils voulaient également qu'il soit facile à emporter en souvenir. De plus, ils ont expliqué que, naturellement, “ nous voulions représenter l'importance de la visite du Pape ”, ce qui se reflète dans les armoiries et les couleurs du Vatican qui l'ornent. “ C'est un sablé classique, aux saveurs traditionnelles ”, ont-ils affirmé.

Les frères Moreno, pâtissiers de métier, dirigent la chaîne de pâtisseries Mallorca, fondée par leur famille il y a plus d'un siècle. Leur fortune a débuté grâce à un gain à la loterie remporté par un ancêtre, qui a investi la somme dans l'ouverture d'une boutique spécialisée dans les ensaimadas et autres produits majorquins. Cette première boutique est depuis devenue une chaîne prestigieuse et importante.

La proposition des frères Moreno a été retenue face à d'autres propositions soumises par différentes pâtisseries lors du concours lancé par la Communauté de Madrid et l'Association des chefs pâtissiers pour créer un dessert commémoratif à l'occasion de la visite du Pape.

Le “ Cor Unum ” est une pâtisserie composée de deux couches de sablé au beurre classique, garnies d'une onctueuse crème au citron et d'un cœur de confiture de fraises maison d'Aranjuez (produit emblématique de la région de Madrid). Enrobée d'une fine couche de chocolat blanc et décorée de tons jaunes, elle est surmontée d'une feuille de chocolat blanc ornée des armoiries du Vatican.

Ce dessert contient des allergènes tels que le gluten, le lait, les fruits à coque, les œufs et le soja. Une version sans gluten, adaptée aux personnes atteintes de la maladie cœliaque, sera également disponible.

Un dessert pour tous

La recette de ce dessert a été partagée avec plusieurs pâtisseries madrilènes afin que chacune puisse en proposer sa propre version. Cependant, compte tenu de sa simplicité, Pablo Moreno assure qu'il est tout à fait possible de le réaliser chez soi, les ingrédients étant simples : crème au citron, confiture de fraises et un biscuit. Ce dessert sera disponible dans différentes pâtisseries artisanales de la région durant la visite papale.

Par ailleurs, afin de faire connaître cette initiative, ASEMPAS offrira une dégustation gratuite du dessert le samedi 6 et le dimanche 7 juin à l'Office de Tourisme de Puerta del Sol, le matin.

Les chefs pâtissiers, accompagnés du ministre de la Culture de la Communauté de Madrid, ont participé à la cérémonie.
Vatican

Père Domingo Amigo, OSA : « Le père Robert Prevost vivait la fraternité avec ses frères augustins de façon tout à fait normale. »

Le prieur de la province augustinienne de San Juan de Sahagún souligne sa gratitude pour la visite du pape, à qui ils transmettront un message de fraternité, de soutien et d'écoute attentive.

Maria José Atienza-4 juin 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Le prieur provincial de Province augustinienne de San Juan de Sahagún Il compte déjà les heures qui le séparent de la réception de celui qui, pendant de nombreuses années, fut son supérieur hiérarchique direct et avec lequel il est lié par des liens de fraternité et d'amitié.

Cette province augustinienne comprend, outre l'Espagne et le Portugal, sept autres vicariats (Argentine, Inde, Iquitos au Pérou, Antilles, Panama, Tanzanie et Venezuela) et deux délégations (Amérique centrale et Cuba). Cette situation renforce les liens entre le pape Léon XIII et ses frères augustins en Espagne.

Léon XIV, un « fils de saint Augustin », Comme il l'a lui-même indiqué le jour de son élection, il se rend en Espagne et, à ce titre, rencontrera ses frères augustins. Un moment de joie particulière pour la famille augustinienne, qui prépare ce voyage avec un enthousiasme tout particulier : écoles, monastères et toutes sortes de lieux liés à la spiritualité de l'Église. Saint Augustin, Ils accompagneront le pape durant ces jours.

Au milieu de cette effervescence, le père Domingo a partagé avec Omnes sa joie et son enthousiasme pour cette rencontre fraternelle et festive, ainsi que l'importance de la visite du pape en Espagne.

Comment la famille augustinienne vit-elle ces jours de préparatifs pour l'arrivée du pape, « fils de saint Augustin » ?

L'Ordre de Saint Augustin et toute la famille augustinienne d'Espagne, connue sous le nom de Famille augustinienne espagnole, vivent ces jours de préparation à la visite du Pape avec une immense joie et, en même temps, déploient de grands efforts, à l'instar de l'Église en Espagne, pour organiser la participation de nombreux jeunes et familles aux événements qui se dérouleront à Madrid et dans d'autres villes. La Famille augustinienne espagnole a notamment créé un site web (agustinosconelpapa.es) pour motiver et suivre la visite du Pape en Espagne.

Une veillée de prière pour la famille des Augustins aura lieu le 5 juin à 20h00 en l'église des Comendadoras de Santiago à Madrid. Le lendemain, le 6 juin à 12h30, une messe d'envoi sera célébrée au Colegio San Agustín à Madrid. Une matinée de partage et une célébration d'envoi seront proposées aux pèlerins de la famille des Augustins avant leur participation à la veillée avec le Pape.

Outre tous les événements déjà mentionnés et les autres activités prévues durant notre visite, deux revêtent une importance particulière pour nous : notre rencontre avec le Saint-Père le 7 juin à la Nonciature apostolique et la visite du Pape à la paroisse Saint-Augustin de Barcelone, où nous, Augustins, sommes engagés. Dans cette paroisse, le 10 juin, le Saint-Père rencontrera les représentants des organisations caritatives et sociales du diocèse.

Que devrions-nous transmettre au Pape lors de leur rencontre dimanche ?

– Nous, les Augustins, aurons une rencontre avec le Saint-Père à la Nonciature apostolique l'après-midi du 7 juin. C'est une grande joie pour nous.

La plupart des Augustins espagnols connaissent le pape Léon XIII grâce à ses visites de renouveau dans nos communautés, sa participation aux chapitres provinciaux et ses autres apparitions lors d'événements importants pour l'Ordre en Espagne. Certains d'entre nous ont eu l'occasion de le saluer lors du Chapitre général de l'Ordre, qui s'est tenu à Rome en septembre 2025.

Cependant, la plupart des Augustins n'ont pas eu l'occasion de rencontrer le Saint-Père depuis son élection, et c'est pourquoi nous sommes si reconnaissants de pouvoir le rencontrer.

Lors de cette rencontre, nous souhaitons avant tout écouter le Pape, entendre ses paroles et découvrir ce qu'il a à dire aux Augustins d'Espagne. Nous lui transmettrons un message de gratitude pour sa visite, un message de fraternité, de soutien et d'écoute attentive à ses paroles et à ses conseils.


Léon XIV connaissait très bien la réalité de la famille augustinienne espagnole ; quels souvenirs gardaient-ils des fréquentes visites de Robert Prévost en Espagne ?  

La Province de Saint-Jean de Sahagún a été créée en 2020 par la fusion des quatre provinces que l'Ordre comptait en Espagne. À l'époque où le Père Robert Prevost, Prieur Général de l'Ordre, se rendait en Espagne, le nombre de chapitres provinciaux était plus élevé. Cela expliquait la fréquence accrue de ses visites. Il participait également à des visites de renouveau auprès des communautés et à d'autres événements importants pour l'Ordre en Espagne. 

Mon souvenir le plus marquant est celui d'une rencontre avec une personne chaleureuse et accueillante, un homme très préparé, comme il l'a démontré lors des réunions de chapitre et autres rassemblements. Le père Robert Prevost vivait sa fraternité avec les frères de manière très naturelle lorsqu'il visitait les communautés, participant aux événements organisés dans les maisons et se montrant attentif aux tâches et aux activités des frères et des communautés.

Parmi les souvenirs importants que nous chérissons, citons sa présence au Chapitre général intermédiaire qui s'est tenu à San Lorenzo de El Escorial en 2004, sa présence au Chapitre provincial de la Province d'Espagne en 2010 et la visite au monastère de Silos avec les membres du chapitre, ainsi que sa présence au monastère d'El Escorial pour accueillir le pape Benoît XVI à l'occasion des Journées mondiales de la jeunesse en 2011.

Le pape cite fréquemment saint Augustin. Les catholiques redécouvrent-ils ce Père de l'Église et sa spiritualité ?

– Je suis convaincu que ces événements contribueront à faire mieux connaître saint Augustin.

Saint Augustin a été très connu dans l'Église à travers les siècles et a été particulièrement souvent cité lors du concile Vatican II. Le pape Benoît XVI, spécialiste de saint Augustin, a également largement diffusé sa pensée.

Je crois que le fait que Léon XIV ait été augustinien et ait fréquemment cité saint Augustin a considérablement accru ses connaissances et les a fait connaître à un public beaucoup plus large, au-delà du monde de la théologie. 

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InvitéesFrancisco Cerro Chaves

Fête-Dieu : l'Eucharistie, cœur de la vie chrétienne

La solennité de Corpus Christi Elle célèbre l'Eucharistie comme le plus grand trésor de l'Église et la présence réelle du Christ, qui devient nourriture permanente pour satisfaire les faims les plus profondes de l'être humain.

4 juin 2026-Temps de lecture : 3 minutes

La solennité de Corpus Christi Dans l’expérience liturgique, Pâques est une fête qui nous permet de savourer toute sa douceur. C’est la célébration du plus grand trésor que le Christ a laissé à son Église : sa présence réelle et permanente dans l’Eucharistie. 

J'aimerais aborder les aspects qui éclairent et dynamisent la vitalité que l'Eucharistie apporte à l'Église et à la vie chrétienne. 

Le Christ dans l'Eucharistie est nourriture pour l'homme

Nous vivons à une époque marquée par de multiples aspirations. Les êtres humains ont soif de bonheur, de vérité, de sens, d'amour authentique, de paix intérieure, d'espoir… Au fond d'eux-mêmes, ils aspirent à Dieu. “ Notre nature affamée porte la marque d’un besoin que la grâce de l’Eucharistie comble. ” (Léo XIV, Homélie pour la solennité du Très Saint Corps et du Très Saint Sang. 22-VI-2025)

En présence de Jésus, rien ne manque jamais. “ De même que la faim est un signe de notre dénuement existentiel radical, la fraction du pain est aussi un signe du don divin du Salut. ” (Léo XIV, Homélie pour la solennité du Très Saint Corps et du Très Saint Sang. 22-VI-2025). 

À Pâques, nous recevons l'Eucharistie

L’Eucharistie trouve son origine précisément dans le contexte de la Pâque (cf. Mc 14, 15). Lorsque les disciples demandèrent à Jésus où préparer le repas pascal, le Seigneur leur répondit par des instructions mystérieuses et symboliques. Tout semblait déjà disposé dans le cœur du Christ. “ Dans cet épisode, l’Évangile nous révèle que l’amour n’est pas le fruit du hasard, mais un choix conscient. Ce n’est pas une simple réaction, mais une décision qui exige une préparation. ” (Léo XIV, Audience générale, Mercredi 6 août 2025)

Se préparer à la Pâque du Seigneur, c'est préparer son cœur à la rencontre avec le Christ vivant.

L'Eucharistie est amour jusqu'au bout

L'Eucharistie est inséparable de la Croix glorieuse. “ Pendant le repas, alors que le diable avait déjà inspiré à Judas, fils de Simon Iscariote, l’idée de le trahir… Jésus, sachant que son heure était venue… les aima jusqu’à la fin. ” (Jn 13, 1-2). 

L’Eucharistie façonne le cœur chrétien. Elle nous enseigne le langage du don, du sacrifice et du don de soi. “ L’exemple du Seigneur demeure pour nous un critère essentiel pour l’action et le service. ” (Léo XIV, Homélie pour la solennité du Très Saint Corps et du Très Saint Sang. 22-VI-2025).

L'Eucharistie crée une rencontre d'amour

De nouvelles relations d'amour se nouent au Cénacle. Pendant le repas de la Pâque, Jésus révèle que l'un des Douze est sur le point de le trahir. “ En vérité, je vous le dis, l’un de vous me trahira, celui qui mange avec moi. ” (Mc 14,18). Jésus révèle ces paroles avec confiance et vérité. Et la question surgit chez les apôtres : “ Et si c’était moi ? ” C’est peut-être l’une des questions les plus sincères que nous puissions nous poser. Ce n’est pas la question de l’innocent, mais celle du disciple qui découvre sa fragilité. Ce n’est pas le cri du coupable, mais le murmure de celui qui, tout en voulant aimer, sait qu’il peut blesser. C’est dans cette prise de conscience que commence le chemin du salut. (Léon XIV, 1987), Audience générale, Mercredi 13 août 2025).

Cette question nous permet de comprendre la profondeur de l'adoration eucharistique. Demeurer en silence devant le Saint-Sacrement transforme peu à peu le cœur.

Marie, le premier tabernacle vivant

En ce sens, Marie occupe une place particulière au sein du mystère eucharistique. Elle fut le premier tabernacle de l’histoire, car elle porta le Fils de Dieu en son sein. Toute sa vie fut une offrande humble et silencieuse. Marie nous enseigne à adorer, à accueillir et à nous abandonner pleinement à la volonté du Seigneur.

La solennité de Corpus Christi Elle nous rappelle que l’Eucharistie est le cœur vivant de l’Église et la source de toute vie chrétienne. En elle, le Christ continue de se nourrir pour entretenir notre espérance et apaiser la faim la plus profonde du cœur humain. L’Eucharistie nous transforme, nous unit et nous envoie vivre dans l’amour et le service d’autrui. Nous ne sommes pas seuls, car le Seigneur continue de marcher avec son peuple.

Image de la procession de la Fête-Dieu à Tolède
L'auteurFrancisco Cerro Chaves

Archevêque de Tolède, Primat d'Espagne.

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Évangile

Être présent là où le Christ est présent. Corpus Christi (A)

Vitus Ntube commente les lectures pour Corpus Christi (A) correspondant au 7 juin 2026.

Vitus Ntube-4 juin 2026-Temps de lecture : 2 minutes

Aujourd’hui, l’Église célèbre la grande fête du Saint-Sacrement, solennité profondément liée au Jeudi saint. Une fois encore, la liturgie nous invite à revenir à cette nuit sacrée au Cénacle, où le Christ nous a donné la Très Sainte Eucharistie. C’est comme si l’Église reconnaissait que le mystère de cette nuit est si profond, si inépuisable, qu’une seule célébration ne saurait le contenir. 

Les lectures de cette messe nous plongent au cœur de ce mystère. Elles révèlent l'Eucharistie comme la présence réelle du Christ, source de notre unité et nourriture qui nous conduit à la vie éternelle. Au cœur de la fête d'aujourd'hui réside la vérité de la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie. Cette présence réelle n'est ni symbolique ni figurative, mais bien réelle et tangible. 

Dans diverses parties du monde, l'Église témoigne publiquement de cette vérité par les processions eucharistiques et l'adoration. Le Saint-Sacrement est porté dans les rues, proclamant que le Christ marche avec son peuple, qu'il demeure parmi nous. De nos jours, on observe souvent plus de manifestations que de processions. Pourtant, le Christ n'a pas cessé d'être présent. Sa présence reste constante, même si notre conscience de celle-ci peut s'atténuer.

George Steiner, dans son œuvre Présences réelles, Il a observé que sans un sentiment de transcendance — sans ce qu'il appelle “ présences réelles ”Ni l'art véritable ni la vérité ne peuvent perdurer. Son intuition nous conduit à une réalité plus profonde : non seulement la culture, mais l'humanité elle-même ne peut s'épanouir sans une rencontre vivante avec ce qui nous transcende. Pour nous, chrétiens, cette rencontre s'accomplit dans la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus parle avec une clarté saisissante :“Je suis le pain vivant descendu du ciel ; celui qui mange de ce pain vivra éternellement. Et le pain que je donnerai pour la vie du monde, c'est ma chair.”Ces paroles ne sont pas faciles. Elles étaient difficiles à entendre pour ses auditeurs de l'époque, et elles le restent aujourd'hui. Nombreux furent ceux qui le questionnèrent ; certains s'en allèrent même.

L'Eucharistie n'est pas un simple symbole. Elle est le Christ lui-même. Cette célébration nous appelle non seulement à croire en lui, mais aussi à lui répondre. Si le Christ est réellement présent, alors nous sommes nous aussi invités à être présents. À être présents là où le Christ est présent ! 

En présence d'une personne importante, nous sommes attentifs, vigilants et respectueux. Combien plus devrions-nous l'être en présence du Christ lui-même ! Devant le Saint-Sacrement, nous sommes invités à éveiller nos cœurs : à veiller, à écouter et à aimer. Aujourd'hui, en cette Fête-Dieu, renouvelons notre foi en la présence réelle du Christ. Et renouvelons aussi notre engagement à être pleinement présents devant lui.

Nous sommes appelés à approfondir notre dévotion eucharistique : par une participation fidèle à la messe, en recevant fréquemment la sainte communion avec pureté, humilité et dévotion, en consacrant du temps à l’adoration devant le Saint-Sacrement et en participant aux bénédictions et aux processions.

Espagne

Que pensent les Madrilènes de l'arrivée du pape Léon XIV en Espagne ?

Alors que l'on s'apprête à accueillir le pape Léon XIV à Madrid samedi prochain, le 6 juin, nous avons recueilli l'avis des Madrilènes.

Rédaction Omnes-3 juin 2026-Temps de lecture : < 1 minute

Quatre jours avant la veillée qu'il présidera Pape Léon XIV Sur la Plaza de Lima, Omnes s'est rendu sur place pour recueillir l'avis des Madrilènes sur l'arrivée du pape en Espagne. Entre barrières, décors et préparatifs pour les jours à venir, la visite papale se fait déjà sentir dans la ville.

Bien que certains reconnaissent les désagréments qu'un événement de cette ampleur pourrait engendrer, comme des perturbations de la circulation sur le Paseo de la Castellana, l'enthousiasme et l'espoir prédominent. Nombreux sont ceux qui estiment que la venue du Pape intervient à un moment particulièrement opportun pour l'Espagne et soulignent la nécessité de diffuser des messages de paix, d'unité et de confiance en l'avenir.

« Cela apportera un vent de fraîcheur », a déclaré l'un des interviewés. Des fruits spirituels, un renouveau de la foi, voire une plus grande harmonie dans la vie publique : tels sont quelques-unes des attentes de ceux qui attendent avec impatience la visite de Léon XIV et qui espèrent que son séjour à Madrid laissera une empreinte durable.

Vatican

Léon XIV : se préparer pour la Fête-Dieu et “ maintenir vivantes les processions ”

Presque à la veille de son voyage apostolique en Espagne, le samedi 6, le pape Léon XIV a mentionné à plusieurs reprises la solennité à venir de la Fête-Dieu et a encouragé les fidèles à “ maintenir vivante ” la tradition des processions avec le Saint-Sacrement.   

Francisco Otamendi-3 juin 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Le pape Léon XIV, lors de son audience générale de ce mercredi, a rappelé la fête du Corpus Christi, qu'il appelait aussi Corpus Domini, et a encouragé chacun à “ maintenir vivante la belle manifestation du témoignage public de la foi que sont les processions avec le Saint-Sacrement ”.

“ Les processions avec le Saint-Sacrement qui ont lieu dans les rues de tant de pays, a-t-il déclaré, sont une expression de la piété eucharistique populaire ; à cet égard, je vous encourage à perpétuer cette belle manifestation de témoignage public de la foi. ”.

S'adressant auparavant aux pèlerins anglophones, polonais et italophones, ainsi qu'à tous les pèlerins et Romains présents sur la place Saint-Pierre, il a évoqué la solennité du Très Saint Corps et Sang du Christ, ou, “ selon la formulation latine plus courante, la solennité de la Fête-Dieu. Dans l'Eucharistie, nous contemplons Jésus, le pain rompu et donné pour chacun de nous ”, a-t-il souligné.

Procession de la Fête-Dieu, dimanche 7 à Cibeles (Madrid)

Le pape arrive en Espagne ce samedi 6, dans le cadre de son voyage apostolique, et dimanche 7, après la veillée de prière du samedi sur la Plaza de Lima, il présidera la messe sur la Plaza de Cibeles à 10h00, ainsi que la procession de la Fête-Dieu dans les rues de Madrid. 

Ce sera l'événement central de ce dimanche eucharistique, qui devrait rassembler un nombre considérable de fidèles, compte tenu des centaines de milliers d'inscriptions déjà enregistrées.

“ Culte particulier du Christ présent dans l’Eucharistie ”

Dans le Audience Ce matin, devant des milliers de pèlerins certainement assez bruyants, le Successeur de Pierre a déclaré aux pèlerins anglophones : “ Alors que nous nous préparons à la solennité du Très Saint Corps et Sang du Christ, soyons fortifiés par ce don divin et devenons témoins de son amour pour tous ceux que nous rencontrons. ”

Dans son discours au peuple polonais, le pape les a encouragés à “ dès la solennité de la Fête-Dieu et les jours suivants, rendre un culte particulier au Christ présent dans l’Eucharistie. 

Que la participation aux processions eucharistiques – en particulier par les familles, les enfants et les jeunes – soit un témoignage courageux de foi et rappelle à tous que Dieu est présent au milieu de son peuple et l’accompagne dans sa vie quotidienne. 

Les Arabes et la langue italienne : prêtres et religieux du Moyen-Orient. Sacré-Cœur de Jésus

Dans ses discours, le Pape a adressé à plusieurs reprises des “ paroles particulières aux prêtres et religieux du Moyen-Orient : J’accompagne de ma prière et de ma bénédiction votre ministère et les aspirations de vos pays respectifs. ”.

Tandis qu’il rappelait aux francophones “ la contemplation du Dieu trinitaire ”, s’adressant aux lusophones, il évoquait le fait qu’en ce “ mois dédié au Sacré-Cœur de Jésus, approchons-nous de la source de la miséricorde et de la tendresse de Dieu, afin que le Ressuscité transforme nos cœurs, les rendant plus patients, généreux et compatissants ”.

Les trois éléments constitutifs de la liturgie

” Pour poursuivre la catéchèse sur la Constitution Sacrosanctum Concilium “, sujet de la catéchèse du Pape, ” nous nous concentrons aujourd’hui sur trois éléments constitutifs de la liturgie sacrée : le rite, le signe, le symbole », a-t-il déclaré à l’auditoire hispanophone.

Le rite – auquel nous sommes appelés à participer de tout notre corps, de tout notre esprit et de tout notre cœur – est le moyen ecclésial qui, en donnant une forme définie à la prière, nous aide à obtenir les dons divins. 

“ Elle est composée de signes sensibles qui produisent la sanctification de l’homme (cf. SC 7), comme l’eau dans le baptême ; et de symboles, qui nous aident à donner un sens et des valeurs plus profonds à la réalité que nous percevons.

Prendre soin de la beauté de nos célébrations

” Les symboles sont aussi des gestes simples — comme s’agenouiller, faire le signe de paix — ou des actions plus complexes telles que les actes constitutifs de chaque sacrement, qui transforment à la fois les éléments matériels et ceux qui entrent en contact avec eux, générant un sentiment d’appartenance, touchant le cœur et l’esprit et favorisant des relations ecclésiales authentiques », a déclaré le Pape.

Enfin, après avoir mentionné la Lettre apostolique ‘Desiderio desideravi’ Le pape François, cité par Romano Guardini, le Saint-Père a déclaré que “ nous devons nous laisser éduquer par les rites de la liturgie, en prenant soin avec délicatesse et sans arbitraire de la beauté de nos célébrations et en nous engageant dans une mystagogie authentique ” (note : méthode pédagogique d’introduction aux mystères de la foi par la liturgie).

L'auteurFrancisco Otamendi

Évangélisation

241 étudiants originaires de 44 pays suivent une formation à l'UNAV grâce à la Fondation CARF.

Le recteur de l'Université de Navarre souligne l'importance du travail éducatif des facultés ecclésiastiques au service de l'Église universelle et rappelle aux donateurs qu'“ aider ici, c'est aider l'Église sur les cinq continents ”.”

Rédaction Omnes-3 juin 2026-Temps de lecture : 2 minutes

Environ trente bienfaiteurs de la Fondation CARF, originaires de différentes provinces espagnoles, ont visité le vendredi 29 mai
sur le campus de Pampelune de l'Université de Navarre. Tout au long de la journée, ils ont découvert les facultés ecclésiastiques et le séminaire international de Bidasoa, où sont formés les séminaristes et les prêtres bénéficiant d'un soutien financier pour achever leurs études.

Durant l'année universitaire 2025-2026, la Fondation CARF a alloué près de 1,6 million d'euros pour couvrir les frais de scolarité et d'hébergement de ses étudiants bénéficiaires. Grâce au soutien de ses bienfaiteurs, 241 étudiants originaires de 44 pays répartis sur les cinq continents ont pu étudier cette année.

Dans la Université de Navarre Lors de la réunion, la dimension internationale de ce travail éducatif a été mise en lumière. La rectrice María Iraburu a souligné que les étudiants qui suivent ces cours exerceront plus tard leur ministère pastoral dans des pays répartis sur les cinq continents, faisant de cette collaboration une contribution directe au service de l'Église universelle.

Iraburu a également souligné le rôle unique des facultés d'ecclésiastiques au sein du projet universitaire, insistant sur leur intégration avec d'autres domaines du savoir et leur engagement à favoriser le dialogue entre la foi et les différentes disciplines académiques. À cet égard, il a mentionné plusieurs initiatives pédagogiques qui reflètent cette approche interdisciplinaire, telles que le diplôme en théologie et le nouveau double diplôme en philosophie et théologie.

L'événement a également bénéficié de la participation de Luis Alberto Rosales, directeur général de la Fondation CARF, et d'Antonio Robles, directeur des services aux étudiants des facultés ecclésiastiques. Les participants ont également eu l'occasion d'entendre les témoignages de deux étudiants bénéficiant de ce soutien : Fernando José Vásquez, étudiant nicaraguayen en licence de théologie, et Francisco Javier Navarro, étudiant mexicain en licence de théologie morale.

La rectrice a également exprimé sa reconnaissance envers Emilio Forte, chef du service des admissions des facultés ecclésiastiques, qui prendra bientôt sa retraite après des années de travail dévoué à l'accueil et au soutien des étudiants internationaux.

Espagne

Michavila (GAD3) estime que les téléphones portables jouent un rôle déterminant dans l'évolution du catholicisme.

Une enquête GAD3 menée auprès de 10 000 jeunes à l'occasion du voyage du pape en Espagne révèle, entre autres, l'influence considérable du téléphone portable comme nouvelle chaire par laquelle sont reçues la doctrine et l'information.

Javier García Herrería-3 juin 2026-Temps de lecture : 3 minutes

La génération Z impulse un retour discret à des valeurs et des comportements que beaucoup croyaient dépassés. C’est ce qu’affirme Narciso Michavila, président du cabinet de conseil GAD3, après avoir présenté les résultats d’une enquête menée auprès de 10 000 jeunes inscrits aux événements organisés à l’occasion de la visite du pape en Espagne. 

Leurs conclusions mettent en lumière un phénomène plus large que la religiosité elle-même : une redécouverte de l’analogique, du communautaire et du spirituel qui transcende les cultures et les croyances.

« Ce n’est pas propre au catholicisme, ce n’est pas propre à la religion », a déclaré Michavila aux médias. « La génération Z, née dans la première décennie du XXIe siècle, renoue de bien des manières avec les valeurs de ses grands-parents. » Pour illustrer son propos, il a utilisé une image du quotidien : « Ce matin, en courant dans le parc du Retiro avant l’ouverture du Salon du livre, je me disais : il y a dix ans, on pensait que les livres allaient disparaître, et pourtant, nous lisons des livres papier comme jamais auparavant. ».

Tolérance

Le sondeur a pris soin de préciser ce qui a changé et ce qui est resté le même. « La jeune génération espagnole n'est pas forcément plus religieuse », a-t-il expliqué. « La principale différence par rapport à leurs aînés réside dans leur plus grande tolérance. Croyants ou non, ils sont beaucoup plus tolérants. ».

Là où Michavila perçoit un changement majeur, c'est dans la manière dont les jeunes croyants vivent leur foi. Contrairement aux générations précédentes, dont la religiosité découlait d'une conformité morale, les jeunes d'aujourd'hui abordent le catholicisme sous un angle différent : « Pour tous les jeunes d'aujourd'hui, même ceux issus de familles catholiques et ayant des racines catholiques, la foi chrétienne – et en l'occurrence, le catholicisme en Espagne – se vit comme des convertis. Ils sont entourés de jeunes qui se convertissent, qui découvrent le message de Jésus-Christ en tant que nouveaux convertis. ».

Le contraste avec la religiosité de leurs grands-mères est saisissant. « Contrairement à leurs grands-mères, pour qui il s'agissait avant tout d'une échelle de valeurs, de principes et de commandements, et où le comportement moral primait sur tout le reste », explique Michavila, la génération actuelle inverse l'ordre : d'abord la rencontre personnelle avec le message, puis, si nécessaire, les conséquences morales.

Téléphones portables et nouvelles chaires

La technologie joue un rôle paradoxal dans cette redécouverte. « Nous sommes à l'ère du numérique ; ils reçoivent les messages et les diffusent, notamment grâce aux algorithmes », a souligné le président de GAD3. « La nouvelle chaire de l'église, c'est le téléphone portable. » Cependant, ce même écran qui véhicule le message engendre aussi de la lassitude : « Parallèlement, ils sont aussi très fatigués de faire défiler les contenus sans fin. ».

Michavila inscrit cette quête spirituelle dans un contexte plus large de désillusion face aux promesses de la modernité. « Tant de acquis sont déjà considérés comme allant de soi – qu’il s’agisse de l’Europe, de la démocratie, de l’égalité, de l’émancipation des femmes ou même de la controverse – et l’on n’a même pas besoin de s’intéresser à la technologie : tout cela est perçu comme acquis. » Ayant accepté ces acquis, ce qui leur manque, c’est autre chose. « Ils constatent que nombre de ces propositions ne leur apportent pas le bonheur promis, et beaucoup d’entre eux se tournent à nouveau vers la spiritualité, se rapprochant de l’Église. ».

Un phénomène mondial

Ce phénomène n'est pas exclusivement catholique. « On le constate dans l'Église orthodoxe, on le constate dans de nombreuses confessions protestantes », a-t-il souligné. Mais l'Église catholique, selon lui, possède un avantage structurel sur les autres religions : « Elle offre quelque chose de beaucoup plus difficile à obtenir pour toutes, et en particulier pour toutes les familles protestantes : un message unique au monde, un message moral issu des Pères de l'Église, qui comporte un code moral et un lien avec la tradition que le monde postmoderne a abandonnée. »

Michavila a indiqué qu'il publierait davantage d'informations dans les prochains jours. Pour l'heure, ses propos dressent le portrait d'une génération qui, loin de l'image d'indifférence religieuse qui l'a précédée, cherche dans les sources anciennes des réponses que le présent ne lui apporte pas.

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Espagne

Almeida se trouvait avec le pape à Cuatro Vientos, en pleine tempête.

Depuis le secteur J4, à l'extrémité de l'aérodrome, le maire actuel a participé à la veillée funèbre de Benoît XVI lors des Journées mondiales de la jeunesse.

José María Navalpotro-3 juin 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Lorsque le maire de Madrid recevra le pape Léon XIV le 6 juin, ce ne sera pas la première fois que José Luis Martínez-Almeida rendra visite à un pape dans la capitale : il était présent lors de la dernière visite d’un pape, Benoît XVI en l’occurrence, en 2011, à l’occasion des Journées mondiales de la jeunesse.

Il y a cinq ans, le journaliste Pedro J. Rodríguez Rabadán publiait le livre Traces d'une tempête, qui comprenait les souvenirs du maire actuel de Madrid lors des Journées mondiales de la jeunesse 2011. Ce texte a ensuite été publié par le magazine Monde chrétien.

Almeida se souvient qu'en août 2011, “ Madrid est devenue la capitale du catholicisme pendant quelques jours ”. Il raconte comment il y était : “ J'ai eu la chance de le vivre comme un Madrilène ordinaire. Trois moments m'ont particulièrement marqué durant cette période. ”.

Il évoque d'abord “ le parc du Retiro et les deux cents confessionnaux installés lors de ce qu'on appelait la "Fête du Pardon" ‘ (cette fois-ci, l'expérience ne pourra être renouvelée, les organisateurs ayant décidé de remplacer les confessionnaux par des ’ espaces d'écoute ”). Puis, le chemin de croix sur le Paseo de Recoletos, orné d'images de la Passion, emblématique des célébrations de la Semaine sainte en Espagne. 

Enfin, il évoque le moment culminant : “ J’ai eu la chance d’assister à la veillée de prière avec le Pape sur l’aérodrome de Cuatro Vientos. ” Des amis l’avaient invité, mais il avait hésité. “ Je ne peux pas le nier : en voyant les images des jeunes attendant le Pape dans cet immense espace ouvert, j’ai eu beaucoup de doutes. Mais l’insistance de mes amis et la conviction que ce serait une journée historique m’ont finalement convaincu. ”.

Le maire a raconté que, faute d'accréditation, il n'avait pu accéder aux zones les plus proches de la scène. Il se souvient : “ Peut-être était-il temps de faire demi-tour et de vivre l'événement depuis mon salon. L'idée était tentante. ”. 

Cependant, un ami les fit changer d'avis. “ Pablo, tenace jusqu'à l'épuisement, obtint l'information dont nous avions besoin : il était possible d'accéder à l'arrière du site en faisant le tour complet du périmètre. L'option valait le coup, même si des nuages menaçants commençaient à s'amonceler à plusieurs kilomètres de là. ” Ce fut une véritable aventure : “ Nous nous sommes alors mis en route pour une marche dont nous ignorions la durée. Nous avons atteint notre destination au bout d'une heure. Je crois que c'était le secteur J4. C'était le bout du chemin. La dernière rangée possible. L'arrière-garde. Derrière nous, la voie ferrée marquait la limite. Devant nous, à l'horizon flou, nous apercevions l'estrade où se tiendrait le Pape. Le flot de pèlerins qui s'étendait jusqu'au quai était impressionnant. ”.

 “ Nous surveillions tous avec inquiétude les nuages menaçants ”, poursuivit le maire. « La situation semblait mauvaise. Mais l’arrivée du pape, et l’enthousiasme qu’elle a suscité parmi les personnes présentes, ont déclenché une joie indescriptible. Nous avons pu suivre le début de la veillée de prière grâce à l’écran géant. Mais nous restions toujours vigilants face à l’orage… qui se rapprochait inexorablement. ».

Au milieu de la tempête

Et puis… “ Ce qui semblait inévitable se produisit. L’orage s’abattit sur le site comme si c’était la fin du monde. Sans abri, et face à l’inévitable averse, nous avons choisi de ‘ profiter ’ de la pluie, non sans une certaine appréhension face à la violence des éclairs et du tonnerre. Mais le Pape resta là. Lui aussi fut ‘ trempé ’. Il endura l’épreuve comme tout le monde. Et, alors qu’il semblait que rien de plus incroyable ne pouvait arriver, un événement me bouleversa. Le Saint-Sacrement arriva sur l’estrade exposée dans l’ostensoir d’Arfe, en provenance de la cathédrale de Tolède. Nous pouvions à peine distinguer les détails sur l’écran géant. Mais nous avons tous ressenti le silence. Des centaines de milliers de pèlerins se prosternèrent – nous nous prosternâmes – pour adorer Jésus-Christ dans l’Eucharistie. Le silence assourdissant qui emplissait le site invitait à la prière et à la confiance. Dans une société – même à cette époque – baignée d’un bruit incessant, il était réconfortant de se laisser envelopper par ce silence et d’élever ses prières vers Dieu. ”.

