Initiatives

UFV et Sabadell : 5e cours de conseiller financier pour les entités religieuses et le tiers secteur

Dans sa 5e édition, le cours en ligne de conseiller financier de l'École supérieure de l'Université Francisco de Vitoria et de Banco Sabadell permet de renforcer une connaissance spécialisée des institutions religieuses et des entités du tiers secteur.

Rédaction Omnes-7 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

La cinquième édition du cours de conseiller financier pour les entités religieuses et du tiers secteur a débuté le 26 février 2026. Ce cours entièrement en ligne, développé conjointement par Banco Sabadell et l'Université Francisco de Vitoria, vise à fournir une base solide pour la gestion quotidienne des administrateurs et des trésoriers.

Cette certification universitaire offre une formation complète et rigoureuse aux professionnels et collaborateurs du secteur, dans le but de renforcer les connaissances spécialisées de ces institutions et de contribuer à fournir des connaissances et des outils à leurs administrateurs, avec une vision très axée sur leur pérennité, en plaçant toujours les personnes au centre.

Les inscriptions sont ouvertes jusqu'au 22 juin 2026.

La période d'inscription a débuté le 15 décembre 2025 et sera ouverte jusqu'au 22 juin 2026, le programme se terminant le 31 décembre 2026. À l'issue de celui-ci, les étudiants recevront un diplôme de l'Université Francisco de Vitoria.

Comme indiqué, il s'agit d'un cours en ligne 100%, d'une valeur de 12 crédits ECTS. Il comprend également un soutien par le biais de séances de tutorat animées par des spécialistes des institutions religieuses et des organismes du tiers secteur. Banco Sabadell. Il s'agit d'un programme de formation ouvert aux professionnels de tous les secteurs, offrant un plan de bourses d'études allant jusqu'à 80% sur les frais de scolarité pour le personnel et les gestionnaires des institutions religieuses et des entités du tiers secteur qui sont clientes de BS, ainsi que pour les employés de BS.

Santiago Portas Alés, directeur des institutions religieuses et du tiers secteur de Banco Sabadell.

Connaissances spécialisées

Ce cours en ligne de niveau avancé est adapté à la réalité des professionnels et offre une formation complète et rigoureuse visant à renforcer les connaissances spécialisées des institutions religieuses et des entités du tiers secteur.

Au cours des quatre éditions précédentes, un total de 1 159 étudiants se sont inscrits, dont 730 ont terminé la formation et obtenu le diplôme de l'Université Francisco de Vitoria.

Contenu mis à jour par des professionnels et des enseignants

Grâce à un outil dynamique et interactif, ce cours permet aux étudiants de s'adapter à leur situation personnelle et professionnelle. Le contenu a été élaboré et mis à jour par des professionnels actifs du secteur financier et des professeurs de l'Université Francisco de Vitoria, qui conjuguent enseignement et activité professionnelle, garantissant ainsi une qualité académique et pédagogique optimale.

Plus d'informations sur le programme et l'inscription sur le site web Site web de l'UFV.

L'auteurRédaction Omnes

Évangélisation

12 saintes qui étaient aussi mères

Au cours du mois de mai, presque tous les pays célèbrent la Fête des Mères. Nous vous proposons une liste de 12 mères exemplaires, sources de sainteté, auxquelles nous pouvons nous adresser pour obtenir leur intercession.

OSV / Omnes-7 mai 2026-Temps de lecture : 6 minutes

« Le secret du bonheur est de vivre pleinement chaque instant et de remercier Dieu pour ce qu'il nous offre chaque jour. » Cette sage réflexion semble être une parole d'une bonne mère, et en l'occurrence, c'est bien ce qu'a dit une sainte Gianna Beretta Molla. Cette femme, épouse, médecin et mère catholique, est décédée en 1962 après avoir, avec un dévouement exemplaire, fait passer la santé de son enfant à naître avant la sienne lors d'une grossesse difficile. Sainte Gianna compte parmi les nombreuses mères catholiques canonisées par l'Église pour leur foi, leur charité et leurs vertus.

1. Sainte-Hélène (vers 248-vers 328)

Hélène était la mère de Constantin, l'empereur romain qui, en 313, mit fin à la persécution des chrétiens dans tout l'Empire. Née en Asie Mineure, elle épousa un général romain nommé Constance Chlore et donna naissance à Constantin en 274 dans l'actuelle Serbie. Elle se convertit au christianisme en 312 et fut dès lors connue pour sa dévotion, sa vie de prière et sa générosité envers les pauvres. Vers 326, elle se rendit en Terre sainte, où elle passa ses dernières années à accomplir humblement des tâches domestiques dans son couvent, mais aussi à construire des églises sur des lieux saints. On dit qu'elle découvrit la Vraie Croix du Calvaire. Sa fête est célébrée le 18 août.

2. Sainte Monique (331-387)

Cette laïque d'Afrique du Nord épousa Patricius, et saint Augustin d'Hippone fut leur fils aîné. Elle s'efforça de l'élever dans la foi chrétienne, tout en nourrissant des ambitions mondaines. Il méprisait le christianisme et eut un fils avec sa maîtresse. En 383, Monique suivit Augustin en Italie, où elle devint disciple de saint Ambroise. Trois ans plus tard, Augustin fut baptisé. Monique tomba malade et mourut avant son retour en Afrique. Des années auparavant, un évêque lui avait prodigué ces paroles restées célèbres : « Il est impossible que le fils de tant de larmes se perde. » Sa fête est célébrée le 27 août.

3. Sainte Emmélie de Césarée (décédée vers 375) 

Sainte Emmelia était issue d'une famille de saints. Son époux était saint Basile l'Ancien, avocat et fils de sainte Macrine l'Ancienne. De leurs dix enfants, quatre furent canonisés : saint Basile le Grand, saint Grégoire de Nysse, sainte Macrine la Jeune et saint Pierre de Sébaste. Sainte Emmelia se consacra à l'éducation de ses enfants et à l'étude des Écritures. Après avoir élevé ses enfants, sainte Emmelia, avec sa fille Macrine, renonça à leur vie confortable et fonda une petite communauté monastique de religieuses sur le domaine familial. Sa fête est célébrée le 30 mai.

4. Sainte Marguerite d'Écosse (vers 1045-1093)

Marguerite serait née en Hongrie d'une mère allemande, mais, petite-fille d'un roi d'Angleterre, elle fut emmenée en Angleterre. Après la conquête normande, elle se réfugia en Écosse et épousa en 1070 le roi Malcolm III. Ils eurent deux filles et six fils, dont l'un fut canonisé. Profondément croyante, elle usa de son influence pour aligner l'Église écossaise sur le rite romain et était connue pour sa sollicitude envers les orphelins et les pauvres. Elle mourut quatre jours après l'assassinat de son époux ; ils furent inhumés à l'abbaye de Dunfermline. Elle fut canonisée en 1250. Sa fête est célébrée le 16 novembre.

5. Sainte Hedwige de Silésie (vers 1174-1243)

Hedwige, une laïque bavaroise du sud de l'Allemagne, épousa le duc de Silésie, en Pologne méridionale. Henri Ier encouragea les nombreuses œuvres caritatives de son épouse, notamment la fondation d'une abbaye cistercienne à Trzebnica. Le couple fit vœu de chasteté après la naissance de leur septième enfant en 1209. À la mort d'Henri en 1238, Hedwige rejoignit l'abbaye où sa fille Gertrude était abbesse, mais elle ne devint pas religieuse. Elle utilisa sa fortune pour aider les pauvres et les souffrants de la région et contribua à accroître l'influence allemande en Silésie. Elle fut canonisée en 1267. Sa fête est célébrée le 16 octobre.

6. Sainte Élisabeth de Hongrie (1207-1231)

La vie d'Élisabeth, bien que courte, fut néanmoins bien remplie : heureuse en ménage et mère d'enfants, elle devint franciscaine séculière et se dévoua tellement aux pauvres et aux malades qu'elle fit don de ses vêtements royaux et fonda des hôpitaux. Fille d'un roi de Hongrie, Élisabeth épousa Louis, un noble de Thuringe, à l'âge de 14 ans. Ce dernier se plaignait du coût de ses nombreuses œuvres de charité jusqu'à ce qu'il soit témoin d'un miracle impliquant Élisabeth, du pain et des roses. Après la mort de son époux lors d'une croisade, elle entra dans le Tiers-Ordre de Saint François à Marbourg, en Allemagne, où elle fonda un hôpital pour soigner les malades. Élisabeth est la sainte patronne des boulangers, des jeunes épouses, des veuves, des personnes accusées à tort, des comtesses et des franciscains séculiers. Elle fut canonisée en 1235. Sa fête est célébrée le 17 novembre.

7. Sainte Brigitte de Suède (vers 1303-1373)

Brigitte, ou Birgitta, épousa un noble suédois ; le couple eut huit enfants, dont sainte Catherine de Vadstena. Vers 1335, Brigitte fut nommée dame d'honneur principale à la cour de Suède. Devenue veuve en 1344, elle fonda l'Ordre du Très Saint Sauveur, connu sous le nom de Brigittines. Brigitte passa une grande partie de sa vie à Rome, menant une existence austère et se consacrant aux pauvres et aux malades. Elle y mourut, après un pèlerinage en Terre sainte. Brigitte affirma avoir eu des visions et des inspirations tout au long de sa vie, ce qui lui valut influence et controverses. Elle fut canonisée en 1391. Sa fête est célébrée le 23 juillet.

8. Sainte Françoise de Rome (1384–1440)

Cette laïque et fondatrice, issue de l'aristocratie romaine, épousa Lorenzo Ponziano à l'âge de 13 ans ; ils eurent plusieurs enfants. En 1409, son palais fut pillé par des soldats napolitains et Lorenzo fut exilé pendant cinq ans, revenant brisé. Il mourut en 1436. Francesca, connue pour sa grande charité durant les épidémies et la guerre civile, organisa une société de femmes vouées à l'ascèse et aux bonnes œuvres. Celle-ci devint les Oblates de Tor dei Specchi, une communauté qu'elle dirigea durant les quatre dernières années de sa vie. Elle est la sainte patronne des automobilistes, peut-être parce qu'elle fut protégée pendant 23 ans par un archange visible uniquement à elle. Ses dernières paroles furent : “ L'ange a achevé sa mission. Il m'appelle à le suivre. ” Elle fut canonisée en 1608. Sa fête est célébrée le 9 mars.

9. Sainte Jeanne Frances de Chantal (1572-1641)

À l'âge de 20 ans, Jeanne-Françoise Frémyot, originaire de Dijon, épousa le baron Christophe de Rabutin-Chantal. Leur bonheur fut de courte durée, mais après huit ans, elle se retrouva veuve, seule avec quatre enfants à charge. En 1604, saint François de Sales devint son directeur spirituel ; ensemble, ils fondèrent l'Ordre de la Visitation de Sainte Marie, destiné aux femmes qui ne se convenaient pas à la vie plus rigoureuse des autres communautés religieuses. À sa mort, on comptait près de 80 couvents de la Visitation. Saint Vincent de Paul, son contemporain, la décrivit comme “ l'une des personnes les plus saintes que j'aie jamais connues sur cette terre ”. Sainte Jeanne-Françoise de Chantal fut canonisée en 1767. Sa fête est célébrée le 12 août.

10. Sainte Louise de Marillac (1591-1660)

Née en Auvergne, Louise épousa Antoine Le Gras, un haut fonctionnaire de la cour royale. Après la mort de son époux en 1625, malgré des difficultés financières et des accès de mélancolie, elle soutint activement les œuvres caritatives de saint Vincent de Paul et devint avec lui cofondatrice des Filles de la Charité. Elle rédigea la première version de leur règle. À sa mort, l'ordre avait établi quarante maisons en France, et les Filles de la Charité prenaient soin des malades pauvres dans les paroisses parisiennes et accueillaient des centaines de femmes. Sainte Louise de Marillac fut canonisée en 1934. Sa fête est célébrée le 15 mars. (Note de la rédaction d'Omnes : Depuis 2016, la fête de Sainte Louise de Marillac est célébrée le 9 mai).

11. Sainte Elizabeth Ann Seton (1774-1821)

Élevée dans la foi épiscopalienne à New York, à l'époque coloniale, Elizabeth épousa William Magee Seton, un marchand. Le couple eut cinq enfants. William mourut en 1803 en Italie, où Elizabeth découvrit le catholicisme auprès de la famille qui l'avait accueillie. Les guerres avaient ruiné l'entreprise de transport maritime familiale. Après sa conversion au catholicisme à New York en 1805, Elizabeth, désormais désargentée, fut abandonnée par ses anciens amis, mais elle accepta la proposition d'un prêtre de Baltimore d'y ouvrir une école pour filles. En 1809, elle fonda les Sœurs de la Charité d'Amérique, dont les écoles et les orphelinats se multiplièrent. Elle devint la première sainte née aux États-Unis en 1975 et est la sainte patronne des convertis. Elle a été canonisée la même année. Sa fête est célébrée le 4 janvier.

12. Sainte Zélie Martin (1831-1877)

Zélie (Célia) Martin était une femme d'une foi profonde et d'une grande ardeur au travail, exerçant le métier de dentellière. Avec son époux, saint Louis Martin, elle eut neuf enfants, dont cinq atteignirent l'âge adulte. Leur enfant la plus célèbre est sainte Thérèse de Lisieux, docteur de l'Église, mais leur fille Léonie Martin, sœur de la Visitation, est également en attente de canonisation. Zélie et Louis étaient connus pour être des parents affectueux et aimants, mais les écrits de Zélie révèlent les difficultés qu'elle a rencontrées en tant que mère, en partie dues à la négligence et à la pauvreté qu'elle a connues durant son enfance. Elle mourut d'un cancer du sein alors que Thérèse, sa plus jeune fille, avait quatre ans. En 2015, Zélie et Louis devinrent le premier couple marié à être canonisé ensemble. Leur fête est célébrée le 12 juillet.

L'auteurOSV / Omnes

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CollaborateursÁlvaro Presno

Extraterrestres, algorithmes et âme humaine : une perspective chrétienne sur les intelligences non humaines

Les extraterrestres, les ovnis et la singularité de l'intelligence artificielle sont les objets qui animent une partie des spéculations chrétiennes sur l'identité.

7 mai 2026-Temps de lecture : 10 minutes

Durant la seconde moitié du XXe siècle, l'existence d'une intelligence non humaine était fréquemment envisagée sous l'angle extraterrestre. Il s'agissait là d'un phénomène culturel marquant : une combinaison de fascination technologique, d'inquiétudes géopolitiques, d'expansion médiatique et, peut-être, du désir humain ancestral de ne pas être seul.

Au cœur de l'ère atomique, alors que la technologie semblait capable à la fois de détruire le monde et d'inaugurer une ère nouvelle, le ciel commença à se remplir de présences ambiguës. Ces lumières pouvaient être des armes secrètes, des visiteurs lointains, des erreurs de perception ou de simples rumeurs ; mais surtout, elles étaient des symboles. 

L'expression très hégémonique des années cinquante et soixante — “ soucoupes volantes ”, traduction de soucoupes volantes— Cela pourrait provenir d'une distorsion journalistique bien connue. En 1947, le pilote américain Kenneth Arnold décrivit le mouvement de certains objets dans le ciel comme des assiettes ricochant sur l'eau, et la presse transforma cette comparaison cinétique en la forme d'un vaisseau spatial ; des années plus tard, le témoin lui-même se retrouva associé à la culture naissante des OVNI.

Il est assurément significatif que l'un des plus grands mythes technologiques contemporains soit né d'une médiation défaillante. Comme le suggérait Carl Jung dans Soucoupes volantes : un mythe moderne des phénomènes observés dans le ciel (1958), l’intérêt durable du phénomène ne dépendait pas uniquement de la réalité matérielle des observations, mais de sa capacité à condenser les espoirs, les angoisses et les symboles collectifs – très jungien, bien sûr. 

l'ufologie espagnole

Réduire le phénomène OVNI à une pathologie culturelle nord-américaine liée à la guerre froide serait toutefois insuffisant. Une réception distincte s'est également cristallisée en Espagne (L'Espagne est différenteComme l'a démontré Ignacio Cabria dans ses études historico-anthropologiques sur l'ufologie espagnole, les soucoupes volantes sont apparues en grande partie comme un produit de la culture de masse américaine de l'après-guerre, ce qui permet d'interpréter l'arrivée de ce mythe comme une forme de colonisation symbolique, au même titre que la musique, les images et les modes de vie importés. Mais ses racines espagnoles n'étaient pas une simple imitation. Le mythe s'est greffé sur un contexte spécifique – la fin du franquisme, la modernisation technologique, la persistance religieuse et une fascination croissante pour l'astronautique – jusqu'à acquérir son propre caractère distinct. 

Le même auteur a également proposé une distinction particulièrement fructueuse entre l’OVNI au sens strict — l’objet aérien non identifié — et l“” OVNI » au sens culturel : la figure déjà chargée d’attentes et de significations, presque automatiquement transformée en vaisseau spatial extraterrestre, visiteur cosmique ou intelligence supérieure.

Cette distinction nous permet de comprendre que le phénomène ne se limitait pas à des observations, mais s'est plutôt traduit par la formation d'une véritable sous-culture : chercheurs amateurs, bulletins spécialisés, vulgarisateurs, croyants, personnes affirmant avoir été en contact avec des extraterrestres et forte couverture médiatique. Au-delà de la réalité ou de l'irréalité du phénomène, il est certain qu'il s'est propagé, offrant une nouvelle image de la place de l'humanité dans le cosmos et, pour certains, même une promesse de renaissance spirituelle. 

De la soucoupe volante à l'algorithme : deux mythes, une même structure

L’analogie avec un phénomène de notre époque est immédiate. Il est également important aujourd’hui de distinguer entre l’intelligence artificielle au sens technique — grands modèles linguistiques, systèmes prédictifs, vision par ordinateur, automatisation de tâches définies — et l“” IA » au sens culturel : une entité diffuse à laquelle on attribue une conscience imminente, une volonté autonome, l’apparence d’une omniscience opérationnelle ou la capacité de remplacer globalement les êtres humains.

De même que de nombreux objets non identifiés ont été absorbés par l'image précédente de la soucoupe volante, les innovations hétérogènes sont désormais absorbées par la figure mythique d'une quasi-superintelligence, tantôt crainte comme une menace civilisationnelle, tantôt invoquée comme une solution technique salvatrice. 

Aujourd'hui, l'imaginaire collectif autour de l'intelligence artificielle repose moins sur une connaissance directe de ses fondements mathématiques que sur des démonstrations spectaculaires, des promesses d'entreprises et des scénarios futuristes extrêmes. Des sondages récents montrent qu'une part importante de la population juge plausible que les futurs systèmes artificiels deviennent conscients ou développent des formes d'autonomie comparables à celles des humains.

Une enquête internationale de 2023 indiquait que près d'un tiers des personnes interrogées jugeaient plausible l'émergence d'une IA consciente dans les décennies à venir. Ces données rappellent un autre contexte culturel : en 1973, un sondage Gallup révélait que 511 % des Américains croyaient à la réalité du phénomène OVNI, et entre 1973 et 2019, entre 471 % et 571 % affirmaient que les OVNI étaient “ quelque chose de réel ” et non le fruit de l'imagination. Bien qu'il ne s'agisse pas de phénomènes équivalents, ils révèlent une affinité frappante : la tendance périodique des sociétés technologiquement avancées à imaginer des intelligences non humaines opérant dans leur sphère d'influence. 

La menace de cesser d'être unique

Il serait facile de balayer ces deux épisodes – l’enthousiasme d’hier pour les OVNI et l’angoisse algorithmique d’aujourd’hui – d’un revers de main, les considérant comme de simples vagues de crédulité. Il est plus intéressant de noter leur point commun : dans les deux cas, le soupçon se fait jour que… humanité, ou certaines de ses caractéristiques les plus intimes pourraient cesser d'être uniques. 

Ce n'est pas un détail. Une grande partie de la modernité reposait, même lorsqu'elle a cessé de s'exprimer en langage religieux, sur la conviction que l'humanité occupe une place exceptionnelle : un animal rationnel au sens aristotélicien, un sujet moral kantien, le créateur de la technologie et le détenteur d'une conscience réflexive. Lorsque la possibilité d'une autre intelligence se dessine – qu'elle provienne d'autres mondes ou de nos propres inventions – cette conception de soi est remise en question.

La question qui vient immédiatement à l'esprit est celle qui se pose vers l'extérieur : existent-ils ? Pensent-ils vraiment ? Pourraient-ils nous surpasser ? Mais la question plus profonde est celle qui se pose vers l'intérieur : quel trait demeure spécifiquement humain si l'intelligence cesse d'être notre domaine exclusif ? 

Ces réactions peuvent être interprétées d'un point de vue psychologique en termes de menace pour la spécificité humaineLe malaise survient lorsque des facultés considérées comme spécifiquement humaines — le langage complexe, la créativité, la délibération, l'autonomie ou la conscience de soi — semblent être attribuables à des agents non humains. L'enjeu ne se limite donc pas à l'utilité d'une technologie, mais concerne le statut symbolique de certaines capacités par lesquelles une culture se définit.

Copernic, Darwin, Freud… et maintenant

Dans un contexte convergent, les recherches sur les robots anthropomorphes et sur ce que l'on appelle vallée de l'étrange, Ce concept, initialement formulé par Masahiro Mori, suggère que les entités quasi humaines suscitent souvent un mélange de familiarité et de répulsion : plus elles se rapprochent de nos caractéristiques sans les reproduire intégralement, plus le malaise qu’elles peuvent engendrer est grand. Nous ne défendons pas seulement des fonctions ; nous défendons les frontières de notre identité. 

D'un point de vue historique plus large, ce problème révèle une succession de transformations de la conception de l'être humain. Nicolas Copernic a détrôné la Terre de sa place centrale dans le cosmos ; Charles Darwin a remis en question la frontière absolue entre l'homme et l'animal ; Sigmund Freud a insisté sur le fait que la conscience n'est pas transparente à elle-même. L'existence d'extraterrestres a peut-être ébranlé notre centralité cosmique ; aujourd'hui, l'intelligence artificielle remet en cause notre centralité cognitive. Chaque époque craint de perdre le privilège qu'elle considère comme le plus précieux. 

La tentation de racheter l'intelligence

Dans les années 1950, nombreux étaient ceux qui s'attendaient à ce que les visiteurs de l'espace possèdent une supériorité morale capable de corriger la violence terrestre. Au sein du mouvement contactéiste d'après-guerre, de George Adamski – qui prétendait avoir rencontré des occupants d'OVNI, les décrivant comme des extraterrestres bienveillants aux traits nordiques, les soi-disant “ Frères de l'espace ”, et qui affirmait même avoir voyagé avec eux sur la Lune et d'autres planètes – à de nombreux adeptes européens, les visiteurs n'arrivaient pas en conquérants, mais en conseillers moraux mettant en garde contre la guerre nucléaire, le matérialisme et le déclin spirituel.

Notre époque reproduit cette symétrie inverse : certains discours présentent l'intelligence artificielle comme une instance neutre appelée à surmonter les biais humains ou les limitations cognitives. 

Dans les deux cas, la tentation est grande d'attribuer à l'intelligence non humaine ce qui nous fait défaut. Hier, on projetait cette tendance sur des civilisations avancées venues de Mars ou de Vénus ; aujourd'hui, sur les systèmes d'apprentissage automatique. Mais la tentation inverse est également à l'œuvre : celle de leur projeter nos peurs les plus profondes et les biais caractéristiques de chaque époque.

Une grande partie de l'imagerie extraterrestre du milieu du XXe siècle reproduisait les angoisses sexuelles, les hiérarchies raciales et les fantasmes de genre typiques de l'époque : les films de série B (et même les films de série B moins connus) peuplés de Vénusiens hypersexualisés ou d'envahisseurs qui attisaient la peur géopolitique de la guerre froide ne manquaient pas.

De même, les discours actuels sur l'intelligence artificielle reflètent souvent des obsessions plus contemporaines : surveillance généralisée, pertes d'emploi, manipulation algorithmique, atteinte à la vie privée et remplacement émotionnel. Cette altérité imaginée est rarement neutre ; elle nous renvoie généralement, sous une forme exacerbée, les caractéristiques de notre époque. 

Les attentes de salut sans Dieu

La sociologie des religions nous permet d'apporter ici une nuance pertinente. Dans les sociétés sécularisées, certaines espérances salvifiques ne disparaissent pas nécessairement ; elles changent simplement d'objet. Ce qui était autrefois formulé dans un langage explicitement religieux réapparaît parfois sous la forme de la confiance en des visiteurs cosmiques moralement supérieurs ou de la foi en une technologie capable de résoudre les conflits humains persistants. La promesse demeure, même si ses symboles changent.

Il est significatif que même les traditions religieuses anciennes, comme le christianisme, aient envisagé pendant des siècles l'existence d'intelligences non humaines — les anges, par exemple — bien que dans un registre métaphysique radicalement différent de celui des extraterrestres ou des algorithmes. 

La réaction catholique : ni panique ni enthousiasme

La pensée catholique a réagi à ces questions de manière plus nuancée qu'on ne le suppose souvent. L'hypothèse extraterrestre n'a pas engendré de crise doctrinale, mais plutôt un exercice d'expansion intellectuelle, même si les spéculations naïves, les excès apologétiques et les enthousiasmes sans rigueur n'ont pas manqué. Parallèlement à des idées aujourd'hui oubliées, des réflexions plus sérieuses ont émergé.

Karl Rahner soutenait que l'universalité de la grâce ne dépendait pas de l'isolement biologique de l'humanité dans l'univers. Pierre Teilhard de Chardin, dans une perspective christologique cosmique marquée par l'évolution, concevait le Christ comme le centre convergent de toute la création, et non comme l'élément d'une espèce isolée. Des décennies plus tard, l'astronome jésuite José Gabriel Funes rappelait publiquement que la possibilité d'une vie extraterrestre n'était pas incompatible avec la foi chrétienne et qu'un univers peuplé ne limitait en rien la liberté créatrice de Dieu.

Dans tous ces cas, il convient de souligner l'évidence : il s'agissait moins de répondre à un fait avéré que d'explorer, avec plus ou moins de succès, les conséquences théoriques d'une hypothèse qui restait encore totalement ouverte. 

De ce débat, quatre grands modèles se sont dégagés, schématiquement. Le modèle exclusif soutient que seule l'humanité participe directement à l'économie de la rédemption liée à l'unique incarnation historique du Christ. Le modèle inclusif propose que cette même œuvre de salut puisse également s'étendre à d'autres êtres rationnels.

D'autres auteurs ont imaginé de multiples incarnations du Logos dans différents mondes, tandis qu'une quatrième position met simplement l'accent sur la liberté divine de guider d'autres intelligences sur des voies qui nous sont inconnues. Aucune de ces hypothèses n'a été définie dogmatiquement par l'Église, ce qui n'est pas surprenant : il s'agissait de scénarios spéculatifs, non de faits établis. 

D'autres auteurs, comme Ted Peters, théologien luthérien et l'un des principaux promoteurs de ce qu'on appelle astrothéologie, consacré à la réflexion sur les implications religieuses de la vie extraterrestre — ou Andrew Davison — théologien anglican et auteur de Astrobiologie et doctrine chrétienne, Des études – parmi les plus systématiques et récentes sur le sujet – ont montré que la question n'impose pas de choix entre un fidéisme naïf et une panique apologétique. L'intuition dominante est, en tout cas, claire : une éventuelle découverte de vie intelligente exigerait un développement théologique, et non un effondrement doctrinal. Ce sont là des réflexions intellectuellement stimulantes, bien qu'inévitablement non vérifiables empiriquement. 

Le problème est de savoir si quelqu'un est là.

Un phénomène similaire se produit aujourd'hui avec l'intelligence artificielle. La réaction récente de l'Église catholique s'est moins attachée à nier les futures capacités techniques qu'à clarifier la différence entre performance fonctionnelle et dignité humaine. Des documents promus par l'Académie pontificale pour la vie, tels que… Appel de Rome pour une éthique de l'IA (2020), a insisté sur des critères de transparence, de responsabilité et d'inclusion. Plus récemment, le Vatican a noté Antiqua et nova (2025) a souligné que l'intelligence artificielle, aussi sophistiquée soit-elle, ne saurait se substituer à l'intelligence humaine, comprise comme une faculté indissociable de l'incarnation, de la liberté, du jugement moral et de l'ouverture relationnelle. Par conséquent, aucune décision ayant une portée éthique ne peut être entièrement laissée aux mains de systèmes automatisés.

La question n’est pas simplement de savoir ce que les machines seront capables de faire, mais ce qui ne peut être réduit à une machine sans appauvrir l’idée même d’humain. 

Ici, la philosophie de l'esprit offre un parallèle instructif. De l'expérience de pensée de la “ chambre chinoise ” de John Searle au “ problème difficile ” de la conscience de David Chalmers, une grande partie du débat contemporain établit une distinction entre traitement de l'information et expérience subjective. Un système peut accomplir des tâches complexes, produire un langage convaincant ou apprendre des régularités statistiques sans pour autant résoudre la question cruciale : Y a-t-il quelqu'un ?. 

Des auteurs comme Noreen Herzfeld — l'une des pionnières du dialogue entre la théologie chrétienne et l'intelligence artificielle, notamment autour de la notion biblique de l'image de Dieu — ont porté cette question sur le plan théologique, se demandant si une machine pouvait être considérée comme une personne au sens strict.

D'autres, comme Shannon Vallor – figure de proue de l'éthique des technologies et auteure d'une reformulation contemporaine influente de l'éthique des vertus appliquée au monde numérique – ont souligné que le problème ne se limite pas à la conscience artificielle, mais s'étend à la manière dont la technologie redéfinit des vertus humaines fondamentales telles que la prudence, la responsabilité, l'attention et le discernement. Le véritable débat sur l'IA ne porte donc pas simplement sur la question de savoir si les machines penseront comme nous, mais sur celle de savoir si nous continuerons à penser comme des humains à leurs côtés. 

Ce que ni les Martiens ni les machines ne peuvent nous enlever

Cette distinction n’implique aucun mépris pour la technologie. Malgré des simplifications historiques persistantes, l’Église contemporaine a toujours manifesté une volonté de dialoguer avec l’innovation scientifique, comme en témoigne une longue tradition intellectuelle qui s’est efforcée de comprendre le progrès technologique sans pour autant négliger les questions philosophiques et morales qui l’accompagnent inévitablement.

Ce qu’elle cherche à préserver est quelque chose de plus fondamental : l’intangibilité de la personne à un ensemble de processus efficaces, l’indépendance de la dignité vis-à-vis de la performance et la transcendance de la liberté face à toute logique de calcul optimal. D’où l’insistance à ce que l’intelligence artificielle reste au service de l’humanité, et non l’inverse. Il ne s’agit pas simplement d’une question de prudence normative, mais bien d’une conception particulière de la réalité humaine ; en définitive, d’une question d’anthropologie philosophique. 

On pourrait dire la même chose, rétrospectivement, du phénomène OVNI. L'intérêt des catholiques pour la possibilité d'autres intelligences ne découlait pas principalement d'une curiosité astronomique, mais du besoin de contempler l'universalité du sens. Si le cosmos était habité, serait-il aussi un cosmos moral ? D'autres êtres partageraient-ils une même aspiration à la vérité et au bien ? Existerait-il, parmi des créatures radicalement différentes, des communautés plus profondes que la simple biologie ? Posées sous cet angle, ces questions paraissent moins extravagantes qu'elles ne le sont aujourd'hui. 

Vus de loin, les soucoupes volantes comme les algorithmes avancés s'inscrivent dans l'histoire évolutive de notre compréhension de l'altérité. Le phénomène OVNI s'est finalement intégré à la culture populaire – cinéma, littérature, iconographie, humour, nostalgie – tout en perdant une grande partie de son impact social initial. Il n'est pas impossible qu'un phénomène similaire se produise avec l'IA : après la phase initiale de panique et d'euphorie, elle pourrait finir par devenir une infrastructure du quotidien, moins mythique et plus banale, mais non moins influente. 

En résumé : l’unicité humaine ne réside pas dans la possession de capacités exclusives, toujours susceptibles d’être imitées ou surpassées, mais dans une manière d’être qui inclut la responsabilité morale, l’ouverture à la vérité, la capacité d’aimer et la conscience de sa propre finitude. Si cela est vrai, ni les anciens Martiens ni les nouvelles machines ne nous détrôneront : ils nous obligeront à mieux comprendre qui nous sommes et à résister à deux simplifications opposées : soit réagir avec une peur instinctive face à toute forme émergente d’intelligence non humaine, soit la célébrer comme une force rédemptrice.

Le siècle dernier a été marqué par ces deux visions simplistes des extraterrestres : une menace d’invasion dans certains récits, une civilisation supérieure appelée à nous sauver dans d’autres. Notre époque reproduit ce schéma avec l’intelligence artificielle : pour certains, elle annonce chômage de masse, manipulation totale ou perte de contrôle ; pour d’autres, elle inaugure une ère d’abondance cognitive, de médecine parfaite et de gestion neutre des conflits humains. Aucune de ces positions ne semble suffisamment sereine. 

C’est peut-être là, en fin de compte, le paradoxe de ces intelligences imaginées ou émergentes. Elles se présentent comme des rivales, des menaces ou des sauveuses, et finissent par nous contraindre à une tâche bien moins spectaculaire : mieux nous connaître. D’un point de vue chrétien, l’unicité humaine ne repose pas sur la monopolisation de certaines capacités – qui peuvent toujours être développées ou imitées – mais plutôt sur l’appel à une relation personnelle avec la vérité, avec autrui et avec Dieu.

L'auteurÁlvaro Presno

Il est titulaire d'un doctorat en ingénierie et d'un doctorat en mathématiques. Il est membre du groupe de travail sur l'intelligence artificielle de la Société des scientifiques catholiques d'Espagne.

Idées

Le triomphe de la stupidité

Quand on oublie ce qu'est l'homme, la démocratie se dégrade et la stupidité finit par triompher comme force politique.

Santiago Leyra Curiá-7 mai 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Comme nous l'a appris Eric Voegelin, toute réflexion sérieuse sur la démocratie doit aborder la question de ce que signifie être humain, et nous devons être rigoureux dans notre approche conceptuelle. Qu'est-ce que l'humanité ? Quels sont les symptômes de son déclin ou de sa dérive fréquents ? Les réponses que nous apporterons seront essentielles pour comprendre le déclin d'une société et expliquer l'ascension au pouvoir de politiciens indésirables.

Dans le monde grec, les philosophes considéraient l'homme comme un être constitué par la raison ou nous. Au sein du judaïsme, l'expérience était celle d'une créature à qui Dieu révèle sa parole – c'est-à-dire un être de nature pneumatique, ouvert au logos divin. D'un point de vue historique, ces intuitions initiales, qui révèlent la fonction constitutive de la raison et de l'esprit pour l'humanité, demeurent inégalées. Elles constituent, en définitive, des découvertes fondamentales sur la nature humaine.

La quête de la transcendance et de la dignité humaine

Grâce à cette quête de transcendance dans laquelle s'engage l'homme, quête entreprise soit par l'amour qui, dans l'expérience philosophique, le transporte au-delà de lui-même, l'élevant au divin, soit par la rencontre amoureuse avec la parole révélée, l'être humain participe à Dieu.

Parce que l'humanité participe au divin et est capable de transcender, on affirme qu'elle possède une condition théomorphe, selon la terminologie grecque, ou, d'un point de vue pneumatique, qu'elle est à l'image de Dieu, imago Dei. C'est là le fondement de la dignité singulière de l'être humain : la dignité découle de cette condition théomorphe, du fait d'être à l'image de Dieu. Nous ne pouvons ignorer que l'oubli de ces intuitions entraîne une perte de dignité, qui commence à s'estomper lorsqu'on refuse de participer au divin et qu'on rejette la transcendance.

Dans la mesure où la participation à la condition transcendante et théomorphique est constitutive de l'être humain, leur perte détermine sa déshumanisation.

Types d'êtres humains

Selon Aristote, tous les hommes ne sont pas égaux, et il cite dans Éthique à Nicomaque On cite Hésiode pour illustrer ce point, et ce dès le VIIe siècle avant J.-C. Le bon sens révèle qu'il n'existe pas d'égalité entre les hommes.

Sur Les œuvres et les jours Hésiode distingue trois classes d'êtres humains : les pan aristos (le meilleur de tous), celui qui possède son propre jugement et est capable de réfléchir et de penser avec soin, ouvert au fondement divin ou transcendant de l'être ; esthlos (également bon), qui écoute et suit ce que le meilleur indique, le pan aristos; et enfin, le acrei, (l'être humain futile), incapable à la fois de réfléchir, d'écouter et de tenir compte des enseignements des sages, et peut donc constituer un danger pour la société.

Les terminologies d'Hésiode et d'Aristote ne nous sont pas très utiles, car l'homme futile et l'esclave appartiennent tous deux par nature à une certaine classe sociale, et l'expérience nous montre que ces types humains ne se trouvent pas exclusivement dans l'une d'entre elles, mais dans toutes, même dans les plus élevées, telles que celles composées de généraux, d'industriels, d'évêques, etc.

La stupidité en tant que phénomène social

Ceux qui ont perdu le contact avec la réalité et la capacité de s'orienter correctement dans le monde, c'est-à-dire ceux qui oublient leur condition théomorphique et la nécessité de répondre aux exigences de la raison et de l'esprit, sont irrémédiablement condamnés à agir de façon stupide.

Les cultures anciennes n'ont pas négligé le sujet de la stupidité. En hébreu, le fou (naval), est celui qui ne croit pas à la révélation et peut, de ce fait, semer le désordre dans la société où il vit. Platon faisait également référence à amoureux, à l'homme irrationnel et ignorant.

Des siècles plus tard, Thomas d'Aquin a parlé de stultus, qui en latin signifie fou, un terme qui inclut le Amathia Platonique et le nébuleuse Hébreu. Stultus C'est lui qui a perdu le contact avec la réalité et qui agit à partir d'une image erronée de celle-ci, provoquant le chaos et le désordre.

La stupidité et le comportement social selon Musil

L'écrivain autrichien Robert Musil affirme que la stupidité se définit comme l'incapacité à concevoir et à exécuter une action que, socialement parlant, chacun peut réaliser. Elle implique donc une incapacité à accomplir certaines actions. Pour en saisir toute la portée, il est utile de connaître les comportements considérés comme normaux dans un contexte social donné, car ce qui est normal dans un cas peut ne pas l'être dans un autre.

En période de désordre et de chaos, la malice, la duplicité ou la violence deviennent indispensables pour préserver sa propre vie. C'est le point de vue de… homo homini lupus L'adage de Plaute « l'homme est un loup pour l'homme », si répandu aujourd'hui, en est un parfait exemple. Mais dans une société ordonnée, ce comportement, et d'autres semblables, comme l'abus de confiance, seraient socialement nuisibles et donc insensés. De même qu'il existe des situations où la morale est bafouée à grande échelle (la bassesse), il existe aussi des situations de bêtise générale, où il est très difficile d'agir raisonnablement sans s'exposer à des représailles.

Dégradation morale et démocratie

La montée du nazisme dans la République de Weimar peut servir d'exemple paradigmatique de ce que nous abordons concernant les dangers de la dégradation morale dans les sociétés démocratiques. Waldemar Besson, professeur de sciences politiques à l'université d'Erlangen (Allemagne), a osé poser sans détour le véritable problème : comment une nation de plus de soixante-dix millions d'habitants, l'Allemagne, considérée à l'époque comme la nation la plus cultivée d'Europe, a-t-elle pu se laisser tromper en 1933 par un nazi ? “"idiot".

Le fait qu'Hitler ait eu une intelligence très aiguisée, qu'il a utilisée pour tromper son entourage, n'exclut pas la conclusion qu'il était stupide, étant donné que ce mot vient du latin. stultus Et cela a une signification très précise, comme nous l'avons vu. Hitler, bien qu'il ait fait preuve d'une intelligence pragmatique considérable face à ses adversaires, était, au regard de ses principes et de ses objectifs existentiels, un imbécile., stultus. Affirmer qu'Hitler était stupide est, d'un point de vue à la fois éthique et intellectuel, l'affirmation la plus juste que l'on puisse faire, une évaluation plus appropriée que toutes les autres idées reçues qui reviennent fréquemment.

C’est au sein de la théorie politique classique que furent découvertes et formulées les premières intuitions pertinentes pour réfléchir aux fondements spirituels de la démocratie. L’être humain est pleinement présent en société lorsque, tout en vivant et en agissant dans le flux du temps immanent, il oriente son existence vers Dieu. Cette présence est précisément ce qui donne sens au passé et à l’avenir. Dans cette perspective, appréhender le présent, voire le confronter, implique la possibilité de soumettre le temps immanent au jugement de la présence divine.

Livres

Jovellanos : une révélation pour les Espagnols

Jovellanos, chrétien pratiquant et homme de foi, préconisait une révision historiographique de la vie des saints. Son but était d'épurer le calendrier des saints et les récits de la vie des gens de tout élément superstitieux afin de lutter contre le retard scientifique, sans pour autant renier l'essence de sa foi.

José Carlos Martín de la Hoz-7 mai 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Le professeur et universitaire Benigno Pendás (Barcelone, 1956) a écrit une magnifique biographie de l'illustre Asturien Gaspar de Jovellanos, qui fut l'homme de transition entre “ les Lumières pour les Espagnols ” (comme on les appelle dans le livre) et le premier libéralisme des Cortes de Cadix.

L'un des signes de ce changement de mentalité se trouve, selon Benigno Pendás, dans l'œuvre accomplie par notre figure éclairée à Séville et à Madrid lorsqu'il occupait la fonction de “ Maire de la Maison et de la Cour royales ”, avec une grande énergie, un dévouement sans faille, une grande prudence et un esprit humanitaire. Cela l'a notamment conduit à réclamer l'abolition du recours systématique à la torture dans les tribunaux civils et pénaux, tant pour identifier le complice (pratique courante du droit procédural de l'époque) que pour interdire l'utilisation comme preuve, lors du procès, d'informations obtenues par extorsion (135-136).

La réapparition indéniable de l'humanitarisme dans le monde juridique et le respect de la dignité humaine – en l'occurrence, pour les petits voleurs et les auteurs de délits mineurs relevant de sa juridiction – font de Jovellanos un juriste visionnaire (p. 227). Ses idées aboutiront en effet à l'abolition de la torture aux Cortes de Cadix en 1812, bien qu'il fût décédé peu de temps auparavant ; il convient également de souligner son opposition farouche au tribunal de l'Inquisition, qui continua de discréditer l'Église catholique en Espagne au sein de la communauté européenne après la Révolution française (p. 201).

Ses exils, notamment le second à Majorque pendant sept ans suite à une calomnie non prouvée et pour lequel les faits n'ont jamais été établis, allaient marquer la fin du despotisme éclairé et l'avènement d'une monarchie libérale. Dans cette nouvelle monarchie, les pouvoirs du roi et de la justice seraient encadrés par les Cortes de Cadix et par les gouvernements libéraux successifs, de sorte que l'exécution d'actes arbitraires et cruels disparaîtrait du régime monarchique, comme le souligne notre auteur (p. 135).

L'Église et l'État

Un point commun entre le gouvernement de Charles III et les gouvernements libéraux du XIXe siècle résidait dans la distinction entre l'Église catholique, gardienne du trésor de la révélation chrétienne, et l'organisation ecclésiastique. Cette dernière, qui comprenait la curie et les ordres religieux, était perçue comme une institution nécessitant un profond renouveau : l'application d'une… numerus clausus Dans les séminaires, réduction du nombre de frères et suppression des ordres qui n'étaient pas utiles à l'État ou à la société éclairée.

Il suffit de savoir que Jovellanos, chrétien pratiquant et homme de foi, était un lecteur assidu de Gibbon et, en tant que membre de l'Académie royale d'histoire, un partisan d'une révision historiographique des vies des saints. Son but était d'épurer le calendrier des saints et les récits de la vie des gens de tout élément superstitieux afin de lutter contre le retard scientifique, sans pour autant renier l'essence de sa foi.

Certes, sa proposition, qui anticipe la mise en demeure de Mendizábal (p. 47), suggère que cette mesure était déjà dans l’esprit des ministres de Charles III, comme tant d’autres réformes que les Bourbons n’ont pas eu le temps de consolider avant le changement de dynastie avec Joseph Ier (p. 215).

Les efforts de Campomanes et de Jovellanos pour promouvoir les “ Sociétés économiques des Amis de la Patrie ” et associer les scientifiques au progrès de l'Espagne sont particulièrement révélateurs. Grâce à cette dynamique, dès 1898, année de la perte des colonies, l'Espagne avait déjà accompli des progrès dans son développement économique, même si celui-ci demeurait limité par le manque de clairvoyance de certains gouvernements libéraux, plus préoccupés par leurs conflits avec l'Église que par le renforcement de la productivité des terres décolonisées.

Les Lumières espagnoles

La création à Gijón, sa ville natale, de ce qui est aujourd'hui l'Institut royal Jovellanos (centre d'études en chimie, navigation et minéralogie) témoigne de son intérêt marqué pour les sciences appliquées (p. 232). De toute évidence, sa volonté de valoriser les académies nationales allait se traduire par une augmentation sans précédent des investissements publics dans la recherche et le développement au Brésil.

Ces caractéristiques doivent être évaluées à l'aune du concept de “ Lumières pour les Espagnols ”, terme par lequel Pendás qualifie les expressions de Lumières “ catholiques ” ou “ espagnoles ”, souvent sources de confusion pour les chercheurs.

Un autre sujet d'un intérêt considérable est le projet de “ Loi agraire ” que Jovellanos a étudié et fait l'objet de rapports publics. La lecture de cet ouvrage révèle la vision d'un homme d'État qui savait que, pour promouvoir le développement industriel, il devait d'abord réorganiser les cultures et déterminer la taille des ressources humaines, en décidant combien de familles devaient cultiver la terre et combien devaient migrer vers les villes pour revitaliser l'économie (p. 231).

Jovellanos était sans aucun doute conscient de la liberté des citoyens de rester sur leurs terres, mais aussi de la nécessité d’ouvrir des routes, de construire des ponts et d’améliorer les ports pour relier les zones rurales à la culture et au commerce (p. 233).


Jovellanos. Lumières pour les Espagnols

AuteurBenigno Pendás
EditorialTaureau
Année: 2026
Nombre de pages: 566
Évangile

Tu ne marcheras jamais seul. Sixième dimanche de Pâques (Année A)

Vitus Ntube commente les lectures du sixième dimanche de Pâques (A) correspondant au 10 mai 2026.

Vitus Ntube-7 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

À l’approche de la grande fête de la Pentecôte, la liturgie nous prépare avec douceur à la venue du Saint-Esprit. Les lectures d’aujourd’hui témoignent clairement de sa présence vivante dans l’Église. Tandis que le Christ s’apprête à monter vers le Père, nous nous souvenons d’une chanson devenue célèbre dans le monde du football : “ You’ll Never Walk Alone ”. Elle exprime une vérité profondément chrétienne : nous ne sommes pas abandonnés. Nous ne cheminons pas seuls dans la vie. Nous demeurons en communion avec les croyants, toujours accompagnés du Saint-Esprit.

Lors de la première lecture de Actes des Apôtres Nous avons entendu parler de l'œuvre apostolique de Philippe en Samarie. Sa prédication du Christ se résume magnifiquement en une seule phrase :“La ville était emplie de joie”Voilà le signe d'une authentique mission chrétienne. Là où le Christ est proclamé et accueilli, la joie s'enracine. Le message chrétien n'est pas un fardeau ; c'est une bonne nouvelle. Il transforme les cœurs, les familles et les villes.

La Samarie est devenue une ville de joie car elle a accueilli le Christ. Qu'en est-il de nos villes, de nos communautés, de nos foyers ? Pourraient-elles être considérées comme des lieux de joie parce que le Christ y est accueilli, comme ce fut le cas en Samarie ? La joie est possible si nous laissons le Christ nous accompagner dans nos activités quotidiennes.

Mais le Christ ne marche pas avec nous isolément. Il marche avec nous dans et par l’Église. Nous le voyons clairement dans le même passage. Lorsque les apôtres à Jérusalem apprirent que la Samarie avait reçu la parole de Dieu,“Ils envoyèrent Pierre et Jean ; ceux-ci descendirent là-bas et prièrent pour eux, afin qu'ils reçoivent le Saint-Esprit.”Ces deux piliers de l'Église ne sont pas restés à Jérusalem. Ils sont descendus pour accompagner la nouvelle communauté, prier avec elle et pour elle.

Ils ont notamment prié pour que les nouveaux baptisés reçoivent le Saint-Esprit. Ce moment constitue l'un des premiers témoignages de ce que nous reconnaissons aujourd'hui comme le sacrement de la Confirmation, le second sacrement de l'initiation chrétienne.

Dans l’Évangile, Jésus fait une promesse qui donne un sens plus profond à tout cela :“Et moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Consolateur, afin qu’il demeure éternellement avec vous : l’Esprit de vérité.".

Ici, Jésus révèle le cœur de la Pentecôte. L’Esprit Saint n’est pas simplement une force ou une présence abstraite. Il est l’avocat, le consolateur, le défenseur, l’enseignant et le compagnon. L’Esprit Saint nous enseigne la vérité, nous fortifie dans la faiblesse et nous rappelle que nous appartenons à Dieu. Il nous accompagne dans le rythme ordinaire de la vie quotidienne : au travail, dans nos responsabilités familiales, dans les moments d’incompréhension, dans la maladie, dans le doute. Avec l’Esprit, même le jour le plus ordinaire devient un lieu de rencontre avec le Christ.

Jésus nous dit dans l'Évangile qu'il ne nous laissera pas orphelins. Le Christ marche avec nous. L'Église marche avec nous. L'Esprit Saint nous accompagne.