“ Je suis rentré chez moi fatigué mais encouragé par cette expérience ”, a-t-il ajouté. Pour conclure : “ Le lendemain, j'ai été frappé par une photographie de deux pompiers, cachés aux yeux des pèlerins, sécurisant la structure de la scène pendant que le Pape priait à genoux. C'était une représentation saisissante du travail discret et anonyme que tant de professionnels avaient accompli au service des autres pour faire des Journées Mondiales de la Jeunesse de Madrid un succès. ” “ Et j'en ai profité depuis ‘J4’ ”, a conclu l'actuel maire de Madrid.

Monde

WACOM 6 : un congrès pour repenser la Miséricorde divine

Gintaras Grušas, archevêque de Vilnius, accueille le congrès Wacom pour promouvoir la dévotion à la Miséricorde divine.

Bryan Lawrence Gonsalves-3 juin 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Alors que Vilnius se prépare à accueillir le sixième Congrès apostolique mondial de la miséricorde (WACOM 6) du 7 au 12 juin 2026, l'archevêque Gintaras Grušas, président du Conseil des conférences épiscopales européennes, s'est entretenu avec Omnes, où il a discuté de la vertu de miséricorde, comprise comme un acte qui aide les sociétés à comprendre la justice et à répondre à ceux qui souffrent.

« Une culture de la miséricorde recherche la restauration plutôt que l’exclusion, la réconciliation plutôt qu’une polarisation sans fin, et la solidarité plutôt que la peur », a-t-il expliqué. 

En tant qu'archevêque de Vilnius, ville souvent surnommée la « Rome du Nord », il guide un lieu auquel saint Jean-Paul II a confié la mission de proclamer au monde le message de la Miséricorde divine.

L’archevêque a expliqué que la miséricorde est « l’amour de Dieu répandu sur nous et en nous », soulignant qu’il ne s’agit pas d’une idée abstraite mais d’une réalité vécue, que l’on trouve « d’une manière privilégiée à travers les sacrements, en particulier l’Eucharistie et la Réconciliation ».

Qu'est-ce que WACOM ?

WACOM est une conférence apostolique catholique mondiale qui se tient tous les trois ans dans un pays différent afin d'aider les gens à trouver la miséricorde de Dieu et à la traduire en actes concrets de compassion.

Vilnius occupe une place particulière dans l'histoire de la Miséricorde Divine. Sainte Faustine y a vécu et a consigné des visions de Jésus dans son journal, tandis que la première image largement reconnue de la Miséricorde Divine y a été peinte sous la direction de son confesseur, le bienheureux père Michał Sopoćko.

Le thème de WACOM 6, « Bâtir une cité de miséricorde », vise à présenter le congrès non seulement comme un rassemblement important, mais aussi comme un appel à la conversion et au témoignage quotidien. Dans une lettre pastorale publiée en préparation du congrès, Grušas exhortait les catholiques à entreprendre dès maintenant un pèlerinage commun, en bâtissant une « cité de miséricorde, non de pierre », mais de pardon, de fidélité, d’amour et de compassion.

La miséricorde n'est pas théorique.

Grušas a déclaré que plusieurs images lui venaient immédiatement à l'esprit lorsqu'il entendait le mot miséricorde : l'image de la Miséricorde divine elle-même, le père courant embrasser le fils prodigue et le Bon Samaritain traversant les frontières pour prendre soin de l'étranger blessé.

Au cours de cet échange, l’archevêque a fréquemment réaffirmé que la miséricorde n’est pas une alternative à la justice, mais bien l’une de ses formes les plus exigeantes. « Une culture de la miséricorde recherche la restauration plutôt que l’exclusion, la réconciliation plutôt qu’une polarisation sans fin, et la solidarité plutôt que la peur », a-t-il expliqué. Cette déclaration sonne à la fois comme un constat de l’état d’esprit actuel de l’Europe et comme une invitation à envisager un avenir différent.

Sa compréhension de la miséricorde, a-t-elle ajouté, s'est approfondie au fil d'événements personnels marquants. Elle a découvert le Chapelet de la Miséricorde Divine lors de son année préparatoire à l'Université franciscaine de Steubenville, lors d'une retraite animée par le père George Kosicki, CSB, qui avait participé à la traduction du Journal de sainte Faustine en anglais.

Plus tard en 2000, alors prêtre de l'archidiocèse de Vilnius, il a assisté à la canonisation de sainte Faustine et participé aux précédents Congrès apostoliques mondiaux sur la miséricorde. Aujourd'hui, en tant qu'hôte du WACOM 6, il considère la miséricorde comme « une mission partagée confiée à toute l'Église ».

Grušas a également évoqué des expériences pastorales qui ont rendu la miséricorde concrète de manière frappante. Le fait d'avoir été témoin de la libération d'une personne lors d'un exorcisme, a-t-il dit, a éclairé l'enseignement de saint Jean-Paul II selon lequel « la miséricorde est la limite que Dieu fixe au mal ». Il a également mis en lumière ce qu'il a appelé le drame caché du confessionnal : « Chaque confession est une libération silencieuse, une véritable victoire de la grâce sur les ténèbres. ».

La miséricorde après l'occupation soviétique

L’histoire récente de la Lituanie, notamment les décennies d’occupation soviétique, influence également la façon dont l’archevêque parle de miséricorde. L’oppression, a-t-il déclaré, blesse « la mémoire et l’identité », mais la survie de la foi face à l’adversité montre que la résilience spirituelle peut perdurer au-delà des régimes politiques.

Comme l'expliquait Grušas, le pardon a été un élément clé de la reconstruction de la nation depuis l'indépendance ; “ non pas comme un exercice d'oubli ”, mais comme un refus ferme de laisser le ressentiment définir l'avenir. La miséricorde, disait-il, a permis à la nation de passer de la simple survie au renouveau et à l'espoir.

Différences entre les États-Unis et l'Europe

Le parcours international de Grušas, marqué par son enfance aux États-Unis et ses études ultérieures à Rome, influence également sa manière d'appréhender la miséricorde dans différents contextes culturels. “ Aux États-Unis ”, explique-t-il, “ la miséricorde s'exprime souvent par l'initiative : le service, l'aide aux autres et l'action concrète. En Europe, en revanche, elle est abordée avec plus de prudence et une réflexion plus profonde, façonnée par une histoire longue et complexe. » Ces deux instincts, soutient-il, sont nécessaires : la miséricorde doit être « active et courageuse », mais aussi « mûre et perspicace ».

À titre personnel, Grušas a expliqué à Omnes que de nombreux catholiques ont plus de mal à accepter la miséricorde qu'à l'accorder. On croit souvent que l'amour doit être mérité, a-t-il remarqué, et la confession fréquente contribue à guérir cette blessure en enseignant que la grâce précède la conversion.

Il a également mis en garde contre une idée fausse répandue : celle que la miséricorde exclut le repentir. « La miséricorde invite au repentir », a-t-il déclaré, citant la prière « Jésus, j’ai confiance en toi » comme une expression concise du lien entre miséricorde, confiance et conversion.

Que proclame WACOM 6 ?

Selon les organisateurs du congrès, le programme de six jours comprendra prière et adoration, conférences et témoignages, messe, célébrations de la réconciliation, pèlerinages à Vilnius et œuvres caritatives. 6 000 pèlerins sont attendus. Les dates choisies placent également le congrès entre les solennités de la Fête-Dieu et du Sacré-Cœur, les organisateurs établissant un lien avec l’encyclique Dilexit nos. du pape François, parue en 2024 et consacrée au Sacré-Cœur de Jésus.

Pour Grušas, cependant, la mesure ultime du succès ne résidera pas dans le nombre de participants, mais dans ce qu'ils rapporteront à leurs églises locales.

« J’espère qu’ils viendront en pèlerins et repartiront en témoins », a-t-il ajouté. S’ils repartent convaincus que la miséricorde n’est pas seulement un don reçu, mais une valeur à vivre et à proclamer dans leurs foyers, leurs paroisses et leurs communautés, a-t-il précisé, « alors WACOM 6 aura accompli sa mission ».

L'auteurBryan Lawrence Gonsalves

Journaliste et essayiste né aux Émirats arabes unis et résidant en Lituanie. Il collabore avec Omnes, EWTN News et CNA Deutsch.

Évangélisation

Ezechiele Pasotti : « Kiko a une capacité de don de soi qui m'a toujours fait réfléchir. »

À l'occasion du 60e anniversaire du Chemin néocatéchuménal, nous avons interviewé Ezechiele Pasotti, prêtre rattaché à l'équipe internationale, proche collaborateur de Kiko Argüello et missionnaire depuis des décennies en Europe, en Amérique latine et en Afrique.

Teresa Aguado Peña-3 juin 2026-Temps de lecture : 5 minutes

Le lien d'Ezechiele Pasotti avec le Chemin néocatéchuménal a débuté à un moment charnière de sa vie. Âgé de 26 ans, il terminait ses études de théologie à la Fraternité Saint-Paul de Rome lorsqu'une crise, née d'un conflit avec l'un de ses supérieurs, le poussa à quitter le séminaire. C'est alors qu'un ami l'invita à participer à une liturgie de la Parole dans une communauté du Chemin néocatéchuménal nouvellement créée au sein d'une paroisse. Cette expérience marqua un tournant : “ La Parole de Dieu a éclairé mon histoire d'une manière inattendue. De retour au séminaire, je suis allé voir le supérieur pour lui demander pardon, avec une ferveur et une sincérité profondes. C'était la première fois de ma vie que je faisais une chose pareille ”, raconte Ezechiele Pasotti, qui, après cette expérience, ne quitta plus jamais la communauté.

Peu après, lors d'une retraite, il rencontra Kiko Argüello et Carmen Hernández : “ J'ai immédiatement ressenti un appel du Seigneur à l'itinérance, c'est-à-dire à tout quitter – études, travail, vie religieuse – pour me consacrer à la proclamation de l'Évangile partout où le Seigneur voudrait m'envoyer ”, affirme Pasotti. Depuis, il a mené son œuvre missionnaire dans divers pays, notamment en Scandinavie, en Bolivie et en Afrique, en étroite collaboration avec les fondateurs du Chemin néocatéchuménal.

Dans cet entretien, Ezechiele Pasotti revient sur l'histoire, les défis et l'avenir du Chemin néocatéchuménal.

Vous avez travaillé en étroite collaboration avec Kiko. Comment est Kiko au quotidien, en dehors des grands événements et des célébrations ?

C'est un homme ordinaire, capable de s'asseoir dans sa cuisine et de préparer une bonne assiette de spaghettis carbonara ou un délicieux plat de poisson. Son quotidien est rythmé par le dessin, le design, d'innombrables appels téléphoniques, l'écriture de poèmes, l'étude de la Parole, la lecture des Pères de l'Église… ainsi que par des visites dans des communautés, des retraites pour prêtres itinérants, des séminaires, des catéchistes, des évêques…

Sa vie a été profondément marquée par sa rencontre avec Jésus-Christ. Son lien particulier avec les pauvres, sa liberté et sa générosité m'ont toujours beaucoup inspiré, moi qui viens d'une famille modeste. Travailler avec lui, c'est découvrir un homme d'une grande ouverture d'esprit, doté d'une intuition remarquable et d'un talent artistique exceptionnel. Un homme à l'éthique professionnelle hors du commun.

Vous avez parcouru le chemin de Compostelle de très près. Pourriez-vous nous parler de son histoire ?

Le Chemin néocatéchuménal est un mystère de l'amour de Dieu, né de la rencontre de Kiko avec les pauvres de Palomeras Altas (en périphérie de Madrid) et, plus tard, avec la Servante de Dieu Carmen Hernández, forte de sa formation académique et théologique, et en lien avec le renouveau du Concile Vatican II. De cette expérience commune est né un chemin d'initiation chrétienne, sur le modèle de l'ancien catéchuménat, articulé autour d'un trépied :

  • Dans la Word qui invoque le kérygme comme une annonce du salut, de l'amour de Jésus-Christ pour vous et vous met sur le chemin avec des frères spécifiques atteints par cette même annonce.
  • La liturgie qui, par le pardon et la célébration eucharistique hebdomadaire, revient vous visiter, vous faire participer à la grâce du Seigneur, à son Esprit Saint, et, petit à petit, au fil des années, à travers les différentes étapes du néocatéchuménat, vous initie à toute la plénitude et la beauté de Pâques.
  • La communauté, qui, avec le don du Saint-Esprit qui la construit progressivement, est le plus beau don de l’Église, d’être Église, une expression de l’amour du Père, donnant au monde — et avant tout à ses propres enfants et frères — les signes de l’amour et de l’unité : les deux signes indiqués par le Christ dans l’Évangile de Jean (13,14-15 ; 17,22-23).

Il vous conduit progressivement à travers les différentes étapes du Baptême, restaurant peu à peu toute la richesse, la profondeur et le don de sainteté que la merveille de ce sacrement apporte : d'une phase initiale d'humilité, de pré-catéchuménat, qui mène graduellement à une écoute existentielle de la Parole de Dieu — une parole pour moi, pour ma vie —, vous initiant à une célébration eucharistique véritablement participative et à la formation progressive d'une communauté ecclésiale vivante ; vers une phase catéchétique plus complète, de simplification, composée de scrutins, qui vous aident à vous connaître tel que vous êtes, d'initiation à la prière (avec la remise du Psautier et du Notre Père), jusqu'aux étapes finales du renouvellement des promesses baptismales, en présence de l'évêque, dans la cathédrale, lors de la Vigile pascale, qui vous initie à une vie de louange au Seigneur et de mission.

Au fil des ans, divers charismes et services émergent et se manifestent au sein de la communauté : des plus simples, comme lecteur, chantre ou portier, aux plus exigeants, tels que la collaboration dans différents domaines de la paroisse, le service de catéchiste local, l’envoi de catéchistes itinérants pour accomplir leur mission hors de la paroisse, ou la mise à disposition de familles pour le travail missionnaire. La communauté entière, une fois son parcours achevé, peut même se proposer pour être envoyée dans une zone particulièrement nécessiteuse de la paroisse ou du diocèse.

Quels ont été les moments les plus décisifs pour le Chemin néocatéchuménal ?

Les moments les plus délicats et décisifs ont certainement été ceux où les initiateurs se sont retrouvés en dialogue avec les Congrégations du Vatican (la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, la Congrégation pour le Culte Divin et, en particulier, le Dicastère pour les Laïcs, établi par le pape saint Jean-Paul II comme notre point de référence pour les relations avec le Saint-Siège) et les rencontres avec les papes (à commencer par saint Paul VI, qui a dit à Kiko : “Soyez humbles et fidèles à l'Église, et l'Église vous sera fidèle.” (Saint Jean-Paul II, Benoît XVI, le pape François et maintenant Léon XIV) : tous ont exprimé leur estime et leurs encouragements envers le Chemin. Un autre moment très important a été la définition des Statuts du Chemin et l’approbation du “ Directoire catéchétique du Chemin ”. ».

Quels sont selon vous les défis auxquels est confronté le Chemin néocatéchuménal ?

–Le principal défi a été d’être reconnu par le Saint-Siège non pas comme une association ou un mouvement, mais comme “ l’une des modalités diocésaines d’initiation chrétienne ” (Statuts, (Art. 1, 2). À mon humble avis, peu – même parmi les curés et les évêques – ont compris cet élément constitutif du Chemin, qui répond aussi à certaines difficultés et malentendus, notamment concernant la liturgie dominicale lors de la vigile dominicale en petite communauté, approuvée par Benoît XVI. Statuts. Le Chemin ne peut être une association, car le Baptême est un élément constitutif de l'Église et pour cette raison“Auctor totius Initiationis Christianae Episcopus”"(auteur de toute l'initiation chrétienne), comme il est dit dans le Caeremoniale Episcopororum.

Voici la tâche la plus importante qui nous attend : aider l’Église à embrasser ce que les papes ont reconnu comme “ une modalité d’initiation chrétienne ”, qui, à travers le “ trépied ” — Parole, Liturgie, Communauté — dispose d’un instrument véritablement précieux, consolidé par la tradition — le catéchuménat —, pour passer d’une approche pastorale traditionnelle, centrée sur la sacramentalisation, à une approche pastorale centrée sur l’évangélisation, formant des communautés mûres dans la foi, capables de donner au monde les signes de l’amour et de l’unité.

Comment envisagez-vous le Chemin de Compostelle dans 20 ans ? Quel rôle les jeunes joueront-ils dans son avenir ?

–Voir l’Église redécouvrir dans le catéchuménat (par le Chemin ou d’autres réalités) d’authentiques voies d’évangélisation, avec la formation de communautés chrétiennes qui soient des signes dans le monde. La catéchèse du Chemin sur la famille, ouverte à la vie, qui a valu à Kiko une Doctorat honorifique À l’université du Latran à Rome, il a placé la famille au centre de l’initiation chrétienne et, avec la famille, les enfants et les jeunes, auxquels une si grande attention pastorale est consacrée sur le Chemin, avec le“Scrutatio” La Parole de Dieu dans les paroisses, avec le suivi post-confirmation et post-communion, avec les pèlerinages…, les résultats se vérifient avec les appels vocationnels où des milliers de jeunes, garçons et filles, se proposent pour entamer un cheminement vocationnel vers la vie sacerdotale ou religieuse. ».

Que diriez-vous à quelqu'un qui a vécu une mauvaise expérience sur le Chemin de Compostelle ?

Je leur dirais de ne pas se décourager : l’Église a toujours été sainte et a toujours eu besoin de conversion… La vie communautaire comporte certaines dynamiques, y compris des tensions. Il ne faut pas s’y attarder. Chacun doit trouver sa place dans l’Église. Une épreuve peut être le fondement d’une vocation. Même après tant d’années de cheminement, le péché existe encore, mais le péché personnel, qui souille et peut parfois détruire la communauté chrétienne, n’annule pas tout le bien que la grâce continue de répandre… Le péché nous rend aussi plus humbles, plus attentifs aux autres, moins égocentriques.

Vatican

Léon XIV propose le sport comme école de fraternité et de paix

L'intention de prière du pape Léon XIV pour le mois de juin propose le sport comme École de fraternité, instrument de paix et lieu de rencontre.

Rédaction Omnes-3 juin 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Quelques jours avant les grandes compétitions sportives, comme la Coupe du monde, le pape Léon XIV a consacré son intention de prière pour le mois de juin aux valeurs du sport, “ pour construire la communion et la fraternité dans l’histoire ”.

L’invitation est de prier “ pour que le sport soit un instrument de paix, de rencontre et de dialogue entre les cultures, promouvant le respect, la solidarité et l’épanouissement personnel ”. Une demande exprimée dans le cadre de la campagne ‘ Priez avec le Pape ’. Réseau mondial de prière du pape, qui invite chaque mois les fidèles à se joindre aux intentions du Pape.

Au début de sa prière, le pape Léon élève sa supplication vers le “ Seigneur de la vie ”, rendant grâce pour le don du sport : pour ceux qui “ glorifient Dieu par l’exercice du corps, pour les amitiés qui naissent sur le terrain et pour la joie de jouer en équipe ”. 

Le pape demande que sport Puisse-t-elle toujours être “ une école de fraternité et non de rivalité stérile, un espace de rencontre et non d’exclusion, un chemin de paix et non de violence ”.

Le sport comme moyen de construire la paix

En un peu plus d'un an de pontificat, ce n'est pas la première fois que Léon XIV met en avant les valeurs du sport. Le 15 juin 2025, lors du Jubilé du sport à Rome, il a évoqué le sport comme instrument de paix.

 “ Le sport est un chemin vers la paix, car c'est une école de respect et de loyauté, qui favorise une culture de rencontre et de fraternité. ”. 

Lors de son homélie ce même jour, le Pape a également souligné que nous vivons “ dans une société marquée par la solitude, où un individualisme exacerbé a déplacé le centre de gravité du “nous” au “je”, reléguant finalement l’autre au second plan. Le sport – surtout lorsqu’il s’agit d’un sport collectif – enseigne la valeur de la collaboration, du cheminement commun ”, devenant ainsi un instrument important de réconciliation et de rencontre entre les peuples.

"Un pont de dialogue qui transcende les frontières, les langues et les idéologies.”

La culture du sport comme instrument de paix puise ses racines dans des siècles d'histoire, dès les origines des Jeux olympiques. La tradition de la Trêve olympique – connue dans la Grèce antique sous le nom d'Ekecheiria – a émergé au IXe siècle avant J.-C. comme un accord entre cités-États en conflit visant à garantir la sécurité de la participation aux Jeux, transformant ainsi le sport en un pont pour le dialogue et la coexistence pacifique. 

Reprenant cet esprit, le Comité international olympique (CIO) a relancé ce concept dans les années 1990, dans le but de renforcer le pouvoir transformateur de sport comme instrument de paix et de réconciliation.

Vdes valeurs qui transforment notre façon de vivre ensemble

Le père Cristóbal Fones, directeur international du Réseau mondial de prière du Pape, déclare : “ Le sport est un de ces espaces uniques où l’humanité se rassemble véritablement. Il est un pont pour le dialogue qui transcende les frontières, les langues et les idéologies. Sur le terrain, sur la piste, dans la piscine, des personnes de cultures et de nations différentes partagent l’effort, le sacrifice, la joie de la victoire et la douleur de la défaite. ”.

" Le sport Elle nous enseigne la persévérance, la discipline, le goût du travail bien fait et l’humilité face à nos propres limites. Et, plus beau encore peut-être, elle nous rappelle que nul ne triomphe jamais seul. Nous avons besoin les uns des autres. C’est pourquoi le Pape nous invite à prier pour que ces valeurs profondément humaines – le respect, la solidarité, l’épanouissement personnel – ne se limitent pas au terrain de sport, mais transforment notre manière de vivre ensemble dans le monde.

La prière du pape dans le message vidéo

Au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit. Amen.
Seigneur de la vie,
Nous vous remercions pour le don du sport,
par ceux qui glorifient Dieu par l'exercice de leur corps,
pour les amitiés qui naissent sur le court
et la joie de jouer en équipe.
Vous nous apprenez que dans la vie, comme dans le jeu,
Nul n'est sauvé seul.
Nous avons besoin les uns des autres pour grandir.,
apprendre à respecter, à dépasser les limites,
et célébrer ensemble les réussites accomplies.
Nous demandons que le sport soit toujours
école de fraternité et non de rivalité vide,
un espace de rencontre, non d'exclusion,
un chemin de paix et non de violence.
Faites en sorte que ceux qui pratiquent, s'entraînent ou encouragent
découvrir un langage universel dans le sport
qui rapproche les cultures, unit les peuples,
et sème le respect, la solidarité et l'épanouissement personnel.
Seigneur Jésus,
Que chaque sport soit une parabole d'une vie vécue avec toi,
collaborer avec effort et joie,
vivre humblement dans la défaite
et notre gratitude pour la victoire que tu nous offres par ta résurrection.
Que ton Esprit ne nous quitte jamais,
Cela fait de nous une seule équipe, unie à vous.
bâtir la communion et la fraternité dans l'histoire.
Amen.

(Source : Vidéo du Pape et Vatican News).

L'auteurRédaction Omnes

Vocations

Qui est Brendan McGuire, prêtre de paroisse californien et consultant en intelligence artificielle ?

Le père Brendan McGuire était un cadre dirigeant dans la Silicon Valley. Aujourd'hui, il entend les confessions. Ce prêtre d'origine irlandaise, en poste à la paroisse catholique Saint-Simon de Los Altos, en Californie, contribue à façonner la conscience morale de l'industrie de l'intelligence artificielle (IA).

OSV / Omnes-3 juin 2026-Temps de lecture : 4 minutes

– Courtney Mares, Cité du Vatican (OSV News)

Plus tôt cette année, l'Irlandais Brendan McGuire figurait parmi les chefs religieux invités par Anthropique, la société d'IA responsable du chatbot Claude, pour conseiller sur la création d'un cadre éthique qui réglemente la manière dont le système d'IA aborde les questions morales complexes. 

Un pont entre deux mondes

Le père McGuire, âgé de 60 ans, est ingénieur et titulaire d'un diplôme en informatique du Trinity College de Dublin. Il a également suivi le programme de formation des cadres de l'université de Stanford. Il a travaillé pendant des années dans la Silicon Valley comme cadre dans le secteur technologique avant de se consacrer à l'ordination sacerdotale dans le diocèse de San José il y a 26 ans. 

“ Je viens de ce monde ”, a déclaré le père McGuire à OSV News. “ Mon cœur n’en est jamais parti, mais il est désormais auprès du Seigneur. ” “ J’ai toujours senti que mon rôle était de faire le lien entre ces deux mondes ”, a-t-il ajouté.

Dans une interview accordée au Vatican après la promulgation, le 25 mai, de la encyclique du pape Léon XIV“Magnifique Humanité: Concernant la protection de la personne humaine à l’ère de l’intelligence artificielle », le père McGuire a souligné l’urgence du message du pape.

“ Ce qui m’inquiète le plus, c’est que, en tant qu’humanité, nous ne prenions pas ce moment au sérieux ”, a-t-il déclaré. “ Si nous restons silencieux et passifs, cela pourrait avoir des conséquences très négatives pour nous. ”.

Cette photo, prise le 28 janvier 2025, montre les logos de Deepseek et d'Anthropic. (Photo OSV News/Dado Ruvic, Reuters).

Réflexions sur le démantèlement des algorithmes

Le prêtre de la Silicon Valley s'est dit particulièrement impressionné par l'appel du pape Léon XIII à un “ désarmement des algorithmes ”, un ralentissement délibéré de la course effrénée au développement de systèmes d'IA toujours plus puissants.

“ Une course aux algorithmes est en cours ”, a déclaré le père McGuire. “ Et pour la démanteler, nous devons… » Réfléchissez bien J'en parle. Cela peut être dangereux, tout comme la course aux armements nucléaires. Et je trouve cette idée très choquante.

En 2019, le père McGuire a cofondé l'Institut pour la technologie, l'éthique et la culture (ITEC), une collaboration officielle entre le Centre Markkula d'éthique appliquée de l'Université Sainte-Claire et le Dicastère pour la culture et l'éducation du Vatican, qui réunit des chefs d'entreprise, des universitaires et des responsables religieux pour aborder les défis moraux posés par l'intelligence artificielle.

“ Ce que l’encyclique du pape Léon XIV met en lumière aujourd’hui, c’est une réorientation de l’intelligence artificielle vers l’épanouissement humain ”, a-t-il déclaré.

La participation à l'IA est la responsabilité de tous

Le père McGuire a souligné que l'appel du pape ne vise pas uniquement les technologues. Il a affirmé que les gouvernements, les organismes de réglementation, les utilisateurs ordinaires et même ceux qui n'utilisent jamais de smartphone ont un intérêt dans l'évolution de cette technologie.

Il a ajouté que nous avons tous une responsabilité à assumer.

“ Il ne s’agit pas seulement des ingénieurs, des investisseurs ou des entrepreneurs de la Silicon Valley qui prennent des décisions. Nous devons tous jouer un rôle et participer à tous les niveaux ”, a-t-il déclaré. “ Même ceux qui n’utilisent pas ces technologies doivent s’exprimer. Pourquoi ? Parce que cela les concernera. ”.

Le père McGuire est très lucide quant aux forces économiques en jeu. Des milliers de milliards de dollars sont investis dans le développement de l'IA, et les investisseurs exigeront un retour sur investissement. C'est précisément pour cette raison, a-t-il affirmé, que l'éthique du développement de l'IA ne peut être laissée aux seules mains du marché.

“ Le capitalisme a besoin d’une direction humaine. Et c’est cette direction humaine que le Pape réclame ”, a-t-il déclaré à un groupe de journalistes après l’intervention de Chris Olah, cofondateur de Anthropique, Il prendra la parole lors de la conférence de presse au Vatican avec le pape Léon XIV pour présenter l'encyclique.

Le pape Léon XIV serre la main de Christopher Olah, cofondateur de la société américaine d'intelligence artificielle Anthropic, lors de la présentation de « Magnifica Humanitas » dans la salle du synode du Vatican le 25 mai 2026 (Photo OSV News/Yara Nardi, Reuters).

“ La transparence engendre la confiance et conduit à la responsabilisation. ”

Le prêtre se montre également sceptique quant à l'autorégulation du secteur. Il soutient que la transparence est la première étape indispensable vers la responsabilisation. 

“ La transparence engendre la responsabilisation, et la responsabilisation engendre la confiance. Et c’est grâce à la confiance que nous parviendrons à une IA responsable. Mais nous ne pouvons y parvenir sans transparence ”, a-t-il déclaré. “ Si nous ignorons comment ces technologies sont développées et à quoi elles servent, comment pouvons-nous les réglementer ? C’est impossible. ”.

Certains pensent que l'IA détruira l'humanité. D'autres pensent qu'elle la sauvera.

Cependant, le père McGuire résiste à la fois au ‘ techno-utopisme ’ et au ‘ techno-apocalyptisme ’.

“ Il y a ceux qui… pensent que cela détruira l’humanité. Et puis il y a ceux qui, à l’autre extrême, pensent que ce sera le grand sauveur de l’humanité ”, a-t-il déclaré.

Le père McGuire a déclaré qu'il se situait quelque part entre ces deux extrêmes. 

Il reconnaît que beaucoup, dans le secteur de l'IA, agissent de bonne foi, mais insiste sur le fait que les bonnes intentions ne suffisent pas.

“ J’ai rencontré des hommes et des femmes – non seulement chez Anthropic, mais aussi dans d’autres entreprises spécialisées en IA – animés de véritables bonnes intentions et soucieux de bien faire ”, a-t-il déclaré. “ Sans ces bonnes intentions, nous n’irons nulle part. Il nous faut donc les identifier et engager le dialogue. ”.

L'opportunité se présente maintenant.

L’opportunité de façonner cette technologie est aujourd’hui présente, mais, a-t-il averti, elle pourrait ne pas le rester.

“ Nous sommes à un stade où la situation est encore malléable. Elle évolue constamment. Nous pouvons la modifier. Et si nous parvenons à intervenir maintenant pour générer des changements positifs, nous en bénéficierons tous, pour le bien de toute l'humanité ”, a-t-il déclaré. “ C'est le moment. ”.

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Courtney Mares est rédactrice en chef du service Vatican pour OSV News. Suivez-la sur Twitter : @catholicourtney

L'auteurOSV / Omnes

CollaborateursVictor Torre de Silva

Le jour où j'étais garde suisse

La visite du Pape en Espagne est l'occasion de préparer nos cœurs et d'accueillir le successeur de Pierre comme un signe d'unité pour l'Église.

3 juin 2026-Temps de lecture : < 1 minute

Pour un pays, recevoir un pape est toujours un événement capital. Sa présence a un impact incommensurable sur l'unité et la fécondité de l'Église dans le pays hôte. Nombre d'entre nous se souviennent avec émotion du dernier voyage d'un pontife romain en Espagne. Journée mondiale de la jeunesse Depuis 2011. La veillée de prière à Cuatro Vientos, l'imposant chemin de croix sur la Castellana ou les confessionnaux du parc du Retiro sont des images qui restent vives lorsqu'on repense à cette époque.

Je garde également un souvenir très personnel d'un moment que j'ai eu la chance de vivre à cette époque, lorsque j'ai participé à la “ Petite Garde Suisse ”. Cette initiative consistait à former un groupe de jeunes qui attendaient le Saint-Père à l'aéroport, vêtus des uniformes de sa garde personnelle. L'objectif était que le Pape se sente comme chez lui dès son arrivée, en voyant les uniformes colorés qu'il porte au quotidien.

Ce moment avait été préparé pendant des mois : les costumes avaient été confectionnés et nous, les membres du groupe, nous étions réunis pour nous entraîner et prier pour le succès du voyage. Enfin, alignés sur le tarmac sous le soleil de plomb de Madrid en août, nous avons vu l’avion atterrir et le Pape descendre les marches, nous saluant avec joie. Peu après, nous avons pu le saluer individuellement, un moment émouvant que nous n’oublierons jamais.

Lors de la prochaine visite du Pape, seuls quelques privilégiés auront l'honneur de l'accueillir sur le tarmac. Cependant, nous pouvons tous faire partie de cette garde d'honneur. Par nos prières et notre recueillement, nous pouvons contribuer à ce que le successeur de Pierre se sente pleinement à l'aise parmi nous.

L'auteurVictor Torre de Silva

Vatican

Le pape crée la fondation « Fratello Sole » pour l'autosuffisance énergétique du Vatican.

La fondation “ Fratello Sole ” sera chargée de la construction et de la gestion d’une centrale agrivoltaïque dans la zone extraterritoriale de Santa Maria di Galeria, dans le but de couvrir tous les besoins en électricité de l’État de la Cité du Vatican.

Rédaction Omnes-2 juin 2026-Temps de lecture : 2 minutes

Par l'intermédiaire d'un chirographe pontifical Le 1er juin 2026, le pape Léon XIV a décrété la création de la Fondation « Fratello Sole » et approuvé ses statuts. Cette décision prolonge le mandat initial donné par son prédécesseur, le pape François, dans son encyclique. lettre apostolique Créée par Motu Proprio le 21 juin 2024, elle fait suite à un accord bilatéral signé avec la République italienne et entré en vigueur le 27 mai. L'objectif principal de l'institution est de développer un modèle durable qui concilie agriculture et production d'énergie renouvelable.

La mission principale de la Fondation sera la construction, la gestion technique et financière d'une centrale agrivoltaïque située sur le site de Santa Maria di Galeria. Cette installation garantira non seulement l'approvisionnement énergétique de la station de radio locale, mais assurera également l'intégralité de l'approvisionnement en électricité de l'État de [à préciser - probablement « l'État de l'État »]. Cité du Vatican, ses institutions liées et les biens inclus dans le traité de 1929. Le terrain nécessaire au projet sera cédé par l'Administration du patrimoine du Siège apostolique (APSA), tandis que le Gouvernorat assurera le soutien opérationnel, logistique et d'entretien.

Structure et fonctionnement de l'entité

La Fondation Fratello Sole a été créée avec la personnalité juridique publique du Vatican et bénéficie d'une autonomie administrative et comptable. Sa gouvernance sera assurée par un conseil d'administration composé de trois membres.

Durant les trois premières années, la présidence et la vice-présidence seront assurées directement par les présidents en exercice du Gouvernorat et de l'APSA ; ces fonctions alterneront ensuite tous les trois ans. Le troisième membre du conseil sera nommé par le Pape. Par ailleurs, un auditeur unique sera désigné pour superviser la comptabilité et garantir la bonne gestion des fonds.

Les statuts publiés aujourd'hui autorisent également la fondation à mener des activités de collecte de fonds, à collaborer avec des organisations scientifiques internationales et, si les besoins du système l'exigent, à promouvoir de nouvelles centrales d'énergies renouvelables dans d'autres régions.

En matière de contrats et d’accords financiers, l’entité opérera selon des critères stricts de transparence, de durabilité et de fiabilité technique, en appliquant la réglementation des marchés publics du Saint-Siège.