Nous pouvons reformuler les paroles de cette chanson :

Marchez, marchez, avec le Christ dans votre cœur,

Et vous ne marcherez jamais seul.

Tu ne marcheras jamais seul.

Vocations

Miguel Varona : “ Pedro Manuel Salado nous dit que la vie est faite pour être donnée. ”

Le postulateur de la phase diocésaine de la cause de béatification de Pedro Manuel Salado Alba rappelle la vie de cet homme de Cadix qui pourrait être le premier béatifié par la voie de “ l’offrande de la vie ”.

Maria José Atienza-7 mai 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Le 27 avril, Bulletin quotidien du Saint-Siège Elle publia la promulgation des décrets relatifs à la cause de béatification de divers membres de l'Église. Parmi eux, et pour la première fois, figurait une cause de béatification pour “ offrande de vie ”. 

Voici Pedro Manuel Salado Alba, “ un fidèle laïc, membre de l’Association «Foyer de Nazareth», né le 1er janvier 1969 à Chiclana de la Frontera (Espagne) et décédé le 5 février 2012 à Playa de Tonsupa, près d’Atacames (Équateur)”.

Avec cette étape, seul un miracle accompli par Dieu par l'intercession de cet homme de Cadix est nécessaire pour voir Pedro Manuel Salado sur les autels comme bienheureux de l'Église catholique. 

L«» offrande de vie » est un chemin vers la béatification et la canonisation introduit par le pape François en 2017. Motu Proprio « Maiorem hac dilectionem ». Ce chemin nous permet d'élever aux autels les chrétiens qui, poussés par la charité, ont héroïquement offert leur vie pour leur prochain, acceptant une mort certaine, comme ce fut le cas de Pedro Manuel Salado. 

Omnes s'est entretenu avec le postulateur de la phase diocésaine de la Affaire Pedro Manuel Salado, le prêtre Miguel Varona, qui a envoyé les archives de cette première phase à Rome et dont le travail a été poursuivi, déjà au Saint-Siège, par le frère Alfonso Ramírez Peralbo, OFMcap. 

Pedro Manuel Salado est mort en Équateur, pourquoi son procès est-il intenté dans le diocèse espagnol de Cordoue ? 

Normalement, les causes de béatification et de canonisation sont engagées dans le diocèse où la personne est décédée. Cependant, une autorisation a été demandée au diocèse d'Esmeraldas, en Équateur, où Pedro Manuel Salado est décédé, afin d'engager la procédure dans le diocèse de Córdoba.

À Cordoue, il y avait un certain nombre de témoins de sa vie, dont certains étaient présents au moment de sa mort.

Par ailleurs, Pedro Manuel a résidé un certain temps à Córdoba. L'affaire a donc débuté à Córdoba. Au cours de la procédure, Esmeraldas a été dépêché au tribunal pour recueillir les témoignages de personnes résidant en Équateur.

En effet, les sept enfants sauvés par Pedro Manuel ont été interrogés, et certaines personnes étaient également présentes à ce moment-là. 

Pedro Manuel a donné sa vie dans un acte héroïque, mais sa vie était-elle extraordinaire ?

Les saints ne sont pas des super-héros, ni des individus étranges aux comportements bizarres. Un saint ne lévite pas toute la journée et ne se consacre pas uniquement à la prière.

Les saints transforment l'ordinaire en extraordinaire : l'amour, la foi, l'espérance, la force, la justice, en plus des vertus liées à leur état de vie, marié ou célibataire, etc. 

Je suis venu voir Pedro Manuel — et je l'ai déjà dit — et il est comme un iceberg. Il dégage une humilité extraordinaire. 

Il fut envoyé en Équateur et, par obéissance, il accepta de servir à la mission Hogar de Nazaret. Il était également d'une immense charité, qui se manifestait dans la manière dont il traitait, prenait soin, éduquait et veillait sur les enfants de son groupe à Hogar de Nazaret. 

Je crois que, par-dessus tout, c'est cet amour pour les enfants qui a fait jaillir ce cri de lui au moment suprême de cet abandon, de cette offrande de la vie. “ Je dois sauver mes enfants ! ” .

Ce n'est pas une impulsion, ce n'est pas un accès de colère soudain, c'est l'aboutissement de toute une vie. À ce moment précis, il prononce ces mots exacts :, “ Je donnerais ma vie pour mes enfants, je dois aller les sauver. ” Et il est allé en mer pour sauver ces sept enfants. 

Comment Pedro Manuel Salado a-t-il eu connaissance de la Maison de Nazareth ? 

–La Maison de Nazareth a été fondée à Cordoue en 1976 et bénéficie de l'agrément ecclésiastique depuis 1978. Elle a été fondée par María del Prado Almagro, qui est également en cours de béatification. 

Pedro Manuel a découvert cette association de fidèles en 1987 et y a trouvé sa vocation. Il est arrivé à Cordoue en 1988 pour travailler dans un foyer Hogar.

Il vécut à Cordoue jusqu'en 1999, où il devint finalement secrétaire général du Hogar de Nazaret (Maison de Nazareth). Peu après, il fut même nommé conseiller général. 

En 1999, il a été affecté comme missionnaire en Équateur, dans un orphelinat à Quinindé, en Équateur, une zone de la prélature d'Esmeraldas. 

Il y découvre une réalité bien différente : une école pour garçons et une autre pour filles. Quelque temps plus tard, il est nommé directeur d’une unité éducative à Quinindé. 

La tâche est immense car ils s'occupent d'un très grand nombre d'enfants dans les écoles et les foyers. Alors, petit à petit, elle se dévoue corps et âme, jusqu'à l'offrande de sa vie entière. 

Pour ceux qui ne connaissent pas la mort de Pedro Manuel, comment avez-vous vécu ce moment ?

De chez eux, ils se rendaient parfois dans une maison qui leur était prêtée sur la plage d'Atacames. Nous parlons de février 2012. Ce sont de très belles plages, mais elles ont des courants surprenants et traîtres.

Il y avait là des enfants, des plus jeunes aux plus âgés, qui jouaient sur le rivage, quand soudain une vague est arrivée et a emporté sept enfants d'âges variés au large. 

À ce moment-là, Pedro Manuel prononce ce cri“Je dois sauver mes enfants !», Et il se jette à la mer. Il convient de noter que, bien que Pedro Manuel fût originaire de Chiclana (Cadix) et sût parfaitement nager, il vouait un profond respect à la mer. Il avait d'ailleurs lui-même appris à nager à nombre de ses enfants.

Face à la force du courant, il a sauté à l'eau, tandis que d'autres personnes sur le rivage restaient paralysées. 

Pedro Manuel a commencé à emmener les enfants petit à petit ; quelqu'un lui a lancé une planche de surf sur laquelle il a installé certains enfants. 

Finalement, il ne restait plus que deux frères et sœurs, Selena et Alberto, qu'il ramena avec beaucoup d'efforts sur la rive. C'est là qu'il mourut, d'un arrêt cardiaque provoqué par l'épuisement, l'ingestion d'eau et d'autres facteurs. 

Que nous apprend la vie de Pedro Manuel Salado, à nous chrétiens d'aujourd'hui ? 

–Je pense que cela nous montre que donner sa vie par amour, en suivant l'exemple du Christ, est quelque chose que les chrétiens devraient se sentir obligés de faire. 

Certes, il y a des gens qui donnent leur vie pour les autres dans le cadre de leur profession ou de leur travail, mais dans le cas de Pedro Manuel, il ne s'agit pas d'un geste isolé, mais plutôt d'une évolution, d'un progrès dans l'amour. 

Son témoignage nous enseigne que la vie est faite pour être donnée, pour être abandonnée, de bien des manières, dans la vie quotidienne certes, mais aussi dans ces moments extrêmes où, avec la force de Dieu, nous pouvons donner notre vie pour les autres.

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Espagne

Voici l'ordre du jour du voyage du pape en Espagne.

Le Vatican confirme le programme des événements prévus pour Léon XIV en Espagne, pays qu'il visitera du 6 au 12 juin 2026.

Javier García Herrería-6 mai 2026-Temps de lecture : 4 minutes

Le Vatican a publié le programme officiel de visite du Saint-Père en Espagne, qui se déroulera entre le samedi 6 juin et le vendredi 12 juin 2026.

Il s'agit d'un voyage apostolique de sept jours qui conduira le pape à Madrid, Barcelone, Gran Canaria et Tenerife, constituant ainsi l'une des visites papales les plus importantes sur le territoire espagnol de ces dernières décennies.

Pour préciser les détails du voyage, cinq des six évêques qui accueilleront le pape sur leur territoire ont tenu une conférence de presse ce matin à la Conférence épiscopale.

Les prélats des îles Canaries, de Madrid et de Barcelone à la conférence de presse.

Madrid : réunions institutionnelles et grands rassemblements

L'arrivée est prévue pour le matin du Samedi 6 En juin, le pape arrivera à l'aéroport Adolfo Suárez de Madrid-Barajas. De là, il se rendra au Palais royal où se dérouleront la cérémonie d'accueil officielle et une rencontre privée avec le roi et la reine d'Espagne. Il rencontrera ensuite les autorités, des représentants de la société civile et le corps diplomatique.

Dans l'après-midi, il visitera le projet social CEDIA, un centre Caritas pour la prise en charge des groupes vulnérables, et clôturera la journée par une veillée de prière avec des jeunes sur l'emblématique Plaza de Lima.

Le site Dimanche 7, Le Saint-Père présidera une grande messe sur la Plaza de Cibeles et la procession de la Fête-Dieu aura lieu, un des moments centraux de la visite.

Le même après-midi, la Movistar Arena accueillera une rencontre avec des représentants de la culture, de l'art, de l'économie et du sport sous la devise «"Tisser des réseaux"».

Le cardinal Cobo a encouragé les fidèles à « préparer leurs cœurs, afin que ce ne soit pas un voyage où le pape arrive et repart » sans laisser de trace.

Rencontres avec des hommes politiques et des évêques

Le site Lundi 8 Ce voyage sera marqué par un programme institutionnel : des rencontres avec le Premier ministre et des membres du Parlement espagnol au Congrès des députés. Mgr Argüello, président de la Conférence épiscopale, a souligné l'importance de ces rencontres avec les deux chambres du Parlement, le Congrès et le Sénat. Il a également insisté sur le caractère essentiel de ce déplacement pour les plus démunis, des détenus et migrants aux sans-abri pris en charge par Caritas.

Il rencontrera également les évêques d'Espagne au siège de la Conférence épiscopale et rendra hommage à la Vierge de l'Almudena dans la cathédrale de Madrid.

La journée culminera avec un grand rassemblement des trois diocèses de Madrid (Madrid, Getafe et Alcalá) au stade Santiago Bernabéu. Le cardinal Cobo a précisé que les places dans le stade seront attribuées par les délégations diocésaines, les ordres religieux et diverses institutions ecclésiastiques.

Rencontre avec les victimes d'abus

Le samedi et le lundi offrent tous deux du temps libre après le déjeuner, qui pourrait être mis à profit pour rencontrer des victimes d'abus. Ces rencontres étaient fréquentes lors des voyages du pape François, mais il reste à voir si Léon XIV maintiendra cette pratique.

Quoi qu’il en soit, le Vatican a toujours maintenu le secret autour de ce type d’événements, afin que les victimes puissent y assister librement, sans pression de l’opinion publique.

Barcelone : prière, périphérie et Sagrada Familia

Le site Mardi 9 juin, Après avoir salué les volontaires d'IFEMA, le pape s'envolera pour Barcelone. Il récitera la prière de midi à la cathédrale Sainte-Croix-et-Sainte-Eulalie et présidera en soirée une veillée de prière au stade olympique Lluís Companys.

Le jour de Mercredi 10 Elle revêtira un caractère résolument social et spirituel. Dans la matinée, le pape visitera la prison de Brians 1 et apportera un message d'espoir aux détenus.

Il se rendra ensuite à l'abbaye de Montserrat pour réciter le chapelet et partager un repas avec la communauté bénédictine. Dans l'après-midi, il rencontrera les représentants des organisations caritatives du diocèse à l'église Saint-Augustin et terminera sa journée par la messe à la basilique de la Sagrada Familia, lieu d'une immense importance symbolique pour l'Église et la ville.

Le cardinal Omella a encouragé les journalistes à prêter attention aux messages du pape, « qui parle peu, mais dont les paroles sont comme des fléchettes » pour ceux qui l'écoutent.

Îles Canaries : l’accueil des migrants au cœur des préoccupations

La dernière étape du voyage conduira le Pape aux îles Canaries, où il se concentrera sur l'un des grands défis humanitaires de notre époque : migration. Monseigneur Mazuelos a commenté l'immense attente suscitée par la visite du Pape dans les îles : « Beaucoup de gens m'arrêtent et me demandent : "Est-ce que le Pape vient en papamobile ?" ‘, ce qui témoigne de l'affection des fidèles pour voir Léon XIV.

Le site Jeudi 11, À Gran Canaria, il visitera le port d'Arguineguín, point d'arrivée de milliers de personnes ces dernières années, où il s'informera sur la réalité de l'accueil des migrants. Il rencontrera ensuite des évêques, des prêtres, des religieux, des séminaristes et des agents pastoraux, et présidera une messe au stade de Gran Canaria.

Le site Vendredi 12 juin, Le dernier jour de son voyage, le Saint-Père se rendra à Tenerife. Il visitera le centre d'accueil de Las Raíces et rencontrera des organisations œuvrant pour l'intégration des migrants.

La visite se conclura par une messe solennelle dans le port de Santa Cruz de Tenerife avant la cérémonie d'adieu à l'aéroport de Tenerife Nord-Los Rodeos, d'où il repartira pour Rome.

Un voyage multidimensionnel

La visite combine des réunions institutionnelles de haut niveau, de grandes célébrations liturgiques ouvertes au public, des initiatives en faveur des périphéries sociales (prisons, projets d'accueil, bénévolat) et un accent particulier sur… les jeunes et dans le drame migratoire qui touche les côtes espagnoles.

Les autorités religieuses et civiles ont déjà entamé les préparatifs logistiques et de sécurité en vue d'un événement qui devrait mobiliser des centaines de milliers de fidèles et de citoyens tout au long de la semaine.

Vatican

Le pape demande au Seigneur de nous donner une vision surnaturelle de la réalité

Lors de l'audience, le pape Léon XIV a prié Dieu, demandant “ une perspective surnaturelle sur la réalité ”. Il a également déclaré que l'Église ne se proclame pas elle-même, mais le Christ, et a encouragé chacun à prier la Vierge Marie en mai pour ses intentions. 

Francisco Otamendi-6 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

Le pape Léon XIV, lors de son audience ce matin, a invité chacun à demander au Seigneur “ de nous donner une vision surnaturelle de la réalité, afin que, enracinés dans la foi et avec une ferme espérance, nous sachions vivre orientés vers le Royaume de Dieu, sans nous laisser absorber par ce qui est éphémère ou par les difficultés du chemin. ”. 

« Que le Saint-Esprit nous accorde de reconnaître sa présence dans l’histoire, de servir les autres avec amour et d’être des signes vivants de son salut au milieu du monde », a-t-il conclu avant de donner la bénédiction.

L'Église, orientée vers la patrie céleste

Dans le cadre de catéchèse Concernant les documents du Concile Vatican II, et plus particulièrement la Constitution dogmatique Lumen Gentium sur l’Église, le Saint-Père a réfléchi à la dimension eschatologique de l’Église. 

“ Elle chemine à travers l’histoire vers la patrie céleste, un aspect essentiel souvent négligé ”, a-t-il souligné. Elle est le Peuple de Dieu en route vers le Royaume de Dieu proclamé par le Christ, et elle vit au service de sa venue “ par la Parole, les sacrements – en particulier l’Eucharistie – et les relations d’amour et de service ”.

Communion des Saints : une seule Église unissant les vivants et les morts

Dans le même esprit, il a qualifié l’Église de “ sacrement universel du salut ”, signe et instrument de la plénitude promise, bien qu’elle ne soit pas entièrement identifiée au Royaume, dont l’accomplissement aura lieu à la fin des temps. 

Les croyants vivent ainsi entre le “ déjà ” et le “ pas encore ”, soutenus par l’espérance et appelés à rejeter ce qui détruit la vie et à soutenir ceux qui souffrent, a-t-il déclaré. “ Signe du Royaume, l’Église ne se proclame pas elle-même, mais le Christ. De plus, elle vit la communion des saints : une seule Église qui unit les vivants et les morts, notamment dans la liturgie, louant Dieu et cheminant vers la plénitude finale. ” “ Notre patrie ultime est le Ciel ”, a-t-il dit aux pèlerins en portugais.

Messages aux germanophones, aux Polonais, aux Arabes….

Dans ses discours aux pèlerins d’autres langues, le Successeur de Pierre a invité, en ce mois de mai, à confier toutes nos intentions à la Vierge Marie (langue allemande), et à prier le Saint Rosaire, “ méditant avec Marie sur la vie du Christ ” (langue arabe).

Voici son message d'encouragement aux germanophones : “ Chers frères et sœurs germanophones, en ce mois dédié à la Bienheureuse Vierge Marie, ‘ signe d'espérance certaine et de consolation ’ (LG 68), confions-lui toutes nos intentions personnelles et les grands défis de notre temps. ”.

Unité et respect des valeurs chrétiennes

Il a rappelé au peuple polonais “ la protection spéciale de la Vierge Marie, Reine de Pologne, et de saint Stanislas, évêque et martyr, considéré comme le saint patron de l’ordre moral de votre patrie. Par leur intercession, implorez le don de l’unité et du respect des valeurs chrétiennes dans votre nation. ”.

Il a également salué, entre autres groupes, les prêtres nouvellement ordonnés des Légionnaires du Christ, leurs familles et les communautés qui les accompagnent (en espagnol).

École Saint Dominique Savio de Don Bosco

Avant de donner la bénédiction, il a rappelé que l'Église commémore aujourd'hui la mémoire de Saint Dominique Savio, “ L’un des premiers fruits de la sainteté forgés par la grâce divine à l’école de Don Bosco. Puisse son exemple de fidélité au Seigneur en toutes circonstances vous aider chacun à répondre généreusement aux aspirations au bien que l’Esprit Saint inspire en vous. ”.

L'auteurFrancisco Otamendi

Espagne

Programme complet de la visite du pape Léon XIV en Espagne

Le programme de la visite de Léon XIV en Espagne est désormais connu ; il présidera des célébrations de masse à Madrid, Barcelone et aux îles Canaries et rencontrera des migrants et des prisonniers.

Rédaction Omnes-6 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

Samedi 6 juin 2026

10h30. Arrivée à l'aéroport international Adolfo Suárez de Madrid/Barajas

11h30. Cérémonie de bienvenue au Palais Royal de Madrid

12h00. Rencontre avec le roi et la reine d'Espagne

12h30. Réunion avec les autorités, la société civile et le corps diplomatique.

18h00. Visite du projet social Cedia 24 heures

20h30 Veillée de prière avec les jeunes sur la place Lima

Dimanche 7 juin 2026

10h00. Messe sur la place de Cibeles

16h30. Réunion privée avec des membres de l'Ordre de Saint Augustin à la nonciature apostolique.

18h00. Réunion “ Développer des réseaux dans les domaines de la culture, de l’art, de l’économie et du sport ” à la Movistar Arena

19h30 Dîner à la résidence du cardinal archevêque de Madrid

Lundi 8 juin 2026

09h30. Rencontre avec le président du gouvernement à la nonciature apostolique.

10h30. Rencontre avec les membres du Parlement espagnol au Congrès des députés.

11h30. Rencontre avec les évêques d'Espagne au siège de la Conférence épiscopale

12h50. Déjeuner avec les évêques à la nonciature apostolique.

18h00. Prière et hommage à la Vierge de l'Almudena dans la Cathédrale de Santa María de la Almudena

19h00. Rencontre avec la communauté diocésaine au stade Santiago Bernabéu“

Mardi 9 juin 2026

10h20. Réunion avec les bénévoles au Pavillon 3 d'IFEMA Madrid

11h10. Départ en avion de l'aéroport international “ Adolfo Suárez ” de Madrid-Barajas à destination de Barcelone.

12h25. Arrivée à l'aéroport international de Barcelone-El Prat

13h00. Prière de midi à la cathédrale Sainte-Croix-et-Sainte-Eulalie

20h00. Veillée de prière au stade olympique “ Lluís Companys ”.”

Mercredi 10 juin 2026

10h50. Visite de la prison “ Brians 1 ”

12h00. Récitation du Saint Rosaire à l'abbaye Notre-Dame de Montserrat

13h00. Déjeuner avec la communauté bénédictine de Montserrat

16h30. Réunion avec les organisations caritatives et d'assistance du diocèse à l'église Saint-Augustin

19h30 Messe à la basilique de la Sainte Famille.

Jeudi 11 juin 2026

08h30. Départ en avion de l'aéroport international de Barcelone/El Prat vers Las Palmas de Gran Canaria

10h50. Arrivée à Gran Canaria/Base aérienne de Gando

11h40. Rencontre avec les réalités de l'accueil des migrants au port d'Arguineguín

13h30. Réunion avec les évêques, les prêtres, les diacres, les religieux et religieuses, les séminaristes et les agents pastoraux.

18h30. Messe au stade de Gran Canaria

Vendredi 12 juin 2026

08h30. Départ en avion de la base aérienne Gran Canaria/Gando vers Santa Cruz de Tenerife.

09:10. Arrivée à l'aéroport international “ Tenerife Norte-Los Rodeos ”.”

9h30 : Rencontre avec les migrants du centre « Las Raíces ».»

10:10. Rencontre avec les réalités de l'intégration des migrants

12h15. Messe au port de Santa Cruz de Tenerife

14h30. Cérémonie d'adieu à l'aéroport international “ Tenerife Norte-Los Rodeos ”.”

15h00. Départ en avion de l'aéroport international de Tenerife pour Rome

Vatican

Le Vatican publie deux rapports sur l'épiscopat et le discernement synodal.

Du Vatican, le Secrétariat général du Synode a rendu public le premier segment du rapport du Groupe d'étude n° 7 et le rapport complet du groupe n° 9, axés sur la sélection des candidats à l'épiscopat et sur les méthodes synodales pour aborder les questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes.

Rédaction Omnes-6 mai 2026-Temps de lecture : < 1 minute

Le Secrétariat général du Synode a publié la première de deux parties information qui “ touchent le cœur de la vie ecclésiale ”, selon les Cardinal Mario Grech, Secrétaire général du Synode. Le Groupe d'étude n° 7 se concentre sur les critères de sélection des candidats à l'épiscopat, tandis que le Groupe d'étude n° 9 propose des méthodologies synodales pour aborder les questions doctrinales, pastorales et éthiques émergentes.

Sélection des évêques

Le premier document nous rappelle que choisir un évêque Il s'agit d'un moment de discernement communautaire authentique, et le second offre des outils pour affronter les défis les plus complexes de l'Église avec transparence et dialogue.

La première partie, la seule publiée, du rapport du Groupe 7 souligne l’importance des processus de discernement diocésains, auxquels participent les évêques et les conseils pastoraux., les laïcs, les jeunes et personnes consacrées. Il propose également des compétences synodales pour les candidats à l'épiscopat, telles que la capacité à construire la communion, à engager le dialogue et à avoir une compréhension approfondie des cultures locales.

Gestion des problèmes émergents

De son côté, le Groupe 9, dont le rapport a été publié intégralement, insiste sur la nécessité de se concentrer sur les questions émergentes plutôt que sur les questions controversées, et promeut le principe de l’accompagnement pastoral, qui consiste à toujours prendre en compte la personne à qui l’on s’adresse et l’œuvre de l’Esprit en elle. Le document propose une méthode en trois étapes : s’écouter soi-même, écouter la réalité et recueillir des connaissances, applicable à des sujets tels que le vécu des personnes. homosexuels Les croyants et la non-violence active dans les contextes sociaux.

Les deux groupes continueront d'approfondir les sujets restants, tels que la fonction judiciaire de l'évêque, les visites “ ad limina apostolorum » et la formation des évêques, en recherchant toujours une approche synodale et missionnaire qui renforce la communion ecclésiale.

Le monde a besoin du témoignage des croyants, pas de leur approbation.

L’ouvrage " De la chrétienté à la mission apostolique " propose une réflexion sur l’Église dans un monde qui n’est plus la “ chrétienté ”. Face à la nostalgie ou à la logique du succès, il offre un retour au cœur de la foi : le témoignage de Jésus-Christ crucifié et la rencontre vivante avec Dieu dans un contexte déchristianisé.

6 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

De la chrétienté à la mission apostolique Il s'agit de l'un des recueils d'essais les plus intéressants publiés ces dernières années. Cet ouvrage, fruit d'une collaboration entre l'Université de Marie et publié en espagnol par Rialp, propose une réflexion incisive et profonde sur l'identité de l'Église et son “ être-au-monde ” aujourd'hui. Un monde marqué par une réalité indéniable : “ que nous sommes des chrétiens d’une époque païenne. ”. Une caractéristique particulièrement visible de ce que nous appelons l'Occident, notre société qui, à un moment donné, était culturellement, socialement et même politiquement structurée par le christianisme, ne l'est plus aujourd'hui. 

Telle est la réalité, et nous, chrétiens d'aujourd'hui, ne devrions pas regretter “ cette époque ”. La chrétienté n'est pas synonyme d'un témoignage plus intense de la vie chrétienne parmi les fidèles, ni d'une plus grande sainteté dans ses institutions, ni même d'un plus grand succès dans sa mission apostolique. Le concept de “ succès ” est difficilement compatible avec le temps et les voies de Dieu, et par conséquent, avec ceux de son Église. 

Depuis le début de la mission apostolique, nous, chrétiens, avons été clairs (du moins en théorie) sur le fait que nous prêchons “ Jésus-Christ, et lui crucifié ” (1 Corinthiens 2:2). Crucifié, un échec humain, seul, avec à peine une douzaine de disciples un peu lâches. 

Oui, en théorie, ce postulat se vérifie, mais notre mentalité occidentale est souvent imprégnée de l'erreur qui consiste à considérer le succès, les chiffres, comme la valeur essentielle, comme si l'approbation du monde allait entraîner une conversion. Comme le souligne Charles J. Chaput dans Étrangers en terre étrangère, La recherche de l'approbation du monde conduit à compromettre la vie chrétienne : “ Réduire la beauté des vérités chrétiennes concernant le mariage, la sexualité et d’autres sujets délicats à une série d’idéaux séduisants… ”. Et il conclut que “ Ce dont le monde a besoin de la part des croyants, c’est qu’ils témoignent de l’amour et de la vérité, et non de leur approbation. ”. Vivre une vie de foi en partant du principe qu'il s'agit, en réalité, d'un idéal impossible, finit par l'affaiblir, remplaçant les commandements et les béatitudes par des valeurs, et la morale par le consensus. 

Pour revenir à une autre idée centrale de l'ouvrage citée au début,“ Face à un monde incrédule, l’attitude fondamentale de l’Église ne consiste pas à imposer la loi — en tenant pour acquis la connaissance de son existence et de ses fins — mais à inviter, avec une attitude miséricordieuse et pleine d’espérance, à une relation avec le Dieu vivant et à une incorporation dans l’humanité nouvelle, dans une manière d’être et une vision entièrement nouvelles qui libèrent et apportent sens et bonheur. ”. Trouver le Dieu vivant afin de pouvoir l'offrir librement aux autres. 

Retournerons-nous au christianisme ? Impossible de le prédire, et d’une certaine manière, ce serait injuste, car le monde d’aujourd’hui est bien différent de celui d’hier. Si le christianisme et le monde païen ont un point commun, c’est que ceux qui révolutionnent véritablement l’Église et la rendent plus vivante, plus forte, plus pure et plus féconde sont les saints.

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Éducation

Francisca Cibié : “ La technologie apporte beaucoup si elle est utilisée à bon escient. ”

Dans cette interview, Francisca Cibié, directrice du développement académique à l'institut technique professionnel Duoc UC, conseille les écoles et les familles afin de promouvoir le bon usage des technologies chez les enfants et les adolescents.

Alejandra Figari et Juan Ignacio Izquierdo H.-6 mai 2026-Temps de lecture : 5 minutes

Lorsqu'on parle d'écrans dans un contexte éducatif, la première ou la deuxième question est généralement : “ Comment la technologie contribue-t-elle au processus d'apprentissage ? ” Eh bien, nous avons entrepris de trouver des experts dans le domaine et, après avoir posé des questions, plusieurs personnes nous ont recommandé de parler à Francisca Cibié.

Francisca Cibié est la directrice du développement académique à l'Université Institut technique professionnel Duoc UC. Elle se consacre à la promotion de “ l’innovation pédagogique et de la transformation numérique dans l’enseignement supérieur ” auprès de quelque 100 000 étudiants. Nous l’avons invitée à déjeuner dans la cour de l’université, en compagnie d’étudiants et de professeurs, pour un moment de détente et pour recueillir ses meilleurs conseils. écoles et les familles.

Comment aborderiez-vous une discussion avec des parents sur l'utilisation du téléphone portable par leurs enfants ?

Je propose souvent un exercice aux parents : je leur demande de vérifier leurs paramètres de confidentialité pour voir quelles applications ont accès à leur localisation et à leur microphone. Lorsqu’ils constatent que leur téléphone est mal configuré, ils comprennent qu’ils transmettent cette même vulnérabilité à leurs enfants et que nous prenons souvent des risques sans même nous en rendre compte.

Il est de notre devoir, en tant qu'adultes, d'évaluer les risques et les avantages avant de confier un appareil à un adulte, car les dommages peuvent aller des problèmes quotidiens aux problèmes plus graves, nuisant à son estime de soi et à sa sécurité.

Au-delà des risques bien connus comme la pornographie, quels autres dangers quotidiens voyez-vous dans ces technologies ?

Il existe des cas très fréquents, comme celui de « la photo qui ne disparaît jamais ». Une jeune fille envoie une photo via Instagram ou WhatsApp avec l'option « visionnage unique », mais une autre personne peut prendre une photo de son téléphone avec un autre appareil et la partager. Cela crée une fausse impression de confidentialité.

Il existe aussi des risques spécifiques à chaque application : WhatsApp, par exemple, permet la création de groupes qui peuvent parfois devenir incontrôlables et ne dispose pas d’outils de contrôle parental intégrés, tandis qu’Instagram utilise des algorithmes susceptibles d’exposer les jeunes à des contenus inappropriés, de les mettre en contact avec des inconnus et de les exposer publiquement. Les Reels et les Stories favorisent une culture de l’obsession des « likes » qui a un impact direct sur l’estime de soi.

Il existe également des risques liés à la géolocalisation dans les publications et au contact avec des influenceurs qui promeuvent une consommation désordonnée, des normes corporelles irréalistes ou des comportements à risque.

Quelle stratégie proposeriez-vous pour distribuer des smartphones aux enfants ? 

Je ne crois pas à un « saut dans le vide », mais plutôt à une “ introduction progressive ”. Ma proposition : pas d’écrans avant 12 ans ; entre 13 et 14 ans, un simple téléphone portable (à clapet) ; à 14 ou 15 ans, commencer par WhatsApp, et autoriser Instagram seulement un an plus tard. Attention, il ne s’agit pas d’un « laissez-passer » pour les adolescents ; il est important de garantir un usage responsable et encadré, avec un temps d’écran limité, et idéalement, que les applications de réseaux sociaux soient initialement installées sur les téléphones des parents afin qu’ils puissent contrôler l’utilisation responsable et l’algorithme.

Plus qu'une règle d'âge fixe, déjà fixée à 13 ans minimum par la réglementation, l'important est de comprendre que l'introduction doit être progressive, encadrée et éducative. Et s'il faut absolument commencer par un réseau social, je préfère WhatsApp à Instagram : ainsi, pour contacter votre enfant, il lui suffit de connaître votre numéro de téléphone, et il n'y a aucun risque… algorithme le poussant vers un contenu de plus en plus extrême.

Les parents sont souvent désemparés face au mot “ paramètres ” et ne savent pas comment limiter l’utilisation du téléphone portable de leur enfant. Comment les encourager à explorer ces options ?

Je comprends. Je pense qu'au lieu de les obliger à apprendre, chaque établissement pourrait proposer différents tutoriels et des conseils pratiques sur son site web, voire un service permettant de configurer le contrôle parental sur le téléphone portable de l'élève, selon les préférences des parents. Le responsable informatique de l'établissement, par exemple, pourrait consacrer du temps à rencontrer les parents et à leur apporter cette aide.

Autre objection : face à la pression sociale de leurs enfants qui ne veulent pas être mis à l’écart, de nombreux parents cèdent prématurément. Comment gérer cette situation ?

– C’est une bataille difficile, car les enfants ont le sentiment que s’ils ne font pas partie du groupe WhatsApp…, Elles sont inexistantes dans la société. Il est donc essentiel de donner aux parents les moyens d'agir. Si une mère ne perçoit pas la gravité du problème, elle ne réagira pas. Or, les conséquences émotionnelles qu'un enfant sans protection peut subir, comme le cyberharcèlement, sont terribles : un commentaire désobligeant sur une photo peut anéantir l'estime de soi d'une fille en quelques secondes, pouvant même entraîner des troubles alimentaires ou un isolement social.

Au final, j'ai l'impression que lorsque les parents cèdent, ils ne se rendent pas pleinement compte des problèmes qu'ils se créent, ni des conséquences qu'ils ont. Car il ne s'agit pas « juste d'un téléphone portable » ou « juste d'une application ». C'est ouvrir la porte à la création d'un groupe WhatsApp avec toute la classe sauf elle, qu'elle découvre le lundi pendant la récréation ; ou au « groupe parallèle », créé sans un enfant en particulier, précisément pour parler de lui dans son dos ; ou aux autocollants moquant le visage d'un camarade de classe, qui circulent toute la semaine ; ou aux enregistrements audio se moquant de la façon dont une fille parle, transférés des milliers de fois ; ou au téléphone portable sous l'oreiller à 3 h du matin, à vérifier si quelqu'un a répondu ou aimé une publication, pour finalement arriver à l'école épuisé, irritable et se disputer avec un ami pour une broutille ; ou aux disputes entre les mères de la classe parce que leurs enfants se sont disputés par messagerie instantanée.

Ce sont des choses mineures, mais il y en a aussi de plus graves comme la pornographie, la dépendance au jeu ou l'automutilation, qui s'accumulent et détruisent lentement l'estime de soi, les résultats scolaires et la santé mentale d'un enfant – un enfant qui n'a pas encore les ressources émotionnelles nécessaires pour y faire face. Une fois que cette porte est ouverte, elle ne se referme pas. C'est pourquoi il est important de lutter contre ce problème dès le début, même si c'est difficile.

Quel rôle les écoles devraient-elles jouer dans cette éducation ?

Les écoles ne répondent pas pleinement à ces besoins ; quelques interventions par an et la distribution de téléphones portables ne suffisent pas. Il est indispensable d’intégrer progressivement les compétences numériques dans les programmes scolaires. Il est essentiel de doter les élèves de ces compétences et de leur apprendre, par exemple, ce que signifie créer un compte, la différence entre la création d’un compte avec une adresse électronique et l’autorisation d’accéder à leur compte Google, et enfin, comment utiliser les réseaux sociaux en toute sécurité et protéger leur identité numérique.

De plus, comme nous l'avons mentionné, les écoles devraient organiser des ateliers pratiques pour les parents et offrir un soutien technique simple pour les aider à comprendre les risques et à mettre en place des contrôles parentaux.

Dans le domaine strictement pédagogique, comment la technologie contribue-t-elle à l'apprentissage ?

– Son utilisation à bon escient est très bénéfique. Par exemple, avec l'avènement de l'intelligence artificielle, l'évaluation doit évoluer : ce n'est plus le rapport final qui importe, mais plutôt la réflexion critique dont fait preuve l'étudiant dans les questions et les questions de suivi qu'il a posées à l'IA pour parvenir à ce résultat.

Il existe également des avancées incroyables telles que le métavers ou la réalité virtuelle, qui permettent de simuler des contextes du monde réel (comme la construction d'un moteur) dans des environnements sûrs et économiques.

Enfin, comme tout dans la vie, la technologie comporte de nombreux risques, mais elle offre aussi d'innombrables opportunités, et c'est à nous de mettre la technologie au service des gens et non l'inverse.

Seriez-vous favorable à une réglementation juridique plus stricte, comme cela a été proposé en Europe ou en Australie, où ces mêmes plateformes sont tenues d'empêcher la création de comptes par des mineurs de moins de 16 ans ?

– Oui, absolument. Ce serait un immense soulagement pour les parents si la loi fixait des âges minimums réalistes, en considérant cela comme le problème de santé publique qu'il est. À vrai dire, la loi seule ne suffit pas : si les parents et les écoles n'apportent pas leur soutien, les enfants trouveront des moyens de se tourner vers d'autres applications. C'est pourquoi je pense qu'il faut une combinaison de réglementation, d'éducation à l'école et à la maison. Mais le fait que le gouvernement fixe un âge minimum est déjà un grand pas en avant.

En conclusion, quel est le message final pour les familles ?

Nous devons encourager un leadership positif chez les élèves comme chez les parents. Si nous parvenons à convaincre les délégués de classe de ne pas autoriser les téléphones portables avant un certain âge, la pression sociale diminuera. 

Il s'agit de choisir nos combats, d'être cohérents et de comprendre que notre responsabilité est de les accompagner dans cette transition jusqu'à ce qu'ils soient suffisamment mûrs pour utiliser ces outils par eux-mêmes.

Enfin, j'aimerais dire aux pères d'oser se battre pour leurs enfants. Cela en vaut la peine, car, au fond, ils protègent leurs enfants, et cela fait partie intégrante du rôle d'un père.

L'auteurAlejandra Figari et Juan Ignacio Izquierdo H.

Écologie intégrale

Document sur l'écologie intégrale dans la famille de deux dicastères du Vatican

Les dicastères pour le service du développement humain intégral et pour les laïcs, la famille et la vie ont publié un texte commun pour aider à transmettre au sein de la famille le souci de la Création et de la vie humaine.

OSV / Omnes-5 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

– Vatican News, OSV News, Rome

“ L’écologie intégrale dans la vie familiale ” est le titre de ce document de 79 pages, conçu pour répondre aux appels des papes François et Léon XIV à écouter le cri des pauvres et de la Terre. Son objectif est d’offrir une réponse concrète, mettant en pratique les enseignements de l’exhortation apostolique post-synodale. Amoris Laetitia et de l'encyclique Laudato si'. 

Le site Document Il a été préparé conjointement par les Dicastères pour le Service complet de développement humain y Pour les laïcs : Famille et vie. Selon un communiqué de presse, des théologiens, des conseillers et des couples mariés ont participé à la rédaction du texte.

Les familles sont fondamentales pour développer et transmettre le souci de notre maison commune.

“ Les valeurs forgées et cultivées au sein de la famille constituent le terreau fertile d’où jaillit la vie de la société ”, écrivent les cardinaux Michel Czerny et Kevin Farrell, préfets des deux dicastères, dans l’introduction du document, publié le 27 avril. “ Par conséquent, la famille est fondamentale pour développer et transmettre les valeurs de… » prendre soin de notre maison commune et de chaque personne".

“ De nombreuses familles ”, ont poursuivi les deux cardinaux, “ vivent déjà cette vocation avec un cœur ouvert et avec l’espérance qui est le Christ Jésus. ”. 

Au sein de la famille, on apprend “ le don de soi, la patience et le dévouement, l’accueil et la protection de la vie afin qu’elle puisse s’épanouir et se développer pleinement ; ainsi que la complémentarité et la réciprocité, les échanges intergénérationnels et la solidarité avec les autres familles, sans oublier la transmission des connaissances et des traditions. ”.

Conçu pour les familles, mais en réalité pour tout le monde.

Bien que principalement destiné aux familles, ce livre s'adresse en réalité à tous, car chacun, à son propre stade de vie, peut y trouver des conseils et de l'inspiration pour améliorer ses relations et l'environnement, promouvant ainsi un monde plus juste et plus durable où la Création et la dignité humaine sont défendues et protégées.

Première partie, concepts fondés sur les écrits du pape François

La première partie présente les concepts fondamentaux tirés des écrits les plus importants du pape François. La seconde comprend des chapitres thématiques reflétant sept objectifs inspirés de Laudato si' : écouter le cri de la terre, des pauvres et des vulnérables ; promouvoir une économie écologique ; adopter des modes de vie appropriés ; l’écologie intégrale et l’éducation ; la spiritualité écologique dans une perspective familiale ; et la participation des familles à la vie communautaire.

Chaque chapitre est divisé en quatre sections : explications, implications, questions et actions concrètes. 

Disponible en 5 langues sur les sites web des deux dicastères

“ L’écologie intégrale dans la vie familiale ” est disponible en cinq langues sur les sites web officiels des deux dicastères.

“ Ce sont précisément les familles, en tant que piliers de la société, qui peuvent devenir le moteur de cette profonde transformation culturelle ”, indique le document.

L'auteurOSV / Omnes

Première communion

Jésus est tout aussi nerveux ! Il attend depuis dix-neuf ans cette première communion.

5 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

C'est grisant (quel mot ! C'est un véritable tourbillon) d'assister à la première communion d'un ami de l'université. Ça vous ramène à la réalité.

Les meilleures histoires ne font pas la une des journaux. Les meilleures nouvelles sont précisément celles que personne ne rapporte. Celles qui passent inaperçues. Et nous ne nous en rendons même pas compte quand, parfois, elles se produisent juste à côté de chez nous. Pourtant, ce sont celles dont nous avons le plus besoin. C'est pourquoi, il y a eu, un jour, la première communion de Diego, à l'âge de dix-neuf ans.

Diego est là, l'air nerveux, alors qu'on arrive sur le parking. Il hésite : doit-il finir de monter les marches de l'église (il est déjà l'heure) ou se dépêcher de descendre pour nous accueillir ? Le prêtre l'appelle ; il doit entrer. Il nous fait signe de le rejoindre en courant. C'est son premier match aujourd'hui. Ça promet !.

De l'autre côté, il y a Jesús. Il est tellement nerveux, lui aussi ! Il attend ce moment depuis dix-neuf ans, et ça y est enfin. Je l'imagine comme un match de football : Jesús sait qu'il entre en jeu en tant que remplaçant décisif, prêt à faire la différence au moment de vérité. Et il s'échauffe intensément, comme un joueur confiant de marquer le but de la victoire.

Exaltant, confiant, pas optimiste ni confiant. Le participe actif est mille fois meilleur que le participe passif.

Nous étions là, éparpillés sur les bancs, à prier pour Diego. Parfois, quand on regarde son équipe jouer à la télé, on bouge involontairement, comme pour suivre du regard une tête de son attaquant ou un arrêt de son gardien. Et personne ne peut nous enlever cette conviction d'avoir contribué au but, ou à l'arrêt. Tous ensemble.

Et la tension monte déjà, car la fin de la messe approche, c'est pratiquement le temps additionnel. Ces minutes sont tendues. Jusqu'au but.

Tout tremble : Diego reçoit Dieu.

Jesús et Diego courent célébrer, se félicitant mutuellement, poings levés, s'embrassant. La joie est palpable ; c'est un bonheur pur. Dix-neuf ans d'attente, et enfin, cette équipe a réussi. Toutes les prières ont été exaucées. Diego a reçu sa Première Communion.

Une conversion, c'est comme un but. Et les buts se célèbrent avec tous les supporters. Quel bonheur de pouvoir communier ! Quelle joie, à chaque fois ! À chaque communion !.

L'auteurGabriel Pérez-Miranda

Gabriel Pérez-Miranda Mata (Madrid, 2004) est le troisième des six enfants de Juan et Cristina. Étudiant à l'université, il est également passionné de sport et de lecture, et a publié un recueil de poésie (" Envïdár ", Loto Azul, 2025).

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Évangélisation

Que le rêve du Pape se réalise : l'histoire de Freddy, un prêtre équatorien

La Fondation CARF mène une campagne de soutien à la formation holistique des futurs vocations, en veillant à ce que cette formation bénéficie aux séminaristes et aux prêtres diocésains du monde entier. L’histoire de Freddy, prêtre diocésain équatorien, illustre l’impact de cette action.

Rédaction Omnes-5 mai 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Freddy Arigo Llerena Guerrero est un prêtre de 36 ans originaire du diocèse d'Ibarra, en Équateur. Ordonné le 25 juin 2016, il y a près de dix ans, son histoire illustre aujourd'hui l'impact concret qu'une solide formation peut avoir sur la vie d'un prêtre et sur toute une communauté.

L'an dernier, il est retourné à Pampelune pour achever sa licence en théologie biblique à la faculté d'ecclésiastique de l'université de Navarre. Aujourd'hui, de retour en Équateur, il se consacre quotidiennement à sa véritable vocation de service auprès des autres et de l'Église.

Le contexte équatorien

Le témoignage de ce jeune prêtre équatorien revêt une importance particulière dans un pays marqué par d'énormes contrastes, riche en culture et en ressources, mais souffrant d'un déficit de gestion ces dernières décennies, qui a favorisé le trafic de drogue, le crime organisé, l'extorsion et les enlèvements, engendrant une insécurité notable.

À cela s'ajoute le fait que, comme dans de nombreuses régions d'Europe, d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud, le nombre de vocations au sacerdoce et à la vie consacrée a également diminué dans son pays.

“ Malgré tout, notre peuple garde espoir. ”

Cependant, ni le peuple équatorien ni ses prêtres n'ont perdu espoir. Freddy résume ainsi la situation : “ Malgré tout, notre peuple garde espoir. Il existe une profonde dévotion au Sacré-Cœur de Jésus et un amour intense pour la Vierge Marie, qui s'expriment par de nombreuses manifestations de piété populaire. Cette foi simple permet à beaucoup de continuer à se tourner vers l'Église avec confiance, même dans leurs faiblesses, la reconnaissant comme leur mère et leur guide dans les moments difficiles. ”.

Avec l'aide des bienfaiteurs et partenaires de la Fondation CARF

Freddy est l'un des nombreux prêtres qui ont reçu une formation solide et complète grâce au soutien des bienfaiteurs, partenaires et amis de l'Église. Fondation CARF.

Grâce à cette préparation, il peut aujourd'hui mieux répondre aux défis pastoraux de sa patrie, accompagner les fidèles dans les moments difficiles et renforcer la vie chrétienne là où elle est le plus nécessaire.

Par ailleurs, Freddy souligne également l'espoir qu'il a puisé en assistant à l'éveil spirituel de nombreux jeunes Espagnols durant sa période de formation à Pampelune, signe que la foi continue de porter ses fruits dans différentes parties du monde.

Une campagne pour transformer les pays

Comme Freddy, Des milliers de jeunes professionnels en devenir ont besoin d'aide pour accéder à la formation, indique la Fondation CARF, qui a lancé un programme d'aide. la campagne “ Faire de ce rêve du Pape une réalité. ” Son objectif est d’offrir aux séminaristes et aux prêtres diocésains du monde entier une formation solide et complète.

Le pape Léon XIV l'a récemment rappelé avec simplicité et profondeur dans sa lettre apostolique ‘Une loyauté qui construit l'avenir’ L’identité des prêtres se constitue autour de leur être pour et est inséparable de leur mission. “.

Cette campagne nous rappelle que de nombreux jeunes ont entendu l’appel au sacerdoce et souhaitent servir, accompagner, administrer les sacrements et rapprocher Dieu de leur peuple, mais qu’ils ne disposent pas toujours des moyens financiers nécessaires pour se préparer adéquatement.

Soutien à la formation des séminaristes et des prêtres de 130 pays

Depuis sa création, la Fondation CARF a accompagné des séminaristes et des prêtres de 130 pays, leur permettant de retourner dans leurs diocèses mieux préparés à servir et, à leur tour, à former d'autres personnes. 

C’est pourquoi l’Église accorde une attention particulière à la formation des futurs prêtres, afin qu’ils soient des hommes préparés humainement, spirituellement et pastoralement, capables d’accompagner leurs communautés et de servir les personnes là où elles en ont le plus besoin. La Fondation CARF œuvre précisément dans ce sens depuis 1989, soulignent ses directeurs.

Dans de nombreux pays du monde, des personnes ont la vocation sacerdotale, une foi forte mais des ressources limitées. C'est là que le soutien fait toute la différence.

Le rêve continue

Derrière chaque vocation soutenue se cache une histoire, une famille, une communauté et un futur prêtre prêt à se donner aux autres.

L’histoire de Freddy Arigo Llerena Guerrero donne aujourd’hui un visage à ce rêve : qu’aucun jeune ayant la vocation ne soit laissé sans formation faute de ressources et que l’Église continue d’avoir des prêtres préparés, accessibles et dévoués au service des fidèles.

L'auteurRédaction Omnes

Culture

Scientifiques catholiques : José de Zaragoza

José de Zaragoza était un jésuite, mathématicien et astronome, lié au mouvement des Novatores, qui cherchait à renouveler la science espagnole.

Ignacio del Villar-5 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

José de Zaragoza (Valence, 1627 – Madrid, 1679) était un jésuite, mathématicien et astronome espagnol du XVIIe siècle, lié au mouvement des Novatores, qui cherchait à renouveler la science espagnole par des méthodes plus empiriques et rationnelles que celles utilisées à l'époque.

Ses études ont débuté à l'Université de Valence, où il a obtenu un doctorat en philosophie. On lui a ensuite proposé la chaire de mathématiques dans cette même université, mais il a décliné l'offre, préférant la théologie, ce qui reflétait son profond attachement à la foi catholique, qui allait guider toute sa carrière.

En 1651, il entra dans la Compagnie de Jésus. Par le biais de cette institution, il enseigna dans diverses écoles de l'ordre, dans des villes telles que Calatayud, Majorque, Barcelone et Valence même.