Espagne

Plus d'un demi-million de personnes se sont inscrites pour la visite du pape Léon XIV en Espagne. 

L'organisation a tenu aujourd'hui la dernière conférence de presse générale avant l'arrivée du pape en Espagne.

Maria José Atienza-2 juin 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Dans moins d'une semaine, Léon XIV atterrira en Espagne pour son premier voyage dans une grande nation occidentale, un pays majoritairement catholique, et marqué par un afflux important de personnes qui se rendront à Madrid, Barcelone, Gran Canaria ou Tenerife pour rencontrer le Saint-Père.  

Fernando Giménez Barriocanal a souligné les plus de 550 000 inscriptions enregistrées pour l'ensemble des événements, notamment ceux qui se déroulent dans la capitale espagnole. 

Budget total de plus de 25 millions d'euros 

Giménez Barriocanal a également souhaité dévoiler le budget total de ce voyage, qui s'élève à 25 millions d'euros. 85 % de ce budget ont été alloués aux événements, tandis que les 15 % restants ont couvert la logistique et la communication. 

Concernant l’origine de ces 25 millions, le 45% a été donné par des bienfaiteurs, notamment des entreprises et des fondations, comme Barriocanal a tenu à le souligner. 

Ces entreprises comprennent des groupes majeurs des secteurs de la finance, de l'assurance, des communications, des télécommunications, des nouvelles technologies, des transports, de la construction, de l'électricité, de l'agroalimentaire, de l'hôtellerie et de la logistique. Les entreprises du secteur de l'éducation ont également joué un rôle essentiel dans le financement de ce voyage. 

Par ailleurs, Fernando Giménez a souligné que 30 % de ce budget proviennent des ressources propres des diocèses et de celles de la Conférence épiscopale espagnole (CEE). Les administrations publiques des îles Canaries et de la Catalogne ont contribué à hauteur d'environ 20 %, tandis que les petits donateurs ont apporté 5 % du budget total. 

Fernando Giménez Barriocanal a souligné l'importance de la déclaration du gouvernement qualifiant cette visite d'événement d'intérêt public. Il a également noté que, comme en 2011, le retour sur investissement dépasse toujours le montant investi, même si, comme il l'a souligné, “ le principal retour est spirituel ”. 

Rois et politiciens 

Pour sa part, Rafa Rubio, coordinateur de la communication de la visite, a souhaité partager quelques détails sur les événements de bienvenue au Palais royal et sur le discours prononcé au Parlement espagnol. 

À cet égard, le roi et la reine accueilleront le pape à l'aéroport, même si la cérémonie d'accueil officielle aura lieu au Palais royal. 

Pour une touche particulière, l'Infante et la Reine Sofia auront une rencontre personnelle avec le Saint-Père avant de saluer les autorités dans la Salle du Royaume, puis, dans la Salle des Colonnes, le Roi et le Pape s'adresseront aux personnes présentes. 

Concernant la visite historique du pape au Parlement espagnol, Léon XIV sera reçu par les présidents du Congrès et du Sénat. Il saluera tous les représentants dans la salle des Marches Perdues avant de prononcer son discours depuis la tribune des présidents, dans le bâtiment du Congrès.

Ceux qui se sont inscrits vouent une grande estime au Pape mais le connaissent peu. 

Cette conférence de presse a révélé les premiers résultats d'une enquête menée par GAD3 auprès des personnes inscrites au voyage. 

Parmi les résultats de cette enquête, l’opinion manifestement positive des personnes inscrites concernant la figure du Saint-Père se distingue, bien que plus de la moitié, soit 57 %, admettent ne pas connaître grand-chose de la vie et des enseignements de Robert Prevost. 

En ce qui concerne les motivations, l'expression de la foi et l'expérience vécue en famille et entre amis sont particulièrement marquantes. 

Pour ceux qui y sont inscrits, Leo XIV est clair, “ conduit ” à être accessible, est considéré comme plus pastoral et se situe “ à mi-chemin ” entre tradition et modernité. 

Interrogés sur les sujets qu'ils jugeaient les plus intéressants à aborder par le pape, les quelque 10 000 personnes interrogées ont cité “ La jeunesse et l'avenir “ et “ La famille et la vie ”.

Vatican

Montserrat Alvarado, la première femme laïque à être préfète d'un dicastère du Vatican

Actuellement présidente et directrice générale d'EWTN News, Montserrat Alvarado succédera à Paolo Ruffini en novembre prochain.

Vatican News / Omnes-2 juin 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Le pape Léon XIV a nommé Maria Montserrat Alvarado préfète du Dicastère pour la Communication, à compter du 1er novembre 2026.

Née à Mexico, María Montserrat Alvarado est diplômée de l'Université internationale de Floride et de l'Université George Washington. De 2009 à 2023, elle a occupé des postes de direction au sein de l'organisation. Fonds Becket pour la liberté religieuse, en participant à des initiatives dédiées à la défense de la liberté religieuse et à la promotion de la dignité humaine.

Depuis 2023, elle occupe les fonctions de présidente et directrice générale d'EWTN News, la branche édition d'Eternal Word Television Network, où elle supervise des plateformes médiatiques internationales produisant du contenu en sept langues pour la télévision, la radio, la presse écrite, les médias numériques et les réseaux sociaux. En 2024, elle recevra la médaille Lumen Gentium de l'Université Mary's.  

Première femme laïque à devenir préfète

Avec la nomination de María Montserrat Alvarado, le pape Léon XIV poursuit le processus de réforme et de renouveau de la Curie romaine initié par le pape François, qui a confié des rôles et des responsabilités de premier plan au service de l'Église universelle à des fidèles laïcs, hommes et femmes. María Montserrat Alvarado est la première femme non religieuse à être nommée préfète d'un dicastère du Saint-Siège.

Créé par le pape François le 27 juin 2015 dans le cadre de la réforme de la Curie romaine, le Dicastère pour la Communication supervise les systèmes de communication du Saint-Siège, notamment Vatican News, Radio Vatican, L'Osservatore Romano, Vatican Media (services de photographie, audio et vidéo), le Bureau de presse du Saint-Siège, la Maison d'édition du Vatican (LEV), l'Imprimerie du Vatican et la Cinémathèque du Vatican.

Outre ses fonctions opérationnelles et technologiques, le dicastère explore et développe également les aspects théologiques et pastoraux spécifiques de l'activité de l'Église dans le domaine de la communication. Maria Montserrat Alvarado succédera à Paolo Ruffini, nommé en 2018 par le pape François premier préfet laïc d'un dicastère de la Curie romaine, qui fêtera ses 70 ans en octobre prochain.

Premières réactions

Dans un communiqué publié après l'annonce, María Montserrat Alvarado a déclaré : « Bien que cette nomination soit inattendue, je l'accepte avec le désir sincère de servir le Saint-Père au début de son pontificat. Je remercie Paolo Ruffini pour son engagement au cours des dernières années et j'espère poursuivre, avec amitié et espérance, l'important travail de renforcement du dicastère afin qu'il puisse continuer à servir l'Église, à Rome et partout, en proclamant le Christ au monde. ».

Paolo Ruffini a adressé une lettre aux employés du Dicastère pour la Communication, dans laquelle il déclare : « Le Dicastère a inscrit dans son ADN le devoir de suivre constamment l’évolution rapide du monde de la communication. Depuis la création de notre institution, notre étoile polaire a toujours été et demeure la suivante : ne jamais s’arrêter, transmettre le flambeau sans jamais cesser d’avancer, être présent ici et maintenant, à cet instant précis, comme la pierre angulaire d’une communication qui est un instrument de communion et qui grandit avec le temps. J’entame la dernière ligne droite de ma carrière, avant le moment – sur le long chemin qu’est notre vie professionnelle – où, à 70 ans, l’âge prévu de la retraite, je transmettrai le flambeau à Maria Montserrat Alvarado, la prochaine Préfète. Nous nous connaissons bien. Et dans les mois à venir, nous travaillerons en étroite collaboration, dans l’esprit de communion qui nous unit dans l’Église. ».

« Je remercie la grande famille du Dicastère », ajoute Paolo Ruffini, « pour le chemin parcouru ensemble durant ces huit années. Dans les mois à venir, nous entamerons une transition harmonieuse afin que le Dicastère puisse poursuivre son développement au service du Saint-Père et dans sa mission de servir dans un esprit d’unité et d’ouverture. ».

Michael P. Warsaw, président du conseil d'administration et directeur général d'EWTN, a déclaré que Maria Montserrat Alvarado avait gagné « la confiance et le respect de tous ceux qui ont eu le privilège de travailler à ses côtés » durant ses années à la station. Il a ajouté : « Nous lui offrons nos prières, notre soutien et l'appui total de la famille EWTN alors qu'elle entreprend cette importante mission au service du pape Léon XIV et de son pontificat. ».

L'auteurVatican News / Omnes

Écologie intégrale

Kristin Collier : “ Le suicide assisté par un médecin est une atteinte à la dignité humaine. ”

Après l'adoption par l'État de New York d'une loi autorisant les patients en phase terminale à mettre fin à leurs jours grâce à une assistance médicale, Kristin Collier, médecin et professeure à l'Université du Michigan, considère le suicide assisté par un médecin comme “ une atteinte à la dignité humaine et à l'intégrité de la profession médicale ”.    

OSV / Omnes-2 juin 2026-Temps de lecture : 5 minutes

– Charlie Camosy, OSV News 

Kristin Collier, médecin et professeure agrégée de médecine interne à la faculté de médecine de l'Université du Michigan à Ann Arbor, dirige également le programme « Santé, spiritualité et religion » de cette même université. Dans cet entretien avec OSV News, elle aborde les questions éthiques soulevées et la manière dont les catholiques peuvent réagir aux arguments en faveur du suicide assisté.

Charlie Camosy : Je dois dire que les récentes décisions de l'Association médicale américaine (AMA), qui non seulement réaffirment fermement leur rejet de l'euthanasie assistée par un médecin, mais rejettent également l'utilisation d'euphémismes comme « aide médicale à mourir », me semblent capitales. Qu'en pensez-vous ?

Kristin Collier : Je partage votre enthousiasme et suis encouragé par les récentes décisions de l'AMA. Ces décisions sont importantes à bien des égards, mais un point essentiel est le suivant : pour avoir un débat cohérent sur des questions complexes, nous devons d'abord pouvoir parler honnêtement de ce qui se passe réellement. 

Dans cette décision récente, le conseil d’administration de l’AMA a noté à juste titre que “ des termes tels que l’aide médicale à mourir (AMM), l’assistance médicale à mourir et le fait de mourir dans la dignité pourraient s’appliquer aux soins palliatifs et aux pratiques de soins de fin de vie empreints de compassion qui n’incluent pas l’intention de provoquer la mort des patients… Ce degré d’ambiguïté est inacceptable pour fournir des orientations éthiques. ”. 

Je tiens à rappeler à vos lecteurs que nous accompagnons nos patients tout au long de leur fin de vie. C'est l'objectif des soins palliatifs et des soins de fin de vie de qualité. Toutefois, cela est catégoriquement différent de toute tentative de mettre fin à la vie d'un patient (qui est l'objectif du suicide assisté).

Camosy : L'État du Michigan est sous les feux des projecteurs concernant l'euthanasie depuis la polémique suscitée par les actes du Dr Jack Kevorkian, qui a pratiqué l'euthanasie illégale sur certains patients au début des années 1990. Comment ce débat a-t-il évolué depuis ? Qu'en pensent vos collègues et étudiants en médecine ?

Charbonnier: Je me souviens qu'un collègue m'avait dit il y a quelques années qu'il avait prédit qu'une fois que le souvenir culturel de Jack Kevorkian s'estomperait dans l'État du Michigan, des efforts seraient déployés pour tenter de faire adopter une loi sur le suicide assisté par un médecin dans cet État, et c'est exactement ce qui se passe. 

L'association Compassion and Choices, qui milite pour le suicide assisté, est très active dans le Michigan et s'efforce de rallier le soutien du public à cette pratique. Elle participe notamment à des événements destinés aux personnes âgées en donnant des conférences. 

Quant à mes collègues, je n'ai bien sûr mené aucune enquête formelle, mais d'après mes conversations avec eux, la plupart des personnes à qui j'ai parlé du sujet l'envisagent ainsi : même si elles peuvent avoir des réserves sur le suicide assisté et ne le choisiraient probablement pas pour elles-mêmes, elles ne se sentent pas suffisamment convaincues pour dire qu'il ne devrait pas être accessible aux autres. 

Distorsion : tentative de soulager la souffrance en éliminant le patient

Camosy : Quels sont les facteurs ou arguments qu’ils mettent le plus en avant ?

Charbonnier: Lors de nos échanges, mes collègues insistent souvent sur l'objectif de la médecine : soulager la souffrance. Je leur rappelle alors que les douleurs physiques et les souffrances chroniques ne figurent même pas parmi les principales raisons pour lesquelles les gens demandent une aide médicale à mourir. Et même si c'était le cas, viser à soulager la souffrance en éliminant le patient constitue une conception des soins de santé profondément erronée et appauvrie. 

Je suis reconnaissant envers des organisations comme le Patients' Rights Action Fund, qui contribuent à susciter le débat sur la réalité du suicide assisté et qui constituent leur propre coalition de personnes d'horizons divers, unies par un objectif commun : s'opposer à cette pratique. Le suicide assisté est une atteinte à la dignité humaine et à l'intégrité de la profession médicale.

Camosy : Il est intéressant de constater qu'il semble y avoir aujourd'hui une forte volonté, au-delà des divergences politiques, de limiter le PAK. À quoi attribuez-vous cela ?

Charbonnier: Je suis rassuré de constater que plusieurs États dirigés par des démocrates ont récemment rejeté ou bloqué des projets de loi sur l'aide médicale à mourir. Les raisons sont probablement multiples, mais il semble que l'enjeu soit clair pour tous, quel que soit leur bord politique. Des pratiques comme l'aide médicale à mourir mettent en danger la vie des membres les plus vulnérables de notre société – les personnes âgées, les malades graves et les personnes handicapées, entre autres – dans une société qui, sous le régime de l'aide médicale à mourir, a décidé que leur vie n'avait aucune valeur.

Si l'on admet que chaque être humain possède une valeur intrinsèque et une dignité inviolable, alors il est toujours injuste de chercher à le tuer. Le suicide assisté est une atteinte à la dignité humaine et, par conséquent, une question de justice qui transcende les clivages politiques.

L'importance des décisions prises au sein des foyers et des familles

Camosy : De quelles manières l’Église, tant au sein de petits groupes que d’institutions plus importantes, peut-elle résister efficacement au PAK ?

Charbonnier: Je pense ici à (Stanley) Hauerwas, qui disait que l'Église doit être l'Église et que le meilleur moyen d'y parvenir est de vivre d'une manière qui reflète l'histoire de Jésus en tant que communauté fidèle, distinctive et souvent à contre-courant. 

En rejetant le suicide assisté, nous devons vivre de manière à incarner ce que signifie véritablement une mort digne. Cela commence par les décisions que nous prenons, au sein de nos foyers et de nos familles, concernant les soins à apporter à nos proches malades et mourants, tout en militant pour de meilleurs systèmes et politiques leur permettant d'affronter cette situation avec dignité. Cela impliquera sans aucun doute d'assumer des responsabilités supplémentaires. 

Camosy : Parlez-nous de cette attention et du fardeau que vous portez.

Charbonnier: Le discours culturel dominant actuel prône l'évitement à tout prix de porter des fardeaux, véhiculant un message subtil, voire explicite, selon lequel porter des charges est laid, quelque chose à éviter et, franchement, pitoyable pour les deux parties. Mais nous, chrétiens, devons reconnaître qu'il s'agit d'un mensonge odieux et néfaste. Nulle part dans l'Écriture, porter des fardeaux n'est présenté comme une chose à éviter ; au contraire, je pense à Simon, à qui l'on a demandé de porter la croix de Jésus, et quel immense privilège cela représentait pour lui. 

Bien sûr, porter un fardeau peut être difficile ou ardu, mais c'est aussi un beau privilège que d'aider quelqu'un d'autre à porter sa croix, et c'est une responsabilité que personne ne devrait avoir à porter seul. 

Cela me rappelle une icône représentant Jésus, en Bon Samaritain, nous portant littéralement sur ses épaules. Je crois qu'en tant que chrétiens, cette opposition au suicide assisté témoigne du don de l'hospitalité chrétienne, par lequel nous contribuons à forger une culture où le partage des fardeaux n'est pas évité à tout prix, mais plutôt considéré comme un don qui nous permet de nous soutenir mutuellement. 

Pour approfondir ce sujet important, je recommande aux lecteurs : le livre “ Bien vivre et bien mourir : un plan catholique pour résister à l’euthanasie. ”.

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Charlie Camosy est professeur d'humanités médicales à la faculté de médecine Creighton d'Omaha, dans le Nebraska, et membre du département de théologie morale du séminaire Saint-Joseph de New York.

L'auteurOSV / Omnes

Les enseignements du Pape

L'Église, signe et instrument d'unité

Ces dernières semaines, le Pape a profité des audiences générales pour parler de la mission et de l'identité de l'Église, fondées sur la constitution apostolique. Lumen gentium.

Ramiro Pellitero-2 juin 2026-Temps de lecture : 7 minutes

Dans les catéchèses qu'il élabore en lien avec les documents du concile Vatican II, Léon XIV a achevé la section correspondant à la constitution dogmatique Lumen gentium à propos de l'Église. 

Nous pouvons le présenter ici en trois parties : le mystère de l’Église et l’Église comme Peuple de Dieu à travers l’histoire ; la hiérarchie, les laïcs et la vie consacrée ; les dimensions eschatologiques et mariales de l’Église.

L’Église, “ sacrement d’unité ” avec Dieu et entre les peuples

Le pape souligne que saint Paul explique l'origine de l'Église en utilisant le terme paulinien de ‘ mystère ’.“Tel est le plan de Dieu, qui n'a qu'un seul objectif : unifier toutes les créatures par l'action réconciliatrice de Jésus-Christ, action accomplie par sa mort sur la croix.” (Audience générale du 18-II-2026). Ceci, ajoute Léon XIV, se vit avant tout dans l’assemblée réunie pour la célébration liturgique (en particulier l’Eucharistie) ; car là les différences s’estompent, nous nous trouvons ensemble et unis par l’Amour du Christ, qui a abattu le mur de séparation entre les personnes et les groupes sociaux (cf. Ep 2, 14). Tel est le mystère chrétien. ».

Toutefois, cet appel – observe le Pape – ne se limite pas à un groupe de personnes, mais se veut une expérience pour tous les êtres humains. C’est ce qu’indique le Lumen Gentium quand il est dit dès le début : "L'Église est dans le Christ comme un sacrement, c'est-à-dire un signe et un instrument de l'union intime avec Dieu et de l'unité de tout le genre humain". (n° 1). Et plus loin sur la flamme "sacrement universel du salut (n° 48).

Dimension humaine et dimension divine 

Dans la deuxième catéchèse (cf. Audience générale), 4-III-2026), Léon XIV se concentre sur l'expression de Lumen Gentium 8 : L'Église est une “ réalité complexe ”, car elle est constituée de ses dimensions humaine et divine, sans séparation et sans confusion.

La dimension humaine, qui transparaît également dans son organisation institutionnelle, est manifeste, car, comme l'affirme le Pape, “L'Église est une communauté d'hommes et de femmes, avec leurs vertus et leurs défauts.”Mais l'Église possède aussi une dimension divine qui“Elle ne consiste pas en une perfection idéale ni en une supériorité spirituelle de ses membres, mais dans le fait que l'Église est le fruit du plan d'amour de Dieu pour l'humanité, réalisé dans le Christ.".

Et pour illustrer cette manière d’être de l’Église, Vatican II fait référence à la vie du Christ :“La chair du Christ –dit le Pape–, Son visage, ses gestes et ses paroles manifestent visiblement le Dieu invisible.e”. C'est la méthode de Dieu.

Par conséquent, comme l'a souligné Benoît XVI, il n'y a pas d'opposition entre le message de l'Évangile et l'institution ou les structures ecclésiales.“Cela n'existe pas. -confirme Léon XIV– non pas une Église idéale et pure, séparée de la terre, mais seulement l'unique Église du Christ, incarnée dans l'histoire".

L’Église, “ peuple messianique ”

Déjà dans son deuxième chapitre, le Lumen Gentium L’Église, en tant que peuple de Dieu à travers l’histoire, a été préparée par l’alliance avec le peuple élu. Tel fut le thème abordé par Léon XIV lors de son audience générale du 11 mars 2026.

Vatican II appelle l'Église “ peuple messianique ”, car elle a le Christ pour chef, et ses membres sont greffés en lui comme enfants de Dieu en Christ. Par conséquent, le pape Léon XIV souligne : “La loi qui anime les relations dans l'Église est l'amour, tel que nous le recevons et le vivons en Jésus ; et son but est le Royaume de Dieu, vers lequel elle chemine avec toute l'humanité.”L’Église doit être ouverte à tous. Et nous croyons que tous, même ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile, de toutes nations, langues et cultures, sont appelés et “"orienté"” envers Dieu et l'Église (Lumen Gentium 13 et 17).

"Ce site –dit Léon XIV– Cela signifie que dans l’Église, il y a et il doit y avoir une place pour tous, et que chaque chrétien est appelé à proclamer l’Évangile et à témoigner dans tous les milieux où il vit et travaille. C’est ainsi que ce peuple manifeste son universalité, en embrassant les richesses et les ressources des diverses cultures et, en même temps, en leur offrant la nouveauté de l’Évangile pour les purifier et les élever. (cf. Lumen Gentium 13).

peuple sacerdotal, prophétique et royal (royal)

Lors de l'audience générale du 18 mars 2026, le pape a souligné que le baptême oint les fidèles, leur conférant le statut de sacerdoce commun pour adorer Dieu de toute leur vie, et que par la confirmation renforce leur mission d'être témoins du Christ.

Concernant le caractère prophétique des fidèles, Léon XIV souligne qu'il se manifeste dans le “ sens de la foi ”. Ceci est, selon la commission doctrinale du Concile, “ en tant que faculté de toute l’Église, par laquelle, dans sa foi, elle reconnaît la révélation transmise, distinguant entre le vrai et le faux en matière de foi, et en même temps la pénètre plus profondément et l’applique plus pleinement dans sa vie ”.

Vatican II enseigne que, lorsque les fidèles donnent universellement leur consentement en matière de foi et de morale, ils participent à cette infaillibilité à laquelle l'Église participe de Dieu sous certaines conditions (comme, d'autre part, le fait le Pape lorsqu'il définit des dogmes ou les évêques en communion avec le Pontife romain, que ce soit dans le magistère universel ordinaire ou solennel lors d'un concile œcuménique) (cf. Lumen Gentium (27 et 12). Tous les fidèles sont appelés à témoigner de l’unité de la foi que le Magistère préserve. Et pour cela, ils possèdent de nombreux dons et charismes, comme par exemple ceux de la vie consacrée ou ceux correspondant aux formes d’association des fidèles.

Le fondement des Apôtres

Ensuite, Léon XIV a expliqué comment l’Église catholique trouve son fondement dans les apôtres (cf. Audience générale)., (25 mars 2026), que le Christ a conçus comme piliers vivants de son Corps mystique ; et il possède une dimension hiérarchique qui œuvre au service de l'unité, de la mission et de la sanctification de tous ses membres. Chapitre III de Lumen Gentium. La structure hiérarchique n'est pas une construction humaine, mais une institution divine dont le but est de perpétuer jusqu'à la fin des temps la mission que le Christ a confiée aux apôtres.

Le document se concentre sur “ sacerdoce ministériel ou hiérarchique ”, qui diffère “ essentiellement et pas seulement dans une certaine mesure ” du sacerdoce commun des fidèles; et souvenez-vous que “ Ils sont ordonnés l’un à l’autre, car tous deux participent à leur manière à l’unique sacerdoce du Christ. ” (Lumen Gentium 10).

Le concile Vatican II rappelle à plusieurs reprises et avec force le caractère collégial et communautaire de cette mission apostolique., réaffirmant que “ La tâche que le Seigneur a confiée aux pasteurs de son peuple est un véritable service, que l’Écriture Sainte appelle à juste titre diaconat, c’est-à-dire ministère. ” (Lumen Gentium 24).

Les laïcs, “ pierres vivantes dans l’Église et témoins dans le monde ” 

Et ainsi le Pape en arrive à sa relecture du quatrième chapitre de Lumen Gentium, qui traite des laïcs (cf. Audience générale, 1er avril 2026). Le Pape souligne comment le Concile explique la mission des laïcs sous un jour positif, après des siècles où ils étaient considérés simplement comme ceux qui ne font pas partie du clergé ou des personnes consacrées.“La dignité de tous les membres est commune, découlant de leur régénération en Christ ; la grâce de la filiation est commune ; l’appel à la perfection est commun : un seul salut, une seule espérance et une charité sans partage.” (Lumen Gentium, 32).

Outre la dignité, le Concile souligne la mission des laïcs dans l'Église et dans le monde. “ Le terme ” laïcs » désigne ici tous les fidèles chrétiens […] qui, incorporés au Christ par le baptême, intégrés au Peuple de Dieu et participant, à leur manière, à la charge sacerdotale, prophétique et royale du Christ, exercent dans l’Église et dans le monde la mission de tout le peuple chrétien, dans la part qui leur correspond. » (Lumen Gentium 31).

Comme Jean-Paul II l'a enseigné dans le Christifideles laici (1988) Le vaste champ de l’apostolat laïc ne se limite pas à l’espace de l’Église, mais s’étend au monde entier. L’Église est en effet présente partout où ses enfants professent et témoignent de l’Évangile. Le monde en a besoin. “ Puisse-t-elle être imprégnée de l’esprit du Christ et atteindre plus efficacement son but dans la justice, la charité et la paix. ” (Lumen Gentium 36). Et Léon XIV s'exclame : “ Et cela n’est possible qu’avec la contribution, le service et le témoignage des laïcs ! ”.

Sainteté et conseils évangéliques dans l'Église

Lumen Gentium consacre son cinquième chapitre au “vocation universelle à la sainteté” que tous les fidèles possèdent (cf. Audience générale, 8-IV-2026). Cet appel, nous rappelle le successeur de Pierre, nous engage à rechercher la perfection de la charité, c’est-à-dire la plénitude de l’amour de Dieu et du prochain, et à témoigner de la foi, s’il le faut jusqu’au martyre (cf. Lumen Gentium 42 et 50). La sainteté est un don du Christ, observe le Pape, “comme une transformation intérieure, par laquelle la vie de chaque personne est configurée à l'image du Christ par la vertu du Saint-Esprit” (cf. Rom 8:29 ; Lumen Gentium 40).

De ce point de vue se situe la vie consacrée, à laquelle elle est rattachée. Lumen Gentium Le chapitre VI est consacré à ce sujet. Le pape Léon XIII explique qu'il s'agit d'un signe prophétique du Royaume de Dieu, déjà présent dans le monde à travers les conseils évangéliques de pauvreté, de chasteté et d'obéissance. Ce ne sont pas des obligations qui entravent la liberté, mais plutôt“dons libérateurs du Saint-Esprit, par lesquels certains fidèles sont totalement consacrés à Dieu". “"Donc -dit” Les personnes consacrées témoignent de l’appel universel à la sainteté de toute l’Église, sous la forme d’un discipulat radical. », jusqu'à la croix et par amour.

L'Église chemine à travers l'histoire vers la patrie céleste

Dans le chapitre VII de Lumen Gentium La dimension eschatologique de l'Église est présentée (cf. Audience générale), (6 mai 2026). L’Église, souligne le Pape, a pour horizon ultime le Royaume de Dieu, qui comprend une dimension communautaire et cosmique du salut en Christ. L’Église sait qu’elle est le lieu et le moyen par lesquels se réalise l’union avec le Christ. “ plus étroitement ” (Lumen Gentium 48), et, en même temps, “Il reconnaît que le salut peut également être donné par Dieu dans le Saint-Esprit.au-delà de ses limites visibles".

Les croyants vivent ainsi entre le “ déjà ” et le “ pas encore ”, soutenus par l’espérance et appelés à rejeter ce qui détruit la vie et à soutenir ceux qui souffrent. Signe et instrument du Royaume, l’Église ne se proclame pas elle-même, mais le Christ. Et Léon XIV précise :“Aucune des institutions ecclésiales ne peut être absolutisée ; de plus, inscrites dans l’histoire et le temps, elles sont appelées à une conversion constante, au renouvellement des formes et à la réforme des structures, à la régénération continue des relations, afin qu’elles puissent véritablement répondre à leur mission.".

Marie, modèle de l'Église

Enfin, Lumen Gentium Il voulait dédier le dernier chapitre à la Vierge Marie, qui est “à la fois le modèle, en tant que membre exemplaire et mère de toute la communauté ecclésiale”Léon XIV lui a dédié l'audience générale.», 13 mai 2026.

Le pape dit :“L'ensemble de ces caractéristiques de la Vierge Marie pourrait s'exprimer en parlant d'elle comme de la femme emblématique du Mystère.", "C’est-à-dire le plan divin du salut, autrefois caché et pleinement révélé en Jésus-Christ.".

Elle reflète aussi le mystère de l'Église, qui“Elle y reconnaît son propre archétype, la figure idéale de ce qu'elle est destinée à devenir.”Leur exemple nous amène à nous interroger (ce qui peut servir de résumé à ces catéchèses) : “ Est-ce que je vis mon appartenance à l’Église avec une foi humble et active ? Est-ce que je reconnais la communauté d’alliance que Dieu m’a donnée pour répondre à son amour infini ? Est-ce que je prends Marie pour modèle, membre exemplaire et mère de l’Église, et est-ce que je lui demande de m’aider à être un disciple fidèle de son Fils ? »".

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Antonio Gramsci

Nous ne saurons jamais avec certitude ce qui se passait au plus profond de son âme. Ce qui est clair, en revanche, c'est que Gramsci était un homme qui, même dans l'obscurité de sa cellule et au cœur de la maladie, gardait une fenêtre ouverte sur le transcendant.

2 juin 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Antonio Gramsci (1891-1937), originaire de Sardaigne, fut l'un des penseurs marxistes les plus influents du XXe siècle. Sa vie fut marquée par la lutte politique et de nombreux sacrifices personnels. Membre fondateur du Parti communiste italien, il fut emprisonné en 1926 par le régime fasciste de Benito Mussolini, malgré son immunité parlementaire. Durant sa longue et pénible détention, qui affecta gravement sa santé et entraîna finalement sa mort, il rédigea ses célèbres “ Cahiers de prison ”. Cet ouvrage monumental, écrit sous la censure et dans des conditions précaires, transforma la théorie politique en s'éloignant du déterminisme économique strict et en mettant l'accent sur l'importance de la superstructure et de la psychologie sociale.

Sa contribution intellectuelle la plus célèbre est le concept d'hégémonie culturelle, par lequel il expliquait que les classes dominantes maintiennent leur pouvoir non seulement par la force ou la coercition, mais aussi par le consensus et la diffusion de leurs propres valeurs et de leur vision du monde au sein de la société civile. Gramsci soutenait que, pour parvenir à un véritable changement social, la classe ouvrière devait construire sa propre contre-hégémonie par l'éducation et la culture, sous l'impulsion de ce qu'il appelait les intellectuels organiques. Sa pensée a réévalué le rôle des institutions – telles que les écoles, l'Église et les médias – comme autant de champs de bataille idéologiques essentiels à l'émancipation politique.

Le philosophe de la praxis et la question religieuse

Gramsci n'était pas un militant anticléricaliste typique. Contrairement au laïcisme agressif de certains de ses coreligionnaires, son approche de la religion était toujours empreinte d'un respect intellectuel quasi révérencieux. Dans ses célèbres “ Cahiers de prison ”, il analysait l'Église non seulement comme une structure de pouvoir, mais aussi comme une force capable d'apporter cohésion morale et sens à la vie des masses.

Pour Gramsci, le catholicisme était la « réserve spirituelle » de l'Italie. Son admiration pour des figures comme saint Augustin et saint Thomas d'Aquin n'était pas purement académique ; il reconnaissait en eux une profondeur anthropologique que le matérialisme le plus simpliste tendait à ignorer. C'est cette ouverture intellectuelle qui nous permet aujourd'hui de relire avec un regard neuf les témoignages qui suggèrent une profonde foi à la fin de sa vie.

La controverse de la clinique Quisisana

Comme il l'a souligné Diego Contreras dans Aceprensa, Le débat sur sa prétendue conversion a été relancé suite aux déclarations de l'archevêque Luigi de Magistris. Ce dernier a cité les témoignages des religieuses suisses qui ont soigné Gramsci à la clinique Quisisana de Rome durant ses derniers jours en 1937. Selon ces témoignages, le dirigeant communiste conservait une image de… Sainte Thérèse de Lisieux —la « sœur des athées »— sur sa table de chevet et aurait demandé à embrasser l’image de l’Enfant Jésus lors de son dernier Noël.

Les documents mis au jour par le jésuite Giuseppe Della Vedova dans les années 1970 renforcent cette atmosphère de recherche. Sœur Angelina Zürcher se souvient d'un Gramsci épuisé demandant des prières : « Mère, priez pour moi car je sens que je suis au bout du rouleau. ». Pour sa part, l'aumônier de la clinique, Monseigneur Giuseppe Furrer, a décrit ses visites comme des rencontres hautement théologiques où, après avoir discuté des Pères de l'Église, Gramsci acceptait respectueusement la bénédiction sacerdotale.

« Ce n'est pas que je ne veux pas, c'est que je ne peux pas. »

La phrase la plus énigmatique rapportée par Furrer est peut-être la réponse de Gramsci à l'offre des derniers sacrements : « Ce n'est pas que je ne le veuille pas, c'est que je ne le peux pas. ». Ces mots révèlent le drame intérieur d'un homme tiraillé entre la sincérité de son engagement politique public, les conséquences possibles d'un changement qui pourrait affecter sa famille (en particulier sa femme Julia et ses deux enfants, en URSS) et les élans d'une conscience scrutant l'abîme de la mort.

Lorsque Gramsci rendit l'âme le 27 avril 1937, Furrer entra dans la pièce pour asperger son corps d'eau bénite, malgré les réticences de sa belle-sœur Tatiana. Il n'y eut ni conversion officielle, ni renonciation publique au marxisme. Mais, comme pour tant de grandes âmes, la frontière entre le doute et la foi se révéla bien plus perméable que les idéologies ne le laissent entendre.

L'écho d'une recherche

Nous ne saurons jamais avec certitude ce qui se passait au plus profond de son âme. Ce qui est clair, en revanche, c'est que Gramsci était un homme qui, même dans l'obscurité de sa cellule et au cœur de la maladie, gardait une fenêtre ouverte sur le transcendant. Sa figure nous rappelle que le dialogue entre la pensée séculière et le christianisme ne doit pas nécessairement être une lutte d'anéantissement, mais plutôt une reconnaissance mutuelle de la complexité humaine.

En cette période de radicalisme superficiel, la sérénité avec laquelle Gramsci contemplait le tabernacle depuis le seuil de la chapelle de Quisisana invite à la réflexion. Peut-être, à la fin de sa vie, le grand théoricien de l'histoire ne recherchait-il pas une synthèse dialectique, mais simplement le repos auprès de cette « sœur des athées » qui lui tenait compagnie dans le silence de sa chambre.