Il occupa également d'autres fonctions : en 1667, il fut nommé membre du Conseil royal des mines, puis, un an plus tard, candidat au Saint-Office, et, à partir de 1670, il enseigna les mathématiques au Collège impérial de Madrid, où il eut pour élève le vice-roi Diego Felipe de Guzmán, marquis de Leganés, qui devint son protecteur. La reine le nomma même précepteur de mathématiques de son fils, Charles II. Cela n'est guère surprenant, compte tenu du fait qu'il publia plusieurs ouvrages mathématiques à vocation didactique et novatrice, parmi lesquels… Arithmétique des universaux (1669), Trigonométrie (1672) et Tables de logarithmes (1672). De plus, il a également écrit des ouvrages de recherche, parmi lesquels on peut notamment souligner Geometria magna in minimis (1674), où il introduisit le concept de centre de gravité minimal d'un système de points, utilisé pour obtenir des résultats tels que le théorème de Ceva. Astronome de renom, il se distingua par son approche empirique et observationnelle. Il construisit de puissants télescopes pour étudier les comètes (il fut le premier à observer la première en 1677) et d'autres phénomènes célestes, et rapporta ses observations à la communauté scientifique. Académie des sciences de Paris. Enfin, son traité Sphère céleste et terrestre commune (1675) reflète une approche moderne, basée sur des données d'observation, et montre sa position critique à l'égard de la cosmologie classique, bien qu'il ait toujours maintenu une approche prudente de l'héliocentrisme.

L'auteurIgnacio del Villar

Université publique de Navarre. SCS-Espagne.

Espagne

L'Université d'Europe centrale (CEU) décerne des prix à Alicia Latorre et à la Fédération One of Us pour leur travail sur la vie

Alfonso Bullón de Mendoza remettra le prix de la défense publique de la vie à Alicia Latorre, présidente de la Fédération espagnole des associations pro-vie et de la Fédération européenne One of Us.

Rédaction Omnes-4 mai 2026-Temps de lecture : < 1 minute

Alicia Latorre Cañizares, Président de la Fédération espagnole de Associations pro-vie, et la Fédération européenne One of Us, représentée par sa PDG, Ségolène du Closel, recevra le Prix d'excellence CEU pour l'ensemble de sa carrière Mardi 5 mai 2026. Cette reconnaissance souligne leurs carrières exceptionnelles et leur engagement constant en faveur de la vie et de la famille, consolidant ainsi un espace nécessaire de réflexion sur le caractère sacré du droit à la vie.

Organisé par le Institut d'études familiales de l'Université d'Europe centrale et le ACdP, Ces prix, qui célèbrent leur onzième édition, réaffirment l'engagement de longue date de l'institution envers les valeurs fondamentales. Au cours de la dernière décennie, la liste des lauréats a inclus des personnalités telles que : Jaime Mayor Oreja, président de la Fondation Valeurs et Société ; Manuel Martínez-Sellés, présidente du Collège des médecins de Madrid et ambassadrice de Hongrie, Katalin Tóth.

Lors de cet événement, le Prix du Cœur de Mère et de Père sera remis, ainsi que les Prix de la Créativité pour la Défense de la Vie. Ces derniers récompensent le talent des étudiants de l'Université CEU qui, à travers des récits, des essais et des courts métrages, offrent une perspective artistique et académique sur l'importance de protéger la vie à toutes ses étapes et en toutes circonstances.

Un pont vers Dieu

L'art favorise la réflexion, la créativité et le bien-être mental. syndrome de Stendhal Ce serait comme un dommage collatéral pour ces cœurs passionnés, convaincus que l'art est un pont vers Dieu, la beauté ultime.

4 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

“ L’amour est une fleur merveilleuse, mais il faut avoir le courage d’aller la chercher au bord d’un précipice vertigineux ”, écrivait Stendhal, qui se sentait pris de vertiges et le cœur battant la chamade lors de sa visite de la basilique Santa Croce à Florence en 1817. L’écrivain français était un maître de l’analyse psychologique et ses phrases sont caractérisées par une profonde intensité d’amour et de passion. 

Nous autres, amateurs d'art, sommes passionnés par la vie, et pour paraphraser à nouveau l'écrivain français, “ avec des passions, on ne s'ennuie jamais, sans elles, on devient un idiot ”.  

Au musée de la maison Poldi Pezzoli à Milan, j'ai subi le Syndrome de Stendhal, qui se produit lorsqu'on contemple des œuvres d'art ou d'architecture d'une beauté extrême, dans des espaces clos ou en présence d'une grande accumulation d'œuvres. 

Botticelli, Pollaiolo, Mantegna, disciples de Léonard de Vinci, sculptures, vaisselle raffinée, bijoux… tout cela m’a transporté dans un monde disparu où des personnes de noble naissance vivaient entourées d’art. Des demeures privées transformées en musées, que nous pouvons tous admirer aujourd’hui. 

La contemplation d'une telle quantité d'œuvres d'art en si peu de temps et dans un espace clos m'a provoqué un trouble psychosomatique transitoire, avec des symptômes tels que tachycardie et confusion, dus à la surcharge de beauté artistique.

Tandis que j'écris ces lignes – comme une forme de thérapie –, mes paupières sont lourdes, car je n'ai quasiment pas fermé l'œil de la nuit. Les œuvres d'art ont assailli mon esprit et m'ont empêché de me reposer, me laissant dans un état entre veille et sommeil. Ces symptômes découlent de l'émotion intense et de l'impact esthétique bouleversant. C'est une crise qui disparaît généralement dès que je m'éloigne des œuvres et que je me repose.

L'art favorise la réflexion, la créativité et le bien-être mental. Ce syndrome serait comme un dommage collatéral pour ces cœurs passionnés, convaincus que l'art est un pont vers Dieu, l'incarnation même de la beauté.

Vatican

Le pape proclame qu'il y a de la place pour tout le monde au Ciel

Après la prière du Regina Caeli, le pape Léon XIV a axé sa méditation sur l'aspiration à un monde qui, à l'image de la maison du Père, puisse accueillir tout le monde.

Rédaction Omnes-4 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

Le 3 mai 2026, pendant la prière de Regina Caeli, Le pape Léon XIV a proposé une méditation axée sur l'espérance pascale, la promesse du Christ et la destinée commune de l'humanité en Dieu.

La promesse d'une place pour tous

Le Pape a commencé par l'Évangile de la Cène, soulignant la promesse de Jésus : “ Quand je serai allé vous préparer une place, je reviendrai et je vous prendrai avec moi. ” Dans cette annonce, a-t-il expliqué, se révèle une vérité fondamentale : en Dieu, il y a de la place pour chaque personne. L'image de la “ maison du Père ” n'est pas seulement une consolation face à la mort, mais une affirmation de… bienvenue à Universel. Le Christ, en serviteur, prépare cette place pour chacun, afin que personne ne soit étranger ou oublié, mais toujours attendu.

De l'exclusion à l'acceptation

Le pape a opposé deux logiques antagonistes. D’une part, le “ vieux monde ”, marqué par la quête de privilèges, l’exclusivité et une reconnaissance réservée à une élite. D’autre part, le “ nouveau monde ” inauguré par le Seigneur ressuscité, où ce qu’il y a de plus précieux est accessible à tous.

Dans ce nouvel horizon, les règles fondamentales de la coexistence changent : “ la gratitude remplace la compétition ; l’acceptation élimine l’exclusion ; l’abondance ne génère plus d’inégalité ”. Au lieu de diluer l’identité personnelle, cette ouverture universelle permet à chacun d’être pleinement soi-même. Face à la menace de mort, qui semble effacer… mémoire Et le nom, Dieu garantit l'identité définitive de chaque personne.

Une foi qui libère du désir de reconnaissance

Le cœur du message repose sur l'invitation de Jésus : “ Croyez en Dieu, et croyez aussi en moi. ” Selon le pape, cette foi a un pouvoir libérateur : elle brise l'angoisse de devoir posséder, se distinguer ou atteindre le prestige comme condition de la valeur.

En Dieu, affirmait-il, chaque personne possède déjà une valeur infinie. Nul besoin de rivaliser pour être reconnue, car la dignité ne se conquiert pas, elle se reçoit. Cette certitude se fortifie dans l’amour mutuel, vécu selon le commandement nouveau. Aimer comme Jésus a aimé nous permet d’entrevoir le ciel sur terre et révèle que la fraternité et la paix ne sont pas des utopies, mais la véritable destinée de l’humanité.

La communauté chrétienne comme maison ouverte

La méditation s’est conclue par une prière à la Vierge Marie, présentée comme Mère de l’Église. Le Pape a invité chaque communauté chrétienne à refléter cette “ maison ouverte à tous ”, où chaque personne est accueillie et valorisée dans sa singularité.

Appels et salutations

Après la prière du Regina Caeli, le pape Léon XIV a rappelé le début du mois de mai, traditionnellement dédié à la Vierge Marie, soulignant l'importance de prier le Regina Caeli. Rosario comme une expérience communautaire de prière, dans la continuité des jours où les disciples attendaient la venue du Saint-Esprit.

Il a également souligné la célébration de la Journée mondiale de la liberté de la presse, promue par l'UNESCO, dénonçant les violations fréquentes de ce droit et rendant hommage aux journalistes victimes de violence.

Enfin, il a adressé ses salutations aux différents groupes de fidèles et associations présents, en mentionnant tout particulièrement ceux qui œuvrent à la défense des mineurs contre les abus. abus, les remerciant pour leur engagement en matière de prévention et de soutien aux victimes.

Idées

Six critères pour que la foi ne reste pas cantonnée au seul domaine des émotions.

En réponse, les évêques espagnols proposent six points clés qui permettent de comprendre ce que signifie, aujourd'hui, vivre une foi mature.

Javier García Herrería-4 mai 2026-Temps de lecture : 4 minutes

À l’heure où se multiplient de nouvelles initiatives d’évangélisation très positives – souvent empreintes d’enthousiasme, de créativité et d’un fort pouvoir d’attraction –, l’Église en Espagne a jugé nécessaire de proposer des critères de discernement. Non pas pour étouffer quoi que ce soit, mais précisément pour préserver ce qu’il y a de plus précieux : l’authenticité de l’expérience chrétienne.

Le risque que Cela inquiète les prélats. C'est que la foi se trouve réduite à une expérience émotionnelle et subjective, détachée de la vérité, de la communauté et de la vie concrète. En revanche, Les évêques espagnols proposent Dans son dernier document, six points clés permettent de comprendre ce que signifie vivre une foi mature, afin que les initiatives initiales de proclamation puissent approfondir les expériences de foi grâce à une formation plus poussée.

a) Connaître les personnes divines

Le cœur de la foi chrétienne ne réside pas dans une spiritualité vague ni dans un assemblage disparate de croyances, mais dans une rencontre authentique avec Jésus-Christ. Il ne s'agit pas de “ se sentir bien ” ni d'accumuler des expériences émotionnelles intenses, mais de reconnaître que Dieu s'est révélé concrètement en Christ et que c'est uniquement par lui que nous pouvons accéder au Père dans l'Esprit.

Par conséquent, la proclamation initiale ne saurait se diluer dans des discours génériques sur le bien-être ou l'intériorité : elle doit mener à une relation vivante, unique et décisive avec Jésus. Lorsque cette centralité se perd, la foi se brouille en un syncrétisme diffus, certes séduisant, mais dépourvu de la puissance transformatrice de l'Évangile.

b) Dimension personnelle

Cette rencontre avec le Christ engage la personne tout entière, y compris sa dimension émotionnelle. Mais les sentiments seuls ne suffisent pas à discerner l’action de Dieu. La tradition spirituelle de l’Église a toujours insisté sur la nécessité de les confronter, de les examiner à la lumière de ceux qui nous ont précédés sur ce chemin. Des auteurs comme Ignace de Loyola nous ont appris à distinguer la consolation de la désolation, précisément pour ne pas confondre la voix de Dieu avec nos propres états d’âme.

De même, des maîtres comme Jean de la Croix et Thérèse d'Avila ont montré que la vie spirituelle comporte aussi des épreuves et des moments de purification. Par conséquent, une foi mûre ne considère pas ses sentiments comme absolutisés, mais les soumet à un discernement rigoureux, en continuité avec l'expérience accumulée de l'Église.

c) Objectivité de la foi

La foi chrétienne ne naît pas d'un sentiment et ne s'y maintient pas. Elle ne dépend ni de l'état intérieur du croyant, ni de l'intensité d'une expérience spirituelle particulière. Elle possède un contenu objectif : une vérité qui le précède et lui est donnée.

Dans une culture où prédomine le “ je ressens ”, cette affirmation dérange. Pourtant, elle est essentielle. Il ne suffit pas de percevoir que “ Dieu m’aime ” pour justifier une décision ou un comportement. La foi implique de reconnaître l’existence d’une vérité révélée – sur Dieu, sur l’humanité, sur le bien et le mal – qui ne se construit pas selon notre propre subjectivité.

L'un des exemples les plus révélateurs de cette dégradation se produisit à la cour de Louis XIV, où certaines dames passaient leurs nuits avec leurs amants et, le lendemain matin, se confessaient rapidement pour pouvoir communier à la messe. Ce cycle de péché nocturne et d'absolution matinale expresse, fondé sur une interprétation superficielle du droit canonique, transformait les sacrements en une formalité mécanique qui n'exigeait ni une véritable conversion du cœur ni un changement de comportement.

Exaspéré par ce « spectacle » d'hypocrisie, le mouvement janséniste s'y opposa avec une telle véhémence qu'il finit par basculer dans l'extrême opposé. Cherchant à combattre le relâchement moral de l'époque, les jansénistes imposèrent un rigorisme étouffant qui présentait un Dieu distant et une Eucharistie quasi inaccessible, réservée uniquement à ceux qui atteignaient une perfection héroïque.

Cette leçon demeure pertinente. Lorsque les émotions servent à justifier un comportement objectivement désordonné, il ne s'agit pas d'une foi harmonieuse. La vie chrétienne implique l'unité entre ce que l'on croit, ce que l'on ressent et ce que l'on fait.

d) L'ecclésialité de la foi

La foi ne se donne pas à soi-même. Elle se reçoit. Et elle se reçoit dans l’Église. Cette dimension ecclésiale est constitutive du christianisme. Croire implique d’accepter qu’il y a d’autres – avant et avec moi – qui transmettent, préservent et interprètent la foi : le pape, les évêques, les prêtres, les directeurs spirituels, la communauté des croyants.

Cela exige une attitude particulière : être ouvert à l’enseignement et à la correction. Deux attitudes sous-estimées dans une culture qui assimile authenticité et autosuffisance. Or, sans cette ouverture, la foi risque de devenir une démarche individuelle, où chacun décide de ce qu’il accepte et de ce qu’il rejette.

e) Conséquences sociales de la foi

La foi n'est ni une idée ni une émotion : c'est un mode de vie. Et, à ce titre, elle a des conséquences morales concrètes. Lorsque la foi est vécue uniquement comme source de paix intérieure, elle peut engendrer des croyants satisfaits mais indifférents aux besoins d'autrui.

Cependant, le christianisme possède une dimension fondamentalement ouverte. La rencontre avec le Christ nous pousse vers les autres, en particulier les plus démunis. Il ne s'agit pas d'un ajout optionnel, mais d'un critère d'authenticité. Une foi qui ne se traduit pas par un engagement concret – dans la famille, au travail, dans la vie publique, dans l'aide aux pauvres – demeure incomplète. L'Évangile est clair : l'amour de Dieu se réalise dans l'amour du prochain.

f) Dimension festive

La foi chrétienne est également célébrée. Et elle le fait, de manière privilégiée, dans la liturgie. Mais là aussi, il y a un risque : celui de réduire la célébration à un espace d’émotions intenses ou d’expériences subjectives. Lorsque la liturgie devient un instrument pour “ ressentir des choses ”, elle perd son essence et sa signification.

La célébration chrétienne n'est ni un spectacle ni une création spontanée du groupe. Elle possède une forme, une tradition et des normes qui garantissent son caractère ecclésial et sa fidélité au mystère qu'elle célèbre.

L’Eucharistie, en particulier, occupe une place centrale. Elle n’est pas simplement un moment d’émotion, mais l’événement où la communauté rencontre le Christ de manière réelle et sacramentelle. D’où l’importance d’observer attentivement sa célébration, sachant que la messe est bien plus importante que les bénédictions et les actes d’adoration (aussi positifs soient-ils).

Ces critères n'ont pas pour but de freiner l'enthousiasme ni de jeter le doute sur les nouvelles formes d'évangélisation. Au contraire, ils visent à garantir que cet élan s'enracine dans l'essentiel.

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Écologie intégrale

Trois femmes confrontées à la logique utilitariste dans le mariage et la famille 

La baisse de la natalité transforme l'Occident, et le débat mondial sur le mariage et la famille s'intensifie à l'approche du sommet d'octobre à Rome. L'économiste Catherine Pakaluk estime que “ rejeter l'idée que l'argent prime sur la famille serait une source de motivation pour les jeunes ”.

OSV / Omnes-4 mai 2026-Temps de lecture : 7 minutes

– Katarzyna Szalajko, OSV Actualités

Face à la baisse de la natalité qui transforme l'Occident, le débat mondial sur le mariage et la famille revêt une urgence accrue à l'approche d'une réunion qui se tiendra à Rome en octobre, convoquée par le pape Léon XIV.

Les nouvelles données mettent en évidence cette tendance : les naissances aux États-Unis ont chuté de 11 % en 2025, pour atteindre environ 3,6 millions, tandis que les taux de fécondité en Europe restent bien en deçà des niveaux de remplacement générationnel.

Le pape Léon XIV a convoqué les présidents des conférences épiscopales du monde entier à Rendez-vous à Rome renouveler et approfondir le débat de l'Église sur le mariage et la famille à la lumière d'‘ Amoris Laetitia ’. 

Comme dans une grande partie du monde occidental, le nombre de mariages et d'enfants est en baisse. Des experts catholiques soulignent qu'il s'agit d'un problème urgent à régler. l'Église, Les paroisses, en particulier, ont un rôle à jouer.

Les taux de natalité diminuent de façon drastique.

Selon le rapport d'avril du Centre national des statistiques de santé, publié dans le cadre des estimations provisoires trimestrielles à publication rapide du Système national des statistiques de l'état civil, le nombre de naissances aux États-Unis en 2025 était d'environ 3,61 millions, en baisse de 11 % par rapport à 2024.

Le taux de fécondité global était de 53,1 naissances pour 1 000 femmes âgées de 15 à 44 ans, ce qui représente une baisse de 11 % par rapport à 2024.

Dans l'Union européenne, le nombre de naissances en 2024 a presque doublé par rapport à il y a soixante ans, avec 3,55 millions de naissances cette année-là. Le taux brut de natalité, soit le nombre de naissances vivantes pour 1 000 habitants, était de 7,9 en 2024, contre 10,5 en 2000, 12,8 en 1985 et 16,4 en 1970. Cela représente une baisse de 8,5 % en 54 ans.

Aux États-Unis, le taux de fécondité total se maintient autour de 1,6 enfant par femme, tandis que dans une grande partie de l'Europe, il est d'environ 1,3. Les démographes soulignent qu'outre la diminution de la taille des familles, un pourcentage croissant d'adultes n'ont pas d'enfants.

« Les enfants d'Hannah : les femmes qui défient en silence la pénurie de naissances » est le dernier livre de Catherine Ruth Pakaluk, dont vous pouvez découvrir l'histoire sur pakaluk.com (@pakaluk.com)

Le déclin de la fécondité ne s'explique pas uniquement par des raisons financières.

Catherine Pakaluk, économiste et professeure à l'Université catholique d'Amérique et directrice générale de l'Institut James Cardinal Gibbons pour l'écologie humaine, a déclaré à OSV News que la compréhension du déclin actuel de la fécondité exige d'aller au-delà des explications financières.

“ Le changement le plus important est peut-être structurel : nous avons discrètement démantelé les contextes dans lesquels ces raisons s’épanouissaient autrefois naturellement ”, a-t-il déclaré. 

“ Pendant la majeure partie de l’histoire humaine, les enfants naissaient au sein d’un réseau communautaire, familial et d’attentes partagées ”, a-t-elle expliqué. “ Le désir d’avoir un enfant n’avait pas besoin de justification individuelle ; il était intrinsèquement lié au mode de vie. ”.

Changements technologiques et culturels : logique utilitariste

Comme elle l'a expliqué, les changements technologiques et culturels ont modifié ce cadre. “ Lorsque la contraception a rompu le lien naturel entre l'union sexuelle et les enfants, elle a non seulement élargi la liberté de choix individuelle, mais a également révélé une logique utilitariste qui était restée latente jusqu'alors ”, a-t-elle déclaré. 

“ Dès lors que les couples doivent planifier en tenant compte de leurs enfants au lieu de planifier malgré eux, un système de calcul des coûts flou s'immisce dans la décision la plus intime qu'une famille puisse avoir à prendre. ”.

“ Rejeter l’idée que l’argent passe avant la famille serait encourageant pour les jeunes qui n’ont peut-être jamais entendu autre chose ”, a-t-il déclaré.

La valeur des enfants est future et largement invisible.

En ce sens, a-t-il ajouté, “ les enfants apparaissent à peine dans le bilan, car leur valeur est future et largement invisible ”. Catherine Pakaluk Elle affirme que l'indécision face à la parentalité est répandue et ne doit pas être ignorée. “ Je prends cette indécision au sérieux ; il ne s'agit pas simplement d'égoïsme ou de confusion ”, a-t-elle déclaré. “ Nombreux sont ceux qui désirent sincèrement des enfants et qui se rendent compte qu'ils ne peuvent pas en concevoir. ”.

Paralysie face à l'engagement

Il a évoqué des pressions économiques, telles que le coût du logement et la précarité de l'emploi, mais a précisé qu'elles n'expliquaient pas entièrement cette tendance.

“ Ce que j’observe dans les données – et chez mes étudiants – c’est plutôt une paralysie face à l’engagement lui-même ”, a-t-il déclaré. “ Nous avons développé un idéal culturel de l’âge adulte où l’on se redéfinit constamment, où l’on garde toutes les options ouvertes et où l’on repousse sans cesse la décision finale. ” Les enfants, a-t-il ajouté, remettent en question ce modèle. “ Ils vous transforment irréversiblement. Ils formulent des exigences auxquelles vous ne pouvez échapper. ”.

Mary Eberstadt, essayiste, romancière et conférencière (Photo par OSV News/avec l'aimable autorisation de Mary Eberstadt).

Eberstadt : atteindre la quarantaine sans avoir élevé d'enfant

Mary Eberstadt, auteure catholique, notamment de ‘ Cris primaux ’, chercheuse en sciences sociales, essayiste et romancière, a également évoqué des facteurs culturels. “ Les États-Unis étaient autrefois bien plus pauvres qu’aujourd’hui ”, a-t-elle déclaré à OSV News. “ Il y a donc un autre facteur qui contribue au déclin du mariage et de la famille. ” Elle a identifié ce qu’elle a décrit comme une perte d’expérience vécue.

“ Nombre de jeunes femmes atteignent la quarantaine sans jamais avoir élevé d’enfant, faute d’expérience avec les frères et sœurs ou la garde d’enfants, dans un contexte de baisse de la natalité ”, a-t-elle déclaré. “ S’occuper d’un bébé n’est pas terrifiant pour une personne qui le fait depuis des années. Devoir le faire sans expérience préalable accroît considérablement l’anxiété liée à la maternité. ”.

Les politiques publiques à elles seules ne permettront pas d'inverser la tendance.

Eberstadt a également souligné le rôle de l'imitation sociale. “ Une autre raison tient au fait que le comportement humain, comme l'a si justement décrit René Girard, est mimétique ”, a-t-il déclaré. “ Dans un monde où l'on connaît moins de personnes mariées, ayant des enfants ou se fiançant à la vingtaine, on peut s'attendre à ce que les mêmes tendances se répètent. ”.

La pornographie affecte les relations et les familles

Il a ajouté que la pornographie est un autre facteur qui affecte les relations et la formation des familles. “ Cette force est si destructrice qu’il semble peu probable d’y remédier sans un réveil religieux, car le monde séculier non seulement n’offre aucune réponse à la destruction des relations amoureuses causée par la pornographie, mais ne la considère même pas comme un problème ”, a-t-il déclaré.

Gudrun Kugler, députée au Parlement autrichien, est également vice-présidente de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSV). (Photo : OSV News/Avec l'aimable autorisation de l'administration du Parlement).

Kugler : La famille a besoin d'un soutien important.

En Europe, où les taux de natalité sont restés inférieurs au seuil de remplacement depuis les années 1970, Gudrun Kugler, membre du Parlement autrichien et vice-présidente de l'Assemblée parlementaire de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe, affirme que les politiques publiques à elles seules n'ont pas permis d'inverser cette tendance.

“ Un soutien familial important – sous forme d’allégements fiscaux, de transferts et d’aides en nature – est juste et nécessaire ”, a-t-elle déclaré à OSV News. Elle a toutefois souligné que, dans certains cas, les politiques publiques peuvent même inciter à retarder la maternité, ce qui peut constituer un obstacle majeur. En Europe, l’âge moyen de la première maternité se situe autour de 30 ans.

“ Les statistiques indiquent que si une personne n'a pas eu d'enfants à cet âge, la probabilité d'en avoir un jour tombe en dessous de 50 %. ” Par conséquent, a-t-il déclaré, “ non seulement nous avons très peu d'enfants, mais très peu de personnes ont des enfants. ”.

Déclin démographique : une génération grandit sans frères et sœurs

“ Avoir des enfants aujourd’hui n’est plus synonyme de prestige social ”, a déclaré Kugler, mère de quatre enfants. “ Le désir de statut est un trait humain fondamental, profondément ancré dans notre nature sociale. ”.

L'homme politique autrichien, fervent défenseur du rôle de la famille, a également souligné les conséquences sociales plus larges du déclin démographique, reprenant l'inquiétude d'Eberstadt selon laquelle toute une génération avait grandi sans frères et sœurs, ce qui a des répercussions sociales supplémentaires.

“ Nous nous habituons aux rues désertes, aux magasins fermés et à l’absence des rires d’enfants, souvent sans même nous en rendre compte ”, a déclaré Kugler. “ Au final, cela soulève une question plus profonde sur le sens et la finalité de tout cela : quel est l’intérêt ? À quoi servent les grandes réussites si personne n’est là pour partager la joie ? ”

“ Le risque n’est pas seulement démographique. ”

Pakaluk, mère de huit enfants, a souligné les profondes conséquences culturelles de cette tendance. “ Moins il y a de personnes qui la vivent intensément, plus elle affecte le moral de la société. Nous sommes moins enclins à la générosité qu'exige une communauté engagée. Le risque n'est pas seulement démographique ; au final, c'est un risque pour notre capacité de solidarité ! », a-t-elle déclaré.

Les trois experts, qui sont catholiques, ont souligné de différentes manières la nécessité d'une réflexion culturelle plus large.

Le sens de la liberté : les enfants, l'engagement ultime

Pakaluk a déclaré que repenser le sens de la liberté pouvait faire partie de ce processus.

“ Le discours culturel dominant conçoit la liberté comme la préservation ultime de la capacité de choisir ”, a-t-il déclaré. “ Selon cette perspective, tout engagement a un prix, et les enfants représentent l'engagement ultime. Or, la tradition plus ancienne – philosophique et théologique – comprenait la liberté comme la capacité de s'engager pleinement envers ce qui est véritablement bon. C'est une liberté qui se développe grâce à l'engagement, et non malgré lui ”, a expliqué Pakaluk à OSV News.

“ Concrètement, cela signifie recréer des contextes où le désir d'avoir des enfants est reconnu et respecté, où "Je veux fonder une famille" n'est pas perçu comme un manque d'ambition ou un repli sur soi. Cela implique des communautés solidaires, et pas seulement des instances politiques ‘, a-t-elle ajouté.

Dans la culture occidentale, les enfants sont perçus comme un fardeau, et non comme un don ou une bénédiction.

Kugler a souligné l'importance de la reconnaissance et du sens donné à la parentalité. “ On décide d'avoir des enfants lorsqu'on a une raison impérieuse de le faire, et la reconnaissance est une motivation bien plus puissante qu'une légère augmentation des aides publiques. ” Elle a ajouté : “ Dans la culture occidentale, les enfants sont perçus comme un fardeau, et non comme un don ou une bénédiction. Au lieu de simplement les aimer, nous nous préoccupons excessivement de nombreux détails secondaires. ‘.

Eberstadt, elle-même mère de quatre enfants, a souligné le rôle des communautés religieuses face aux tendances actuelles.

Les paroisses peuvent contribuer à la formation des familles

“ L’Église, et en particulier les paroisses, peuvent contribuer à la formation des familles au niveau communautaire ”, a-t-il déclaré, suggérant un soutien concret comme l’envoi de repas et la coopération entre les familles pour la garde d’enfants.

Pakaluk a ajouté : “ Nombreux sont ceux qui ont retardé ou renoncé à la parentalité et qui n’ont pas obtenu la liberté escomptée ; ils ont subi une autre forme de perte. ” Il a poursuivi : “ Cette conversation franche, sans moralisme ni sentimentalisme, peut être le point de départ d’un renouveau. ”.

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– Katarzyna Szalajko écrit pour OSV News depuis Varsovie, en Pologne.

L'auteurOSV / Omnes

Avoir des amis

J'espère que mes enfants comprendront cela très tôt : la vie devient infiniment plus lourde quand on marche seul, et étonnamment plus légère quand quelqu'un vous prend le bras.

3 mai 2026-Temps de lecture : 2 minutes

J'ai récemment lu un article qui m'a bouleversé : le nombre d'adultes sans amis a quadruplé, et dans des pays comme l'Allemagne ou la France, près de 40 % des ménages sont désormais composés d'une seule personne.

J'ai donc pensé transmettre à mes enfants quelques leçons importantes qui les marqueront à jamais. L'une d'elles est simple : ayez des amis. Leur nombre importe peu – même si, idéalement, au moins cinq – mais riez beaucoup avec eux.

Mes amis m'ont épargné des heures de thérapie. Ils m'ont révélé des vérités que certains recherchent dans la lecture des cartes (je sais que cela en offensera certains ou qu'on me dira que ça n'a rien à voir, mais c'est mon avis). Ils ont dissipé mes doutes – pas toujours rapidement – mais souvent mieux que n'importe quel algorithme. Et surtout, ils m'ont offert quelque chose qu'aucun réseau social ne peut remplacer : des histoires uniques et partagées.

Je pense à ce qui me rend heureuse : un bon verre de vin, discuter du Super Bowl, bronzer en silence, échanger des conseils mode sur SHEIN, recevoir du réconfort quand j’ai le cafard, me replonger dans mon enfance et me souvenir – en riant – de cette soirée où personne ne m’a invitée à danser. Dans mon cas, même la meilleure intelligence artificielle (et croyez-moi, je l’adore) ne pourrait pas remplacer le plaisir de partager tout cela avec une bonne amie. Car rien ne vaut une conversation en face à face avec l’une d’entre elles.

Ils ne sont pas toujours en ligne ou disponibles. Et c'est normal. L'affection véritable est ainsi : inconditionnelle, mais avec des limites ; accueillante, mais sans excès. Contrairement à n'importe quel assistant numérique, un ami peut vous dire sincèrement : “ Je ne connais pas la réponse, mais je suis là pour qu'on la trouve ensemble. ”.

Je partage entièrement l'avis d'Helen Keller lorsqu'elle a dit : “ Je préfère marcher avec un ami dans le noir que seule dans la lumière. ”

J'espère que mes enfants comprendront cela très tôt : la vie devient infiniment plus lourde quand on est seul, et étonnamment plus légère quand quelqu'un nous prend le bras. C'est pourquoi, plus que la réussite ou la sécurité, la seule chose que je souhaite vraiment pour eux, c'est qu'ils ne manquent jamais d'un repas partagé, d'un rire spontané et d'un ami qu'ils considèrent comme leur foyer.

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Famille

Le témoignage de Coi et Juan Pablo, parents d'un saint de 12 jours

Juan Pablo et María Jesús peuvent affirmer avec fierté et assurance qu'ils sont les parents d'une sainte. Leur fille Carolina est décédée à l'âge de 12 jours seulement, assez tôt pour que sa vie soit remplie d'amour et de bonheur.

Paloma López Campos-3 mai 2026-Temps de lecture : 7 minutes

María Jesús (dite Coi) et Juan Pablo vivent en Galice. La trentaine, ils sourient tendrement en tenant dans leurs bras leur fille aînée, Alejandra. C’est à elle qu’ils demandent des nouvelles de la benjamine : “ Où est ta sœur Carolina ? ” “ Au ciel ”, répond la fillette avec assurance.

Et elle a tout à fait raison. Le 23 septembre, douze jours après sa naissance, Carolina est décédée des suites de complications liées au syndrome d'Edwards. Ses parents l'ont accompagnée jusqu'au bout, soutenus par leur famille et les équipes médicales. Clinique universitaire de Navarre à Madrid et l'unité de Soins palliatifs pédiatriques de Hôpital Infantil Niño Jesús.

Comment avez-vous appris le diagnostic de Carolina ?

- [María Jesús] : L'échographie à 12 semaines a révélé des anomalies. Le dépistage avait déjà indiqué un risque faible ou moyen, mais l'échographie a mis en évidence des signes évocateurs de trisomie : une clarté nucale, la présence de liquide dans tout le corps, l'absence de l'os nasal… Ces signes ne persistent pas nécessairement, mais leur présence alerte sur une anomalie.

À ce moment-là, ils nous ont dit que quelque chose n'allait pas et ils ont fortement insisté pour que nous subissions une amniocentèse. (Note de la rédaction : Il s’agit d’un examen invasif consistant à prélever un échantillon de liquide amniotique à l’aide d’une aiguille afin de détecter d’éventuelles anomalies chez le bébé. Cet examen comporte des risques pour le bébé, notamment des saignements, une infection et une rupture prématurée des membranes.).

Ce test me paraissait étrange, et quand j'ai demandé s'il pouvait changer quelque chose, on m'a répondu que non. Ils voulaient simplement le faire pour être plus sûrs du diagnostic. J'ai insisté sur le fait que je ne voulais pas de l'amniocentèse, et le lendemain, on m'a parlé d'une analyse de sang qui, avec une fiabilité de 99,1 %, confirme le diagnostic.

J'ai accepté de faire le test, et une semaine plus tard, ils nous ont envoyé les résultats par courriel. Franchement, nous ne nous attendions pas du tout à ça. Pendant l'attente, nous avons continué à vivre normalement, nous avons fait confiance à Dieu, nous avons prié et nous avons décidé de ne pas approfondir la question.

Au fond de nous, nous nous doutions qu'il s'agissait de trisomie 21, mais nous avons très bien accueilli le diagnostic. Ma sœur était venue nous rejoindre, et les résultats sont arrivés juste au moment où Juan Pablo rentrait du travail. Nous avons ouvert le courriel entre rires et larmes, et dès cet instant, nous avons considéré Carolina comme un don du ciel, encore plus précieuse à nos yeux.

- [Jean-Paul] : Plus aimée, voilà l'essentiel. Le diagnostic n'a rien changé à l'amour que je lui porte. parents Nous sommes de tout cœur avec Carolina.

Vous ont-ils correctement expliqué dès le début en quoi consiste le syndrome d'Edwards ?

-  [María Jesús] : Quand j'ai reçu les résultats, j'ai appelé ma meilleure amie, qui est gynécologue. Quand je les lui ai envoyés, elle s'est mise à pleurer, et nous avons toutes les deux pressentiment que le diagnostic était mauvais, car parmi les trois trisomies, le syndrome d'Edwards est celui qui a le pronostic le plus sombre.

Mon amie m'a expliqué la situation, mais la gynécologue de l'hôpital me l'a ensuite présentée de façon très brutale. Elle a insisté sur le fait que la plupart des bébés atteints de ce syndrome meurent in utero, et que s'ils naissent, la quasi-totalité décède dans le premier mois.

Les paroles des médecins nous blessaient, mais nous ressentions une paix qui n'était pas humaine, mais qui venait entièrement de Dieu.

Comment s'est déroulé le soutien de l'équipe médicale ?

- [Jean-Paul] : Lors de notre rendez-vous après le diagnostic, la première question qu'on nous a posée était : « Souhaitez-vous poursuivre la grossesse ? » Nous avons été surpris, car ce n'est pas que nous ne voulions rien, c'est simplement le cours naturel de la vie.

-  [María Jesús] : C'est regrettable, car ils nous ont communiqué les statistiques sur les avortements d'enfants diagnostiqués avec ce syndrome, et ils représentent la majorité. Nous avons eu l'impression qu'ils ne voulaient pas de Carolina, qu'ils attendaient qu'elle meure. À chaque question posée, on nous répondait que c'était un signe qu'elle allait mourir.

- [Jean-Paul] : Nous avons été surpris car les médecins sont censés guérir, pas traiter un problème.

-  [María Jesús] : Il y avait un manque de volonté de prendre en charge les patients. Mais nous avons rapidement rencontré une femme dont la fille, atteinte du syndrome d'Edwards, était née l'année précédente, et elle nous a parlé du programme de la clinique universitaire de Navarre.“CUN vous accompagne” C'est un programme incroyable avec une équipe formidable qui vous soutient. Nous étions avec eux dès la 20e semaine de ma grossesse. ».

Chaque échographie avec eux durait environ une heure ; il était évident qu’ils se souciaient de notre fille et qu’ils faisaient toutes les recherches nécessaires pour nous aider. À partir d’août, nous avons déménagé à Madrid pour le dernier trimestre de la grossesse.

- [Jean-Paul] : Là, nous avons constaté l'affection et l'humanité.

Y a-t-il un saint auquel vous vous êtes adressé pour obtenir son intercession ?

-  [María Jesús] : Au début, non. Nous avons demandé à mon père, qui est décédé ; à saint Joseph… Mais le saint dont nous savons qu’il a intercédé pour Carolina, sans aucun doute, est… Padre Pio. Elle est entrée au Ciel le même jour que Pio de Pietrelcina, et à une heure très similaire.

Carolina devait également naître le jour de sa fête, le 23 septembre. Mais en réalité, elle est née au Ciel le même jour que lui.

Aviez-vous la foi que le miracle se produirait ?

- [Jean-Paul]Vous ne perdrez jamais cette confiance.

-  [María Jesús] : Nous avons gardé espoir jusqu'au bout ; en fait, nous n'avons jamais cru qu'elle allait mourir. C'est précisément pour cela que je pense que la vie de Carolina a été si joyeuse et si belle.

Le jour où Carolina est décédée, malgré sa grande maladie, j'ai sincèrement dit à Juan Pablo que je pensais qu'elle allait mieux. Et je ne l'ai pas dit par naïveté, mais parce que j'avais confiance qu'elle allait s'en sortir.

- [Jean-Paul]En fait, à la naissance de Carolina, et même pendant les échographies au CUN, comme on nous répétait que certaines choses allaient bien, nous pensions que c'était parce que la situation s'améliorait. Puis on nous a expliqué que, malgré ce qui n'allait pas, certaines choses se déroulaient bien.

D'un autre côté, craignant qu'elle ne meure rapidement, nous avions tout préparé et contacté le CUN (Centre Hospitalier Universitaire de Navarre) pour faire baptiser Carolina dès sa naissance. Mais à sa naissance, on nous a dit qu'il n'y avait pas d'urgence, car elle se portait bien. Et, en effet, à la voir, tout nous laissait penser qu'elle était parfaite.

Alors, comment s'est déroulé le moment du baptême ?

-  [María Jesús] : Toute la famille était là, y compris mon cousin Jaime, qui est prêtre. Ils nous ont accompagnés de la salle d'opération à la salle d'accouchement, et c'est là qu'a eu lieu le baptême. C'était un véritable cadeau, car rien ne manquait : les saintes huiles, les vêtements liturgiques blancs, les lectures… C'était magnifique.

Un autre personnage clé de cette histoire est votre fille Alejandra. Comment lui avez-vous expliqué ce qui lui arrivait ?

-  [María Jesús] : Elle est très jeune, et quand Carolina est née, Alejandra n'avait qu'un an et deux mois. Pourtant, elle était très consciente ; elle ne comprenait pas que Carolina était malade, mais elle savait qu'elle était sa sœur. Elle était présente au baptême et criait de joie.

Nous lui avons alors expliqué, tout naturellement, que sa petite sœur était partie au Ciel. Et maintenant, elle ne parle que d'elle. Il est vrai que nous avons beaucoup de photos de Carolina à la maison, car nous voulions garder ce souvenir d'elle.

Nous n'avions pas l'intention de le lui expliquer d'une manière particulière ; nous l'avons fait très naturellement. D'ailleurs, nous sommes certains qu'il est au Ciel, alors nous le disons en toute confiance.

En fait, quand Carolina est décédée, mon cousin Jaime n'arrêtait pas de nous dire que nous étions les parents d'une sainte, et c'est vrai, c'est une source de fierté.

Comment s'est déroulé le moment de la naissance ?

Caroline à la naissance.

-  [María Jesús] : C'était inattendu. Nous sommes allés faire une échographie à 36 semaines et on nous a dit que, pour plusieurs raisons, il valait mieux que le bébé naisse maintenant. Ils ont donc pratiqué une césarienne d'urgence. Tout s'est passé très vite et nous n'avions rien préparé avec nous, mais heureusement, car cela nous a évité de devoir choisir la date de naissance, ce qui était une des possibilités et aurait été très difficile pour nous, sans savoir ce qui allait se passer ensuite.

La vérité, c'est que l'accouchement a été extraordinaire, car à l'hôpital CUN, ils nous ont traités avec beaucoup d'attention et de professionnalisme.

Quel est donc le lien avec l'hôpital pour enfants Niño Jesús ?

-  [María Jesús] : En fait, c'est le CUN qui nous a mis en contact avec eux. Ils sont venus nous rencontrer et nous ont ensuite apporté tout ce dont nous avions besoin pour prendre soin de Carolina là-bas.

- [Jean-Paul]Il s'agit de soins 24 heures sur 24, vous vous sentez donc également pris en charge.

-  [María Jesús] : En effet, le médecin, le psychologue, une infirmière et une assistante sociale sont venus. Et bien sûr, ils ont pris grand soin de Carolina.

Juan Pablo a déclaré que “ si ” Être incompatible avec la vie signifie qu'on va mourir ; tout être humain est incompatible, car nous allons tous mourir. » Pouvez-vous développer ce point ?

-  [María Jesús] : La situation était difficile, car même des chrétiens et des gens très bien nous disaient qu'il était regrettable que Carolina soit atteinte d'une maladie incompatible avec la vie. C'était presque comme s'ils nous disaient que les douze jours qu'elle avait passés ici n'étaient pas une vie. Mais la vie, même si elle dure moins d'une minute, est la vie.

- [Jean-Paul]La vie de Carolina a été emplie d'un amour incroyable pendant douze jours. Il y a peut-être eu un peu de tristesse, mais ce n'étaient que des pensées fugaces, vite oubliées. Nous avons savouré chaque instant passé avec elle ; elle est notre fille et nous l'aimerons toujours.

Certaines personnes préfèrent éviter la douleur que vous avez endurée, comment expliquez-vous votre décision ?

- [Jean-Paul]Il n'y a pas de meilleure solution que de continuer. Mourir dans les bras de sa mère n'est pas la même chose que de mourir de sa main.

-  [María Jesús] : Ça en vaut la peine. Nous ne méritons aucun mérite ; tout est grâce à Dieu et à Carolina. Elle nous a appris que chaque minute est un cadeau, elle nous a offert un bonheur que je ne sais pas si je retrouverai un jour.

Tout cela ne signifie pas qu'il n'y a pas de douleur, car nous souffrons énormément ; son absence nous pèse terriblement. C'est une douleur profonde qui s'accompagne d'une grande paix. Souffrance et bonheur ne sont pas incompatibles.

Enfin, je le recommande personnellement à tous. mère Toute famille traversant une situation similaire devrait prendre de nombreuses photos de ses enfants. Cela peut paraître futile, mais cela vous réconfortera plus tard.

María Jesús et Juan Pablo avec leurs filles.
Culture

Météores : les monastères suspendus entre ciel et terre

En 1988, l'UNESCO a inscrit les monastères des Météores sur la Liste du patrimoine mondial. La justification officielle évoque une “ harmonie extraordinaire entre la création humaine et le paysage naturel ”. De fait, on y ressent une véritable harmonie avec tout : la ténacité de l'humanité, sa foi et son obstination à construire là où cela semble impossible.

Gerardo Ferrara-3 mai 2026-Temps de lecture : 7 minutes

J'ai écrit cet article après en avoir consacré un autre à Mont Athos, Animé d'une soudaine nostalgie pour la Grèce et, plus généralement, pour la Méditerranée orientale, surtout maintenant que les voyages sont plus difficiles en raison du contexte international dramatique, je crois nécessaire d'aborder ce que j'appelle les sommets d'un triangle spirituel orthodoxe grec idéal : un point sur le Mont Athos, un autre à Constantinople, que j'évoquerai dans le prochain article, et le troisième, précisément, aux Météores.

Je vais commencer par un détail amusant, et désormais impossible à reproduire : un billet d’avion de Roma Il y a quelques années, j'ai trouvé un billet aller-retour pour Thessalonique à cinquante euros. Une occasion à ne pas manquer. J'ai réservé, je suis parti, et à l'aéroport de Thessalonique, j'ai loué une petite voiture bleu foncé avec laquelle, par un bel après-midi ensoleillé de juin, j'ai pris la route en direction de Kalambaka.

À un moment donné, sur la droite, apparaît le massif du mont Olympe, drapé d'une voûte de nuages gris menaçants, tandis que le reste du ciel est d'un bleu cristallin. Qui sait, peut-être les dieux antiques étaient-ils jaloux que je ne me sois pas arrêté avant eux, mais que j'aie poursuivi ma route vers un lieu où la nature est tout aussi belle et divine, mais d'une divinité différente, plus discrète : une divinité où des moines, héros nouveaux non plus mythologiques mais bien réels, ont véritablement accompli les douze travaux pour extraire du rocher, ou y bâtir, des joyaux architecturaux afin de vénérer un Dieu qui n'affectionne guère les intrigues, les orgies, la corruption et les caprices si chers aux dieux du monde antique, qui n'étaient rien de plus qu'une projection des vices et des vertus typiquement humaines.

Au cœur de la Grèce

Les Météores sont situés en Thessalie, patrie d'Achille, au centre de Grèce, près de Kalambaka.

Une fois arrivé à l'hôtel, je me suis installé, j'ai déposé ma valise et j'ai décidé de sortir aussitôt pour admirer le coucher de soleil entre les pitons rocheux sur lesquels se dressent les six monastères, déjà visibles de la fenêtre : les rochers dominent la ville de tous côtés. La lumière était merveilleuse, presque irréelle, le soleil teintant les pitons de grès d'ocre. monastères Elles s'élèvent encore plus haut, rétroéclairées, comme s'il s'agissait de “ météorites ”, terme qui signifie en grec “ suspendues dans les airs ”.

Après le coucher du soleil sur les rochers, je descends au village et entre par hasard dans un petit restaurant sans prétention, avec des nappes en papier et un menu écrit à la main. J'étais peut-être venu visiter des monastères, mais rien ne m'empêchera de savourer une moussaka (qui s'avérera être la meilleure que j'aie jamais mangée) ! 

L'histoire des météores

L'histoire des Météores est étroitement liée à celle du Mont Athos. En effet, en 1344, des moines, menés par Athanase Koinovitis, arrivèrent en Thessalie et s'installèrent sur un plateau rocheux de 613 mètres de haut, le “ Grand Rocher ” (“ Platys Lithos ”), pour y fonder le premier véritable monastère de la région : le Grand Météore (Megalometeor), ou monastère de la Transfiguration.

Pourquoi avoir choisi cet endroit ? Parce que ces rochers garantissent l'isolement et l'imprégnation face aux invasions qui se sont succédé en Thessalie, des Goths aux Ottomans.

Au XVIe siècle, les Météores étaient à leur apogée : vingt-quatre monastères perchés au sommet de autant de pics. Aujourd’hui, il n’en reste que six.

Le paysage complexe des monastères des Météores

Comment se forme une “ météorite ” ?

Après avoir pris mon petit-déjeuner à l'hôtel, et haletant sous la chaleur de cette matinée de juin en gravissant les marches taillées dans la roche, j'arrive au premier monastère, Megalometeoro, et je me demande ce qui m'a poussé à grimper jusqu'ici et ce qui a poussé les moines à construire quelque chose sur ces rochers, et de plus en utilisant seulement des cordes, des filets et des échelles en bois !

Escalier menant à l'un des monastères des Météores

Et dire que les escaliers taillés dans la roche (140 marches pour le Megalometeor, 150 pour le monastère de la Sainte-Trinité) n'ont été ajoutés qu'au XXe siècle ! Auparavant, pour atteindre les monastères, il fallait compter sur quelqu'un pour tirer sur les cordes, sur la solidité des nœuds et sur la robustesse du panier dans lequel on était suspendu dans les airs.

Aujourd'hui, c'est différent, mais le labyrinthe de marches au milieu du sable blanc ne facilite pas vraiment l'ascension. D'un autre côté, cela fait partie de l'expérience : de temps à autre, une fissure dans la roche dévoile un paysage enchanteur et les montagnes, et l'on a presque l'impression qu'aucune structure imposante ne se dresse juste au-dessus de nos têtes.

Les six monastères actifs

Les six monastères restants abritent toujours des communautés actives, avec des moines et des nonnes qui suivent la règle orthodoxe de prière, de travail et de silence.

Le plus ancien et le plus grand est précisément le Grand Météore (Mégalometeor), monastère mère de tout le complexe. Son église principale, le “ katholikòn ”, abrite des fresques extraordinaires, représentant des scènes de persécution des chrétiens et des martyrs dont les yeux dorés et sévères sont fixés sur le visiteur.