Vatican

Le Pape nous encourage à découvrir la vie du Dieu trinitaire : Il donne la paix et nous fait aimer.

La vie de Dieu est merveilleuse et captivante, et elle apporte la paix à nos cœurs. La Trinité nous fait aimer toute chose et tous, a déclaré le pape Léon XIV lors de l'Angélus ce dimanche, après avoir récité le chapelet à Notre-Dame de Lourdes la veille pour la paix.

Rédaction Omnes-1er juin 2026-Temps de lecture : 3 minutes

La demande et l'appel à la paix restent récurrents et intenses dans les propos du Saint-Père à la fin du mois de mai, avec des accents variés.

Avec la solennité de la Pentecôte il y a une semaine, le temps pascal s'est achevé. Hier, le pape a clôturé le mois de mai par la récitation du chapelet pour la paix à la grotte Notre-Dame de Lourdes, dans les jardins du Vatican. “ Même en temps de conflit, la paix est possible ”, a-t-il déclaré. 

Et aujourd'hui, dimanche, Léon XIV a de nouveau invoqué la paix. En mai, a-t-il souligné, toute l'Église a lancé un appel unanime à la paix, notamment par la prière de Saint Rosaire, confiant à l'intercession de la Vierge Marie les peuples tourmentés par la guerre. 

“ Puisse la sagesse divine illuminer la conscience de ceux qui exercent l’autorité et guider leurs décisions vers la recherche sincère d’une paix juste et durable ”, a-t-il prié.

Le pape Léon XIV a dirigé un chapelet mondial pour la paix à la grotte Notre-Dame de Lourdes dans les jardins du Vatican le 30 mai 2026. (Photo par OSV News/Yara Nardi, Reuters).

“ Mystère du Dieu trinitaire : nous sommes chez nous ”

En célébrant aujourd’hui “ le Mystère du Dieu trinitaire ”, le Successeur de Pierre commença, avant de prier, Àngelus, Il nous est offert l’occasion de réfléchir au chemin que nous avons parcouru, “ en partant de son centre, qui est la vie de Dieu qui nous a été donnée en Jésus-Christ ”.

Léon XIV a dit aux Romains et aux pèlerins, qu'il appelait ses amis, que “ dans le Mystère de Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit, nous sommes chez nous, tout comme Nicodème se sentait chez lui avec Jésus. ”.

La vie de Dieu est “ merveilleuse et captivante, elle apaise nos cœurs souvent agités ” et nous permet de nous rencontrer comme frères et sœurs dans la joie de l’Esprit, a poursuivi le Pape dans sa réflexion.

“ La Trinité nous fait aimer toute chose et tout le monde ; nous découvrons que chaque créature est faite pour la communion, la relation, la rencontre. ». 

Et, à l’inverse, nous comprenons pourquoi les divisions, les polarisations et le mépris de la diversité apportent destruction, tristesse et stérilité au monde ”, a-t-il ajouté.

“ Aujourd’hui, la fête de Dieu est notre fête. ”

“ Mais aujourd’hui, chers frères et sœurs, c’est la fête. La fête de Dieu est notre fête. C’est pourquoi saint Paul écrit aux Corinthiens : ‘ Enfin, frères et sœurs, réjouissez-vous, recherchez la perfection, encouragez-vous les uns les autres, soyez d’un même esprit, vivez en paix. Et le Dieu d’amour et de paix sera avec vous ’ (2 Co 13, 11). ». 

Et maintenant, avec la prière de l’Angélus, nous nous tournons vers la Vierge Marie ; puisse notre “ oui “ à la volonté divine s’épanouir aussi dans son ” oui “ à l’amour. la Trinité".

Pèlerins du Cameroun et de la Slovaquie, Pologne, Italiens…

Après la prière de l'Angélus, le Pape a salué l'évêque et les pèlerins du diocèse de Kumba (Cameroun), ainsi que la chorale paroissiale de Dunajska Luzna (Slovaquie). Il a également salué les pèlerins polonais présents et ceux participant au grand pèlerinage au sanctuaire de Piekary, où Marie est vénérée comme Mère de la Justice sociale.

Il a également salué le groupe alpin Rivoli, les jeunes de San Zeno Naviglio et les participants à la “ Course de relais de l'inclusion ”, avec des drapeaux confectionnés par des lycéens italiens.

Le site Le chapelet du pape La récitation du Rosaire à la grotte de Lourdes a rassemblé hier des pèlerins mariaux du monde entier. Coordonnée par le Dicastère pour l'Évangélisation du Vatican, cette initiative a réuni certains des lieux de pèlerinage marial les plus fréquentés au monde. Aux États-Unis, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à la basilique du Sanctuaire national de l'Immaculée Conception à Washington, D.C.


L'auteurRédaction Omnes

Annulé

" La culture de l'annulation tente en vain de punir dans cette vie ceux qui sont déjà morts. Je préfère ne pas idolâtrer aucun être humain et continuer à croire en la justice divine. "

1er juin 2026-Temps de lecture : 2 minutes

L'œuvre d'un artiste reconnu coupable de crimes perd-elle toute valeur ? Une même personne peut-elle être à la fois admirable et méprisable ? Cruauté et excellence sont-elles incompatibles ? Le mystère de l'humanité se pose face à la culture de l'annulation, ce phénomène social qui tente de rendre justice a posteriori en essayant de réparer ce qui est souvent irréparable, au prix de la destruction d'une œuvre objectivement louable et de la condamnation de son auteur à l'ostracisme, au boycott économique et à la ruine de sa réputation.

Des artistes universellement célèbres comme Picasso ou Michael Jackson, ou des artistes plus locaux comme le cas récent de Juan Carlos Aragón, une légende du carnaval de Cadix, sont passés de l'idolâtrie à la haine ; des applaudissements aux lapidations. 

Je pense qu'il est juste et légitime de dénoncer le mal, d'enquêter sur la vérité, de condamner le criminel, d'indemniser les victimes et de mettre au jour les affaires occultées par la gloire de la star ; mais je ne vois aucun sens à nier la valeur d'une œuvre à cause des fautes de son auteur, aussi graves soient-elles. C'est la version 3.0 de l'argument classique. ad hominem, Considéré, logiquement, comme un sophisme du début à la fin. 

Une belle œuvre ne cesse pas d'être belle parce qu'elle a un père terrible, de même qu'une œuvre terrible ne cesse pas d'être terrible parce que son père est une personne merveilleuse. 

Ce qui s'applique aux péchés individuels pourrait s'appliquer aux péchés collectifs. 

Arrêteriez-vous de boire du Fanta si vous appreniez qu'il a été inventé en Allemagne nazie ? Cesseriez-vous d'utiliser le téléphone portable sur lequel vous lisez cet article, car son fonctionnement repose sur un satellite lancé dans l'espace par une fusée dérivée de la V2 utilisée par Hitler pour bombarder l'Europe ? Arrêterions-nous d'utiliser la médecine nucléaire, qui soigne les cancers, inventée par les Américains grâce aux recherches ayant servi à développer les bombes larguées sur Hiroshima et Nagasaki ? 

Derrière la culture de l'annulation se cache un scandale caractéristique de la société postmoderne : celui qui a nié l'existence de Dieu et s'est substitué à lui a découvert qu'il n'était pas Dieu non plus. Il est nu !

Les idoles humaines ont des pieds d'argile ; rien qu'on ne les gratte ne révèle leur fragilité, l'inévitable corruption qui nous imprègne. Le paysage politique actuel nous offre également une perspective unique pour contempler le mystère de la faiblesse humaine. « On n'en revient pas, je suis sous le choc ! » s'exclament les amis de ceux qui viennent d'être pris la main dans le sac après avoir été élevés pendant des années au rang de défenseurs des plus hautes valeurs humaines, au sommet de la gloire laïque. Assurément, même certains de ceux qui étaient impliqués sont sous le choc, incapables de comprendre leurs actes s'ils se croyaient irréprochables. Pourquoi péchons-nous ? Pourquoi sommes-nous surpris de faire ce que nous ne voulons pas ? Pourquoi ceux qui sont capables de nous transporter au septième ciel par leur danse, leur musique, leur peinture, leur intelligence, leur science, leur inventivité, leurs idées politiques… se comportent-ils comme des démons ? 

La culture de l'annulation tente en vain de punir dans cette vie ceux qui sont déjà morts. Je préfère ne pas idolâtrer aucun être humain, aussi brillant puisse-t-il me paraître, et continuer de croire en la justice divine, où toute la vérité sera révélée et où chacun recevra ce qui lui est dû, en juste mesure. Admirons la beauté qui transcende l'humanité, et que celui qui est sans péché jette la première pierre.

L'auteurAntonio Moreno

Journaliste. Diplômé en sciences de la communication et licencié en sciences religieuses. Il travaille dans la délégation diocésaine des médias à Malaga. Ses nombreux "fils" sur Twitter sur la foi et la vie quotidienne sont très populaires.

Vocations

Stanisław Dziwisz, secrétaire personnel de Jean-Paul II : Vivre avec un saint

Dans cette interview pour Palabra, Stanisław Dziwisz (Don Stanislao), secrétaire personnel de Jean-Paul II, a raconté ses souvenirs personnels avec le pape.

Ignacy Soler-1er juin 2026-Temps de lecture : 7 minutes

Monseigneur Stanisław Dziwisz, l'actuel archevêque de Cracovie, accompagnait le Pape Jean-Paul II Il fut son secrétaire particulier pendant près de 40 ans, depuis l'époque où il était archevêque de Cracovie. C'est de lui qu'il reçut les trois ordres sacrés : diaconat, sacerdoce et épiscopat.

Jean-Paul II sera béatifié le dimanche de la Miséricorde divine. Comment vous souvenez-vous du 2 avril 2005, jour de sa mort ?

C’est la Providence qui l’a choisi Le Saint Père Le jour de son départ de ce monde pour la maison du Père. C'était un samedi, le premier du mois, et nous connaissons tous sa grande dévotion envers la Mère de Dieu. C'était aussi la veille de la solennité de la Miséricorde divine. Au crépuscule, vers 20 heures, une voix intérieure m'a imploré : « Célèbre la Sainte Messe ! ».

Nous avons concélébré l'Eucharistie avec la liturgie dominicale, dédiée à la Miséricorde Divine. Le cardinal Jaworski, grand ami et confident du Saint-Père, y a participé. Étaient également présents le père Tadeusz Styczeń, l'archevêque Ryłko, le père Mieczysław Mokrzycki et nos religieuses. J'étais le célébrant principal. Nous étions tous conscients du caractère absolument exceptionnel de cette célébration. Le sacrifice du Saint-Sacrement était uni à celui de Jean-Paul II.

L'Évangile lu lors de cette messe était également très significatif. Il s'agissait de la scène de l'apparition du Christ ressuscité au Cénacle, huit jours après sa Résurrection. Nous priions alors pour que le Seigneur vienne à nous ; nous avions besoin de lui… Après le Credo, le cardinal Jaworski a administré l'onction des malades au pape ; lors de la communion, nous lui avons donné quelques gouttes du Saint Sang avec une petite cuillère. Nous conservons encore cette cuillère… Le moment de son départ est arrivé… Lorsque son cœur a cessé de battre, nous avons arrêté l'horloge, que nous avons également conservée comme témoignage.

Éminence, vous avez été pendant de nombreuses années un proche compagnon de Jean-Paul II. Nous savons que la vie spirituelle est toujours, d'une certaine manière, un cheminement. À quel moment la sainteté de Jean-Paul II vous est-elle apparue le plus clairement ?

Bien sûr, il n'est pas devenu saint du jour au lendemain ; mais sa sainteté personnelle était déjà manifeste dans sa jeunesse, lorsqu'il était encore étudiant. De plus, ses compagnons du séminaire clandestin témoignent qu'il était déjà à cette époque d'un calme, d'un naturel et d'une authenticité remarquables, et qu'il entretenait une relation constante avec Dieu. Je pense qu'il a reçu cette spiritualité et la capacité de prier au sein de sa famille. Par exemple, son père a enseigné à Karol une prière au Saint-Esprit qui l'a accompagné tout au long de sa vie, jusqu'à son dernier souffle. Le samedi 2 avril, jour même de son décès, Jean-Paul II a récité cette prière avec notre aide.

À quel moment avez-vous réalisé que vous étiez en présence d'un homme d'une grande stature personnelle, d'un grand saint ?

Nombreux étaient ceux qui, parmi nous, étaient convaincus d'être en présence d'un homme aux capacités extraordinaires, d'une force intérieure et d'un charisme exceptionnels. Mais ce qui frappait le plus, c'était sa simplicité intérieure. J'en ai eu la forte impression dès ma première année au séminaire et lors de ma première rencontre avec le professeur Wojtyła.

Permettez-moi de vous donner un exemple : pendant les pauses entre les cours, j’ai remarqué qu’il allait à la chapelle et y passait du temps en prière. Il avait alors une longue frange, et je me souviens que lorsqu’il s’inclinait pour prier, elle lui tombait sur le front… Quand il quittait la chapelle, j’avais l’impression qu’il revenait d’une rencontre où il avait « effleuré » le Mystère. Les séminaristes l’ont tout naturellement remarqué, et c’est pourquoi ils sont allés le voir. Dieu rayonnait à travers lui ; et c’était ce que nous recherchions.

Nous avons également été frappés par le fait qu'après chaque messe, il restait dans l'église pour prier en secret et rendre grâce. Plus tard, lorsque je l'accompagnais lors de visites pastorales dans les paroisses, j'ai remarqué qu'avant la célébration, il ne parlait à personne. Il restait en retrait, se préparant à célébrer le Sacrifice du Christ. Durant ses pèlerinages apostoliques, son image d'homme absorbé dans la prière nous impressionnait toujours profondément.

Peut-on dire que la prière contemplative a occupé une place particulière dans la vie de Karol Wojtyła ?

Je ne crois pas qu'il ait divisé son temps entre “ prière ” et ” travail ”, car la prière l'accompagnait constamment, même dans les tâches les plus banales. J'ai souvent remarqué que le Pape priait pour les personnes qu'il avait reçues en audience et que, lorsqu'il leur prenait congé, il les confiait à la Divine Providence. Il le faisait avec une telle discrétion que seuls ses proches pouvaient le remarquer. C'était extraordinaire.

Parfois, lorsqu'on le flattait en visite, il priait à voix basse : il ne voulait pas entendre ces compliments ; il riait de tels éloges. De plus, chaque journée se déroulait selon un programme de prière prédéterminé. Il se levait tôt le matin et commençait sa journée par la méditation, la messe, l'action de grâce et la lecture spirituelle. Le jeudi, il passait une heure en adoration devant le Saint-Sacrement exposé dans l'ostensoir. Et ainsi s'écoulait sa vie. Il nous répétait souvent : « Souvenez-vous des apôtres qui s'endormirent au jardin de Gethsémani, et comment le Christ leur demanda : ‘Pourquoi dormez-vous ? N'avez-vous pas pu veiller avec moi une heure ?’ » Il semble qu'il ait voulu expier la faute des apôtres cette nuit-là…

Quelles formes a pris la piété de Jean-Paul II ? Était-elle toujours de nature mariale ? A-t-il vécu des expériences mystiques particulières ?

« Non, je n’en sais rien. Mais, parfois, quand nous le laissions seul dans sa chapelle – pour ne pas le déranger –, nous l’entendions chanter à Jésus-Christ ou lui parler à voix haute. Il pensait sans doute que personne ne pouvait l’entendre. La chapelle était fermée, mais parfois nous l’entendions… Sinon, il récitait les prières traditionnelles, les formules simples de l’Église : le Saint Rosaire, le Chemin de Croix. Mais pour lui, c’étaient des moyens de se recueillir. ».

Jean-Paul II sera béatifié par son successeur, un événement inédit. Lui-même a élevé au rang de saints et de bienheureux de nombreux fidèles. Qu'est-ce qui a motivé Jean-Paul II à promouvoir si activement l'œuvre de la Congrégation pour les causes des saints ?

Le concile Vatican II a appelé à la simplification des procédures de canonisation, et le pape, homme conciliaire, s'intéressait vivement aux nouveaux saints. De plus, il est important de rappeler que les saints émergent souvent précisément lors de périodes de sécularisation de la société. À Turin, par exemple, alors que la franc-maçonnerie était à son apogée, saint Jean Bosco est apparu. Plus récemment, lorsqu'une grave crise semblait s'abattre sur l'Église, l'Esprit Saint a suscité une multitude de nouveaux mouvements et communautés qui constituent aujourd'hui une force et une réserve de sainteté. L'Esprit Saint agit où il veut.

Depuis l'instauration de la démocratie, la Pologne a franchi une étape importante dans la défense du droit à la vie prénatale. Les sermons de Jean-Paul II ont-ils influencé cette évolution sociale ?

La défense de la vie fut l'un des aspects les plus importants du pontificat de Jean-Paul II. Mais cette défense était déjà présente dans ses sermons de son vivant. Et, en tant qu'archevêque de Cracovie, il lutta résolument pour le respect de la vie sans exception.

En référence à fécondation in vitro“ Elle partageait la douleur des parents qui ne pouvaient avoir d'enfants, mais a toujours soutenu que la meilleure façon d'aider ces couples était d'étudier les causes de l'infertilité et de s'efforcer de trouver un remède. Elle encourageait également l'adoption, car de nombreux enfants attendent l'amour d'une famille. Sa position sur la fécondation in vitro ne reposait pas sur des critères strictement religieux, mais plutôt sur des raisons éthiques et scientifiques.

Jean-Paul II a proclamé saint Thomas More patron des hommes politiques et, dans l’exhortation apostolique Christifideles Laici, il a écrit que « l’unité de vie est d’une grande importance pour les fidèles laïcs. Ils doivent, en effet, se sanctifier dans leur vie professionnelle et sociale ordinaire. ‘ Karol Wojtyła lui-même a toujours vécu en parfaite harmonie intérieure, dans tous les aspects de sa vie ; il était toujours lui-même. Que pouvez-vous nous dire à ce sujet ?

Un catholique reste toujours catholique, qu'il soit homme politique, député, ministre ou simple citoyen ; il a toujours l'obligation de respecter les valeurs qui unissent tous les êtres humains sans exception. Si la majorité des parlementaires se déclarent chrétiens, l'éthique chrétienne doit se refléter dans les lois. Sur des questions telles que la défense de la vie ou la fécondation in vitro, aucun compromis ne saurait être fait.

Dans de nombreux pays occidentaux, un certain nombre de chrétiens évitent d'exprimer leurs convictions personnelles, tandis que les athées et les agnostiques le font à la moindre occasion. C'est pourquoi Benoît XVI Il a justement souligné que nous observons aujourd'hui la schizophrénie de l'homme politique catholique qui souhaite être catholique, mais pas en public, croyant à tort qu'il ne doit pas exposer ses convictions dans la sphère publique. Dans sa volonté de respecter le pluralisme, il oublie que ce dernier est une valeur subordonnée à celle de la vie elle-même. De plus, dissimuler ses convictions dans la vie publique conduira à une crise culturelle et à une déstabilisation de l'éthos européen.

En Pologne, les effets de la sécularisation sont manifestes. Certains réclament une présence réduite de l'Église dans la vie publique. Le processus observé actuellement dans d'autres pays, comme l'Espagne, pourrait-il se reproduire en Pologne ?

– Il existe des courants laïques dans Pologne, Mais ces attaques sont moins virulentes qu'en Espagne. Depuis l'adhésion à l'Union européenne, on n'a pas assisté à cette « sécularisation » si marquée, malgré les prédictions. Les adversaires de l'Église s'efforcent par tous les moyens de créer une image de crise. Ils affirment, par exemple, que l'Église en Pologne est en difficulté, privée de figures de l'envergure du cardinal Wyszyński ou du pape Jean-Paul II. Curieusement, ces attaques proviennent des mêmes personnes qui critiquaient auparavant ces deux grands hommes. L'anticléricalisme fondera toujours son programme sur la critique de toute activité de l'Église. Ses partisans ne comprennent pas que l'œuvre accomplie par l'Église pour le bien commun est irremplaçable.

Dans le monde d'aujourd'hui, et particulièrement dans la sphère politique, l'humanité est devenue matérialiste et recherche avidement les biens matériels et la gloire humaine. Quel était le rapport de Jean-Paul II aux biens matériels ?

Il a toujours mené une vie très austère. En tant qu'évêque de Cracovie, il ne possédait qu'un seul imperméable, doublé en hiver. Il ne percevait aucun salaire d'évêque. Il estimait ne devoir utiliser que pour lui-même les droits d'auteur de ses publications. Et il reversait même une part importante de cette somme – chose pratiquement inconnue – à des bourses d'études pour les étudiants pauvres. En tant que pape, il n'a jamais eu d'argent en sa possession (tout comme dans CracovieSi quelqu'un lui donnait de l'argent, par exemple, il l'utilisait discrètement pour d'autres besoins. Le Secrétariat d'État l'aidait dans cette tâche : tout était consigné et transmis. Ensuite, il nous remerciait.

Nous avons obtenu de lui des faveurs extraordinaires de son vivant. Vous vous en souvenez ?

Oui. Je me souviens, par exemple, d'un curé de Trente venu en audience avec sa sœur malade. Elle avait un cancer du cerveau et devait subir une opération. Elle portait avec elle une image de la Miséricorde Divine. Le Pape lui toucha la tête en disant : « Prions. » Quelques heures plus tard, elle était complètement guérie. L'opération fut évitée. Il existe de nombreuses grâces de ce genre.

J’aimerais conclure en vous posant la question suivante : quel aspect de la vie de Jean-Paul II vous semble le plus digne d’être imité ?

Sa prière. Mais aussi son authenticité et sa transparence. Il avait pour habitude de donner une signification extraordinaire aux gestes les plus simples. Par exemple, lorsqu'il traversait le couloir de la Curie à Cracovie, il s'arrêtait devant le crucifix pour l'embrasser et ainsi honorer son Maître. Je me souviens que lors d'une de ses visites à Sandomierz, il remarqua un morceau de pain par terre ; il s'agenouilla, l'embrassa et le déposa sur l'herbe pour les oiseaux.

L'auteurIgnacy Soler

Cracovie

Livres

Gaudí et la générosité

Antonio Gaudí a dû solliciter des fonds auprès de particuliers pour poursuivre les travaux de la Sagrada Familia et, ce faisant, il a donné une merveilleuse leçon de générosité.

Rafael Mosteyrín-1er juin 2026-Temps de lecture : < 1 minute

On sait que 2026 marquera le centenaire de la mort d'Antoni Gaudí. Cela m'a incité à redécouvrir la biographie de ce brillant architecte écrite par Rafael Álvarez Izquierdo. Dans cet ouvrage, il relate un aspect méconnu de la vie de Gaudí : il n'eut d'autre choix que de solliciter des fonds auprès de particuliers pour poursuivre la construction du… Sainte Famille.

Lors d'une de ces visites, il fut très reconnaissant d'un don reçu d'une personne à qui il était venu demander de l'aide. Le donateur lui dit qu'il n'était pas nécessaire de le remercier, car cela n'exigeait aucun sacrifice de sa part. Gaudí lui expliqua gentiment que cela n'avait aucun sens, ou plutôt, que cela n'avait aucun sens pour lui, en tant que collaborateur d'une bonne cause, si cela ne demandait aucun effort. Il lui suggéra d'intensifier ses efforts jusqu'à ce que cela devienne difficile, afin que son action soit agréable à Dieu. Il expliqua ensuite que la charité sans sacrifice comme fondement n'est pas la véritable charité, et relève peut-être simplement de la vanité.

Cette personne fut profondément touchée par le message reçu, transmis avec tant de clarté et de bienveillance. Elle s'efforça de le mettre en pratique et, avec humilité, fit un don bien plus important. Parallèlement, c'est elle qui remercia Gaudí de l'avoir aidée à aider plus efficacement les autres.

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Actualités

Les points clés de la “ première grande visite ” du Pape : l'évangélisation de l'Espagne, les migrations et une nouvelle génération catholique

Le pape Léon XIV effectue une visite prolongée dans un pays européen à majorité catholique et revêtant une importance particulière dans l'histoire de l'Église universelle.

Maria José Atienza-31 mai 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Madrid, Barcelone et les îles Canaries sont les lieux de l'événement. septième voyage apostolique du pape Léon XIV. Un voyage au cours duquel le pape rencontrera le Parlement espagnol, des jeunes, des familles et des fidèles, visitera la Sagrada Familia, le temple qui pourrait devenir le premier à être conçu par un saint, et tiendra une rencontre spéciale avec les migrants arrivés sur les îles. Îles Canaries. 

L'Espagne a été l'un des pays les plus visités par les papes récents.

Depuis 1981, l'Espagne a accueilli tous les papes, à l'exception de François. Malgré de nombreuses spéculations quant à un éventuel voyage du pape argentin aux îles Canaries, axé sur la question migratoire, ce voyage n'a finalement jamais eu lieu.

Léon XIV poursuivit en effet ce voyage, reprenant l'initiative de son prédécesseur immédiat avec la visite des îles Canaries. C'était la première visite d'un pape dans cette région d'Espagne. 

Le premier voyage important de Léon XIV dans un pays catholique

La visite de Léon XIV en Espagne est considérée comme la “ première des grandes visites papales ” du pape Prévost. Les voyages papaux précédents avaient été soit plus courts, comme dans le cas des nations catholiques européennes telles que… Monaco Ou, à l'inverse, elles se sont développées dans des contextes interreligieux, comme dans le cas de leurs récentes voyage en Algérie et en Tunisie ou l'important voyage en Turquie et au Liban. 

Dans ces pays où l'Église jouait un rôle minoritaire, les rencontres et les événements présidés par le Pape ont été marqués par les particularités et les limites des nations hôtes. 

Dans le cas de l'Espagne, Léon XIV connaissait le pays et ses particularités, peut-être d'une manière bien plus approfondie que ses prédécesseurs. racines familiales, Sa mère, Mildred Martinez, a des origines espagnoles et, dans sa jeunesse, durant l'été 1982, avant d'être envoyé comme missionnaire, il a parcouru le nord et le nord-ouest de l'Espagne en camionnette avec un groupe d'étudiants augustins.

Plus tard, en tant que prieur général des Augustins, il visita à plusieurs reprises les différentes communautés d'Espagne, la dernière fois en 2024 alors qu'il était déjà cardinal.

Espagne, terre de missionnaires

Prevost connaissait également le profond héritage missionnaire de nombreux Espagnols en Amérique latine. Durant son travail missionnaire à Chulucanas, puis comme évêque de Chiclayo (Pérou), Robert Prevost a entretenu une relation étroite et directe avec de nombreuses personnalités religieuses espagnoles.

Peu avant son élection, alors qu'il était déjà président de la Commission pontificale pour l'Amérique latine et préfet du Dicastère pour les évêques, il s'est adressé à ces “ missionnaires espagnols qui donnent leur vie pour l'Évangile en Amérique latine ”.

L’Espagne, qui a historiquement été un bastion du catholicisme traditionnel, est actuellement en pleine sécularisation, mais reste un chef de file mondial dans l’envoi de missionnaires, avec près de 9 650 missionnaires actifs dans plus de 140 pays. 

La question migratoire : un défi du XXIe siècle

Dernière étape du voyage papal, les îles Canaries constituent le point le plus symbolique et politique de ce périple. De fait, les événements prévus sur les îles sont totalement inédits lors des précédentes visites papales.

Sur les six principaux événements organisés par le pape dans les îles, la moitié sont destinés ou axés sur les problème de migration. 

À cet égard, le Pape souhaite réaffirmer le message de l'Église sur cette question et la nécessité de poursuivre les efforts d'accueil et de promotion de ceux qui doivent quitter leur patrie et, fondamentalement, d'éliminer les causes qui poussent les gens à fuir leur lieu d'origine.

À cet égard, le pape affirme que les États ont le droit de contrôler leurs frontières et d'établir des règles d'immigration, mais exige que les migrants soient traités avec dignité humaine et respect en toutes circonstances, en évitant la “ stigmatisation de la discrimination ” et tout traitement qui viole la dignité de ces personnes. 

La nouvelle génération catholique

Un autre point clé de cette visite papale concernera les jeunes et les familles, piliers essentiels de la vie de l'Église. 

Les grands rassemblements prévus dans les trois villes – Madrid, Barcelone et les îles Canaries – permettront d’aborder directement certains des problèmes auxquels est confrontée la jeunesse occidentale d’aujourd’hui, que le pape a évoqués à plusieurs reprises dans ses discours, et plus récemment dans l’encyclique. Magnifique Humanité. 

En ce sens, on s'attend à ce que le pape n'élude pas des sujets tels que la polarisation, l'exclusion sociale, l'impact de l'IA ou la perte de la foi.

L'Espagne accueille le pape dans un contexte social que certains ont qualifié de “d'un tournant catholique ”, avec une normalisation de la présence active des catholiques, notamment des jeunes, dans la vie sociale. 

La politique en période de polarisation

L'un des événements les plus attendus de la visite du pape Léon XIII en Espagne est le discours que le pontife prononcera devant le Parlement espagnol le lundi 8 juin. Ce sera la première fois qu'un pape s'adressera à des hommes politiques espagnols. 

Bien que la question ne soit pas largement connue, Léon XIV a clairement indiqué dès sa première année de pontificat qu'il n'était pas un homme politique, mais qu'il parlait au nom de Jésus-Christ.

 Pour autant, le chef d'État du Vatican, dans sa première encyclique, a dénoncé la facilité avec laquelle “ la politique recourt à la désinformation, au ridicule de l'adversaire et à la construction systématique des peurs et des ressentiments ” et a lancé à plusieurs reprises des appels à la responsabilité à ceux qui occupent des postes à responsabilité au sein des gouvernements des nations.

Vatican

María del Mar Chapa : “ Quand les gens lèvent les yeux, ils peuvent créer quelque chose de bien plus grand qu'eux-mêmes. ”

Omnes interviewe María del Mar Chapa Hammeken, artiste et femme d'affaires qui a créé le logo pour le voyage du pape Léon XIV en Espagne.

Paloma López Campos-31 mai 2026-Temps de lecture : 4 minutes

María del Mar Chapa a étudié la communication et obtenu un master professionnel en gestion de la communication. Elle est associée fondatrice de Studio Malinche et affirme catégoriquement que “ le design va bien au-delà de l'esthétique ”.

Cette artiste et entrepreneuse considère le design comme “ un outil permettant de mieux faire communiquer les idées, de rendre les messages plus clairs, plus humains et plus accessibles ”. C’est peut-être grâce à cette vision qu’elle a été chargée de concevoir le logo de Le voyage du pape Léon XIV en Espagne, un projet dont il parle dans cet entretien avec Omnes.

Quelle a été la principale source d'inspiration pour la conception du logo du voyage du pape Léon XIV en Espagne ? Quel message cherchaient-ils à transmettre ?

– L’inspiration principale venait de la devise elle-même : “ Levez les yeux ”. Dès le départ, je l’ai perçue davantage comme un geste que comme une simple phrase. J’ai beaucoup réfléchi à cette idée de lever les yeux ensemble, d’une communauté qui ne reste pas immobile, mais qui avance de concert vers un idéal plus grand.

C’est pourquoi le logo présente ce mouvement ascendant et ces figures humaines entrelacées. Au-delà de la simple représentation de lieux ou de symboles religieux, je souhaitais transmettre un sentiment de communauté, de camaraderie et d’espoir partagé.

Au final, je pense que le message du logo est assez simple : lorsque les gens marchent ensemble et lèvent les yeux, ils peuvent créer quelque chose de bien plus grand qu'eux-mêmes.

À quoi a ressemblé le processus créatif, de l'idée initiale à la version finale du logo ?

Le processus a commencé bien avant la conception des formes et des couleurs. Il me fallait d'abord comprendre ce que cette visite représentait véritablement et quelle émotion elle devait transmettre. J'étais fermement convaincue de ne pas vouloir créer un collage de symboles reconnaissables, mais plutôt construire une image vivante, cohérente et profondément humaine.

Partant de la devise, j'ai commencé à travailler sur l'idée du cercle ouvert, car visuellement, il évoque la communauté et l'unité, mais aussi, par son ouverture, l'accueil, le mouvement et la continuité. Puis sont apparues les figures humaines, qui se soutiennent mutuellement et génèrent ce sentiment d'élan collectif ascendant.

Par la suite, j'ai intégré les différents éléments territoriaux et la figure mariale, en veillant toujours à ce que l'ensemble forme un langage visuel cohérent. Le plus grand défi a été de trouver un équilibre : que le logo possède une profondeur symbolique tout en restant clair, simple et facilement reconnaissable.

Quelle est la signification des couleurs et des symboles choisis ?

Chaque élément a une signification soigneusement étudiée au sein de l'ensemble. Les figures humaines représentent la communauté, les liens et l'entraide. Ce ne sont pas des individus isolés, mais un réseau de personnes qui avancent ensemble.

La figure mariale au centre constitue le cœur du logo. Elle ne vise pas à représenter littéralement une dévotion mariale spécifique, mais plutôt à transmettre une idée plus universelle de protection, de soin et d'accompagnement.

La mer, notamment en ce qui concerne les îles Canaries, revêt également une forte charge symbolique. Au-delà de sa signification géographique, elle évoque les voyages, le passage, l'espoir, et aussi de nombreuses réalités humaines qui font partie de notre présent.

Concernant la couleur, l'idée était de refléter la diversité sans perdre l'unité. Chaque couleur apporte une identité et une énergie, mais elles coexistent toutes au sein d'une même structure. Je souhaitais que le système visuel soit lumineux, accessible et contemporain.

Quels défis présente la création d'un logo qui doit représenter un événement d'importance internationale et religieuse ?

– Je crois que le principal défi est de trouver un équilibre entre le symbolique et l'humain. Un événement comme celui-ci rassemble une multitude de sensibilités différentes, tant culturelles que spirituelles, et le défi consiste à créer une image qui puisse toucher des personnes très diverses sans perdre en profondeur.

Il était également important d'éviter que le logo paraisse trop rigide ou institutionnel. Je souhaitais qu'il ait une signification spirituelle claire, tout en évoquant quelque chose d'universel : la communauté, l'espoir, la rencontre et l'accompagnement.

Et puis, bien sûr, il y avait le défi d'intégrer de nombreux éléments sans que l'ensemble ne paraisse décousu. Tout devait donner l'impression de faire partie d'un seul et même mouvement.

Comment avez-vous choisi le style visuel du logo : plutôt traditionnel, moderne ou une combinaison des deux, et pourquoi ?

– Je dirais que c'est un mélange des deux. On y retrouve des éléments très traditionnels (comme la figure mariale ou l'idée de pèlerinage et de communauté), mais ils sont traités dans un langage visuel beaucoup plus contemporain et accessible.

Dès le départ, je souhaitais m'éloigner des conventions trop solennelles ou rigides qui accompagnent souvent ce genre d'événements. Je voulais créer quelque chose de plus accessible, de plus lumineux et de plus humain, surtout au vu de la communication visuelle actuelle.

C’est pourquoi le dessin présente des formes organiques, beaucoup de mouvement et une composition assez dynamique, sans pour autant perdre le poids symbolique et spirituel qu’il représente.

Comment un design graphique peut-il communiquer des idées aussi profondes que la foi et la spiritualité sans perdre en simplicité et en clarté ?

– Je pense que l'essentiel est d'aller droit au but. Lorsqu'un design tente d'en dire trop, il perd généralement de son impact. À l'inverse, lorsqu'il exprime une idée claire et authentique, il peut créer un lien beaucoup plus profond.

Dans ce cas précis, plutôt que de représenter littéralement des concepts religieux, je souhaitais transmettre des émotions et des gestes humains que nous reconnaissons tous : le soutien mutuel, l’espoir, la marche ensemble, le regard tourné vers le ciel.

Pour moi, la simplicité ne signifie pas moins de sens, mais bien le contraire : elle signifie que le message passe de manière plus directe et humaine.

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Pour que le Pape puisse bien dormir

Il est essentiel que, dans la perspective de la visite du pape Léon XIV en Espagne, parmi tous les préparatifs, nous n'oubliions pas de prier pour le Saint-Père.

31 mai 2026-Temps de lecture : < 1 minute

En prévision de la prochaine visite de Pape Léon XIV Il est bon de manifester notre gratitude pour son séjour parmi nous. Nous avons l'opportunité, quinze ans après la dernière visite de Benoît XVI, d'accompagner Léon XIV lors de son séjour parmi nous. visite en Espagne. Je crois qu'il n'est pas exagéré de dire que la personne la plus importante au monde nous rend visite.

Le meilleur moyen de soutenir son voyage est de prier pour lui et ses intentions. On raconte qu'un évêque africain, lors d'une visite à Rome, lui aurait demandé de prier pour lui. Pie XII L'évêque lui demanda s'il dormait bien la nuit. Le pape répondit que oui et voulut savoir pourquoi il posait la question. L'évêque expliqua que, depuis son enfance, on lui avait appris à réciter un Je vous salue Marie pour le pape chaque soir. Par cette prière, ils demandaient à la Vierge Marie qu'il dorme toujours paisiblement, malgré ses nombreux soucis. Bien des années plus tard, il avait conservé cette bonne habitude, mais il était curieux de savoir si la prière était toujours efficace.

Il y a aussi une prière qui s'adresse au Saint-Père : “ que le Seigneur le préserve, lui donne la vie et ne le laisse pas tomber entre les mains de ses ennemis. ”.

Tout d'abord, priez abondamment pour le Pape. Ensuite, confiez vos tâches quotidiennes à ses intentions. C'est le moins que nous puissions faire.

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InvitéesRafael Sanz Carrera

“ Magnifica Humanitas ” est-elle aussi un texte programmatique de Léon XIV ?

“ Magnifica Humanitas ” est, sans ambiguïté, un texte programmatique. Il définit une vision (l’humanisme chrétien théocentrique), une méthode (la coresponsabilité synodale avec la primauté de Dieu) et un style (un langage évangélique clair).

30 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

Léon XIV ne s'est pas limité à publier un document monographique sur l'IAIl transforme le défi technologique en une occasion de proposer ce qu’il appelle lui-même “ un itinéraire sobre et exigeant de vie chrétienne pour vivre ce changement d’époque à la lumière de l’Évangile ” (n° 229). Cet itinéraire présente quatre axes théologiques qui structureront son pontificat :

  • Contemplation du plan d'amour du Père (dimension de la foi).
  • L'unité ecclésiale nourrie par Word et l'Eucharistie (dimension de la charité).
  • Construire du bien dans le monde (dimension de la espoir).
  • La prière mariale comme clé existentielle du disciple.

La formule concise du Pape est celle du “ sage architecte ” (n° 236) : le “ fondement ” est la relation à Dieu ; la norme, l’acceptation des limites humaines ; et le style, la coresponsabilité et le langage évangélique. Cela constitue, à proprement parler, un programme : un “ modus pontificandi ”. 

Les piliers maîtres (n° 11-14)

Léon XIV structure les quatre piliers en suivant la métaphore biblique de la “ réédification ” de Jérusalem (Néhémie), transposé dans le monde numérique :

  • Pilier I — Bâtir sur le roc (n° 11) : La primauté absolue de la relation à Dieu. L’humanisme ne peut subsister s’il ne reconnaît pas que “ le cœur humain ne trouve de repos qu’en Lui ”. Le théocentrisme christologique est l’antithèse de l’immanentisme algorithmique.
  • Pilier II — Acceptation des limites et de la fragilité (n° 12) : Réfutation explicite du transhumanisme. La limite n'est pas un défaut à corriger technologiquement, mais un espace théologique de liberté, de connexion et de solidarité.
  • Pilier III — Coresponsabilité et subsidiarité courageuse (n° 13) : “ L’union fait la force ” : la coopération entre les générations, les peuples, les disciplines et les cultures ; scientifiques, entrepreneurs, travailleurs, éducateurs et familles sont cités comme acteurs clés.
  • Pilier IV — Langage évangélique (n° 14) : “ Évitons les mots qui humilient ou divisent ; choisissons la clarté qui éclaire et la franchise qui ouvre des voies. ” clé stylistique du pontificat : pédagogie du dialogue face à la polarisation.

La méthode de gouvernement (n° 8)

Le chiffre 8, inspiré de l'image de Néhémie reconstruisant Jérusalem, est la clé herméneutique de la manière de gouverner. Léon XIV:

  • Responsabilité partagée : le travail ne repose pas sur un seul chef ; “ prêtres, artisans, chefs de famille, femmes et jeunes ” y participent tous. Il s’agit d’une méthode synodale et participative, dans la continuité de la pensée de François, mais avec une approche plus classique, ecclésiale et institutionnelle.
  • La centralité de Dieu prime sur la centralité organisationnelle : la force “ vient du Seigneur ”.
  • La primauté des relations sur les structures : “ reconstruire les relations avant même de poser les pierres ”. Il s'agit là d'une critique implicite du réformisme purement administratif.
  • La communion, non l’uniformité : “ un langage commun, non pas celui de l’uniformité, mais celui de la communion ”. Une diversité légitime, une unité substantielle.

S’inscrit-elle dans la tradition des encycliques programmatiques ?

Oui, et de manière délibérément intertextuelle :

  • Date symbolique (15 mai) et nom pontifical : évocation directe de “Rerum Novarum” (Léon XIII, 1891) — “ mise à jour ” de la doctrine sociale au “ changement d’ère ” numérique.
  • Structure programmatique analogue à “Redemptor Hominis”"(Jean-Paul II, 1979) : la centralité anthropologique comme clé du pontificat.".
  • Ton pastoral et diagnostic culturel en accord avec “Deus Caritas Est” (Benoît XVI) et “Lumen Fidei” / “Laudato Si'” (François).
  • Innovation : l’encyclique relie la doctrine sociale et l’anthropologie théologique autour de l’IA, se configurant comme le “ manifeste anthropologique ” du pontificat, l’équivalent fonctionnel de “ Redemptor Hominis ” pour le XXIe siècle.

En conclusion, “ Magnifica Humanitas ” est, sans ambiguïté, un texte programmatique. Il définit une vision (l’humanisme chrétien théocentrique), une méthode (la coresponsabilité synodale avec la primauté de Dieu) et un style (un langage évangélique clair).

L'auteurRafael Sanz Carrera

Docteur en droit canonique

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Pourquoi la sécularisation explique le déclin mondial des taux de natalité

Le défi démographique de notre époque, “ la grande question de notre temps ”, ne se résoudra ni par davantage de subventions ni par une réduction du temps passé devant les écrans. Il exige de retrouver un sens profond à la vie, un sens qui donne un sens à la parentalité.

Joseph Gefaell-30 mai 2026-Temps de lecture : 6 minutes

Le long article du Financial Times «Pourquoi les taux de natalité chutent-ils partout en même temps ?» a suscité un énorme tollé sur les réseaux sociaux, avec des millions de vues pour les publications y faisant référence rien que sur X. La thèse centrale de l’article est que les smartphones et les réseaux sociaux pourraient être l’un des facteurs, voire le facteur clé, du déclin mondial de la fécondité.

L'article soutient que le déclin mondial des taux de natalité ne peut s'expliquer uniquement par des facteurs économiques (logement, salaires, coût de la vie ou éducation), car ce déclin se produit simultanément dans les pays riches, émergents et pauvres, mais qu'il est plutôt dû au profond changement des habitudes sociales induit par les smartphones.

C'est une hypothèse intéressante, mais à mon avis fondamentalement erronée. Le déclin du taux de fécondité total a commencé bien plus tôt, comme le montrent les graphiques ci-joints.

Les taux de fécondité élevés des siècles passés étaient corrélés à une forte mortalité infantile. Alors que l'indice synthétique de fécondité prend en compte toutes les naissances, l'indice de fécondité “ effectif ” considère le nombre de naissances. enfants Le nombre d'enfants par femme susceptibles d'atteindre l'âge de procréer. Ce taux de fécondité effectif a été estimé principalement par les économistes Anup Malani et Ari Jacob de l'Université de Chicago. Selon ce nouveau taux de fécondité effectif, le déclin mondial de la natalité n'a pas été aussi marqué que le suggère la courbe globale de fécondité depuis les années 1960. Cependant, en 2023, le taux de fécondité effectif mondial était d'environ 2,1 enfants par femme, ce qui laisse présager qu'il passera prochainement sous le seuil de remplacement.

Il doit exister un facteur, bien plus ancien et plus puissant que les smartphones, à l'origine de la baisse des taux de fécondité observée dans de nombreux pays ces soixante dernières années. On attribue souvent ce facteur à la révolution sexuelle des années 1960 et 1970, et plus précisément à l'émancipation des femmes et à la généralisation de la pilule contraceptive. Or, l'usage de la pilule ne saurait être une cause, mais seulement une conséquence.

La raison principale

Ma thèse est que la principale raison pour laquelle une grande partie de la population a cessé de “ désirer ” d'avoir des enfants et a commencé à utiliser massivement des contraceptifs est la sécularisation et la perte de foi en un Dieu créateur et protecteur, ainsi qu'en le sens transcendant de la vie. Ceci concorde avec les principaux sondages et études sociologiques menés à travers le monde, comme nous le verrons plus loin.

Bien que la parentalité responsable doive guider les couples mariés, une société qui considère de plus en plus les enfants comme un fardeau économique ou environnemental a perdu confiance en son propre avenir. C'est là la caractéristique la plus inquiétante de notre époque, y compris d'un point de vue économique.

Historiquement, la foi en Dieu et la transcendance conféraient à la procréation une signification qui dépassait le coût individuel : l’enfant était un don, une mission, une participation à la création, la continuation de quelque chose qui nous dépasse. Sans ce cadre de sens profond, les calculs rationnels de coûts et d’avantages seront toujours supplantés par le confort, la liberté ou les objectifs personnels.

La pilule, les smartphones, le coût du logement ou l'évolution des habitudes sociales peuvent certes aggraver le problème, mais ils n'en constituent pas la cause profonde. Ils sont sans importance si le problème de fond réside dans le fait que de moins en moins de personnes trouvent un sens à leur vie qui justifie le sacrifice d'avoir des enfants.

Il est important de souligner que l'article du Financial Times n'affirme pas catégoriquement que les smartphones sont la seule cause ni que cela a été définitivement prouvé, mais le présente plutôt comme une hypothèse de plus en plus étudiée et étayée par des corrélations internationales et des changements dans la façon dont les jeunes interagissent.

  • Moins d'interactions en face à face.
  • De moins en moins de couples se forment.
  • Plus d'isolement social.
  • Des attentes irréalistes concernant les relations.
  • Un fossé idéologique croissant entre les hommes et les femmes.

Diminution des pratiques religieuses

Il cite, entre autres, l'économiste espagnol Jesús Fernández-Villaverde, professeur d'économie à l'Université de Pennsylvanie et chercheur de premier plan dans le domaine des conséquences des changements démographiques, qui avertit depuis longtemps que “ la baisse de la fécondité est la grande question de notre époque ”, non seulement sur le plan sociologique, mais aussi sur le plan économique.

Elle cite également diverses études telles que celle de Nathan Hudson et Hernan Moscoso-Boedo, selon lesquelles les régions qui ont reçu l'internet mobile rapide (≥G4) plus tôt ont connu la baisse des naissances plus tôt et plus intensément.

L'article situe le début de la corrélation entre les smartphones et le point d'inflexion du taux de fécondité approximativement entre 2007 et 2010, avec l'adoption massive des smartphones (mesurée par les recherches liées aux applications mobiles).

Cependant, comme je l'ai dit, ce diagnostic ne correspond pas aux données statistiques à long terme. Après la Seconde Guerre mondiale, la fécondité (entendue comme le nombre d'enfants par femme) est restée relativement stable à l'échelle mondiale, augmentant même jusqu'aux années 1960. À partir des années 1960, 1970 et 1980, elle a amorcé un net déclin dans de nombreux pays.

De nombreuses études sociologiques montrent que, précisément depuis les années 1970 et 1980 – notamment dans les pays riches d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Asie de l’Est et de certaines régions d’Amérique latine – parallèlement à la forte baisse des taux de fécondité, la pratique religieuse, l’appartenance à une religion, l’idée que la religion est essentielle au sens de la vie, la foi en Dieu et la croyance en la profonde transcendance de l’existence ont commencé à décliner. Tout cela s’est produit bien avant la généralisation d’Internet et, bien sûr, bien avant l’apparition des smartphones.

Ce déclin de la signification transcendante n'est pas uniforme à l'échelle mondiale (dans Afrique (Les Africains subsahariens restent très religieux), mais la tendance générale depuis environ 60/50 ans dans les sociétés développées et urbanisées va clairement vers une forte sécularisation de la société (comprise non pas comme une séparation entre l'Église et l'État, mais comme le processus par lequel la religion perd en général de l'influence dans les différentes sphères de la vie personnelle et sociale).

Enquêtes et études

Les enquêtes et études sociologiques les plus importantes qui étayent cette hypothèse sont les suivantes :

Par exemple, selon Gallup et Pew, aux États-Unis, en 1999, 70 % des Américains appartenaient à une église, une synagogue ou une mosquée. Aujourd'hui, ce chiffre est inférieur à 50 %. La proportion de personnes se déclarant “ sans affiliation religieuse ” est passée de 5 % dans les années 1970 et 1980 à plus de 30 % aujourd'hui. La proportion de personnes affirmant que “ la religion est très importante dans ma vie ” ou qui “ croient fermement en Dieu et en la transcendance ” a également diminué.

Selon les données de Pew, dans de nombreux pays, y compris d'anciens pays fortement catholiques comme l'Espagne, l'Italie, la Pologne ou de nombreux pays d'Amérique latine, les jeunes générations sont nettement moins religieuses que les générations plus âgées.

À l'échelle mondiale, il existe toujours une majorité de croyants, mais pas parmi les jeunes générations. les jeunes. Le monde n'est pas devenu “ athée ” du jour au lendemain, mais il est devenu beaucoup plus laïque et agnostique dans de nombreux endroits et segments de la société. Les jeunes des pays riches et des grandes villes, en particulier, sont systématiquement moins religieux.

L'Asie de l'Est (Japon, Corée du Sud, Chine urbaine) est particulièrement sécularisée depuis des années. L'Afrique subsaharienne et certains pays d'Asie du Sud restent religieux.

spiritualité diffuse

La grande transition sociologique est le passage d'une “ religion organisée ” à une “ spiritualité diffuse ”. De nombreuses études mettent en lumière un phénomène important : le sentiment de “ transcendance ” ne disparaît pas toujours ; c'est plutôt la religion traditionnelle et institutionnelle qui s'est diluée. Autrement dit : moins de foi, moins d'églises, moins de dogmes, une pratique moins régulière et, de manière générale, un engagement moindre.

Ces études montrent cependant que beaucoup de gens croient encore en “ quelque chose qui transcende le monde matériel ”, en l'astrologie, en l'énergie ou en une spiritualité individuelle. La croyance en la transcendance existe toujours, mais elle est beaucoup plus ambiguë et manque de fondements clairs.

L'étude Pew 2025 le confirme : de nombreuses personnes non religieuses croient encore en “ quelque chose de spirituel qui dépasse le visible et le tangible ”, mais d'une manière si ténue qu'elle ne leur permet pas de nourrir un espoir fondé. Et bien sûr, cela ne les incite pas à avoir plus d'enfants.

Les smartphones sont apparus dans une société qui avait déjà perdu son sens de la transcendance et ont accéléré les symptômes (isolement, pornographie, comparaison constante). Mais attribuer la cause à la technologie revient à confondre l'accélérateur avec le moteur.

Le grand défi démographique de notre époque, “ la grande question de notre temps ”, ne se résoudra ni par davantage de subventions ni par une réduction du temps passé devant les écrans. Il exige de retrouver un sens profond à la vie, un sens qui justifie d'avoir des enfants. L'histoire montre que les sociétés qui oublient la raison de ce sacrifice finissent par disparaître, culturellement et physiquement.

L’usage généralisé des contraceptifs, des smartphones et des réseaux sociaux, le déclin des relations interpersonnelles, la croyance en un changement climatique anthropique apocalyptique et en la surpopulation mondiale ne sont que des conséquences du processus de sécularisation et de la perte d’espoir et de foi en un Dieu créateur et protecteur (pour les chrétiens, la perte de foi en un Dieu père qui nous aime follement).

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Livres

Le féminisme sous analyse

Le livre de María Caballero, " Qu'est-ce que le féminisme ? ", met de l'ordre dans le paysage actuel confus de ce sujet et nous aide à comprendre ce que signifie être une femme aujourd'hui.

Luis Fernández Navarro-30 mai 2026-Temps de lecture : < 1 minute

“ Qu'est-ce que le féminisme ? ” est un excellent ouvrage de référence qui présente tout ce qu'il faut savoir sur le féminisme aujourd'hui. Il retrace l'histoire complète de ce mouvement de défense des droits des femmes. égalité entre les sexes, rend compte des différentes « vagues » qui l'ont constituée, élabore une critique des dernières tendances et offre une réponse très pertinente à la question « qu'est-ce que cela signifie d'être » femme » Au XXIe siècle ? », offre un témoignage émouvant sur les femmes âgées, propose plusieurs pistes pour améliorer notre société avec une touche féminine et, enfin, fournit une bibliographie commentée et pertinente pour approfondir l’étude de ces questions.

Son auteure nous enseigne trois choses fondamentales : que le féminisme est fondamentalement positif et nécessaire ; qu’il a enrichi le monde, le rendant plus juste et équilibré ; et qu’à l’origine, il n’était pas une idéologie, mais la revendication d’un droit.

Bien qu'il soit logique de distinguer les aspects biologiques et culturels de sexualité, Il ne fait aucun doute que certains courants dissidents ont transformé cette idée en une idéologie radicale. Le féminisme “ queer ”, désormais hégémonique, que d'autres féminismes tiennent pour responsable de « l'effacement des femmes », soutient que le genre et le sexe sont des constructions sociales déterminées par le pouvoir. Un pouvoir social abstrait et impersonnel, dans la lignée de Foucault, quelque chose de mystérieux, voire de fantastique. Ainsi, dans cette perspective, ce qui est défendu, ce n'est pas la femme, mais un “ continuum ” instable de multiples genres, presque un pour chaque désir ou humeur. 

Le livre de María Caballero met de l'ordre dans ce panorama confus et nous aide à comprendre ce que signifie être une femme aujourd'hui.

Qu'est-ce que le féminisme ?

Auteur: María Caballero Wangüemert
EditorialSentiers
Lieu de publicationSéville
Nombre de pages: 181
Langue: Anglais
ISBN: 978-8412687194

L'auteurLuis Fernández Navarro

Vatican

Le caractère sacré de la vie révèle la beauté de la foi, déclare le pape

Face à l’indifférence religieuse généralisée dans les pays occidentaux, mais à une demande croissante de spiritualité, notamment chez les jeunes, le pape Léon XIV a déclaré aujourd’hui que “ le caractère sacré de la vie demeure l’expression la plus convaincante de la beauté de la foi chrétienne ”.

Francisco Otamendi-29 mai 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Lors d'une audience accordée au Dicastère pour l'Évangélisation, le pape Léon X les a remerciés pour l'immense travail d'organisation accompli lors du Jubilé de l'année précédente, qui a rassemblé plus de 33 millions de personnes. Le pape a également partagé quelques réflexions sur la vie de l'Église dans les années à venir.

Le monde a plus que jamais soif d’espérance ; l’évangélisation doit demeurer la motivation fondamentale de toutes les actions de l’Église universelle et des communautés locales. C’est seulement ainsi que la foi pourra être redécouverte dans toute sa beauté et que sa crédibilité pourra mieux s’exprimer », a déclaré le Pape. Audience.

Cependant, “ notamment dans les pays occidentaux, la crise de la foi, conjuguée à d’autres facteurs socioculturels, a engendré une indifférence religieuse généralisée. Pour beaucoup, la foi ne semble plus avoir de place dans leur vie. ”.

“ Une demande croissante de spiritualité, notamment chez les jeunes ”

Parallèlement, “ la demande croissante de spiritualité, notamment chez les jeunes, mérite une attention particulière, comme cela a été clairement exprimé lors du Jubilé de la jeunesse. La nouvelle génération n’est pas exclue de l’Évangile ; au contraire, nombreux sont ceux qui, en le redécouvrant, souhaitent mieux le connaître, car ils perçoivent qu’il recèle la clé du vrai bonheur. ”.

En ce sens, “ l’évangélisation actuelle, en particulier, doit tenir compte de l’évolution des conditions et de la dynamique de la transmission de la foi d’une génération à l’autre. Dans certaines régions du monde, cette transmission s’est pratiquement interrompue, ce qui exige la capacité de relever de nouveaux défis. ”.

Heureusement, a-t-il ajouté, “ à travers le monde, il existe de nombreuses et diverses expériences permettant aux communautés, associations, mouvements et groupes ecclésiaux chrétiens de rencontrer les jeunes, de les écouter et d’entrer en relation avec eux ”, a mentionné le Saint-Père.

Dans ce contexte, la transmission de la foi “ s’effectue nécessairement par la rencontre avec des personnes et des communautés qui expriment la joie de la foi chrétienne et la cohérence d’un mode de vie évangélique ”.

Comment aborder cette transmission de la foi ? 

Le pape s'est appuyé sur Benoît XVI et a déclaré que “ le christianisme ne peut être rendu attrayant en diluant son contenu ou en adoucissant ses exigences, mais en témoignant avec humilité et courage du “chemin, de la vérité et de la vie” qui a converti et sanctifié tant de personnes. ». 

“ Comme il l'a déclaré Benoît XVI‘ Ce dont nous avons besoin en ce moment de l'histoire, ce sont des hommes qui, par une foi éclairée et vécue, rendent Dieu crédible dans ce monde. […] Nous avons besoin d'hommes qui gardent les yeux fixés sur Dieu, apprenant de lui la véritable humanité. ». 

Nous avons besoin d’hommes dont l’intelligence est éclairée par la lumière de Dieu et dont le cœur est ouvert par Dieu, afin que leur intelligence puisse dialoguer avec celle des autres et que leur cœur puisse ouvrir celui des autres. C’est seulement par des hommes touchés par Dieu que Dieu peut revenir vers les hommes (Benoît XVI, L’Europe dans la crise des cultures, Sienne, 2005, p. 63-64).

Et il a résumé : “ Par conséquent, le caractère sacré de la vie demeure la forme la plus convaincante de la beauté de la foi chrétienne, qui transcende le temps et s'offre à toutes les cultures. ”.

Evangelii gaudium, catéchumènes, Confirmation

Dans son discours de clôture, le pape a abordé trois points :

Il a cité l’exhortation programmatique du pape François, “ qui demeure un point de référence décisif ”. Et il vous a invités à “ intégrer‘Evangelii Gaudium’ à votre travail à tous les niveaux, pour promouvoir une mission centrée sur le Christ et kérygmatique, née d’une rencontre avec le Christ capable de transformer des vies. “.

 – Accordez une attention particulière aux catéchumènes, car ils sont de plus en plus nombreux à demander le baptême.

– Une attention similaire devrait être accordée aux garçons et aux filles qui reçoivent le sacrement de la Confirmation.

Léon XIV confia son œuvre “ à la Vierge Marie, disciple parfaite et missionnaire de l’Évangile ”.

L'auteurFrancisco Otamendi

Ressources

Juan Luis Lorda : “ Le défi de la théologie est de la rendre passionnante. ”

Entretien avec Juan Luis Lorda, prêtre, docteur en théologie et auteur de plusieurs ouvrages qui ont aidé les chrétiens à mieux comprendre leur foi.

Paloma López Campos-29 mai 2026-Temps de lecture : 9 minutes

Juan Luis Lorda est prêtre et titulaire d'un doctorat en Théologie. Il a consacré une grande partie de sa vie à l'enseignement de la théologie dogmatique et est l'auteur de nombreux ouvrages sur la spiritualité qui ont aidé de nombreuses personnes à mieux comprendre la foi catholique.

Dans cet entretien avec Omnes, il parle de théologie et analyse… Conseil du Vatican II et cite certains des auteurs qui ont le plus influencé son travail.

Qu'est-ce que la théologie ?

La théologie est une réflexion sur la foi. Croire en quelque chose, ce n'est pas simplement l'accepter ; c'est l'accepter en pleine conscience, le comprendre autant que possible et répondre aux questions qui peuvent se poser.

Quel est le rôle de la théologie dans l'Église aujourd'hui ?

La théologie est et a toujours été très vaste. Elle se déploie à travers quatre aspects qui ne sont que l'application de ce que j'ai dit :

Premièrement, il faut comprendre ce que l'on croit.. C’est un thème célèbre, abordé notamment par saint Anselme de Cantorbéry, et qui s’inscrit également dans la tradition théologique. “ Fides quaerens intellectum ” (également de saint Augustin) : la foi qui cherche à comprendre.

Le deuxième point concerne l'explication de cette foi ; je dois la structurer. Chacun sait qu'enseigner permet d'apprendre bien plus que d'apprendre seul. Enseigner exige un effort qui nous pousse à approfondir nos connaissances. C'est pourquoi on étudie la théologie : parce qu'elle implique l'enseignement.

Il y a un troisième point à considérer : les difficultés externes et internes. Quand quelqu’un dit : “ Cela me paraît impossible ”, “ Je n’y crois pas ” ou “ C’est différent ”, cela me pousse à résoudre ce problème. C’est même un des axes historiques de développement de la théologie. Nous évoluons parce que nous devons réfléchir, parce que nous devons enseigner et parce que nous devons résoudre des problèmes.

Et puis elle se développe aussi parce qu'il est nécessaire d'interpréter les Écritures. Il est toujours nécessaire de les interpréter. Écriture sainte.

Historiquement, ces quatre activités ont contribué à l'essor de la théologie. Il est important de garder cela à l'esprit : les affirmations chrétiennes sont réelles, historiques et non symboliques ; ou plutôt, elles ne sont pas uniquement symboliques. Lorsque je dis “ Christ s'est fait homme ”, il ne s'agit pas d'une simple métaphore ou d'une transformation physique. Si je réduis cette affirmation à un symbole, à une expression poétique, tout devient ambigu et peut être interprété de mille façons.

Mais le christianisme avance des affirmations rigoureuses – je veux dire, rigoureusement historiques – et, de ce fait, il compromet grandement la vérité des choses. Il dit : “ Dieu a créé le monde. ” Dieu a créé le monde ; ce n’est pas une simple figure de style. “ Jésus-Christ est vrai Dieu et vrai homme. ” “ L’Eucharistie est une présence réelle de Jésus-Christ. ” Tout cela exige des explications.

Aujourd'hui, alors que l'on parle tant du langage, au point qu'il semble presque être une arme politique, quel est le lien entre langage et théologie ? Quel niveau de précision faut-il exiger des traités de théologie et des étudiants ?

– Tout est humainement imparfait car, en réalité, comme dans tous les aspects de la vie de l’Église, il existe un fossé immense entre ce dont on parle et ce que l’on peut dire. 

Nous ne sommes que de simples mortels, et nous parlons de Dieu, qui est infiniment plus grand que nous. Il y a donc toujours une disproportion brutale.

Cependant, précisément parce que les affirmations chrétiennes sont réelles — il y a une véritable incarnation, le Christ s'est incarné —, les mots humains sont capables de transmettre le message de Dieu parce qu'il l'a fait lui-même.

Assurément, aucun autre sujet n'a été autant étudié ni n'a suscité autant d'efforts. Bien que de nombreuses recherches existent dans divers domaines scientifiques et que de nombreux chercheurs s'y intéressent, la foi a historiquement occupé une place sans équivalent dans aucune religion ; il n'y a rien de comparable. Les rabbins ne se consacrent pas à l'étude de la foi en tant que telle, mais simplement à expliquer comment la vivre. De même, les experts musulmans se consacrent à la manière dont elle doit être vécue, mais non à la théorie, car ils estiment qu'elle relève du mystère et qu'il ne faut pas y toucher.

Quels auteurs et œuvres ont particulièrement influencé votre travail ?

- Tout d'abord, saint Josémaria Escrivá. Il a profondément marqué ma vie et ma spiritualité, ainsi que ma compréhension du christianisme. Je lui dois une grande partie de ma conception de la vie spirituelle et de la pratique du christianisme. Plus tard, j'ai écrit ma thèse sur saint Thomas d'Aquin ; il m'a donc également influencé.

J'ai vécu le pontificat de Jean Paul II Et, ayant enseigné l'anthropologie à la Faculté de théologie, j'ai beaucoup appris de lui. Jean-Paul II m'a fait découvrir les auteurs qu'il utilise et sur lesquels il s'appuie : tout le champ de la phénoménologie et du personnalisme. Pendant plusieurs années, je me suis consacré aux auteurs personnalistes tels que Martin Buber (philosophie du dialogue), Ferdinand Ebner, et aux auteurs phénoménologiques tels que Max Scheler, Edith Stein et Dietrich von Hildebrand. J'ai également étudié les auteurs du personnalisme français comme Jacques Maritain et peut-être Gabriel Marcel. Tout cela a constitué un univers passionnant pour moi.

Puis, d'une manière un peu littéraire, pour ainsi dire, cela m'a beaucoup influencé. C.S. Lewis. J'ai été très impressionné par sa capacité à dire des choses importantes de manière brève et concise, tant au niveau du style que de l'objectif de la présentation.

Depuis de nombreuses années, j'étudie la théologie des XIXe et XXe siècles. Je m'intéresse de plus en plus à John Henry Newman. Concernant le XXe siècle, j'ai étudié les théologiens importants et je continue de m'investir dans ce domaine.

Dans cette perspective, Joseph Ratzinger est sans doute la figure qui restera la plus emblématique du XXe siècle. Son influence ne cesse de croître grâce aux postes importants qu'il a occupés au sein de l'Église. Pape brillant et ouvert d'esprit, il fut un excellent représentant, jouissant d'une position privilégiée et ayant apporté une contribution personnelle significative.

Mais bon, il y en a d'autres importantes comme les Jésuites français. Henri de Lubac Et Jean Daniélou. J'admire aussi beaucoup Romano Guardini. Et puis, par exemple, Yves Congar (un dominicain français) est très important, et Hans Urs von Balthasar occupe une place de choix. Il y en a beaucoup d'autres, mais Louis Bouyer, par exemple, un oratorien français, est très intéressant et mon estime pour lui n'a cessé de croître en raison de l'abondance et de la richesse de son œuvre.

Bien sûr, saint Augustin et le Pères de l'Église. Dans l'histoire de la théologie, Augustin occupe une place très importante.

Pour deux raisons (les cours que j'ai donnés sur la grâce et la théologie du XXe siècle), j'ai été en contact avec la théologie orthodoxe. Notamment avec un groupe de théologiens orthodoxes russes associés à l'Institut Saint-Serge de Paris, tels que Vladimir Lossky et Paul Evdokimov, auteur d'un magnifique ouvrage sur la théologie de l'icône. J'ai également beaucoup apprécié d'autres auteurs protestants, par exemple Oscar Cullmann, et des exégètes de grande qualité et d'une profonde piété comme Martin Hengel et Joachim Jeremias.

En réalité, j'ai le sentiment d'une immense richesse intellectuelle au XXe siècle. C'est quelque peu paradoxal, car ce siècle fut à la fois un siècle d'une théologie remarquable et un siècle de crises. Il y a eu une crise théologique, dont l'exemple paradigmatique est celui de Hans Küng, ou encore la controverse antérieure du catéchisme néerlandais. Ces événements ont été des moments décisifs dans l'évolution de la crise de l'Église au XXe siècle. Mais en réalité, il y a eu un très riche renouveau théologique. Ce renouveau me motive profondément, car je pense qu'il est nécessaire de le synthétiser, de le transmettre et de lui donner une place dans l'enseignement.

Vous avez spécifiquement mentionné l'enseignement universitaire. Selon vous, que faudrait-il exiger des universités pour retrouver le niveau théologique qui existait au XXe siècle et que nous semblons perdre au XXIe siècle ?

Chaque époque a sa place, et le XXe siècle est, pour l'instant, inimitable. Il a coïncidé avec un formidable essor des ordres religieux et de la religiosité : de nombreuses vocations chez les jeunes, de nombreuses personnes en formation, de nombreux jeunes théologiens désireux d'évangéliser et de renouveler les Églises. Nous ne sommes plus dans cette situation.

Nous assistons actuellement à une transition rapide en Europe, d'une majorité chrétienne à une minorité de convertis. Ce processus pourrait s'étaler sur plusieurs siècles (il est en réalité en cours depuis deux). L'ancien modèle des nations chrétiennes disparaît. Politiquement, il a déjà disparu ; mais culturellement, les nations traditionnelles d'Europe cessent d'être chrétiennes, en raison d'une perte de foi et aussi pour des raisons démographiques. L'Europe est en proie à un quasi-démembrement. C'est un processus lent qui se déploie sur trois ou quatre générations.

En Espagne, le taux de natalité est extrêmement bas depuis de nombreuses années et ne montre aucun signe d'amélioration. La population va connaître des transformations radicales ; actuellement, 20 % de la population est née à l'étranger, ce qui modifie la culture, les coutumes et les mentalités. Les institutions ecclésiastiques sont souvent très inertes, mais regardez : lorsque la faculté de théologie où j'ai passé 42 ans a ouvert ses portes dans les années 1970, 770 prêtres étaient ordonnés chaque année ; l'année dernière, seulement 62 ont été ordonnés. Passer de 770 à 62 ordinations, avec seulement 11 ou 12 facultés de théologie, est intenable.

La situation est très différente aujourd'hui, car nous sommes passés d'un christianisme pratiqué par la majorité, parfois par une sorte d'inertie. Je ne le dénigre pas, car je l'ai constaté et je sais que les gens n'en savaient pas beaucoup, mais ils essayaient d'être chrétiens et n'étaient pas hypocrites. Cependant, les générations précédentes n'ont pas pu transmettre la foi à leurs enfants. Pourquoi ? Parce que, entre autres, elles ne savaient pas en quoi consistait cette foi ; elles ne pouvaient pas l'expliquer. Elles savaient qu'il fallait aller à la messe et qu'il était bon d'être proche de l'Église, mais elles n'étaient pas capables de l'expliquer à leurs enfants. Et faute d'explication, la transmission s'est clairement perdue.

Quel est selon vous le plus grand défi spirituel ou théologique actuel ??