Monastère du Grand Météore

Il y a ensuite Varlaam, perché au sommet d'un piton rocheux de 373 mètres de haut, fondé vers 1350 par l'ermite Varlaam et reconstruit au XVIe siècle. On peut y admirer le filet d'origine qui servait à hisser les moines jusqu'au sommet du rocher. En le contemplant, on se demande non seulement comment les cordes ne se rompaient pas, mais surtout comment les âmes malheureuses qui y étaient hissées pouvaient supporter le frisson. On raconte que lorsqu'on demandait à quelle fréquence les cordes étaient changées, la réponse était toujours la même : “ Quand elles cassent. ” En fin de compte, c'était vraiment une question de foi !

Le monastère de la Sainte-Trinité (“ Agia Triada ”), fondé en 1458, est le plus difficile d'accès : il faut descendre la paroi rocheuse par un étroit passage puis gravir 150 marches. Il fait chaud et on a l'impression de ne jamais y arriver. Je croise des touristes qui, en redescendant, s'extasient sur la vue imprenable depuis le sommet. Et ils ont raison : d'en haut, la plaine s'étend à perte de vue et le silence invite à la réflexion, à la contemplation du monde vu d'en haut, avec toutes ses couleurs, les nuances de vert, le ciel, les rochers, sans aucun bruit : seulement la douce brise qui souffle ici, le chant des oiseaux et les psaumes des moines.

Cour du monastère de la Sainte-Trinité

Le monastère Saint-Nicolas-Anapafsas, quant à lui, est le plus proche du village de Kastraki. Il abrite les fresques de Théophane Strelizas, peintre crétois du XVIe siècle, parfaitement conservées. Les personnages qui y sont peints semblent presque accueillir les pèlerins et les voyageurs fatigués de leur périple.

Parmi les Météores, on trouve également deux monastères de nonnes.

Monastère de Rousanou

Le premier, Rousanou, fondé au XIVe ou XVe siècle, porte un nom qui sonne comme un soupir. Peut-être parce que j'ai poussé un soupir de soulagement en constatant qu'on y accédait en descendant. Bien sûr, la descente est suivie de la remontée, mais l'effort en vaut la peine. On arrive en effet dans un jardin frais et abrité, avec une fontaine en son centre et un cyprès ombragé, protégé par un rocher et débordant de fleurs rouges. Et l'on remarque aussitôt la touche féminine qui embellit l'ensemble. Les religieuses, vêtues de leurs habits noirs, passent, comme en suspension, dans le silence.

Le second, Santo Stefano, est encore plus facile d'accès : un pont de pierre le relie à la route où je me suis garé. J'ai lu dans le guide que l'empereur byzantin Andronic III Paléologue s'y était arrêté en 1333 et y avait laissé de précieux présents : des icônes inestimables et des ornements liturgiques. À Santo Stefano, j'ai la même impression qu'au Mont Athos : chaque monastère a un caractère, une âme qui le rend unique, différent des autres. Cela tient peut-être à la facilité d'accès, au nombre de moines ou de moniales qui y vivent, au paysage environnant ou à sa taille. À Santo Stefano, l'escalier blanc ouvert, avec sa rampe en fer forgé et ses cyprès de part et d'autre, et les drapeaux grecs et catholiques qui flottent dans la brise de juin, lui confèrent une atmosphère moins austère que les autres. Mais c'est peut-être parce que c'est ici que s'achèvent mes six tentatives pour atteindre chacun d'eux.

Un monde proche et lointain

En 1988, L'UNESCO Les monastères des Météores ont été inscrits sur la Liste du patrimoine mondial, bénéficiant ainsi de la double reconnaissance exceptionnelle d'être à la fois un site naturel et culturel. Le texte officiel évoque une “ harmonie extraordinaire entre la création humaine et le paysage naturel ”. Et de fait, on ressent ici une véritable harmonie avec tout : la ténacité de l'humanité, sa foi et son obstination à construire là où cela semble impossible, se conjuguent à la ténacité bien plus patiente (60 millions d'années) de la nature, qui a sculpté et façonné ces rochers sous l'effet du vent et des séismes.

Et en parlant d'harmonie entre nature et culture, le deuxième soir, je retourne au petit restaurant de moussaka pour reprendre des forces après avoir nourri mon âme. Une douce brise me caresse le visage, les rochers se parent d'un violet profond au coucher du soleil, et les lumières artificielles commencent à illuminer les monastères qui se dressent au-dessus de moi, suspendus dans l'obscurité naissante. “ Et je vois que c'est quelque chose de bon ! ” : du pain frais sur la table, la moussaka, les flèches illuminées au-dessus de ma tête, et je me sens au paradis et, comme on dit en Italie, “ comblée de bonheur ! ”.

Monastères de Varlaam et du Grand Météore
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Ressources

« Enquête sur l'entendement humain » de David Hume

Nous poursuivons notre série d'articles sur les œuvres principales des grands philosophes modernes et contemporains, après les exposés de Descartes et de Locke.

Ignacio Sols-2 mai 2026-Temps de lecture : 8 minutes

Une version plus longue de cet article On peut le voir ici.


Né à Édimbourg en 1711, il fit ses études en Écosse, qu'il acheva en France (à Reims et à La Flèche) entre 1735 et 1737, année où il termina ses études supérieures. Traité de la nature humaine. Très critiquée, elle demeure en 1748 une version aboutie Recherche sur la compréhension humaine, et en 1749 son Discours politiques et leurs Recherche sur les principes de la moralité. Historien à Édimbourg, formé à Paris à partir de 1763, homme d'État à Londres à partir de 1766, retraité à partir de 1769, décédé à Édimbourg en 1776.

Recherche sur la compréhension humaine

a) Exposition : Le Grand Naufrage

Être englouti

Locke Il avait fondé sa philosophie sur les idées – littéralement “ ce qui est vu ” ou “ ce qui est perçu ” – mais Hume, rejetant les substances comme George Berkeley, allait plus loin et partir des impressions elles-mêmes. Il les distingue des idées, car l'impression du feu – celle qui brûle dans la main – n'est pas la même chose que l'idée ou le souvenir que nous en avons. L'impression est réelle, et l'idée est le souvenir qu'elle laisse, avec la certitude que l'impression se reproduira. Si je vous vois, j'ai une impression réelle, mais si je ferme les yeux, je ne l'ai plus et il ne me reste que l'idée que je m'en suis faite. La croyance en votre existence Indépendamment de moi, il n'existe que la certitude, fondée uniquement sur l'habitude, que l'impression réapparaîtra à l'ouverture de mes yeux. Seules les impressions sont réelles, dès lors, et rien ne subsiste de la substance, de l'être qui les sous-tend.

La causalité a coulé

D'autres idées émergent de ces souvenirs d'impressions, par “ association d'idées ”, soit par ressemblance – une idée nous en rappelle une autre similaire –, soit par contiguïté, comme l'idée d'un appartement suggère celle de l'“ appartement voisin ”, soit encore par causalité, une sorte de contiguïté temporelle. La causalité est aussi une croyance fondée uniquement sur l'habitude : l'habitude selon laquelle ce que l'on appelle la cause est suivi de ce que l'on appelle l'effet. Nous sommes habitués à retrouver nos forces après avoir mangé. Nous disons alors que l'un est la cause de l'autre, sous-entendant qu'il existe un lien nécessaire entre eux, même si personne n'a jamais constaté ni démontré une telle nécessité, et que, par conséquent, cette croyance est dépourvue de toute justification rationnelle.

“ Qui peut prétendre donner la raison ultime pour laquelle le lait ou le pain conviennent à l’homme, mais pas au lion ou au tigre ? … Nos sens nous informent de la couleur, du poids et de la consistance du pain ; mais ni les sens ni la raison ne peuvent jamais nous renseigner sur les qualités qui le rendent apte à nourrir et à soutenir le corps humain. ”

En fait, ajoute-t-il, la causalité — un lien nécessaire dont nous n'avons aucune impression ni justification — est la principale source d'idées fantaisistes, et il donne l'exemple de notre idée d'un auteur — même si nous ne l'avons jamais vu — chaque fois que nous voyons une lettre écrite, habitués que nous sommes à ce que quelqu'un écrive d'abord, puis que la lettre soit écrite.

Ceci révèle la nature chimérique de l'idée de Dieu comme mon auteur et comme auteur du monde, mais aussi celle du moi comme cause de mes actions, et même celle du monde comme entité ayant une existence indépendante de moi et comme cause des impressions que je suscite. De même, de l'effet indéniable naît la cause chimérique. Dieu, le monde, le moi – les grands thèmes de la philosophie – se trouvent ainsi submergés.

La moralité a chuté.

Cela prive la morale de toute justification rationnelle, ce qu'elle illustre ainsi : je vois une pierre heurter une autre et je pense que le mouvement de l'une est la cause du mouvement de l'autre, sans libre arbitre ; mais je décide d'assassiner mon rival et de le poignarder, étant moi-même la cause de l'effet, à savoir la blessure, mais cette fois-ci une cause libre. Je n'ai eu aucune perception de l'un ou l'autre type de causalité, mais j'ai inventé la causalité libre dans le même but : “ trouver un coupable ”. Il est donc compréhensible que son discours moral (un certain utilitarisme fondé sur le sentiment) ait inspiré les pragmatistes.

Cependant, cela ne rapproche pas Hume du scepticisme pyrrhonien radical, car le sceptique peut réussir dans le monde universitaire – grâce à sa cohérence – mais échoue dans la vie réelle, évitant un feu de joie ou un précipice de peur qu'ils ne provoquent des brûlures ou la mort. Il opte pour un “ scepticisme modéré ” qui reconnaît l'“ existence ” du feu et du précipice, ainsi que leur “ causalité ” indésirable, non pas comme une connaissance véritable, mais plutôt comme une croyance figée, fondée uniquement sur l'habitude. 

La science a coulé

Ainsi, il préconise notamment la poursuite des sciences expérimentales, sans pour autant se bercer d'illusions quant à leur validité en tant que savoir. D'une part, il y a les sciences qui démontrent les relations nécessaires entre les idées – l'arithmétique et la géométrie – savoir auquel il reconnaît la validité ; d'autre part, il y a les sciences qui enregistrent les phénomènes et les expliquent par d'autres phénomènes comme causes – une causalité sans fondement rationnel – et qui, à partir d'expériences particulières, aboutissent à des lois universelles, ce qu'on appelle “ l'induction ”. Celle-ci est dépourvue de justification rationnelle, puisqu'elle repose uniquement sur la conviction que les choses se produiront à l'avenir comme elles se sont produites jusqu'à présent. 

La philosophie a coulé

Quant à la prétendue connaissance des idées – “ le vu ” – que personne n’a vues, telles que les substances ou la causalité, ou l’idée de l’âme ou de Dieu, “ lorsque nous soupçonnons qu’un terme philosophique est employé sans signification ni idée (ce qui arrive même trop souvent), il nous suffit de nous demander : de quelle impression cette idée supposée est-elle tirée ? Et s’il est impossible de lui en attribuer une, cela confirmera notre soupçon. ” Ce que Hume pense de la connaissance de ce type d’idée, en particulier en métaphysique, est bien résumé dans les derniers mots de son œuvre :  

“ Lorsque nous parcourrons les bibliothèques, persuadés par ces principes, quel désastre nous y ferons ! Si nous prenons entre nos mains un volume de théologie ou de métaphysique scolastique, par exemple, demandons-nous : Contient-il un raisonnement abstrait sur la quantité et le nombre ? Non. Contient-il un raisonnement expérimental sur les faits et l'expérience ? Non. Alors jetons-le au feu, car il ne peut contenir que sophismes et tromperies. ”  

b) Critique : Qui ose ?

Personne. David Hume a convaincu tout le monde. Emmanuel Kant a créé sa philosophie transcendantale pour sauver les idées de substance et de causalité — et d'autres qui rendent la connaissance possible — de ce naufrage, mais en tant que simple a priori qui ne se produisent que dans notre faculté de connaître. 

L'incohérence de l'ajout de ces a priori une réalité extérieure comme “ cause ” de la connaissance sensorielle par laquelle commence la connaissance (alors que la causalité a été considérée comme une simple a prioriSchopenhauer a résolu ce problème en concevant le monde – la réalité extérieure – comme une simple représentation, la volonté étant ce qui y est représenté. Il a ainsi placé la volonté au rang d’être, et Nietzsche l’a suivi, pour qui la volonté suffisait et tout le reste était superflu : la volonté de puissance, une notion qui sonne déjà comme une évidence du XXe siècle.

Mais l’approche de Hegel face à l’incohérence kantienne est encore plus radicale : avec Fichte, il élimine d’un seul coup la réalité extérieure, ne laissant subsister que l’idée. Et du “ toute idée ” à la “ toute matière ” du matérialisme dialectique de Karl Marx, il n’y a qu’un changement de terminologie, comme il le dit lui-même dans son ouvrage La pauvreté de la philosophie. Marx, Nietzsche, les philosophies qui allaient devenir l'histoire politique du XXe siècle — et quelle histoire ! Nous connaissons déjà la suite.

L'autre œuvre majeure de Hume est la réfutation de l'induction, qu'il juge dépourvue de justification rationnelle. Heureusement, cette réfutation intervient alors que la science était déjà bien établie, car elle aurait été paralysante à la naissance de la mécanique au siècle précédent, celui-là même où Francis Bacon avait proposé son projet inductif stimulant. Pierre Duhem se range parmi les philosophes-scientifiques des XIXe et XXe siècles – citant Ernst Mach et Henri Poincaré – incapables de fournir une justification rationnelle au fondement inductif de la science, mais qui s'étonnent néanmoins de son fonctionnement. On ne peut rien attendre de moins de Karl Popper : il rejettera le principe d'induction comme irréfutable, rejetant ainsi un principe philosophique – car il s'agit bien de philosophie des sciences – doté d'un critère destiné à caractériser les propositions scientifiques.

Thomas Kuhn se contente de qualifier l'induction de “ question épineuse ”, l'évitant ainsi. Plus récemment, Evandro Agazzi lui consacre un ouvrage majeur. Sujets et problèmes en philosophie de la physique Deux lignes suffisent pour recommander le philosophe des sciences Carl Hempel, farouchement opposé à l'induction. Plus près de nous, Mariano Artigas valorise l'induction, mais sans jamais en fournir de justification rationnelle. Quelle sera donc notre réaction ?

Le caractère insensé de son attaque contre la cause

Hume a déconstruit bien des choses. À son objection principale, la causalité, nous répondrons qu'aucun des arguments avancés contre elle — tous étant des variantes de celui mentionné précédemment — ne résiste aujourd'hui, malgré les progrès impressionnants de la science, rendus possibles par la quête incessante des scientifiques pour comprendre le “ pourquoi ” de chaque nouveau phénomène, et ce, malgré cette philosophie paralysante.

Est-il vrai qu'on ne découvrira jamais de lien nécessaire entre la consommation de pain et le rétablissement de nos forces ? Nous connaissons désormais, une à une, les réactions chimiques du métabolisme de l'amidon du pain en dioxyde de carbone et en eau, avec libération d'énergie, ainsi que les réactions chimiques qui convertissent cette énergie en force motrice pour les muscles. Nous comprenons parfaitement ces réactions chimiques comme une conséquence de la physique des atomes impliqués et, par conséquent, nous réduisons cette physique à de pures mathématiques, le seul savoir que Hume considérait comme parfaitement valable. Il a lancé son attaque contre la causalité alors qu'elle était encore crédible, mais maintenant qu'elle ne l'est plus, sa philosophie a déjà produit ses conséquences.

La vérité est que la causalité est déjà vouée à l'échec dès l'instant où les substances ont été éliminées., quelque chose Ce qui sous-tend ces impressions de couleur, d'odeur et de goût du pain, et dont celles-ci ne sont que des qualités, c'est bien la nature même de l'entité. Car ces seules impressions peuvent-elles nourrir et fortifier ? Mais s'il existe une “ chose ” qui possède cette couleur, cette odeur et ce goût comme qualités propres que nous percevons, peut-être en possède-t-elle d'autres que nous ne voyons pas encore, mais que nous verrons peut-être demain grâce aux progrès de la science. Tel est le numéro atomique des éléments qui le composent, ce qui explique les propriétés chimiques par lesquelles le pain nourrit et fortifie. 

Et pourquoi s'est-il débarrassé des substances pour ne conserver que de simples impressions ? Il a tout simplement suivi la recommandation de Locke – figure très importante dans sa formation, tout comme George Berkeley – qui considérait les substances comme superflues en philosophie, puisque nous n'en avons pas d'idées claires et distinctes, comme celles formées par nos impressions (j'ai soutenu dans un article précédent que c'est une exigence des idées scientifiques, puisque nous les construisons avec nos définitions ; une exigence de la méthode scientifique, qui appauvrit la pensée philosophique. Une erreur de méthode, donc, précisément depuis René Descartes).

En réalité, nous n'aurions même pas dû avoir à répondre à Hume, car bien qu'il affirme qu'il n'existe que des impressions, il évoque à plusieurs reprises, dans chaque lignée, les êtres qui les sous-tendent, ce que la philosophie appelle les substances. Comme le dit Aristote, le sceptique qui nie la possibilité de la connaissance – le sceptique moderne nie même l'être lui-même – ne nous dérange pas, car s'il parle, il se réfute lui-même ; et s'il ne parle pas, il ne nous dérange pas non plus, car il est comme une plante. 

Rationalité de l'induction

Concernant l'induction, on peut effectivement affirmer qu'elle est rationnelle, c'est-à-dire qu'en induisant, nous agissons de manière rationnelle. ce que fait toujours la raison. Et que fait-elle ? Elle recherche toujours l'unité entre des faits apparemment sans lien, sans relation les uns avec les autres, au point que Kant pose cette présupposition d'unité du monde comme une des idées pures de la raison, une condition de possibilité et un stimulant pour notre raisonnement. La raison recherche toujours l'explication la plus simple, celle qui, en elle-même, explique et rationalise de nombreux faits qui semblaient sans rapport et inexplicables, comme dans les cas d'Hercule Poirot. 

Eh bien, lorsqu'on induit une loi universelle, comme la dilatation des métaux sous l'effet de la chaleur, voici ce que l'on fait : on découvre une unité, une régularité, une identité entre de nombreux faits expérimentaux qui, sans une telle loi, resteraient sans lien. Son énoncé est à la fois une assertion et une prédiction : on affirme que cela s'est produit de la même manière dans toutes les expériences passées, qui peuvent être… VRAI (et nous pouvons en être certains) ou faux; Et nous prévoyons que cela restera le cas, une prédiction qui pourrait être accompli (dont nous ne sommes pas absolument certains) ou ne pas être satisfait, , Mais nous le faisons sur une base rationnelle : l'explication la plus simple de la raison pour laquelle cela s'est toujours produit, et toujours avec le même coefficient d'expansion, est que cette coïncidence n'est pas due à une série d'événements fortuits – l'explication la plus alambiquée, incroyable et irrationnelle – mais parce qu'il était nécessaire que cela se produise ainsi (même s'il nous a fallu deux siècles pour trouver la raison de cette nécessité), et que par conséquent, cela se reproduira dans les expériences futures.

Et pour la dernière boutade, appliquons au sceptique, comme le recommandait Aristote, sa propre recette. Prenons en main la fameuse Recherche sur la compréhension humaine Par David Hume, et demandons-nous : contient-il un raisonnement abstrait sur la quantité et le nombre ? Non, on n'y trouve ni nombre ni formule. Contient-il un raisonnement expérimental sur les faits et l'expérience ? Non, on n'y trouve aucune trace de coefficients de dilatation, ni aucune notation d'expérience. Qu'il soit donc jeté au feu, puisqu'il ne peut contenir que sophismes et tromperies ! 

L'auteurIgnacio Sols

Université Complutense de Madrid. SCS-Espagne.

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« Enquête sur l'entendement humain » de David Hume

Nous poursuivons notre série d'articles sur les œuvres principales des grands auteurs modernes et contemporains, après les exposés de Descartes et de Locke.

Ignacio Sols-2 mai 2026-Temps de lecture : 36 minutes

Une version plus courte de cet article On peut le voir ici.


a) Exposition

Dans son Recherche sur la compréhension humaine, David Hume radicalise l'approche empiriste de John Locke. Rappelons que Descartes Tout a commencé par le “ cogito ”, par notre pensée (le fait que nous pensions est certain. Plus tard, nous chercherons les raisons de faire confiance à notre pensée, posant ainsi les fondements solides de notre connaissance). Et souvenons-nous que Locke Il était parti des “ idées ”, comprises au sens grec du terme : “ ce qui est vu ”. Autrement dit, il partait de ce qui est perçu par les sens, externes ou internes. Hume, plus radical, distingue entre “ impression ” et “ idée ”, car ce que nous voyons ou ressentons – l’impression – n’est pas la même chose que ce que nous avons vu ou ressenti – l’idée, le vu ou le ressenti – de même qu’un mal de dents que je “ ressens ” n’est pas la même chose qu’un mal de dents que j’ai ressenti ; je préfère de loin ce dernier, c’est-à-dire celui dont je me souviens simplement.

Cette distinction étant faite, il apparaît clairement que son analyse de la connaissance ne se fondera pas sur les idées, mais, plus radicalement, sur les impressions. Je regarde et j'ai une impression ; je ferme les yeux et cette impression disparaît. L'idée demeure, la vision, le souvenir de l'impression et la confiance en son existence indépendamment de moi, car je suis persuadé que si je rouvre les yeux, la même chose apparaîtra. Mais, à proprement parler, pendant que mes yeux étaient fermés, il n'y avait rien d'autre que la simple confiance que cette perception se répéterait, une confiance fondée sur la simple habitude, et non sur un véritable raisonnement. 

L'analyse qui suit nous montrera qu'en effet, la connaissance véritable est impossible en matière d'existence. Précisons d'emblée que, lorsqu'il est question ici d'une idée, il s'agit toujours, bien entendu, d'une idée particulière, puisqu'elle l'est déjà dans son contexte antérieur. Traité de la nature humaine, Chez Hume, comme chez son prédécesseur Berkeley, on ne trouve aucune trace de la notion d'abstraction, pour des raisons qui, d'après ce que j'ai dit, devraient déjà être évidentes.  

Son analyse des idées repose sur le constat que nos idées sont soit le souvenir d'une impression passée, soit formées par association à partir d'autres idées, que ce soit par ressemblance, contiguïté ou causalité. L'association par ressemblance se produit car certaines idées en suggèrent d'autres avec lesquelles elles partagent une certaine similarité, de même que la vue d'un portrait évoque, par association, l'idée de la personne représentée. L'association par contiguïté temporelle ou spatiale se produit car, lorsque deux idées sont contiguës, l'une suggère l'autre (comme dans le cas du voisinage : l'idée d'un appartement dans un immeuble suggère l'idée de l'“ appartement voisin ”). Enfin, il y a l'association par causalité, ou l'association d'une idée à une autre en tant que cause, c'est-à-dire comme s'il existait un lien nécessaire entre elles (l'idée d'une blessure subie est nécessairement suivie de l'idée de douleur ; on dit donc que la blessure est la cause de la douleur). C’est ce dernier type d’association d’idées qui intéresse le plus Hume, car il y voit la principale source de nos idées chimériques, et donc la principale source d’erreur dans notre connaissance.

En effet, lorsque nous percevons souvent une certaine contiguïté temporelle entre deux idées — d'abord la blessure, puis la douleur —, nous finissons par imaginer un lien nécessaire entre elles, comme si la première suivait nécessairement la seconde, même si nous n'avons jamais démontré cette nécessité, mais simplement une contiguïté temporelle à laquelle nous nous sommes habitués. Et nous exprimons cela en disant que la première est la cause et la seconde l'effet. 

Mais il s'agit là d'une connaissance erronée, car elle tient pour acquis ce qui n'est que supposé, puisque nous ne percevons pas un tel lien – nous n'en avons aucune impression – et que nous ne le déduisons par aucun raisonnement. Lorsque nous mangeons du pain (de la nourriture), nous ressentons du réconfort ensuite, et lorsque nous voyons de la lumière et de la chaleur (une flamme), nous constatons alors qu'un morceau de papier placé à proximité se carbonise, noircit, et nous disons que le premier est la cause du second, comme si le second découlait nécessairement du premier. Mais aucun raisonnement ne nous permet de conclure à une telle nécessité, et il ne pourra jamais y en avoir. Nous ne trouverons jamais de raison pour laquelle les perceptions que nous appelons pain – une couleur, un goût, et même une odeur agréable s'il est frais – conduisent nécessairement à ces autres perceptions internes de réconfort, de restauration, de satiété après sa consommation ; ni pourquoi cette lumière et cette chaleur que nous appelons feu doivent nécessairement conduire à la perception de ce noircissement d'un morceau de papier voisin que nous appelons carbonisation. Nous y sommes tout simplement habitués, et c'est la seule base de notre certitude que cela continuera à se produire à l'avenir : une pure habitude et non la perception ou la démonstration d'un lien nécessaire entre ce que nous appelons cause et ce que nous appelons effet. 

La causalité se révèle ainsi être une simple croyance : une simple habitude à une certaine contiguïté temporelle entre les impressions, sur laquelle se fonde une simple confiance que les expériences futures seront semblables aux passées. C'est ainsi que la causalité sous-tend nos croyances sur l'existence. Je vois une lettre, mais je ne vois pas son auteur ; pourtant, j'en déduis qu'un auteur doit “ exister ”, puisque quelqu'un a forcément été à l'origine de l'écriture de cette lettre. De cette manière, une nouvelle idée, celle d'auteur, est créée à partir d'une idée que j'avais déjà, celle de lettre, puis je qualifie l'auteur d'“ idée ” ou de “ vu ”, alors que je ne vois que la lettre.

En particulier, je me forge l'idée qu'il existe quelque chose d'extérieur qui cause les impressions que je reçois, même si, à proprement parler, je ne ressens que ces impressions. Par “ existence ”, j'entends son indépendance de moi-même, même lorsque je ne perçois plus rien parce que j'ai fermé les yeux, comme je l'ai dit au début. Je maintiens cette existence comme “ perçue ” — même si je ne la perçois pas réellement — comme la conviction qu'en rouvrant les yeux, je recevrai les mêmes impressions. Cette conviction, comme je l'ai dit, n'est pas une véritable connaissance, car elle ne repose pas sur le raisonnement mais seulement sur l'habitude : sur la simple confiance que cela se reproduira à l'avenir comme cela s'est produit par le passé, une confiance fondée sur la causalité — chose que nous avons donc déjà démasquée comme chimérique — car je pense que les impressions ont été causées par quelque chose d'extérieur à moi.

En réalité, le radicalisme de Hume le conduit à démasquer le concept même de “ soi ” comme chimérique, puisque nous n'en avons aucune perception. Il le réduit à un ensemble de perceptions, dont, selon lui, nous n'aurions aucune notion du “ soi ” sans la mémoire, qui nous permet de conserver le souvenir des perceptions passées. Mais se souvenir n'est pas la même chose que percevoir, si bien que le “ soi ” entre dans son catalogue d'idées chimériques, aux côtés de l'idée chimérique d'un monde extérieur, suivie, bien sûr, de l'idée chimérique de Dieu. 

Maintenant que nous comprenons que la causalité n'est qu'une croyance, une confiance, et non une connaissance à proprement parler, que pouvons-nous dire de la liberté, de ce concept qui nous permet de parler de responsabilité morale, placé au fondement même de la science éthique ? Lorsque nous constatons qu'une pierre en heurte une autre, nous disons que le mouvement de la seconde a été causé par celui de la première, même si ce lien nécessaire n'a pas été démontré (si une telle démonstration avait été faite, il n'aurait pas été nécessaire de la voir plusieurs fois ; une seule fois aurait suffi, car lorsqu'une connaissance véritable nous est donnée, lorsqu'on nous présente un raisonnement que nous reconnaissons comme vrai, par exemple, il nous suffit de l'avoir vu une seule fois ; mais l'habitude – car c'est bien de cela qu'il s'agit, une habitude – exige de l'avoir vue plusieurs fois, car en réalité, ce n'est pas une connaissance véritable). Cependant, nous ne disons pas pour autant que le mouvement de la seconde pierre est libre, mais plutôt qu'il découle nécessairement du mouvement de la première. Mais lorsque c'est ma volonté qui commande le mouvement d'un corps, mon propre corps, de sorte qu'il obéisse à mon ordre, on ne parle plus de nécessité, mais d'acte libre. Pourquoi cet acte serait-il libre et l'autre non, s'il s'agit de la même chose, d'une simple habitude du premier – ce que nous appelons cause ou responsabilité morale – toujours suivie par le second, le mouvement d'une pierre ou de mon propre corps ? La liberté n'est alors qu'une illusion, et il n'y a donc aucune raison de parler de responsabilité morale. Au final, c'est toujours la même rengaine : trouver un coupable. 

Après avoir exposé sa position épistémologique, Hume affirme ne pas être un partisan du scepticisme pyrrhonien, pour lequel rien ne signifie l'existence, mais n'est qu'une illusion fondée sur nos perceptions sensorielles, sans aucune raison de se fier à une telle illusion. Hume soutient que ce sceptique radical est imbattable dans le monde académique, c'est-à-dire dans le débat philosophique. Mais confronté à la réalité, le sceptique est vaincu par ceux qui ne sont pas sceptiques, mais qui croient tout ce qu'ils considèrent comme du savoir. En effet, face à un feu de joie, le sceptique ne trouve aucune raison de s'en éloigner, et pourtant il recule comme s'il savait que le feu existe indépendamment de lui. C'est pourquoi Hume prône un scepticisme raisonnable et bénéfique, un scepticisme modéré : il s'agirait d'admettre la causalité, et donc l'existence, non pas comme une connaissance vraie, puisqu'elle ne l'est pas, mais simplement comme une croyance ou une confiance fondée sur l'habitude. Puisque nous l'admettons pour des raisons pratiques plutôt qu'épistémologiques, nous n'allons pas nous jeter imprudemment dans le feu ni commettre un acte d'auto-immolation insensé pour être sceptiques. 

Et nous cultiverons aussi les sciences, oui, mais sans parler des liens nécessaires là où nous ne les voyons pas, ni ne les démontrons, mais de la contiguïté temporelle répétée jusqu'à présent, en comprenant que les lois universelles ne sont rien de plus que cela, comme celle qui dit que le fer se dilate sous l'effet de la chaleur.

Un tel scepticisme modéré ou bénéfique laissera donc les sciences à leur juste place, réduites à la simple science de ce qui est logique, et démasquera comme sophismes et tromperies d'autres branches du savoir qu'il examinera ensuite. 

Hume distingue deux types de connaissance : celle qui met en relation des idées et qui procède par un raisonnement articulé en démonstrations ; et celle qui se réfère à des questions de fait ou d'existence, qui ne procède pas par des démonstrations mais seulement par une certitude morale, et qui ne peut être qualifiée de connaissance car elle est fondée sur la croyance.  

La première catégorie comprend la géométrie et l'arithmétique, c'est-à-dire les mathématiques. Il s'agit là de véritables connaissances, car ces disciplines offrent des démonstrations qui établissent des liens irréfutables entre les idées. Cependant, il exprime un scepticisme à l'égard du calcul infinitésimal, récemment découvert et en plein développement à son époque : un scepticisme salutaire, hérité de George Berkeley. Je dis salutaire car, en tant que mathématicien, je peux vous assurer que David Hume n'avait pas tort sur ce point, le calcul infinitésimal n'ayant été clairement et distinctement établi et formulé qu'au XIXe siècle. En son temps, c'était un véritable chaos logique, bien qu'un chaos extrêmement utile qui n'a jamais failli (son prédécesseur philosophique immédiat, l'évêque anglican George Berkeley, a déclaré que les mathématiciens font une vérité à partir de deux mensonges, et il n'avait pas tort, et il ne l'a pas dit de façon malheureuse, puisque ses attaques, et d'autres qui ont suivi de la part des mathématiciens eux-mêmes, ont servi d'incitation à la formalisation du calcul au siècle suivant, pour laquelle la formalisation de toutes les mathématiques était nécessaire, et pour cela, la création de la logique formelle, dans laquelle est née la théorie des machines qui a conduit aux ordinateurs actuels).

Après les sciences théoriques, ou sciences de la démonstration – la géométrie et l'arithmétique – viennent les sciences expérimentales, dites sciences naturelles, c'est-à-dire celles qui traitent des faits et de l'existence. Elles ne procèdent pas de manière erronée, pourvu qu'elles comprennent leurs lois pour ce qu'elles sont : un simple enregistrement de la répétition, jusqu'à présent, d'une certaine continuité de faits. Leur formulation en tant que loi de la nature doit être comprise uniquement comme l'expression de notre confiance qu'elle se reproduira à l'avenir comme elle s'est produite jusqu'à présent dans le passé, mais en aucun cas comme l'expression d'un lien nécessaire entre les faits : lorsque nous disons : “ quand on chauffe du fer, il se dilate ”, nous ne comprenons pas qu'il existe un lien nécessaire entre les deux faits, puisque nous ne le percevons pas et ne pourrons jamais le percevoir, mais seulement que nous avons confiance que cela se produira à l'avenir comme cela s'est produit jusqu'à présent. 

Nous en venons donc aux autres formes de connaissance, à ces recherches sur des idées qui ne nous sont pas parvenues par les sens, et qui ne sont pas non plus associées à des idées perçues par les sens. De ces prétendues idées, puisque personne ne les a vues, David Hume déclare : “ Lorsque nous soupçonnons qu’un terme philosophique est employé sans signification ni idée (ce qui arrive même trop souvent), il nous suffit de nous demander : de quelle impression provient cette idée supposée ? Et s’il est impossible de lui en attribuer une, cela confirmera notre soupçon. ” Ce que David Hume pense de cette connaissance supposée, et en particulier de la métaphysique, est bien résumé dans les derniers mots de son œuvre :  

“ Lorsque nous parcourrons les bibliothèques, persuadés par ces principes, quel désastre nous y ferons ! Si nous prenons entre nos mains un volume de théologie ou de métaphysique scolastique, par exemple, demandons-nous : Contient-il un raisonnement abstrait sur la quantité et le nombre ? Non. Contient-il un raisonnement expérimental sur les faits et l'expérience ? Non. Alors jetons-le au feu, car il ne peut contenir que sophismes et tromperies. ”  

 b) Textes

I. Sur l'origine des idées

Il existe une grande différence entre les perceptions de l'esprit lorsqu'un homme ressent la douleur d'une chaleur excessive ou le plaisir d'une chaleur modérée, et ses perceptions lorsqu'il se remémore plus tard cette sensation… 

Ces perceptions moins fortes et moins vives sont communément appelées pensées ou idées. L'autre type… nous l'appellerons impressions. 

Tous les matériaux de la pensée proviennent de notre sensibilité externe ou interne ; l'esprit et la volonté ne sont responsables que du mélange et de la composition de ces matériaux.

Lorsque nous soupçonnons qu'un terme philosophique est employé dénué de sens ou d'idée (ce qui arrive bien trop souvent), il suffit de se demander : de quelle impression cette idée supposée provient-elle ? Et s'il est impossible de lui en attribuer une, cela ne fera que confirmer notre soupçon. 

II. Sur l'association des idées

Il me semble qu'il n'existe que trois principes de connexion entre les idées, à savoir : la similarité, la contiguïté dans le temps ou l'espace, et la cause ou l'effet…

Un tableau nous amène naturellement à penser à l'original (ressemblance) ; la mention d'un appartement dans un immeuble introduit naturellement une interrogation ou un discours concernant les autres (contiguïté) ; et si nous pensons à une blessure, nous pouvons difficilement éviter de réfléchir à la douleur qui s'ensuit (cause et effet). 

III. Doutes sceptiques quant au fonctionnement de l'entente

Tous les objets relevant de la raison ou de l'investigation humaine se divisent naturellement en deux catégories : les relations d'idées et les faits. La première catégorie comprend les sciences de la géométrie, de l'algèbre et de l'arithmétique, et, en somme, tout énoncé intuitivement ou manifestement vrai…

Tout raisonnement factuel semble reposer sur la relation de cause à effet. C'est uniquement par cette relation que nous pouvons dépasser les preuves de notre mémoire et de nos sens. Si l'on demandait à un homme pourquoi il croit à un fait qui n'est pas immédiatement évident, comme par exemple que son ami est à la campagne ou en France, il donnerait une raison, et cette raison serait un fait supplémentaire, tel qu'une lettre de lui reçue ou la connaissance de ses résolutions et promesses antérieures. Un homme qui trouverait une horloge ou toute autre machine sur une île déserte en conclurait qu'un homme y a vécu. Tout notre raisonnement factuel est de même nature. Il présuppose constamment un lien entre le fait présent et celui qui en est déduit. Sans ce lien, la déduction serait totalement hasardeuse. Entendre une voix articulée et un discours rationnel dans l'obscurité nous assure de la présence de quelqu'un. Pourquoi ? Parce que ce sont des effets de la constitution et de la structure humaines, qui leur sont intimement liés. Si l'on analyse les autres arguments de ce type, on constate qu'ils reposent sur la relation de cause à effet, qu'elle soit directe ou indirecte, proche ou lointaine. La chaleur et la lumière sont des effets indirects du feu, et l'on peut déduire l'un de l'autre.

 Si nous voulons donc être convaincus de la nature de cette preuve qui nous assure des faits, nous devons examiner comment nous parvenons à la connaissance de la cause et de l'effet.  

 J'ose affirmer, à titre de proposition générale qui n'admet aucune exception, que la connaissance de cette relation ne s'acquiert en aucun cas par un raisonnement a priori ; elle découle entièrement de l'expérience, lorsque nous constatons que des objets particuliers sont constamment liés. 

Les causes et les effets ne se découvrent pas par la raison mais par l'expérience… car personne n'imagine que l'explosion de la poudre à canon ou l'attraction d'un aimant puissent jamais être découvertes par des arguments a priori… Qui prétendra pouvoir donner la raison ultime pour laquelle le lait ou le pain sont des aliments appropriés à l'homme, et non à un lion ou à un tigre ? 

L'esprit ne peut jamais trouver l'effet dans la cause supposée, même par l'examen et l'analyse les plus méticuleux ; car l'effet est entièrement différent de la cause et, par conséquent, ne peut jamais y être découvert. Le mouvement de la seconde boule de billard est un événement totalement différent de celui de la première, et rien dans l'un ne suggère la moindre indication de l'autre… 

Aucun raisonnement a priori ne peut jamais le justifier.

Il est admis que le plus noble effort de la raison humaine consiste à simplifier les principes qui produisent les phénomènes naturels et à ramener les nombreux effets particuliers à quelques causes générales par le raisonnement analytique, l'expérience et l'observation. Mais quant aux causes de ces causes générales, nous tenterions en vain de les découvrir. … L'élasticité, la gravité, la cohésion des parties, la transmission du mouvement par impulsion – ce sont probablement les dernières causes et les derniers principes que nous découvrirons jamais dans la nature, et nous pouvons nous estimer heureux si, par une étude et un raisonnement rigoureux, nous parvenons à relier des phénomènes particuliers à ces principes généraux, ou presque. La philosophie naturelle la plus aboutie ne fait que repousser un peu plus notre ignorance.

Ainsi, une loi du mouvement, découverte par l'expérience, stipule que la quantité de mouvement ou la force de tout corps en mouvement est proportionnelle à sa masse et à sa vitesse… La découverte même de cette loi est due uniquement à l'expérience, et aucun raisonnement abstrait au monde ne saurait nous faire progresser d'un pas vers sa compréhension…

Nos sens nous renseignent sur la couleur, le poids et la consistance du pain ; mais ni nos sens ni notre raison ne peuvent nous renseigner sur les qualités qui le rendent apte à nourrir et à soutenir un corps humain…

Chacun admet qu'aucun lien n'est établi entre les qualités sensibles et les pouvoirs occultes… Quant à l'expérience passée, on peut admettre qu'elle ne fournit d'informations directes et certaines que sur les objets, et pour la période précise, qui relèvent de sa connaissance ; mais pourquoi cette expérience s'étendrait-elle à l'avenir et à d'autres objets qui, à notre connaissance, ne sont peut-être que superficiellement semblables ? Telle est la question principale sur laquelle je souhaite m'attarder. Le pain que j'ai mangé m'a nourri ; autrement dit, un corps doté de telles et telles qualités sensibles était, à ce moment-là, muni de tels et tels pouvoirs occultes. Mais s'ensuit-il qu'un autre pain, à un autre moment, me nourrirait de la même manière, et que des qualités sensibles semblables doivent toujours s'accompagner de pouvoirs occultes semblables ? La conséquence ne semble nullement nécessaire. Il faut tout de même reconnaître qu'il y a là une conséquence que l'esprit tire, qu'une certaine démarche est entreprise, un processus de pensée et une inférence qu'il convient d'expliquer. Ces deux propositions sont loin d'être identiques : j'ai constaté qu'un tel objet a toujours été accompagné d'un tel effet, et je prévois que d'autres objets, apparemment semblables, seront accompagnés d'effets semblables. J'admets, si vous voulez, qu'une proposition peut être correctement déduite de l'autre. En effet, je sais que c'est toujours le cas. Mais si vous insistez sur le fait que cette déduction repose sur une série de raisonnements, je vous demanderai de les reproduire. 

On peut classer tous les arguments en deux catégories : les arguments démonstratifs, qui portent sur les relations entre les idées, et les arguments moraux, qui portent sur les faits et l’existence. Il semble évident qu’il n’existe pas d’arguments démonstratifs dans ce cas précis. 

Tous les arguments relatifs à l'existence reposent sur la relation de cause à effet ; notre connaissance de cette relation provient entièrement de l'expérience, et toutes nos conclusions expérimentales partent du principe que l'avenir sera conforme au passé… 

Si l'on affirmait qu'à partir d'un certain nombre d'expériences uniformes, on déduit un lien entre qualités sensorielles et pouvoirs occultes, je dois avouer que cela me semble relever de la même difficulté déjà exprimée autrement. La question se pose à nouveau : sur quel raisonnement repose cette inférence ?.

Quand un homme affirme : “ J’ai constaté dans tous les cas passés que de telles qualités sensibles étaient associées à de tels pouvoirs occultes ”, et quand il ajoute : “ Des qualités sensibles semblables seront toujours associées à des pouvoirs occultes semblables ”, dire que cela relève de l’expérimentation revient à commettre une pétition de principe. Car toute inférence tirée de l’expérience présuppose, comme fondement, que l’avenir ressemblera au passé…

Lorsqu'un enfant a déjà ressenti la douleur en touchant la flamme d'une bougie, il prendra soin de ne pas approcher sa main d'une bougie ; et il s'attendra à un effet similaire de la part d'une cause d'apparence et de qualités sensorielles semblables. Si vous affirmez donc que la compréhension de l'enfant est amenée à cette conclusion par un processus d'argumentation ou de raisonnement, je peux légitimement vous demander de reproduire ce raisonnement…

IV. Solution sceptique à ces doutes

Cependant, malgré toute son expérience, [une personne] n'a acquis aucune idée ni connaissance du pouvoir secret par lequel un objet produit l'autre ; et ce n'est par aucun raisonnement qu'elle est obligée de tirer cette conclusion. 

Ce principe relève de la coutume ou de l'habitude. En effet, la répétition d'un acte ou d'une opération particulière engendre une propension à renouveler ce même acte ou cette même opération… La chaleur et la flamme, par exemple, ou le poids et la solidité. Seule la coutume nous pousse à attendre l'un en raison de l'apparence de l'autre… Toutes les inférences sont donc le fruit de la coutume, et non du raisonnement. 

C’est la coutume qui a permis l’établissement de cette correspondance, si nécessaire à la survie de notre espèce.

V. Sur la probabilité

Même si le hasard n'existe pas dans le monde, notre ignorance de la véritable cause de tout événement a la même influence sur notre compréhension, donnant lieu à un type de croyance ou d'opinion similaire.

Habitués à projeter le passé sur l'avenir dans toutes nos inférences, nous nous attendons à l'événement avec une plus grande certitude lorsque le passé a été parfaitement régulier et uniforme.

VI. Sur l'idée de connexion nécessaire

Le grand avantage des sciences mathématiques sur les sciences morales réside dans le fait que les idées des premières sont toujours claires et précises… Les notions d’isocèle et de scalène sont distinguées par des frontières plus précises que celles du vice et de la vertu… 

Le principal obstacle à nos progrès dans les sciences morales ou métaphysiques est donc l’obscurité des idées et l’ambiguïté des termes… 3 Il n’y a pas d’idées, parmi celles données en métaphysique, plus obscures et incertaines que celles de puissance, de force, d’énergie ou de connexion nécessaire….

Nos idées ne sont que des copies de nos impressions, ou en d'autres termes, il nous est impossible de penser quoi que ce soit que nous n'ayons pas préalablement ressenti par nos sens externes ou internes… Les idées complexes peuvent peut-être être bien connues par définition, qui n'est rien d'autre qu'une énumération des parties ou idées simples qui les composent. 

Lorsque nous observons les objets extérieurs qui nous entourent et considérons l'action des causes, nous ne parvenons jamais, à partir d'un seul exemple, à déceler une quelconque force ou connexion nécessaire… Nous constatons seulement que, de fait, l'un succède à l'autre. … L'esprit ne perçoit aucune sensation ni impression interne de cette succession d'objets. Par conséquent, il n'y a… rien qui puisse suggérer l'idée de force ou de connexion nécessaire. 

Mais si l’esprit pouvait découvrir la puissance ou l’énergie d’une cause, nous pourrions en prévoir l’effet même sans expérience…

Nous savons que la chaleur accompagne constamment la flamme ; mais la nature du lien entre les deux est quelque chose que nous ne pouvons même pas commencer à deviner ou à imaginer…

Les mouvements de notre corps obéissent à notre volonté. Nous sommes conscients qu'un événement succède constamment à un autre, sans qu'on nous enseigne le lien secret qui les unit et les rend indissociables…

Il est vrai que nous ignorons comment les corps interagissent entre eux. Leur force, leur énergie, nous est totalement incompréhensible. Mais n'ignorons-nous pas tout autant comment, ou par quelle force, un esprit, même l'esprit suprême, agit sur lui-même ou sur un corps ? … Tout ce que nous savons, c'est notre profonde ignorance dans les deux cas…

En résumé, aucune connexion apparente n'est concevable dans la nature. Tous les événements semblent totalement détachés et séparés. Un événement succède à un autre, mais nous ne pouvons jamais observer le moindre lien entre eux. 

Mais lorsqu'un type d'événement particulier s'est toujours, en toutes circonstances, combiné à un autre, nous n'hésitons plus à prédire l'un à partir de la survenance de l'autre, ni à employer ce raisonnement, le seul qui puisse nous assurer de toute réalité ou existence. Appelons donc l'un la cause et l'autre l'effet. Supposons qu'il existe un lien entre eux, une force dans l'un par laquelle il produit infailliblement l'autre, et agit avec la plus grande certitude et la plus forte nécessité.

Mais dans un certain nombre de cas, il n'y a rien de différent de ce qui existe dans un cas unique auquel on suppose qu'il est exactement similaire ; sauf qu'après une répétition de cas similaires, l'esprit est amené par habitude, à l'occasion d'un événement, à s'attendre à son pendant habituel et à croire qu'il existera.

S'il est une relation entre les objets que nous devrions parfaitement connaître, c'est bien celle de cause à effet. Tout notre raisonnement sur les faits et l'existence repose sur elle. C'est seulement par elle que nous pouvons acquérir une certitude concernant des objets très éloignés du témoignage actuel de notre mémoire et de nos sensations.

Nous pouvons donc, à partir de cette expérience, formuler une autre définition de la cause, et la qualifier d’objet suivi d’un autre, dont l’apparition conduit toujours à la pensée de ce dernier.

Toute idée est la copie d'une impression ou d'un sentiment antérieur ; et là où aucune impression ne se manifeste, l'idée est inexistante. Dans tous les cas singuliers d'action des corps ou des esprits, rien ne produit d'impression, ni ne peut, par conséquent, suggérer l'idée de puissance ou de lien nécessaire. Mais lorsque de nombreux cas uniformes se produisent, et que le même objet est toujours suivi du même événement, alors apparaissent les notions de cause et de lien. 

VII. De la liberté et de la nécessité

Notre idée de nécessité et de causalité découle donc entièrement de l'uniformité que l'on observe dans les opérations de la nature, où des objets semblables sont constamment joints, et où l'esprit est déterminé par habitude à déduire l'un de l'apparence de l'autre… Au-delà de la conjonction constante d'objets semblables et de l'inférence conséquente de l'un à l'autre, nous n'avons aucune notion de nécessité ou de connexion.  

Le philosophe, s'il est cohérent, doit appliquer le même raisonnement aux actions et aux volontés des agents intelligents.

VIII. Sur la philosophie académique ou sceptique

Nous supposons toujours l'existence d'un univers extérieur, indépendant de notre perception, mais qui existerait même si nous et toutes les créatures sensibles étions absents ou anéantis. 

Cette même table, que nous voyons blanche et que nous percevons comme solide, existe, selon nous, indépendamment de notre perception ; elle est extérieure à notre esprit percevant. Notre présence ne lui confère pas l’être. Notre absence ne l’anéantit pas. Elle conserve son existence uniforme et complète, quelle que soit la situation des êtres intelligents qui la perçoivent ou la contemplent. 

Mais cette opinion universelle et primordiale de tous les hommes est rapidement détruite par la moindre philosophie, qui nous enseigne que rien ne peut être présent à l'esprit qu'une image ou une perception, et que les sens ne sont que les canaux par lesquels ces images sont transmises, sans être capables de produire une interaction immédiate entre l'esprit et l'objet…

Par quel argument peut-on prouver que les perceptions de l'esprit doivent être causées par des objets extérieurs complètement différents d'eux, bien que semblables à eux ?

La question de savoir si les perceptions sensorielles sont produites par des objets extérieurs semblables à elles-mêmes est une question de fait. Comment résoudre cette question ? Par l’expérience, assurément, comme pour toutes les questions de même nature. Mais ici, l’expérience est et doit être totalement silencieuse. L’esprit n’a jamais rien d’autre devant lui que des perceptions et ne peut en aucun cas faire l’expérience de sa relation avec les objets.

Les sceptiques les plus profonds et les plus philosophes triomphent toujours lorsqu'ils tentent d'introduire un doute universel… Votre raison ne pourra jamais trouver dans l'expérience aucun argument convaincant prouvant que les perceptions sont liées à des objets extérieurs. 

Ces principes [du scepticisme de Pyrrhon] peuvent prospérer et triompher dans les écoles, où il est véritablement difficile, voire impossible, de les réfuter. Mais dès qu'ils sortent de l'ombre, et en présence des objets réels qui agissent sur nos passions et nos sentiments, ils s'opposent aux principes les plus puissants de la nature et disparaissent comme fumée.

Le sceptique aurait donc intérêt à rester dans son domaine et à exposer les objections philosophiques issues d'investigations plus approfondies. Il semble avoir ici de solides arguments pour réussir, pourvu qu'il insiste à juste titre sur le fait que toute preuve, au-delà du témoignage des sens ou de la mémoire, découle entièrement de la relation de cause à effet ; que nous n'avons d'autre conception de cette relation que celle de deux objets fréquemment unis ; que nous n'avons aucun argument pour nous convaincre que ces objets, qui, d'après notre expérience, ont souvent été unis, le seront également dans d'autres cas ; et que rien ne nous conduit à cette conclusion, si ce n'est l'habitude ou un certain instinct naturel… 

Il existe assurément un scepticisme ou une philosophie académique plus nuancés, qui peuvent être à la fois utiles et durables, et qui peuvent, en partie, résulter de ce pyrrhonisme, ou scepticisme excessif, lorsque ses doutes indiscriminés sont corrigés par le bon sens et la réflexion…

Une autre forme de scepticisme modéré, qui peut s'avérer avantageuse pour l'humanité et qui découle naturellement des doutes et des scrupules pyrrhoniens, consiste à limiter nos recherches aux matières pour lesquelles la compréhension humaine, aussi limitée soit-elle, est la mieux placée. Un jugement juste suit une méthode contraire et, se détournant de toute investigation abstraite et lointaine, se cantonne à la vie courante, aux questions relevant de la pratique et de l'expérience quotidiennes ; laissant les sujets plus sublimes à l'embellissement des poètes et des orateurs, ou aux arts des prêtres et des hommes politiques… 26 Il me semble que les seuls objets de la science abstraite ou de la démonstration sont la quantité et le nombre, et que toute tentative d'étendre ce type de connaissance plus parfait au-delà de ces limites n'est que sophisme et illusion. 

Toutes les autres recherches humaines portent sur des questions de fait et d'existence ; or, celles-ci ne sont manifestement pas susceptibles de démonstration. Tout ce qui est, pourrait ne pas être.

L'existence de tout être ne peut donc être prouvée que par des arguments tirés de sa cause ou de son effet ; et ces arguments sont entièrement fondés sur l'expérience, [et non] sur un raisonnement a priori…

Les sciences qu'elle aborde en général sont la politique, la philosophie naturelle, la physique, la chimie, etc., dans lesquelles on étudie les qualités, les causes et les effets de toute une classe d'objets. 

La morale et la critique relèvent moins de l'entendement que du goût et du sentiment.

Lorsque nous errons dans les bibliothèques, persuadés de ces principes, quel désastre nous allons commettre ! Si nous prenons entre nos mains un ouvrage de théologie scolastique ou de métaphysique, par exemple, demandons-nous : contient-il un raisonnement abstrait sur la quantité et le nombre ? Non. Contient-il un raisonnement expérimental sur les faits et l'expérience ? Non. Alors, jetons-le au feu, car il ne peut contenir que sophismes et tromperies.            

      c) Critique

David Hume est connu, à juste titre, comme le philosophe qui a porté le coup fatal au porte-avions philosophique de la causalité, bien que celui-ci ait déjà essuyé une attaque moins convaincante de Malebranche. Il est vrai que son scepticisme à l'égard de la causalité et de l'existence d'un monde extérieur dont nous percevons l'existence par les impressions qu'il “ provoque ” en nous, ne le place pas au niveau radical du scepticisme extrême de Pyrrhon, qui lui paraît imprenable dans le milieu universitaire mais contradictoire une fois sorti de celui-ci. Il s'agit plutôt d'un scepticisme salutaire et modéré qui, tout en reconnaissant l'absence de fondement rationnel – intuitif et démonstratif – à la causalité et à l'existence, les maintient comme des croyances habituelles, motivées par le pragmatisme nécessaire pour guider sa propre vie. C'est presque la même chose que le scepticisme radical, la seule différence étant qu'il inclut l'attitude pragmatique dans son programme, et en fait, l'héritage intellectuel de David Hume comprenait sa philosophie dans son sens le plus radical, c'est-à-dire comme l'abolition de la causalité et de l'existence d'un monde extérieur à nous. 

C’est très grave et cela porte un coup fatal à la tradition philosophique qui lui était parvenue. Aux rares occasions où la Bible aborde la philosophie – c’est-à-dire ce que l’homme peut connaître par son propre intellect, sans avoir besoin de la vérité révélée – elle fait explicitement référence à la causalité : c’est par ses œuvres que l’homme connaît Dieu et doit donc lui rendre gloire, comme on le lit dans Romains 1:20. C’est aussi un coup fatal porté aux sciences naturelles mêmes qui recherchent la cause des phénomènes physiques.

La philosophie de David Hume exerça une profonde influence sur la philosophie ultérieure. Emmanuel Kant affirma que la lecture de Hume l'avait tiré de sa torpeur dogmatique. En effet, la philosophie kantienne s'efforce de sauver, comme apriorisme de la connaissance, la causalité et les autres catégories nécessaires à la philosophie et à la science, après leur disparition lors du naufrage de la philosophie de Hume. On peut dire sans exagérer que Kant a vu le jour parce qu'il a existé un Hume avant lui. Mais les héritiers de Kant ne tardèrent pas à reconnaître la contradiction inhérente à sa philosophie : le fait que la réalité extérieure produise des impressions sur nos sens, tout en affirmant que la causalité n'a pas de réalité extramentale. La solution à ce problème insoluble fut l'idéalisme hégélien, qui se dispensait de la réalité et, par conséquent, du problème lui-même. Ou encore la philosophie de Schopenhauer, selon laquelle le monde sera considéré comme une pure représentation mentale, de sorte que, dans la production de ses impressions sur notre faculté de connaître, cette causalité ne s'établit pas entre la réalité et la représentation, mais entre la représentation et la représentation, de sorte que le fait qu'elle soit elle-même une pure représentation de notre entendement ne soit plus répugnant.

Maintenant, si le monde est représentation, l'étape logique suivante consiste à se demander ce qui est représenté, et la réponse prendra alors exactement la place de l'être, elle le remplacera. à être. La réponse est suggérée par Kant lui-même, qui retrouve véritablement la réalité extérieure, telle que nous la concevons, dans la Raison pratique, c’est-à-dire dans le domaine de la volonté : ce qui est représenté, c’est la volonté.  

Être remplacé par la volonté dans la philosophie de Schopenhauer, se dissoudre dans l'idée dans celle de Hegel : tels sont les points d'arrivée. Marx suivra Hegel, car dire “ tout est idée ” ou “ tout est esprit ” revient au même que de dire “ tout est matière ”, comme il le souligne dans la philosophie de Schopenhauer. La pauvreté de la philosophie, L'essentiel est qu'il n'y a plus de distinction entre matière et esprit. Schopenhauer sera suivi par son fervent lecteur de jeunesse, Friedrich Nietzsche, pour qui toutes les idées et représentations deviendront superflues, ne lui laissant que la volonté, la volonté de vivre, le réel absolu. Mais il prendra au sérieux l'idée qu'il n'existe que la volonté, comprise comme la volonté de vivre, en définitive la loi qui régit la nature. Et cela commence déjà à nous rappeler des souvenirs lorsque l'on se penche sur l'histoire politique du XXe siècle. 

Hume a été l'acide sulfurique de la philosophie, et c'est pourquoi Hume ne peut rester sans réponse.

Compte tenu de la conclusion à laquelle nous sommes parvenus, il est essentiel d'examiner les raisons qui poussent Hume à rejeter la causalité : “ J'ai constaté qu'un tel objet a toujours été accompagné d'un tel effet, et je prévois que d'autres objets, apparemment semblables, seront accompagnés d'effets semblables. J'admets, si vous voulez, qu'une proposition peut être correctement déduite de l'autre. En effet, je sais que c'est toujours le cas. Mais si vous insistez sur le fait que cette inférence résulte d'un raisonnement en chaîne, je vous demanderai de reproduire ce raisonnement (…) Lorsqu'un enfant a éprouvé la sensation de douleur en touchant la flamme d'une bougie, il prendra soin de ne plus approcher sa main d'une bougie ; et il s'attendra à un effet semblable d'une cause semblable par son apparence et ses qualités sensibles. Si vous affirmez donc que l'entendement de l'enfant est conduit à cette conclusion par un processus d'argumentation ou de raisonnement, je peux légitimement vous demander de reproduire cet argument. ” 

Acceptons cette exigence que Hume nous impose comme un défi, et rappelons d’abord, en guise d’échauffement, les deux hypothèses que Poincaré avance comme nécessaires à la pratique de la science : 

1) Face à un phénomène, nous recherchons toujours l'explication la plus simple. Par exemple, chaque fois que Kepler observait la position de Mars, il la trouvait sur une ellipse et en concluait que la trajectoire de Mars était celle d'une ellipse, bien qu'il existe de nombreuses autres courbes dans l'espace qui ne sont pas des ellipses et qui passent par ces mêmes positions observées. Il lui semblait naturel de choisir l'ellipse, parmi toutes ces courbes (elle est de degré deux), car c'est la courbe la plus simple parmi celles qui passent par ces positions. 

2) La nature réagit toujours de la même manière aux mêmes circonstances et, par conséquent, dans ces mêmes circonstances, elle réagira à l'avenir de la même manière qu'elle l'a fait jusqu'à présent.  

Personnellement, je crois que cette seconde hypothèse se réduit à la première, car l'explication la plus simple de l'obtention systématique du même résultat expérimental est qu'il ne s'agit pas d'une simple succession de hasards, mais plutôt d'un résultat inévitable (même si nous ignorions alors la raison de cette nécessité). Par conséquent, il en sera de même à l'avenir. 

Réduisons donc le discours de Poincaré à l'hypothèse de simplicité — selon laquelle notre raison recherche toujours l'explication la plus simple, appelons-la hypothèse de simplicité ou d'unité —, disons que cette hypothèse n'est pas étrangère à la pensée ni superposée à elle, mais bien son essence même : connaître quelque chose, comprendre un fait, c'est trouver l'unité qui y réside. Nous disons, en revanche, que nous ne comprenons pas quelque chose lorsqu'il se présente à nous comme une mosaïque de données sans aucun lien entre elles (ce que les Anciens avaient bien compris : ce fut la révélation de la prêtresse Diotime à Socrate, comme il le raconte lui-même dans son discours de 1900). Le banquet : Le sage recherche toujours la simplicité et l'unité dans ses questionnements, et l'artiste, dans sa quête de la beauté, aspire à l'harmonie entre les parties. La révélation de Diotime résidait dans le fait que la simplicité suprême et la beauté suprême ne font qu'un, et que l'adhésion à cette Beauté et à cette Vérité uniques constitue la voie véritable et complète vers l'immortalité propre à l'être humain. Kant le comprenait également lorsqu'il plaçait l'essence même du raisonnement humain dans la recherche de la simplicité et de l'unité, et qu'il postulait, de fait, dans le monde, comme une pure idée d'unité, l'une des trois qui stimulent notre raison dans son discours spéculatif. Par conséquent, cette hypothèse de simplicité n'implique aucune renonciation à la connaissance, mais en est au contraire l'essence même et la condition préalable à l'exercice de notre raison.

Après cette mise en bouche, examinons maintenant la demande de David Hume : j'ai constaté que de telles causes — laissons de côté pour le moment la question de savoir s'il s'agit véritablement de causes — ont toujours, jusqu'à présent, produit les mêmes effets. explication plus simple Le fait que cela se soit toujours produit ainsi signifie que cela devait nécessairement se produire ainsi – même si j'ignore la raison, du moins pas encore – et l'explication la plus incroyable, de par sa complexité, est que cela s'est toujours produit ainsi (que le fer s'est toujours dilaté sous l'effet de la chaleur et toujours avec exactement le même coefficient de dilatation) en raison d'innombrables coïncidences accumulées les unes sur les autres, aboutissant toujours au même résultat sans raison apparente, chose que personne ne veut croire. La conclusion que nous en tirons est donc que cela doit se produire de la même manière à l'avenir.  

C’est aussi le raisonnement de l’enfant : chaque fois qu’il s’est approché d’une flamme, il s’est brûlé, et bien qu’il ne puisse l’exprimer, il a compris que ce n’était pas par hasard, mais parce qu’il ne pouvait en être ainsi – même s’il n’en connaît pas la raison – et c’est pourquoi il ne s’approchera plus du feu. L’enfant a inconsciemment cherché l’explication la plus simple, ce que nous exprimons en disant qu’il a raisonné, car la recherche de l’explication la plus simple, la recherche de l’unité, est l’essence même du raisonnement, à tel point que sans cette prémisse, il n’y a pas d’activité de raisonnement : tout serait accepté comme des faits isolés, sans aucun lien entre eux.

Et nous en arrivons à l’affirmation de Hume selon laquelle la raison de cette concomitance d’événements, que la science expérimentale appelle cause C et effet E, ne sera jamais découverte, car Il nomma la chaleur la cause C de la dilatation du fer, et cette dilatation l'effet E de la chaleur. Il les nomma cause et effet avant d'expliquer, deux siècles plus tard, pourquoi C est la cause de E, c'est-à-dire pourquoi E découle nécessairement de C. Il les considérait comme telles, avant même d'avoir une telle démonstration, en vertu de ce raisonnement implicite que nous venons d'expliciter en réponse à la objection de Hume, raisonnement qui fournit l'explication la plus simple de tant de coïncidences dans le passé, le fer se dilatant toujours, toujours avec exactement le même coefficient de dilatation. 

Hume affirme : “ La chaleur et la lumière sont des effets secondaires du feu ”… ” Qui peut prétendre donner la raison ultime pour laquelle le lait ou le pain conviennent à l’homme, et non à un lion ou à un tigre ? ”… “ Nos sens nous informent de la couleur, du poids et de la consistance du pain ; mais ni les sens ni raison ils peuvent jamais ” Il s’agit de rapporter les qualités qui rendent un aliment propre à la nutrition et à la subsistance du corps humain. ”… ” Le pain que j’ai mangé tout à l’heure m’a nourri ; autrement dit, un corps doté de telles et telles qualités sensibles était, à ce moment-là, muni de tels et tels pouvoirs occultes. Mais s’ensuit-il qu’un autre pain, à un autre moment, me nourrira de la même manière, et que des qualités sensibles semblables doivent toujours s’accompagner de pouvoirs occultes semblables ? La conséquence ne semble pas nécessaire… Mais si vous insistez sur le fait que cette conclusion découle d’une série de raisonnements, je vous demanderai de les reproduire. »

Voici la réponse et le raisonnement : la chaleur et la lumière sont des effets du feu, qui est une réaction d'oxydation. La chaleur est produite car, après la réaction, les électrons occupent des niveaux d'énergie inférieurs et libèrent donc de l'énergie sous forme de rayonnement. Quant à la lumière et à sa couleur spécifique, elles sont dues à la vibration des électrons entre deux niveaux d'énergie. Ceci s'explique par le fait qu'un électron passe à un niveau d'énergie supérieur en absorbant un photon, puis émet un photon de même fréquence, passant ainsi à un niveau d'énergie inférieur. La différence d'énergie entre les deux niveaux entre lesquels il vibre coïncide exactement avec l'énergie (hν) des photons qu'il absorbe et émet. Il s'agit donc de la fréquence de la lumière réfléchie. Avec toutes les fréquences réfléchies, on obtient la couleur de l'objet : dans ce cas, la couleur jaunâtre du feu, puis le rouge de la bûche qui brûle, et enfin l'incolore du corps noir qui reste à la fin. C'est l'explication actuelle, qui, selon Hume, aurait été impossible. 

Le pain contient de longues molécules d'amidon que la salive décompose en saccharose (seulement douze atomes de carbone), lequel est ensuite décomposé en deux molécules de glucose (seulement six atomes de carbone), puis en dioxyde de carbone (un seul atome de carbone) et en eau. Cette dernière réaction libère une grande quantité d'énergie, stockée sous forme de molécules d'ADP (adénosine diphosphate) converties en molécules d'ATP (adénosine triphosphate) qui alimentent les muscles. Lorsque cette énergie est nécessaire au mouvement, les molécules d'ATP sont reconverties en molécules d'ADP, libérant ainsi l'énergie stockée dans leur liaison chimique. Cette énergie est utilisée pour la contraction musculaire, devenant ainsi de l'énergie cinétique. C'est un mécanisme. 

Tout cela est connu depuis les années soixante réaction par réaction, Il s'agit d'un cycle très similaire, en fait – bien qu'inversé – au cycle de Krebs de la synthèse de la chlorophylle, puisque dans ce cycle, ces substances organiques sont synthétisées à partir d'eau et de dioxyde de carbone, en absorbant la chaleur que les plantes reçoivent du soleil. Tant les réactions chimiques inorganiques mentionnées lors de la discussion sur le feu que les réactions chimiques organiques mentionnées lors de la discussion sur le pain, découlent nécessairement de principes chimiques qui, à leur tour, découlent nécessairement du nombre d'électrons de la couche externe des atomes qui constituent les molécules impliquées. Ce nombre est déterminé par le nombre d'électrons possibles dans chaque couche, ce qui se déduit aisément des principes de la mécanique quantique et de la théorie mathématique des représentations du groupe de symétrie SU(2) (le groupe de rotation SO(3), en tenant compte du spin, est une représentation de SU(2), double recouvrement de SO(3)).

"La raison ne pourra jamais nous renseigner sur ces qualités. ” qui le rendent propre à la nutrition. » Nous avons déjà vu qu'il l'a fait, et avec des informations très détaillées, aboutissant aux représentations irréductibles du groupe de symétrie SU(2). Ainsi, dans chacun des cas, cités ou non, Hume a affirmé qu'on ne pouvait jamais trouver de raison pour laquelle l'effet découle nécessairement de ce que nous appelons cause. Le développement actuel de la science a conduit à une réfutation retentissante de l'argument de Hume selon lequel il n'existe aucun raisonnement reliant l'effet à la cause, et que ce n'est qu'une question d'habitude quant à la contiguïté temporelle des deux faits.

On pourrait objecter que le raisonnement scientifique – dont j'ai esquissé quelques éléments – repose lui-même sur des postulats scientifiques (puisque le raisonnement ne saurait être infini), et que ces postulats sont, à leur tour, des lois universelles, ou plutôt des lois universalisées par la conviction que les résultats des expériences futures seront identiques à ceux des expériences passées. Dès lors, on pourrait appliquer les propres mots de Hume : “ Nous ne faisons que repousser la limite de notre ignorance. ” Je réponds, pour justifier cette universalisation des énoncés expérimentaux, et donc particuliers, par le principe de simplicité : l'explication la plus simple de la réaction de la nature jusqu'ici, dans les mêmes conditions, avec le même résultat, est que ce résultat était nécessairement inévitable dans ces conditions, et que, par conséquent, le même résultat se produira à l'avenir ; c'est ce qu'exprime la loi universelle.

Cette hypothèse de simplicité, au cœur de notre raisonnement, explique pourquoi il est rationnel que de nombreux jugements particuliers – car l’expérience ne fournit que des jugements particuliers – puissent aboutir à un jugement universel. Il n’y a pas de justification logique, puisque le particulier n’implique jamais logiquement l’universel, mais il y a une justification rationnelle, et Hume nous a demandé d’expliciter son raisonnement. La raison est bien plus que la logique, comme l’a si justement dit Gilbert Chesterton : les fous ne sont pas ceux qui ont perdu leur logique, car c’est tout ce qui leur reste, mais plutôt ceux qui ont perdu leur raison. 

Nous avons explicité un raisonnement fondé sur la mécanique quantique et, plus important encore, un raisonnement qui aurait été valable même à l'époque de Hume : trouver l'explication la plus simple. L'explication la plus simple de la dilatation constante et constante de la matière est qu'elle se produit nécessairement ainsi. La recherche de l'explication la plus simple, la recherche de l'unité, est l'essence même de notre connaissance, car sans la présomption d'unité ou de simplicité de la nature, notre faculté de connaître est inactive : penser, c'est trouver l'unité dans ce qui paraissait initialement varié, et la présomption d'unité ou de rationalité est le stimulus qui nous pousse à penser. Sans cette présupposition d'unité et d'harmonie universelles, tout n'est qu'une mosaïque de données devant nos sens et notre entendement, sans lien à établir, sans fait à expliquer, une succession de hasards dans nos expériences, sans besoin de justification. 

Admettons au moins qu'une fois la machine scientifique lancée, chacun peut y participer, quelles que soient ses convictions. Mais l'essentiel réside dans la pensée de ceux qui ont initié ce processus. Il ne s'agissait nullement de lecteurs sceptiques de David Hume – sa pensée aurait été paralysante –, mais plutôt de penseurs audacieux comme Kepler, heureusement un siècle plus tôt, qui évoquait la présomption d'harmonie comme moteur de la recherche des lois régissant les planètes, jusqu'à ce qu'il les découvre. Il l'affirme dans l'introduction de son ouvrage, et le titre en témoigne. Harmonices Mundi. Il en va de même pour les Kepler des temps modernes, Albert Einstein, Werner Heisenberg et tant d'autres créateurs de nouvelles connaissances humaines. 

Nous avons vu que Hume aborde également la causalité – pour affirmer, bien sûr, qu'elle n'existe pas – dans les actes dont nous nous sentons responsables : si une pierre en heurte une autre, nous n'affirmons pas pour autant que le mouvement de la seconde est libre ; de même, pour la même raison, puisqu'il s'agit de la même chose, l'acte de mon corps qui obéit à ma volonté n'est pas libre mais nécessaire. Je crois que si l'on prend cela au sérieux, il n'y a aucune raison d'emprisonner qui que ce soit, puisque nul n'est responsable – ni l'auteur, ni la cause – de ses propres actes, et en particulier, nul n'est l'auteur de ses actes criminels (la seule raison qui justifierait l'emprisonnement d'un criminel serait de protéger la société de cet individu, mais ce serait justifier les moyens – l'emprisonnement d'un innocent – par la fin). 

Il n'est cependant pas difficile de répondre à Hume que, certes, le mouvement du doigt qui appuie sur la détente découle nécessairement de ma décision de volonté, mais que le lieu de ma liberté se situe en amont, puisqu'il consiste en ma capacité de décider de ceci ou de cela. Par conséquent, je serai responsable de la mort que je pourrais causer en prenant la décision d'appuyer sur la détente. En bref : pour Hume, il n'y a pas de responsabilité morale car il ne saurait en être autrement, la causalité étant niée ; or, cette affirmation, qui sape les fondements de l'éthique, est une erreur philosophique.

Quelle est la véritable raison pour laquelle Hume a abandonné la causalité ? À mon avis, c’est parce que la philosophie de George Berkeley avait auparavant aboli la substance, dont il ne reste aucune trace dans une philosophie limitée aux simples impressions. En effet, il est clair que ce ne sont ni la luminosité ni la chaleur qui carbonisent une feuille de papier, mais… quelque chose Elle possède des qualités de luminosité et de chaleur, parmi d'autres qualités dont certaines ne sont pas directement perceptibles, comme les propriétés chimiques qui découlent du nombre d'électrons dans la couche externe de ses atomes, ce qui détermine leurs valences chimiques. C'est que quelque chose La carbonisation du papier est due à une réaction de combustion chimique, et ce, en raison de propriétés chimiques parmi lesquelles on trouve un lien nécessaire avec cette carbonisation. Il est donc clair que si l'on ne nous permet pas de quelque chose C'est lumineux et chaud, mais seulement à partir des mêmes impressions de luminosité et de chaleur ; nous n'avons plus d'espace discursif pour la causalité, puisque personne ne trouvera, en fait, de lien de nécessité entre les impressions de luminosité et de chaleur et le phénomène de carbonisation du papier. 

Ainsi, la raison fondamentale de la perte de causalité réside dans l'élimination de la substance. Hume ne peut admettre l'existence de quelque chose dont nous n'avons ni idée claire et distincte, ni, plus radicalement encore, ni impression claire et distincte. Or, il est évident que nous n'avons pas une telle idée des substances, puisque nous ne percevons que leurs qualités. C'est ce qui avait déjà conduit Locke à évoquer l'inutilité des substances en philosophie. George Berkeley, puis David Hume, franchirent l'étape attendue (une chronique d'une mort annoncée), en se passant de fait des substances. 

Mais pourquoi cette exigence d'idées claires et distinctes en philosophie ? pourrait-on se demander. On peut alors se référer à l'analyse déjà menée sur la philosophie de Locke : à cette époque, la clarté de la science de la nature, alors naissante, était accessible, et l'objectif était de l'imiter en philosophie. Cette volonté d'imiter la science, caractéristique de toute la philosophie moderne, est manifeste dès ses débuts, et elle l'est encore aujourd'hui chez Hume, qui exige de s'en tenir aux impressions, c'est-à-dire à la simple expérience.

Concernant la causalité, je souhaite faire une remarque, en m'adressant principalement au lecteur ayant une formation scientifique. On affirme souvent que le caractère aléatoire des observations en mécanique quantique constitue une violation du principe de causalité et que, de ce point de vue, la mécanique quantique actuelle donnerait raison à Hume. Ceci témoigne d'une incompréhension de la réduction du paquet d'ondes, voire d'une incompréhension de la causalité elle-même. Pour l'expliquer de manière accessible, prenons l'exemple de la “ position ” observable : on ne peut pas dire qu'une particule se trouve à un endroit précis, mais seulement la probabilité (densité) qu'elle apparaisse à un endroit précis (nuage de probabilité) lorsqu'on réalise une expérience pour déterminer sa position. On réalise l'expérience, et la particule apparaît alors à un endroit où la probabilité était non nulle. Il n'existe aucune explication physique à ce phénomène précis et non à un autre endroit où la probabilité était également non nulle. Une telle explication n'existe ni en physique actuelle, ni dans aucune théorie physique ultérieure qui affinerait notre compréhension actuelle de la nature, car il s'agit d'un caractère aléatoire intrinsèque. Cela ne signifie pas que son apparition quelque part (c'est-à-dire la réduction de sa fonction d'onde à un sous-espace propre de l'opérateur de position) était sans cause : la cause était l'interaction de mon laboratoire avec cette particule, interaction qui a permis de déterminer sa position. Le point essentiel est que la causalité n'est pas nécessairement déterministe, et qu'en l'occurrence, elle ne l'est pas. (Pour illustrer la première affirmation, supposons que la causalité que j'exerce en tant qu'auteur de mes actions morales ne soit pas déterministe, mais libre, et que j'en sois donc responsable ; mais la causalité du feu lors de la carbonisation d'un échantillon de papier est assurément déterministe.). 

En fait, cette découverte de la science moderne offre un sujet fascinant de réflexion philosophique — non pas qu'il s'agisse d'un sujet scientifique en soi — fondé sur cet aspect intéressant de la réalité présenté par la mécanique quantique : comme on le sait, Einstein s'y est opposé car il comprenait que tout ce qui arrive devait avoir une cause. explication. En particulier, il devait exister une physique encore inconnue – qu’il appelait “ physique des variables cachées ” – que nous découvririons un jour et qui expliquerait pourquoi la particule apparaît à un endroit plutôt qu’à un autre, les deux étant probables. Or, les inégalités de Bell, dont la violation aurait pu trancher la question, ont fait l’objet d’expérimentations quelque temps après la mort du brillant physicien – expérimentations contraires à l’interprétation standard de la mécanique quantique – et la violation expérimentale de ces inégalités a réfuté l’argument d’Einstein : le hasard est intrinsèque et l’existence d’une telle physique ultérieure de “ variables cachées ” est impossible. L’affirmation d’Albert Einstein est donc réfutée, entendue comme un énoncé physique, c’est-à-dire comme une condition nécessaire à l’existence d’une telle physique. explication physique de tout ce qui arrive. Mais considéré comme un énoncé philosophique – le “ principe de raison suffisante ” selon lequel tout ce qui arrive a explication, Que nous le sachions ou non, c'est une chose avec laquelle il est impossible de nier, puisque le contraire est répugnant à l'esprit lui-même et à la rationalité elle-même, et nous sommes donc contraints de conclure qu'il existe une explication de la réalité matérielle qui dépasse la simple explication physique. 

Il y a donc plus dans la réalité que le simple aspect physique, et cette réalité peut interagir avec elle au point d'expliquer des faits physiques, comme le mouvement de mes muscles. L'explication du fait que mon doigt ait appuyé sur la détente au lieu d'épargner une vie repose sur une réalité intérieure, et non sur la seule réalité physique. On peut y voir une suggestion de l'immatérialité (ou réalité non physique) de l'esprit humain, ou du moins une porte ouverte sur l'indétermination. physique laisse ouverte l'affirmation philosophique Nos actions ne sont pas prédéterminées, mais déterminées par notre libre arbitre, et nous en sommes donc responsables. Cela suggère également que la science n'exclut pas la possibilité que Dieu puisse agir par providence non pas en modifiant les lois de la physique, mais plutôt en s'appuyant sur elles.

Nous nous sommes jusqu'ici concentrés sur la critique de la causalité, mais nous avons constaté que son rejet conduit à un scepticisme radical, même quant à l'existence d'une réalité extérieure, indépendante de nos perceptions (le concept de substance ayant déjà été dissous, comme nous l'avons dit, par George Berkeley, et par conséquent, puisqu'on ne peut parler d'êtres, la causalité ontologique, ou causalité dans l'être, demeure imperceptible. De fait, son discours sur la causalité ne se réfère qu'aux causes physiques). Il est vrai que Hume opte pour un scepticisme qui accepte la réalité extérieure, indépendante de mon être, comme une simple croyance courante, car la position sceptique radicale, incontestable à l'école, lui paraît paralysante et inadaptée à la vie, comme nous l'avons déjà indiqué. Mais outre le fait que toute distinction entre le monde universitaire et la vie doit être catégoriquement niée – si la philosophie veut traiter de la réalité et de la vie –, ce réalisme pragmatique semble difficilement tenable comme position philosophique. De fait, l'héritage de Hume est un scepticisme radical, même s'il prétendait sincèrement ne pas l'avoir voulu. On ne peut s'empêcher de se demander pourquoi il est si incontestable dans le milieu universitaire. Comme le dit Aristote, si le sceptique ne dit rien, il ne cause aucun trouble ; et s'il dit quelque chose, il se réfute lui-même (bien que le sceptique puisse sans doute affirmer quelque chose d'irréfutable : il peut dire : “ Je vais faire ceci ”, sans autre explication, sans autre justification). C'est pourquoi le scepticisme est redoutable, et son héritage aussi : il est à la racine du nihilisme, qui, à son tour, est à la racine du totalitarisme.

Mais le problème avec Hume, c'est qu'il a bel et bien dit quelque chose, puisqu'il est l'auteur de l'ouvrage que nous avons examiné. Par conséquent, la critique d'Aristote peut lui être appliquée, comme à tous les sceptiques : Hume conclut son livre en affirmant qu'il n'existe de connaissance valable que celle qui traite des relations entre les idées, c'est-à-dire l'arithmétique et la géométrie, ou celle qui traite des faits, c'est-à-dire les sciences expérimentales, autrement dit la connaissance des phénomènes par leurs causes, comprise comme l'accumulation d'expériences de la contiguïté des phénomènes. Tout ce qui va au-delà, y compris la morale, relève du sentiment et non de la véritable connaissance. Si, persuadés par ces principes, comme le dit Hume dans sa conclusion, nous devons rejeter tous les traités qui ne traitent ni de géométrie, ni d'arithmétique, ni d'aucune science expérimentale, alors ils ne peuvent contenir que sophismes et tromperies. Prenons donc cet ouvrage. Recherche sur la compréhension humaine Par David Hume. Est-ce une question de chiffres ? Non, aucune formule à trouver. Est-ce une question de faits expérimentaux ? Non, pas un seul graphique à l'horizon. Jetons-le donc au feu, car il ne peut contenir que sophismes et tromperies.

Mais nous avons considéré qu'il contenait les pensées d'une personne et qu'à ce titre, il méritait notre respect et nos commentaires.

L'auteurIgnacio Sols

Université Complutense de Madrid. SCS-Espagne.

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Vocations

Révérend Andrea Bozzolo : “ L’amour a trait à qui nous sommes, et pas seulement à ce que nous ressentons. ”

Dans cet entretien avec Omnes, Andrea Bozzolo, recteur de l'Université pontificale salésienne, explique que lorsqu'on parle de mariage aux jeunes, il est essentiel " de montrer la beauté de l'amour fidèle, afin que l'engagement ne soit pas perçu comme une restriction, mais comme un chemin vers l'épanouissement ".

Paloma López Campos-2 mai 2026-Temps de lecture : 5 minutes

Andrea Bozzolo est le recteur de Université pontificale salésienne. Docteur en littérature classique et en théologie systématique, il participa aux côtés du prêtre Fabio Rosini et le cardinal Kevin Farrell, préfet du dicastère pour les laïcs, la famille et la vie, dans un journée d'étude sur “ le sacrement du mariage, la foi et le monde de l’enseignement ”.

Au cours de son discours, le père Bozzolo a souligné l'importance de s'éloigner d'une perspective qui présente le sacrement de mariage comme un simple contrat, encourageant chacun à approfondir la beauté de cette vocation et à partager avec les jeunes des histoires qui les aident à comprendre ce “ chemin vers l’épanouissement ”.

Après cette journée d'étude, le recteur de l'université a accordé une interview à Omnes dans laquelle il a évoqué la manière de présenter le sacrement du mariage aux jeunes et le rôle des prêtres pour accompagner ceux qui s'engagent sur cette voie.

Comment l'Église peut-elle présenter le mariage comme quelque chose de «décisif» à des jeunes qui considèrent la vérification empirique, la vie commune avant le mariage, comme la seule étape raisonnable avant l'engagement ?

L’Église peut aborder cette question en interprétant ce qu’exprime la cohabitation : le désir de mettre l’amour à l’épreuve. L’essentiel est de montrer que l’amour devient permanent non pas par une épreuve prolongée, mais par une promesse fondée sur une vérité qui dépasse le couple lui-même.

Le mariage est définitif car il reconnaît que l'amour ne se suffit pas à lui-même. Sans cette compréhension, la vie commune risque de rester une expérience temporaire. Il s'agit de révéler que le sacrement n'est pas une étape finale vers la certitude, mais bien l'acte qui rend possible un amour durable.

Comment réhabiliter l'idée que l'amour possède une structure ontologique et n'est pas simplement un contrat émotionnel privé ?

Il est nécessaire de démontrer que l'amour ne se limite pas à ce que l'on ressent, mais qu'il révèle le sens de l'existence. Aimer autrui, c'est non seulement éprouver des émotions, mais aussi répondre à un appel à se donner et à se recevoir de nouveau. Cela renvoie à une structure ontologique : l'amour concerne notre être profond, et non seulement nos sentiments. Pour réaffirmer cette idée, il faut un langage qui relie l'expérience et la vérité, montrant que l'amour implique toujours une promesse, un destin et un mode de vie qui ne sauraient se réduire à un simple accord privé.

Comment expliquer à un couple amoureux qu'aimer Dieu « par-dessus tout » est précisément ce qui protégera leur amour mutuel de l'échec ?

– Aimer Dieu par-dessus tout ne diminue pas le amour Humain ; cela libère des attentes impossibles. Lorsque l’être aimé devient absolu, l’amour s’effondre sous le poids de ce qu’aucun être humain ne peut donner.

Reconnaître Dieu comme la source ultime et la plénitude de l'amour permet d'accueillir chaque époux comme un don, et non comme une garantie de bonheur. Ainsi, la foi préserve l'amour de l'illusion et du ressentiment, l'enracinant dans une promesse qui transcende les deux époux et les soutient.

Dans votre analyse de la Genèse, vous affirmez que l'homme ne découvre son « soi » qu'en relation avec le « tu » de la femme. Dans quelle mesure cette perspective contribue-t-elle à lutter contre la « psychologisation des émotions » qui enferme l'individu dans son propre bien-être psychologique ?

Cette perspective montre que le soi n'est pas une construction intérieure, mais qu'il émerge plutôt de la rencontre. Le “ je ” surgit en relation avec un “ tu ” qui ne peut être réduit à ses propres besoins ou projections.

Cela remet en question la psychologisation des émotions, qui réduit l'amour au seul bien-être subjectif. L'amour devient alors un événement relationnel qui transporte la personne au-delà d'elle-même.

L'identité se découvre, elle ne se construit pas, et cela ouvre la voie à une intégration des émotions dans un horizon plus large de sens et de responsabilité.

Comment présenter la vision chrétienne du mariage sans donner l'impression que l'Église tente de « coloniser » ou de s'approprier l'expérience humaine universelle de l'amour ?

Le point de départ est l’universalité de l’amour humain, reconnu comme intrinsèquement porteur de sens et se dépassant lui-même. L’Église n’impose pas d’interprétation extérieure, mais révèle ce qui est implicite dans l’expérience : son ouverture à une origine et une destinée supérieures. En ce sens, la vision chrétienne ne colonise pas l’amour, mais le sert, l’aidant à reconnaître sa pleine vérité. Le sacrement n’est pas un ajout, mais la reconnaissance explicite d’une présence déjà à l’œuvre dans la relation.

Comment l’accompagnement pastoral peut-il aider les couples mariés à percevoir la mort non comme la fin de leur amour, mais comme l’horizon où leur alliance trouve son sens ultime ?

L’accompagnement pastoral peut aider les couples à comprendre que l’amour porte en lui une promesse qui transcende la mort. L’expérience même d’aimer soulève la question de savoir si ce bien est destiné à durer ou à disparaître. La foi répond que cette promesse n’est pas une illusion, mais qu’elle trouve son accomplissement en Dieu.

L’accompagnement aide les couples à interpréter leur amour dans cet horizon, de sorte que la mort ne soit pas perçue comme sa négation, mais comme l’étape par laquelle leur vérité la plus profonde – la communion fondée sur Dieu – atteint sa plénitude.

Vous affirmez que « l’amour n’est pas simplement un sentiment », mais une plénitude de l’être. Dans une culture qui idolâtre les émotions fugaces, quels outils pédagogiques proposez-vous pour éduquer la volonté sans tomber dans un légalisme rigide ?

L’éducation devrait viser à cultiver le désir, et non à le réprimer. Cela implique d’aider les jeunes à comprendre que la véritable liberté ne réside pas dans l’accumulation d’expériences, mais dans la capacité de choisir un bien qui perdure.

Les récits, les témoignages et les réflexions partagées sur l'expérience vécue sont plus efficaces que les règles abstraites. La volonté se renforce lorsqu'elle est attirée par un mode de vie porteur de sens.

Pour éviter le légalisme, il est nécessaire de montrer la beauté de l'amour fidèle, afin que l'engagement ne soit pas perçu comme une contrainte, mais comme un chemin vers l'épanouissement.

Il constate que la théologie s'est concentrée presque exclusivement sur le « moment du consentement légal » au mariage. Si l'on déplace l'attention vers le « cheminement affectif » qui précède et suit le mariage, comment le rôle du prêtre se redéfinit-il ? Devrait-il cesser d'être un simple « officiant d'un contrat » et devenir un « accompagnateur dans le discernement » d'une histoire déjà habitée par Dieu ?

Si le cheminement émotionnel et relationnel est pris au sérieux, le rôle du prêtre s'élargit. Il n'est plus seulement l'officiant d'un acte légal, mais un guide qui aide à discerner la présence de Dieu, déjà à l'œuvre dans l'histoire du couple. Cela ne diminue en rien l'importance du consentement, mais l'inscrit plutôt dans une démarche de foi plus vaste.

Le prêtre accompagne, interprète et soutient ce cheminement, aidant le couple à reconnaître que leur amour est destiné à devenir une réponse consciente et durable à l'initiative de Dieu.

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Idées

Un philosophe théiste et ‘ le chat ’ discutent des “ preuves scientifiques ” concernant Dieu

Enric F. Gel, alias ‘ Accros à la philosophie ’ sur YouTube, a rencontré Rocío Vidal (‘ Le Chat de Schrödinger ’) à “ Il n’existe pas de méthode inexorable pour parvenir à la conclusion de l’existence de Dieu par un raisonnement proprement scientifique, dans le domaine de la philosophie. ” Tous deux évoquent l’ouvrage de González Hurtado intitulé ‘ Preuves scientifiques ’.

Francisco Otamendi-2 mai 2026-Temps de lecture : 9 minutes

Le livre de José Carlos González Hurtado, ‘ Preuves scientifiques de l'existence de Dieu ’, ainsi que d'autres ouvrages récemment publiés, suscitent des débats dans les médias. 

L'un des débats les plus récents a eu lieu sur les réseaux sociaux, dans une vidéo de ‘ Addicts to Philosophy ’ intitulée ‘ Un philosophe théiste réagit au chat de Schrödinger. Le livre qui prouve l'existence de Dieu ? ’ La question finale est assez révélatrice.

À titre d'exemple, nous incluons une note tirée des conclusions formulées par Rocío Vidal (le chat de Schrödinger) : “ S'ensuit-il inexorablement, comme soutenu au début de la livre (Selon González Hurtado), existe-t-il un Dieu créateur, conscient, omniprésent et fondamentalement bon ? La conclusion est non. Ma conclusion de la première partie est que Dieu demeure avant tout un domaine de la philosophie, et non des sciences.

Le philosophe partage sa thèse

On pourrait croire qu'Enric G. Gel, le philosophe théiste autoproclamé de YouTube, “ réagit ” aux arguments du chat, mais il n'en est rien. L'auteur de ‘ Y a-t-il de la philosophie dans le frigo ? ’ partage l'avis de Rocío Vidal selon lequel “ il n'existe aucun raisonnement inéluctable menant à l'existence de Dieu, aucune démonstration scientifique rigoureuse de son existence ”.

“ Nous sommes dans le domaine de la philosophie, et ici, je plains ceux qui recherchent la certitude cartésienne. Mais nous n'avons aucune preuve irréfutable, ni de cela ni de quoi que ce soit d'autre, sur aucun sujet ”, ajoute-t-il.

Il semble que le philosophe Enric, dans cette vidéo de 26 minutes et 57 secondes, pose des limites aux arguments théistes et au passage de ’ il existe une cause à l'univers ” à “ cette cause est Dieu ”. “ Toute raison que l'on pourrait donner en faveur de cette étape serait philosophique, et en philosophie, nous sommes loin du domaine de la preuve irréfutable ”, dit-il à la fin.

Le théisme est généralement compris comme la croyance qui affirme l'existence d'un être suprême, un être qui a créé l'univers.

Deux prémisses : le respect des personnes

Avant de rassembler certains arguments, il convient de noter qu'Enric révèle dans la vidéo qu'il croit en Dieu, contrairement à Rocío, le chat de Schrödinger. 

Le deuxième point concerne le respect. “ Évitons tout commentaire insultant ou offensant envers qui que ce soit, et en particulier envers Rocío. Personnellement, je ne lui en veux pas ; bien au contraire ”, déclare Enric F. Gel.

“ Démontrons cette conviction que je m'efforce tant de promouvoir sur cette chaîne ”, ajoute-t-il. « En philosophie, des personnes tout aussi intelligentes, raisonnables, honnêtes et informées peuvent être en désaccord sur presque tous les sujets, et c'est parfaitement normal. ». 

“ La question de l’existence de Dieu est débattue par les philosophes depuis des siècles : elle n’est ni close ni ne le sera dans un avenir proche. Par conséquent, le fait que quelqu’un pense différemment de vous ne signifie pas qu’il est incapable de penser. ”.

Un aspect très positif de la vidéo de Rocío, note Enric, est qu'“ elle encadre correctement la discussion dans la sphère philosophique, s'éloignant de ce scientisme qui exige que tout, sans exception, passe par le tamis de la méthode scientifique.

Rocío le confirme : “ J’ai toujours été très critique envers le scientisme, qui considère que la méthode scientifique est le seul moyen de connaître la réalité. C’est pourquoi j’étudie la philosophie. ”.

“ Il existe de nombreux types différents de théisme et d'athéisme. ” 

L’analyse, dont seuls certains aspects sont présentés, part de “ deux points de désaccord mineurs, très mineurs. Premièrement, l’athéisme comme absence de croyance en Dieu ”, explique Enric.

Rocío critique les arguments de González Hurtado : “ Premièrement, il qualifie constamment l’athéisme d’idéologie ou de foi. C’est un point essentiel à souligner, car l’athéisme n’est ni un mouvement, ni une idéologie, ni un militantisme. En réalité, l’idée même d’athéisme comme foi est un oxymore, puisque l’athéisme serait, au contraire, une absence de croyance. Or, l’absence de croyance ne peut être la foi ; elle est l’absence de foi. ».

Enric partage cet avis : “ Rocío a raison de dire que parler de l’athéisme comme d’un mouvement unifié est complexe, et il en va de même pour le théisme. Nous pouvons le faire pour nous comprendre, mais sans perdre de vue qu’il existe de nombreuses formes différentes de théisme et d’athéisme. ”. 

Athéisme : absence de croyance en Dieu ou déni de l’existence de Dieu ?

Cependant, Enric souligne que “ le point que je remettrais en question est de traiter l’athéisme comme un manque de croyance en Dieu, comme le dit Rocío.

Il est vrai que dans certains milieux, l'athéisme a tendance à être défini ainsi, mais je préfère personnellement le considérer simplement comme le refus de l'existence de Dieu. De manière générale, malgré quelques exceptions, la philosophie a eu tendance à appréhender l'athéisme comme la position qui nie l'existence de Dieu. 

Deuxièmement, définir l'athéisme comme l'absence de croyance en Dieu, à mon avis, conduit facilement à la confusion en regroupant deux attitudes très différentes sous une même bannière. 

Trois réponses possibles à la question « Dieu existe-t-il ? » : oui, non et je ne sais pas.

Ceux qui nient catégoriquement l'existence de Dieu et ceux qui haussent les épaules et disent ne pas savoir s'il existe, tous deux sont dépourvus de croyance en Dieu. Pour ceux qui haussent les épaules, nous disposons déjà d'un terme assez répandu : agnostique.

Il semble donc préférable et plus utile de réserver le terme “ athée ” au premier, à celui qui nie directement l'existence de Dieu.

En fait, cela semble aussi être l'usage le plus naturel, car, puisqu'il y a trois réponses possibles à la question “ Dieu existe-t-il ? ” (oui, non et je ne sais pas), la triade théiste, athée et agnostique paraît la plus juste. Mais, comme je l'ai dit, c'est un détail mineur qui se résume à une simple divergence dans l'utilisation des mots. Si quelqu'un préfère une autre définition de l'athéisme, ce n'est pas un problème majeur. 

L'argument cosmologique de Kalam

La version Kalam de l'argument cosmologique est analysée dans la vidéo ‘ Accros à la philosophie ’.

Rocío : “ Nous allons fonder notre argumentation sur le plan cosmologique. » Kalam, qui est actuellement, je crois, la plus répandue, et dont les prémisses sont les suivantes : tout ce qui commence à exister a une cause. L’univers a commencé à exister, donc l’univers a une cause et cette cause ne peut être que Dieu.

Enric : “ Au fait, excusez-moi pour cette digression, une critique très courante que Rocío ne formule pas est de demander : ‘ Eh bien, si tout a une cause, quelle est la cause de Dieu ? ’.

Mais remarquez que cette objection tombe dans le piège de l'homme de paille, car l'argument n'affirme jamais que tout a nécessairement une cause. Il affirme simplement que tout ce qui commence à exister a une cause. Puisque Dieu, par hypothèse, ne commence pas à exister, ce principe causal ne s'applique pas à lui. 

Dieu est-il la cause première ? 

Rosée: "Cet argument logique est très intéressant, mais il nécessite l'analyse des prémisses et de la conclusion. Nous analyserons la prémisse selon laquelle l'univers a commencé à exister — c'est-à-dire qu'il y a eu une création — dans la section suivante.  

Mais même dans ce cas, nous parlons ici du fait qu'il doit y avoir une cause première et une cause incausée.  

“ Quelque chose ou quelqu’un a forcément créé l’univers, puisque tout ce qui commence à exister a besoin d’une cause et qu’il faut bien désigner quelque part, et ce lieu ne peut être qu’une entité éternelle, nécessaire et créatrice, donc Dieu. ». 

Comme je l'ai déjà dit, c'est un débat philosophique fascinant, n'est-ce pas ? Car tout a une cause, sauf Dieu. Mais nous devons aussi, en réalité, atteindre Dieu. 

Position athée sur ce que pourrait être la cause incausée de l'univers

“ Ce que défend la position athée, pour ainsi dire, c’est : pourquoi ne pas arrêter l’univers ? Pourquoi ne pas laisser l’univers être cette cause incausée ? ” demande Rocío.

“ Le passage logique à l’idée d’un Dieu créateur – éternel, personnel et bon – est un passage qui ne peut être prouvé scientifiquement. Il est inconnaissable, fascinant à débattre, mais ne constitue pas une preuve irréfutable. Nous avons encore beaucoup à apprendre sur les lois de la physique, notamment celles de la mécanique quantique. ». 

Par conséquent, cette cause inexpliquée de l'univers pourrait être une loi physique, un état quantique, quelque chose que nous ignorons, Dieu… Toutes les hypothèses sont envisageables et nous ne pouvons que nous placer dans le domaine du doute.