Je pense qu'il s'agit précisément de la transition vers une Église de convertis. En Espagne, leur nombre reste faible, mais il augmentera dans certaines limites. Je ne crois pas non plus que les majorités qui cessent d'être chrétiennes seront remplacées par des majorités de convertis ; cela ne se ressent pas.

Mais cela donne naissance à des centres chrétiens dynamiques et renouvelés. Pour ceux d'entre nous qui sommes chrétiens par tradition et non par conversion personnelle (bien que nous devions toujours être en état de conversion), il peut être utile de constater la nécessité d'une approche davantage axée sur le témoignage. Ce changement s'opère au rythme d'une génération ; nous en verrons tous les effets d'ici une trentaine d'années.

L'un des principaux problèmes du concile Vatican II a été sa mise en œuvre. Pouvez-vous nous en parler ?

– Lorsque le Conseil est arrivé, avec la venue de tant de jeunes venus de toute l'Europe, il a suscité de grandes attentes et un fort désir de tout renouveler. En principe, c'est une bonne chose. Mais cela a aussi engendré des tensions.

Je prends souvent l'exemple de la pièce où je me trouve : que pourrait-on améliorer ? En y réfléchissant rationnellement, il y a bien quelques points à améliorer ; des étagères et des armoires arrivent demain et vont embellir la pièce. C'est parfait. Mais si je me laissais gagner par l'anxiété, si je me critiquais sans cesse et si je regardais la pièce avec désintérêt, elle me paraîtrait horrible et insupportable. Au final, ce qui aurait pu être une amélioration se transformerait en un brasier destructeur ; je pourrais même finir par incendier la pièce.

Cela s'est produit parce que l'Église est profondément imparfaite, non pas en Jésus-Christ, mais en nous. Elle l'a toujours été. Cela ne signifie pas que nous ne devions pas chercher à nous améliorer, car nous devons tous progresser, mais cela demande un peu de patience. Si nous manquons de patience et de discernement quant à ce qui est important et à la manière d'y parvenir, nous échouons.

Cette même anticipation s'est parfois muée en phénomène destructeur, car elle a conduit à des changements pour le simple plaisir de changer, parfois au choix de n'importe quoi sans discernement. Il en a résulté un problème délicat : un manque de confiance envers l'Église, ses enseignements et les évêques. Ce qui avait commencé comme un désir d'amélioration s'est parfois transformé en critiques et en changements malavisés. Compte tenu de l'importance de l'Église en tant qu'institution, le désordre et les dégâts ont été considérables.

Cela n’a pas toujours été reconnu car il existe une forme compréhensible de bienfaisance chrétienne (nous sommes optimistes et croyants), et aussi une défense intellectuelle logique du gouvernement ecclésiastique.

Malgré tout, la vie chrétienne se vit dans l'espérance, tournée vers l'avenir et confiante dans le Seigneur. Bien qu'il y ait eu des crises, il y a eu aussi de nombreuses bonnes choses, et bien sûr, le Concile fut une excellente chose.

D’un point de vue théologique, quels progrès positifs ont été accomplis grâce au Concile Vatican II ?

– Un très grand nombre, car elle est devenue incroyablement riche. Cette richesse même représente un défi, car elle nécessite d'être assimilée et organisée pour être transmise, mais nous avons recouvré une grande part de la connaissance directe des Pères de l'Église. Nous avons approfondi d'immenses domaines de la liturgie et de l'ecclésiologie (ce qu'est l'Église) ; elle s'est considérablement enrichie.

Il est vrai que cela engendre parfois confusion et difficulté à discerner les choix, et crée des phénomènes de mode. De plus, l'Église est soumise à des pressions extérieures. D'une part, au XXe siècle et encore aujourd'hui, elle subit une pression sécularisante et modernisatrice qui critique fondamentalement la foi. Cela a un effet pernicieux sur les personnes et sur la théologie. Il semblerait plus moderne ou acceptable de ne croire qu'aux biens matériels. Cette pression est très forte et engendre une théologie sécularisée, prédisposée par imprégnation à dire ce que les gens veulent entendre.

D'un autre côté, même si cela peut paraître marginal dans notre contexte culturel actuel, le XXe siècle a été marqué par une présence et une pression communistes considérables (tant sur le plan propagandiste que stratégique) qui ont profondément influencé la vie de l'Église. Ce climat utopique laissait entrevoir la possibilité d'un monde meilleur en quelques étapes simples et une révolution. Il a engendré des critiques fondées sur une vision économique et politique simpliste. Cette atmosphère s'est avérée particulièrement néfaste pour les chrétiens idéalistes en manque de discernement. Le communisme et son appareil de propagande ont exercé une influence significative.

Existe-t-il aujourd'hui des questions ouvertes qui représentent selon vous un défi théologique particulièrement intéressant ?

On pourrait croire que le plus important, ce sont les nouveautés, mais ici, ce ne sont pas les nouveautés qui importent, mais plutôt les valeurs fondamentales. L'Évangile signifie “ bonne nouvelle ”, ce qui implique une nouveauté perpétuelle. Et c'est toujours une bonne nouvelle car cela signifie que Dieu existe, qu'il est possible de vivre en sa présence, que ce monde a un sens et qu'il existe un salut face à la mort, à nos propres limites et à nos souffrances. Voilà la bonne nouvelle chrétienne, qui est toujours source d'enthousiasme.

Le grand défi de la théologie est de la rendre captivante, car elle peut parfois devenir ennuyeuse. Le véritable enjeu est qu'elle devienne ce qu'elle est censée être : quelque chose de véritablement passionnant.

Ressources

“ Magnifique humanitas ” : optimisme et « fidélité créative »

Dans sa première encyclique, le Saint-Père analyse la situation culturelle, anthropologique et sociologique du monde, un monde où les grandes illusions font défaut et où, simultanément, d'importants débats et problèmes nous attendent, qu'il nous faille résoudre ou orienter.

José Carlos Martín de la Hoz-29 mai 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Le 25 mai, première encyclique par Léon XIV, qui avait été signé le 15 mai, donc quelques jours seulement avant sa prochaine visite en Espagne où l'on espère qu'il remontera le cœur et l'esprit des chrétiens et de tous les hommes de bonne volonté pour regarder vers l'avenir avec enthousiasme et espoir.

Comme Monseigneur l'a déclaré à plusieurs reprises. Luis Argüello, L’archevêque de Valladolid et président de la Conférence épiscopale espagnole, le Saint-Père, lors de son prochain voyage dans notre pays, nous invitera à porter notre regard au-delà des idéologies et des systèmes de pensée dépassés.

Tout le monde veut qu'il fasse comme Jean Paul II Lors de sa visite à Saint-Jacques-de-Compostelle, où il a ravivé les racines chrétiennes de notre pays et nous a exhortés à porter du fruit dans l'amour et à impliquer résolument l'homme dans la construction d'un pays démocratique et ouvert, plein de confiance en l'homme : “ De Saint-Jacques, je vous envoie, vieille Europe, un cri plein d'amour : redécouvrez-vous. Soyez vous-mêmes. Découvrez vos racines. Ravivez vos racines ” (Saint-Jacques, 9 novembre 1982).

Des conseils pour tous

Pour en revenir à l'encyclique de Léon XIV “ Magnificat humanitas ”, rappelons-nous qu'une encyclique est un document de valeur universelle adressé aux chrétiens du monde entier et aux hommes et femmes de bonne volonté qui désirent des conseils pour leur vie et des clés pour comprendre le monde dans lequel ils vivent.

On l'appelle techniquement le Magistère ordinaire de l'Église car il traite des questions de foi et de morale appliquées de manière routinière. De ce fait, il peut être utile aux non-chrétiens, car il ne fait pas appel à la foi et ne résout pas les questions importantes actuellement débattues.

Sans aucun doute, le temps a suffi depuis son élection pour rassurer tous ceux qui craignaient des changements brusques ou des positions extrêmes. Le Pape perpétuera la tradition séculaire de l'Église, celle de la fidélité créatrice. Il gouvernera donc l'Église sous l'inspiration du Saint-Esprit, qui est le véritable souverain de l'Église.

Cette encyclique nous aidera à prendre conscience que le mystère de l’Incarnation du Fils de Dieu est le dogme clé de la vie de l’Église et que, de lui, l’horizon magistériel est éclairé.

Analyse des événements actuels

Par ailleurs, il convient de souligner que le Saint-Père a utilisé sa première encyclique pour analyser la situation culturelle, anthropologique et sociologique du monde, un monde où les grandes illusions font défaut et où, simultanément, d'importants débats et problèmes doivent être résolus ou orientés.

Premièrement, elle nous a montré la voie à suivre pour relever les défis de notre époque : se tourner vers Écriture sainte, aux Pères de l’Église et au Magistère, c’est-à-dire à l’Évangile de tous les temps, pour trouver Jésus-Christ, le Verbe incarné, et en lui les réponses aux problèmes et aux incertitudes.

La solution réside toujours dans le commandement de la charité : “ Je vous donne un nouveau commandement : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés ” (Jn 13, 34-35). Il suffit de contempler les armoiries papales pour y trouver le cœur ardent de saint Augustin et replacer l’amour de Dieu et l’amour du prochain au cœur de tout.

Ce qui frappe d'emblée, c'est la grande confiance du Saint-Père en l'humanité et en sa capacité créative à surmonter les problèmes les plus complexes. C'est toujours une question d'amour, de recherche du bien commun, qui conduit au développement de la dignité de la personne humaine, de chaque être humain. C'est pourquoi le pape Léon XIV souhaitait le rencontrer à Îles Canaries Lors de son prochain voyage, il rencontrera ces milliers de migrants qui arrivent sur nos côtes au péril de leur vie, car l'avenir de leurs pays d'origine leur était déjà inaccessible. De même, la précision théologique et juridique avec laquelle ces questions sont abordées est manifeste, caractéristique d'un homme de droit et d'un théologien avisé qui sait que seule la vérité forge la liberté, comme nous l'avons déjà évoqué.

Les besoins de l'homme

Il est intéressant de constater que la doctrine sociale de l'Église, que Léon XIII a renouvelée et structurée dans sa célèbre encyclique “ Rerum Novarum ” (1891), revient au premier plan dans sa première encyclique, et la renouvelle à nouveau, en retrouvant le concept de Dieu incarné, le mystère central de notre foi, car c'est en cela que réside la dignité de la personne humaine ; nous sommes l'image et la ressemblance de Dieu et enfants dans le Fils.

C’est précisément dans ce cadre que s’inscrit la question de l’intelligence artificielle, outil technologique qui, comme tout autre, doit être au service de l’humanité, du progrès intégral de la dignité humaine. Nous apprendrons donc à l’utiliser, car la liberté et ses manifestations doivent être guidées par la vérité.

En ce sens, il semble que le pontife romain ait rappelé l'importance du dialogue entre la foi et la science, à l'instar du pape Benoît XVI Il a insisté sur le dialogue entre la foi et la raison. Après tout, toutes deux puisent leur source dans le mystère de la création. De plus, le pape est un scientifique, tandis que Benoît XVI était un humaniste.

Logiquement, les thèmes et le style du message du Saint-Père dans cette encyclique témoignent amplement de la continuité avec le pontificat précédent. Ils révèlent un cœur miséricordieux, attentif aux besoins spirituels et matériels de tous, en particulier des plus démunis, et surtout soucieux de la paix dans le monde. La tristesse du Pape face à la multiplication des guerres, et plus particulièrement face à l'ampleur des ravages matériels et spirituels qu'elles engendrent, est tout à fait compréhensible.

De même, tout au long des pages de la nouvelle encyclique, les grandes lignes de son pontificat sont mises en avant, lignes déjà esquissées dans son premier discours prononcé du balcon de la place Saint-Pierre le 8 mai 2025, lorsqu'il a parlé de poursuivre son œuvre pour la paix dans le monde et dans les consciences ; de cultiver l'unité de l'Église et le zèle pastoral pour tous, en particulier les plus démunis ; et de nous apprendre à aimer d'un cœur vibrant de Saint Augustin et de la Bienheureuse Vierge Marie.

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Évangélisation

Homme et femme : une différence en amour

Dans l'article précédent, nous avons vu que la solitude n'est pas une souffrance stérile, mais un rappel : nous sommes faits pour la communion. Mais alors, une question se pose : comment y parvenir ? La Genèse nous ramène à l'origine et nous offre une réponse claire : la rencontre de la communion et de l'amour se produit entre l'homme et la femme.

Hugo Elvira-29 mai 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Les relations entre hommes et femmes semblent aujourd'hui tendues et empreintes de méfiance. On a l'impression que la différence pose problème, que la fidélité est impossible… Aimer, c'est apparemment voué à la perte. C'est pourquoi nous revenons à la Genèse, où l'histoire de l'humanité commence en affirmant exactement le contraire.

Nous lisons dans le premier livre de la Bible : “ Le Seigneur Dieu dit : ‘ Il n’est pas bon que l’homme soit seul… ’ ” (Genèse 2:18). Et cela ne se limite pas à décrire un besoin émotionnel. Cela révèle quelque chose de plus profond : l’identité même de l’être humain. Car l’humanité a été créée par Dieu. “ À son image, à l’image de Dieu il l’a créé… ” (Genèse 1:27). Cela ne signifie pas seulement qu'il est plus “ précieux ” ou “ supérieur ” au reste de la création ; cela signifie que si l'homme veut comprendre qui il est, il doit se tourner vers Dieu. Et qui est Dieu ? Dieu est Trinité. Dieu n'est pas solitude. Père, Fils et Saint-Esprit : une communion de Personnes dans l'amour.

Comme il enseignait Saint Jean Paul II, suite à Gaudium et Spes n°22, L’homme ne peut être pleinement compris qu’à la lumière de ce “ principe ”, c’est-à-dire en considérant le dessein originel de Dieu pour lui. Dès lors, après la solitude originelle, l’unité originelle apparaît, non comme un ajout, mais comme l’expression de ce qu’est l’homme depuis le commencement : un être humain fait pour la communion, car Dieu lui-même est communion.

Né pour fonder une famille

La communion n'est pas une option agréable. C'est une vocation. On pourrait le dire ainsi : l'homme est fait pour fonder une famille.

Cette vocation s’exprime de multiples façons : dans l’amitié, dans la fraternité, dans la vie de l’Église. Mais si l’on veut en comprendre l’origine, la Genèse nous conduit à une première expérience décisive : "Il les créa mâle et femelle". (Genèse 1, 27). Et, bien qu’elle ne soit pas la seule forme de communion, elle est une forme originelle qui – comme le souligne saint Jean-Paul II – révèle quelque chose d’essentiel sur la personne humaine et sa vocation à l’amour. Dès lors, toutes les autres formes de communion – chacune à sa manière – participent à cette logique : unité, complémentarité et don. Quelle est cette logique ?

Si nous contemplons le Mystère de la Trinité, nous découvrons une chose surprenante : Dieu est Un… mais Il n’est pas uniforme. Le Père est Père. Le Fils est Fils. Le Saint-Esprit est Saint-Esprit. Il n’y a ni confusion ni inversion des rôles. Et c’est pourquoi, bien qu’ils soient Un en Divinité, ils sont aussi distincts dans leur mode d’être-relation – être en communion – afin d’être Un par l’Amour.

Et cela révèle une vérité essentielle pour comprendre la communion humaine : la véritable unité n’élimine pas la différence ; elle en a besoin. Sans différence, il n’y a pas de communion. Il n’y a que l’uniformité. C’est pourquoi, dans la Genèse, la réponse à la solitude n’est pas… “ Un autre exactement pareil ”. Mais quelqu'un de différent, et pourtant de semblable : “ Voici cette fois celle qui est os de mes os et chair de ma chair ! On l’appellera femme, car elle a été tirée de l’homme. “ (Genèse 2, 23). Comme on peut le constater : égaux en dignité, différents dans leur manière d’être. C’est ce que saint Jean-Paul II appelait l’unité originelle : la première expérience de véritable communion entre les personnes.

La complémentarité qui rend l'amour possible

La différence entre l'homme et la femme n'est pas un hasard. Elle est une nécessité pour une véritable complémentarité. Une structure inscrite dans le corps même qui dit : “ Tu n’es pas fait pour te replier sur toi-même, tu es fait pour recevoir l’amour et en donner. ”.

La complémentarité n’est donc pas seulement biologique. Elle est personnelle. Elle est la possibilité réelle de se donner. C’est pourquoi la Genèse ajoute : “ les deux deviendront une seule chair ” (Genèse 2:24). Il ne s'agit pas de confusion, ni de perte d'identité. Il s'agit d'unité dans la différence, comme le montre la Trinité : l'unité sans la confusion. 

Cette logique n'est pas qu'une simple théorie. Elle se manifeste concrètement dans l'histoire du salut : Dieu a voulu que son Fils vienne au monde… au sein d'une famille : Jésus naît d'une mère et grandit avec un père. Non pas que Dieu ne puisse lui donner directement tout cet amour, mais parce que l'amour humain a sa propre manière de se manifester. 

L’amour maternel vient d’une femme, l’amour paternel d’un homme. Tous deux sont nécessaires au cœur humain. C’est pourquoi, dans cette complémentarité – Marie comme mère, Joseph comme père adoptif –, Jésus trouve un véritable foyer : une authentique communion des personnes, une famille.

Lorsque l'harmonie de la complémentarité est rompue

Il est vrai que, malgré la beauté de tout ce qui a été dit jusqu'ici, nous savons tous que cette vision n'est pas la plus répandue. Pourquoi ? Parce que le cœur humain est blessé par le péché. Et, de ce fait, sa capacité à vivre en communion s'en trouve également altérée.

Il est vrai que la communion est indubitablement rompue lorsque l'autre cesse d'être un don et devient un objet, lorsque le corps est instrumentalisé au lieu d'être une manifestation visible de l'amour. Mais il existe une autre manière, plus silencieuse – et peut-être plus dangereuse – dont cette harmonie s'affaiblit également : lorsque la différence n'est plus accueillie, lorsque les hommes et les femmes cessent de se reconnaître dans leur propre manière d'être, lorsque la richesse de la différence se perd. C'est là que apparaît clairement combien la masculinité et la féminité sont des manières concrètes d'être une personne. Et en elles s'inscrit un appel à aimer fécondement : à vivre la paternité et la maternité. Nous pouvons tous le vivre : chez certains, cette vocation s'exprime aussi biologiquement, au sein de la famille. Chez d'autres, elle se vit de manière spirituelle et surnaturelle, comme c'est le cas du célibat ou, comme l'appelle saint Jean-Paul II, de la virginité pour le Royaume des Cieux. 

Cette capacité d'accueillir, de donner, de donner la vie – de tant de manières – fait partie intégrante de la vérité de l'amour humain. Et lorsque cette richesse est rejetée, confondue ou brouillée, la relation perd de sa clarté originelle. Non pas parce que la personne perd sa dignité – qui ne se perd jamais – mais parce qu'elle s'éloigne, parfois inconsciemment, de l'image de Dieu inscrite en elle. Alors, malgré les meilleures intentions et les réflexions les plus profondes, un certain désarroi s'installe dans le cœur. De là naît la difficulté à aimer, à se donner, à être fidèle, à construire cette communion. Car l'amour a besoin de vérité. La vérité de l'amour humain inclut la différence, la réciprocité et la possibilité d'une authentique complémentarité. Lorsqu'elle est cultivée, la communion s'épanouit. Lorsqu'elle se perd, la relation devient fragile.

Une aventure possible

Il n'en reste pas moins que la vérité demeure : les hommes et les femmes ne sont pas faits pour être en compétition.,
Ni méfiance ni exploitation. Ils sont appelés à se rencontrer, à être fidèles par la grâce du sacrement de mariage, à découvrir en l'autre non pas une limite, mais un don. La différence n'est pas une guerre. C'est une aventure. Un appel à mieux aimer, à se dépasser, à construire ensemble, en communion, ce qui n'est possible que dans la construction d'un monde nouveau.

Vatican

Le pape Léon XIV appelle à une prière du Rosaire pour la paix le 30 mai

Le Rosaire, promu par le Dicastère pour l'Évangélisation, unira spirituellement les principaux sanctuaires mariaux du monde dans une prière commune avec le Pape depuis les jardins du Vatican.

Rédaction Omnes-28 mai 2026-Temps de lecture : < 1 minute

L'insistance du pape Léon XIV sur paix Sa présence dans le monde continue de se manifester, notamment par son exhortation constante à la prière. Ainsi, samedi prochain, le 30 mai, à 19h, le Saint-Père présidera la récitation du Saint Rosaire à la grotte Notre-Dame de Lourdes, située dans les jardins du Vatican.

À cette occasion, tous les sanctuaires du monde seront invités à se joindre à la prière du Saint-Père et à leurs pèlerins et fidèles respectifs.

Parmi les principaux sanctuaires qui ont déjà confirmé leur adhésion à l'initiative figurent le Sanctuaire de la Mère de Dieu de Zarvanytsia (Ukraine), le Sanctuaire international Notre-Dame de la Paix et du Bon Voyage d'Antipolo (Philippines), le Sanctuaire de la Bienheureuse Vierge du Rosaire de Fatima (Portugal), le Sanctuaire Notre-Dame Reine de la Paix de Medjugorje (Bosnie-Herzégovine), le Sanctuaire Notre-Dame de Lourdes (France), le Sanctuaire de Sainte Charbel Annaya de Byblos (Liban) et le Sanctuaire pontifical de la Sainte Maison de Lorette (Italie).

Cette initiative est portée par le Dicastère pour l’Évangélisation – Section des Questions Fondamentales de l’Évangélisation dans le Monde –. La participation en présentiel est possible dans la limite des places disponibles. Les billets peuvent être retirés Via della Conciliazione 7 les 28, 29 et 30 mai, de 9h30 à 17h30.

De même, les fidèles pourront se joindre à la prière depuis la place Saint-Pierre grâce aux écrans géants installés sur la place.

Monde

La Somalie, au bord d'une catastrophe humanitaire

La Somalie se rapproche à nouveau d'une catastrophe, avertissent les agences humanitaires, alors que le pays est confronté à l'une des pires crises humanitaires au monde.

OSV / Omnes-28 mai 2026-Temps de lecture : 5 minutes

– Fredrick Nzwili, OSV News

Les agences d'aide internationale, y compris celles liées à l'Église catholique, alertent sur le fait que des millions de personnes manquent de ressources. Somalie L’accès aux services essentiels vitaux est indispensable, et un soutien mondial durable est urgent. 

“ Près de 6,5 millions de personnes en Somalie souffrent d’insécurité alimentaire aiguë, tandis que plus de 1,8 million d’enfants souffrent de malnutrition aiguë ”, a déclaré un groupe d’organisations humanitaires, dont Save the Children International et SOS Villages d’Enfants International, dans un communiqué commun publié le 20 mai. 

“ Parmi eux, des centaines de milliers souffrent de malnutrition aiguë sévère qui nécessite un traitement urgent. ”.

Pas seulement des chiffres, mais des personnes en situation de crise

Selon ces organisations, il ne s'agit pas simplement de chiffres, mais de personnes qui se couchent le ventre vide, de familles contraintes de quitter leur foyer en raison de la sécheresse et de conflits récurrents, et de mères qui luttent pour prendre des décisions impossibles afin de maintenir leurs enfants en vie.

Ces chiffres sont cohérents avec les données Les données les plus récentes, d'avril à juin, proviennent de l'initiative de classification intégrée des phases de sécurité alimentaire, un cadre mondial standardisé utilisé pour classifier, mesurer et communiquer l'ampleur de l'insécurité alimentaire et malnutrition.

Somalie et pays de la Corne de l'Afrique (@Wikimedia commons).

La solidarité et le soutien international sont essentiels

L'évêque Jamal Boulos Sleiman Daibes de Djibouti, qui est également administrateur apostolique de Mogadiscio, appelle à une attention et une solidarité internationales continues, soulignant la situation humanitaire fragile et complexe du pays.

“ La situation humanitaire est véritablement catastrophique ”, a déclaré Mgr Daibes à OSV News, soulignant l’ampleur de la crise, alimentée par des sécheresses récurrentes, des déplacements forcés de population, l’insécurité alimentaire et le changement climatique, tandis que les ressources disponibles restent insuffisantes. “ Par conséquent, la solidarité et le soutien internationaux demeurent essentiels. ”.

Une famille somalienne déplacée prépare le petit-déjeuner devant son abri de fortune à Mogadiscio, le 7 mai 2026. (Photo OSV News/Feisal Omar, Reuters).

Des millions de personnes sont privées de services de base

Des millions de personnes sont privées de services essentiels tels que les soins médicaux et l'eau potable, même si l'Église, par le biais de Caritas Somalie et en collaboration avec des organisations humanitaires et des partenaires internationaux, continue de leur apporter une aide.

“ On peut également constater la résilience et la dignité du peuple somalien, ainsi que les efforts constants des autorités locales et des partenaires internationaux pour renforcer la stabilité et favoriser le redressement ”, a déclaré l’évêque. ” Toutefois, les besoins humanitaires demeurent immenses et requièrent une attention et une solidarité internationales constantes », a-t-il ajouté à OSV News. 

Dans un communiqué publié fin mars, Caritas Somalie a déclaré que “ les femmes, les enfants et les personnes âgées, déjà touchés, subissent les pires conséquences de cette crise de plus en plus grave ”, et a averti que seulement 11 % des fonds nécessaires avaient été reçus des donateurs. 

“ Nous appelons les donateurs à mobiliser les fonds nécessaires de toute urgence pour fournir des services essentiels aux personnes les plus vulnérables, en particulier les femmes et les enfants ”, a déclaré Caritas.

Les responsables humanitaires affirment que la crise s'aggrave à mesure que les pressions économiques accroissent les besoins humanitaires. 

Une femme somalienne déplacée à l'intérieur du pays tient son enfant malnutri dans un hôpital de Baidoa, en Somalie, le 29 avril 2026. (Photo OSV News/Feisal Omar, Reuters).

Fermeture d'Hormuz : les prix du carburant augmentent jusqu'à 150%

Mohammed Abdi, directeur pour la Somalie au sein du Conseil norvégien pour les réfugiés, a déclaré que le pays subit un impact économique majeur, en plus d'une famine généralisée, avec des prix du carburant en hausse de près de 150 % et des prix des produits alimentaires de base en hausse de 50 % depuis la fermeture du détroit d'Ormuz.

“ Seuls 151 % de la réponse humanitaire reçoivent un financement. Nous constatons une détérioration de la situation en temps réel, sans aucun moyen de l’enrayer ”, a déclaré Abdi. 

La situation en Somalie était déjà précaire lorsque l'administration Trump a fermé les frontières. Agence des États-Unis pour le développement international (USAID) En 2025, la guerre avec l'Iran a exacerbé les problèmes des organisations d'aide humanitaire.

Le transport maritime est presque paralysé

“ La Somalie est fortement dépendante des importations de produits alimentaires, d'engrais et de carburant. Le trafic maritime étant quasiment à l'arrêt dans le détroit d'Ormuz, les prix de ces produits essentiels ont doublé. Dans des dizaines de pays pauvres et instables, la faim progresse à mesure que les prix des denrées alimentaires augmentent ”, indique le rapport. Le New York Times, 

Il a ajouté : “ Nous assistons au premier véritable test de la façon dont une crise mondiale comme la guerre se déroulera dans ce qu'un responsable de l'aide humanitaire a décrit comme "l'ère post-aide". ‘.

À cela s'ajoute l'insurrection d'Al-Shabab, affiliée à Al-Qaïda.

“ En plus de trente ans de journalisme, j'ai été témoin de nombreuses tragédies, du tsunami de l'océan Indien aux guerres en Irak et au Cambodge. Mais ce que j'ai vu et entendu récemment en Somalie m'a profondément choqué ”, a rapporté Peter Goodman pour le New York Times.

L'instabilité persistante en Somalie complique davantage les efforts d'aide humanitaire. Le pays continue de lutter contre une insurrection menée par Al-Shabab, une branche d'Al-Qaïda en Afrique de l'Est, qui perpètre des attaques et impose une interprétation rigoriste de la loi islamique dans les zones qu'elle contrôle.

Majoritairement musulmane, avec une présence catholique discrète

Malgré ces difficultés, l'Église catholique maintient une présence discrète mais significative. La Somalie est majoritairement musulmane (99,9%), et les communautés chrétiennes sont petites et concentrées principalement dans les zones urbaines, souvent composées de convertis. 

Une grande partie des infrastructures physiques de l'Église a été détruite ; la cathédrale principale de Mogadiscio, construite entre 1925 et 1928 par les missionnaires de la Consolata, est en ruines depuis 2008 et son terrain sert de campement pour les personnes déplacées par des décennies de conflit.

L’évêque Daibes a déclaré que son ministère s’exerce avec prudence et discrétion, mais qu’il reste étroitement lié au peuple par l’aide humanitaire et la collaboration.

L'œuvre sociale et humanitaire de l'Église

“ Bien qu’il ne soit pas toujours possible d’être directement présent dans le pays, je maintiens un contact régulier avec la réalité somalienne, notamment par le biais de Caritas Somalie, qui représente le service social et humanitaire de l’Église ”, a-t-il déclaré.

Il a ajouté que la présence de l'Église est nécessairement limitée et respectueuse des conditions locales, et qu'un contact permanent est maintenu avec le clergé du Somaliland — une région autoproclamée indépendante du nord — et avec les aumôniers de Mogadiscio.

“ La mission de l’Église s’accomplit principalement par le témoignage, le service humanitaire, l’accompagnement et la promotion du dialogue et de la fraternité humaine ”, a déclaré l’évêque Daibes.

Espoir prudent

Malgré l'ampleur des souffrances, l'évêque a exprimé un espoir prudent pour l'avenir de la Somalie, soulignant l'importance de la réconciliation, de la construction d'institutions et de l'investissement dans la jeunesse.

“ L’instauration d’une paix durable exige non seulement des mesures de sécurité, mais aussi des investissements dans les opportunités offertes aux jeunes, le développement social et le renforcement de la confiance et de la coopération au sein de la société ”, a-t-il déclaré.

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– Fredrick Nzwili écrit pour OSV News depuis Nairobi, au Kenya.

L'auteurOSV / Omnes

Livres

“ J’ai le sentiment que Léon XIV va être un pape exceptionnel. ”

Juan Vicente Boo, l'un des plus grands spécialistes du Vatican, publie une étude biographique sur le Saint-Père, à l'occasion du premier anniversaire de son pontificat.

José María Navalpotro-28 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

Il le surnomme “ le pape de la nouvelle ère ”. Juan Vicente Boo, l'un des experts du Vatican les plus prestigieux et expérimentés, vient de publier une biographie de Léon XIV aux éditions Espasa, qui a achevé le 18 mai sa première année de pontificat. La nouvelle ère évoquée par Boo est marquée par… Intelligence artificielle (IA).

L'auteur explique qu'en prenant le nom de Léon XIV Cela en dit long. Ainsi, si Léon XIII a été confronté à la “ question sociale ” durant la révolution industrielle, son successeur se situe dans une nouvelle ère marquée par l’intelligence artificielle, dans ce qu’il appelle un “ Rerum Novarum 2.0 ”, en référence à l’encyclique qui a initié la doctrine sociale de l’Église.

Juan Vicente Boo (A Pobra do Caramiñal, La Corogne, 1954) a été correspondant du journal ABC aux Pays-Bas. Vatican Pendant vingt ans. Lors du lancement de son livre à Madrid, il a affirmé : “ J’ai le pressentiment que Léon XIV sera un pape exceptionnel. ” Une déclaration qui mérite réflexion. Son ouvrage, “ Le Pape de la Nouvelle Ère ”, publié aux éditions Espasa, est le fruit d’une étude approfondie de Robert Prévost, débutant par un examen détaillé de son passé : supérieur augustinien, missionnaire, préfet du Dicastère pour les évêques, et les mérites qui l’ont conduit à devenir l’un des conseillers les plus proches du pape François. “ Nous devons découvrir la personne du Pape ”, déclare l’auteur. Il transmet cette idée au lecteur.

Boo souligne la continuité entre le pape François et Léon XIV et, en ce sens, désigne le concile Vatican II comme un autre axe du pontificat actuel.

Cet essai propose des réflexions incisives et accessibles sur la géopolitique, dans un contexte international où Léon XIV se préoccupe de la paix en Ukraine, en Palestine, en Iran, entre autres points de conflit actuels, dans “ un monde en flammes ”.

L'ouvrage met l'accent sur l'analyse de l'intelligence artificielle : “ Ce sera un pilier de son enseignement ”, a déclaré Boo. Il a fait remarquer que “ le pape est si méthodique et réfléchi que l'encyclique paraît près d'un an après le début de son pontificat ”. Il a expliqué que le pape, mathématicien, théologien et canoniste, travaillait sur ce sujet depuis des années et y a consacré une allocution publique chaque mois durant sa première année de pontificat.

Léon XIV : Le pape de la nouvelle ère

AuteurJuan Vicente Boo
Editorial: Espasa
Lieu de publication: Madrid
Longueur de l'impression: 304
Langue: Anglais
ISBN: 978-8467081992

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Famille

Fernando Mairata, expert en cybersécurité : “ Le contrôle parental n’est pas destiné à contrôler nos enfants, mais à assurer leur sécurité. ”

Fernando Mairata s'entretient avec Omnes de l'importance de la cybersécurité au sein de la famille, en fournissant des outils pour faire de la sécurité dans le domaine technologique une réalité.

Paloma López Campos-28 mai 2026-Temps de lecture : 7 minutes

Fernando Mairata est le PDG de Code DLT, une entreprise espagnole de cybersécurité. Il est également président du groupe Armora, le groupe d'entreprises auquel appartient cette société, et de PETEC, l'Association des experts en nouvelles technologies. Il est également président de la Commission de cybersécurité de CINTAC, l'Association pour les technologies accessibles.

Dans le cadre de son travail, il collabore également avec les forces de sécurité de l'État sur les questions de cybersécurité et donne des conférences de sensibilisation dans les établissements d'enseignement et les entreprises.

Pourquoi avez-vous décidé d'écrire ce livre ?

Un jour, un ami de la Garde civile m'a suggéré d'écrire ce livre pour aborder la cybersécurité sous l'angle familial, et le défi m'a séduit. Nous avons rencontré la maison d'édition Palabra, et il n'y avait qu'une seule condition : reverser l'intégralité des droits d'auteur à l'Association des orphelins de la Garde civile.

C'est ainsi que j'ai commencé à écrire, et aujourd'hui, ce livre est devenu réalité. Franchement, nous sommes ravis des chiffres de vente et de l'accueil chaleureux qu'il reçoit.

Le livre n'est pas alarmiste, mais il y a un sentiment d'urgence évident quant au traitement de ce problème. Pourquoi cette urgence ?

L’urgence tient au fait que nous n’avons pas encore constaté les conséquences pour les premières générations que nous avons laissées affronter seules les nouvelles technologies. médias sociaux. Nous pensons que les enfants y sont habitués, qu'ils savent tout à ce sujet. technologie et les réseaux sociaux, mais ils n'ont pas bénéficié du soutien nécessaire de leurs parents et des professionnels pour savoir comment les utiliser de manière responsable.

Nous ne subissons pas encore les conséquences de leur avoir donné une arme aussi puissante sans leur avoir expliqué comment l'utiliser correctement. C'est pourquoi il y a urgence, car, au final, ce sont de nombreuses générations qui seront élevées avec ces armes. écrans, qui utilisent les nouvelles technologies et les réseaux sociaux, et qui n'ont jamais été informés des problèmes qui peuvent survenir, ni des avantages d'une utilisation appropriée.