Le passage de “ Il existe une cause à l’univers ” à “ Cette cause est Dieu ”

On pourrait penser que le philosophe théiste pourrait nuancer cet argument. Mais Enric déclare : ” Encore une fois, je suis entièrement d’accord avec beaucoup de choses ici. Le passage de “Il existe une cause à l’univers“ à ”Cette cause est Dieu“ est connu dans la littérature comme le ”problème du hiatus‘. Et c’est une question très débattue qui, bien sûr, ne peut être prouvée scientifiquement. ’. 

“ Toute raison invoquée en faveur de cette mesure serait d'ordre philosophique, et en philosophie, nous sommes loin d'atteindre le domaine de la preuve irréfutable. À mon avis, les hypothèses naturalistes de la cause première ont leur place, et chacun doit juger de leur caractère convaincant par son propre esprit critique. ”.

Position théiste : la cause première possède également des attributs personnels

Ce qui est courant ici, du côté théiste, c'est de combiner l'argument cosmologique, qui ne mènerait qu'à une première cause incausée et nécessaire, avec d'autres arguments tels que l'argument du réglage fin ou l'argument moral qui permettraient de rendre raisonnable l'hypothèse selon laquelle cette première cause possède également des attributs personnels tels que l'intelligence ou la bonté. 

” Encore une fois, des preuves irréfutables ? Aucune, mais ils ne prétendent pas en avoir, du moins pas au niveau académique », ajoute Enric.

José Carlos Gonzalez-Hurtado, auteur de « Nouvelles preuves scientifiques de l'existence de Dieu ».

González Hurtado : ‘ Le Big Bang fut le moment de la création de l'univers. ’

Pour mieux comprendre les réflexions du philosophe et du chat sur le Big Bang, il sera utile de connaître les propos de José Carlos González Hurtado dans son ouvrage ‘ Preuves scientifiques de l'existence de Dieu ’. En bref, plus nous en savons sur le Big Bang, plus nous comprenons mieux les implications de cette théorie. Big Bang (Big Bang), plus les gens croient en Dieu, écrit-il.

En effet, González Hurtado déclare :

“ Le Big Bang fut le moment de la création de l'univers, qui s'est produit, avec une certitude absolue, il y a 13,7 milliards d'années. (...) “ L'univers a donc lui aussi eu un commencement – le Big Bang – et cela place les scientifiques athées et les non-scientifiques dans une situation délicate. ”.

“ Car s’il y a un commencement, il doit aussi y avoir un Commencement. S’il y a eu création, un Créateur est également nécessaire ”, poursuit l’auteur de ‘ Preuves scientifiques ’. “ Nous devons considérer que non seulement toute la matière de l’univers a été créée à ce moment-là, mais que le temps lui-même a commencé avec le Big Bang. », Autrement dit, il n'y avait pas d'“ avant ” le Big Bang. Ceci nous amène à concevoir un être intemporel, omnipotent, immatériel et intelligent, tel que le créateur du Big Bang. C'est ce que nous appelons Dieu. 

Rocío : “ Nous ne pouvons pas l’accepter comme preuve scientifique ”

« Mais il y a un autre problème important qui nous amène au deuxième argument central, je crois, du livre, n'est-ce pas ? ” (de González Hurtado), cite Rocio dans la vidéo d'Enric.

“ Le Big Bang est une preuve scientifique, et il prouve qu'il y a eu un moment de création. ”.  

Le livre (de GH) développe longuement l'histoire de Georges Lemaître, qui était finalement un prêtre catholique et qui fut donc le principal concepteur de la théorie du Big Bang, laquelle, selon les arguments de l'auteur, démontrerait, comme je le disais, ce moment de la création. 

” Ce postulat logique n'est pas entièrement prouvé ; c'est l'une des hypothèses utilisées en science », explique Rocío. 

En réalité, les preuves concernant le Big Bang montrent que l'univers a traversé une période de forte densité de matière, mais pas une création à proprement parler. Nous savons qu'il y a eu une expansion considérable après un moment primordial. Avec les outils dont nous disposons actuellement, nous ne pouvons pas savoir ce qui existait avant cette grande expansion. Ceci nous amène à plusieurs hypothèses. L'une d'elles est celle de la création absolue, et c'est là qu'intervient l'argument de l'auteur concernant l'existence d'un créateur. 

Enric : “ Le Big Bang ne conduit pas nécessairement à un commencement absolu dans le temps. ”

“ Vous allez me dire que je suis toujours d’accord avec elle, mais non, ne vous inquiétez pas, nous avons rapidement atteint un point de désaccord (…). Mais sur ce point, j’ai toujours dit que le Big Bang ne me semble pas nécessairement conduire à un commencement absolu dans le temps ”, dit Enric.

“ Je pense que c’est compatible avec différents modèles d’un univers éternel. Et je tiens à être prudent car, eh bien, je suis conscient qu’il y a beaucoup de discussions à ce sujet et, au final, je n’ai pas les compétences pour faire autorité sur ce qui suit ou ne suit pas le Big Bang, mais d’après ce que j’ai pu lire, entendre, etc., c’est l’impression que j’ai : il n’y a pas d’étape aussi évidente, automatique et nécessaire entre le Big Bang et le commencement absolu du temps. ”. 

“ Je pense que c’est une erreur de considérer le Big Bang comme le commencement absolu de l’univers. (…) Je crois, bien sûr, que le Big Bang est compatible avec l’idée qu’il représente un commencement temporel absolu, mais je ne pense pas qu’il faille nécessairement l’interpréter ainsi. ». 

Certains auteurs

Dans son analyse, Enric cite quelques auteurs qu'il peut être utile de consulter. Par exemple, David Oderberg. 

Quoi qu'il en soit, ajoute-t-il, “ si vous souhaitez approfondir une argumentation cosmologique différente de celle de Kalam et qui est également très intéressante, je vous recommande ce livre intitulé « Comment la raison peut mener à Dieu » de Joshua Rasmusen, traduit par lui-même.

Pour information, l'IA rappelle que l'Église affirme explicitement que les êtres humains peuvent connaître l'existence de Dieu par la raison naturelle, fondée sur les choses créées. Elle précise également que, selon Benoît XVI, la raison peut s'ouvrir à Dieu, mais qu'elle doit être élargie (et non réduite à la méthode scientifique). Ce sujet est abordé dans la vidéo.

L'auteurFrancisco Otamendi

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Actualités

L'Opus Dei se concentre sur son centenaire : « Ce ne sera pas une simple célébration de plus. »

En octobre prochain, l’institution fondée par saint Josémaria Escrivá entamera, avec une plus grande intensité, la préparation de son premier centenaire, en mettant l’accent sur le fait d’être « contemplatifs au milieu du monde ».

Maria José Atienza-1er mai 2026-Temps de lecture : 3 minutes

L'Opus Dei a lancé un courte vidéo “ nous tourner vers le prochain centenaire de l’Opus Dei, qui fêtera ses 100 premiers ans le 2 octobre 2028. ”.

“ Nous voulons renouveler notre désir de servir Dieu, l’Église et la société pendant les 500 jours allant du 2 octobre 2028 au 14 février 2030 ”, souligne cette vidéo, car, bien que le fondateur de l’Opus Dei ait “ vu ” l’Œuvre sur 2 octobre 1928, Selon certaines études spirituelles, le début du travail avec les femmes remonte au 14 février 1930. 

Trois principes directeurs : la contemplation, l’amitié et le travail

Comme l'avait précédemment déclaré le prélat de l'Opus Dei, Monseigneur. Fernando Ocárizdans son lettre du 19 mars 2026, Durant les années 2027, 2028 et la première année du centenaire, les fidèles de l’Opus Dei se concentreront sur trois aspects essentiels de leur vocation : la contemplation au cœur du monde, l’apostolat de l’amitié et le travail comme moyen de sanctification. “ Trois enseignements fondamentaux de saint Josémaria, animés par le désir de mieux servir notre prochain, l’Église et la société tout entière ”, a souligné Ocáriz dans son message.

Ainsi, en octobre prochain, la contemplation au sein du monde sera au centre des prières, du travail et de l'examen de conscience, aussi bien pour tous ceux qui forment l'Opus Dei que pour ceux qui participent à son œuvre apostolique.

“ Nous entamons ce mois d’octobre en cultivant la contemplation au cœur du monde, afin de découvrir le divin caché dans les réalités les plus communes du travail, de la famille et de la vie civique. L’année prochaine, nous poursuivrons notre réflexion sur la valeur de l’amitié, en nous efforçant d’être le Christ qui passe et de découvrir le Christ en autrui, car c’est dans ces liens que nous partageons l’Évangile de cœur à cœur. Et durant le centenaire, nous réfléchirons au travail comme lieu où, unis à Dieu, nous inspirons la transformation du monde selon le cœur de Jésus. Un travail sanctifiant, nous sanctifiant nous-mêmes par le travail, sanctifiant les autres par le travail. ”.

Ces thèmes ont émergé comme une synthèse de tous les messages reçus à la suite de Assemblées régionales qui, pendant un an, a réuni plusieurs milliers de personnes dans près de 70 pays pour préparer ce centenaire. 

Gratitude, excuses et unité

“ Outre l’approfondissement de notre compréhension et la réflexion, nous célébrerons tous ceux qui nous ont amenés jusqu’ici et tous ceux qui viendront après nous, en rendant grâce à Dieu pour les dons reçus et pour tout ce que nous continuons d’apprendre ”, souligne l’Opus Dei dans cette vidéo. 

Nous vous remercions et nous vous présentons nos excuses pour “ ne pas avoir pu prévoir et résoudre chaque détail, mais nous continuons à travailler et à être ensemble ”. 

L’appel à l’unité des membres de l’Opus Dei et de l’Opus Dei avec l’Église et le Pontife romain a été une constante au cours de ces années. 

Les nouveaux statuts, encore non confirmés

Depuis l'entrée en vigueur du Motu Proprio Ad charisma tuendum (2022) et la réforme du droit canonique de 2023, l’Opus Dei se trouve dans une période d’adaptation et de redéfinition de son “ adéquation juridique ”. 

Actuellement, le statuts Les détails finaux sont encore à l'étude et à l'évaluation par le Saint-Siège à la suite du Congrès général de 2025 qui a donné lieu à la proposition de la prélature.

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Éducation

Les notes d'une véritable éducation dans la foi 

En octobre 1969, le numéro 50 de la revue Palabra publiait un long article de Dietrich Von Hildebrand sur l'éducation. Nous reproduisons ici ce texte, dont certaines propositions restent pertinentes aujourd'hui.

Dietrich von Hildebrand-1er mai 2026-Temps de lecture : 16 minutes

Si nous voulons révéler la véritable nature de l'enseignement religieux, il est essentiel de dénoncer les erreurs qui y règnent. Nous devons réfuter les slogans qui sèment la confusion chez nombre de fidèles et de dévots, car ils ne saisissent pas leur caractère hérétique ni leur incompatibilité avec la véritable foi chrétienne. Quatre erreurs gagnent du terrain dans la prétendue “ réforme ” de l'enseignement religieux. Examinons-les brièvement.

I. LE MYTHE DE “ L’HOMME MODERNE ”

La première erreur est le mythe de “ l’homme moderne ”, qui proclame un changement radical de la nature humaine à notre époque. On prétend que l’homme a changé si radicalement qu’on ne peut plus s’attendre à ce qu’il aborde l’Église de la même manière qu’il y a deux mille ans. Parce qu’il vit désormais dans un monde industrialisé, on croit qu’il a subi une transformation totale ; il est de plus en plus capable de dominer le monde grâce au progrès technologique. Et cela, soi-disant, fait de lui un être différent.

Le mythe de “ l'homme moderne ” a été inventé par quelques sociologues, mais malheureusement, beaucoup l'ont accepté comme une vérité simple et indéniable. Certes, la vie extérieure a beaucoup changé, mais l'homme lui-même est resté le même. Les principes du bonheur sont les mêmes qu'auparavant : l'amour, le mariage, la famille, l'amitié, la beauté, la vérité et, par-dessus tout, la paix intérieure, une bonne conscience. Ses ennemis moraux sont les mêmes qu'autrefois : l'orgueil, la luxure et ses fruits, les passions viles, l'ambition démesurée, l'envie, la soif aveugle de pouvoir, l'avarice, la cupidité, etc. On peut en dire autant des vertus morales, dont il est tenu de pratiquer : la justice, l'intégrité, la pureté, la générosité, l'humilité, la charité. L'homme a aujourd'hui la même condition qu'hier, les mêmes capacités d'intelligence, de connaissance et de libre arbitre, le même cœur capable de joie et de souffrance, le même destin. Son besoin de rédemption est toujours aussi vif. Les paroles de saint Augustin s'appliquent à lui tout autant qu'auparavant : “ Tu nous as faits pour toi, Seigneur, et notre cœur est sans repos tant qu'il n'a pas trouvé en toi le repos. ”.

En réalité, sur quelles sources les sociologues s'appuient-ils pour affirmer que l'homme moderne a radicalement changé ? Sur quoi fondent-ils l'existence de cet “ homme moderne ” ? Ont-ils mené des tests, des enquêtes, et demandé à chaque homme s'il était un “ homme moderne ”, avec des besoins entièrement différents, auquel les mêmes normes morales ne s'appliquent plus ? Et comment ceux qui proclament simultanément que toute connaissance est limitée par le temps peuvent-ils supposer que leurs thèses sur “ l'homme moderne ” ne seront pas tournées en ridicule dans cinquante ans ?

a) La nature de l'homme ne change pas

En réalité, la nature humaine n'a pas changé au cours de l'histoire. Il suffit de lire les dialogues de Platon ou d'Hérodote pour constater que l'humanité demeure la même dans sa structure fondamentale. Un seul changement radical a marqué l'histoire : la venue du Christ, la Rédemption de l'humanité par sa mort sur la croix et le don de la vie de grâce par le baptême. Ainsi, par leur vocation à la sainteté, chaque personne est appelée à opérer en elle cette transformation.

Malgré l'identité fondamentale de la nature humaine à travers l'histoire, il existe bien sûr des différences significatives entre les individus quant à leur mentalité, leur sens moral et leurs exigences intellectuelles. Mais ces différences existent à toutes les époques. L'idée d'une transformation complète de l'humanité est donc un mythe, non seulement parce que la nature humaine n'a pas fondamentalement changé, mais aussi parce que le concept même d'“ homme moderne ” est un mythe – comme si tous les êtres humains, à une époque donnée, partageaient la même mentalité et la même structure ! C'est une affirmation totalement arbitraire, sans aucun fondement scientifique. En réalité, les différences de mentalité au sein d'une même époque sont encore plus marquées que les contrastes entre différentes époques.

b) Une influence fatale

Ce mythe de “ l'homme moderne ” a une influence néfaste sur l'éducation, et notamment sur l'éducation religieuse. Trop d'éducateurs religieux pensent qu'il faut dispenser à l'enfant d'aujourd'hui une éducation religieuse radicalement différente. Ils présument que l'éducation religieuse d'autrefois ne peut être bénéfique aujourd'hui, non pas parce qu'elle comportait des lacunes, mais parce qu'elle s'adressait à un “ jeune qui n'existe plus ”. Ils supposent que les méthodes pédagogiques, voire le contenu même de l'enseignement, doivent être adaptés à cet être mythique, à “ l'homme moderne ”. Ils oublient de reconnaître l'égalité fondamentale de la nature humaine à travers tous les âges, y compris l'identité de la jeunesse. Les êtres humains ont toujours éprouvé les mêmes besoins spirituels, les mêmes dangers du cœur ou de l'illusion, la même immaturité à la puberté, les mêmes désirs charnels et la même soif de Dieu au sein de l'âme chrétienne. La nature humaine est toujours encline à la même rébellion contre l'autorité, d'une part, et toujours aussi vulnérable aux faux maîtres, d'autre part. Au plus profond de son âme, l'homme nourrit toujours le même besoin et la même soif d'être guidé par une autorité véritable. Au lieu de voir cela, ces éducateurs succombent à l'illusion d'une “ jeunesse moderne ” qu'on ne pourrait atteindre, semble-t-il, que par une éducation religieuse d'un genre entièrement nouveau. Mais le pire, c'est que ce mythe les amène à croire qu'il faut changer non seulement les méthodes, mais aussi le contenu même de l'éducation religieuse… Autrement dit, la vérité religieuse elle-même doit être adaptée à cette mentalité moderne. Une telle attitude conduit inévitablement au vide de la foi, à la destruction de la vérité révélée et de la doctrine de l'Église, et à la substitution du prétendu esprit du temps, ce qui est une contradiction.

II. EXPÉRIMENTATION

La seconde erreur fondamentale réside dans la croyance que le moyen le plus efficace de guider les jeunes vers une vie religieuse vivante, et non formaliste, passe par l'expérimentation. Derrière cette notion d'expérimentation, ou de “ bienfait des sciences naturelles ”, se cache la croyance naïve que la seule méthode permettant d'atteindre la certitude dans la connaissance est le laboratoire ; que la “ perspective expérimentale ” ne peut donner de résultats que dans certains domaines, et que son utilisation dans d'autres est l'incarnation même de la méthode non scientifique. Il est absurde – et absolument impossible – d'utiliser la méthode expérimentale dans les domaines spirituels tels que la morale, la religion, le mariage et l'amour ; et dans les matières intellectuelles telles que la logique, l'ontologie et les mathématiques. Dans tous ces domaines, la seule façon d'obtenir une connaissance certaine est par une méthode complètement différente. Ce sont là des sujets où il faut acquérir une connaissance intuitive, des preuves authentiques. Pour tous ces sujets, les expériences sont inutiles. Personne ne dirait : « Nous devons faire des expériences pour découvrir que 2 et 2 font 4 », ou pour découvrir le principe de contradiction.

Mais l'expérimentation dans certains de ces domaines ne saurait être écartée simplement parce qu'elle est inutile, inapplicable et stérile – autrement dit, pour des raisons épistémologiques dans certains cas. Elle doit également être rejetée parce qu'elle est immorale, incompatible avec le respect que certaines choses exigent, ou avec la nature même de l'être. L'expérimentation suppose la possibilité de contrôler et de répéter un événement dans les mêmes circonstances. Or, il existe de nombreux domaines où les mêmes circonstances ne peuvent être reproduites lors de tentatives successives, et où soumettre quelque chose à l'épreuve contredit sa nature même. Imaginons qu'un homme dise : “ Menons des expériences sur la contrition : vous devez d'abord commettre un vol, puis un adultère, et nous observerons ensuite si votre contrition présente les mêmes caractéristiques dans les deux cas. “ L'immoralité d'une telle proposition devrait être évidente pour quiconque de sensé. Non seulement la gravité de tout péché interdit toute investigation expérimentale, mais il est également impossible de faire du péché un objet d'expérimentation. Ni l'observation par autrui ni l'auto-observation ne sauraient aboutir à un résultat digne d'intérêt, car la véritable contrition est dirigée vers Dieu et repose sur la reconnaissance de notre offense. Dès lors que j'en fais une ” expérience » ou que je cesse de l'envisager avec une attitude neutre, presque de laboratoire, elle cesse d'être de la contrition.

Ce genre d’expérimentation, terrible et vide de sens, n’est rien d’autre qu’une manœuvre trompeuse du type de celles que l’on trouve dans les travaux de Masters et Johnson, où les rapports sexuels deviennent l’objet d’une étude en laboratoire.

Nous connaissons tous l'enthousiasme avec lequel beaucoup défendent l'expérimentation dans les domaines de la liturgie et de l'enseignement religieux. L'expérimentation est perçue comme un remède au conventionnalisme éducatif qui s'est indéniablement répandu ces derniers temps. Elle est présentée comme une méthode réaliste : elle nous met en contact direct avec la réalité, substitue les faits aux théories et nous permet d'appréhender la réalité dans toute sa plénitude et sa diversité. Mais cette tendance même à croire que l'expérimentation est le seul moyen d'entrer en contact direct avec la réalité relève de la pure théorie, et de surcroît, de l'erreur. Elle transforme la vie, la plénitude de l'être, avec toute sa saveur, sa richesse et sa beauté, en un simple laboratoire.

Pour connaître la meilleure méthode d'éducation religieuse, il est indispensable de se pencher sur la réalité. Mais cette attention s'oppose non seulement aux théories abstraites, mais aussi, au même titre, à l'expérimentation. Se pencher sur la réalité, dans ce contexte, signifie, d'une part, une analyse approfondie de la nature de la religion et, d'autre part, une analyse de la manière appropriée de transmettre la vérité religieuse aux âmes. Cette seconde tâche exige une analyse de l'âme humaine en général et de la nature de chaque jeune en particulier. L'essentiel ici est une attitude de respect, une vénération qui est le fondement de la véritable philosophie. Cela présuppose cette attitude ainsi que le désir de comprendre les éléments intelligibles de l'être. Sans un véritable respect, nous ne pouvons atteindre une compréhension plus profonde des vérités ni découvrir les causes des échecs passés. De telles vérités ne peuvent être saisies que par cette attitude de respect et de compréhension, et jamais par cette approche neutre et mécanique.

Il est fondamentalement immoral de faire de l'âme des enfants un objet d'expérimentation concernant la seule chose nécessaire, la question fondamentale de la foi : l'union avec le Christ. Cette approche compromet ab ovo Toute véritable éducation religieuse est une sorte de vivisection spirituelle, une abomination aux yeux de Dieu.

III. HÉBERGEMENT

La troisième erreur fondamentale réside dans le concept erroné de “ revitalisation ”. Les nouveaux pédagogues affirment que la religion ne devrait pas être une notion abstraite pour les jeunes, détachée de leur quotidien, un sujet qu'ils abordent à l'église mais oublient aussitôt après ; quelque chose de si étrange, de si éthéré, qu'ils ne s'y sentent jamais à l'aise, qu'ils ne parviennent jamais à apprivoiser. Mais cela ne signifie pas pour autant que nous devions nous prendre pour des réformateurs. Nous devons présenter la religion d'une manière qui s'intègre au quotidien des jeunes, qui en fasse partie intégrante du monde dans lequel ils évoluent. Nous devons adapter le contenu religieux à notre époque, à la mentalité de notre temps, afin que les jeunes puissent l'accepter facilement. Les enseignements religieux doivent être associés à des activités divertissantes et stimulantes.

De même, affirment-ils, le culte doit être adapté. La messe devrait être célébrée au son du jazz et du rock and roll afin que les jeunes s'y sentent à l'aise. Ils percevront alors le culte non comme une simple obligation ennuyeuse, mais comme une expérience joyeuse et vivante. Comme je l'ai souligné dans mon livre, *Le Cheval de Troie dans l'Église*, cette idée d'une “ religion vivante ” révèle une ignorance totale de la nature de la religion et de la révélation chrétienne. Elle n'entraîne pas la revitalisation, mais l'enterrement de la religion. La véritable revitalisation de la religion consiste précisément en son contraire.

Sans aucun doute, le problème d'une religion simplement “ conventionnelle ” était répandu durant les cinquante années précédant le concile Vatican II. Par religion conventionnelle, j'entends celle où l'on considère sa relation avec le Christ et l'Église comme une simple obligation légale, au même titre que l'État dont on est citoyen. On est catholique parce qu'on est né catholique et qu'on appartient à l'Église, comme on appartient à sa famille et à son pays. On remplit les obligations qui en découlent : on va à l'église régulièrement, comme si c'était un devoir ; on assiste à la messe le dimanche et, au moins une fois par an, on se confesse et on communie. On se marie à l'église et, en cas de séparation, on ne se remarie pas.

Cette forme de religion est considérée comme une composante normale de la vie conventionnelle, une chose qui s'intègre à son mode de vie. Ces personnes n'éprouvent aucun désir d'intérioriser la religion dans laquelle elles sont nées. Elles ne rencontrent jamais véritablement le Christ. Elles ne prennent jamais conscience du besoin de rédemption de l'humanité ; elles ne comprennent jamais que le Christ nous a rachetés. Elles ne font jamais l'expérience du monde de Dieu, un monde absolu, nouveau et sacré. Elles sont dépourvues du regard spirituel nécessaire pour percevoir la réalité surnaturelle qui nous est révélée dans la sainte humanité du Christ. Cette personne religieuse conventionnelle n'a pas saisi un aspect fondamental de l'Église : elle a engendré d'innombrables saints, chacun étant une preuve incontestable de la rédemption du monde par le Christ. Elles n'ont jamais vu dans le saint un exemple éclatant du but même de nos vies, de la raison même de notre existence : glorifier Dieu par notre transformation en Christ, devenir une nouvelle créature en Christ.

Dès que nous saisissons la véritable nature de la religion vivante et existentielle – véritable antithèse d'une religion simplement conventionnelle –, nous comprenons aisément que tenter d'obscurcir la différence entre le naturel et le surnaturel revient précisément à dépouiller la religion de son essence et à compromettre toute possibilité d'épanouissement intérieur authentique. Les erreurs du passé tenaient à une présentation abstraite et conceptuelle des vérités religieuses. La réalité saisissante du surnaturel et sa différence radicale avec le naturel n'ont jamais été présentées de manière à offrir à l'étudiant une conscience vivante et intuitive des réalités profondes qui se présentaient à lui.

La foi est donc devenue conventionnelle parce que personne ne préparait suffisamment l'âme des enfants à la rencontre avec la beauté et la gloire infinies de la Révélation du Christ ; personne ne développait suffisamment leur sens du sacré, la beauté intrinsèque de la sainteté, pour qu'ils perçoivent le gouffre qui sépare la sainteté de la simple efficacité ; personne ne leur révélait suffisamment la différence entre tout bonheur humain et le bonheur que seul Dieu peut répandre dans l'âme de tous ceux qui croient en Lui et L'aiment, un bonheur qui peut être présent et goûté même dans cette vie terrestre.

Une ironie amère

Et quelle ironie amère nous constatons aujourd'hui : ce qui était autrefois négligé, considéré comme une forme de léthargie bureaucratique, est précisément ce que certains recherchent aujourd'hui de manière systématique, explicite et consciente : l'obscurcissement de la distinction entre le sacré et le profane, la suppression du sens du surnaturel. Et cela se fait sous couvert de déconventionnaliser la foi et de la rendre vivante. C'est un remède étrange qui tente de combattre le mal en engendrant une plus grande abondance. Il ne s'agit là que d'une immunisation par inoculation. Le “ remède ” de la laïcité est prescrit par ces éducateurs qui ont perdu la vraie foi. Ils ne comprennent plus le surnaturel ni l'âme de l'homme : celle vers laquelle Dieu appelle et vers laquelle l'homme est irrésistiblement attiré, et celle vers laquelle les plaisirs terrestres attirent, l'esprit du monde. Ce sont là les antithèses auxquelles les modernes opposent l'enseignement religieux. Ils ne se demandent jamais pourquoi les jeunes sont attirés : sont-ils attirés par le monde authentique du Christ ? Ou bien est-ce que ce qui leur est offert a été adapté à l'environnement et à l'esprit qui les entourent, dans un monde dénaturé et déshumanisé qui, naturellement, a son propre attrait, au point que le contenu de la religion est complètement falsifié ?

IV. UN CROQUIS LAÏQUE

Ceci nous amène à une quatrième erreur. Dans leur empressement à faire de l’enseignement religieux une réussite, les “ nouveaux éducateurs ” oublient la véritable nature du succès, qui est pourtant la seule chose qui compte. Ils se contentent de l’efficacité des moyens employés, même s’ils sont en totale contradiction avec la fin véritable. Ils pervertissent le sens et la finalité authentiques de l’enseignement religieux, qui consistent uniquement à transmettre les enseignements de l’Église, à semer en chacun une foi profonde et inébranlable, et à faire naître en soi l’amour du Christ, un profond désir de le suivre et la volonté de vivre selon les commandements de Dieu.

Ces éducateurs se félicitent du succès éclatant de leur “ nouvelle approche ” de l’instruction religieuse ; ils ne semblent pas comprendre que l’attrait de leur méthode repose sur le rejet, de leur part, des vérités et réalités surnaturelles mêmes qu’ils prétendaient transmettre. Leur “ succès ” est alors comparable à celui du chirurgien qui se vante : “ L’opération a été un succès éclatant, mais le patient est mort. ” Ainsi, la fin qu’ils visaient, le but même de l’opération, est sacrifié à la gloire de l’intervention. La foi de tout jeune ayant subi ce traitement malheureux n’est plus la véritable foi chrétienne. Un credo sécularisé et humaniste, dépourvu des caractéristiques fondamentales de la Révélation du Christ, a été inculqué dans leur esprit. Ils ne croient plus au péché originel, à la nécessité de la rédemption, au fait que nous avons été rachetés par la mort du Christ sur la Croix. Ils ne croient plus à l’essentiel : notre transformation en Christ, notre relation personnelle d’amour avec lui. Ils ignorent tout de la véritable charité qui ne peut naître que dans le cœur de celui qui aime Dieu par-dessus tout, Dieu tel qu'il s'est révélé en Christ. Leur compréhension de la foi exclut la contrition, l'horreur du péché et la glorieuse union surnaturelle de tous les membres du Corps mystique du Christ.

À quoi sert l'instruction religieuse, quelle légitimité a-t-elle à exister si elle conduit à une doctrine plus proche du New York Times que de l'Évangile et du dépôt de la foi ? Qu'importe, dès lors, que tant de jeunes soient attirés par cet enseignement religieux ? Pourquoi sont-ils séduits par ce pseudo-enseignement religieux ? Qu'y a-t-il de si particulier dans ce pseudo-catholicisme pour qu'il soit si facilement et si joyeusement accepté par les jeunes, au point qu'ils “ coopèrent ” sans difficulté avec le professeur ? Ce succès est, en réalité, un succès illusoire. Il peut certes satisfaire la vanité du professeur, mais il s'agit de l'enterrement de la vraie foi et de la trahison de sa véritable vocation. Cette opération d'enseignement a véritablement été un “ succès ” : la foi des élèves est morte !

Nous devons présenter la foi authentique

La véritable antithèse du christianisme conventionnel réside dans la vitalité enracinée dans la foi catholique authentique, la foi inébranlable dans le Credo que notre Saint-Père, le pape Paul VI, a solennellement proclamé à la fin de l’Année de la Foi. C’est l’amour profond du Christ, la décision de le suivre, le désir ardent de lui, l’amour de son Église, la contemplation et la possession de sa beauté et de sa splendeur, et la profonde gratitude envers Dieu pour tous ses dons.

Si nous comprenons ce qui précède, nous pouvons définir plus clairement les caractéristiques d'une véritable éducation religieuse. Premièrement, elle doit être authentiquement féconde. Le contenu de notre foi ne peut être présenté comme une simple matière d'étude, au même titre que l'histoire ou les mathématiques. Il doit être présenté dans son unicité absolue, dans l'esprit de la messe du samedi pascal : « Annuntio vobis gaudium magnum », je vous annonce une grande joie. Les vérités fondamentales doivent être présentées aux jeunes auditeurs de telle sorte qu'ils soient imprégnés de l'atmosphère ineffablement sainte de la révélation. Une aura surnaturelle doit entourer ces vérités : la création du monde et de l'homme, la chute d'Adam, le péché originel, la Révélation de l'Ancien Testament, Dieu qui parle à Abraham et à Moïse, la formidable Révélation du Décalogue et la voix solennelle et puissante de tous les prophètes, en particulier Jérémie et Isaïe, puis l'ineffable mystère de l'Incarnation, l'Épiphanie de Dieu en Christ, la révélation de Dieu lui-même dans la sainte humanité du Christ, les miracles du Christ, ses paroles éternelles, sa mort sur la croix, sa glorieuse Résurrection et son Ascension, et la Pentecôte, la naissance de la Sainte Église.

V. L'ENSEIGNANT

Tout cela exige une foi profonde de la part de l'enseignant. On ne saurait surestimer l'importance de sa personnalité rayonnante, de son approche empreinte de respect face à ces mystères et de son souci constant d'éviter toute impression de négligence, de suffisance ou de vulgarité dans son style. Il doit non seulement être profondément enraciné dans le christianisme – dans son amour et sa fidélité à l'Église – mais cela doit aussi transparaître dans sa manière d'enseigner, dans son dialogue avec les élèves. Son profond sens du surnaturel et son amour du Christ doivent imprégner son enseignement. Et à ce moment-là, l'élève ne doit pas être perçu comme un enfant allant à l'école, un élève ordinaire comme dans les autres matières, mais comme une âme infiniment aimée du Christ.

L'enseignant de religion qui souhaite véritablement réussir doit éviter une erreur fréquente du passé : l'abus d'autorité. Une autorité dure, pédante et bureaucratique imposée aux enfants et aux jeunes est, en soi, contre nature, et cela est particulièrement vrai dans le contexte de l'enseignement religieux. Cependant, il faut souligner avec force qu'une absence totale d'autorité est bien pire : une soumission passive aux caprices des jeunes, une familiarité affectée, un ton condescendant, ou, pour reprendre une expression française, une attitude « de grand frère et de petit cochon ».

S'adressant au garçon avec discrétion, dans une attitude où une noble réserve se mêle à un profond amour, l'enseignant doit agir avec une autorité authentique. Il doit aussi s'efforcer de montrer aux jeunes la beauté et la dignité de la véritable autorité, et sa différence avec la pseudo-autorité qui s'empare si facilement de la jeunesse. Je fais référence à la pseudo-autorité de ceux qui savent impressionner les jeunes par des slogans, une prétendue indépendance, et en se présentant comme les pionniers de l'avenir, comme des idoles modernes et à la mode. Une tâche importante, surtout aujourd'hui, est d'aider les jeunes à adopter une attitude sceptique envers ces faux prophètes. Ces “ prophètes ” doivent être démasqués et reconnus pour ce qu'ils sont : des hommes contradictoires. Leurs théories, pour la plupart, doivent être exposées. Et eux-mêmes doivent être stigmatisés, compte tenu de leur nature éphémère, tels des mouches passagères.

Liberté ou esclavage

Rien de ce que fera l'enseignant ne suffira jamais à démontrer que se laisser séduire par la prétendue autorité de faux prophètes constitue la forme la plus extrême d'asservissement intellectuel et un renoncement à sa propre liberté. Au contraire, se soumettre à l'autorité sacrée de Dieu et de sa Sainte Église nous libère. Cela nous permet de comprendre la véritable hiérarchie des biens, de découvrir nos instincts égocentriques et, surtout, de reconnaître notre asservissement à notre propre orgueil.

Dans ce contexte, il convient de mentionner une grande réussite de l'éducation religieuse du passé : la mission de démontrer la beauté et la profondeur des biens naturels nobles tels que l'amour humain, l'amitié, le mariage et la beauté de la nature et de l'art. Ce fut une grave erreur. Lorsque le maître éveille chez le jeune homme l'appréciation des biens naturels nobles et lui montre la différence entre ceux-ci et les biens éphémères ou terrestres, il prépare son âme à l'ascension vers des biens incomparablement supérieurs, vers les biens surnaturels. Ces biens naturels nobles sont le reflet de la gloire infinie de Dieu, un don précieux de sa bonté. Ils ont le pouvoir de susciter un désir ardent de l'Absolu, qu'ils reflètent naturellement. Saint Augustin le souligne admirablement dans ses Confessions.

Certes, les biens créés peuvent nous éloigner de Dieu si nous nous y attachons trop, si nous les érigeons en idoles. Mais, d'un autre côté, ils ont aussi cette grande mission positive : élever nos esprits et préparer nos âmes au message surnaturel de Dieu. Et lorsque nous avons rencontré le Christ, lorsque nos cœurs ont été touchés par la bonté surnaturelle, lorsque nous comprenons la supériorité incomparable du surnaturel sur le naturel, alors les véritables biens naturels ne sont pas rejetés. Au contraire, ils sont transfigurés par le Christ, et nous sommes même capables d'en comprendre plus profondément la valeur : “ Dans la lumière, nous voyons la lumière ”, dit le psalmiste.

L'une des tâches les plus urgentes de l'éducation religieuse aujourd'hui est de développer le sens moral des élèves, d'éveiller en eux la beauté et la splendeur des valeurs morales et une profonde horreur du péché. L'amoralisme est aujourd'hui l'un des symptômes les plus catastrophiques du déclin spirituel et une menace singulière pour une véritable relation avec le Christ. Et là encore, il faut dire que le monde de la morale a souvent été présenté de manière trop abstraite, trop négative. Les affirmations sur le bien et le mal des actions se sont fondées sur des arguments fragiles. Il faut y remédier. L'importance fondamentale des catégories du bien et du mal moral doit être expliquée. La primauté des valeurs morales sur toutes les autres valeurs doit être soulignée. Seules les valeurs morales ont une signification éternelle. Socrate avait déjà perçu cette primauté de façon magnifique lorsqu'il disait : “ Il vaut mieux subir l'injustice que de la commettre. ”.

Une lourde responsabilité

La responsabilité des éducateurs religieux est aujourd'hui immense. Face à la vague d'apostasie qui déferle sur les catholiques, face à la désintégration déplorable qui s'opère au sein de l'Église, c'est une tâche ardue mais ô combien belle que de nager à contre-courant et d'aider à enraciner une foi catholique ferme et inébranlable dans le cœur des jeunes. C'est une mission magnifique que d'éveiller chez eux un véritable amour du Christ, un désir ardent d'une union plus profonde avec Lui, une ferme résolution à suivre les commandements de Dieu et le désir d'aborder tous les biens nobles de la nature à la lumière du Christ et avec une profonde gratitude envers Dieu.

Pour accomplir consciencieusement cette mission, l'éducateur religieux devra affronter de nombreuses persécutions, non seulement de la part du monde, mais aussi et surtout de la part des faux frères. Cependant, ces persécutions ne doivent jamais être si intenses qu'elles le conduisent au compromis. Les paroles de Notre Seigneur doivent toujours être présentes à l'esprit de l'enseignant : “ Quiconque fait trébucher un seul de ces petits qui croient en moi, il vaudrait mieux pour lui qu'on lui attache une meule de moulin autour du cou et qu'on le jette au fond de la mer. ”.

Comme pour toute tâche difficile, nous pouvons trouver un grand réconfort dans les paroles de saint Paul : “ Rien ne peut nous séparer de l’amour du Christ. ” Puisse le fidèle enseignant de la religion accomplir sa grande et noble mission avec espérance et un zèle fervent. Qu’il se souvienne que Notre Seigneur a dit : “ Le ciel et la terre passeront, mais mes paroles ne passeront point. ”.

L'auteurDietrich von Hildebrand

Philosophe et théologien allemand. Converti au catholicisme en 1914, il dut fuir l'Allemagne en raison de sa ferme opposition intellectuelle au national-socialisme.

Les jeunes ne veulent pas travailler

Si le travail passe du statut de don sacré à celui d'idole, il ne tarde pas à révéler ses failles. Les jeunes, qui ne sont pas dupes et qui découvrent combien de promesses sont illusoires, l'ont bien compris.

1er mai 2026-Temps de lecture : 4 minutes

“ Les jeunes d’aujourd’hui sont paresseux ”, dit-on, « ils ne veulent pas travailler. En entretien d’embauche, la première chose qu’ils demandent, c’est combien de jours de congés ils auront et si leurs heures de travail seront réduites. » Est-ce vrai qu’ils manquent d’énergie, ou sont-ils simplement intelligents ?

Certes, il y a toujours eu des professionnels pour se dérober à leurs responsabilités, des escrocs qui se spécialisent dans le fait de vivre aux dépens des autres, et des fainéants qui préfèrent la soupe au dur labeur ; mais la vérité est que je connais beaucoup de jeunes dont la capacité de travail est absolument extraordinaire.

L'effort des jeunes


Je parle d'Anita, qui se lève tôt tous les matins pour laver les personnes âgées, car elle travaille comme auxiliaire de vie sociale au sein du service municipal d'aide à la personne. C'est un travail physiquement éprouvant et pas toujours agréable. Sur le plan émotionnel, c'est également très difficile, car elle s'attache à des personnes dont la situation implique inévitablement des séparations parfois très douloureuses. Elle travaille par roulement du lundi au dimanche et, le soir, il lui arrive de rester bien après 22 heures. Elle consacre ses jours de congé et son temps libre à ses études. Elle travaille sans relâche pour obtenir son diplôme d'auxiliaire de vie sociale.

J'aimerais aussi vous parler de Joaquín, qui a obtenu simultanément deux diplômes, avec les félicitations du jury. Issu d'une famille nombreuse, Joaquín travaille sans relâche à la maison. Il s'occupe de ses jeunes frères et sœurs quand c'est nécessaire, gère les tâches ménagères courantes et est toujours disponible. Il trouve également le temps de donner des cours particuliers, ce qui lui permet de gagner un peu d'argent et de ne pas être à la charge de sa famille.

Ou je leur parle, par exemple, de Monica, Elle prépare des concours, ce qui l'a pratiquement contrainte à sacrifier sa vie sociale. Certes, elle est très organisée et parvient à dégager quelques heures pour ses rares et courtes sorties et son bénévolat dans une paroisse où elle aide d'autres jeunes comme elle. Quand ses amis organisent un voyage ou une rencontre improvisée, ils ne l'invitent pas car ils savent déjà ce qu'elle répondra : « Désolée, je ne peux pas. ».

La génération cristalline

Anita, Joaquín et Mónica ne sont pas paresseux, bien qu'ils appartiennent à la génération dite « flocon de neige » (nés à la fin des années 1990 ou au début des années 2000). Selon cette étiquette, ils devraient être les jeunes Avec une faible tolérance à la frustration et une grande sensibilité émotionnelle – autrement dit, une fragilité extrême –, la surprotection dont ils ont été victimes depuis l'enfance est censée les avoir rendus incapables de fournir le moindre effort ou de recevoir des ordres de quiconque autre que leur mère. Et pourtant, les voilà, infatigables, fiers de leur travail, conscients de son importance dans la vie et pleins d'espoir de réussir sur le marché du travail et d'accéder à l'âge adulte.

Mais aucun des trois ne croit à l'excuse selon laquelle le travail acharné et la persévérance mènent au succès ; ils la considèrent comme un slogan idéaliste, car ils savent que le contrat social est rompu. Rares sont les entreprises où les employés sont considérés comme plus qu'un simple numéro, où l'effort et le dévouement sont récompensés, et où leur bien-être en dehors des heures de travail est pris en compte.

Ils ont vu leurs parents licenciés après avoir sacrifié les meilleures années de leur vie au détriment de leur propre santé physique, mentale ou familiale. Ils connaissent des gens qui ont réussi, certes, mais non pas en travaillant plus dur ou mieux, mais en étant amis ou membres de la famille de… ou en n'ayant aucun scrupule à écraser leurs collègues.

Ils ont constaté que des personnes peu talentueuses, mais capables de s'adapter aux courants idéologiques dominants, trouvaient du travail beaucoup plus facilement que celles qui professaient des idées plus à contre-courant.

Ils ont vu des hommes et des femmes dépendants à travail, Incapables de se déconnecter et de construire une vie en dehors de leur profession, ils ont vu des couples vieillir seuls dans une maison de retraite parce qu'ils avaient abandonné l'idée d'avoir des enfants pour consacrer tout leur potentiel à une entreprise qui n'existe plus.

Ils ont vu des gens qui travaillent renoncer à une sortie entre amis ou à un court voyage pour financer les études universitaires de leur fils, un fils qui travaille désormais comme livreur pour des entreprises de vente en ligne, car 100 000 autres personnes possèdent le même diplôme et le marché du travail ne peut absorber autant de diplômés. De plus, ils ont grandi en voyant des jeunes sans diplôme devenir millionnaires en faisant quelque chose d'aussi simple que de partager leur vie privée ou de filmer leurs frasques sans quitter leur domicile.

Travaillez comme un cadeau

Le fait que de nombreux jeunes choisissent donc de travailler pour vivre plutôt que de vivre pour travailler correspond, à ce moment de l'histoire, à la logique la plus élémentaire, et peut-être peuvent-ils nous aider à ramener la raison à l'absurdité dans laquelle nous avons plongé un marché du travail qui ne place pas l'être humain, la famille, au centre, mais seulement le profit économique.

En cette fête de saint Joseph Artisan, il convient de méditer sur ce point. Si le travail, de don sacré, devient une idole, il ne tarde pas à révéler ses failles, et les jeunes, qui ne sont pas dupes et découvrent combien les promesses que la société leur a faites sont souvent illusoires, l'ont bien compris. En effet, selon le Fondation SM, Le pourcentage de jeunes se déclarant catholiques est passé de 31 à 45 % en cinq ans. Comme je l'ai dit, ils sont malins et ils nous ont pris au dépourvu.

L'auteurAntonio Moreno

Journaliste. Diplômé en sciences de la communication et licencié en sciences religieuses. Il travaille dans la délégation diocésaine des médias à Malaga. Ses nombreux "fils" sur Twitter sur la foi et la vie quotidienne sont très populaires.

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Vatican

Neuf idées du pape Léon XIII sur la dignité du travail

Durant sa première année de pontificat, Léon XIV a fait de nombreuses allusions à l'importance du travail pour les chrétiens.

Agence de presse OSV-1er mai 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Tout au long de la première année de son pontificat, Pape Léon XIV Il a abordé à maintes reprises les questions du travail, de l'économie et de la dignité du travail. À l'occasion de la célébration de Saint Joseph Artisan, Le 1er mai, saint patron de tous les travailleurs, voici neuf citations du pape Léon XIV pour la réflexion :

  1. “ Parfois, cependant, on recourt à des critères pseudo-scientifiques pour affirmer que le libre marché apportera spontanément la solution au problème de la pauvreté. On choisit aussi une approche pastorale centrée sur les soi-disant élites, en arguant qu’au lieu de perdre du temps avec les pauvres, il vaut mieux s’occuper des riches, des puissants et des professionnels, afin que, par leur intermédiaire, des solutions plus efficaces puissent être trouvées. Il est facile de percevoir la matérialité qui sous-tend ces opinions ; elles nous conduisent à observer la réalité selon des critères superficiels, dépourvus de toute lumière surnaturelle, en privilégiant les cercles sociaux rassurants ou en recherchant les privilèges qui nous mettent à l’aise ” (Exhortation apostolique).“Dilexi Te” », 4 octobre 2025).
  2. “ Je confirme que l’aide la plus importante à apporter à une personne pauvre est de l’encourager à trouver un bon emploi, afin qu’elle puisse gagner sa vie plus dignement, en développant ses capacités et en y apportant son effort personnel ” (Exhortation apostolique “ Dilexi Te ”, 4 octobre 2025).
  3. “ Tout en reconnaissant la nécessité de politiques appropriées pour assurer la sécurité des communautés, je vous encourage à continuer de plaider pour que la société respecte la dignité humaine des plus vulnérables. Ce faisant, vous mettez en pratique l’appel de mon prédécesseur bien-aimé, le pape François, qui exhortait chaque communauté à renaître chaque jour en périphérie. ”Je salue les dirigeants syndicaux de Chicago, 9 octobre 2025).
  4. “ Le travail devrait être une source de espoir et de la vie, qui permet l’expression de la créativité individuelle et la capacité de faire le bien ” (Salutations adressées aux italophones pendant la public du jubilé, le 8 novembre 2025).
  5. “ Les êtres humains sont appelés à collaborer à l’œuvre de création, et non à être de simples consommateurs passifs de contenus générés par la technologie artificielle. Notre dignité réside dans notre capacité à réfléchir, à choisir librement, à aimer inconditionnellement et à établir des relations authentiques avec autrui. ”Discours adressé aux participants à la conférence “ Intelligence artificielle et préservation de notre maison commune », le 5 décembre 2025).
  6. “ Au centre de toute dynamique de travail ne devrait se trouver ni le capital, ni les lois du marché, ni le profit, mais la personne, la famille et leur bien-être, par rapport auxquels tout le reste est fonctionnel ” (Discours aux représentants du collège des conseillers du travail, le 18 décembre 2025).
  7. “ Parfois, nous sommes tellement occupés que nous ne pensons pas au Seigneur ni à l’Église, mais le simple fait de travailler avec diligence, d’essayer de donner le meilleur de nous-mêmes, et aussi — pour vous, les laïcs — avec amour pour votre famille, pour vos enfants, glorifie le Seigneur. ”Félicitations aux employés de la Curie romaine, du Gouvernorat de l'État de la Cité du Vatican et du Vicariat de Rome, le 22 décembre 2025).
  8. “ Chacun de nous accomplit sa tâche et nous louons Dieu précisément en la faisant bien, avec dévouement ” (Félicitations aux employés de la Curie romaine, du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican et du Vicariat de Rome, 22 décembre 2025).
  9. “ Soyez une présence vivante de l’Église là où vous agissez. Dans les institutions internationales, dans les diplomatie, Dans les organisations, dans le monde du travail, soyez ceux et celles qui bâtissent des ponts, tandis que d'autres érigent des murs. Soyez crédibles par le silence de vos actes, plutôt que par vos paroles. Soyez un signe, pas seulement une présence.Message à l’occasion de la réunion de l’Association des jeunes professionnels de Toniolo“, le 18 avril 2026).
L'auteurAgence de presse OSV

Vatican

Rapport annuel de l'ASIF : Réduction des risques de blanchiment d'argent et amélioration de la supervision des IOR

Le Saint-Siège a publié aujourd'hui le rapport annuel 2025 de l'Autorité de surveillance et d'information financière (ASIF), l'organisme qui supervise les finances du Vatican.

Rédaction Omnes-30 avril 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Le Saint-Siège a publié aujourd'hui le rapport annuel 2025 de l'Autorité de surveillance et d'information financière (ASIF), une agence créée par Benoît XVI en 2010, restructurée par le pape François en 2020, et qui opère en toute autonomie et indépendance pour réglementer et superviser l'activité financière du Vatican.

Détection et blocage des activités suspectes

Dans le rapport relatif à l'année 2025, l'ASIF souligne l'augmentation des déclarations d'activités suspectes (DAS) qui sont passées de 43 à 78 en un an, ce qu'elle explique par une plus grande efficacité des systèmes de contrôle interne de l'Institut pour les œuvres de religion (IOR) et par un suivi constant des services aux usagers. 

Le rapport souligne comment les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, ainsi que les crises humanitaires au Tibet, au Myanmar, en Afghanistan et aux Philippines, ont influencé les transactions et l'activité financière du Vatican. À cet égard, le rapport note, par exemple, une augmentation des transactions et des mouvements liés au Myanmar (73) “ effectués par des entités juridiques étroitement liées à l'Église catholique et des comptes détenus à l'IOR ”, ce que l'ASIF justifie par “ l'aggravation de la crise humanitaire dans le pays en 2025, exacerbée par la forte activité sismique enregistrée dans la région au cours des premiers mois de l'année ”. 

16 signalements de transactions suspectes

Par ailleurs, durant cette période, des soupçons de blanchiment d’argent ont conduit cette Autorité à bloquer trois transactions d’un montant total de 522 000 €, et 16 signalements ont été transmis au Promoteur de la justice en vue d’éventuelles enquêtes judiciaires. Selon le rapport annuel, ces 16 signalements étaient fondés sur le fait que les transactions analysées présentaient des ” motifs raisonnables de soupçonner un blanchiment d’argent, un financement du terrorisme ou un financement de la prolifération des armes de destruction massive ”. 

Plus de mouvements, mais moins

En 2025, l'ASIF a enregistré 196 déclarations de recettes, pour un montant total de 13 627 157 €. Sur la même période, 328 déclarations de recettes ont été enregistrées, pour un montant total de 5 143 625 €. Le rapport souligne que “ la comparaison avec les années précédentes montre, concernant les recettes, une augmentation du nombre de déclarations et une diminution du montant total déclaré. L'année 2025 confirme également que la majorité des recettes sont imputables aux opérations des administrations publiques de l'État. ”.

Amélioration de la lutte contre le blanchiment d'argent

L'une des conclusions les plus notables de ce rapport est le degré de risque que présente le système financier du Vatican en matière de blanchiment d'argent, qui est considéré comme moyen/faible, tandis que le risque de financement du terrorisme est faible pour l'ASIF.

L'état de l'IOR

Dans le cadre de son contrôle prudentiel, l’ASIF a examiné la liquidité, les exigences de fonds propres et la viabilité de l’IOR, notamment par le biais d’analyses thématiques de sa division financière et de sa conformité à l’accord FATCA. Le rapport souligne que “ les aspects opérationnels analysés étaient nombreux et couvraient des domaines pertinents pour évaluer la gestion saine et prudente de l’IOR ». 

Dans le cadre de cet exercice, l’ASIF a également effectué deux inspections sur place à l’IOR, afin d’évaluer sa gestion de la clientèle et les risques de financement du terrorisme liés aux juridictions à haut risque.

Renforcement de la coopération avec les partenaires internationaux et mise à jour des formations

Enfin, le rapport annuel souligne un renforcement de la coopération de l'ASIF avec les entités locales et internationales. À cet égard, il note une augmentation du volume des communications “ avec ses principaux partenaires nationaux, notamment concernant les demandes de coopération reçues. En effet, 43 communications entrantes ont été enregistrées, contre 26 l'année précédente, et 51 communications sortantes, soit une hausse par rapport aux 39 enregistrées en 2024. ”.

En outre, l’ASIF a reçu 15 communications de ses homologues étrangers, confirmant “ l’importance opérationnelle d’intensifier la coopération avec les homologues étrangers ”. 

En interne, 94 communications ont été enregistrées avec des partenaires internes, notamment avec le Corps de gendarmerie et le Secrétariat à l'Économie, ce dernier en relation avec l'autorisation d'actes administratifs extraordinaires.

La formation a également été un facteur clé dans cet exercice, dans lequel, selon le rapport, une formation spécialisée a été offerte au personnel de l'IOR et du Bureau de l'Auditeur général, couvrant le Code pénal du Vatican et les nouvelles normes internationales en matière de lutte contre le blanchiment d'argent.

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Monde

Contexte de la situation du Concordat en République tchèque

Les Tchèques sont tolérants envers les croyances, mais extrêmement méfiants à l'égard des religions organisées.

Jakub Kříž-30 avril 2026-Temps de lecture : 9 minutes

Les experts ont souvent l'impression que plus rien ne les surprend dans leur domaine. La Cour constitutionnelle de la République tchèque a récemment statué que le concordat déjà signé entre ce pays d'Europe centrale et le Saint-Siège est contraire à son ordre constitutionnel. Et après, ils prétendent que le droit est une discipline ennuyeuse ! Cette décision est-elle vraiment surprenante ? N'est-elle pas simplement l'une des nombreuses manifestations de la méfiance nationale envers les institutions religieuses ?

Cent ans avant Luther

La République tchèque s'enorgueillit d'être l'un des pays les plus athées au monde. Certes, elle possède de profondes racines chrétiennes et a donné au monde de nombreux saints, tels que le prince saint Venceslas et le vicaire général de Prague, saint Jean Népomucène. Mais cela appartient au passé. Aujourd'hui, environ 2 à 3 % de la population assiste à la messe catholique du dimanche, bien que l'Église catholique soit la confession majoritaire du pays.

Nombre de Tchèques s'enorgueillissent de leur méfiance envers la religion organisée. C'est précisément dans le royaume de Bohême que, un siècle avant Luther, la première grande révolution réformiste européenne a vu le jour. Le mouvement hussite tire son nom du prédicateur controversé Jan Hus (mort en 1415). Il exigeait des réformes radicales de la doctrine et des pratiques de l'Église et plongea le pays dans une guerre civile qui dura dix-sept ans. Les nations européennes intervinrent en lançant quatre croisades en soutien aux catholiques. Cependant, celles-ci se soldèrent par un échec.

Une fois les guerres terminées, le pays devint, pour l'époque médiévale, un espace d'une pluralité religieuse exceptionnelle : catholicisme et calvinisme y coexistaient, ce dernier se transformant plus tard en mouvement de Réforme. Ce changement survint avec la guerre de Trente Ans, dont la bataille de Bila Hora, ou Montagne Blanche (1620), reste gravée dans la mémoire collective, alimentant le mythe des ennemis catholiques étrangers. Aujourd'hui encore, beaucoup l'interprètent comme une défaite de…

Les Tchèques protestants, aux idées libérales, auraient été soumis par les catholiques germanophones, bien que cette interprétation soit historiquement inexacte. Ce qui est certain, c'est que l'intégration des territoires tchèques à la monarchie autrichienne a également entraîné leur reconversion au catholicisme. Cette reconversion semble avoir été relativement réussie, et la population s'est convertie à la foi catholique.

Loin de Rome

Le sentiment anti-catholique resurgit après la création de la Tchécoslovaquie indépendante en 1918, qui prit consciemment ses distances avec l'alliance autrichienne entre la couronne et l'autel. L'un des slogans du mouvement d'indépendance était « Loin de Rome », et cela se traduisit par des conversions massives aux Églises protestantes et la fondation de l'Église nationale tchécoslovaque. Bien que les catholiques constituassent encore la majorité de la population, les relations entre la nouvelle république et l'Église catholique étaient, au mieux, tendues.

Durant toute la période de la Première République tchécoslovaque (1918-1938), aucun concordat avec le Saint-Siège ne fut signé. Le plus proche d'un tel accord fut le Modus Vivendi de 1928, établi par un échange de notes diplomatiques et portant notamment sur la nomination des évêques et l'harmonisation des limites diocésaines avec celles du nouvel État. Avec l'arrivée au pouvoir des nazis, le Modus Vivendi cessa d'être appliqué.

l'oppression communiste

Lors du coup d'État communiste de 1948, les forces en place ont initié, notamment en Bohême, un processus de démantèlement systématique de l'Église catholique. Parmi les symboles de ce démantèlement figurent de nombreuses exécutions (les prêtres Jan Bula et Václav Drbola seront béatifiés en juin), la suppression de tous les monastères et l'emprisonnement des religieux, la création d'organisations sacerdotales collaborationnistes, la vacance prolongée des sièges épiscopaux, ainsi que la persécution des laïcs, qui s'est poursuivie jusqu'à la chute du régime.

Les catholiques tchèques apprirent qu'il n'était pas toujours nécessaire d'afficher sa foi, car cela pouvait entraîner la perte de leur emploi ou l'exclusion scolaire de leurs enfants. La foi, conformément à la doctrine marxiste, devint une affaire privée, reléguée à l'intimité des églises et des foyers.

Bien que la plupart des catholiques aient agi ouvertement et que les structures ecclésiastiques officielles aient tenté de composer d'une manière ou d'une autre avec le régime communiste, une partie de l'Église est entrée dans la clandestinité et a créé une structure parallèle par le biais d'ordinations épiscopales et sacerdotales secrètes, dont la légitimité découlait des pouvoirs conférés par le pape Pie XII.

Relations nouvellement rétablies

L'année 1989 a marqué la chute du communisme et le retour de la liberté religieuse. Les églises de toutes confessions ont été autorisées à reprendre leurs activités, les personnalités religieuses sont sorties de la clandestinité et les bâtiments monastiques leur ont été restitués.

Les Églises devinrent progressivement des partenaires de l'État dans de nombreux domaines : elles commencèrent à exercer leur ministère pastoral dans les prisons, l'armée et le système de santé ; un vaste réseau d'œuvres caritatives gérées par les Églises se développa et l'enseignement religieux volontaire dans les écoles fut autorisé. Bien que l'Église ait joui un temps d'un certain prestige – en tant que symbole de ceux qui n'avaient pas cédé sous le régime communiste –, cette position fut éphémère.

La Tchécoslovaquie cessa d'exister fin 1992 et ses États successeurs se séparèrent. La Slovaquie régla ses relations avec l'Église très rapidement et sans heurts, à la satisfaction des deux parties. Elle restitua à l'Église les biens spoliés sous le régime communiste et signa un traité international avec le Saint-Siège. En revanche, la République tchèque raviva sa méfiance historique envers l'Église catholique.

Concernant les actifs

L'Église catholique elle-même considère la période postérieure à 1993 comme une ère de liberté sans précédent et de relations positives avec l'État. Cependant, une lutte culturelle, de faible ampleur, s'est déroulée au sein de l'Église pendant presque toute cette période. Elle s'est manifestée principalement sur les questions de restitution, de cathédrales et du concordat.

Étant donné que le régime communiste avait dépouillé l'Église de tous ses biens, la restitution de son patrimoine historique s'imposait logiquement. Un processus de restitution similaire a également été appliqué à des particuliers et à certaines autres organisations.

Cependant, en raison de l'opposition d'une partie importante de la classe politique à la restitution des biens aux églises, la loi de restitution n'a été adoptée qu'en 2012. Aux termes de cette loi, certains biens historiques ont été restitués à leurs propriétaires d'origine (généralement des champs et des forêts), tandis que d'autres ont été compensés par une indemnisation financière forfaitaire de 2,3 milliards d'euros versée à l'ensemble des églises. Ces versements sont échelonnés sur 30 ans.

Parallèlement, l'État cessa de financer les activités de l'Église. Les Tchèques optèrent alors pour un système de séparation complète des biens, inhabituel en Europe, suivant le modèle américain.

Cependant, le processus de restitution n'a pas concerné les cathédrales de Prague. La cathédrale Saint-Guy, Saint-Venceslas et Saint-Adalbert, située dans le château de Prague, est considérée par le public et les responsables politiques comme un symbole de l'identité nationale tchèque.

Pendant un certain temps, une bataille juridique a opposé l'Église et l'État quant à la propriété de la cathédrale. L'Église a finalement renoncé au litige, laissant la question aux générations futures. Ainsi, aujourd'hui, la cathédrale appartient à la Présidence de la République, pour qui elle représente une source de revenus importante grâce à la billetterie ; l'Église n'est autorisée à l'utiliser que pour la messe.

Relations diplomatiques oui, concordat non

Lorsque les relations diplomatiques avec le Saint-Siège furent rétablies après la chute du communisme, la signature d'un concordat semblait la suite logique.

Le traité a même été négocié par un gouvernement de gauche, en conflit avec l'Église sur de nombreux points au niveau national. Cependant, lors des négociations, les diplomates sont parvenus à surmonter les points litigieux et le traité a été signé en 2002.

Or, la Constitution tchèque exige que de tels traités soient approuvés par le Parlement. À la surprise générale, le Parlement a rejeté le traité.

Deuxième tentative

Après vingt ans d'impasse, les travaux d'un nouveau traité ont commencé, et de nombreux éléments laissaient penser que cette seconde tentative aboutirait. Le principal point de blocage – la restitution des biens historiques de l'Église – avait déjà été réglé au niveau national.

Dès le départ, il était clair que le traité aurait une portée essentiellement symbolique. Le gouvernement tchèque a informé le Saint-Siège, dès l'ouverture des négociations, qu'il n'était pas disposé à aller au-delà de la législation nationale en vigueur. Le traité devait tout au plus servir de garantie du statut juridique déjà acquis, et non d'instrument de résolution des différends en suspens entre les parties contractantes.

La partie catholique a insisté sur la nécessité de privilégier une approche anthropocentrique. Le traité devrait, par exemple, garantir aux détenus le droit de recevoir la visite d'un prêtre, et non autoriser l'Église à intervenir au sein du système carcéral. L'objectif était de souligner que le traité est un instrument de protection des droits individuels, et non un moyen de consolider le pouvoir des institutions ecclésiastiques.

Sujets controversés et critiques qui leur sont adressées

Bien que les négociations se soient déroulées dans une atmosphère cordiale, il est vite apparu que même une approche minimaliste du contenu du traité ne garantirait pas un consensus.

En raison de ces positions très divergentes, la question de l'éducation a été totalement exclue de l'accord. Pour la partie tchèque, il était inacceptable de garantir aux écoles ecclésiastiques le droit d'enseigner conformément à la morale catholique, d'autoriser le Saint-Siège à approuver les doyens des facultés de théologie ou à nommer les membres de la mission canonique.

Finalement, un seul point litigieux subsistait : le secret de la confession et la confidentialité des agents pastoraux. La partie tchèque a exigé à plusieurs reprises que l’accord comprenne une clause stipulant que le secret de la confession serait régi par le droit tchèque, ce qui était, naturellement, inacceptable pour le Saint-Siège.

Le compromis trouvé a consisté à scinder l'article sur la confidentialité en deux paragraphes. Le premier stipulait simplement : « La République tchèque reconnaît le secret de la confession. » Le second mentionnait d'autres agents pastoraux dont le secret professionnel était limité par la législation nationale. Cette disposition concernerait, en pratique, par exemple, les aumôniers laïcs en prison ou à l'hôpital, les employés des tribunaux ecclésiastiques ou les assistants pastoraux en paroisse.

Immédiatement après la signature du traité par le cardinal Pietro Parolin et le Premier ministre tchèque Petr Fiala le 24 octobre 2024, l'opinion publique s'est enflammée de voix d'opposition. Celles-ci affirmaient que la ratification de l'accord violerait la souveraineté des États, privilégierait le droit canonique (et, à terme, le droit islamique) et permettrait d'étouffer les scandales sexuels.

Les forces progressistes et nationalistes, qui n'ont par ailleurs pratiquement rien en commun, s'accordaient à dire que le traité était mauvais.

Malgré les critiques des médias, les deux chambres du Parlement ont finalement approuvé l'accord. Il ne restait plus qu'une dernière étape : la signature du président de la République.

Le traité devant la Cour constitutionnelle

Immédiatement après le vote parlementaire, un groupe de sénateurs a saisi la Cour constitutionnelle d'une proposition visant à examiner la constitutionnalité du concordat. La Conférence épiscopale tchèque a même salué cette initiative, y voyant une occasion de convaincre les détracteurs que l'accord ne portait pas atteinte à la souveraineté de l'État et n'avait pas été négocié dans des intentions malhonnêtes.

Les sénateurs ont notamment contesté la disposition relative au secret professionnel des agents pastoraux ; ils craignaient une réduction du pluralisme des opinions au sein de l’Église et critiquaient l’absence d’obligations imposées à celle-ci. Selon eux, en échange de la reconnaissance des mariages religieux, l’État aurait dû exiger de l’Église qu’elle s’engage à reconnaître les divorces civils.

La proposition des sénateurs fut jugée trop faible et vouée à l'échec. C'est alors que le président de la République intervint. Dans sa déclaration, il qualifia l'accord de contraire au caractère républicain et laïque de l'État tchèque, lequel, selon lui, repose sur une opposition délibérée à la position privilégiée de certaines Églises.

Il a également soulevé une autre question que le groupe de sénateurs n'avait pas abordée : le secret de la confession. Selon lui, ce secret est incompatible avec le droit des victimes de crimes, notamment de crimes sexuels, à une enquête efficace.

Bien que l'Église considère le secret de la confession comme absolument inviolable, la loi tchèque est moins stricte. Un confesseur n'est pas tenu de signaler à l'État les crimes appris lors de la confession, mais si le pénitent révèle des projets criminels futurs, le confesseur a l'obligation de les déjouer, par exemple en les signalant à la police. Le président a déclaré que le concordat accorderait également au clergé l'immunité face à cette obligation de prévention des crimes futurs.

Traitement inégal des églises par l'État

Le mercredi 1er avril, jour traditionnellement consacré aux farces en République tchèque, la Cour constitutionnelle a jugé que le concordat était contraire à l'ordre constitutionnel tchèque. Non pas dans son intégralité, mais en deux points précis.

La première de ces dispositions est précisément la garantie du secret de la confession. Selon la Cour constitutionnelle, cette disposition est discriminatoire envers les autres Églises qui ne peuvent conclure de traité international et dont la confidentialité serait donc régie uniquement par le droit national, c'est-à-dire par une norme de rang inférieur. À la surprise générale, l'obligation pour l'Église de rendre son patrimoine culturel accessible a également été jugée inconstitutionnelle.

La Cour constitutionnelle a interprété la disposition en question d'une manière diamétralement opposée à celle voulue par les parties contractantes. Elle n'y a pas vu une volonté de l'Église de rendre ses monuments culturels accessibles aux chercheurs, mais a souligné qu'elle pourrait restreindre l'accès aux archives ecclésiastiques (qui, toutefois, ne sont pas publiques en République tchèque), ce qui, selon la Cour, porterait atteinte à la liberté de la recherche scientifique et au droit d'accès au patrimoine culturel.

Quatre juges ont émis une opinion dissidente. Le juge Tomáš Langášek a qualifié la décision de curiosité historique, notamment parce qu'elle a été adoptée par la Cour constitutionnelle d'un pays qui a donné au monde saint Jean Népomucène, vénéré comme martyr du secret de la confession.

La décision de la Cour constitutionnelle marque la fin définitive du processus d'accord. Les Hussites tchèques ont une fois de plus vaincu les forces catholiques étrangères. En un quart de siècle, il s'agit du deuxième concordat négocié et signé, puis rejeté juste avant la fin du processus de ratification.

Le politologue Petr Fiala a un jour décrit la République tchèque comme un « laboratoire de sécularisation ». En tant que Premier ministre, il y a mené une expérience plutôt amusante, qui s'est finalement soldée par un échec. Peut-être le caractère national tchèque a-t-il refait surface. Les Tchèques sont tolérants envers les croyances, mais extrêmement méfiants à l'égard des religions organisées.

L'auteurJakub Kříž

Avocat et professeur de droit à l'université Charles, il a agi comme expert local pour le Saint-Siège lors des négociations du concordat.

Monde

Stella Maris appelle à prier pour les milliers de marins piégés dans le port d'Hormuz.

Alors que les États-Unis et l'Iran s'affrontent au sujet du détroit d'Ormuz, les responsables du ministère maritime catholique (Stella Maris) appellent à la prière et au soutien pour les milliers de marins pris au piège en mer au milieu du conflit.

OSV / Omnes-30 avril 2026-Temps de lecture : 6 minutes

– Gina Christian, OSV News

Selon les dernières données disponibles au moment de la rédaction, environ 20 000 marins appartenant à des centaines de navires, dont des pétroliers, des méthaniers et des cargos, sont bloqués dans le golfe Persique, incapables de traverser le détroit d'Ormuz.  

“ Nous avons organisé des prières d’intercession, et plusieurs de nos aumôniers essaient de prendre contact pour voir comment nous pouvons intercéder ”, a déclaré sœur Joanna Okerke, directrice nationale aux États-Unis. Stella Maris, l’apostolat maritime de l’Église catholique, dont le nom évoque le titre marial de “ Notre-Dame, Étoile de la Mer ”.

Ses origines remontent à l'Écosse des années 1920.

Parfois appelé le Apostolat de la Mer, Cette initiative, née en Écosse dans les années 1920, a été soutenue par de nombreux papes, dont saint Jean-Paul II – qui a actualisé les normes de cette œuvre en 1997 – et, plus récemment, le pape Léon XIV. L’apostolat est placé sous la tutelle du Dicastère pour le service du développement humain intégral du Vatican.

Aux États-Unis, l'évêque auxiliaire Frank Schuster de Seattle est le promoteur épiscopal de Stella Maris. Selon l'Organisation maritime internationale (OMI), l'agence des Nations Unies chargée de la sécurité maritime, de la sûreté et de la protection de l'environnement, environ 20 000 marins sont actuellement bloqués dans le golfe Persique.

La situation des marins est “ terrible ”.”

Le secrétaire général de l'OMI, Arsenio Dominguez, a communiqué ce chiffre lors d'une interview accordée à CNN le 16 avril, qualifiant la situation des marins de “ terrible ”.

“ Il s'agit de santé mentale, de l'épuisement dont souffrent ces marins innocents ”, a-t-il déclaré à Richard Quest, animateur de CNN.

Dominguez a déclaré qu'il était « très reconnaissant envers les pays de la région, car ils continuent de fournir des produits essentiels, malgré les difficultés existantes ! ».

Mais il a averti que “ plus ce conflit se prolonge ”, plus la situation en mer s'aggravera, se transformant en crise.

Le détroit d'Ormuz, officiellement fermé

L'Iran a officiellement fermé le détroit d'Ormuz, un point maritime stratégique reliant le golfe Persique au golfe d'Oman, le 4 mars, quelques jours après les attaques conjointes lancées par les États-Unis et Israël le 28 février, qui ont tué plusieurs hauts responsables iraniens, dont le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

Durant la guerre, l'Iran et les États-Unis ont imposé un blocus du détroit et continuent de le faire malgré le cessez-le-feu et une brève accalmie dans le blocus du trafic maritime. Le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth, a déclaré lors d'une conférence de presse le 24 avril que le blocus serait maintenu “ aussi longtemps que nécessaire ”.

Au moins sept marins sont morts en mars lors d'attaques contre leurs navires, et Dominguez a publié une déclaration le 6 mars qualifiant le blocus d'“ inacceptable et intenable ».

L’évêque auxiliaire Frank Schuster de Seattle, promoteur de l’apostolat maritime Stella Maris aux États-Unis, et sœur Joanna Okerke, religieuse de la Congrégation du Saint Enfant et directrice nationale de Stella Maris aux États-Unis, lors d’une visite pastorale à SLV Honduras le 8 avril 2026, à Port Everglades, en Floride. (Photo : OSV News/Sœur Joanna Okerke).

Stella Maris au Royaume-Uni

Au début de la guerre, Mgr Luis Quinteiro Fiuza, président L'Apostolat de la Mer a écrit aux évêques pour promouvoir Stella Maris dans le monde entier ; son texte a été résumé dans une publication Facebook le 17 avril par Stella Maris au Royaume-Uni.

“ L’évêque Louis a exprimé sa profonde inquiétude face aux opérations militaires en cours et à la montée des tensions dans le détroit d’Ormuz, ainsi qu’à leurs conséquences directes sur les marins ”, a déclaré Stella Maris UK dans un communiqué. 

“ Ce sont des civils, hommes et femmes, étrangers au conflit, qui, par leur travail quotidien, font vivre leurs familles, soutiennent le commerce mondial et contribuent au bien commun. Malgré cela, beaucoup se retrouvent aujourd’hui à travailler dans des conditions extrêmement stressantes, confrontés à la peur, à l’incertitude et à un danger réel. ”.

Le Saint-Siège, par l'intermédiaire du Dicastère pour le développement humain intégral, a nommé le 19 décembre 2025 Mgr Luis Quinteiro Fiuza, évêque émérite de Tui-Vigo, photographié ici, comme président de l'Apostolat de la Mer, et le père Ritchille Salinas SVD, philippin, comme secrétaire général (@Diocèse de Tui-Vigo).

Mgr Luis Quinteiro : invitation à la prière 

La publication citait la lettre de l'évêque, qui disait : “ Nous invitons toute la famille de l'Apostolat de la Mer à prier pour ceux qui se trouvent dans les zones à haut risque, pour leur sécurité et leur protection contre tout mal, et pour les familles qui attendent avec inquiétude à la maison. ”.

Le 19 décembre 2025, le Saint-Siège, par l'intermédiaire du Dicastère pour le service du développement humain intégral, a nommé Mgr Luis Quinteiro Fiuza (évêque émérite de Tui-Vigo) comme président de l'Apostolat de la Mer, et le père Ritchille Salinas SVD, philippin, comme secrétaire général. 

Un métier dangereux, désormais encore plus mortel

« Le blocus a rendu une profession déjà difficile et dangereuse encore plus meurtrière », a déclaré sœur Joanna, membre de l’Ordre des Servantes du Saint Enfant Jésus.

“ Ce problème touche beaucoup de monde ”, a-t-il déclaré. “ Nombreux sont ceux qui sont encore en mer, et leurs familles sont très inquiètes. Cela déchire des familles. ”.

Doreen Badeaux, secrétaire générale de l'organisation à but non lucratif Apostleship of the Sea aux États-Unis, a déclaré à OSV News que les préoccupations concernant les marins bloqués avaient été abordées lors de la conférence du groupe début avril.

“ C’est le stress énorme qu’ils subissent ”, a déclaré Badeaux, dont l’organisation fait office d’association professionnelle et éducative pour les ministres maritimes catholiques, les aumôniers de navires de croisière, les marins et autres personnes qui soutiennent le ministère maritime.

Le père Paul Makar, prêtre de l'archidiocèse catholique ukrainien de Philadelphie, dans la salle paroissiale de la cathédrale catholique ukrainienne de l'Immaculée Conception à Philadelphie le 22 avril 2026. Le père Makar, ancien officier de la marine américaine, se forme pour devenir aumônier de Stella Maris (Photo par OSV News/Gina Christian).

Marins naufragés ayant besoin d'aide

Le père Paul Makar, un prêtre catholique ukrainien de Archidiocèse de Philadelphie Un homme en formation pour le ministère à Stella Maris a déclaré à OSV News qu'il est crucial de fournir aux marins naufragés “ au moins une forme d'aide ”.

Le prêtre, ancien officier de marine et ingénieur naval qualifié, a déclaré que les équipages pris au piège par le blocus sont confrontés à de nombreux facteurs de stress exacerbés par le conflit.

Étant donné que plus de 80 % des marchandises mondiales sont transportées par voie maritime, le père Makar a expliqué que ce travail implique de longs mois en mer et des horaires de chargement exigeants dans les ports.

Il a expliqué que parfois les équipes travaillent “ entre 24 et 36 heures d'affilée juste pour respecter les délais de chargement et de déchargement ”.

Tempêtes, piraterie, sécurité dans un contexte d'inquiétudes

Parmi les autres sujets de préoccupation qu'il a évoqués figuraient les tempêtes, la piraterie, les problèmes de sécurité et l'abandon des navires, une situation dans laquelle les armateurs retirent leur soutien aux navires, laissant les marins bloqués et sans compensation loin de chez eux. 

Les données de la Fédération internationale des travailleurs des transports montrent que les désertions ont atteint des niveaux records en 2025, avec plus de 6 000 marins touchés cette année-là seulement, soit la sixième année consécutive de ces augmentations.

D'après le père Makar, les marins touchés par le blocus s'inquiètent désormais de leur prochain repas et se demandent s'ils auront la climatisation et suffisamment de carburant. Certains navires n'ont pas pu être ravitaillés.

Il a demandé des prières pour toutes les personnes touchées.

“ C’est un métier très dangereux, et ce depuis toujours ”, a déclaré le père Makar, ajoutant que Stella Maris et d’autres ministères maritimes “ s’efforcent toujours ” de faire savoir aux marins qu“” ils ne sont pas seuls ».

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Gina Christian est journaliste multimédia pour OSV News. Suivez-la sur X : @GinaJesseReina

L'auteurOSV / Omnes

Le vide comme ouverture

Marcher avec le Christ dans sa Passion et sa Résurrection exige une ouverture d'esprit. Cela demande d'apprendre à voir, à écouter, à toucher autrement. Il ne s'agit pas d'abandonner la raison, mais de ne pas la laisser être le seul critère de notre perception.

30 avril 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Heureux ceux qui croient sans avoir vu.

Voir ne signifie pas reconnaître. Toucher et sentir sont deux choses différentes. Entendre et écouter ne sont pas synonymes non plus. Nous percevons le monde par nos sens, et la vue est notre sens principal. Notre perception sensorielle n'est pas neutre. Elle est orientée, façonnée par l'attention, par ce que nous cherchons, par ce que nous nous attendons à trouver. Nous ne nous contentons pas de recevoir ce qui est là ; nous l'interprétons à partir d'un horizon de signification préexistant. Lorsque nous voyons, nous le faisons en fonction de nos attentes, de nos connaissances et de ce que nous sommes prêts à accepter. C'est pourquoi l'évidence ne prévaut pas toujours.

Nous construisons notre connaissance à partir de nos sens. Nous nommons, classons et abstrayons. Ces concepts, que nous stockons en mémoire, ordonnent la réalité et, simultanément, la définissent. Ils sélectionnent ce qui est considéré comme une donnée et ce qui est exclu. La perception requiert la présence, tandis que l'interprétation en détermine le sens.

Reconnaître ce que nous voyons

Dans le Évangile selon Jean, Marie-Madeleine arrive au tombeau avec l'espoir précis d'y trouver un corps. L'absence de ce dernier déconcerte. Elle voit les signes – la pierre roulée, les linges – mais elle ne parvient pas à les comprendre. Même lorsque le Christ se tient devant elle, elle est troublée. Ce n'est pas l'information qui lui manque, mais la capacité de reconnaître ce qui dépasse ses attentes. C'est là que réside la limite de l'interprétation des perceptions sensorielles.

Quelque chose de similaire se produit sur la route de Emmaüs. Les disciples entendent, mais ils ne comprennent pas. Le contenu est accessible, mais ils ne possèdent pas encore la clé qui lui donne sens. Leur attention est focalisée sur leur propre souffrance et leur déception. Ils sont incapables de trouver la manifestation de l'amour de Dieu dans le douleur. Jusqu'à ce qu'ils tournent leur attention vers le Christ qui rompt le pain, vers leur propre cœur ardent.

Le tombeau vide n'est pas un simple vide physique. C'est un tournant. Il nous oblige à repenser le cadre d'interprétation de la réalité. La foi ne remplace pas la perception ; elle introduit un nouveau critère d'interprétation qui transcende la raison. Elle n'ajoute pas un objet supplémentaire ; elle transforme notre compréhension de ce qui est donné.

En ce sens, le vide et la plénitude cessent d'être des termes mutuellement exclusifs. Le vide peut constituer une condition de l'apparition.

Possibilité dans le vide

Dans la sculpture de Jorge Oteiza, Le vide n'est pas l'absence de travail, mais plutôt son résultat. Le vide, que l'on pourrait considérer comme un vestige, devient espace activé. La matière se retire pour rendre possible une autre forme de présence. Ce qui est perçu dépasse le simple volume ; c'est la tension entre ce qui est et ce qui est libéré. Là, le vide, qui pourrait suggérer le manque, est possibilité.

Dans l'expérience symbolique également, la matière ne s'épuise pas en elle-même. Elle fonctionne comme une médiation. Elle rend le sens accessible, elle ne le cache pas.

L'essentiel est de reconnaître la portée de la raison sans pour autant l'abandonner. Tout le réel ne peut être stabilisé par des concepts. Il existe un type de connaissance, une forme de reconnaissance, qui exige un engagement, du temps et une attention dépassant la simple identification. Elle exige un abandon.

Dans ce contexte, se vider de soi ne signifie pas nier ; cela signifie plutôt suspendre librement et volontairement toute tentative de contrôler ce qui apparaît. Cela signifie prendre de la distance par rapport à ses propres attentes afin que la réalité ne s'y réduise pas.

Éduquer le regard

Dans notre monde sensoriel, ce que nous touchons, voyons, entendons, sentons et goûtons peut se transformer en symboles. Les êtres humains se connectent à ce qui les transcende par le biais des symboles, qui leur permettent d'interpréter l'expérience sans se laisser enfermer dans des catégories rigides. Dans cette perspective, le matériel ne s'oppose pas au spirituel ; au contraire, il s'ouvre à un processus.

Marcher avec le Christ dans sa Passion et sa Résurrection exige cette ouverture. Cela signifie apprendre à voir, à écouter, à toucher autrement. Il ne s'agit pas d'abandonner la raison, mais de ne pas la laisser être le seul critère de notre perception.

La foi façonne notre regard. Elle élargit notre capacité à reconnaître sans rien ajouter d'extérieur. Elle rend visible ce qui était là, mais que nous ne savions pas voir.

Et, comme dans une œuvre d'art, cette transformation ne reste pas confinée à soi-même. Ceux qui apprennent à voir deviennent aussi des médiateurs pour les autres. Un lieu où l'on peut voir, un lieu qui ne se replie pas sur lui-même, mais qui ouvre l'espace.

Cette transformation influence la manière dont on se positionne par rapport à ce qui se trouve devant soi. Et, parfois, elle permet aussi aux autres de voir. Non pas comme une conclusion, mais comme une ouverture.

L'auteurPeca Macher

Peca Macher est architecte et commissaire d'exposition, fondatrice de Präsenz, un projet qui intègre l'art, l'éducation et le leadership conscient par le biais de la pause, de l'observation et de l'écoute. Forte de plus de 25 ans d'expérience en gestion culturelle et en réflexion, elle écrit et mène des recherches sur la mémoire, l'expérience esthétique et l'art comme outil de transformation personnelle et sociale. Elle est l'auteure de l'ouvrage Présentation. L'art comme outil de transformation humaine et éducative.

Évangélisation

‘ Lupa ’ : du désir du cœur à la chute du cheval

Lucía Pastor (Lupa), une professionnelle de la beauté, raconte à Omnes sa conversion grâce à Effetá, sa formation ultérieure au Soul College (Hakuna) et sa quête spirituelle.

Francisco Otamendi-30 avril 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Certaines conversions s'opèrent sur plusieurs années ou à différentes étapes de la vie. Cependant, Lucía Pastor, dans son ouvrage Lupa (Madrid, 1999), parvient à en préciser la date et l'heure. “ Ma rencontre avec Dieu. Dans la nuit du 16 octobre 2021, par l’imposition des mains, j’ai reçu la plénitude du sentiment d’être aimé. ”, assure Omnes.

Sa conversion est bien connue dans les cercles d'Effetá. Interrogée sur Lupa, la conversation s'est déroulée avec aisance un vendredi après-midi. La jeune femme a analysé ses perceptions avec une précision encore plus grande que celle de saint Luc relatant la conversion de saint Paul. Actes des Apôtres.

“ Fille bien-aimée de Dieu ” 

Lupa déclare : “ C’était comme si un fil de lumière illuminait tout mon être, de la tête aux pieds, accompagné d’une sensation de brûlure dans la poitrine. C’était comme si quelqu’un pénétrait en moi et me vidait de toute douleur, peur, angoisse, vertige et tristesse. Et, à la place, me remplissait d’espoir, de pardon, de lumière, de paix et d’un amour infini. Une transformation à la fois intérieure et physique, au cours de laquelle je pouvais ressentir, même spirituellement, comment le Seigneur me transformait. ”.

“ Il est impossible de mettre des mots sur ce que j’ai ressenti à ce moment-là. ”, Lucía Pastor ajoute. “ Je l’ai reconnu comme mon Père, et pour la première fois, je me suis sentie comme une fille bien-aimée de Dieu. Ce fut sans aucun doute le plus beau jour de ma vie. ”.

“ J’avais un profond désir dans mon cœur, mais je ne savais pas comment réciter le Notre Père. ”

Juste après sa conversion, Lupa est allée vivre à Rome.“Ce fut une expérience merveilleuse. J'ai toujours dit que le Seigneur m'avait abandonné et éloigné de toute ma famille, mais en réalité, il m'avait envoyé dans la ville où l'on trouve le plus d'églises au mètre carré. Celui d'en haut savait ce qu'il faisait.”assure-t-il.

Nous en revenons à la conversion, sujet de notre conversation. Y a-t-il eu un processus préliminaire, ou a-t-elle été soudaine ? “ Eh bien, c’était comme tomber de cheval. J’ai toujours eu une soif immense de ce que je voyais chez certaines personnes : le bonheur absolu. ”. 

“ Il est vrai que j’étais en quête de bonheur, de joie, d’amour absolu, mais j’ignorais que cela venait de Dieu, et que j’en avais besoin. C’était simplement un désir profond du cœur. ”, Il ajoute : « Comme saint Augustin ? » “ Oui, exactement. Ma conversion a eu lieu à Éphphatha. Il est vrai que là-bas, j’ai mis des mots sur ce que je cherchais peut-être, car c’est peut-être la foi que je désirais. Mais ce n’était pas intentionnel, ni quelque chose que j’avais recherché ; c’était une chute, tout simplement. »".

"Pour vous donner une idée, je ne connaissais pas le Notre Père. Certes, ma mère avait l'habitude de prier l'Enfant Jésus avant de nous endormir, et j'avais une statuette de la Vierge Marie dans ma chambre, mais à part ça, je ne me souviens de rien. Dieu n'était pas présent dans ma vie. Ou plutôt, il l'était, mais je ne le voyais pas.”.

Du ressenti à l'entraînement

“ Et il est vrai qu’à la suite de ma conversion, j’ai trouvé ma place à Hakuna, car, n’ayant aucune base théologique, c’est par le sentiment que j’ai appris à connaître Dieu. ”, Lupa reconnaît.“Puis j'ai trouvé cette continuité à Hakuna, et c'est là que ma formation théologique a commencé, en apprenant à connaître la Bible, la vie de Dieu… ”.

“ Aujourd’hui, ma foi est bien plus équilibrée ; elle repose moins sur les sentiments et les émotions que sur une connaissance et une formation approfondies. Je réfléchis beaucoup au service et à la façon dont je traite les autres. Aujourd’hui, il s’agit de poursuivre mon cheminement. Et de ne pas oublier ce qui donne sens à ma vie. Je dis toujours trois choses : premièrement, glorifier Dieu ; deuxièmement, accorder de l’importance à ce qui compte vraiment ; et troisièmement, vivre dans la vérité. Et je crois que ces trois points sont synonymes. ”.

“ Au niveau communautaire, je cherche encore ma place, et c’est normal. ”, Lupa reconnaît. “ Je participe à des ateliers à Schoenstatt, je lis beaucoup sur les Jésuites, j’ai eu de nombreux contacts avec des membres de l’Opus Dei, j’apprends de partout, et le Seigneur me conduira là où il devra me conduire. ”.

L'auteurFrancisco Otamendi

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Évangile

Comment connaître le chemin ? Cinquième dimanche de Pâques (Année A) 

Vitus Ntube commente les lectures du cinquième dimanche de Pâques (A) correspondant au 3 mai 2026.

Vitus Ntube-30 avril 2026-Temps de lecture : 2 minutes

À mesure que nous avançons dans le temps pascal, les lectures de l'Évangile orientent notre attention vers les fêtes de l'Ascension et de la Pentecôte. Nous voyons le Christ préparer ses disciples à son départ et leur promettre la présence constante de l'Esprit Saint qui guidera l'Église.

Dans l’Évangile d’aujourd’hui, Jésus vient de parler de son départ. Il perçoit l’inquiétude de ses disciples et leur dit :“Que votre cœur ne se trouble point ; croyez en Dieu, croyez aussi en moi.” Il parle de partir et de revenir, précisément pour être avec eux définitivement :“Je reviendrai et je vous emmènerai avec moi, afin que là où je suis, vous y soyez aussi.” Jésus veut que nous soyons là où il est. C’est le sens profond du salut : la communion avec lui et, par lui, avec le Père. Il nous précède pour nous préparer une place. Mais c’est Thomas qui exprime un cœur inquiet :“Seigneur, nous ne savons pas où tu vas, comment pouvons-nous connaître le chemin ?".

En ce temps de départ et de retour, il nous est rappelé où le Christ demeure auprès de son Père. Ce mystère se concrétise dans la vie de l'Église. Le Christ demeure présent dans son Église. Dans l'Église, nous trouvons le Christ, qui est “le chemin, la vérité et la vie” qui nous conduit au Père, source et sommet de notre existence et chemin de la vie. ».

La deuxième lecture, tirée de la première lettre de Pierre, décrit l'Église comme un temple vivant bâti sur le Christ, le “pierre vivante”Il est la pierre angulaire, celui qui maintient l'ensemble. Mais il est aussi la pierre que certains rejettent, celle sur laquelle certains trébuchent. L'Église, bâtie sur lui et formée par lui“pierres vivantes”, partage ce même mystère.

La première lecture, de Actes des Apôtres, Cela illustre cette réalité. La première communauté chrétienne a connu des tensions : les Grecs se plaignaient des Hébraïsants, car leurs veuves étaient négligées dans le service quotidien. La diversité culturelle a engendré des malentendus et des divisions. Cependant, l’Église étant fondée sur le Christ, une solution a été trouvée. Les Apôtres ont discerné les problèmes, délégué les responsabilités et préservé ainsi l’unité de l’Église. La faiblesse humaine n’a pas détruit l’Église. 

Voici l’Église à laquelle nous appartenons : une réalité diverse, unie dans le Christ, dans laquelle chacun de nous est un “pierre vivante”En tant que membres vivants de l'Église, l'apôtre Pierre nous appelle “ une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple appartenant à Dieu. ”. C’est là notre dignité et un don précieux. Parallèlement, nous avons la mission d’annoncer les merveilles du Christ. Nous sommes appelés à être fidèles à ce don que Dieu a fait à l’Église et à ne plus laisser nos limites humaines le détruire.

La question de Thomas devient donc aussi la nôtre : « Comment pouvons-nous connaître le chemin ? » Nous connaissons le chemin en demeurant en Christ. Nous demeurons en Christ en demeurant dans son Église comme des pierres vivantes. Le chemin vers le Père n'est pas une carte, mais une personne vivante, une réalité vivante.

Vatican

Le pape exprime sa gratitude pour les richesses reçues de l'Afrique et espère un avenir de dignité.

Le pape Léon XIV considérait sa visite dans quatre pays africains, en tant que messager de paix, comme un don inestimable pour son cœur et son ministère. De plus, il put consolider des liens importants avec les Pères de l'Église, le monde islamique et le continent africain.

Rédaction Omnes-29 avril 2026-Temps de lecture : 3 minutes

“ La visite du Pape a été l’occasion pour le peuple africain de faire entendre sa voix, d’exprimer la joie d’être le peuple de Dieu et l’espoir d’un avenir meilleur et digne pour chacun. ” C’est ce qu’a déclaré Léon XIV lors de l’audience du mercredi 29 avril, fête de sainte Catherine de Sienne, à laquelle le Pontife a fait référence à la fin de sa catéchèse.

Le Saint-Père a exprimé sa gratitude pour la visite et a rendu grâce au Seigneur pour ce qu'ils lui ont apporté : une richesse inestimable pour mon cœur et mon ministère.

De plus, lorsqu'il évoque l'Algérie, pays à forte majorité musulmane (le Cameroun, l'Angola et la Guinée équatoriale sont majoritairement chrétiens), il fait référence à Saint Augustin et la consolidation des ponts pour le monde et pour l'Église.

Saint Augustin : les racines et les “ ponts très importants ”

Ce sont ses mots dans le Audience:

“ La Providence a voulu que la première étape se déroule précisément dans le pays où se trouvent les lieux saints de saint Augustin, à savoir l’Algérie. Ainsi, d’une part, j’ai pu renouer avec les racines de mon identité spirituelle. Et d’autre part, il m’a été possible de franchir et de consolider des ponts essentiels pour le monde et l’Église d’aujourd’hui : le pont avec l’époque féconde des Pères de l’Église ; le pont avec le monde islamique ; le pont avec le continent africain. ”.

Au sujet du saint évêque d’Hippone, il a fait remarquer que le voyage “ a été une occasion propice pour entrer dans l’école de saint Augustin. Par son expérience de vie, ses écrits et sa spiritualité, il est un maître dans la recherche de Dieu et de la vérité. Son témoignage est d’une grande importance aujourd’hui pour les chrétiens et pour tous. ”.

« En Algérie, j’ai reçu un accueil non seulement respectueux, mais aussi chaleureux. Nous avons pu constater par nous-mêmes et montrer au monde qu’il est possible de vivre ensemble comme des frères et sœurs, même de religions différentes, lorsque nous nous reconnaissons comme enfants d’un même Père miséricordieux ”, a déclaré le Pape.

Cameroun, Angola, Guinée équatoriale

Quant aux “ trois pays suivants que j’ai visités ”, la population, en revanche, était “ majoritairement chrétienne. J’ai donc été plongé dans une atmosphère de célébration de la foi, d’accueil chaleureux, caractéristique du caractère typique des Africains. ”.

Le Vicaire du Christ a révélé que, “ comme mes prédécesseurs, j’ai moi aussi vécu un peu de ce qui est arrivé à Jésus avec les foules de Galilée. Il les a vus assoiffés et affamés de justice, et il leur a proclamé : “Heureux les pauvres en esprit, heureux les doux, heureux ceux qui procurent la paix…” ».

Selon les propres mots du Pape : “ Au Cameroun, j’ai renouvelé l’appel à la réconciliation, à la justice et au développement intégral face à des défis tels que l’inégalité et la violence. En Angola, j’ai été témoin d’une Église vivante, purifiée par l’histoire, engagée pour la paix et le développement humain. Enfin, en Guinée équatoriale, j’ai été témoin d’une foi pleine d’espérance, en particulier parmi les jeunes et les plus démunis. ”.

Colombie : rejet de toute forme de violence

Dans ses paroles aux pèlerins hispanophones, le Saint-Père a révélé qu“” avec tristesse et inquiétude, j’ai appris la situation tragique de violence qui frappe le sud-ouest de la Colombie et qui a causé de lourdes pertes en vies humaines ».

“ J’exprime ma profonde sympathie, par la prière, aux victimes et à leurs familles ”, a-t-il ajouté, « et j’exhorte chacun à rejeter toute forme de violence et à choisir résolument la voie de la paix. ».

“ Tombez amoureux du Christ, comme Catherine. ”

En conclusion, après un salut particulier “ aux familles du Mouvement des Focolari, aux collaborateurs de 'Regnum Christi', et à certaines paroisses et institutions de pèlerinage ‘, le Pape a rappelé que ’ la liturgie est célébrée aujourd'hui Sainte Catherine de Sienne, ” Vierge dominicaine et Docteur de l’Église. ».

“ Chers jeunes, tombez amoureux du Christ, comme Catherine, pour le suivre avec enthousiasme et fidélité. Vous, chers malades, plongez vos souffrances dans le mystère de l’amour du Sang du Rédempteur, contemplé avec une dévotion particulière par la sainte de Sienne. ”.

“ Et vous, chers jeunes mariés, soyez, par votre amour mutuel, un signe de l’amour du Christ pour l’Église. ».

Polonais : libération de Dachau, martyre du clergé. Français : ‘ Joyeux mois de Marie ’.’

Aux pèlerins polonophones, le pape a rappelé l'anniversaire de la libération du camp nazi allemand de Dachau, date à laquelle ” vous célébrez la Journée du martyre du clergé polonais pendant la Seconde Guerre mondiale et invoquez la protection des évêques, des prêtres et des séminaristes, martyrs des totalitarismes du XXe siècle. “. 

“ Qu’ils intercèdent tout particulièrement pour les jeunes, afin qu’ils répondent avec courage à l’appel de Dieu ”, les a-t-il encouragés. 

Enfin, s'adressant aux francophones, il a évoqué la Vierge Marie : “ Je vous bénis et vous souhaite un joyeux mois de Marie ! ”.

L'auteurRédaction Omnes

Évangélisation

Marcos Pou, le jeune homme de Communion et Libération réputé pour sa sainteté

Alfonso Calavia vient de publier un nouvelle biographie -documenté et exhaustif- sur la vie de Marcos Pou.

Javier García Herrería-29 avril 2026-Temps de lecture : 3 minutes

J'ai entendu parler pour la première fois de Marcos Pou par un couple marié que je connaissais. L'épouse m'a raconté que, dans leur jeunesse, elle et son mari avaient un ami très spécial. Un jour, alors qu'ils discutaient avec lui de leurs fiançailles, il leur avait dit que leur relation était comme une belle rose. Elle reposait entre leurs deux mains, mais s'ils essayaient de la posséder, il se produirait la même chose que s'ils essayaient tous deux de retenir la fleur : ils finiraient par la détruire.

De cette manière, il les encourageait à vivre chastement pendant leurs fiançailles, sous-entendant qu'ils pouvaient profiter de la beauté de leur relation sans la gaspiller précipitamment. 

La vie de Marcos fut courte mais intense. Il mourut à l'âge de 23 ans dans un accident de voiture en février 2015, dix jours seulement après son entrée au séminaire de Barcelone. Né dans cette même ville en 1991, il y grandit au sein d'une famille catholique de six enfants. Il passa une partie de son enfance à Los Angeles avant de revenir à Barcelone.

Depuis sa disparition, de nombreux jeunes qui ne le connaissaient pas s'intéressent à sa vie et à son cheminement spirituel. Il est un modèle accessible : un athlète, un étudiant, avec des amis, une petite amie et, surtout, en proie aux doutes et aux incertitudes propres à la jeunesse du XXIe siècle. 