La technologie évolue à une vitesse fulgurante ; le premier smartphone est sorti en 2007, il y a à peine quelques années. L’intelligence artificielle arrive, puis l’informatique quantique ; il est donc essentiel de commencer tôt à aborder ces sujets en famille et de les lever au tabou.

Nous avons encore le temps d'éviter les problèmes majeurs que beaucoup prévoient.

Outre ce manque de communication au sein de la famille, quelles sont les autres erreurs courantes commises en matière de sécurité numérique ?

– La première chose à considérer est l'écart entre les grands-parents Et les petits-enfants. Qui s'occupe de nos enfants actuellement ? Généralement, les grands-parents. Quand l'un de nos jeunes enfants est chez ses grands-parents et utilise l'ordinateur ou un écran connecté à Internet, il commence à faire des choses que les grands-parents ne peuvent pas contrôler, ce qui crée chez lui un sentiment d'insécurité et de malaise : “ Ils font peut-être des choses que je ne sais pas et pour lesquelles je ne peux rien faire. ”.

Mais il y a aussi les parents, qui ne donnent pas vraiment le bon exemple en matière d'utilisation des nouvelles technologies. Nous passons trop de temps devant les écrans, nous publions trop sur les réseaux sociaux et, au final, nous négligeons la famille et les relations humaines.

Vous allez au restaurant et avant, vous voyiez les gens se regarder dans les yeux ; maintenant, tout le monde a les yeux rivés sur son bureau, répond à des messages WhatsApp ou joue à des jeux. Nous perdons notre humanité et ce lien personnel si important.

Quelles mesures pouvons-nous alors prendre ?

Avant toute chose, les parents doivent montrer l'exemple à leurs enfants. Si j'apprends à mon enfant à traverser au feu vert et qu'il me voit traverser au feu rouge tous les jours, il comprendra vite comment il traversera : au feu rouge. Je ne pourrai donc pas lui en vouloir plus tard de l'avoir fait.

Deuxièmement, nous devons encourager une communication ouverte au sein de la famille et reconnaître que nous avons tous un rôle à jouer. Nos enfants peuvent aider leurs grands-parents à se familiariser avec ces nouvelles technologies et à apprendre à les utiliser de manière responsable. En tant qu'enfants et en tant que parents, nous pouvons aider nos enfants et nos parents, mais nous avons aussi beaucoup à apprendre de nos enfants.

Et surtout, il s'agit de favoriser la confiance dans famille, L'idée est de pouvoir parler de n'importe quel sujet sans tabou, afin que – Dieu nous en préserve – le jour où nous aurons un problème, nous sachions comment réagir et comment demander de l'aide à nos parents, grands-parents ou à notre communauté, et que nous puissions affronter le problème sans conséquences majeures.

Il existe une frontière ténue entre la surveillance et l'atteinte à la vie privée de nos enfants concernant leurs activités en ligne. Comment trouver le juste milieu ?

L'équilibre est très simple : il repose sur le dialogue. Si vous donnez confiance à vos enfants, si vous leur expliquez ce que vous faites, ils vous expliqueront ce qu'ils font et vous le montreront. Si je navigue à côté de mon fils, il n'aura aucun problème à ce que je sois à ses côtés lorsqu'il navigue.

Nous devons affronter cette situation ensemble, collaborer et parler de cybersécurité. Car il ne s'agit pas d'un phénomène nouveau ; nous devons l'intégrer à notre culture, à nos vies.

Si nous réfléchissons d'abord aux problèmes, puis appliquons la cybersécurité, nous faisons fausse route. En revanche, si nous adoptons une approche sécurisée dès le départ, nous réussirons. Attention, cela ne signifie pas que nous serons infaillibles ; nous commettrons tous des erreurs un jour ou l'autre. L'important est de savoir réagir en cas d'erreur, que ce soit la nôtre ou celle d'autrui, afin de pouvoir leur venir en aide.

Sur une note légèrement plus négative, à quelles menaces les enfants, et plus particulièrement les adolescents, sont-ils confrontés actuellement dans l'environnement numérique ?

– L’utilisation d’images téléchargées sur les réseaux sociaux, car lorsqu’on utilise une image, on la sort de son contexte, ce qui signifie qu’elle peut se retourner contre vous et entraîner du harcèlement.

Nous sommes également confrontés à l'intelligence artificielle, utilisée à des fins malveillantes. Elle sert notamment à déshabiller des camarades de classe et à diffuser les images ; de nombreux reportages ont été diffusés à ce sujet. Nous devons être très vigilants et, surtout, savoir comment réagir.

Et surtout, nous avons tous accès à la ligne d'assistance INCIBE, le 017 (Institut national de la cybersécurité), pour nous aider dans ces cas. Il est essentiel de savoir que nous pouvons signaler ces incidents. Ce qui n'est pas signalé n'existe pas ; par conséquent, si nous ne les signalons pas, nous aidons les criminels, et non les professionnels des forces de sécurité de l'État.

Nous devons savoir que nous pouvons toujours compter sur la Police nationale et la Garde civile ; elles mettent constamment à jour leurs connaissances, sont très impliquées dans les nouvelles technologies et sont très au fait des crimes et des cybercrimes, et nous ne devons avoir aucun doute qu'en nous adressant à elles, elles nous aideront.

Vous avez mentionné les établissements d'enseignement. Quel rôle pensez-vous que l'éducation devrait jouer en matière de cybersécurité ?

C'est un rôle crucial, mais il faut partir du principe que l'éducation commence à la maison et se poursuit à l'école. Or, si les écrans sont présents dès le plus jeune âge, la cybersécurité et la sécurité informatique ne sont abordées qu'à partir de 9 ou 10 ans, ce qui signifie que nous avons déjà du retard.

Si un étudiant entre dans le école À 3 ans, nous avons déjà 6 ans d'expérience dans l'utilisation des nouvelles technologies, probablement même avant, car les parents, pour éviter que les enfants ne nous dérangent, les laissaient utiliser des appareils pour regarder des dessins animés, se divertir, etc.

Mais ils passent de nombreuses années devant des écrans, et ce sont aussi des années où leur éducation est très importante, car c'est à ce moment-là qu'ils absorbent tout comme des éponges, et c'est là que nous perdons du temps en ne leur parlant pas de sécurité et en ne leur expliquant pas comment utiliser correctement les nouvelles technologies.

Concernant les parents, à quels signes avant-coureurs doivent-ils prêter attention pour se rendre compte que quelque chose se passe dans l'environnement numérique où évoluent leurs enfants ?

C'est exactement ce que faisaient nos parents avant l'ère numérique, sauf que quand nous étions petits, ce contexte n'existait pas. Le harcèlement scolaire, par exemple, s'arrêtait à 17 h et durait jusqu'au lendemain. Ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, le harcèlement est permanent, 24 h/24 et 7 j/7, 365 jours par an.

Quand nos enfants sont rivés à leurs écrans et qu'ils se comportent bizarrement ou avec nervosité, c'est le signe que quelque chose ne va pas. S'ils se replient sur eux-mêmes et refusent de nous parler, c'est également préoccupant.

J'insiste sur l'importance d'éduquer nos enfants à la maison afin qu'ils aient confiance en eux et que, lorsqu'ils se rendent compte d'un problème, ils puissent nous en parler sans craindre d'être réprimandés. Bien sûr, s'ils ont fait une bêtise, vous le leur direz, mais le moment opportun n'est peut-être pas juste après qu'ils vous le disent, mais un peu plus tard.

Il nous faut faire preuve de patience, les aider à se sortir d'affaire, et ensuite seulement nous aborderons les responsabilités, les sanctions, ou toute autre question que nous jugerons nécessaire. Mais le plus important, c'est d'agir. Car dans le monde numérique, les preuves disparaissent à une vitesse fulgurante ; il est donc impératif d'être très rapide pour les préserver et pouvoir déposer plainte sans tarder.

Concernant les réseaux sociaux, comment gérer à la fois leur utilisation et ce qui est partagé ?

– Nous travaillons avec eux. Existe-t-il un contrôle parental ? Oui. Peut-il nous aider ? Oui. Mais nous devons aussi expliquer à nos jeunes le fonctionnement du contrôle parental et ce que sont tous les contenus indésirables qu'il bloque. Car le contrôle parental n'est pas là pour contrôler ce que font mes enfants ; il s'agit de les protéger. Ils doivent comprendre que lorsque le contrôle parental est activé, les publicités indésirables et autres contenus inappropriés à leur âge sont bloqués. Ce n'est pas de l'espionnage ; c'est les guider.

Et si nous expliquons à nos enfants comment cela fonctionne et tout ce que nous essayons d'éviter, ils comprendront que nous sommes là pour les aider, et non pour les espionner. Car nous ne devons pas lire les messages ; nous devons instaurer cette confiance pour qu'ils se sentent à l'aise de nous parler lorsqu'ils ont un problème.

Existe-t-il des outils ou des ressources que vous pourriez recommander aux parents pour les aider à améliorer leur sécurité numérique ?

Il existe une multitude d'outils. Je recommande surtout de beaucoup communiquer. Dans mon livre, je suggère par exemple de regarder un film Disney en mangeant du pop-corn, d'apprécier le film, puis d'en profiter pour discuter des leçons de cybersécurité qu'il nous enseigne – et elles sont nombreuses. Ceux qui possèdent déjà le livre auront peut-être quelques exemples, mais si nous travaillons avec des jeunes, nous verrons qu'il existe d'innombrables possibilités.

D'un autre côté, il y a la « minute numérique », dont je parle également dans le livre. Elle consiste à prendre une minute chaque jour pour discuter de nos activités sur les réseaux sociaux et les nouvelles technologies.

Un autre exercice consiste à rechercher sur Internet les gaffes commises par des célébrités, car elles ont téléchargé des photos ou des vidéos sur leurs réseaux sociaux à la hâte, sous prétexte que “ tout doit être immédiat ”, sans vérifier leur environnement, et ont commis une erreur.

En résumé : nous devons trouver des choses simples avec lesquelles jouer et apprendre ensemble.

Et puis, en 2017 et sur le site web INCIBE, celui qu'ils ont ouvert spécialement pour les jeunes, à savoir is4k.es —Internet sécurisé pour les enfants—, nous avons là de nombreux outils, des jeux et beaucoup de matériel pour pouvoir travailler en famille, non seulement avec nos enfants, mais aussi avec les adultes.

Évangile

Il n'est pas bon que Dieu soit seul. Sainte Trinité (A)

Vitus Ntube commente les lectures de la Sainte Trinité (A) correspondant au 31 mai 2026.

Vitus Ntube-28 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

Le premier dimanche après la Pentecôte est consacré à la solennité de la Très Sainte Trinité. Avec la fin du temps pascal, la liturgie revient au temps ordinaire, nous invitant à contempler Dieu dans sa réalité la plus profonde.

La solennité d'aujourd'hui résume, en un sens, toute la révélation de Dieu telle qu'elle s'est déployée à travers le Mystère pascal : la mort et la résurrection du Christ, son ascension à la droite du Père et la descente du Saint-Esprit. C'est comme si l'Église nous conduisait, pas à pas, au cœur même de Dieu. En parvenant au mystère de la Trinité, nous approfondissons le sens de cette affirmation : « Car Dieu a tant aimé le monde ».

Les lectures d'aujourd'hui retracent le cheminement de cette révélation. Dans la première lecture, Moïse rencontre le Seigneur sur le mont Sinaï, où Dieu se révèle à lui :“Seigneur, Seigneur, Dieu de compassion et de miséricorde, lent à la colère et riche en amour et en fidélité.” Ici, Dieu ne se révèle pas encore comme Trinité, mais nous entrevoyons déjà quelque chose de sa vie intérieure : une richesse, une plénitude, un amour débordant. ».

Cet amour divin trouve sa pleine expression dans l’Évangile :“Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle.”Le Père envoie le Fils ; le Fils donne sa vie ; l’Esprit est répandu dans nos cœurs. Dieu n’est pas solitude, mais communion.

Voici la profonde simplicité de notre foi : il n’y a qu’un seul Dieu, et pourtant ce Dieu unique est Père, Fils et Saint-Esprit, trois Personnes distinctes, unies dans un amour parfait. L’amour, par sa nature même, ne peut demeurer replié sur lui-même. De manière suggestive et presque ludique, G.K. Chesterton a un jour fait remarquer que…“Il n'est pas bon que Dieu soit seul.”, évoquant les paroles de la Genèse à propos de l'homme :“”Il n'est pas bon que l'homme soit seul.». Bien que Dieu soit, bien sûr, parfait en lui-même, le mystère de la Trinité révèle qu'en Dieu il existe une communion éternelle, un échange vivant d'amour.

Nous entrons dans cette vie divine par le Baptême. Nous sommes baptisés au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit. La vie de la Trinité ne nous a pas seulement été révélée, elle nous a été donnée. Chaque fois que nous faisons le signe de la croix, nous invoquons ce nom, le nom de Dieu qui est amour. Ce simple geste marque toute notre existence : du début de notre vie en Christ jusqu’à sa plénitude, il nous accompagne, nous rappelant qui nous sommes et à qui nous appartenons.

Saint Paul l'exprime magnifiquement à la fin de sa deuxième lettre aux Corinthiens :“Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l'amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous.” Ce n'est pas simplement une salutation ; c'est un résumé de la vie chrétienne. ».

S'il est vrai, dans un certain sens, que “ Il n’est pas bon que Dieu soit seul. ”, Il n'est donc certainement pas bon pour l'homme d'être seul, sans Dieu. Nous avons été créés pour la communion avec Dieu et les uns avec les autres. La Trinité révèle à la fois notre origine et notre destinée : nous venons de l'amour et sommes appelés à entrer pleinement dans cet amour.

Cinéma

‘ Saint Georges ’ : Une remarquable épopée historique pour les salles de cinéma

Le film, dont la première a lieu le 29 mai, remplit largement son objectif : offrir du divertissement et la légende classique du saint sans complexes.

Rédaction Omnes-27 mai 2026-Temps de lecture : < 1 minute

Dans un marché du cinéma parfois saturé de films similaires, il est toujours rafraîchissant de voir un film qui sait précisément ce qu'il veut offrir et le propose sans détour. C'est le cas de… ‘ Saint Georges ’, Le film, qui sort dans les cinémas espagnols ce vendredi 29 mai, se présente comme ce qu'il est vraiment : un drame historique d'action divertissant et honnête.

L'intrigue nous transporte durant la dernière grande persécution de l'empereur Dioclétien, un contexte historique puissant qui éclaire le conflit intérieur de Jorge, capitaine romain tiraillé entre son devoir militaire et ses convictions les plus profondes. Certes, le scénario ne prétend pas révolutionner le genre ni s'aventurer dans des méandres psychologiques ; il privilégie un récit classique et intemporel, avec un héros aux valeurs affirmées et un conflit moral direct. Et cela fonctionne : l'histoire se déroule à un bon rythme, portée par une mise en scène qui sait doser le sérieux et l'action.

En bref, ‘ Saint Georges ’ Un film n'a pas besoin d'être un chef-d'œuvre pour être bon. C'est une œuvre très agréable, visuellement brillante, divertissante du début à la fin, qui rend hommage à la légende du saint avec respect et panache. Un choix fortement recommandé pour redécouvrir… Les cinémas ce week-end.

Vatican

Léon XIV exhorte au respect des textes et des normes de la liturgie

Dans sa catéchèse lors de l’audience générale de ce mercredi, le pape Léon XIV a encouragé “ tous les prêtres à respecter les textes et les normes de la liturgie ”, qui a été “ pendant des siècles un moteur d’évangélisation ”.

Rédaction Omnes-27 mai 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Après une longue citation de Benoît XVI, dans sa réflexion sur la Constitution “ Sacrosanctum Concilium ” du Concile Vatican II, le pape Léon XIV a déclaré ce matin lors de l'audience que “ nous contemplons la liturgie dans la perspective de la tradition et de l'évolution ”.

Le pape Pie XII a défini l’Église comme un “ organisme vivant ” qui a besoin de croître, de mûrir et de s’adapter aux circonstances. Et en effet, “ désirant que la vie chrétienne s’épanouisse et se développe, le concile Vatican II a reconnu qu’il était temps d’ajuster certains éléments adaptables de la liturgie pour la santé et la vitalité de l’Église, pour fortifier et rajeunir les chrétiens, et pour promouvoir l’unité et évangéliser les hommes et les femmes. ”.

Toutefois, comme le Pape l’a souligné en s’adressant aux pèlerins anglophones, et en fait à tous les fidèles, “ le Concile a affirmé que tout progrès légitime dans la liturgie doit aussi préserver une saine tradition, et que ‘certains éléments de la liturgie ne peuvent jamais changer car ils sont d’institution divine’.

“ J’encourage en particulier tous les prêtres à respecter les textes et les normes de la liturgie avec ouverture, humilité, confiance en la grandeur de Dieu et une fidélité sincère à la communion ecclésiale ”, a déclaré le Pape.

“ Préserver la tradition tout en restant ouvert au progrès légitime ”

Dans son catéchèse, Le pape a développé cette intention des Pères conciliaires : "Pour faciliter l’accès des fidèles à la richesse des dons de grâce dispensés par la liturgie sacrée, la Constitution Sacrosanctum Concilium indique donc, avec une formule très efficace, la direction à suivre : ‘ Préserver la tradition et l’ouverture au progrès légitime ’ (SC, 23). 

Benoît XVI a embrassé dans cette déclaration d'intention le ‘ programme de réforme ’ des Pères conciliaires, a poursuivi le pape Léon, qui a cité textuellement certaines phrases du pape allemand.

Benoît XVI : Tradition et progrès sont intégrés

“ On oppose souvent maladroitement tradition et progrès. En réalité, ces deux concepts sont indissociables : la tradition est une réalité vivante et, de ce fait, elle porte en elle le principe de développement, de progrès. C’est comme dire que le fleuve de la tradition porte en lui sa source et coule vers son embouchure ” (Discours aux participants du Congrès pour le 50e anniversaire de la fondation de l’Institut pontifical liturgique Saint-Anselme, 6 mai 2011). (Fin de la citation de Benoît XVI).

Le pape Léon XIV préside la messe de la solennité de la Pentecôte à la basilique Saint-Pierre, au Vatican, le 24 mai 2026. (Photo : OSV News/Matteo Minnella, Reuters.).

Une partie est immuable, et d'autres parties sont sujettes à changement.

Le Concile affirme la légitimité de ce processus, poursuit Léon XIV, “ enraciné dans la Tradition authentique, distinguant dans la liturgie ‘ une partie qui est immuable parce qu’elle est l’institution divine ’ d‘’ d’autres parties qui sont sujettes au changement, qui peuvent et même doivent varier au fil du temps, si des éléments y ont été introduits qui ne correspondent pas bien à la nature intime de la Liturgie elle-même ou qui sont devenus moins appropriés » (SC, 21). 

Puis, s'adressant aux pèlerins hispanophones, il a ajouté que “ ce besoin (d'adaptation aux exigences actuelles, renouvelant ainsi les formes rituelles de la liturgie sacrée) se retrouve tout au long du parcours de l'Église, puisque le culte s'est "incarné" dans les formes culturelles de chaque époque et a pu les influencer et même les transformer.

“ La liturgie a donc été, pendant des siècles, un moteur d’évangélisation ”, a-t-il réaffirmé. la Cour de justice.

Cela ne compromet pas la communion ecclésiale

“ Le Magistère du Concile nous invite ainsi à éviter d’induire en erreur les fidèles, en dissuadant quiconque d’ajouter, de retrancher ou de modifier quoi que ce soit en matière liturgique de sa propre initiative (cf. SC, 22) ”, a souligné le Successeur de Pierre, précisant que “ le progrès évoqué par la Constitution conciliaire ne compromet en rien la communion ecclésiale : il cherche au contraire à la confirmer et à la promouvoir ”.

Le pape Léon XIV salue un enfant depuis la papamobile alors qu'il traverse la place Saint-Pierre au Vatican avant son audience générale hebdomadaire le 20 mai 2026. (Photo CNS/Lola Gomez).

Que Marie, Mère de l'Église, veille sur les fidèles du Liban

Dans ses salutations aux Romains et aux pèlerins de divers pays, le Pape a fait une référence particulière à l'invocation de la protection de Marie, Mère de l'Église - qu'il a appelée “ Mère ” à plusieurs reprises - notamment à ceux qui parlent portugais et arabe.

“ Je salue les fidèles arabophones, et plus particulièrement ceux du Liban. Marie, notre Mère, est toujours présente parmi nous, elle prie pour nous et prend soin de nous avec un amour maternel. Que le Seigneur vous bénisse tous et vous protège toujours du mal ! ”.

Et protéger la vie de chaque personne, de sa conception à sa mort naturelle

Puis, s'adressant au peuple polonais, il a évoqué la fête des mères et leur a demandé de “ protéger la vie de chaque personne dans leur patrie, de la conception à la mort naturelle ”.

Voici ses propos : “ Je salue chaleureusement le peuple polonais. Hier, il a célébré la fête des mères. Je remercie toutes les mères qui ont généreusement donné la vie et pris soin de leurs enfants, en leur enseignant l’amour de Dieu et du prochain. ”. 

“ Que la Sainte Mère de Dieu intercède pour eux afin qu’ils obtiennent la grâce d’un lien éternel avec Jésus ”, a conclu le Saint-Père, « et qu’avec son aide, ils protègent dans leur patrie la vie de chaque personne, de la conception à la mort naturelle. ».

Dans son résumé en anglais, prononcé par le Pape lui-même, il a expressément salué aujourd'hui “ les groupes d'Angleterre, d'Irlande, du Cameroun, du Kenya, du Nigéria, d'Inde, du Pakistan, des Philippines, de Corée du Sud, du Canada et des États-Unis d'Amérique ”.

L'auteurRédaction Omnes

Vatican

Babel, algorithme, désarmement… : Dictionnaire des termes de l’encyclique papale

Quel point commun y a-t-il entre la tour de Babel, le personnage biblique de Néhémie, les algorithmes et la realpolitik ? Tous ces sujets sont abordés, ainsi que le développement humain intégral, le désarmement et la doctrine sociale catholique., dans la première encyclique du pape Léon XIV, ' Magnifica Humanitas '.  

OSV / Omnes-27 mai 2026-Temps de lecture : 10 minutes

— Gina Christian, OSV News

Le texte de l'encyclique ‘ Magnifica Humanitas ’, signée par le pape le 15 mai et publiée le 25 mai, invoque la sagesse de la doctrine sociale de l'Église comme cadre pour façonner l'IA, dans un contexte de progrès technologiques rapides, de fragmentation du paysage mondial et de menaces croissantes à la vie et à la dignité humaines.

Voici un guide de certains termes abordés dans le encyclique.

– 1) Intelligence artificielle : L'intelligence artificielle (IA) est un terme général désignant les technologies qui imitent l'intelligence humaine. L'IA se caractérise par sa capacité à apprendre à partir de données, à reconnaître des schémas, à résoudre des problèmes, à prendre des décisions et à générer du contenu original à partir d'informations fournies par l'humain.

Dans son encyclique “ Magnifica Humanitas ”, le pape Léon XIV écrit qu“” il n’est pas possible de proposer une définition unique et complète de l’IA ».

“ Ce dont nous sommes certains, c’est qu’il faut éviter toute méprise et assimiler ce type d‘’ intelligence ” à celle des êtres humains “, a-t-il poursuivi. ” Ces systèmes imitent simplement certaines fonctions de l’intelligence humaine. Ce faisant, ils la surpassent souvent en termes de rapidité et de puissance de calcul, offrant des avantages concrets dans de nombreux domaines. Toutefois, cette puissance reste entièrement liée au traitement des données. ». 

L'intelligence artificielle (IA) est programmée dans plusieurs langages de programmation, notamment Python, C++, Java et R. Parmi les exemples quotidiens d'IA en action, on peut citer différents types de chatbots tels que ChatGPT d'OpenAI et Claude d'Anthropic, les recommandations de produits en ligne et les assistants personnels virtuels comme Alexa d'Amazon et Siri d'Apple. L'IA trouve de nombreuses applications commerciales dans presque tous les secteurs d'activité, notamment la santé, l'éducation, l'énergie et la sécurité.

– 2) Algorithme : Il s'agit essentiellement d'un processus routinier et séquentiel permettant d'accomplir une tâche. Les algorithmes d'IA plus complexes sont conçus pour envisager de multiples scénarios hypothétiques dans une situation donnée et pour apprendre des données sur lesquelles ils ont été entraînés. Dans son encyclique, le pape Léon XIV met en garde contre le risque que les algorithmes d'IA soient utilisés pour exercer une domination sur les personnes vulnérables et sur l'humanité elle-même, érodant ainsi le sens des responsabilités et l'empathie.

“ Il en découle une conséquence simple mais importante : nous ne pouvons considérer l’IA comme moralement neutre ”, écrit-il. “ En réalité, chaque outil technique intègre des décisions et des priorités à travers ce qu’il mesure, ignore et optimise, et la manière dont il catégorise les personnes et les situations. ”.

¿Domination de l'humanité?

– 3) Alignement : Dans le développement de l'IA, il s'agit de s'assurer que la technologie est en accord avec les valeurs humaines, afin que les modèles d'IA servent les intérêts humains en toute sécurité. Le “ désalignement émergent ”, Lorsque l'IA s'écarte de ces normes et se comporte de manière nuisible, cela suscite une préoccupation croissante parmi les experts en éthique et en théologie de l'IA. 

Le pape Léon XIV insiste sur le fait que l’alignement implique une condition supplémentaire : “ la possibilité de débattre ouvertement des cadres éthiques en jeu et de les soumettre à des normes partagées de justice sociale. Autrement, ceux qui contrôlent l’IA imposeront leur propre vision morale, qui deviendra l’infrastructure invisible de ces systèmes. ”.

– 4) Babel, la Tour de Babel : Décrit dans Genèse 11:1-9 , La ville et la tour furent construites par les nations de la terre dans la vallée de Shinar après que Noé et sa famille eurent survécu au déluge. Parce que ces nations, qui parlaient la même langue, entreprirent ce projet avec orgueil, le Seigneur confondit leurs langues, provoquant division et dispersion sur toute la terre. Dans la section 7 de son encyclique, le pape Léon XIV utilise cet exemple pour montrer “ les limites de toute entreprise, si grandiose soit-elle, qui naît de l’affirmation de soi, sacrifie la dignité humaine à l’efficacité et aspire à atteindre le ciel sans la bénédiction de Dieu ”.

– 5) Doctrine sociale catholique (doctrine sociale) : L'enseignement de l'Église — qui s'appuie sur des documents papaux, conciliaires et ecclésiastiques — sur les moyens de pour construire une société juste et de vivre la sainteté dans la vie moderne. Comme l’explique le pape Léon XIV dans son encyclique, ce terme a été forgé par le pape Pie XII en 1950, mais son développement s’inscrit dans “ une longue tradition de réflexion ecclésiale sur la vie en société, enracinée dans l’Écriture sainte, les Pères de l’Église et les développements théologiques et juridiques du Moyen Âge et de l’époque moderne ”. Le pape Léon XIV note également que son “ prédécesseur bien-aimé ”, Léon XIII, a étendu cette tradition à des applications modernes dans son encyclique “ Rerum Novarum ” de 1891.

Principes de la doctrine sociale catholique

Les principes clés de doctrine sociale catholique Il s’agit des principes suivants : le bien commun ; la destination universelle des biens, selon laquelle les biens de la création sont destinés à tous (même lorsque la propriété privée est légitimement acquise) ; la subsidiarité, qui souligne que les grandes institutions de la société, y compris l’État, ne doivent pas dominer ni interférer avec les plus petites (y compris les familles et les communautés ecclésiales) ; la solidarité, qui affirme que l’humanité, malgré ses différences, forme une seule famille ; et la justice, qui, selon le Catéchisme de l’Église catholique, “ consiste dans la volonté constante et ferme de rendre à Dieu et à son prochain ce qui est dû ”.

Dans son encyclique, le pape Léon XIV souligne que l'IA et son pouvoir inhérent doivent être évalués conformément aux principes de la doctrine sociale catholique.

– 6) La cité de Dieu, la cité des hommes : Symboles respectifs de la foi en Dieu et de l'incrédulité, saint Augustin oppose les deux dans son œuvre la plus connue, ‘ La Cité de Dieu ’. 

Dans son encyclique, le pape Léon XIV (membre de l'Ordre de Saint Augustin, qui invoque fréquemment la pensée du saint) cite cette image et cette observation de saint Augustin : “ Deux amours ont bâti deux villes : la ville terrestre, l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu ; la ville céleste, l'amour de Dieu jusqu'au mépris de soi-même. ”. 

Le pape Léon XIV a alors déclaré : “ Comme tout au long de l’histoire, ces deux amours continuent aujourd’hui de se disputer la première place dans nos cœurs. L’ère de l’IA ne fait pas exception : la construction de Babel ou la reconstruction de Jérusalem commence en chacun de nous. ».

– 7) Écologie de la communication : Un modèle pour comprendre la dynamique entre communication et ordre social. Ce concept, parfois appelé ‘ écologie des médias ’, trouve ses racines dans les études de communication des années 1960. 

Dans son encyclique, le pape Léon XIV utilise ce terme pour plaider, entre autres, en faveur de la transparence dans les communications de l'Église, de la protection des données personnelles et du choix des contenus ; de l'éducation aux médias et au numérique ; d'un journalisme sérieux ; de la vérification des informations ; et de la promotion de l'esprit critique. 

Le pape souligne que ces actions reflètent “ le principe fondamental ” selon lequel “ la vérité est un bien commun et non la propriété de ceux qui détiennent le pouvoir et l’influence ”.

Photo : ©Caritas Pologne. Enfants dans une tente de réfugiés à Kroscienko.

Un regard sur les générations présentes et futures

– 8) Développement humain intégral : terme qui apparaît dans l'encyclique de saint Paul VI de 1967, ‘Populorum Progressio'’. Ce texte conçoit l'épanouissement des personnes et des communautés de manière holistique, en tenant compte des dimensions spirituelles, culturelles, morales et relationnelles, et en ayant le regard non seulement sur les générations présentes, mais aussi sur les générations futures. 

Ce concept est fondamental pour la doctrine sociale catholique (voir ci-dessus), et le pape François a créé le Dicastère pour le service du développement humain intégral du Vatican en 2016. 

Dans son encyclique, Léon XIV décrit le développement humain intégral comme “ le cadre à travers lequel nous pouvons interpréter les changements de notre temps, y compris ceux engendrés par la révolution numérique ”.

– 9) Modèle de langage à grande échelle : Un type de modèle d'IA capable d'être entraîné à comprendre et à générer du langage de manière similaire à l'humain, avec contexte et nuances.

– 10) MultilatéralismeEn relations internationales, le multilatéralisme est le concept de coopération entre différentes nations. À l'origine un terme géométrique signifiant “ multilatéral ”, le multilatéralisme est fondamental pour des entités telles que les Nations Unies et pour les accords internationaux établissant un ordre international fondé sur des règles qui protège la vie et la dignité humaines. 

Dans son encyclique, le pape Léon XIV souligne une crise du système multilatéral actuel, due non seulement à des “ limites structurelles ”, mais aussi à “ un manque fréquent de volonté commune de le soutenir et de le réformer, ou de reconnaître son autorité morale ”.
Il observe que la mondialisation économique qui a suivi l’effondrement des régimes communistes européens en 1989 est loin d’être un “ véritable multilatéralisme ”. Au contraire, écrit-il, la “ foi quasi aveugle dans les marchés ” de la mondialisation a “ provoqué des réactions fondamentalistes, identitaires et nationalistes ” et a dégénéré en “ une multipolarité désordonnée et conflictuelle, marquée par une méfiance généralisée ”. 

Le droit international est remplacé par la loi du plus fort.‘

Les efforts conjoints pour le bien commun sont encore davantage menacés par la résurgence des tentatives de “ forger une identité collective en opposition à un ennemi ”, où chaque camp se déclare “ victime ayant le droit à la représailles ” et remplace le droit international par l’idée que “ la force fait le droit ”. 

En conséquence, prévient le pape Léon XIII, la politique de puissance relègue les initiatives de consolidation de la paix au second plan et compromet “ les acquis du droit humanitaire ”, et la protection des civils, et “ en particulier des enfants ”, au cœur des conflits est considérée comme “ une relique naïve du passé ”.

– 11) Néhémie : Nom du gouverneur de Juda et du livre biblique. Vers 444 av. J.-C., le roi perse Artaxerxès Ier accorda à Néhémie la permission de retourner à Jérusalem — où certains Juifs, après l'exil babylonien du VIe siècle av. J.-C., avaient commencé à se réinstaller — afin de rassembler et de guider le peuple dans la restauration commune de leur ville antique. 

Contrairement à Babel, selon le pape Léon XIV dans son encyclique, cet effort mené par Néhémie (et plus tard par Esdras) a placé Dieu au centre et a donné la priorité à la communion et à la reconstruction des relations plutôt qu'à l'uniformité.

– 12) Réalisme politique, realpolitik : Le réalisme politique est une théorie politique qui privilégie le pouvoir sur la morale et l'éthique, soutenant, en effet, que “ la force fait le droit ”. 

En matière de relations internationales, la realpolitik (un terme popularisé au XIXe siècle) privilégie également la puissance, ainsi que l'intérêt national, par rapport à d'autres principes et considérations, la présentant comme une politique pragmatique. 

Dans son encyclique, le pape avertit que ces deux philosophies — dont la seconde est condamnée comme “ véritablement irresponsable ” — contribuent à présenter la guerre comme inévitable, empêchant ainsi une paix véritable fondée sur la justice et la charité.

– 13) Paradigme technocratique : terme également utilisé par le pape François dans son encyclique de 2015,‘Laudato Si'', Décrire une vision du monde dans laquelle l’humanité utilise la technologie dans le but principal de “ possession, domination et transformation ”, plutôt que dans une gestion humble et reconnaissante des abondants dons de Dieu.

Le pape Léon XIV écrit que ce “ paradigme technocratique largement répandu… amplifié par la révolution numérique et l’IA, menace de normaliser une vision anti-humaine. Dans cette vision, la plénitude de la vie est assimilée à la possession de toujours plus, à la réduction des faiblesses, à l’élimination de l’incertitude et à l’exercice d’un contrôle total. Lorsque l’efficacité devient la mesure ultime de la valeur, les êtres humains sont tentés de se percevoir comme un projet à optimiser plutôt que comme des personnes appelées à la relation et à la communion. ”.

Ameca, le robot humanoïde d'Engineered Arts, interagit avec les visiteurs à l'entrée du pavillon britannique lors du CES 2022 à Las Vegas le 6 janvier 2022. (Photo OSV News/Steve Marcus, Reuters).

– 14) Transhumanisme et posthumanisme : Le transhumanisme soutient que les êtres humains peuvent transcender leurs limites, notamment grâce aux progrès scientifiques tels que l'informatique, la cryogénie, la biomédecine et d'autres interventions technologiques. Le posthumanisme, en revanche, contredit cette vision de la centralité de l'humain, et certains posthumanistes prônent une hybridation entre les humains, les machines et l'environnement.