Un jeune homme à la recherche intense

Sa vocation sacerdotale s'est affirmée progressivement à partir de 2011, au cours d'un cheminement de discernement guidé par son directeur spirituel. Il ne s'agissait pas d'une rupture brutale avec sa vie antérieure, mais plutôt d'une rencontre graduelle avec le Christ. 

Il a d'abord étudié à l'école de Montserrat, puis à Abat Oliba Loreto, où il a rencontré des professeurs et des amis liés à Communion et libération, Cette expérience a profondément marqué sa foi. Il y a découvert une manière de vivre le christianisme alliant amitié, étude et une vision élargie de la vie, une combinaison qui l'a accompagné pendant des années.

Peu avant son entrée au séminaire, le directeur spirituel de Marcos lui demanda de raconter son histoire et comment le Seigneur l'avait progressivement transformé. Il en résulta un livre autoédité de 65 pages, un témoignage authentique et captivant qui permet de mieux connaître Marcos. Il y affirme que ce qui importait dans sa vie, ce n'était pas lui-même, mais “ ce que le Christ a accompli dans ma vie ”, une phrase que beaucoup ont interprétée comme son testament spirituel. 

Dans ces pages, il ne cache pas ses souffrances et ses crises, à commencer par son comportement déplacé envers les filles durant son adolescence, ce qui l'a conduit à une vie tiède, loin de la foi. Naturellement, il nourrissait aussi de nombreux doutes quant à sa vocation, d'autant plus qu'il avait une petite amie qui, soit dit en passant, l'a beaucoup soutenu dans sa démarche de discernement. 

De l'université au séminaire

Elle a étudié la physique à l'Université de Barcelone et a obtenu son diplôme en 2015, peu avant son décès. Pendant trois ans, elle a coordonné un groupe d'étudiants de l'association Communion et Libération, organisé des conférences et mené une vie très active, mêlant études, amitiés, sport et engagement religieux. 

Elle a également été bénévole auprès des Missionnaires de la Charité à Calcutta et a participé aux Journées mondiales de la jeunesse à Madrid en 2011.

Le 11 février 2015, jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes, il entra au séminaire conciliaire de Barcelone. Son séjour y fut bref : il mourut le 21 février, dix jours plus tard, dans un accident de moto. La nouvelle bouleversa sa famille, ses amis et la communauté ecclésiale de Barcelone, où une foule immense se rassembla à ses obsèques, débordant de la chapelle du séminaire.

La mort et son impact

La mort de Marcos fut soudaine et tragique, mais son impact ne se limitait pas aux circonstances de l'accident. Déjà largement reconnu pour son authenticité, son dévouement et sa joie communicative, son décès fut d'autant plus poignant qu'il fut la perte d'une personne véritablement unique. Amis et connaissances venus de différentes villes et pays lui ont rendu un dernier hommage, témoignant de l'étendue des liens qu'il avait tissés en quelques années seulement.

Son père spirituel et ses proches ont souligné que Marcos ne parlait pas de la foi comme d'une idée abstraite, mais comme d'une expérience concrète et raisonnée qui imprégnait sa manière d'étudier, de travailler et d'interagir avec autrui. Cette cohérence personnelle explique en partie pourquoi son histoire continue de circuler pendant des années, notamment auprès des jeunes qui recherchent des modèles proches de leur vécu plutôt que des figures distantes ou idéalisées.

Marcos n'était pas parfait, mais son parcours de vie comprenait tous les ingrédients classiques qui jalonnent un chemin : les études, les amitiés, l'amour, le service aux autres, les doutes, les choix et une décision radicale prise lorsqu'il a cru avoir trouvé sa voie. Sa vie fut courte mais incroyablement intense, et c'est ce qui explique la résonance de son histoire auprès d'une génération habituée à s'interroger sur ce qui a vraiment de la valeur.

11 ans après sa mort, Association des Amis de Marcos Pou, promeut la connaissance de sa vie et diverses initiatives d'évangélisation.


Il n'y a pas de plus grand amour.

Auteur: Alfonso Calavia Arespacochaga
Editorial: Rencontre
Année: 2026
Nombre de pages: 366
CollaborateursÁlvaro Presno

On retrouve même la trace du créateur chez les insectes.

Saint Bonaventure considérait que la création n'apparaît pas comme un ensemble d'entités autosuffisantes, mais comme un réseau de vestige: des empreintes qui renvoient aux empreintes de leur Créateur.

29 avril 2026-Temps de lecture : 3 minutes

Depuis mon enfance, la forme biomécanique unique des insectes me fascine autant qu'elle me perturbe. Le funicule des antennes, l'insertion des coxas, la transition entre le pronotum et les élytres, leur texture et leurs pointillés si particuliers… autant de choses familières et étrangères à la fois. C'est peut-être pour cela qu'illustrer des insectes est si efficace pour canaliser mon tempérament impatient et souvent distrait. Je n'appellerais pas cela un passe-temps, ni une inclination spontanée. C'est plutôt une forme d'autodiscipline.

Des heures d'exploration physionomique, d'archétypes et de graphite. Avec le temps, on apprend à regarder – même si dessiner reste un défi. Et comme tout amateur de portrait le sait, bien regarder est la base d'une bonne vision. Une attention soutenue suffit pour que la forme cesse d'être simplement résolue et que l'apparence se densifie. On commence à découvrir des détails, des secrets, à se poser des questions : qu'est-ce qui fait qu'une telle chose existe ? Non pas au sens trivial de sa fonction (qui est étudiée en profondeur par l'entomologie), mais au sens plus exigeant : qu'est-ce qui fait véritablement exister une telle chose…

L'architecture complexe du système circulatoire des ailes des odonates (une libellule, par exemple) est-elle le fruit d'un caprice ontologique autant que d'un caprice évolutif ? Ses bifurcations recèlent-elles le secret de la parole divine, à l'instar des taches du tigre qui terrifiaient le prisonnier ? L'Aleph?

Je ne fais pas référence à une image suggestive, ni à une métaphore pieuse, mais à une structure précise : « une phrase dont la lecture – si elle était possible – suffirait à libérer ou à détruire ». Borges a sagement choisi de ne pas s’étendre davantage sur le sujet.

Oui.

Oui, et dix fois oui.

La tradition occidentale classique n'a jamais conçu le monde comme une simple collection d'éléments donnés. Elle l'a plutôt appréhendé comme une structure de référence. Non pas parce que chaque créature recèle un sens caché, mais parce qu'aucune n'est épuisée par ce qu'elle révèle. Dans la mesure où elle existe, par son être même, elle renvoie… à quoi ? À son Créateur, si je puis dire…

Buenaventura considérait que la création n'apparaît pas comme un ensemble d'entités autosuffisantes, mais comme un réseau de vestigeDes traces qui pointent au-delà de ce qu'elles montrent. Non pas une présence nue de leur Créateur, certes, mais une trace de Lui. Tout ne pointe pas avec la même clarté, et toute créature ne peut être interprétée de la même manière ; mais rien ne demeure totalement hors de cette grammaire.

La diversité des choses créées — nous dit le thomisme — n'est ni un accident ni un excès toléré : elle est une condition de la perfection du tout. La plénitude n'est pas concentrée au sommet et diluée vers le bas ; elle est répartie. « La perfection de l'univers exige qu'il y ait des inégalités entre les choses, afin que toutes les perfections possibles soient représentées. » (Somme théologique q. 47).

Pourquoi y a-t-il une forme là où il n'y en aurait peut-être pas ? Pourquoi une détermination là où l'indétermination suffirait ? Dès lors, la question n'est pas de savoir si les choses “ signifient ” quelque chose, comme si elles portaient un message codé, mais si leur cohérence ontologique même constitue déjà une manière de parler. Elles n'ajoutent pas de sens ; elles sont le sens en acte. La Création ne parle pas de Dieu : elle parle de Lui. « Interrogez le monde, interrogez la beauté de la terre, interrogez toutes choses : elles vous répondront : nous ne sommes pas Dieu, mais Il nous a créés. » (Sermon 241). Les choses ne disent pas ce qu'elles sont ; elles disent de qui elles viennent, comme dirait saint Augustin.

Ce qui est créé, dans la mesure où il est créé, est déjà un lieu d'accès. Mutatis mutandis, On découvre autant de secrets précieux en contemplant l'ordre des sphères célestes qu'en observant attentivement l'architecture d'un insecte commun. Aucune accumulation de grandeur ne nous rapproche plus de l'origine que la plus humble des formes, car ce qui importe n'est pas la quantité de l'être, mais sa nature reçue ; toutes deux sont, à proprement parler, également disproportionnées à leur origine, et toutes deux nous parlent de leur Créateur. Et il existe, en effet, des paroles puissantes – à commencer par le pouvoir de transformer le dessin en prière.

L'auteurÁlvaro Presno

Il est titulaire d'un doctorat en ingénierie et d'un doctorat en mathématiques. Il est membre du groupe de travail sur l'intelligence artificielle de la Société des scientifiques catholiques d'Espagne.

Vatican

Le pape s'adresse au chef anglican Mullally : “ Surmontons nos différences. ”

Bien que le chemin vers la pleine communion soit devenu “ plus difficile à discerner ”, catholiques et anglicans doivent poursuivre le dialogue et “ proclamer le Christ au monde ”, a déclaré le pape Léon XIV lors de sa première rencontre avec l’archevêque anglicane de Canterbury, Sarah Mullally.  

OSV / Omnes-29 avril 2026-Temps de lecture : 4 minutes

– Junno Arocho Esteves (OSV Actualités)

Dans son discours à l’archevêque Mullally lors de sa visite au Vatican le 27 avril, le pape a reconnu que, malgré les progrès considérables accomplis sur les “ questions historiquement clivantes, de nouveaux problèmes sont apparus ces dernières décennies ” qui ont rendu le “ chemin œcuménique ” plus difficile. 

Il a toutefois ajouté : “ Ce serait un scandale si nous ne continuions pas à œuvrer pour surmonter nos différends, aussi irréconciliables puissent-ils paraître. ”.

Chapelle d'Urbain VIII, XVIIe siècle

Selon un communiqué de son bureau, l'archevêque Mullally s'est joint au pape pour la prière de midi dans la chapelle Urbain VIII, datant du XVIIe siècle et située dans le palais apostolique.

En accueillant l’archevêque au Vatican, le pape Léon XIII a fait remarquer que, tandis que “ notre monde souffrant a désespérément besoin de la paix du Christ, les divisions entre chrétiens affaiblissent notre capacité à être des porteurs efficaces de cette paix ”.  

“ Si le monde veut accueillir notre prédication avec sincérité, nous devons donc être constants dans nos prières et nos efforts pour lever tout obstacle qui entrave la proclamation de l’Évangile ”, a déclaré le Pape. 

“ Cette insistance sur la nécessité de l’unité pour une évangélisation plus fructueuse a été un thème récurrent dans mon ministère ; en fait, elle se reflète dans la devise que j’ai choisie lors de mon ordination comme évêque : ‘ In Illo uno unum ’, ‘ En celui qui est le Christ, nous sommes un ». ».

Le pape Léon XIV prie avec l'archevêque anglicane Sarah Mullally de Canterbury dans la chapelle d'Urbain VIII au Palais apostolique du Vatican lors de leur rencontre le 27 avril 2026 (Photo OSV News/Simone Risoluti, Vatican Media).

‘Embarquons ensemble pour un voyage d'amitié et de dialogue.’

Bien que le chemin œcuménique vers la communion soit complexe, le pape Léon XIV a affirmé que l’Église catholique et l’Église d’Angleterre continuent de “ cheminer ensemble sur la voie de l’amitié et du dialogue ”.

Il a également prié pour que le Saint-Esprit, “ que le Seigneur a répandu sur les disciples la nuit suivant sa résurrection, guide nos pas tandis que nous recherchons, dans la prière et l’humilité, l’unité qui est la volonté du Seigneur pour tous ses disciples. ”.

“ Votre Grâce, en vous remerciant de votre visite aujourd’hui, je prie pour que le même Esprit Saint demeure toujours avec vous, vous rendant fécond dans le service auquel vous avez été appelé ”, a déclaré le Pape.

Dans son message au pape Léon XIII, publié par son bureau, l'archevêque Mullally a exprimé sa gratitude pour avoir dénoncé “ les nombreuses injustices de notre monde ”, notamment lors de son récent voyage apostolique en Afrique.

Mullally : ‘ Cette vision du bien commun »

“ Le monde avait besoin de ce message en ce moment ; merci ”, a-t-il déclaré. “ Il nous a rappelé que, malgré nos souffrances, les gens aspirent à une vie pleine et entière, et que tant de personnes œuvrent chaque jour pour cette vision du bien commun. ”.

L’archevêque de Canterbury a souligné que, dans le cheminement œcuménique entrepris par les catholiques et les anglicans, l’Esprit Saint nous invite à une pratique plus profonde de l’hospitalité, non pas simplement comme un accueil, mais comme une forme de ministère.

Il s’agit de “ la volonté de se laisser mutuellement l’espace nécessaire, en tant qu’êtres créés à l’image de Dieu et appelés à grandir pleinement à sa ressemblance ”, a-t-il déclaré. “ Nous recevons déjà les uns des autres des dons que nous ne pouvons pas produire par nous-mêmes : la profondeur de la prière, le courage du témoignage, la persévérance dans l’épreuve et la fidélité au service. En cela, notre témoignage commun se trouve fortifié. ”.

Le pape Léon XIV prie avec le roi et la reine d'Angleterre lors de leur visite au Vatican le 23 octobre 2025 (@CNS photo/Vatican Media).

En souvenir de la visite du roi Charles et de la reine Camilla au Vatican

En souvenir de la visite du roi Charles III et de la reine Camilla au Vatican En octobre, le chef anglican Mullally a déclaré que le monarque britannique “ avait apprécié sa récente visite ” et a assuré le pape Léon “ d'un accueil chaleureux de la part de l'Église d'Angleterre s'il venait à honorer le Royaume-Uni d'une visite ”.

Nommée archevêque de Canterbury par le roi Charles en octobre, Sarah Mullally est la première femme à diriger l'Église d'Angleterre “ en 1 400 ans d'histoire ”, selon l'Église d'Angleterre. Diocèse de Canterbury .

Les anglicans revendiquent 1 400 ans d'histoire car ils considèrent l'Église d'Angleterre non pas comme une nouvelle entité créée lors de la Réforme du XVIe siècle, mais comme la continuation de l'Église établie en Angleterre par un saint catholique., Saint Augustin de Canterbury, en l'an 597 après J.-C.

La rencontre de l'archevêque Mullally avec le pape Léon XIII s'inscrivait dans le cadre d'un pèlerinage de quatre jours à Rome qui, selon son bureau, vise à “ renforcer les relations anglicanes-catholiques romaines par la prière, la rencontre personnelle et le dialogue théologique formel ”.

Dans le contexte de la réunion historique de 1966

“ La visite de l’archevêque de Canterbury s’inscrit dans le cadre des relations œcuméniques de longue date entre la Communion anglicane et l’Église catholique romaine, qui trouvent leurs racines dans la rencontre historique de 1966 entre l’archevêque Michael Ramsey et le pape Paul VI ”, a rapporté le service de presse de la Communion anglicane. 

Le pèlerinage a débuté le 26 avril par une visite à la basilique Saint-Pierre et à la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs à Rome, afin de se recueillir sur les tombeaux des apôtres. Dans un tweet publié sur X, l'archevêque Mullally a demandé des prières “ pour l'unité de ses disciples et de tout le peuple de Dieu ”.

“ Notre monde est profondément blessé par la guerre, la division et la peur, et aspire à la paix, à la justice, à la réconciliation et à l’espérance que l’on ne trouve qu’en Jésus-Christ. Nous sommes appelés à proclamer et à vivre cet Évangile ensemble, pour le bien du monde que Dieu aime tant ”, a-t-il écrit. 

Dans l'après-midi, après sa rencontre avec le pape Léon XIV, l'archevêque Mullally présidera les vêpres à l'église Saint-Ignace-de-Loyola, avec le cardinal Luis Antonio Tagle, pro-préfet du dicastère pour l'évangélisation, comme prédicateur.

Selon le bureau de l'archevêque, l'archevêque Mullally nommera l'évêque anglican Anthony Ball, directeur du Centre anglican de Rome, comme son représentant auprès du Saint-Siège.

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Junno Arocho Esteves est correspondant international pour OSV News. Suivez-le sur X : @jae_journalist.

L'auteurOSV / Omnes

Culture

Quatre femmes docteurs de l'Église sont à l'affiche d'un programme de ‘ Documentos RNE ’.’

Sainte Catherine de Sienne, fêtée le 29 avril, Thérèse d'Avila, Thérèse de Lisieux et Hildegarde de Bingen sont les quatre seules femmes docteurs de l'Église parmi les 38 docteurs reconnus. La RNE (Radio nationale espagnole) leur a consacré une émission audio, avec la participation de plusieurs spécialistes.

Francisco Otamendi-29 avril 2026-Temps de lecture : 4 minutes

‘ Docteurs de l’Église : mystiques, visionnaires et théologiens ’ est le titre du programme « Documents » de RNE consacré aux quatre seuls Docteurs de l’Église nommés à ce jour : sainte Catherine de Sienne, sainte Thérèse d’Avila et sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus (Lisieux), les Carmélites déchaussées et l’abbesse bénédictine Hildegarde de Bingen.

Avec un scénario d'Ana Vega Toscano et une conception sonore de Samuel Alarcón, ce documentaire peut être écouté ici Le programme aborde le parcours des quatre femmes médecins en suivant la chronologie de leurs nominations. Des enregistrements historiques des archives de la RTVE, illustrant chaque proclamation, sont également présentés dans le programme (47' 45").

Experts

Le programme met en vedette, entre autres experts, Silvia Mas, professeur au département d'histoire de l'Église à l'Université pontificale de la Sainte-Croix et éditeur du livre ‘ Docteurs de l'Église et patrons de l'Europe ’. Josémi Lorenzo Arribas, Docteure en histoire médiévale et spécialiste du monachisme féminin. José Carlos Martín de la Hoz, Il est titulaire d'un doctorat en histoire de la théologie, membre de l'Académie d'histoire ecclésiastique et professeur au programme de maîtrise du Dicastère pour les causes des saints. Victoria Cirlot, Professeur de philologie romane à l'université Pompeu Fabra, éditrice d'Hildegarde de Bingen en espagnol et auteure de ‘ Le regard intérieur : le mysticisme féminin au Moyen Âge ’.

Quatre docteurs, et d'autres en cours d'études

Le titre de Docteur de l'Église a été institué à la fin du XIIIe siècle, mais aucune femme n'a été reconnue avant 1970, année où Sainte Paul VI nomme le saint d'Ávila médecin Sainte Thérèse de Jésus déjà sacré Catherine de Sienne, tertiaire dominicain du XIVe siècle. 

Près de trois décennies plus tard, en 1997, Saint Jean Paul II y compris le saint français Thérèse de Lisieux, une jeune carmélite déchaussée décédée en 1897. Enfin, en 2012, Benoît XVI a promu le doctorat de la femme allemande Hildegard de Bingen, une abbesse bénédictine aux multiples facettes qui vécut au XIIe siècle.

D'autres figures religieuses font actuellement l'objet d'études en vue d'une éventuelle reconnaissance ; parmi elles, le carme déchaux et philosophe Sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, Juif converti né Edith Stein, et est mort à Auschwitz.

Quelques coups de pinceau. Sainte Thérèse d'Avila

“ Un Docteur de l’Église est une figure qui incarne la sainteté de vie, une pensée conforme à l’Évangile, à la transmission de la vie de l’Église et à une doctrine cohérente. Mais avant tout, ce qu’il faut à un Docteur de l’Église, c’est une érudition éminente, moins en étendue qu’en profondeur ”, explique la professeure Silvia Mas.

L'enregistrement audio contient la voix de saint Paul VI en espagnol correct en 1970, lorsqu'il a déclaré sainte Thérèse de Jésus (1515-1582) Docteur de l'Église, lors d'une cérémonie sans précédent dans l'Église à cette époque, au cours de laquelle il fait deux observations “ qui nous semblent importantes ”, dit le Pape (5' 53").

“ La mission sublime des femmes au sein du Peuple de Dieu ”

Tout d’abord, “ sainte Thérèse d’Avila est la première femme à qui l’Église a conféré le titre de docteur ”. Ensuite, il y a le souvenir de la phrase “ sévère ” de saint Paul : ‘ Les femmes doivent rester silencieuses dans les églises ’. Cependant, saint Paul VI affirme que cela n’implique ni violation du précepte apostolique ni ” mépris pour la sublime mission des femmes au sein du Peuple de Dieu “.

“ Thérèse d’Avila est unanimement reconnue par tous les mouvements féministes comme une penseuse et une femme d’une énergie immense, qui a élargi les horizons et ébranlé les fondements patriarcaux ”, déclare le Dr Josemi Lorenzo Arribas. “ Dans la culture de la péninsule Ibérique, il n’y a peut-être pas eu d’autre femme d’une telle importance historique. ”.

Sainte Catherine de Sienne, 29 avril

Le 4 octobre 1970, quelques jours après sainte Thérèse, une autre femme fut proclamée Docteur de l'Église, sainte Catherine de Sienne, également par saint Paul VI. Le document de la RNE propose le témoignage audio en espagnol (14' 20").

Catherine de Sienne (1347-1380), décédée à l'âge de 33 ans, était reconnue comme mystique, prédicatrice et écrivaine, notamment pour son ouvrage ‘ Le Dialogue avec la Divine Providence ’, en plus de son rôle décisif dans la résolution de la soi-disant papauté d'Avignon (France) par sept papes entre 1309 et 1377, indique l'enregistrement audio.

Le pape était à Avignon ; il n'avait aucune indépendance.

“ Sainte Catherine de Sienne est la femme clé de la réforme de l’Église. La première grande réforme de l’Église devait commencer par le retour du pape à Rome. Le pape était à Avignon, dominé par le pouvoir français, il n’avait aucune indépendance ”, explique l’historien José Carlos Martín de la Hoz (17' 25").

“ Il était important que le Pape revienne et relance la Curie romaine, qu'elle devienne indépendante et universelle, afin qu'elle puisse retrouver le grand sens de l'Église. ”.

“Ella fue la primera persona que llamó al Papa el ViceCristo, y procuraba tener diálogo con el Papa, para tener diálogo con Dios”.

Carta al Papa Gregorio XI para que vuelva a Roma

El documento recoge la carta de Santa Catalina de Siena al Papa Gregorio XI para que vuelva a Roma. Santa Catalina mantuvo un abundante epistolario con personajes de la época.

“Ella tenía que preparar el terreno de Roma. No sólo fue al Papa y le dijo: Ven. Ella tuvo que ir y recuperar los Estados Pontificios, para que el Papa pudiera venir y tuviera a Gil de Albornoz, el hombre fuerte de aquella época, que se alía con Catalina de Siena, para empezar a poner orden en los Estados Pontificios”, añade el académico Martín de la Hoz.

Santa Teresa Benedicta de la Cruz, en estudio

El documento recoge también el testimonio sonoro (22’ 07”) de la declaración de San Juan Pablo II otorgando el título de Doctora de la Iglesia a santa Teresa del Niño Jesús. Y también el de Benedicto XVI (27’ 11”) sobre santa Hildegarda de Bingen, mujer sobre la que se explayan los expertos, como la catedrática Victoria Cirlot.

Sobre Santa Teresa Benedicta de la Cruz (Edith Stein), dice Silvia Mas: “Se está revisando toda su producción escrita, era filósofa, alumna de Husserl, padre de la fenomenología, y escribió ‘Ser finito y ser eterno’. Fue una de las mujeres que luchó por el derecho al voto femenino, en los años veinte del siglo pasado”.

L'auteurFrancisco Otamendi

Vatican

Des missionnaires expliquent le véritable but du voyage du pape en Afrique.

El propio León XIV señaló a los periodistas en uno de los vuelos que realizó, que hubo muchas interpretaciones del viaje alejadas de lo que realmente ocurría.

OSV / Omnes-28 de avril de 2026-Temps de lecture : 7 minutes

Inés San Martin, OSV News

Mientras el Papa León XIV respondía a lo que ha descrito como una narrativa inexacta en torno a su primer viaje a África, misioneros que trabajan en todo el continente aseguran que la visita refleja algo mucho más fundamental que un debate político.

«Ha habido una cierta narrativa que no ha sido del todo exacta en todos sus aspectos», dijo el Pontífice a los periodistas el 18 de abril, mientras viajaba entre Camerún y Angola, señalando que gran parte de la cobertura se había convertido en «comentario sobre comentarios».

Sin embargo, sobre el terreno, quienes viven la realidad cotidiana de la Iglesia en África describen una visita centrada en temas que conocen bien: fraternidad, paz, sanación y esperanza. Y todo ello, arraigado en Cristo.

Un deseo que viene de lejos

En muchos sentidos, el viaje también representa el cumplimiento de un deseo personal de hace mucho tiempo. Días después de su elección en mayo de 2025, León XIV ya había señalado su intención de viajar a África, comenzando por Argelia, la tierra de San Agustín de Hipona, cuyo pensamiento y espiritualidad han marcado su propia vocación como agustino.

Es también un continente que conoce de primera mano. Incluso como obispo de Chiclayo, Perú, el futuro Papa realizó repetidos viajes a África, especialmente a Nigeria, manteniendo estrechos vínculos con comunidades misioneras y desarrollando una visión pastoral marcada por esos encuentros.

Ese trasfondo ayuda a explicar por qué, como dijo a los periodistas durante el vuelo, ve el viaje en términos simples: «Vengo principalmente a África como pastor… para estar, celebrar, animar y acompañar a todos los católicos de África».

Argelia

En Argelia, donde los cristianos constituyen una minoría diminuta en un país predominantemente musulmán, la misionera española Mercè Gassiot afirmó que esa presencia -discreta, humilde y relacional- define la misión de la Iglesia.

«Nuestra Iglesia es pobre, muy pequeña, pero llena de diversidad», dijo Gassiot, quien vive en el país desde 1969. «La fraternidad se construye día a día, viviendo juntos, trabajando juntos, compartiendo tanto las dificultades como las alegrías de la vida cotidiana».

Para ella, el énfasis del Papa en el diálogo y la convivencia refleja lo que los católicos en Argelia ya buscan vivir.

Hablando en la Gran Mezquita de Argel, el Papa León XIV subrayó esa visión, insistiendo en que «buscar a Dios es también reconocer la imagen de Dios en cada criatura», y que esto conduce a aprender «a vivir juntos con respeto por la dignidad de cada persona humana».

Volvió a la figura de Saint-Augustin como puente entre pasado y presente, diciendo a los periodistas al dejar el país que la invitación del santo a buscar a Dios y la verdad es algo muy necesario para todos hoy.

Con mulsulmanes

Ese mismo espíritu se vio en Annaba, donde la hermana Carmen María de Justín, de las Hermanitas de los Pobres, recibió al Papa en un hogar para ancianos, donde casi todos los residentes son musulmanes.

«Fue maravilloso, se emocionó al verlos», dijo, describiendo cómo el Papa saludó a los residentes durante su visita. Para las hermanas, que desde hace tiempo sirven en un entorno mayoritariamente musulmán, la visita fue tanto una confirmación como un aliento. «Ha sido una gran recompensa a nuestro trabajo… nos ha dado fuerza para continuar», dijo a OSV News.

El encuentro también reflejó la respuesta más amplia de la población local. «La casa estaba llena de musulmanes», dijo, señalando que los vecinos ayudaron a preparar el lugar para recibir al Papa.

El hogar incluso cuenta con una pequeña mezquita para los residentes, «para que puedan rezar como nosotros lo hacemos en nuestra capilla», dijo, una expresión cotidiana de la convivencia que el Papa ha destacado durante toda la visita.

«Pienso que el Señor, desde el cielo, viendo una casa como esta, donde se busca vivir juntos en fraternidad, puede pensar: ¡pues hay esperanza!’», dijo el Papa en sus breves palabras en el hogar «Ma Maison», donde dedicó más tiempo a saludar personalmente que a hablar.

«El corazón de Dios está desgarrado por las guerras, la violencia, las injusticias y las mentiras. Pero el corazón de nuestro Padre no está con los malvados, con los prepotentes, con los soberbios; el corazón de Dios está con los pequeños, con los humildes», dijo el Papa.

Amitié

Para misioneros como Gassiot y la hermana Carmen María, ese mensaje de evangelización a través de la amistad resuena profundamente en un contexto donde la vida diaria se desarrolla casi por completo en un entorno musulmán. Y es una vida de fe cimentada en el testimonio de los mártires, a quienes el Papa también honró durante su visita.

En el Centro de Acogida y Amistad dirigido por las Hermanas Agustinas Misioneras en el barrio Bab El Oued de Argel, el Papa se reunió con religiosas y conoció su labor, que incluye apoyo educativo, clases de idiomas y programas para mujeres.

Martyrs

Reflexionando sobre el legado de las hermanas Caridad Álvarez Martín y Esther Paniagua Alonso -asesinadas el 23 de octubre de 1994, en el Domingo Mundial de las Misiones, cuando se dirigían a Misa-, el Papa León XIV enmarcó sus muertes dentro de un llamado más amplio al testimonio.

«Tal vez lo que ustedes hacen aquí va mucho más al corazón de lo que debe ser la vida agustiniana -la vida consagrada en la Iglesia- en un mundo donde el martirio es realmente necesario, pero el martirio en el sentido de la palabra: testimonio», dijo.

Las dos hermanas forman parte de los 19 mártires de Argelia beatificados en 2018, reconocidos por permanecer junto al pueblo argelino pese al aumento de la violencia durante la guerra civil que comenzó en 1992.

Esa decisión de quedarse no fue automática. «La pregunta fundamental era: ¿qué voy a hacer personalmente, quedarme o irme temporalmente?», recordó la hermana María Jesús Rodríguez, entonces superiora provincial de las Hermanas Agustinas Misioneras, quien se encontraba en Argelia en ese momento.

A medida que aumentaban las amenazas contra extranjeros y cristianos, los obispos del país pidieron a los religiosos discernir libremente su camino. «Ambas opciones eran legítimas y muy buenas», dijo la hermana Rodríguez, señalando el «triple» riesgo que enfrentaban: «por ser extranjeros, por ser cristianos y simplemente por estar allí».

Cameroun

En Camerún, el mensaje del Papa adquirió un tono más urgente. En Bamenda, una región marcada por un conflicto separatista que ha cobrado miles de vidas y alterado la vida cotidiana durante años, la hermana María José de la Plata afirmó que la decisión del Papa de ir ya era significativa.

«Es un signo de cercanía -está con el pueblo», dijo. «Está dispuesto a correr el riesgo para decirle a un pueblo que ha sufrido durante años que no está olvidado».

Describió una realidad en la que la inseguridad se ha vuelto rutina. «Nos hemos acostumbrado a los ‘lunes fantasma’, sin mercado, sin escuela, sin transporte», dijo, refiriéndose a los cierres semanales impuestos en medio del conflicto.

Sin embargo, incluso en ese contexto, la misión continúa. «Cada día que abrimos la escuela o el centro, a pesar de los riesgos, ofrecemos esperanza y la presencia de Dios en este rincón del mundo».

Al dirigirse a la comunidad, el Papa reconoció el sufrimiento mientras destacaba su resiliencia, llamando a la región una «tierra ensangrentada, pero fértil». «No hay que inventar la paz», dijo durante el encuentro por la paz el 16 de abril. «Hay que acogerla, asumiendo al prójimo como nuestro hermano y como nuestra hermana».

Para la hermana de la Plata, la visita en sí misma transmite un mensaje: que el conflicto no ha sido ignorado y que la Iglesia sigue presente.

Angola

En Angola, los misioneros afirman que el enfoque del Papa en la sanación y la justicia habla directamente al pasado y presente del país. Tras una guerra civil de 27 años que terminó en 2002, muchas heridas permanecen: desigualdad económica, infraestructura frágil y comunidades que aún se recuperan de décadas de violencia.

La hermana María José Valero, de las Hijas de la Caridad, describió una misión que abarca escuelas, centros de salud, pastoral penitenciaria y acompañamiento pastoral. «Nuestra misión aquí incluye educación, atención médica y acompañar a las personas en todos los aspectos de la vida», dijo, señalando las múltiples necesidades de la población.

León XIV reflejó esa realidad en su discurso a las autoridades civiles en Luanda el 18 de abril, advirtiendo contra sistemas económicos que reducen a las personas a mercancías y llamando a un modelo de desarrollo basado en la dignidad humana. «Es necesario romper este ciclo de intereses que reduce la realidad, e incluso la vida misma, a simples mercancías», dijo.

En el santuario mariano de Mama Muxima -un lugar de profunda significación espiritual, pero también ligado a la historia del comercio transatlántico de esclavos-, el Papa conectó la fe con la responsabilidad concreta.

«Rezar el Rosario nos compromete a amar a cada persona … y a dedicarnos al bien de los demás, especialmente de los más pobres», dijo. Para los misioneros, esa conexión entre oración y acción refleja el trabajo cotidiano de la Iglesia.

Guinea Ecuatorial

En Guinea Ecuatorial, aunque la acogida de quienes pudieron asistir fue sumamente entusiasta, en zonas remotas lejos de la capital muchos católicos no pudieron participar en los eventos ni siquiera seguirlos a través de los medios locales.

Cinco décadas de un gobierno autoritario de Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, quien tomó el poder en 1979, han dejado al país con infraestructura limitada, incluido el acceso a televisión o servicios de transmisión.

La hermana Concepción González, que trabaja en una comunidad rural, describió la visita como algo vivido «a distancia –una distancia física, y también de otros tipos».

«Muchas personas aquí ni siquiera podrán verlo», dijo. Sin embargo, la necesidad de esperanza no es menor. «Si la esperanza es lo último que se pierde, entonces tal vez es donde más se necesita: en el ámbito de la salud, donde muchos llegan demasiado tarde», dijo. «Los niños son felices, pero a veces se puede ver en sus ojos una sombra, algo que habla de una vida diferente y mejor».

Aun así, espera que el Papa lleve consigo esa realidad más allá de los breves días de la visita. «Le pediría que se lleve un pedazo de lo que ve aquí… y que lo presente al Señor», dijo.

El Papa afirmó en Mongomo, en la Basílica de la Inmaculada Concepción, que el lema elegido para su visita: «Cristo, Luz de Guinea Ecuatorial, hacia un futuro de esperanza», apunta a «quizás… el hambre mayor» en el país.

«Hay hambre de futuro, pero de un futuro habitado por la esperanza, que pueda generar una nueva justicia, que pueda dar frutos de paz y fraternidad».

Para los misioneros que viven en África, la visita del Papa no introdujo una agenda nueva, sino que reafirmó que su pastor está con ellos, comprende sus luchas y fortalece sus esperanzas.

L'auteurOSV / Omnes

Actualités

Su Beatitud Sviatoslav Shevchuk presenta en España su libro libro «Crónica de una guerra sacrílega»

El Arzobispo Mayor de Kyiv-Halyć y primado de la Iglesia greco-católica ucraniana presentará su obra el próximo 25 de mayo a las 19:00 en la sede de la Universidad CEU San Pablo de Madrid.

Maria José Atienza-28 de avril de 2026-Temps de lecture : < 1 minute

Su Beatitud Sviatoslav Shevchuk, jefe de la Iglesia greco-católica ucraniana y una de las voces internacionalmente reconocidas sobre el derecho a la paz y al respeto de la nación ucraniana presentará su libro «Crónica de una guerra sacrílega» en Espagne. 

Una oportunidad única de conocer el testimonio de Sa Béatitude Sviatoslav Shevchuk y cómo siguen afrontando, cada día, la dureza de una guerre que, a pesar de no ocupar grandes titulares, continúa desangrando la nación ucraniana.

Este volumen recoge las homilías y llamados del Arzobispo Mayor de Kyiv-Halyć durante el primer año de la invasión rusa a gran escala en Ucrania.

De sus páginas se desprende el testimonio espiritual del primer año de guerra, unos duros momentos en los que Shevchuk busca acompañar a su pueblo, ofreciendo consuelo, compasión y fortaleza frente a la barbarie. También se muestra la cercanía del Papa Francisco, quien, en sus continuas llamadas telefónicas con el jefe de la Iglesia greco-católica ucraniana, le traslada su unidad espiritual y la ayuda material que le es posible.

En esta obra fundamental, Su Beatitud ofrece un testimonio de primera mano y una reflexión profunda sobre la realidad del conflicto en Ucrania, analizando el impacto humano y espiritual de la guerra desde una perspectiva de fe. 

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La presentación, que tendrá lugar el próximo 25 de mayo a las 19:00 horasdans le Salón de Grados de la Université CEU San Pablo de Madrid (Julián Romea 23, Madrid), está organizada conjuntamente por Omnes y Su Beatitud Sviatoslav Shevchuk, y cuenta con el patrocinio de la Fondation CARF y Banco Sabadell, además de la colaboración de la Asociación Cultural Ángel Herrera Oria. 

Cinéma

« David », le film qui a connu un succès retentissant aux États-Unis, est présenté en avant-première.

Este jueves, día 30 de abril, llega a los cines españoles el estreno de "David", una película de animación de gran altura técnica.

Rédaction Omnes-28 de avril de 2026-Temps de lecture : 2 minutes

La apuesta cinematográfica de Angel Studios vuelve a ser muy ambiciosa. Su nueva producción animada, David (2025), ha debutado recaudando 22 millones de dólares en Estados Unidos, marcando un hito como el estreno animado de temática religiosa más taquillero hasta la fecha, superando incluso a El príncipe de Egipto. Firma además el mejor arranque de tres días en la historia del estudio, por encima incluso del fenómeno que supuso Le son de la liberté.

Este éxito confirma el músculo de una productora, que ya había conquistado al público con la serie Les élus, y que ahora traslada su enfoque accesible y emocional al terreno de la animación familiar. David adopta una estética claramente inspirada en el modelo clásico de Disney: narrativa directa, tono didáctico y un equilibrio constante entre aventura, humor ligero y números musicales que dinamizan el relato.

La trama

La película se centra en la figura de David, uno de los personajes más icónicos del Antiguo Testamento. Pastor en su juventud y posteriormente rey de Israel, su historia combina episodios de fe, valentía —como el célebre enfrentamiento con Goliat— y una gran dimensión espiritual reflejada en los salmos. El filme opta por una aproximación adaptada para los más pequeños: se detiene en su ascenso y en el conflicto con el rey Saúl, dejando fuera episodios más controvertidos o complejos de su vida, como el adulterio.

Esa decisión narrativa se traduce en un tono más amable. Los pasajes más duros del relato bíblico son suavizados —sin perder su esencia— para adaptarse a un público amplio, especialmente infantil. Así, la violencia queda sugerida y no explícita, y la historia se convierte en una puerta de entrada accesible al personaje.

En el apartado vocal, la versión original cuenta con nombres como Phil Wickham, Brandon Engman, Asim Chaudhry, Mick Wingert, Will de Renzy-Martin y Lauren Daigle. Las canciones, también bien adaptadas al español, aportan ritmo y refuerzan la película funcione con un ritmo convincente.

Dirigida por Phil Cunningham y Brent Dawes, con guion de Kyle Portbury, Sam Wilson y el propio Dawes, David hacer que la historia milenaria resulte cercana, entretenida para nuevas generaciones.

La fe vuelve a la órbita: Dios en la era de Artemis II

Durante años se planteó un conflicto artificial entre ciencia y fe, como si avanzar en una implicara abandonar la otra. Sin embargo, la experiencia concreta de quienes están en la frontera del conocimiento apunta en otra dirección.

28 de avril de 2026-Temps de lecture : 3 minutes

En 1968, durante la misión Apollo 8, tres astronautas leyeron el inicio del Génesis mientras orbitaban la Luna. Fue un gesto tan natural como sobrecogedor: en el momento de mayor avance científico de su tiempo, el ser humano miró al cielo, y pronunció el nombre de Dios. Aquel episodio quedó como símbolo de una intuición profunda: cuanto más lejos llega la ciencia, más se abre el hombre a Dios.

Décadas después, la misión Artemis II ha vuelto a situar a la humanidad en ese mismo umbral: entre la inmensidad del cosmos y el misterio de su origen. El gran protagonista ha sido Víctor Glover, piloto de la misión y primer afrodescendiente en viajar a la Luna, quien ha puesto de manifiesto su fe sin miedo y sin polémica.

El 6 de abril, momentos antes de que la cápsula Orión desapareciera tras la cara oculta de la Luna —ese instante siempre cargado de tensión y silencio—, Glover dirigió unas palabras a la Tierra. No habló de tecnología, ni de récords, ni siquiera de ciencia. Habló del amor. Recordó: “Cristo dijo, en respuesta a cuál era el mandamiento más grande, que era amar a Dios con todo lo que eres; y Él también, siendo un gran maestro, dijo que el segundo es igual a este: amar a tu prójimo como a ti mismo”, y concluyó con una frase que, en su sencillez, resume toda una cosmovisión: «los amamos desde la luna».

No es un discurso impuesto ni calculado. Es la expresión espontánea de alguien que, al contemplar el universo desde fuera, reconoce que la clave última no está en los sistemas, sino en el amor.

En otra intervención, durante la Pascua, Glover ofreció una imagen tan poderosa como accesible: la Tierra como una nave espacial. Una “nave” diseñada para albergar la vida en medio del vacío. Desde esa perspectiva, el asombro científico no conduce al vacío existencial, sino a la gratitud: si todo esto existe, si este oasis es real, entonces no puede ser fruto del azar ciego. Hay una intención, un sentido, una fuente.

Y, quizá, la frase que más ha resonado —por su claridad sin adornos— fue esta: «Necesitamos a Jesús, ya sea en la tierra o desde la luna». En otro tiempo, una afirmación así habría generado controversia inmediata. Hoy, en cambio, ha circulado con naturalidad, como quien enuncia una evidencia personal que no necesita imponerse.

Pero no solo Glover ha dado testimonio. El comandante de la misión, Reid Wiseman, reconocía tras el regreso a tierra, algo igualmente revelador. Haciendo la aclaración de no ser una persona religiosa, confesó que la experiencia vivida desbordaba cualquier categoría técnica o científica. Ante la grandeza de lo contemplado —un eclipse solar visto desde la cercanía lunar—, buscó espontáneamente una referencia espiritual. No como respuesta aprendida, sino como necesidad humana ante lo incomprensible, a su regreso a tierra: «Llamé al capellán del barco de la Armada para que viniera a visitarnos un momento y, al ver la cruz que colgaba de su cuello, rompí a llorar. Es muy difícil comprender por completo lo que acabamos de pasar».

Durante años se planteó un conflicto artificial entre ciencia y fe, como si avanzar en una implicara abandonar la otra. Sin embargo, la experiencia concreta de quienes están en la frontera del conocimiento apunta en otra dirección.

Los astronautas de Artemis II no son ajenos a la tecnología; son su máxima expresión. Han sido formados durante años, manejan sistemas de una complejidad extraordinaria y participan en uno de los proyectos científicos más ambiciosos de la historia. Y, sin embargo, cuando miran la realidad desde su punto más extremo, no hablan solo de datos: hablan de Dios.

Esto no debería sorprender. La ciencia, en su esencia, busca comprender los patrones del universo. Pero esos patrones —su orden, su belleza, su inteligibilidad— remiten inevitablemente a una pregunta más profunda: ¿por qué hay algo en lugar de nada? ¿Por qué este cosmos es comprensible? ¿Por qué existe la vida y, más aún, la conciencia capaz de contemplarla?

La misión Artemis II, al igual que en su día lo fue Apollo 13 o la propia Apollo 8, marca un hito técnico: mayor distancia alcanzada por el ser humano, nuevas observaciones del lado oculto de la Luna y un eclipse solar visto desde una perspectiva única. Pero, más allá de los logros cuantificables, deja una huella cualitativa: la recuperación de una mirada que integra.

Hoy, en pleno siglo XXI, en el corazón mismo de la exploración espacial, Dios vuelve a aparecer con naturalidad. Y ahí, en ese silencio entre la tierra y la luna —cuando la comunicación se interrumpe y solo queda la contemplación—, resuena de nuevo la intuición que acompañó a los primeros astronautas: que el mayor logro científico no eclipsa a Dios, sino que, de algún modo, lo señala.

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Écologie intégrale

Nous allons avoir un… fœtus ?

Un breve video de 1 minuto titulado ‘It’s a baby,’ (Es un bebé), sobre la noticia de quedarse embarazada, y el modo de llamar al bebé todavía no nacido se está haciendo de nuevo viral.

Francisco Otamendi-28 de avril de 2026-Temps de lecture : 2 minutes

El vídeo es de «Focus on the Family», y al comenzar se ve a una mujer que le dice a su pareja: ¡Es positivo! Está embarazada. La siguiente escena es una mujer negra embarazada viendo una ecografía de su bebé, y escuchando sus latidos.

Esto es un spoiler en toda regla, así que si quiere no lea más y vea el video ya. Pero yo voy a seguir, porque el video dura sólo 1 minuto y 1 segundo. Un suspiro.

Salen dos hombres haciendo footing, una mujer con una camiseta que dice ‘fetus on board’, un ginecólogo diciendo a una parturienta: sigue empujando, “tu feto está haciendo un maravilloso trabajo”…

Una abuela abre un sobre que dice ‘we’re having a fetus’ (estamos teniendo un feto), mientras una voz en off dice: «Llámalo como quieras, pero la verdad no cambia…», y sigue un poco más, cuando una niña dice a su madre embarazada: «Es un bebé», y ella le completa: «Todavía es un bebé».

En efecto, a los autores les da lo mismo cómo se llama al pequeño ser humano ya concebido en el seno de la madre. “Llámalo como quieras”, dicen, es un baby, un bebé.

Lo que dicen en Focus on the family

Sin embargo, en la web editora del video se escribe que “feto es una palabra tan científica. Es algo lejano (…) Hay quienes intentan restarle valor a la vida cambiando la forma en que hablamos de ella”.

Pero “en Focus on the Family nos encanta la palabra bebé, escriben, porque es algo personal. Evoca la alegría de la vida que está por venir, y todo lo que hace que los bebés sean humanos. Y todo comienza desde la concepción”.

En el sitio web de Focus parece que unen ‘interrumpir el embarazo’ con la palabra feto, y una insensibilización de la mujer que puede llevarle a frenar un embarazo no deseado.

En el video, sin embargo, se dice, como hemos visto: “Llámalo  como quieras”, es un baby, un bebé. 

Aquí tienen el video que, por cierto, lleva un subtítulo fuera, que dice así: “Llámalo como quieras, pero la verdad no cambia”.

L'auteurFrancisco Otamendi

Monde

Cardinal Schönborn : “ Jean-Claude était amoureux de Jésus ”

El Cardenal Schönborn presidió el funeral de Jean-Claude Chupin OFM, cofundador de la Comunidad del Cordero, que murió en la casa madre de esta comunidad, a los 95 años, el 5 de abril de 2026.

Rédaction Omnes-27 de avril de 2026-Temps de lecture : 2 minutes

El pasado 5 de abril murió, en Saint-Pierre, Jean-Claude Chupin OFM, franciscano de  95 años y cofundador de la Comunidad del Cordero, una una asociación pública de fieles de la Iglesia que Jean-Claude impulsó junto a Marie-Thierry Coqueray, religiosa dominica. 

Durante su funeral, el cardenal Christoph Schönborn recordó la vocación franciscana de este bretón que, a pesar de iniciar esta nueva fundación, fue fiel a su llamada según el espíritu de san Francisco de Asís: “Hasta el final ha sido fiel discípulo de San Francisco. De este San Francisco que tanto amó a Jesús que este amor transformó su vida por completo, orientó su camino de tal manera que eligió seguir a Jesús en la pobreza y la abyección”, destacó el cardenal.

Encuentro entre San Francisco y santo Domingo

Schönborn, obispo responsable de la Comunidad durante muchos años, quiso señalar, además, el encuentro entre los carismas franciscano y dominico que se hizo realidad en la Comunidad del Cordero: “San Francisco y santo Domingo se encontraron. Y se encontraron en personas concretas. Había tres hermanas dominicas que yo conocía porque estudiaba en París y conocía la rue de Condé, el albergue de estudiantes donde vivían estas hermanas. Y durante las turbaciones del 68 y los años posteriores, sintieron una vocación, una llamada a una vida dominica más radical, como al principio, cuando santo Domingo vivió aquí en la región durante diez años, en la mendicidad y el anuncio del Evangelio. Entre estas tres hermanas y el hermano Jean-Claude, se forjó una amistad. (…) Fue el mismo amor hacia Jesús, el Evangelio y los pobres, lo que les hizo encontrarse y caminar en paralelo por caminos similares”. 

En este sentido, el cardenal apuntó que “lo importante es que el carisma permanezca en la Iglesia. Porque un carisma es un don de Dios para la Iglesia. No es el mérito de algunas personas. La cuestión es si aceptamos el carisma, el don de Dios, la gracia que se le da a la Iglesia”.

Los tres votos

Asimismo, ante los restos mortales del “hermanito Jean-Claude”, el cardenal quiso resaltar la vivencia fiel de los votos de obediencia, castidad y pobreza que vivió el cofundador de la Comunidad del Cordero, recordando además como “el hermano Jean-Claude, que practicaba mucho la confesión, ha practicado mucho la misericordia y ha ayudado mucho a no desanimarse en la búsqueda de esta cultura (de la castidad), de esta gracia, de este don de la castidad en nuestras relaciones, en nuestras vidas personales”.

La Comunidad del Cordero

La Comunidad del Cordero, que vió la luz de manera definitiva en 1981, está hoy extendida por Francia, Argentina, Austria, Chile, España, Estados-Unidos, Italia y Polonia y  la Comunidad reúne a ciento sesenta hermanitas y a unos treinta hermanitos de diferentes países que viven un carisma, de raíz dominica, basado en la pobreza mendicante, la itinerancia y la contemplación.