“ Bien que ces idées restent en grande partie spéculatives, elles acquièrent de la pertinence en modifiant l’imaginaire collectif et, par conséquent, influencent les décisions sociales, économiques et politiques ”, écrit le pape Léon XIV dans son encyclique.

Ces perspectives contrastent avec la conception chrétienne de l'humanité comme création de Dieu, soulignant que les limites humaines constituent des occasions essentielles de “ reconnaître la dignité inviolable de chaque personne ”, de vivre avec compassion et de “ trouver la présence du Seigneur ”.

– 15) « Désarmer » l’IA

Lors d'une conférence de presse au Vatican, le pape Léon XIV a appelé à la vigilance. Ses échanges avec des dirigeants du secteur, notamment des “ voix très inquiétantes ” qui l'ont mis en garde contre les systèmes d'armes autonomes échappant à toute gouvernance humaine efficace, l'ont conduit à la “ conviction troublante ”, exprimée dans Magnificat Humanitas, que l'intelligence artificielle (IA) doit être désarmée, a déclaré le pape Léon. 

En présentant “ Magnifica Humanitas ”, le pape a révélé que ce document “ était né de l’écoute ” des scientifiques, des éducateurs, des parents et des responsables technologiques, notamment de ceux qui ont exprimé des inquiétudes concernant les algorithmes qui privent de soins de santé, d’emplois et de sécurité en utilisant “ des données entachées de préjugés et d’injustices ”.

Comparant l'IA à l'énergie nucléaire, le pape Léon XIII a déclaré que la technologie devait servir le bien commun, et non la domination ou l'exclusion. 

- 16) Et “ construire ” la ville 

Léon XIV a souligné que désarmer l'IA ne suffit pas ; il faut plutôt “ construire ”. Il a mis en avant la première phrase de son encyclique, dans laquelle il écrit que l'humanité est aujourd'hui confrontée à “ un choix crucial : soit construire une nouvelle Tour de Babel, soit construire la cité où Dieu et l'humanité vivent ensemble ”.

Lors de la conférence de presse, le pape a évoqué son expérience missionnaire au Pérou, rappelant les inondations de 2017 qui ont dévasté des communautés du nord du pays et le travail de reconstruction ardu qui a suivi.

“ Reconstruire ne signifie pas simplement remplacer ce qui a été détruit ”, a-t-il déclaré. “ Il s’agit de renouer les liens, de rétablir la confiance et de raviver l’espoir en l’avenir. ”.

Christophe Olah et la réponse du pape

Chris Olah, cofondateur de Anthropique, Il a averti que l'IA pourrait remplacer le travail humain “ à grande échelle ” et a souligné qu'il était essentiel que les personnes n'ayant pas les mêmes incitations financières que les dirigeants du secteur technologique suivent de près le développement de l'IA en tant que “ critiques sérieux et réfléchis ”. 

Olah a qualifié l'encyclique de “ profondément opportune ” et a souligné la nécessité d'un contrôle externe et éthique du développement de l'IA. Il a insisté sur le besoin de “ voix morales insensibles aux incitations ” et de “ critiques éclairées ”.


Pape Léon XIV Il a accepté la proposition S’exprimant au nom de l’Église, il a invité chacun à aborder sérieusement les défis posés par l’IA, affirmant que l’Église “ apporte une sagesse sur l’humanité dont notre époque a désespérément besoin ”. 

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Gina Christian est journaliste multimédia pour OSV News. Suivez-la sur X : @GinaJesseReina

L'auteurOSV / Omnes

Vocations

Le père Antony Mwituria : “ S’il y a une chose dont on a besoin, c’est bien d’un prêtre bien formé. ”

Omnes interviewe le prêtre Antony Mwituria, directeur du Fonds de dotation des séminaires (SEF), une entité dédiée à assurer la viabilité financière des séminaires nationaux du Kenya.

Francis Nyatundo-27 mai 2026-Temps de lecture : 6 minutes

Le père Antony Mwituria est un prêtre Kenyan. Il est le directeur de Fonds de dotation pour les séminaires (SEF), une entité chargée d'assurer la viabilité financière des séminaires nationaux du Kenya. Omnes l'a interviewé sur l'expérience de sa création, ses perspectives et ses défis.

Au fil des ans, elle a occupé divers postes. Comment cette expérience l'a-t-elle préparée à son rôle actuel ?

J'ai été vicaire paroissial pendant une très courte période. Je ne dirais pas que cela a eu une grande influence. En revanche, le fait d'avoir été administrateur financier (procureur) de l'archidiocèse de Nairobi pendant près de vingt ans m'a profondément marqué.

L'un des grands défis de cette époque était la viabilité financière de l'Église en Afrique. Peu après ma nomination comme procureur en 1999, je me souviens que l'archevêque Ndingi Mwana 'a Nzeki m'a remis une brochure préparée par la conférence de 1999 de l'AMECEA (Association des conférences épiscopales d'Afrique de l'Est), intitulée ‘ Sur l'autosuffisance “.

À cette époque, il était évident que les financements des donateurs internationaux diminuaient, tandis que les besoins financiers de l'Église augmentaient. Ma mission au bureau du procureur était de rendre l'archidiocèse de Nairobi financièrement autonome. Je crois que nous avons atteint un bon niveau de viabilité financière.

L'élément qui a sans doute le plus influencé mon travail actuel est mon expérience en tant que professeur et formateur au Grand Séminaire San Agustín de Bungoma. À Bungoma, j'ai constaté que les installations étaient dans un état déplorable. Le bâtiment n'ayant jamais été conçu pour accueillir un séminaire, d'importants travaux d'adaptation sont nécessaires.

Il était évident que le séminaire connaissait des difficultés financières. Même les besoins les plus élémentaires — réparations et achats — posaient problème. La question était : d'où viendrait l'argent nécessaire ?

L'idée de ce fonds est née lorsque vous travailliez au séminaire…

– Oui. Nous avons rapidement compris que le séminaire Saint-Augustin n'était pas le seul à rencontrer des difficultés. D'autres séminaires nationaux, comme Sainte-Marie à Molo, Saint-Thomas-d'Aquin à Nairobi et Saint-Matthias-Mulumba à Tindinyo, se trouvaient dans une situation similaire.

C’est ainsi qu’est née l’idée du Fonds de dotation des séminaires (FDS). Concrètement, tous les fonds collectés sont investis de manière appropriée. Seuls les intérêts générés servent au fonctionnement et à l’amélioration des séminaires. La Conférence des évêques catholiques du Kenya (CEK) a pleinement soutenu cette initiative et a lancé le fonds en novembre 2018.

Comment les séminaires au Kenya étaient-ils financés historiquement ?

Le Kenya a longtemps été considéré comme un territoire de mission, ce qui lui permettait d'accéder à des financements étrangers. Chaque année, les séminaires recevaient une subvention. Pour construire un bâtiment, il suffisait de rédiger une proposition, d'obtenir les fonds et de commencer les travaux.

Nous sommes devenus dépendants des donateurs. Le Kenya n'est plus un territoire de mission. Désormais, c'est l'inverse qui est attendu : nous devrions aider les autres territoires de mission. La réponse à ce défi a été très positive. La devise qui nous unit aujourd'hui est l'autosuffisance.

Quelles sont les perspectives les plus prometteuses pour le fonds de dotation ?

Notre plus grande richesse réside dans les 15 millions de catholiques du Kenya (les estimations varient). Le message essentiel est que, contrairement à avant, où la formation de nos prêtres était financée par d'autres, cette responsabilité nous incombe désormais. Nous encourageons les fidèles à contribuer à ce fonds.

Grâce à un conseil d'administration compétent, nous veillons à la plus grande prudence dans nos investissements. Actuellement, nous investissons dans des instruments financiers. Par ailleurs, nous organisons des activités et des événements – tournois sportifs et dîner annuel – afin de compléter les contributions de nos membres et de diffuser notre message.

Pour l'instant, le fonds est assez modeste, s'élevant à environ 50 millions de shillings kenyans (387 000 dollars américains). Nous espérons doubler ce montant avant la fin de l'année.

Quelle est la taille cible du fonds ?

– Un milliard de shillings kenyans (7,73 millions de dollars américains). À nos débuts, nous étions très naïfs. Nous pensions pouvoir récolter un milliard en un an. Le raisonnement était simple : si 200 000 des 15 millions de catholiques donnaient chacun 5 000 shillings, nous atteindrions le milliard. Nous avons vite déchanté.

Beaucoup de gens ignorent l'existence de la SEF. Nous avons visité 22 des 28 diocèses du Kenya. Nous avons discuté de la SEF avec des prêtres. L'année dernière, nous avons créé des comptes sur TikTok, YouTube et Facebook. Nos efforts commencent à porter leurs fruits. L'année dernière, pour la première fois, les dons individuels ont dépassé les fonds récoltés lors des tournois et du dîner.

Vous avez évoqué certains des défis que vous avez rencontrés. Quels autres défis y a-t-il ?

– Tout d'abord, envoyer des messages à tous les contributeurs (plus de 4 000 personnes) coûte très cher. Nous mettons tout en œuvre pour remercier et encourager nos donateurs. Nous utilisons encore Excel, et c'est un vrai cauchemar. Mais l'équipe arrive tant bien que mal à suivre le rythme. Le logiciel adéquat est assez onéreux ; nous ne l'avons pas encore acheté.

Deuxièmement, le pays est tout simplement immense. Il y a tellement de personnes à atteindre, alors que notre équipe est assez petite.

Troisièmement, les paroisses et les diocèses organisent déjà de nombreuses campagnes de collecte de fonds pour construire des églises, des écoles, des hôpitaux et réaliser d'autres œuvres caritatives. Il est compréhensible que les gens soient peu enthousiastes à l'idée d'une nouvelle contribution. Nous avons fort à faire pour convaincre les fidèles que s'il y a bien une chose dont ils ont besoin, c'est un prêtre compétent. Ce serait un véritable gâchis de construire une église sans prêtre pour y célébrer la messe. Actuellement, nous manquons cruellement de prêtres.

Y a-t-il une pénurie de métiers au Kenya ?

Non, en fait, nous constatons une forte augmentation des vocations. Nous comptons actuellement 1 100 séminaristes, mais malheureusement, chaque année, nous devons refuser de nombreux candidats faute de places. Cette année, nous allons en refuser 200. L'an dernier, nous en avions refusé 64. On pourrait dire que c'est un “ bon problème ”.

Outre l'amélioration des conditions de vie dans les séminaires, il est indispensable d'accroître leurs capacités. Il faut également veiller à la bonne formation des séminaristes.

Nos séminaires souffrent souvent d'un manque de personnel. Par exemple, le séminaire Saint-Augustin de Mabanga compte 269 séminaristes pour seulement huit prêtres, qui font également office d'enseignants et de formateurs. De plus, ce personnel déjà surchargé doit composer avec un manque de matériel.

Nous devons nous fixer des objectifs ambitieux. Aujourd'hui, les prêtres sont tenus de se spécialiser : aumôniers d'hôpitaux, aumôniers scolaires, formateurs, etc. La société contemporaine nous confronte chaque jour à de nouveaux défis – tels que l'intelligence artificielle et les médias sociaux – qui influencent la manière dont le sacerdoce est vécu aujourd'hui. Les séminaristes doivent être préparés à tout cela. Cela nécessite un investissement.

Il est plus que jamais nécessaire d'accroître la capacité de nos séminaires, car les Églises des pays développés nous sollicitent pour obtenir des prêtres. Nous en avons déjà envoyé en Amérique, en Australie et dans certaines régions d'Europe.

Y a-t-il eu des histoires touchantes durant ces six années à la tête du fonds ?

– Beaucoup. L'an dernier, nous sommes allés à Narok pour encourager les gens à contribuer au fonds. Nous leur avons dit : « Il suffit de donner un shilling par jour. Si chaque catholique du Kenya donnait un shilling par jour, cela représenterait 15 millions de shillings par jour ; nous atteindrions notre objectif en six mois. » Ce message a été très bien accueilli. Les gens continuent de nous envoyer un shilling chaque jour. Certains trouvent qu'un shilling, c'est trop peu, alors ils en envoient cinq ou dix. À la fin de la présentation ce jour-là, certaines personnes ont envoyé 365 shillings (environ 3 dollars) ; un shilling pour chaque jour de l'année, à l'avance.

C'était très émouvant. Nous aimerions reproduire cette expérience dans les autres paroisses que nous visitons. Souvent, lorsqu'on demande aux gens de contribuer, ils pensent : “ Je ne peux pas donner dix shillings, ni même cent, ce n'est pas suffisant. ” Mais lorsqu'ils entendent que nous sommes ravis de recevoir ne serait-ce qu'un shilling, tout change. Ils commencent alors à donner.

Il y a un homme qui a commencé à contribuer en 2019. Il envoyait des montants variables chaque semaine : 23 shillings une semaine, 45 la suivante, et ainsi de suite. Mais il a été très régulier. De plus, il a augmenté ses dons. Maintenant, il envoie au moins 100 shillings par semaine.

Par ailleurs, deux femmes, l'une de Bungoma et l'autre de Nairobi, ont vécu des expériences similaires. Elles nous ont confié : “ Je ne sais pas comment l'expliquer, mais depuis que je contribue, mon entreprise marche très bien. ”.

Nous célébrons également chaque année une messe en l'honneur de saint Charles Borromée, patron de la SEF. Les fidèles suivent la messe en direct des séminaires grâce à différentes retransmissions. Ils nous font part de leurs intentions de prière. La première fois que nous avons célébré la messe, il nous a fallu près de 30 minutes pour lire toutes les intentions. La deuxième fois, nous en avons reçu des milliers. Nous n'avons pas pu les lire pendant la messe, car cela aurait été trop long ; nous pouvions seulement assurer les fidèles que nous priions pour leurs intentions. Les gens souhaitent qu'une messe soit célébrée pour leurs intentions. Ils veulent vraiment soutenir la formation des séminaristes, mais aussi que quelqu'un prie pour eux.

Les séminaristes se sont également organisés au sein d'une association appelée « Fonds de dotation des Amis des Séminaires ». Ils prient quotidiennement pour ceux qui contribuent à ce fonds.

Comment les lecteurs peuvent-ils contribuer au fonds ?

Au Kenya, vous pouvez faire un don très facilement via M-PESA. Vous pouvez également mettre en place un virement permanent auprès de votre banque pour effectuer des contributions régulières. De plus, nous proposons une solution pour les dons internationaux. Vous trouverez toutes les informations sur notre site web. Vous pouvez aussi contacter directement nos bureaux aux coordonnées manquantes. info@sef.or.ke.

Un dernier mot ?

– Je l’ai dit une ou deux fois et les gens m’ont regardé avec un peu de surprise : le Fonds de dotation du séminaire (SEF) est, pour le moment, l’initiative la plus importante de l’Église au Kenya.

L'auteurFrancis Nyatundo

TribuneCardinal José Cobo

Visite du pape Léon XIV : une occasion de répondre à Jésus-Christ que nous l'aimons.

L’Église de Madrid se prépare à accueillir le Saint-Père. La venue du pape Léon XIV, qui séjournera dans notre diocèse du 6 au 9 juin, dans le cadre d’une visite en Espagne qui durera jusqu’au 12 du même mois, est une invitation à lever les yeux vers Dieu.

27 mai 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Le site Le voyage du pape en Espagne Cela exige de surmonter la tentation de créer un grand spectacle, même en sachant que certains actes à accomplir peuvent être perçus comme tels. L'appel à chercher On peut y voir un contrepoint à la nécessité de ne pas s'attarder sur le spectaculaire. Nous ne pouvons plus nous contenter d'une vision superficielle des choses, pris dans le tourbillon du quotidien ou absorbés par notre solitude. Nous sommes invités à nous rassembler, à écouter, à accueillir et à lever ensemble les yeux, comme le propose la devise de cette visite. Nous pourrions considérer cet événement comme une simple formalité parmi d'autres dans un agenda chargé. Mais nous pouvons aussi nous entraider pour l'appréhender plus profondément.

Le Saint-Père nous aidera à dépasser les apparences et à nous tourner vers Dieu. De Dieu, nous pourrons cheminer au cœur de nos vies et de celles de tant de personnes de bien autour de nous. La présence du pape Léon XIV nous permettra d’entrevoir le sens de la vie, d’annoncer une espérance transcendante à nos jeunes et à notre société éprouvée, et de nous placer face au don de la vie éternelle que nous célébrons à Pâques. 

En prenant de la hauteur tout en gardant les pieds sur terre, nous pourrons redécouvrir le sens de la dignité humaine et l'éthique de l'amour comme pierre angulaire essentielle de notre époque.

Accueillez le successeur de Pierre

Nous avons l’occasion de répondre à Jésus-Christ. Chacun de nous est invité, avec Pierre à la tête, présent en son successeur, à répondre à la question que Pierre a entendue au bord du lac : “"Est-ce que tu m'aimes?"”. Cette question, qui a résonné tout au long de l'histoire de l'Église depuis lors, trouve un écho à chaque génération de croyants et nous parvient encore aujourd'hui. Aujourd'hui, nous avons l'occasion de nous tenir devant Jésus, avec tous ses disciples et toute son Église, de participer à ce dialogue et ainsi de répondre à la question que Jésus-Christ nous pose. C'est une réponse que chacun de nous doit donner, mais une réponse que nous pouvons et devons aussi donner ensemble, en tant que communauté chrétienne.

Une réponse qui exprime la communion, qui révèle l’harmonie présente dans notre Église. Au-delà de la tentation de l’individualisme, nous sommes appelés à témoigner, par notre réponse, que l’Église est une grande harmonie. La visite du Saint-Père nous offre l’occasion de revenir sur cette question et d’y répondre, personnellement et en communauté, du plus profond de nos cœurs. Une expression de communion avec celui qui vient confirmer notre foi et nous montrer la nécessité d’approfondir le sens de l’Église.

Cette visite a lieu quelques jours seulement après la fin du temps pascal. Durant ce temps, nous avons l’occasion de renouveler la foi de tous les baptisés, de fortifier l’espérance et de raviver la charité en nous-mêmes et dans toutes nos communautés. Unis à l’Église universelle, qui nous accueille en la personne du successeur de Pierre, nous sommes appelés à répondre à cet accueil en ouvrant les bras de notre diocèse et en unissant nos cœurs au sien.

L’enthousiasme, l’espérance et l’esprit de service caractérisent notre diocèse en vue de cet événement. La visite du Saint-Père, pour laquelle nous nous préparons depuis plusieurs semaines grâce à la grande générosité de nombreuses personnes, est une occasion de fortifier notre foi en tant qu’Église unie, qui considère le monde comme un champ de mission.

Relevez le défi

Cette visite du pape Léon XIV dans notre pays et notre diocèse nous invite à renouveler notre engagement chrétien, nous rappelant notre responsabilité envers le monde de faire grandir le Royaume de Dieu dans ce contexte. Elle nous offre l’occasion de réfléchir à la mission de l’Église et de nous interroger sur la manière dont chacun, selon sa propre perspective, peut y répondre.

Un témoignage susceptible d’apporter des réponses face à une situation sociale et mondiale complexe. L’humanité souffre face à la tragédie de la violence et aux nombreux conflits armés qui ravagent différentes régions du monde. Faisant écho aux paroles pascales du Seigneur ressuscité : “Que la paix soit avec vous.” (Jn 20,19), le Saint-Père, qui, dès le début de son pontificat, a assumé la priorité de la paix, de “ une paix désarmée et désarmante ”, Il vient à nous pour nous confier la mission d'être des artisans de la paix.

C’est une tâche que nous sommes appelés à accomplir avec responsabilité. C’est une mission partagée. Plus encore à la lumière de la visite du successeur de Pierre, qui viendra nous rappeler que notre monde a un avenir et que les chrétiens ont beaucoup à offrir par la spiritualité, la rencontre et la fraternité. Puisse ce cheminement, qui se rapproche inexorablement, être l’occasion de transmettre un message fondamental : la foi transcende les intérêts individuels, elle nous unit, nous place au pied de la Croix et nous fait participer à la Résurrection.

L'auteurCardinal José Cobo

Archevêque de Madrid

Évangélisation

Saint Philippe Néri et le secret du bonheur : un choix d'amour

Monseigneur Edoardo Cerrato, de la Congrégation de l'Oratoire, revient dans cet entretien sur le charisme philippin, le défi éducatif et la véritable joie sacerdotale.

Lorenzo Iorfino-26 mai 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Aujourd'hui, 26 mai, à l'occasion de la fête de saint Philippe Néri, la rédaction d'« Omnes » a le plaisir d'offrir à ses lecteurs une interview exclusive de Monseigneur Edoardo Aldo Cerrato, de la Congrégation de l'Oratoire de Saint Philippe Néri, évêque émérite d'Ivrée (Italie).

Dans ce dialogue, l'évêque, en compagnie du journaliste Lorenzo Iorfino, passe en revue l'état actuel du charisme philippin, le grand défi éducatif auquel sont confrontés les jeunes et le secret profond de la joie chrétienne et sacerdotale.

Excellence, l’œuvre entreprise par saint Philippe Néri a traversé les siècles. Quel est le cœur de son message spirituel et de l’expérience de l’Oratoire ?

L'œuvre de saint Philippe, qu'il a instituée et dirigée, est l'Oratoire, c'est-à-dire une école de spiritualité où le Christ occupe une place centrale. Philippe disait toujours que celui qui désire autre chose que le Christ ignore ce qu'il désire. Celui qui s'efforce sans chercher le Christ ne sait pas où il va, car il n'est pas une vague référence ni le souvenir d'une grande figure du passé, mais le véritable centre de la vie. Comme nous le rappelle saint Paul, la vie est le Christ.

Après avoir exercé la vocation d'enseignant pendant des années, quel est selon vous le plus grand défi auquel un éducateur est confronté avec la jeunesse d'aujourd'hui ?

L’école et la société ont beaucoup changé, mais le cœur humain, lui, demeure immuable. Les jeunes d’aujourd’hui sont moins guidés par l’idéologie qu’auparavant, ce qui les amène à une attitude d’espoir et d’ouverture face à la découverte de l’inconnu. Certes, une grande vulnérabilité se fait jour, mais le véritable défi pour les enseignants est de répondre avec clarté et bienveillance à leurs aspirations les plus profondes : l’aspiration à la liberté, à l’amour et au savoir, en s’adressant non seulement à leur intellect, mais aussi directement à leur cœur.

Les différentes congrégations de l'Oratoire sont unies au sein d'une Confédération. Comment ce parallélisme s'exprime-t-il, et comment l'unité se concilie-t-elle avec la pluralité et les spécificités locales de vos communautés ?

Il existe un parallèle très fort avec la relation entre l'Église universelle et les diocèses, qui ne sont pas simplement une partie de l'Église universelle, mais l'Église elle-même vivant dans un lieu particulier. De même, la Congrégation de l'Oratoire n'est pas une branche d'une maison mère ou d'une maison générale, mais a été érigée directement par le Saint-Siège. domus sui iuris, C’est-à-dire, comme une maison autonome au sein d’une relation fraternelle qu’est la Confédération. De cette manière, on devient membre d’une grande famille, tout en conservant son individualité et ses caractéristiques propres, déterminées par les situations et les besoins locaux. Dès l’origine, nos Constitutions ont défini la communauté comme une Familiaris coetus, Une famille unie par l’entraide et l’affection, qui lui permet de surmonter les difficultés. La Confédération représente le grand accueil que l’Église universelle offre à ces familles afin qu’elles puissent pleinement vivre leur vocation.

Si l’on considère la mission universelle de l’Église, peut-on affirmer que cette centralité du Christ demeure la seule véritable réponse pour nous guider dans le monde contemporain ?

Il suffirait sans doute de commencer par les Actes des Apôtres : les premiers croyants furent appelés chrétiens par les païens d’Antioche précisément parce qu’ils suivaient le Christ. Le christianisme accueille tous ceux qui entendent cette parole de salut. L’histoire de l’Église est marquée par la diversité des époques et des personnalités de ses papes, mais elle demeure fondamentalement unie dans sa mission suprême : proclamer et témoigner que Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant. Telle est la réalité permanente de l’Église.

Aujourd'hui, nombreux sont ceux qui renoncent à leur vocation par crainte de sacrifier leur propre bonheur. Quel est le secret du bonheur véritable pour un prêtre, et plus généralement pour tout chrétien ?

Être heureux ne signifie pas que tout se passe toujours bien ni qu'on soit constamment dans l'exaltation. Le bonheur, c'est cette paix, cette sérénité et cette profonde confiance que l'on ressent même dans les moments les plus difficiles de la vie. Saint Philippe Néri, en effet, est le prophète d'une joie chrétienne profonde, par opposition à un bonheur éphémère. Le secret réside dans la conscience d'avoir été choisi avant même d'avoir fait ce choix : nous sommes appelés par le Seigneur du cosmos et de l'histoire non pas à jouer le rôle d'un exécutant, mais à vivre une vie de service et d'amour pour autrui.

L'auteurLorenzo Iorfino

journaliste et étudiante à l'Université pontificale de la Sainte-Croix.

Vatican

Magnifica Humanitas ou la vulnérabilité humaine à l'ère de l'IA

L'encyclique Magnifique Humanité Elle réhabilite la vulnérabilité non pas comme un défaut à surmonter, mais comme le cœur même d'une humanité capable de se soucier des autres, d'aimer et de résister à la logique technocratique de l'optimisation absolue.

Jorge Martín Montoya Camacho-26 mai 2026-Temps de lecture : 5 minutes

La grande question de notre époque n'est peut-être plus de savoir si les machines penseront un jour comme nous. La véritable question est tout autre : comprendrons-nous un jour ce que signifie être humain ?.

La récente encyclique Magnifique Humanité Le document de Léon XIV a été présenté, à juste titre, comme le grand texte magistériel sur l'intelligence artificielle. Cependant, une lecture plus attentive révèle une dimension encore plus profonde : le véritable enjeu du texte n'est pas la technologie elle-même, mais la question anthropologique qu'elle sous-tend.

La question cruciale de l’encyclique n’est pas seulement de savoir ce que l’intelligence artificielle peut faire, mais aussi quelle idée de l’humanité nous commençons à adopter dans une culture dominée par la logique technologique.

Et c’est précisément là que surgit l’une des intuitions les plus originales et les plus provocatrices du document : la réhabilitation philosophique et spirituelle de la vulnérabilité humaine.

Car le problème de notre époque ne se limite peut-être pas à la déshumanisation induite par la technologie. Le problème plus profond réside dans le fait que nous commençons à considérer l'humanité elle-même – du moins dans sa dimension vulnérable – comme un obstacle à surmonter.

Le rêve d'une humanité sans limites

Une grande partie de la culture contemporaine interprète les limitations comme un échec. La maladie, la souffrance, la vieillesse, la dépendance ou la fragilité apparaissent facilement comme des réalités négatives qu'il faut corriger au plus vite.

Ce n'est pas un hasard si nous vivons aujourd'hui entourés de langages obsédés par l'optimisation constante : améliorer les performances, maximiser l'efficacité, éliminer la vulnérabilité, contrôler son propre corps, éviter toute forme de dépendance. Même la fatigue quotidienne semble être devenue quelque chose de presque moralement suspect.

Dans ce contexte, la technologie est présentée comme une promesse de libération : une plus grande maîtrise de sa vie et de son destin, une efficacité accrue au travail, une plus grande autonomie dans la réalisation de ses désirs, une moindre dépendance envers autrui. L’horizon culturel dominant semble nous pousser vers une humanité toujours moins vulnérable.

C'est pourquoi cette déclaration est si importante. Magnifique Humanité:

“ Tout ce qui représente une ‘ limite ’ – l’incapacité, la maladie, la vieillesse, la souffrance, la vulnérabilité – a tendance à être perçu avant tout comme un défaut à corriger, plutôt que comme un espace où l’être humain mûrit et s’ouvre aux relations. Au contraire, nous devons nous rappeler que l’être humain ne s’épanouit pas malgré la limite, mais souvent grâce à elle. ”Magnifique Humanité, n° 118).

Ces mots contiennent une véritable critique anthropologique de la modernité tardive.

Car l'encyclique ne se contente pas d'appeler à la protection des personnes vulnérables. Elle ne présente pas non plus la fragilité uniquement comme un problème moral exigeant de la compassion. Elle va bien plus loin : elle affirme que la limite peut être un lieu de vérité sur l'être humain. Et cela change radicalement notre vision de la vulnérabilité.

La vulnérabilité n'est pas un accident

Depuis des siècles, la pensée moderne a souvent assimilé l'épanouissement humain à l'autosuffisance. L'idéal dominant a été celui de l'individu autonome, capable de se construire sans dépendre radicalement d'autrui.

L’intelligence artificielle et l’imaginaire transhumaniste semblent radicaliser cette logique. Le corps apparaît comme un élément optimisable, la dépendance comme une déficience et la fragilité comme une limite que la technologie finira par neutraliser.

Cependant, Magnifique Humanité Elle propose une anthropologie différente. Les êtres humains ne sont pleinement humains que lorsqu'ils cessent d'avoir besoin des autres, mais précisément lorsqu'ils reconnaissent que leur vie est tissée de relations, d'attention et d'interdépendance mutuelle.

Dans l'un des passages les plus importants du document, Léon XIV met en garde contre : “ le risque de déshumanisation – construire l'avenir en excluant Dieu et en réduisant l'autre à un moyen – ” (Magnifique Humanité, n. 10).

Cette phrase est particulièrement pertinente car elle met en lumière le véritable danger du paradigme technocratique : non seulement produire des machines plus puissantes, mais aussi, en fin de compte, interpréter les êtres humains à travers le prisme de critères purement fonctionnels. Et cela se produit chaque jour sans même que nous nous en rendions compte.

Lorsque l'efficacité devient la valeur dominante, certaines vies sont inévitablement dévalorisées. La place même des personnes improductives, dépendantes, âgées ou fragiles – celles qui ne se conforment pas à la logique de la performance – est remise en question. Progressivement, la vulnérabilité cesse d'être une expérience humaine partagée et devient un phénomène à dissimuler, à minimiser, voire à éliminer.

Le problème n'est plus seulement technologique. Il est culturel et profondément spirituel. La technologie contemporaine ne vise pas seulement à améliorer notre qualité de vie ; elle redéfinit aussi, peu à peu, ce que signifie vivre humainement.

Babel ou Jérusalem

Tous les encyclique Elle est structurée autour d'une grande opposition symbolique : Babel et Jérusalem.

Babel symbolise l'aspiration à l'autosuffisance, le rêve d'une humanité qui cherche à atteindre le paradis par sa propre force. Une civilisation fascinée par l'uniformité, la domination et le contrôle : un repli sur soi, fruit d'une soif de pouvoir qui, en fin de compte, rend tout manipulable.

Jérusalem, en revanche, symbolise quelque chose de très différent : une communauté qui se reconstruit par la coopération, la responsabilité partagée et la reconnaissance de ses propres limites, une ouverture à la transcendance de l'amour qui conduit à Dieu.

C’est pourquoi l’image de Néhémie reconstruisant la ville est si significative. Léon XIV souligne qu’il n’impose pas de solutions d’en haut, mais qu’il convoque tout le monde, écoute, coordonne les efforts et rend possible un travail commun.

La véritable reconstruction humaine ne découle pas d'un pouvoir absolu, mais d'une interdépendance reconnue.

Et c’est peut-être là que réside l’une des intuitions les plus profondes de l’encyclique : le grand défi contemporain n’est pas de choisir entre la technologie et l’anti-technologie. Le véritable choix est tout autre : construire une nouvelle Babel technocratique ou reconstruire Jérusalem, c’est-à-dire une coexistence humaine capable de reconnaître la valeur des limites, de l’entraide et de l’ouverture à une vérité qui transcende l’être humain.

La vulnérabilité comme résilience

C’est peut-être là que réside la contribution la plus provocatrice de Magnifique Humanité.

Dans une culture obsédée par l'optimisation constante, accepter sa vulnérabilité devient presque un acte de résistance anthropologique. Résistance contre une logique de performance qui mesure la valeur des individus à l'aune de leur productivité, contre la marchandisation croissante de la vie humaine, contre l'illusion d'une autosuffisance absolue qui imprègne une grande partie de l'imaginaire contemporain et, enfin, contre une culture qui finit par interpréter toute dépendance comme une forme d'échec.

L’encyclique n’idéalise ni la souffrance ni ne glorifie la précarité. Ce qu’elle affirme est bien plus profond : la fragilité humaine peut ouvrir des espaces d’humanité qu’une logique purement technique ne saurait jamais produire.

Seuls ceux qui reconnaissent leur besoin des autres peuvent véritablement apprendre la solidarité. Seuls ceux qui connaissent leurs limites découvrent l'importance de la bienveillance. Seuls ceux qui cessent de se considérer comme entièrement autosuffisants peuvent s'ouvrir à la générosité, à l'amitié et à la compassion.

C’est pourquoi Léon XIV insiste : “ Aucune main ne peut à elle seule porter le poids des défis auxquels le monde est confronté ” (Magnifique Humanité, n. 13).

En définitive, l’encyclique nous rappelle une chose que notre culture avait commencé à oublier : nous ne prospérons pas en éliminant toute dépendance, mais en apprenant à vivre notre condition vulnérable de manière humaine.

Restez humains

Il est peut-être temps aussi de cesser d'assimiler nos pires aspects à ce que nous appelons “ trop humain ”, une expression qui conserve encore certains échos réducteurs de la modernité. Nous l'utilisons souvent pour désigner la méchanceté, la faiblesse morale ou la banalité. Et pourtant, l'intuition la plus profonde de Magnifique Humanité Cela semble indiquer le contraire : ce qu’il y a de plus pleinement humain – la capacité de se soucier des autres, d’aimer, de reconnaître ses propres limites et de s’ouvrir à eux – ne nous éloigne pas de Dieu, mais peut au contraire nous y conduire.

Par conséquent, la revendication la plus profonde de Magnifique Humanité Cela se résume probablement dans l'une des phrases les plus importantes du magistère social actuel : “ Nous avons le devoir urgent de rester profondément humains ” (Magnifique Humanité, n. 15).

Cette phrase est frappante car elle met le doigt sur le problème fondamental de notre époque. Le véritable risque n'est pas simplement que les machines nous ressemblent de plus en plus. Le risque est que nous finissions par accepter une conception de l'humanité qui ressemble de plus en plus à une machine : efficace, calculable, optimisable et incapable de reconnaître ses limites.

En réponse, Léon XIV propose de renouer avec une vérité fondamentale et radicale, affirmant que la vulnérabilité n'est pas un défaut que la technologie devrait abolir, mais une dimension constitutive de la vie humaine. Car, si la recherche du bien n'est pas nécessairement incompatible avec le pouvoir en ce monde, elle ne peut jamais en découler uniquement, mais plutôt d'une vérité plus profonde sur l'être humain : celle d'une vie qui a besoin d'être protégée, accueillie et aimée.

Et c’est peut-être précisément là – dans la capacité de prendre soin, de dépendre, de souffrir avec les autres et d’aimer depuis un lieu de fragilité – que réside encore l’aspect le plus profondément humain, quelque chose qu’aucune intelligence artificielle ne pourra jamais remplacer.

L'auteurJorge Martín Montoya Camacho

Université de Navarre. Axe de recherche : Anthropologie et éthique de la vulnérabilité. Faculté ecclésiastique de philosophie / Groupe Science, Raison et Foi (CRYF).